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Samy Ammar: «La Russie est une priorité de la politique extérieure égyptienne»

Samy Ammar

Le récent Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF) a accordé une grande attention au partenariat avec les pays africains. Ce fut également une occasion importante de parler d’échanges entre les jeunesses de Russie et d’Afrique. Entretien avec Samy Ammar, participant égyptien au SPIEF 2018.

Samy Ammar, en tant que responsable des relations extérieures du ministère égyptien de la Jeunesse, est un expert en matière de la politique à destination des jeunes. Il est de plus journaliste spécialisé dans les affaires internationales au journal Youm7.

Sputnik: Vous avez pris part au Forum économique international de Saint-Pétersbourg. Quelle a été votre impression sur cet événement?

Samy Ammar: Le Forum économique international de Saint-Pétersbourg a été une plateforme fructueuse pour moi, de même que pour des chefs d’entreprises du monde entier. Ceci est une preuve des capacités économiques de la Russie à l’échelle mondiale et une opportunité pour les secteurs prometteurs de l’économie russe à présenter leurs plans et leurs mégaprojets d’investissement en Russie.

Spuntik: Durant l’édition de cette année du forum, une attention particulière a été accordée à l’Afrique, à un moment où la Russie renforce activement son interaction avec le continent. En outre, les défis de la jeunesse ont été également abordés. En tant que représentant de l’Égypte, du continent africain, mais également de la jeunesse, considérez-vous que ces questions ont été traitées équitablement?

Samy Ammar: Oui, je le pense, car la plupart des sessions de travail qui étaient dédiées à l’Afrique ont justement mis en lumière toutes les questions clés, dont les opportunités et les défis de la jeunesse africaine. Permettez-moi aussi de mentionner la Journée de la Jeunesse, qui s’est déroulée le 26 mai dernier —lors de la dernière journée du SPIEF 2018, durant laquelle un excellent groupe de panélistes a fait un discours sur la jeunesse africaine.

Par ailleurs, j’étais ravi d’avoir à mes côtés Francine Furaha Muyumba, la présidente de l’Union panafricaine de la Jeunesse, qui a prononcé un discours riche sur les potentiels de la coopération transfrontalière entre l’Afrique et le reste du monde. Quant à l’interaction de la Russie avec notre continent, le réseau des organisations de jeunesse agit en priorité pour construire les ponts nécessaires entre les deux parties et combler le fossé pour d’autres collaborations ultérieures.

Sputnik: Que pouvez-vous dire au sujet du potentiel d’autonomisation des jeunes égyptiens?

Samy Ammar: Eh bien, sans aucun doute, la jeunesse égyptienne a de nombreux défis en matière d’autonomisation économique et politique. Nous avons la pauvreté, les bidonvilles, le chômage et un taux faible de participation aux élections, à titre d’exemples. En revanche, pour pouvoir relever ces défis, les potentiels augmentent. Le réseautage avec les organisations de jeunesse russes et internationales est une clé pour autonomiser la jeunesse égyptienne en mettant à profit les échanges et les protocoles d’entente afin de renforcer les capacités des jeunes. Le ministère égyptien de la Jeunesse pour lequel je travaille depuis 2009 met déjà en œuvre de nombreux programmes de soutien aux jeunes PME, des projets de microfinance, d’entrepreneuriat et d’autres programmes d’autonomisation politique et de sensibilisation.

Sputnik: Outre en Afrique, votre pays, l’Égypte, est également un pays-clé dans la région du Proche-Orient. Nous connaissons tous les problèmes auxquels cette région est confrontée, notamment liés à l’extrémisme. Selon vous, que faut-il faire pour empêcher les jeunes de suivre des idéologies extrémistes?

Samy Ammar: Tout commence par la pauvreté. Je crois que le problème de la pauvreté est la plus large des portes pour le terrorisme. Des milliers de jeunes gens du Moyen-Orient sont recrutés et utilisés pour la violence terroriste. La pauvreté les rend vulnérables, sans oublier le manque de conscience religieuse qui joue également son rôle dans bien des cas. Pour remédier à cela, l’Égypte et ses partenaires régionaux ont désormais des protocoles et des partenariats afin de permettre à Al-Azhar (l’une des principales universités d’étude de l’islam basée au Caire, ndlr) et à d’autres institutions religieuses de lutter efficacement contre la propagation des idées extrémistes et proterroristes. Et tout cela malgré les nombreux défis économiques et situations troublées en Égypte, notamment en raison d’une forte inflation.

Sputnik: La Russie et l’Égypte ont des liens historiques forts et anciens. Comment évaluez-vous les relations actuelles entre les deux pays?

Samy Ammar: La Russie est une priorité de la politique extérieure égyptienne. En 2010, l’Égypte avait accueilli 2,8 millions de touristes russes, ce qui représentait un énorme revenu pour le Trésor égyptien et ce qui a permis de créer de nombreux emplois à Hurghada et Charm el-Cheikh.

La coopération militaire et scientifique reste également vitale. Il faudrait se souvenir que l’Union soviétique avait construit un grand nombre d’installations en Égypte, parmi elles le premier centre de recherche nucléaire d’Anshas, mis en service en 1961. Sans oublier la conception du haut barrage d’Assouan. Aujourd’hui, la Russie s’apprête à construire la première centrale nucléaire du pays —il s’agit du projet de la centrale nucléaire d’El-Dabaa. Ce que je veux dire, c’est que déjà les relations russo-égyptiennes sont réellement stratégiques. Et cela ne concerne pas seulement les liens politiques et économiques, mais également la culture, le tourisme, l’histoire, la religion et de nombreux autres domaines d’intérêt commun. Et je pense aussi que les deux pays ont un avenir encore plus prometteur en termes de partenariats.

Sputnik: Selon vos observations, comment la Russie est-elle perçue par les jeunes d’Égypte et du Proche-Orient?

Samy Ammar: La Russie est un sérieux espace d’opportunités. La jeunesse égyptienne s’intéresse beaucoup au potentiel académique et commercial de la Russie. Lors de ma participation au Festival mondial de la jeunesse et des étudiants à Sotchi en octobre dernier, j’ai pu rencontrer plusieurs de mes compatriotes venus d’Égypte, des jeunes brillants avec plein d’idées intéressantes, plusieurs desquels avaient lancé de petites entreprises créatives, de même que des projets académiques. Je dois espérer que la jeunesse égyptienne a de grandes ambitions en Russie.

Main dans la main, épaule contre épaule, la Russie et l’Égypte peuvent avancer pour la prospérité et le développement des deux parties. Et soyons optimistes quant à l’avenir des relations russo-arabes aussi, surtout connaissant les défis liés à la grande tourmente dans laquelle se trouve la région.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806211036895282-russie-egypte-samy-ammar/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Zone industrielle russe en Egypte: percée économique en vue

Caire

La Russie et l’Égypte renforcent leurs relations privilégiées, aussi bien sur le plan économique que militaire ou diplomatique. Le prochain lancement d’une zone industrielle russe en Égypte n’est que la dernière manifestation de ce partenariat stratégique. Diplomatie, tourisme, Défense, commerce… revue de détail d’une relation d’envergure globale.

L’Égypte est le premier partenaire économico-commercial de la Russie en Afrique et dans le monde arabe. Une relation privilégiée qui ne cesse de se renforcer, comme le démontre le lancement annoncé d’une zone industrielle russe en terre égyptienne.

Ce projet de grande envergure sera discuté à partir de ce 23 mai, lors de la 11e réunion de la Commission mixte russo-égyptienne pour la coopération commerciale, économique et scientifico-technique. Outre cet événement central, cette commission intergouvernementale discutera de plusieurs grands projets qui devraient voir le jour prochainement: la construction de la première centrale nucléaire en Égypte par l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (Rosatom), la livraison de 1300 wagons destinés au transport de passagers aux chemins de fer égyptiens, la modernisation de l’usine métallurgique de Helwan, sans oublier la reconstruction et la modernisation des installations destinées au stockage et au traitement du blé. Car faut-il le rappeler, la Russie est désormais le premier exportateur mondial de blé, devant les USA, tandis que l’Égypte représente le deuxième marché pour les exportateurs russes, derrière la Turquie.

Selon les prévisions du ministère russe de l’Industrie et du Commerce, d’ici 2026, les entreprises russes résidentes dans la zone industrielle spécialement créée en Égypte devraient produire des marchandises et services pour l’équivalent de 3,6 milliards de dollars annuels. La zone industrielle se trouvera sur un site de deux mille hectares à l’est de la zone économique spéciale de Port-Saïd. La totalité des investissements dans ce projet devra s’élever à 7 milliards de dollars et 35.000 nouveaux emplois devraient y être créés.

Autre sujet de satisfaction pour les relations russo-égyptienne: le tourisme russe au pays des pharaons. La Russie a en effet récemment réautorisé les vols directs russes à destination d’Égypte, qui avait été gelés après l’attentat contre l’avion transportant des touristes russes au-dessus du Sinaï, le 31 octobre 2015. Depuis, et sous stricte supervision des spécialistes russes, l’Égypte a considérablement amélioré ses mesures de sécurité, notamment dans ses aéroports, permettant aux deux pays d’ouvrir une nouvelle page dans le secteur touristique. Pour mémoire, avant la tragédie en question, les touristes russes étaient de loin les plus nombreux et les plus dépensiers en Égypte, bien devant les Britanniques, les Allemands ou encore les ressortissants du Golfe.

Mais là aussi, ce n’est pas tout. Sous l’impulsion des Présidents Poutine et al-Sissi, les deux nations augmentent considérablement leur coopération dans la sphère militaro-technique, sécuritaire et dans la lutte antiterroriste: les contrats sur la livraison d’armements russes signés en 2014-2015, dont le montant total dépasse les 3,5 milliards de dollars, le confirment pleinement. Ces livraisons comprennent notamment le système antimissile S-300VM («Antey-2500»), 50 chasseurs MiG-29M/M2, 46 hélicoptères d’attaque Ka-52K, vedette du projet 1242.1 équipée d’un système de missile antinavire «Moskit», entre autres.

Sur le plan politico-diplomatique, l’Égypte, le pays le plus peuplé du monde arabe, première puissance militaire arabe et africaine, majoritairement musulman sunnite, n’a pas caché son soutien à l’opération antiterroriste russe en Syrie. Elle a ainsi résisté aux pressions saoudiennes, un autre fort important partenaire économico-commercial de l’Égypte, afin de tenter d’infléchir l’approche égyptienne sur le conflit syrien en sa faveur.
Cette approche responsable du gouvernement égyptien a également largement contribué au renforcement des relations entre la Russie et l’Égypte, y compris au niveau des ministères de la Défense et des Services de sécurité. Une chose est certaine: Moscou et Le Caire continueront à interagir dans le cadre de leurs intérêts respectifs, aussi bien géopolitiques, géoéconomiques que sécuritaires.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201805231036496267-zone-industrielle-russie-egypte/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Cuba, Vietnam, Egypte : relance des bases militaires russes

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Le monde multipolaire s’impose à grands pas. Après les nombreuses manœuvres militaires conjointes, notamment les récentes manœuvres entre la Chine et la Russie, place à la suite.

Le ministère russe de la Défense via le vice-ministre Nikolaï Pankov a récemment déclaré que la Russie travaille sur l’éventualité de retour sur les anciennes bases militaires soviétiques au Vietnam et à Cuba. Plus récemment, la Russie a également confirmé avoir lancé des pourparlers avec l’Egypte pour la réutilisation de l’ex-base soviétique de Sidi-Barrani. Toujours d’après le ministère les pourparlers vont bon train et les accords seront certainement trouvés.

Maintenant parlons comme à notre habitude des perspectives de cette nouvelle donne et notamment du choix des pays. Tout d’abord en ce qui concerne l’Egypte. Selon les experts militaires russes, notamment le colonel à la retraite Viktor Litovkine, le choix est stratégique pour trois raisons: la première c’est la lutte contre le terrorisme. Depuis les aventures guerrières occidentales et notamment la destruction de l’Etat libyen, pays prospère dans le passé, la région est devenue confrontée à une menace terroriste extrême, avec l’afflux massif et le renforcement d’extrémistes de tout bord, y compris liés à Daech et Al-Qaïda. Deuxièmement, la présence en mer Méditerranée doit être rééquilibrée. Jusque-là, les Etasuniens s’y comportaient en maitres et se permettent à partir de là de faire des entrées provocatrices en mer Noire. Il faut donc être toujours à leur proximité y compris justement pour leur rappeler de garder la distance. Et enfin troisième raison — notre retour au Proche-Orient et en Afrique. Selon M. Litovkine, la Russie se doit d’avoir des bases militaires pour soutenir les pays-alliés, contrôler la mer Rouge, et résoudre les nombreux défis existants.

Passons au cas du Vietnam. Le pays ayant infligé l’une des plus grandes gifles de l’histoire à la machine de guerre étasunienne. Faudrait le rappeler au prix d’1,2 million de morts, pour la plupart civils. Un crime pour lequel les USA ne comptent d’ailleurs toujours pas s’excuser mais cela rentre parfaitement dans leurs habitudes. Le choix est lui aussi stratégique dans une région où la présence étasunienne est également très importante. Et au vu des tensions existantes actuellement en mer de Chine, ce positionnement (ou repositionnement) russe rentrerait parfaitement dans un cadre de rééquilibrage. Surtout au moment où l’alliance militaire russo-chinoise se renforce comme en témoignent les récentes impressionnantes manœuvres militaires des deux pays en mer de Chine méridionale. Et aussi au moment d’une possibilité de revirement d’un autre pays de la région en la qualité des Philippines dont le président Rodrigo Duterte semble vouloir « couper le cordon ombilical » avec les USA. Faudrait-il le rappeler que les Philippines ont durant des décennies étaient associés comme étant l’un des principaux satellites US en Asie du Sud-Est. Donc avoir une base russe dans cette région également stratégique, notamment du point de vue économique, et côte à côte des bases militaires étasuniennes, ne serait qu’un point très positif.

Et bien évidemment Cuba. Ici, plusieurs raisons rentrent en jeu. D’abord la fière île de la Liberté comme est affectueusement surnommé ce pays est un allié de longue date de la Russie, depuis l’URSS. Un pays qui grâce à sa brave résistance n’a toujours pas cédé aux énormes pressions US, y compris économiques, et où les valeurs véritables de la dignité ne sont pas des vains mots. La relance d’une base russe à Cuba permettrait d’une part de renforcer la sécurité de Cuba elle-même. Et du côté russe comme je disais depuis assez longtemps retrouver un équilibre très nécessaire: alors que les bases de l’OTAN se trouvent déjà aux portes de la Russie et que les missiles US visent le territoire russe, la réponse de la Russie de viser en retour les satellites US est-européens en la figure des pays baltes, de la Pologne, de la Roumanie et d’autres pays membres otanesques n’est guère suffisante. C’est d’ailleurs la stratégie étasunienne depuis des décennies: mettre ses satellites sous le coup d’actions de rétorsion éventuelle, tout en restant soi-même bien loin et en sécurité. Cela ne pouvait plus se passer ainsi indéfiniment. Le plein retour russe à Cuba est donc primordial, sachant d’ailleurs que ce retour est soutenu par tout un nombre d’autres pays latino-américains, dont le Nicaragua, le Venezuela, la Bolivie ou encore l’Equateur.

Non, la Russie ne recherche pas une troisième guerre mondiale. Tout au contraire. Mais sachant que certaines têtes chaudes à Washington et chez les suiveurs sont tellement désespérées et refusent toujours d’accepter la chute du monde unipolaire révolu, il est grand temps de créer un équilibre nécessaire additionnel qui leur permettra de garder un minimum de raison. Pour que justement puisse être évité un grand conflit d’ordre international, voire mondial. Un équilibre comme au beau vieux temps. L’humanité toute entière ne s’en portera que mieux.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610101028120855-cuba-vietnam-egypte-bases-militaires-russes/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Sanctions russes contre la Turquie, une aubaine pour le Maroc? Analyse.

Sanctions russes contre la Turquie, une aubaine pour le Maroc ?

Après l’attaque de la Turquie contre le bombardier russe Su-24 dans le ciel syrien, ayant résulté en la mort de deux militaires russes, le colonel Oleg Pechkov et le fantassin de la marine Alexandre Pozynitch, la Russie avait promis de réagir. La réponse ne s’est pas fait attendre longtemps.

Vladimir Poutine a signé les mesures de rétorsion contre la Turquie:

— Suspension à partir du 1er janvier 2016 du régime sans visas pratiqué actuellement entre la Russie et la Turquie
— Suspension des ventes de voyages et produits touristiques en Russie à destination de la République turque
— Les vols charters entre la Russie et la Turquie interdits
— Interdiction aux employeurs russes d’embaucher des citoyens turcs, également à partir du 1er janvier 2016 (selon plusieurs sources entre 150 et 200 mille citoyens turcs vivent et travaillent actuellement en Russie)
— Interdiction et limitation de l’activité des organisations turques en Russie
— Interdiction et limitation sur une série de produits en provenance de Turquie

Erdogan a quant à lui affirmé qu’il fera tout pour « normaliser les relations entre les deux pays » et qu’il espérait « une normalisation rapide des relations ».

Selon lui, « la Turquie a besoin de la Russie comme la Russie a besoin de la Turquie. Nous ne pouvons pas ne plus être en contact ». Il a également ajouté qu’il « espérait qu’il n’y aura plus d’incidents comme celui des derniers jours: « Cet incident nous a beaucoup chagriné. J’espère que cela ne se reproduira pas ». Ce qu’il oublie de dire c’est que ce n’est pas un « incident », c’est un acte criminel et une agression contre la Russie. Et ce qui est certain, c’est qu’à travers son soutien aux intérêts terroristes, il a mis les intérêts de son pays et de son peuple grandement en danger… Aujourd’hui, en raison de ces agissements criminels, les citoyens de Turquie en paient les frais. A suivre désormais ce qu’il en sera. 

Pendant ce temps, de nouvelles opportunités s’ouvrent à d’autres pays, notamment le Royaume du Maroc. Un reportage entier a été consacré tout récemment à ce pays par la chaine d’information russe en continu Rossiya 24, chaine très populaire auprès des cercles politiques et d’affaires de Russie. Le reportage se focalisait sur les opportunités existantes entre les deux Etats, surtout au niveau de l’exportation des produits agricoles marocains vers la Russie, ainsi que sur le Maroc en tant que destination touristique. Il a aussi mentionné les liens culturels forts entre les deux pays, depuis l’immigration russe qui a suivi la révolution bolchévique, jusqu’à aujourd’hui en passant par les liens datant de l’Union soviétique (nombre de cadres et spécialistes marocains ont été formés en URSS et en Russie, et continuent de l’être).

En effet faut-il le rappeler, le Maroc est le deuxième partenaire économique et commercial de la Russie en Afrique et dans le monde arabe, derrière l’Egypte. Les deux pays sont également signataires de la Déclaration sur le partenariat stratégique, signée à Moscou en octobre 2002. Le Maroc est de loin le premier fournisseur d’agrumes sur le marché russe: plus de 60% de sa production exportée va vers la Russie, le reste principalement dans l’Union européenne. Aujourd’hui, compte tenu de la limitation décidée par la Russie envers toute une série de produits turcs, y compris agricoles, le Maroc peut accroitre encore plus cette position dominante. Le Maroc avait aussi depuis déjà un certain temps commencé à exporter ses tomates sur le marché russe, une position qu’elle a renforcée notamment depuis la riposte russe aux sanctions occidentales, et l’interdiction d’importer une série de produits alimentaires et agricoles en Russie en provenance des pays concernés. A noter tout de même que jusqu’ici, c’est la Turquie qui dominait largement la part des légumes importés: pratiquement 80% du marché des tomates et 20% du total des importations russes de légumes. Maintenant et avec la réalité du moment, la part marocaine peut largement s’élargir. Tout comme sur d’autres produits alimentaires et agricoles. 

Le tourisme russe à destination du Maroc peut également commencer à croitre sérieusement. Jusqu’ici, les parts de lion étaient aux mains de la Turquie (4,5 millions de touristes russes pour la seule année dernière, des touristes d’autant plus les plus dépensiers) et l’Egypte (plus de 2,5 millions).

Le Maroc en est encore loin: aux alentours de 50 000 touristes russes annuels (statistiques de 2013) est un chiffre bien loin du potentiel véritable. Raisons à cela: prix plus élevés que sur l’Egypte et la Turquie, pas suffisamment de vols charters, le système « ALL INCLUSIVE » largement utilisé par les Turcs et les Egyptiens pas encore au point. Il faut quand même se rappeler que le Maroc n’a véritablement commencé à se concentrer sérieusement sur le marché touristique émetteur russe que depuis quelques années, tandis que la Turquie et l’Egypte en avaient fait leur priorité depuis plus longtemps. Mais le potentiel est bien là, donc à observer, connaissant surtout les énormes atouts du Maroc dans ce domaine, aussi bien au niveau du balnéaire, que du culturel. En tout cas les objectifs annoncés par les services compétents du Maroc et les professionnels du secteur sont claires: multiplier de plusieurs fois le flux touristique en provenance de la Russie vers le Maroc. A suivre donc. 

En 2014, les échanges entre la Fédération de Russie et le Royaume du Maroc se chiffraient à un peu plus de 1,5 milliards de dollars (bien loin encore des plus de 30 milliards d’échanges turco-russes). Néanmoins, la nouvelle réalité du moment, les objectifs déclarés et la visite annoncée dans les prochaines semaines du roi du Maroc Mohamed VI en Russie peuvent donner un nouvel élan au partenariat bilatéral. Le Maroc après avoir intelligemment su utiliser les contre-sanctions russes contre certains produits européens à son avantage, lui donne aujourd’hui l’occasion d’en faire de même compte tenu du sérieux refroidissement des relations entre la Russie et la Turquie.

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151130/1019923692/sanctions-russie-turquie.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Poutine en Egypte. L’alliance stratégique se renforce

Vladimir Poutine (à gauche) et Abdel Fattah al-Sissi

Vraisemblablement, la Russie n’en finit pas avec son « isolation »… Après la Chine, l’Amérique latine, l’Inde, la Turquie et maintenant l’Egypte, c’est sûr que la Russie doit se sentir bien « seule » sur l’arène internationale. Heureusement que le ridicule ne tue pas (suivez le regard)…

Depuis l’arrivée d’Abdel Fattah al-Sissi à la tête de l’Etat égyptien, le pays des Pharaons a montré à maintes reprises son désir de se rapprocher considérablement de la Russie et de l’espace eurasiatique. D’ailleurs la première visite officielle du maréchal al-Sissi en dehors du monde arabe s’est faite justement en Russie, plus précisément à Sotchi, en août dernier.Cette fois-ci, c’était au tour du président russe de visiter son homologue égyptien, en terre égyptienne. Dans les rues de la capitale Le Caire, on pouvait voir les portraits de Poutine et les mots de bienvenue en arabe, russe et anglais. Comme résultat de cette importante visite: la signature d’un grand nombre d’accords. Revenons-y.

1) La Russie construira une centrale nucléaire en Egypte. L’accord a été signé à ce titre entre Sergueï Kirienko, directeur de l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique (ROSATOM) et Mohammed Shaker, ministre égyptien de l’Electrification et de l’Energie. Vladimir Poutine a par ailleurs déclaré que « la Russie va non seulement construire ladite centrale nucléaire mais également créer et développer une toute nouvelle industrie nucléaire pour l’Egypte ».

2) L’autre aspect important de la visite concerne lui la coopération des deux pays dans le domaine de l’investissement. Ainsi, Alexeï Oulioukaev, ministre russe du Développement économique et Ashraf Salman, ministre égyptien des Investissements, ont signé un mémorandum d’entente dans le domaine des investissements et de la construction en Egypte. Des projets seront mis en œuvre dans des domaines tels que les infrastructures de transport, l’ingénierie ou encore l’industrie chimique. Poutine et al-Sissi ont également insisté sur la nécessité d’élargir les possibilités dans le partenariat bilatéral pour les petites et moyennes entreprises des deux pays. A noter qu’à l’heure d’aujourd’hui, plus de 400 entreprises avec des capitaux russes opèrent en Egypte.

3) Un accord pas moins important concerne la très sérieuse éventualité d’une zone de libre-échange entre l’Egypte et la Russie, et plus globalement avec l’Union économique eurasiatique. D’autre part et cela ne va certainement pas faire plaisir à nos « amis » étasuniens: les banques centrales de Russie et d’Egypte vont étudier rapidement la possibilité de passer aux paiements en devises nationales dans le commerce et les échanges mutuels…

4) Le tourisme. Autre domaine de partenariat privilégié entre les deux pays. Depuis la chute des Frères musulmans et la stabilisation du pays, les touristes russes ont massivement retrouvé les stations balnéaires égyptiennes, notamment celles de la mer Rouge (Hurghada et Charm el-Cheikh). Comme l’a noté le président russe, l’année 2014 a été une année record avec plus de 3 millions de touristes russes ayant visité le pays des Pharaons. C’est pourquoi et comme l’a bien noté le leader égyptien, son pays compte sur le renforcement du partenariat dans ce domaine entre les deux nations. Pour rappel, l’Egypte représente la destination favorite (avec la Turquie) des touristes russes. D’autre part, les citoyens de Russie sont de loin les plus nombreux visiteurs de l’Egypte, bien devant les Allemands ou encore les Britanniques.

5) Les deux Etats continueront en outre de développer et d’accroître leur partenariat dans le domaine de la coopération militaro-technique. Clin d’œil là-aussi aux USA, qui il n’y a encore pas très longtemps régnaient pratiquement en maîtres absolus dans cette sphère en Egypte. Mais vraisemblablement, les grands changements ne font que commencer.

6) L’agriculture. Beaucoup de nouvelles opportunités sont désormais offertes à l’Egypte en ce qui concerne l’export de ses produits agricoles, notamment des fruits. La République arabe d’Egypte étant déjà un partenaire important de la Russie dans ce domaine, désormais, avec les « sanctions » occidentales et les mesures de réponse prises par la Russie à l’encontre des produits occidentaux, dont européens, l’Egypte a ainsi occupé beaucoup de nouvelles niches dans un domaine où la Russie représente l’un des plus grands marchés au niveau mondial.

7) Pour finir, la Russie et l’Egypte vont activement collaborer dans la lutte contre les menaces terroristes, notamment celle venant du pseudo Etat islamique. Les deux leaders ont par ailleurs discuté de la situation en Syrie, des moyens à aider le pays à sortir de la crise et plus globalement de la situation au Moyen-Orient. La Palestine a également été abordée, les deux présidents ont insisté sur la nécessité de la création d’un Etat palestinien indépendant.

Que dire d’autre si ce n’est que les élites occidentales peuvent poursuivre leur cirque autant qu’ils souhaitent et affirmer constamment que la Russie se retrouve de plus en plus isolée sur la scène internationale. Bizarrement, à chaque visite officielle de Vladimir Poutine en territoires étrangers, autres que les pays occidentaux, c’est un accueil chaleureux qui lui est réservé. D’ailleurs, les médias du mainstream, commentant la visite du président russe en Egypte ont en partie bien dû le reconnaitre: « Poutine accueilli en grande pompe en Egypte, titrait Le Figaro. En ajoutant « que le président russe a été reçu comme un tsar »…

Il faut se rappeler qu’en pleine guerre froide et surtout au temps du grand leader panarabe Gamal Abdel Nasser, l’Egypte était un allié de poids de l’URSS. L’Union soviétique a soutenu son allié égyptien dans son opposition au néocolonialisme britannique, français et israélien. Grand nombre de spécialistes soviétiques travaillaient durant cette période en terre égyptienne. Sans oublier la construction du haut barrage d’Assouan et le soutien soviétique à l’Egypte durant la guerre qui l’opposa à l’Etat sioniste.

D’autre part, oui, le monde ne se limite pas à l’Occident. L’humanité représente beaucoup plus. Et cette humanité montre de plus en plus aujourd’hui son ras-le-bol du diktat voulu par cet Occident politique. Un ras-le-bol qui pourra à terme donner lieu à une vraie isolation de ceux qui menacent constamment d’isoler les autres. Bien que et il est très important de le noter, il n’est nullement question d’isoler les peuples européens et plus globalement occidentaux, surtout à l’heure d’un réveil évident des consciences et de la compréhension de plus en plus visible par ces peuples des réalités que leurs élites ont tellement longtemps voulu leur cacher. C’est donc ces « élites » qui vont devoir certainement payer, à un moment ou un autre, le prix d’une isolation qui apparait déjà à l’horizon.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150211/1014588543.html#ixzz3RSPupD1S

Mikhail Gamandiy-Egorov

Mon entretien accordé au média français international JOL Press en lien avec l’Egypte et ses récentes avancées dans le partenariat avec la Russie

Trois mois avant l’élection présidentielle égyptienne, les Russes ont apporté leur soutien officiel au candidat de l’armée. Le maréchal al-Sissi, à l’origine du coup d’Etat contre Mohamed Morsi et devenu depuis très populaire dans son pays est désormais le candidat de Vladimir Poutine dans une région que les Russes surveillent de très près, quitte à concurrencer de très près les intérêts américains. Explications avec Mikhail Gamandiy-Egorov, journaliste pour La Voix de la Russie.

Le maréchal al-Sissi a officiellement reçu le soutien des Russes avant l’élection présidentielle. Photo: Secretary of Defense/Wikimedia Commons / cc

Les autorités russes ont apporté leur soutien officiel à la candidature du maréchal al-Sissi en Egypte. Quels sont les intérêts de la Russie derrière ce soutien ?

Mikhail Egorov : Je pense que cela est avant tout dû au fait que la Russie souhaite la stabilité à l’Egypte et au peuple égyptien. Il ne faut pas oublier que l’Egypte est le pays le plus peuplé du monde arabe et de l’Afrique. L’Egypte est également la principale force armée sur le continent africain et au sein des pays arabes. Tous les derniers événements d’instabilité qui ont secoué ce pays ne peuvent laisser la Russie indifférente. En général, la Russie suit de près le développement de la situation dans tout le Moyen-Orient. En ce qui concerne le maréchal al-Sissi, on sait qu’il est aujourd’hui une personnalité très populaire en Egypte. On sait également qu’il a joué un rôle clé dans la destitution de l’ex-président du pays, issu des Frères musulmans, Mohamed Morsi. C’est bien connu qu’en temps de crise, l’armée égyptienne joue le rôle crucial de stabilisateur. C’est une institution clé en Egypte.

Pour les Russes, il s’agit avant tout d’une question de stabilité aussi bien pour l’Egypte que pour toute la région du Moyen-Orient. Et le président Vladimir Poutine n’a pas manqué de le rappeler lors de sa toute récente rencontre avec al-Sissi : « La stabilité de la situation dans tout le Moyen-Orient dépend largement de la stabilité en Egypte ».

On peut également imaginer que Vladimir Poutine comprend mieux que quiconque le rôle joué par al-Sissi dans son pays. Car bien que l’Egypte et la Russie aient chacun des particularités clairement distinctes, il faut se rappeler que lorsque le président a accédé au pouvoir en Russie, le pays se trouvait alors en situation pratiquement catastrophique et l’a redressé par la suite. L’Egypte traverse aujourd’hui une période difficile de son histoire et a clairement besoin aussi de stabilité et de redressement.

D’une manière générale, quels sont les intérêts économiques de la Russie en Egypte ?

Mikhail Egorov : L’Egypte est le principal partenaire économique de la Russie dans le monde arabe et en Afrique. Les deux pays coopèrent dans de nombreux domaines. Dans le domaine de l’agriculture par exemple, l’Egypte est un important acheteur de blé russe. En ce qui concerne les ressources naturelles, de grandes entreprises russes telles que Lukoil, Novatek et d’autres ont investi des sommes considérables dans l’exploration et l’exploitation d’hydrocarbures, de l’or et d’autres minéraux en Egypte.

Les entreprises de Russie investissent également dans le secteur touristique égyptien, notamment dans l’infrastructure hôtelière. Pour rappel, en termes quantitatifs, les touristes russes sont de loin les plus nombreux en Egypte (le pays étant par ailleurs dans le top 3 des principales destinations des touristes russes avec la Turquie et la Chine). La coopération dans le domaine militaire est elle aussi à l’ordre du jour. Et à l’occasion de la très récente visite du maréchal al-Sissi et du ministre égyptien des Affaires étrangères Nabil Fahmi, selon diverses sources, l’Egypte achètera à la Russie de l’armement pour plus de 3 milliards de dollars.

Cette démarche participe-t-elle également d’une lutte plus générale contre l’islamisme dans la région ?

Mikhail Egorov : Je pense que oui. Nous avons tous vu les méfaits de l’intégrisme islamiste en Syrie. Nous avons également vu le danger que représentent les extrémistes religieux pour l’Egypte. D’ailleurs à l’instar de la Syrie, l’Egypte compte elle aussi une importante minorité chrétienne dans sa population. Des chrétiens qui restent la cible privilégiée des extrémistes, en premier lieu salafistes. Evidemment, la Russie ne peut ignorer tous ces faits. Elle se doit d’avoir donc une approche cohérente et juste dans la lutte contre ce fléau, surtout compte tenu de ce qui s’est passé et se passe encore dans une moindre mesure en Syrie. Cela correspond parfaitement à son souhait de voir la paix et la stabilité au Moyen-Orient.

La Russie semble également prendre l’ascendant sur les Etats-Unis en Egypte. Tente-t-elle de concurrencer Washington dans toute la région ?

Mikhail Egorov : La Russie est dorénavant un acteur global. Et être un acteur global dans les relations internationales signifie être compétitif dans pratiquement tous les domaines et dans pratiquement toutes les régions du monde, sans exception. Si cela rejoint la volonté des autorités et du peuple égyptien, cela ne peut alors qu’être productif. Le fait que la Russie soit devenue un acteur clé dans toute la région du Moyen-Orient, y compris grâce à son rôle positif pour les initiatives de paix en Syrie, est indéniable aujourd’hui. Et à mon avis, cela ne fera que se poursuivre. Aussi bien au niveau de la région stratégique du Moyen-Orient que du monde entier. Aux dépens des intérêts de Washington ? C’est très possible. Nous sommes aujourd’hui dans un monde multipolaire.

http://www.jolpress.com/russie-election-presidentielle-egypte-vladimir-poutine-marechal-sissi-article-824455.html

Le désespoir du comportement occidental et l’exemple sud-américain pour l’Afrique

Президент Боливия Эво Моралес самолет Falcon 900 EX аэропорт Вена Австрия

Les dernières semaines ont été riches en événements : nouvelle révolution en Egypte, affaire d’Edward Snowden qui demande officiellement l’asile politique en Russie et comportement scandaleux de la part des pays européens à l’encontre d’un chef d’Etat, en l’occurrence d’Evo Morales, président de la République de Bolivie.

             

 Il aurait été intéressant d’aborder deux choses dans cet article. La première est que l’Europe (au sens de l’Union européenne) a prouvé une fois de plus qu’il ne s’agit nullement d’un ensemble indépendant. Crier au scandale suite aux révélations faites par Edward Snowden face à « l’allié » étasunien et juste après fermer son espace aérien à un chef d’Etat qui transporterait soi-disant le fameux jeune homme, c’est tout simplement de l’hypocrisie par excellence… Pire encore, contraindre à une escale forcée un avion présidentiel, le retenir durant près de 13 heures et fouiller l’avion du président Morales est la pire violation qui puisse être lorsqu’on connait ne serait-ce qu’un peu l’immunité diplomatique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chef d’Etat et lorsqu’on maitrise un peu le droit international.

 Dès son retour au pays, Evo Morales a été acclamé par ses concitoyens. Les manifestants boliviens ont également jeté des pierres sur l’ambassade de France qui avait fermé son espace aérien à l’avion de leur président. Par ailleurs, plusieurs drapeaux français, étasuniens et ceux de l’Union européenne ont été brûlés lors des manifestations en Bolivie. Il faut avouer que depuis pas mal de temps, on est habitué à voir brûler des drapeaux des USA et d’Israël au quatre coins du monde, mais depuis quelques années, ceux de la France, pays des droits de l’Homme et de la démocratie, commencent à rattraper activement le retard, surtout après les interventions néocoloniales en Côte d’Ivoire ainsi qu’en Libye, et maintenant après l’alignement, une fois de plus, sur le pays de l’Oncle Sam dans l’affaire Snowden, en insultant ouvertement un chef d’Etat. Après tout, en suivant la logique du gouvernement français, si les USA écoutent les conversations téléphoniques et lisent les messages électroniques des citoyens français, c’est pour leur bien, non ? Une surveillance « utile » devrait-on penser.

 Quoiqu’il en soit, la réaction sud-américaine ne s’est pas fait attendre. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a vivement condamné le comportement des pays européens et a exigé des excuses publiques de la part des pays concernés. Dans une déclaration commune, les pays de l’UNASUR réclament des explications à la France, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie et dénoncent des « actes inamicaux et injustifiables ». La présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a quant à elle déclaré que le comportement européen montre « un vestige du colonialisme » et une « humiliation pour toute l’Amérique du Sud ». Le chef d’Etat équatorien Rafael Correa a affirmé pour sa part que si c’était un chef d’Etat occidental qui avait subi la même situation, « les tambours de la guerre auraient probablement déjà sonné ». Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a ajouté de son côté qu’un ministre d’un gouvernement européen ayant souhaité garder l’anonymat lui a affirmé que c’est la CIA qui était derrière ledit incident. Ce qui est certain, c’est que la réaction de l’UNASUR est une réponse digne à un comportement colonial, surtout lorsqu’on sait que l’Amérique du Sud est un continent qui a bien connu ce triste phénomène, y compris au XXe siècle.

 Néanmoins, le fait que l’Europe dans sa forme qu’est l’UE ait prouvé une fois de plus sa vassalité à l’Empire étasunien et d’une manière aussi ridicule, au final n’est pas si surprenant. Surtout lorsqu’on connait les liens étroits entre les « élites » occidentales. Le problème, c’est que les ces vassaux imposent à leur tour le système vassalique à d’autres pays, en premier lieu africains. L’Afrique est effectivement le continent qui au 21e siècle subit encore la loi coloniale, en premier lieu de ses ex-métropoles. Que faire face à cela ?

 Eh bien, l’Afrique doit probablement s’inspirer considérablement du continent sud-américain. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Amérique du Sud et l’Amérique latine en général étaient considérées comme des territoires conquis par l’Empire étasunien. Pourtant aujourd’hui, grâce à des leaders responsables et patriotes, la situation est toute autre et une vraie union solidaire a été mise en place par les leaders sud-américains. Il s’agit véritablement d’une union capable de répondre aux défis qui lui sont lancés, et ce non seulement au niveau régional mais également global. C’est l’occasion donc pour l’Afrique de s’inspirer de l’UNASUR pour relever les nombreux défis du continent africain, subissant encore aujourd’hui la loi du plus fort et ne profitant nullement dans sa majorité des énormes ressources qui lui appartiennent. D’autant plus que les Etats occidentaux et leurs « élites » à court d’idées prouvent de par leur comportement, pour le moins ridicule, un aveu presque non voilé d’impuissance. Le monde change à vitesse grand V, aidons-le dans cette voie. Ceux qui traditionnellement dictent et imposent aux autres leurs volontés finiront bien par se conformer à la nouvelle réalité, dans un monde nouveau et plus juste. Hasta la vista !

http://french.ruvr.ru/2013_07_15/Desespoir-du-comportement-occidental-et-exemple-a-suivre-sud-americain-4608/

Mikhail Gamandiy-Egorov