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Monde multipolaire contre vents et marées

Conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est exprimé lors d’une conférence de presse mardi et a notamment répondu aux questions des journalistes, russes comme étrangers.

Les thèmes mentionnés étaient variés. Une attention particulière a été évidemment accordée à la Syrie, Sergueï Lavrov n’ayant pas manqué de rappeler que les actions des Forces aérospatiales russes ont permis d’inverser la situation dans le pays. « Suite à cela, le tableau de ce qui se passe dans le pays est devenu beaucoup plus clair, permettant de voir qui lutte contre les djihadistes, qui les soutient et qui essaie de les utiliser pour atteindre ses objectifs unilatéraux et égoïstes ».

En effet, depuis la participation de l’aviation militaire russe dans la campagne antiterroriste en Syrie, tout le monde a pu noter une intensification pratiquement immédiate de la « lutte » côté coalition étasunienne, ou du moins une tentative de montrer des résultats. Car il est vrai qu’après maintenant un an et demi de « campagne anti-terroriste », la coalition occidentalo-golfiste dirigée par les USA est bien loin des résultats de la coalition Syrie-Russie-Iran-Hezbollah (sans oublier l’Irak qui coordonne activement la lutte avec la dernière), obtenus en un temps bien moins important. D’autre part, ce n’est plus Daech qui avance mais bien l’armée syrienne, et ce sur plusieurs axes du territoire de Syrie. Les terroristes sont forcés de reculer. A certains endroits la débandade est telle qu’ils sont forcés d’utiliser les civils comme boucliers humains. D’autre part, et cela est également un résultat direct de la participation russe, les revenus de Daech issus de la vente illicite de pétrole volé ont été divisés par plus de deux, et continuent de diminuer, forçant les extrémistes takfiristes non invités en Syrie à voir fondre leurs propres revenus journaliers. Côte occidental, il n’est plus fait mention d’un départ du président syrien Bachar el-Assad comme condition obligatoire à tout processus politique, ou en tout cas beaucoup moins ardemment.

Lors de la conférence il a été également fait mention de la Corée du Nord, des relations de la Russie avec la Chine, la Turquie, la Bulgarie, la Grande-Bretagne et les USA (et plus globalement avec l’Occident), le Japon et la liste n’est pas exhaustive… Les journalistes internationaux voulaient avoir l’avis du chef de la diplomatie russe sur pratiquement toutes les questions de l’actualité internationale, ou du moins liées aux relations bilatérales de leurs pays avec la Russie. Assez étonnant pour une « puissance régionale », notion que certains tentent encore d’utiliser lorsqu’ils font mention de la Russie. Non… La Russie est bien une puissance globale et personne ne pourra désormais dire le contraire. En parlant des relations avec l’Occident, le ministre Lavrov a souligné un point fort important: la Russie est ouverte aux relations d’égal à égal avec le monde entier, dont bien sûr les pays occidentaux, mais la Russie ne va pas dépendre des caprices de l’Occident… 

En parlant de caprices, il fallait voir et entendre la question de la correspondante du quotidien espagnol El Pais, qui n’a pas manqué d’humour (bien qu’étant vraisemblablement stressée par la tournure de la conférence) en demandant au ministre russe quand la Russie rendrait la Crimée à l’Ukraine… Sergueï Lavrov, dans le style qui lui est propre, n’est pas lui aussi passé aux émotions, se contentant juste de rappeler que la Crimée fait partie intégrante de la Fédération de Russie à tous les niveaux et que pour s’en rendre compte il faudrait y faire tour, comme l’ont d’ailleurs fait et font plusieurs hommes politiques européens. On peut bien sûr comprendre le ton hautain néocolonial de certains représentants de l’Espagne, pays qui possède jusqu’à aujourd’hui des colonies sur le continent africain, plus précisément en terre marocaine: Ceuta et Melilla (sans oublier les Iles Canaries) et le stress subi par Madrid à l’idée de perdre à terme la Catalogne, le poumon économique du pays, mais faut-il quand même garder un minimum de sérieux. Probablement difficile lorsqu’on a encore des tendances coloniales.

Marie-Christine Dalloz
© AFP 2016 JACQUES DEMARTHON
En tout cas, pour revenir au thème du monde multipolaire dont Sergueï Lavrov a fait également mention aujourd’hui encore, est qu’il est bien une réalité malgré les défis qui lui sont lancés par les restes de l’unipolarité. Nous nous trouvons effectivement dans une période de transition, lorsque les partisans du monde unipolaire et néocolonial veulent à tout prix mettre des obstacles au monde multipolaire, récemment devenu réalité et soutenu par la majorité de l’humanité. 

Et à ce sujet, j’aimerai partager une réflexion personnelle du jour:

Le monde multipolaire c’est un peu comme une course de 100 mètres. On peut la courir avec ou sans haies.

Supposons que le monde multipolaire c’est nous (tous ses partisans), le coureur. Quant aux haies, ce sont les obstacles que les élites occidentales placent sur notre chemin.

Mais du moment que le coureur est un bon professionnel et qu’il sait ce qu’il fait, même en ayant des haies en face de lui, il finira la course. Certes, ce ne sera pas aussi rapide que si la piste était sans haies, mais il y arrivera quand même.

La victoire sera à nous!

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160127/1021248721/lavrov-russie-conference-presse.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Combattants antifascistes espagnols: arrêtés dans leur pays pour avoir combattu le néofascisme

Combattant du Donbass

Vraisemblablement l’Europe dans sa version UE pactise de plus en plus avec les extrêmes. Au point d’en arriver à emprisonner ceux qui combattent justement l’extrémisme.

La guerre civile en Ukraine, ou en d’autres termes l’opération punitive kiévienne et galicienne contre les ex-régions ukrainiennes, aujourd’hui insoumises, de Donetsk et de Lougansk, a laissé il faut le dire peu de gens indifférents. Certains ont préféré faire confiance aux médias du mainstream, se référant ainsi pleinement aux «versions» de Washington et de Kiev, nommant ainsi les résistants antifascistes du Donbass comme étant de «dangereux séparatistes», voire «terroristes». D’autres ont du mal encore à y voir vraiment clair. Et d’autres ont choisi eux de défendre corps et âme la résistance de Novorossia.On pense à tous ces gens, de différents parties du monde et bien évidemment de Russie et d’Europe, qui en fonction de leurs moyens soutiennent la cause qu’ils considèrent à plein titre juste. Collectes de fonds, de nourriture, d’autre aide humanitaire, ainsi que tout simplement le partage et la diffusion de la vérité, sont les caractéristiques de ces personnes, quelle que soit leur nationalité, âge ou appartenance religieuse.

Et il y aussi ceux, qui ont fait le choix de prendre les armes et d’aller combattre aux côtés des hommes et des femmes qui résistent à l’oppression néofasciste. Certains «naïfs» vous diront: «la violence est bien mauvaise». C’est certainement vrai. Mais lorsque vous faites face à une haine maximale violente, ouvertement raciste, qui entend tout simplement vous éliminer et prendre contrôle de vos terres, c’est alors que le choix de la résistance, y compris armée, est plus que justifiée. Et c’est ce choix qu’ont fait les habitants de Novorossia.

A leurs côtés, des volontaires et brigades internationales (mais ne représentant pas plus que 5% des combattants), venus en premier lieu des différentes régions de Russie, pour raisons familiales, fraternelles ou idéologiques. Et d’autres venus d’un grand nombre de pays. Dont de Serbie, d’Espagne, de France, d’Allemagne et même du Brésil. Certains d’entre eux sont politiquement à gauche, d’autres à droite. Mais à la très grande différence des mercenaires étrangers otanesques, combattants aux côtés des bataillons punitifs de Kiev et de Galicie, vous ne trouverez jamais dans les rangs des brigades internationales du Donbass de néonazis enragés, semant ouvertement la haine ethnique et raciale. Vous n’y trouverez pas d’adeptes d’Adolf Hitler et de la peste brune. Et c’est ce qui fait radicalement leur différence.

Pourtant il est bien connu qu’aux côtés des troupes kiévo-galiciennes, vous trouverez des mercenaires des USA, du Canada, de France, de Croatie, d’Allemagne, de Suède, ou encore de Pologne ou des pays baltes. Certains d’entre eux ont déjà fui et sont rentrés chez eux (c’est vrai que les forces de Novorossia leur ont fait vivre récemment des moments difficiles). A-t-on entendu parler ne serait-ce que de l’arrestation d’un d’autre eux dans leurs pays d’origine? Des pays pour nombreux membres de l’Union européenne… Non, aucun. Et pourtant ils sont accusés, au même titre que leurs «amis» néofascistes ukrainiens, par les représentants de Novorossia, de crimes contre l’humanité, perpétrés contre la population civile du Donbass.

Les élites donc de l’Europe bruxelloise sont-elles devenues à ce point aveugles ou la soumission au diktat étasunien ne leur laisse donc aucune marge de manœuvre? Quoiqu’il en soit, les volontaires antifascistes espagnols ont été interpellés tout récemment, après être rentrés chez eux, dans les différentes régions d’Espagne et se trouvent en ce moment sous les verrous. Et ce au même moment que des mercenaires néonazis européens rentrent tranquillement chez eux, sans être inquiétés, après avoir « contribué » aux massacres contre les civils dans le Donbass. Au même moment aussi que d’autres criminels, adeptes du salafisme et responsables de pires crimes barbares perpétrés en Syrie et en Irak, se retrouvent également peu inquiétés, leurs gouvernements pensant même à la façon de les «faire réintégrer» dans leurs sociétés respectives.Mais une chose reste claire: cette UE donneuse de leçons et souffrant vraisemblablement d’Alzheimer a montré une fois encore de quelle côté elle se trouve. Et que la justice dans son interprétation à elle ne vaut vraiment pas grand-chose. Quant à nos résistants antifascistes, nous leurs souhaitons que justice soit faite et qu’ils soient libérés dans les plus brefs délais. Surtout au vu de la mobilisation qu’a suscité leur arrestation aussi bien en Espagne que dans d’autres pays, dont également la Russie. No pasarán!

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150307/1015072606.html#ixzz3TiFoKjWF

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Afrique, nouvel eldorado pour les travailleurs européens ?

Африка карта

Incroyable mais vrai. Bien que trop souvent, l’accent soit mis sur l’immigration africaine en Europe, les langues se délient de plus en plus aujourd’hui et bon nombre de médias occidentaux abordent ce thème, pas très plaisant pour certains. Une Europe en crise et une Afrique en pleine croissance : retour sur un processus migratoire qui commence à changer la donne.

Ce processus fait pas mal de bruit en ce moment, et pourtant est-ce tellement surprenant ? Le départ de jeunes et moins jeunes spécialistes d’Europe de l’Ouest vers des contrées lointaines ne date pas d’hier. Avec la crise économique et le chômage qui frappent de plein fouet le continent européen, cela n’a fait que s’accentuer. Parmi les destinations, on retrouve du tout : Canada, Chine, Australie, USA, Emirats arabes unis et autres pays du Golfe, Russie/CEI, Brésil et d’autres pays d’Amérique latine, Inde, etc…. Pourtant l’Afrique était très peu citée, remportant constamment le « titre » de continent émetteur de migrants. Mais qu’en est-il en réalité et surtout depuis les dernières années ?

Et bien, la réalité est que l’Afrique devient effectivement, et de plus en plus, une terre d’accueil pour bon nombre de gens venus chercher des opportunités de réussir, dont bon nombre d’Européens. Et là, nous ne parlons pas d’expats, une « caste » spéciale, qui a toujours été activement présente sur le continent africain, mais bel et bien de gens, dont beaucoup de jeunes, qui prennent individuellement le départ en quête d’une nouvelle vie et ayant pour but de réussir par tous les moyens. Un phénomène que plusieurs médias occidentaux et autres ne manquent plus d’aborder (Courrier International, Jeune Afrique, Al Qarra TV,…), voire, comme Radio RMC, d’aller encore plus loin et de poser carrément la question de savoir si l’Europe ne deviendra pas à terme la nouvelle main d’oeuvre de l’Afrique… Compte tenu de la situation de plus en plus précaire dans certains pays de l’UE et des taux de croissance du PIB des pays africains approchant, voire dépassant les 10% comme c’est le cas du Ghana, champion d’Afrique en la matière, dont le taux de croissance réelle du PIB approche les 14% (source : CIA World Factbook), il n’y a pas forcément de quoi s’étonner.

Parmi les principaux pays européens émetteurs de migrants à destination d’Afrique, on citera l’Espagne et le Portugal, tous deux traversant une très sérieuse crise économique et un chômage galopant (surtout chez les jeunes). On compterait ainsi à l’heure actuel plusieurs dizaines de milliers de travailleurs espagnols (permanents ou temporaires) au Maroc (quatre fois plus nombreux sur le territoire marocain que cinq ans auparavant). Bien que les Espagnols soient les premiers cités, le Royaume chérifien compte également aujourd’hui de plus en plus de Français, Italiens, Allemands, Roumains,… et dont bon nombre d’entre eux sont bien loin d’être des expats. En ce qui concerne les Portugais, leur destination de prédilection en Afrique est l’Angola, ancienne colonie portugaise et l’un des cinq pays lusophones du continent africain.

Le Portugal, avec son taux de chômage certes moins important que celui de l’Espagne, mais atteignant tout de même le chiffre très alarmant de 15%, se voit de moins en moins offrir d’opportunités intéressantes à ses jeunes diplômés qui s’envolent massivement vers de nombreuses destinations, dont l’Angola (croissance du PIB supérieure à 12,5% en 2012) et dont la capitale Luanda est devenue l’une des villes les plus chères du monde. Ils seraient près de 30 000 Portugais chaque année à demander un visa pour leur ancienne colonie et seraient déjà plus de 150 000 à s’y être installés, dont la plupart des diplômés de haut niveau. C’est sans oublier le fait que le Portugal dépend aujourd’hui de plus en plus de capitaux d’entreprises angolaises (atteignant les 120 millions d’euros), faisant du Portugal le pays européen dont l’économie n’aura jamais autant dépendu d’une de ses anciennes colonies.

A part l’exemple du Maroc et de l’Angola, on peut citer également l’Afrique du Sud, la Namibie, l’Algérie, le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, ainsi que d’autres pays du continent accueillant (notamment selon les liens historiques) bon nombre de Néerlandais, d’Allemands, de Britanniques, et bien entendu de Français. D’ailleurs, qui dit flux migratoire massif, et aujourd’hui on peut véritablement parler de flux migratoire et non « d’exceptions », dit aussi immigration illégale. Ils seraient ainsi des centaines d’Espagnols et de Portugais à être reconduits à la frontière chaque année au Maroc et en Angola, pour ne citer qu’eux.

Autre point important, si l’Angola avec sa capitale en plein boom de construction d’infrastructures emploie massivement les ingénieurs portugais, cela concerne également et de plus en plus des emplois destinés aux ouvriers sans qualification. De même au Maroc, les nombreux migrants espagnols travaillent aujourd’hui dans le royaume à des postes ne nécessitant pas de qualification spéciale (ouvriers divers, serveurs,…), surtout dans le nord du pays, une région qui entretient des liens étroits avec l’Espagne.

Monde à l’envers pour certains ? Conséquences de la mondialisation pour d’autres ? Ou simplement petite revanche d’un continent très riche, représentant l’avenir et pourtant caractérisé par des clichés ancrés par les médias occidentaux et pas seulement (pauvreté, guerres, famines, immigration, etc)… ? Cela porte à croire qu’il s’agit surtout d’une preuve supplémentaire que lorsque le continent africain, ou du moins sa bonne partie, se libérera pleinement de ceux qui exploitent ses ressources depuis bien trop longtemps, ainsi que de leurs pantins locaux, et pourra ainsi profiter pleinement des richesses qui lui appartiennent de droit, les clichés négatifs habituels sur l’Afrique ne deviendront alors probablement que de vieux souvenirs.