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L’Amérique latine poursuivra son éloignement des USA

Au moment où Washington et ses alliés occidentaux tentent par tous les moyens de maintenir une approche résolument unilatéraliste, les pays d’Amérique latine que les USA ont trop longtemps considéré comme leur arrière-cour continuent d’approfondir leurs liens stratégiques avec les principales forces pro-multipolaires.

Les causes souverainistes et résolument tournées en faveur de l’ère multipolaire prennent de plus en plus le dessus à divers endroits du monde. L’Amérique latine n’en est pas une exception, bien au contraire. Bien que – et cela est parfaitement visible – ces processus provoquent une montée d’hystérie du côté washingtonien. Et ce aussi bien en ce qui concerne l’interaction des pays de la région avec la Chine, que la Russie et l’Iran.

En ce qui concerne l’interaction avec Pékin, le volume des échanges entre la RPC et les Etats latino-américains rien que sur la période allant de janvier à septembre 2021 a atteint 331,88 de milliards d’équivalents de dollars, soit une augmentation de 45,5% en glissement annuel. A titre de comparaison : durée toute l’année 2002 le volume des échanges économico-commerciaux sino-latino-américains ne dépassait pas 18 milliards d’équivalents de dollars.

Comme le rappelle également le quotidien anglophone chinois Global Times, de plus en plus de pays de cette région du monde ont signé des accords de coopération ou des protocoles d’accord dans le cadre de l’initiative chinoise La Ceinture et la Route, dans l’espoir de prendre le train du développement économique de la Chine.

Global Times répond également aux critiques émises par les USA quant à cette interaction, en rappelant à la partie étasunienne «qu’une telle clameur montre tout d’abord un grand manque de respect envers les pays d’Amérique latine, reflétant l’arrogance de Washington à ne pas tenir compte de la souveraineté des Etats latino-américains».

Par ailleurs, le quotidien chinois rappelle que l’année dernière les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils offriraient 4 milliards de dollars pour «développer» l’Amérique centrale dans le but de «contrer l’influence de la Chine» dans la région. Et ce au moment où le déficit d’investissement dans les infrastructures en Amérique latine est estimé à environ 150 milliards de dollars par an. Il faudrait certainement et en passant rajouter que cette approche typique pour les USA rappelle celle pratiquée déjà dans un certain pays appelé l’Ukraine – plongé depuis les événements du coup d’Etat de 2014 dans le pur marasme économique.

Il est vrai qu’il est nettement plus simple d’organiser une révolution de couleur à moindre frais, que de devoir aider le pays placé sous son orbite sur le plan économique et financier. Dans le cas ukrainien d’ailleurs – cela est d’autant plus anecdotique que Washington souhaite maintenir l’économie ukrainienne à flot via le budget russe et notamment les livraisons gazières de la Russie à l’Europe. Passons.

Dans le cas cette fois-ci de l’interaction des pays d’Amérique latine avec Moscou, il serait juste de noter que de nouvelles perspectives ne manqueront pas de s’ouvrir. La présence économique russe dans nombre de pays latino-américains souverains, notamment au Venezuela dans la sphère énergétique, pourrait s’élargir dans le cadre d’une plus large interaction dans le volet militaro-sécuritaire, même si c’est un domaine dans lequel les pays concernés interagissent déjà activement.

Le tout à l’heure de l’échec du dialogue récent de la Russie avec les USA et l’Otan en ce qui concerne les garanties sécuritaires et qui d’ailleurs n’était que parfaitement prévisible, connaissant la mentalité propre à l’establishment atlantiste. Désormais rien n’est exclu du côté russe. Le reste concernera les négociations avec les alliés souverains de l’espace latino-américain, sachant que plusieurs des Etats concernés le verront d’un œil positif pour faire face aux nombreuses interférences US dans leurs affaires intérieures.

Pour revenir à l’économie, une interaction économique encore plus poussée devrait être étudiée dans le cadre Eurasie-Amérique latine, à l’heure où un pays comme Cuba est déjà membre-observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Pendant ce temps, l’Iran – l’autre adversaire stratégique, aux côtés de Moscou et Pékin, de Washington sur l’arène internationale – augmente lui aussi son interaction avec plusieurs nations d’Amérique latine, dont le Venezuela, s’étant même permis de briser le blocus imposé à la République bolivarienne par l’establishment étasunien.

Pour conclure, il faudrait très certainement rappeler qu’au-delà des alliances forgées entre nombre de pays latino-américains avec l’axe de la multipolarité, les populations des pays concernés restent fortement mobilisées face à la poursuite des tentatives de déstabilisation qui émanent de la capitale US.

En ce sens l’exemple de la Bolivie, qui avait subi une révolution de couleur pro-étasunienne, mais qui n’a pas manqué de revenir à la légitimité à travers la mobilisation populaire lors des dernières élections présidentielles dans ce pays ne fait que confirmer cette thèse. Tout comme le renforcement de l’axe progressiste latino-américain avec la réélection récente de Daniel Ortega au Nicaragua ou encore la victoire à la présidentielle de Pedro Castillo au Pérou. Tous ces événements confirment que la multipolarité et le souverainisme prennent également et résolument le dessus dans l’espace latino-américain. Au détriment de Washington et des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Chine: l’écart de mentalité entre les acteurs occidentaux du monde politique et celui des affaires

Au moment où l’establishment politique de l’Occident, en perte évidente de vitesse dans les affaires internationales, tente de sauver la face en misant sur des actes typiques pour la guerre froide à l’encontre de ses principaux adversaires géopolitiques, l’approche des représentants du monde des affaires et de l’entreprenariat occidental se refuse pour nombre d’entre eux à suivre la démarche des élites politiques.

Les grandes entreprises occidentales, tout comme les PME, ne souhaitent vraisemblablement pas perdre les opportunités d’affaires existantes dans les pays considérés comme les principaux adversaires géopolitiques des élites politiques de l’Occident. Ce paradigme représente en soi un casse-tête supplémentaire, et non des moindres, pour l’establishment occidental, nostalgique résolu de l’ère unipolaire – totalement dépassée par la réalité multipolaire.

Le cas de la Chine en représente d’ailleurs un parfait exemple. La première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PIB-PPA), représente non plus seulement le centre des grandes chaines de production à l’échelle mondiale, mais également et aussi un énorme marché pour les entreprises qui offrent leurs technologies et savoir-faire. La démographie alliée à un pouvoir d’achat qui n’a cessé d’aller fortement à la hausse au cours de toutes ces années constituent des éléments évidents et qui ne sont plus à démontrer.

Ainsi, et en ne souhaitant absolument pas perdre ces opportunités existantes, les entreprises occidentales, y compris des géants comme Apple, ont d’ores et déjà investi des multi-milliards de dollars en Chine, en échange du maintien de l’accès au marché local. Ceci d’ailleurs étant dit, le géant IT est aujourd’hui loin d’être la seule entreprise occidentale qui ne suit pas les appels des autorités US pour un désengagement avec Pékin.

Le tout au moment où l’establishment étasunien et occidental continue de nommer expressément la Chine et son renforcement international continu – comme une menace inconditionnelle pour les positions des USA dans le monde. Il faut également reconnaitre qu’il est en cela largement suivi par les médias occidentaux appelés dans le temps « mainstream ».

Au-delà des Etats-Unis, l’Union européenne n’est pas en reste. D’un côté, les politiciens bruxellois soutiennent pour une large part d’entre eux la rhétorique de l’allié (donneur d’ordre ?) étasunien, mais de l’autre Pékin est déjà devenu le principal partenaire économico-commercial de l’UE, ayant dépassé les USA. Et les opérateurs économiques issus de l’Europe bruxelloise qui travaillent avec la Chine ne souhaitent vraisemblablement pas participer à une quelconque hystérie anti-chinoise. Le plus souvent – bien au contraire.

De façon plus générale, les entreprises étasuniennes comme européennes qui possèdent un chiffre d’affaires important dans leur travail en Chine ou avec la Chine – sont justement celles qui bien souvent présentent les meilleurs indicateurs de rentabilité et de taux de dividende par rapport à leurs concurrents qui ignorent ou boycottent le marché chinois, en suivant la ligne des élites politico-médiatiques occidentales.

Pour beaucoup de ces entreprises occidentales, une dépendance s’est d’ailleurs créée vis-à-vis du marché chinois. Y compris parmi les géants internationaux. En supplément d’Apple déjà cité, Microsoft a installé son plus grand centre de R&D à l’étranger dans la capitale chinoise Pékin. Le leader du secteur des équipements réseaux Cisco avait investi 10 milliards de dollars dans ses projets en terre chinoise. On peut également citer Intel ou encore Dell – l’un des principaux fournisseurs US d’ordinateurs portables, qui avait annoncé un investissement de 125 milliards de dollars sur le marché informatique chinois, sur une période de cinq ans.

Evidemment, nombre des entreprises chinoises, y compris dans le secteur des nouvelles technologies, deviennent aujourd’hui de forts sérieux concurrents pour les entreprises occidentales à l’échelle internationale. Mais cela ne décourage vraisemblablement pas ces dernières à vouloir faire des affaires rentables avec l’énorme marché chinois – un marché de production, de recherches et de réalisations, et de consommation par la même occasion. Privilégiant une notion simple: business is business.

Dans le cas de la Russie, l’autre des deux principaux adversaires géopolitiques de l’establishment occidental, on peut clairement observer une approche des cercles d’affaires assez similaire, surtout du côté européen. Pour preuves – les nombreux opérateurs européens engagés dans la réalisation et le lancement du gazoduc Nord Stream 2, y compris dans le financement. A l’heure où les décisions irréfléchies des élites politiques bruxelloises contribuent à accentuer l’actuelle crise gazière hivernale, dans leur suivisme de la politique washingtonienne et étant incapables de défendre au mieux les intérêts des consommateurs et industriels européens.

Cela sans oublier les grands groupes occidentaux présents en Russie: de secteur de la finance à la grande distribution, de l’énergie à l’industrie alimentaire, la liste n’étant pas exhaustive. Et pratiquement aucune de ces entreprises ne souhaite perdre ses positions sur le marché russe, et au pic même des tensions géopolitiques continuent non seulement de s’accrocher à leurs positions, mais souvent passent même à l’extension de leur présence. Tout en sachant, que des opérateurs russes ou issus de pays non-occidentaux seraient pour nombreux ravis de pouvoir prendre leurs places.

Pour conclure, comment peut-on alors comprendre cette différence nette de mentalité et d’approche entre le business et l’entreprenariat des pays occidentaux d’un côté et leurs élites politico-médiatiques? Notamment du côté européen qui paie une facture bien plus large que le maître étasunien. «Valeurs communes» obligent ? Il n’en est rien car bien souvent une bonne partie des élites politiques européistes en fin de carrière deviennent de simples consultants ou orateurs pour le compte d’organisations basées en terre US. Avec des salaires qui leur permettent de maintenir leur mode de vie. Il est donc évident qu’afin de pouvoir espérer un poste payé par les partenaires US bien rémunéré, il faut encore le mériter. Et pour cela, tous les moyens sont bons. Y compris si cela va à l’encontre des intérêts de leurs propres citoyens et opérateurs économiques.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Aux faux-partenaires – des réponses fermes

En l’absence de respect des engagements de la part de l’Occident, la Russie sera certainement amenée à prendre toutes les mesures nécessaires, et ce aussi bien dans le cadre national qu’en coordination avec ses alliés, pour assurer sa propre sécurité, ainsi que dans le cadre de la défense de l’ordre international multipolaire.

Les pays occidentaux doivent immédiatement donner à Moscou des garanties de sécurité et c’est de cela dont dépendra l’évolution future de la situation sur la scène internationale. C’est ce qu’a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors de sa grande conférence de presse annuelle.

Le dirigeant russe a déclaré que ce n’est pas le cours des négociations sur cette question qui importe pour Moscou, mais le résultat: «Vous exigez de moi des garanties, mais c’est à vous de nous les donner, immédiatement, maintenant», a-t-il souligné en répondant à une question d’une journaliste britannique.

Durant ladite conférence de presse, Vladimir Poutine a rappelé également comment l’Otan a menti à l’URSS dans les années 1990 quant au non-élargissement de l’alliance atlantiste vers l’Est, et que depuis cinq vagues d’élargissement de l’Otan avaient eu lieu. A ce sujet, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev avait maintes fois déclaré avoir reçu des promesses fermes quant au fait que l’Otan respecterait ses engagements sur la question du non-élargissement.

Evidemment, le dernier leader de l’URSS porte une part de responsabilité indiscutable quant au fait d’avoir fait confiance à l’Occident sans prendre en retour des engagements écrits des dirigeants otanesques. Mais il n’empêche que cela n’enlève rien au fait que de quelconques promesses, et souvent même sur le papier, données par l’establishment occidental – ne signifient absolument rien dans les faits et gestes. Les dossiers internationaux qui confirment cette vérité ne manquent aucunement. Les plus récents étant la Libye de Mouammar Kadhafi, l’Ukraine avec le soutien au coup d’Etat armé du Maïdan (suite justement aux garanties occidentales données au président ukrainien Ianoukovitch), sans oublier le dossier du nucléaire iranien.

Dans ce dernier dossier l’hypocrisie occidentale est une fois de plus parfaitement à découvert: nous violons l’accord mais on hurle haut et fort que c’est aujourd’hui l’Iran qui en serait le «violateur»…. Tellement typique de la part de ceux qui continuent de prétendre à être «exceptionnels» et à représenter la prétendue communauté internationale – en étant une extrême minorité planétaire, comme l’a d’ailleurs si bien souligné récemment Wang Wenbin, le porte-parole chinois des Affaires étrangères, en appelant par ailleurs à mettre fin à cette arrogance extrême occidentale.

Ceci étant dit et en passant maintenant aux perspectives, si bien même que l’Occident politique allait donner des garanties – connaissant la particularité de l’establishment atlantiste et la mentalité qui en ressort, il serait certainement erroné de pouvoir penser que les mêmes personnages respecteront leurs engagements, comme ils l’ont déjà si fortement démontré au cours des années 1990 et même par la suite.

Ce qui enrage aujourd’hui particulièrement l’establishment occidental, c’est qu’au-delà de devoir faire face à une chute d’influence à l’international sans précédent dans le cadre de l’ère multipolaire, il doit d’autant plus vivre avec l’intransigeance de Moscou, Pékin et Téhéran, entre autres. Les faux sourires hypocrites n’impressionnent pas, tout comme les fausses déclarations de vouloir bâtir des relations prévisibles.

Dans la situation internationale actuelle, y compris celle qui concerne la sécurité des frontières russes et eurasiennes, il est à penser que face à l’élargissement otanesque et une proximité immédiate des troupes US, la meilleure réponse qui puisse être reste une présence militaire efficace près des frontières étasuniennes.

Evidemment, cela ne doit aucunement faire diminuer les mesures de dissuasion en Europe, où l’UE applique de-facto à la lettre les prérogatives washingtoniennes, mais il demeure particulièrement important de faire désormais ressentir la présence armée des principaux adversaires à l’axe des nostalgiques de l’unipolarité – directement aux frontières US.

Evidemment, certains «bien-pensants» et faux pacifistes, les mêmes qui d’ailleurs n’avaient exprimé aucun regret suite aux destructions de l’Irak, de la Libye et de nombre d’autres pays, crieront que cela ne fera qu’attiser un niveau supplémentaire de tensions internationales. La réalité est pourtant autre: le champion indiscutable du chaos international réfléchira au contraire plus de trois fois avant de pouvoir engager ses sous-traitants vers de quelconques actions dangereuses.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Construire et non pas détruire: la Chine accroit son influence au Moyen-Orient

Les sociétés étatiques chinoises ont signé un accord avec les autorités irakiennes pour la construction d’un millier d’écoles qui représenteront vraisemblablement que la première tranche dudit accord. Pour Bagdad – il s’agit de restaurer avec l’aide de la Chine son système éducatif détruit après des années de guerre et d’interventionnisme. Pour Pékin – d’accroître encore plus son influence dans la région stratégique du Moyen-Orient.

En effet, la République populaire de Chine a une chance assez unique de considérablement augmenter son influence dans la région concernée. Et de mettre une fois de plus en pratique son approche à l’international – construire, et non pas détruire. Avec un clin d’œil évident à Washington.

Il faudrait également rappeler que l’Irak attire aujourd’hui le plus d’investissements chinois dans la région. Et avec le nouvel accord en question – la Chine a la chance non seulement de mettre à profit ses capacités qui ne sont plus à démontrer en matière de construction des infrastructures, mais également de contribuer à remettre sur les rails un secteur stratégique pour toute nation qui se respecte – celui de l’éducation. A ce titre, il serait certainement juste de faire le rappel qu’avant l’agression US contre l’Etat irakien de 2003, le pays pouvait se vanter d’avoir l’un des systèmes éducatifs les plus développés de la région et du monde arabe de façon générale.

Evidemment, il y a d’autres aspects qu’il faut prendre en compte. Comme le fait que la Chine est devenue le principal client du pétrole irakien (5ème producteur mondial). Ou encore que malgré des années d’occupation étasunienne, la présence de cette dernière en terre irakienne ne sera évidemment pas éternelle. A un moment ou un autre, Washington devra plier bagage, et partir du pays ayant été plongé si longtemps dans le chaos par ses «soins». D’autant plus que le parlement irakien a explicitement formulé cette demande, après le lâche assassinat par les USA du général iranien Qassem Soleimani et du chef des Kataeb Hezbollah Abou Mehdi al-Mouhandis, à l’aéroport international de Bagdad.

Là aussi, ce n’est pas tout. L’Iran et l’Irak partagent des relations d’alliance très solides. Et à l’heure de la montée en puissance du triumvirat Chine-Russie-Iran – à l’échelle aussi bien régionale qu’internationale – il devient évident qu’une plus large participation économique chinoise sera la bienvenue. Aussi bien d’ailleurs en Irak, qu’en Syrie, entre autres.

Il est à noter qu’après la réalisation de la première tranche de construction d’écoles déjà annoncée, les opérateurs chinois seront vraisemblablement sollicités à construire 7000 écoles supplémentaires. En d’autres termes – le constat est sans appel. Entre les actions US en Irak comme dans toute la région, et celles de la République populaire de Chine, on comprend vite qui est le destructeur, et qui le réparateur.

Néanmoins, Washington sans surprise poursuivra très certainement sa rhétorique sur une «Chine expansionniste», dans le même style que celle visant Moscou ou Téhéran. Il n’empêche que les années de résistance à la présence US, ainsi que le manque total d’efficacité de cette dernière lors du déferlement des terroristes de Daech, n’en sont que des preuves supplémentaires quant au fait qu’à l’instar de l’Afghanistan, les troupes US devront déguerpir d’Irak.

Il y a un autre point qui a également toute son importance. Si Washington peut, à juste titre, être considéré comme le champion dans la propagation du chaos à l’international, à travers de longues années d’agressions néocolonialistes en terres étrangères, de même que dans le vol des ressources naturelles dans les pays concernés par ces agressions, la résistance contemporaine et la récente réalité géopolitique, mais également géoéconomique, mondiale – résolument multipolaire, auront démontré toutes les limites d’une telle approche des convaincus à prétendument être «exceptionnels» et ne pas à avoir rendre des comptes.

En ce sens, les troupes d’occupation US auront déjà démontré être dans l’incapacité à faire face à la résistance populaire, malgré les énormes moyens militaires à leur disposition. D’autre part, cette incapacité à sécuriser les pays détruits par leur propre interventionnisme, ne créent pas le climat nécessaire pour que des entreprises étasuniennes un tant soit peu sérieuses puissent considérer à s’y aventurer.

Mis à part évidemment les quelques compagnies liées à des firmes de mercenariat US. Et qui de par leurs actions d’exploiter illégalement des ressources naturelles d’Etats souverains, comme notamment en Syrie, ne sauront éternellement pouvoir expliquer à leurs propres concitoyens les dizaines de milliards de dépenses du budget national dans des opérations à l’étranger, en vue de pouvoir simplement enrichir quelques hauts gradés de l’establishment politique ou militaire US.

Aussi, le fait que les principaux défenseurs et promoteurs du concept multipolaire international aient largement haussé le ton – démontre définitivement que le contrepoids à l’unilatéralisme occidental non seulement existe fermement, mais sera appelé à prendre encore plus de poids dans les années à venir.

Faut-il pour autant espérer que Washington déguerpisse de toute la région très rapidement? Certainement pas. Mais l’Irak sera déjà une nouvelle étape fort importante. Quant à la Chine, de même que les nations alliées, elles sauront certainement en qualité de grandes civilisations mondiales à démontrer qu’un pays quel qu’il soit a besoin avant tout de sécurité et de développement. Et non pas d’interventions néocoloniales sous faux couvert «humanitaire-démocratique».

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Diplomatie chinoise: l’ère de l’impunité pour les USA est terminée

La Chine continue de hausser le ton face aux nostalgiques du système unipolaire. Les récentes déclarations de la diplomatie chinoise ont été vues par de nombreux analystes comme un sérieux avertissement vis-à-vis de Washington et de ses supplétifs. Mais aussi et peut-être surtout comme une mise au point définitive quant à l’avenir des affaires internationales.

Les Etats-Unis, leurs alliés occidentaux et certains de leurs supplétifs ont beau prétendre à continuer de s’autoproclamer «communauté internationale», à organiser des pseudo-sommets de la «démocratie» – la réalité multipolaire, elle, ne compte aucunement reculer. Et dans cette réalité, à défaut de l’accepter convenablement – il faudra apprendre à une extrême minorité planétaire à connaitre sa place dans le monde… en qualité d’extrême minorité planétaire.

A ce titre, il serait très intéressant de prêter attention aux toutes récentes déclarations de Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères: «Nous condamnons l’intervention militaire brutale des Etats-Unis en Afghanistan, en Irak, et en Syrie au nom de la « démocratie«  et des « droits de l’homme« . Nous appelons la communauté internationale à enquêter sur les crimes de guerre de l’armée étasunienne consistant à tuer des civils innocents dans le monde et à la tenir responsable de ces crimes».

En ajoutant des éléments très importants: «La justice peut être retardée, mais elle ne sera reniée. L’ère durant laquelle les USA agissaient de façon arbitraire dans le monde sous le prétexte de la prétendue « démocratie«  et des « droits de l’homme«  est terminée. Le jour de rendre des comptes finalement viendra pour l’armée US qui a commis les crimes de tuer des civils innocents dans de nombreux pays».

Maintenant, abordons les perspectives. Tout d’abord, il devient aujourd’hui évident que nos prévisions se sont une fois de plus confirmées. Déjà en février dernier et à l’heure où de nombreux analystes et experts présageaient une amélioration des relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche, Observateur Continental a publié une analyse qui indiquait que rien ne présageait au contraire de nettes améliorations dans ces relations. En rappelant notamment que face à la poursuite de l’arrogance dans la politique étasunienne, Pékin continuera à défendre ses intérêts nationaux et à promouvoir la réalité multipolaire mondiale. Ces prévisions se sont largement confirmées.

D’autre part et au moment où certains pouvaient penser que la Chine – tout en étant une superpuissance économique internationale ne se focalisera pas particulièrement sur le volet géopolitique ont là aussi eu tout faux. La République populaire de Chine a au contraire largement accepté son rôle de superpuissance également géopolitique, et a inlassablement raffermi ses alliances avec les autres principales puissances mondiales non-occidentales, parmi lesquelles la Russie et l’Iran.

Enfin, les déclarations récentes de la haute diplomatie chinoise confirment tout simplement que la Chine est effectivement passée à la contre-offensive. L’appel à faire porter la responsabilité aux USA pour les crimes commis à divers endroits de la planète, ainsi que la mise au point sans équivoque que l’ère de l’injustice unipolaire est bel et bien révolue – ne nécessitent pas de commentaire supplémentaire.

Dans ce paradigme de la réalité internationale contemporaine – l’Occident politique pourra alors poursuivre ses gesticulations «moralisantes» autant qu’il souhaitera. Cela ne changera pourtant aucunement les bouleversements mondiaux: des bouleversements dans lesquels l’establishment occidental et ses acolytes devront apprendre à connaitre la place qui est la leur. Encore une fois – cette place est bien connue. Celle d’une minorité planétaire évidente, avec tout ce que cela implique. Y compris sur le plan économique – à l’heure où le poids de l’Occident dans l’économie mondiale ne cesse d’aller à la baisse. Un processus qui par ailleurs ne fera que s’accélérer dans les prochaines années et décennies.

L’Occident et ses suiveurs les plus radicaux avaient pourtant une chance assez unique de tenter à s’adapter à la nouvelle ère multipolaire. Mais les nombreux appels et rappels des nations partisanes de la multipolarité à l’encontre des nostalgiques de l’ordre unipolaire totalement dépassé – à revoir leur mentalité néocoloniale n’ont donné aucun résultat digne de ce nom. Ayant en face des patients inguérissables, il devient évident qu’une telle perte de temps n’apporte que des retards au véritable développement pour l’humanité.

Et en ce sens – les patients intraitables doivent être mis à l’isolement de l’écrasante majorité planétaire. Sachant d’autant plus qu’au sein de cette large majorité terrestre, on retrouve de nombreux citoyens de pays occidentaux – eux aussi adeptes de la multipolarité. La seule et véritable communauté internationale poursuivra donc sa grande marche en avant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Kiev avertit l’Europe sur une éventuelle arrivée massive de réfugiés ukrainiens

Au moment où l’Occident politique accuse nombre de pays considérés comme des adversaires d’utiliser les crises migratoires à des fins géopolitiques, l’allié ukrainien de l’establishment occidental annonce l’éventualité d’une arrivée de millions de réfugiés ukrainiens sur le sol de l’Union européenne.

Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov, a ainsi appelé les pays occidentaux à empêcher la Russie «d’une invasion à grande échelle», en avertissant que la guerre plongerait l’Europe dans une crise de grande envergure, avec l’arrivée dans les pays de l’UE de 3 à 5 millions de réfugiés ukrainiens. Le tout dans un article paru chez l’Atlantic Council.

Dans cet article, le responsable ukrainien continue d’insister sur la prétendue agression russe qui viserait l’Ukraine dans les prochains mois, sans pour autant faire mention sur le fait que s’il y a bien une agression qui se prépare, c’est celle du régime kiévien contre les populations des républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

S’il y a bien également un autre fait que le ministre ukrainien omet d’aborder – c’est celui que la migration des citoyens ukrainiens à destination des pays de l’Union européenne a déjà commencé et ne cesse de monter en nombre. Profitant du régime sans visa de trois mois alloué à Kiev comme compensation pour son positionnement pro-occidental, un régime qui a déjà vu une augmentation nette du flux migratoire en provenance de l’Ukraine et à destination de l’UE. Il faut bien le préciser – non pas touristique, mais très principalement migratoire, au moment où l’Ukraine dans sa version post-Maïdan fait partie des deux pays les plus pauvres d’Europe.

Le tout à l’heure où selon les chiffres les plus optimistes – pas moins de 4,5 millions de migrants ukrainiens se trouvent déjà à l’étranger en quête d’une vie meilleure. Et là aussi ce n’est pas tout. Car ce «qu’oublient» de rappeler les politiciens kiéviens, notamment lorsqu’ils insistent auprès de leurs alliés occidentaux quant à la nécessité d’accepter le plus tôt possible l’Ukraine au sein de l’UE et de l’OTAN, c’est qu’effectivement et face au marasme économique du pays, les citoyens ukrainiens n’auront d’autre choix que de partir vers des horizons meilleurs. Des millions d’Ukrainiens habitent et travaillent en Russie – en passant loin de se limiter seulement à ceux en provenance des régions majoritairement russophones du Sud-Est. D’autres iront chercher le rêve européiste bruxellois.

Certains seraient également tentés de partir en terre étasunienne, mais Washington n’a que faire de cette main-d’œuvre bon marché, qu’il préfère laisser à ses alliés bruxellois. Comme d’ailleurs les Afghans, Irakiens et nombre d’autres citoyens en provenance de pays ayant subi le chaos made in USA. Pour qu’au final des médecins, ingénieurs et d’autres professionnels hautement qualifiés deviennent des serveurs ou des livreurs de pizzas. Quant aux migrants ukrainiens qui chercheront le bonheur en Europe occidentale, bon nombre seraient d’ailleurs susceptibles d’appartenir à des groupes armés d’obédience bandériste néo-nazie. Avec tout ce que cela pourra impliquer pour la sécurité et le bien-être européen.

Evidemment, les responsables bruxellois connaissent parfaitement cette réalité, mais étant sous la coupe washingtonienne – n’oseront pas aller à l’encontre des décisions du maitre. Une chose reste pour autant pratiquement sûre: les avertissements kiéviens vis-à-vis des alliés européens ne sont à prendre à la légère. Bien que et encore une fois – ce n’est pas tant un quelconque conflit qui poussera des millions supplémentaires d’Ukrainiens à quitter leur pays d’origine, mais bel et bien le marasme économique dans lequel ces mêmes responsables ont fait plonger leurs compatriotes, tout en étant dans l’incapacité la plus totale d’en faire sortir.

D’autre part, toute la campagne politico-médiatique kiévo-occidentale à parler jour et nuit d’une prétendue agression russe qui toucherait prochainement l’Ukraine ne cherche vraisemblablement qu’à voiler les véritables projets de cette coalition – à savoir anéantir la résistance du Donbass et le choix de ses habitants. Un choix pour rappel qui n’est que la conséquence directe du coup d’Etat de 2014 à Kiev. Et du moment que la Russie a clairement fait comprendre qu’elle ne permettra pas le massacre des populations civiles du Donbass – l’hystérie kiévienne et occidentale est évidemment montée en flèche. Aux responsables occidentaux, et à leurs supplétifs kiéviens, de revoir donc et très rapidement leurs projets criminels et de cesser d’alimenter des rumeurs quant à une prétendue invasion russe.

Quant aux avertissements du régime ukrainien sur le vaste flux migratoire supplémentaire à destination de l’UE – c’est un processus déjà en cours et qui ne fera que s’exacerber face au ras-le-bol de millions d’Ukrainiens de croupir dans la misère – une misère créée intégralement par les actions de leurs responsables politiques issus du putsch de Maïdan, avec la bénédiction de leurs parrains atlantistes occidentaux.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les lignes rouges en mer Noire

Les bombardiers stratégiques des pays de l’Otan volent à une distance de 20 kilomètres des frontières de la Russie, ce qui constitue une ligne rouge pour le chef de l’Etat russe Vladimir Poutine. Face aux agissements occidentaux, il est évident que la Russie devra prendre des mesures dissuasives supplémentaires.

Participant à une réunion élargie avec le ministère russe des Affaires étrangères, Vladimir Poutine n’a pas manqué d’aborder la question des récentes actions otanesques en mer Noire: «En ce qui concerne la mer Noire, les derniers événements dépassent certaines limites. Des bombardiers stratégiques volent à une distance de 20 kilomètres de notre frontière étatique et ils portent, comme vous le savez, des armes très sérieuses».

Le président russe a également attiré l’attention sur le fait que les actions des pays occidentaux, qui aggravent la situation présente, se déroulent non seulement en mer Noire, mais également dans d’autres régions proches des frontières de la Fédération de Russie. «Oui, nous exprimons constamment nos inquiétudes à ce sujet, nous parlons de lignes rouges, mais, bien sûr, nous comprenons aussi que nos partenaires étant très particuliers et qui, en employant un euphémisme – traitent tous nos avertissements et échanges en matière de lignes rouges de manière très superficielle», a déclaré le chef de l’Etat.

Pour autant, il a rappelé que la Russie réagira à ces défis. «L’Otan a pris son initiative pour rompre tous les mécanismes de dialogue. Nous répondrons bien évidemment de manière appropriée à l’activité militaire des otanesques le long du périmètre des frontières russes». Tout en soulignant que la Russie n’a pas besoin de conflits à ses frontières occidentales. «Nos récents avertissements (aux pays occidentaux, ndlr) se font encore ressentir et produisent un certain effet. Une certaine tension est apparue là-bas. Nous devons maintenir cet état pour eux aussi longtemps que possible, afin qu’ils ne pensent même pas à organiser à nos frontières occidentales une sorte de conflit dont nous n’avons pas besoin».

A noter que le lundi 15 novembre, le président biélorusse Alexandre Loukachenko, dont le pays est également en tensions avec les régimes occidentaux, a déclaré que les pays de l’Occident cherchaient à aggraver la situation dans la région, comme en témoignent les manœuvres des Etats-Unis et de l’Otan en mer Noire. Il a également déclaré avoir discuté de cette question avec Vladimir Poutine.

En parlant maintenant de perspectives à venir. Il est aujourd’hui évident que face à un establishment occidental qui comprend parfaitement la fin de son projet hégémonique unipolaire, mais qui par la même occasion s’accroche par tous les moyens à ce concept révolu, il sera fortement nécessaire de poursuivre non plus les rappels à l’ordre, mais bel et bien les actions qui permettront de le remettre à sa place. Celle d’une extrême minorité à l’échelle planétaire.

Ces actions, il faut certainement les diviser en plusieurs volets. Dans la partie européenne, puisque c’est justement à travers elle que sont organisées les manœuvres de provocation otanesques près des frontières russes, il sera nécessaire d’augmenter l’arsenal de dissuasion pouvant mettre les têtes chaudes hors d’état de nuire en un temps record. Pour ce qui est des USA – le maitre des nostalgiques de l’unipolarité et principal initiateur des provocations en question, il sera certainement nécessaire d’accroitre l’interaction avec l’axe latino-américain souverainiste et poursuivre la défense des pays concernés face aux manœuvres de déstabilisation étasuniennes.

Et si nécessaire, augmenter l’interaction en Amérique latine avec d’autres partenaires, notamment la Chine et l’Iran – dont l’influence grandissante dans cette région met également Washington dans un état de quasi-hystérie. Toujours dans le cadre latino-américain, le temps est certainement venu de renforcer très considérablement la présence militaire au sein des pays alliés de la Russie et de l’axe multipolaire, comme Cuba, le Nicaragua et le Venezuela. Avec en prime l’organisation de manœuvres militaires conjointes près des frontières US.

Dans le Pacifique, où Washington mène également des actions hostiles vis-à-vis de la Russie et de la Chine, il est à penser que Moscou et Pékin doivent en coordination riposter à tout acte pouvant toucher les intérêts sino-russes. Y compris à travers l’élargissement de manœuvres militaires conjointes à grande échelle.

Le président russe l’a bien rappelé: un certain effet des avertissements est déjà visible du côté occidental. Mais face à un cas clinique qui ne laisse aucune note d’optimisme, les remèdes doivent être à la hauteur de la maladie.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Crise migratoire: la Pologne a-t-elle la légitimité de se positionner en victime?

Au moment des tensions montantes entre l’Union européenne et la Biélorussie, Varsovie tente de se positionner en victime des prétendues actions de Minsk et de Moscou. Pour autant, les responsables polonais semblent faire mine d’oublier leur responsabilité directe dans les diverses interventions occidentales otanesques. Des interventions en très large partie responsables des crises migratoires observées.

Alors que les responsables polonais, tout comme nombre de leurs collègues européistes, ne cessent d’accuser la Biélorussie, la Russie, mais également la Turquie, de la crise observée actuellement à la frontière polono-biélorusse, ces personnages devraient peut-être surtout se regarder objectivement dans le miroir et cesser de gesticuler de manière totalement hypocrite et mensongère.

Et dans le cas précis mentionné – la Pologne devrait faire profil bas – au même titre que ses collègues de nombre de pays occidentaux. Faut-il le rappeler – Varsovie a activement participé aux actions sous-traitantes pour le compte de Washington et de l’Otan en Irak, comme en Afghanistan? D’ailleurs le site du gouvernement polonais le rappelle ouvertement: 20 années de présence militaire en Afghanistan. Une présence achevée évidemment récemment suite à la déroute de la coalition occidentale en terre afghane, USA en tête.

En supplément de l’Afghanistan, la Pologne fut effectivement engagée en Irak, en soutien à l’invasion étasunienne. Petite question de rappel: d’où provient la grande partie des migrants aujourd’hui? Réponse: pour un large nombre d’entre eux – d’Irak et d’Afghanistan justement. Et ce n’est certainement pas à la Biélorussie – subissant des attaques, intimidations et tentatives de déstabilisation de la part de Washington, Bruxelles et de leurs supplétifs d’Europe de l’Est – de porter une quelconque responsabilité quant à l’accueil des personnes fuyant des pays détruits par l’interventionnisme occidental et l’action de ses sous-traitants.

De façon générale et au-delà de la Pologne qui assume pleinement son rôle d’un des principaux sous-traitants de la politique étasunienne et otanesque en Europe, la question de la responsabilité quant au chaos propagé devrait être certainement étendue à tous les pays dont les gouvernements ont choisi une politique de sous-traitance vis-à-vis de l’establishment occidental. Et plus particulièrement encore lorsque cette sous-traitance ne se limite pas seulement à des campagnes de lobbying et autres «bienveillances» à l’égard des maitres, mais surtout lorsqu’il s’agit de contribuer au chaos et aux souffrances que doivent endurer nombre de peuples non-occidentaux, à divers endroits de la planète.

Et puisque l’Occident politique, dans son arrogance extrême et son refus de reconnaitre officiellement l’avènement de l’ère multipolaire, continue de s’autoproclamer comme étant soi-disant la communauté internationale – qu’il ne représente pourtant guère – et d’être le centre du monde «libre et démocratique», il devrait certainement donner l’exemple à toutes ces personnes en provenance de pays ayant tellement souffert du néocolonialisme occidental et de ses supplétifs.

Pour revenir maintenant à la Pologne – non, elle ne possède aucune légitimité de se plaindre de quoi que ce soit dans la situation actuelle. Car au-delà d’avoir activement participé aux souffrances infligées aux populations irakiennes et afghanes durant de longues années – Varsovie a joué, et continue de jouer, un rôle de premier plan dans les tentatives de déstabilisation de ses voisins, parmi lesquels – la Biélorussie.

Et peut-être qu’effectivement la situation qui prévaut actuellement à sa frontière orientale devrait servir de bonne leçon pour une Pologne ayant des ambitions démesurées, mais une capacité de réaliser quoi que ce soit de viable – nulle. Absence de souveraineté oblige. Et en parlant d’ailleurs d’immigration – n’est-ce pas les citoyens polonais qu’on retrouve parmi les migrants les plus représentés en nombre – dans nombre de pays étrangers, notamment au Royaume-Uni? Une situation pas très à l’honneur pour un Etat qui tente de créer le mythe d’être une puissance régionale. Pour le reste: l’arroseur arrosé dirait-on.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Donbass & Ukraine: aucune chance pour la réconciliation

Le régime kiévien semble incapable de comprendre que toute éventualité de pouvoir récupérer par la force les républiques populaires autoproclamées du Donbass est vouée à l’échec non seulement du point de vue des capacités de résistance des dites républiques, mais également et peut-être surtout au vue du rejet de cette idée par la large partie de la population concernée.

Une chose semble aujourd’hui assez sûre dans les agissements kiéviens, c’est que la population du Donbass est presque ouvertement considérée comme une cible à abattre, au même titre que les forces armées des Républiques populaires autoproclamées de Donetsk et de Lougansk (RPD, RPL).

Le rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), dont les principaux points ont été d’ailleurs relayés par Observateur Continental en dit long sur les véritables motivations de l’Ukraine dans sa version actuelle.

Au-delà de continuer à viser les infrastructures civiles, allant de sites d’approvisionnement en électricité jusqu’aux établissements scolaires, la population elle-même du Donbass continue de représenter tout simplement une cible pour l’armée ukrainienne et les nombreux bataillons punitifs d’obédience néo-nazie. Femmes, enfants, personnes âgées – personne n’est épargnée des crimes commis par le régime de Kiev.

D’ailleurs, le projet de loi ukrainien sur «la période de transition» pour le Donbass (évidemment dans le cas où il serait repris par Kiev) en dit long sur le calvaire que voudrait faire endurer le pouvoir ukrainien à la population des républiques populaires de l’ex-Est ukrainien. En d’autres termes – toute la population du Donbass risque de devenir la cible d’une campagne de représailles pour «collaboration» avec l’ennemi. Ce qui équivaut à dire que tous ceux qui ont refusé de reconnaitre le coup d’Etat de 2014 en Ukraine sont considérés comme des ennemis dudit Etat et seront, d’une façon ou d’une autre, poursuivis.

Il devient aujourd’hui assez évident que le régime kiévien ne recherche aucune réconciliation, d’aucune nature que ce soit, avec les habitants qu’il souhaite «retrouver». Ce qu’il souhaite par contre c’est d’anéantir toute liberté de pensée qui va en opposition avec la politique pro-occidentale de ce régime post-Maïdan et des mouvements néonazis qui ont un pouvoir dans les rues des villes ukrainiennes toujours aussi important – et dont on ne trouvera probablement pas d’équivalent à d’autres endroits du monde.

Dans ces conditions – tout retour, sous quelque forme que ce soit des républiques autoproclamées du Donbass au sein de l’Etat ukrainien (si on peut encore parler d’Etat) relève de l’impossible. L’Ukraine pro-occidentale ne souhaite pas, comme certains pays dans le monde l’ont fait en période de conflit ou post-conflit, chercher la réconciliation nationale. Ce qu’elle veut, et peut-être aussi et surtout ses mentors occidentaux ayant des pouvoirs décisionnels qui ne sont plus à présenter, c’est l’anéantissement pur et simple de ces républiques. Et si nécessaire – de la population qui y vit.

Ce que ces personnages, qui seront évidemment passagers car l’Ukraine saura retrouver la voie de la raison à un moment ou un autre, oublient – c’est que la capacité de résistance du Donbass n’est plus à présenter elle aussi. Et si ce n’est pas en 2014, 2015 ou 2016 que cette résistance ait pu être brisée, ce ne sera certainement pas aujourd’hui ou dans un avenir quelconque. La meilleure chose par contre que peuvent déjà entrevoir les citoyens ukrainiens – c’est de se préparer à la période post-marasme de leur pays. Un pays pour rappel devenu l’un des deux plus pauvres d’Europe. Avec pas moins de 4,5 millions de migrants ukrainiens se trouvant en dehors des frontières de leur pays – sur une population totale d’un peu plus de 40 millions d’habitants.

Le régime kiévien joue également avec le feu sur un autre aspect, et non des moindres. Si les voix dissidentes ont été effectivement écrasées dans certaines régions ukrainiennes où les sentiments anti-Maïdan étaient largement répandus, ce n’est pas une raison pour croire qu’elles ne puissent pas être ravivées. Surtout si une contre-offensive des républiques du Donbass devait avoir lieu face à une quelconque nouvelle tentative d’agression. Avec tout ce que cela implique.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: le rapprochement des Etats arabes avec Damas

La République arabe syrienne observe les manœuvres de nombre de pays arabes souhaitant normaliser leurs relations avec le leadership syrien. Cette réalité confirme le succès de la résistance syrienne et du soutien stratégique de ses alliés, mais également l’énième échec de l’establishment occidental.

«Rapprochement éclair avec la Jordanie, rôle majeur dans la crise énergétique libanaise, réintégration au sein d’Interpol, les signes ne trompent pas: la Syrie est en train de rompre partiellement son isolement en dépit du maintien de lourdes sanctions internationales», écrit France 24 – l’un des principaux porte-voix médiatiques des intérêts de l’establishment hexagonal à l’international. Faisant notamment référence au récent entretien téléphonique entre le président syrien Bachar al-Assad et le roi Abdallah II de Jordanie.

Le même article parle même d’une «approche plus pragmatique» du côté étasunien, notamment «le feu vert exceptionnel accordé en août au projet d’acheminement de gaz égyptien via la Syrie vers le Liban en crise, malgré les lourdes sanctions du Caesar Act, adopté en 2019 et qui interdit toute transaction avec les autorités syriennes».

Par ailleurs, l’analyste Aaron Lund, cité par France 24 indique que «les pays les plus influents au sein de la Ligue arabe, excepté l’Arabie saoudite, sont favorables à une réintégration de la Syrie» au sein de l’organisation… Evidemment et malgré tous ces éléments parmi d’autres que ledit groupe médiatique mentionne – il reste trop difficile pour le mainstream médiatique de passer sincèrement à une approche raisonnable dans le traitement de l’information internationale. Notamment lorsqu’on lit dans la même publication, que «le régime syrien est toujours considéré comme un paria par la communauté internationale».

Cette ligne mérite évidemment quelques commentaires et mises au point. Tout d’abord, de quelle communauté internationale parle-t-on d’une infime minorité planétaire nommée l’Occident? Ou encore plus particulièrement de l’establishment occidental? Si c’est le cas, alors il est tout sauf question, une fois de plus, de communauté internationale. Un groupe de régimes représentant tout au plus 10% de la population terrestre ne pourra jamais prétendre à être la communauté internationale. A moins de changer radicalement de mentalité et de rhétorique, et devenir un acteur responsable dans les affaires internationales – on en est si loin.

D’autre part, lorsqu’on connait les principaux soutiens de la République arabe syrienne, notamment les grandes puissances internationales comme la Russie, l’Iran, mais également la Chine, superpuissance économique mondiale, il est pour le moins ridicule de pouvoir encore prétendre à parler d’une quelconque isolation de la Syrie. Rajoutons à cela ces manœuvres de nombre de voisins arabes de Damas dans la voie de normalisation des relations, souvent même sur leur propre initiative, et on arrive au summum du ridicule dans la rhétorique politico-médiatique de l’Ouest. Bien que ce ridicule ne surprenne plus grand monde aujourd’hui.

Dans un article de novembre de l’année dernière, Observateur Continental avait abordé le fait que la Syrie de l’après-guerre n’a pas besoin de l’Occident. Cette mise en perspective semble plus que jamais d’actualité aujourd’hui, à l’heure où plusieurs acteurs régionaux et internationaux se bousculent pour le rétablissement des relations avec le leadership syrien. Fait intéressant: même les représentants turcs qui maintiennent une animosité peu voilée envers le gouvernement syrien, reconnaissent depuis peu de façon officielle les contacts existants entre leurs services de renseignement et ceux de Damas.

Une question légitime se pose donc: l’Occident ne serait-il pas tout simplement le seul et véritable paria contemporain de la communauté internationale? Nous sommes en droit de nous poser cette question.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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