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Politique israélienne en Syrie, les masques tombent

F-15 E israélien. Archive photo

La Syrie est le théâtre d’affrontement d’envergure pratiquement mondiale, du fait de l’internationale terroriste présente sur le territoire, mais aussi en raison de la participation de pays hostiles à la République syrienne. Parmi eux, les récents événements ont mis en lumière le rôle d’Israël.

Si aujourd’hui, ce n’est un secret pour personne que des pays comme les USA, l’Arabie saoudite, le Qatar ou encore plusieurs États ouest-européens ont largement et ouvertement contribué au chaos en Syrie, le cas d’Israël était à part. D’un côté, l’État hébreu se déclarait « neutre » dans le conflit syrien, mais ses actions ont plusieurs fois démontré le contraire. La dernière en date a été la goutte qui a fait déborder le vase.

En effet, l’aviation israélienne a mené plusieurs frappes en Syrie au cours de ces dernières années. À chaque fois, elles visaient les positions de l’armée gouvernementale syrienne ainsi que ses alliés, dont le Hezbollah libanais — l’os dans la gorge de l’État israélien depuis déjà bien longtemps. Qu’en est-il des groupes terroristes, dont Daech ou Al-Qaida? Réponse: ils n’ont jamais été visés par les avions israéliens.

En septembre dernier, lors de l’offensive de l’armée syrienne contre les terroristes takfiristes du Front Al-Nosra (devenu par la suite Front Fatah al-Cham et plus récemment encore Hayat Tahrir al-Cham) dans le sud de la Syrie, aux environs de Kouneitra, l’armée israélienne avait une fois de plus attaqué les positions des forces gouvernementales. Si les précédentes attaques israéliennes n’avaient pratiquement pas généré de riposte côté syrien, ce ne sera pas le cas de celle-ci. Un avion et un drone israéliens seront abattus, selon les informations de l’état-major syrien. Israël niera les faits.

17 mars. Alors que l’armée syrienne et les milices progouvernementales poursuivent l’offensive contre Daech à l’est de Palmyre, l’aviation israélienne frappe une nouvelle fois les troupes syriennes. La DCA syrienne riposte et affirme avoir abattu un avion et en avoir touché un autre. Israël nie dans un premier temps les faits, comme il l’avait fait au mois de septembre. Mais la réaction qui s’en suit deux jours plus tard d’Avigdor Lieberman, le ministre israélien de la Défense semble confirmer la version syrienne. En effet, il annonce que si la DCA syrienne riposte de nouveau contre l’aviation israélienne, l’État sioniste « détruira » les systèmes de défense antiaérienne de Syrie.

De l’aveu des médias, y compris mainstream, il s’agit du plus sérieux incident entre les deux pays depuis le début de la crise syrienne. Incident suffisamment sérieux en tout cas pour que le ministère russe des Affaires étrangères convoque ce lundi 20 mars l’ambassadeur israélien en poste à Moscou, afin de lui transmettre l’opposition de la Russie face aux actions israéliennes à l’encontre de la Syrie.

Plus gênant presque que le bombardement en lui-même, ce sont les justifications israéliennes qui ne tiennent tout simplement pas. Tel-Aviv a en effet indiqué que les frappes visaient à empêcher un transfert d’armes au Hezbollah libanais, alors que l’attaque a ouvertement visé les forces syriennes aux alentours de Palmyre, là où l’armée gouvernementale fait face à Daech. Bien difficile désormais de parler du manque de complicité entre Israël et les groupes terroristes, d’autant plus que selon divers témoignages, de nombreux terroristes, notamment ceux opérant dans le Sud du territoire syrien, se font soigner dans les hôpitaux israéliens.

Au-delà du conflit syrien, et dans lequel les forces gouvernementales soutenues par les alliés prennent de plus en plus le dessus sur les groupes terroristes, Israël a vraisemblablement très peur du rééquilibrage des forces dans la région issu de l’ère multipolaire. En effet faut-il rappeler que l’État sioniste faisait partie des grands bénéficiaires de la chute de l’URSS et de la fin officielle de la guerre froide?

L’avènement de l’ère unipolaire, avec le diktat de la seule superpuissance étasunienne, l’allié par excellence d’Israël, avait donné à ce dernier un sentiment de quasi-impunité aussi bien dans le conflit qui l’oppose à la Palestine, qu’à plusieurs de ses voisins. La guerre perdue en 2006 face au Hezbollah libanais, qui combat aujourd’hui aux côtés de l’armée syrienne les terroristes takfiristes, a été l’un des premiers signes remettant en cause « l’invincibilité » régionale d’Israël.

Puis le renforcement de l’Iran, partisan lui de la multipolarité et ennemi de longue date, a ravivé les craintes de Tel-Aviv. Enfin, le positionnement de la Russie en faveur de son allié syrien dans la lutte antiterroriste a complètement reconfiguré les perspectives proche et moyen-orientales. En effet et selon plusieurs hauts cadres de Tsahal, la présence russe en Syrie a totalement mis à mal la domination aérienne d’Israël dans la région. Pour rappel, les systèmes de défense antiaérienne et antimissiles russes S-300 et S-400 se trouvent sur le territoire syrien, mais à ce jour, ils n’ont pas été utilisés. Cependant, la DCA syrienne a riposté au raid israélien avec ses vieux systèmes S-200 et il est peu probable que Tel-Aviv souhaite que les systèmes russes plus sophistiqués soient utilisés contre son aviation. D’où l’importance de l’empêcher par des canaux diplomatiques. Cela a été fait ce lundi.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703201030536992-isael-syrie-politique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Et si Damas reprenait Raqqa?

Raqqa, fief de Daech

Bachar al-Assad a annoncé que la libération de la ville de Raqqa serait désormais le prochain objectif prioritaire de l’armée syrienne. Elle poursuivra en parallèle la libération d’autres villes et localités de Syrie.

« Après Alep et Palmyre, Raqqa est notre nouvel objectif. À ce jour, nous sommes proches de Raqqa. Nos forces ont atteint l’Euphrate (pour la première fois depuis quatre ans, ndlr) qui est très proche de Raqqa, fief de Daech. Pour autant, cela ne signifie pas que les autres villes ne sont pas prioritaires, cela pourrait se dérouler parallèlement », a déclaré Bachar al-Assad lors d’une interview accordée à la chaîne hongkongaise Phoenix.

Parlons perspectives. Du point de vue stratégique, Raqqa représente peu. C’est une relativement petite ville dans un milieu désertique. Rien à avoir avec Alep, grande mégalopole et capitale économique de l’État syrien, ou encore Palmyre, la « Perle du désert », qui tout en étant peu peuplée, était et reste un grand symbole culturel pour la Syrie et pour toute l’humanité. Raqqa, elle, n’a de symbolique que son statut de « fief » de Daech, selon les déclarations mêmes du président Assad il y a quelques mois. Néanmoins, et au moment où les É.-U. et leurs alliés s’activent pour tenter de remporter au moins une victoire digne de ce nom sur le théâtre syrien, Damas démontre qu’elle est amplement en mesure de libérer cette ville elle-même, avec l’aide de ses alliés, à l’instar d’autres parties du territoire.

Pour rappel, le gouvernement syrien contrôle les cinq plus grandes villes du pays: Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Hama. D’autre part, et cela est tout aussi important, entre 70 et 80 % de la population de Syrie se trouve dans des territoires sous contrôle gouvernemental. Chiffres hautement symboliques lorsqu’on se souvient comment le mainstream médiatique et les élites politiques occidentales ont répété sur tous les tons que les civils fuyaient massivement « les troupes du régime »…

D’ailleurs, quelle sera la réaction du mainstream et des élites politiques face à une éventuelle reprise de la « capitale » de Daech par les forces gouvernementales? Réponse: très probablement la même que celle lors de la libération d’Alep et de Palmyre, à savoir révolte ou au moins une simple déception. Quoi qu’il en soit, cette hypocrisie ne stoppera pas le gouvernement syrien dans la poursuite de la libération du territoire du pays de la présence terroriste. La déclaration d’Assad n’a fait que le confirmer.

Mieux que cela, le leader syrien pense que le conflit qui déchire son pays depuis maintenant six ans pourrait être entièrement résolu cette année, tout en ajoutant que les forces étrangères présentes en Syrie sans invitation compliquent la situation. Par ces propos, il viserait clairement en premier lieu les É.-U., principaux instigateurs du chaos orchestré dans son pays, comme dans la région en général. La présence turque est également contestée, mais plus ou moins tolérée, car elle est coordonnée avec la Russie. Or, la Turquie continue de se rapprocher de la Russie à différents niveaux, la toute récente visite d’Erdogan à Moscou l’a bien confirmé. En Syrie, les deux capitales coordonnent leurs efforts diplomatiques avec le processus d’Astana et militaires en opérant des frappes conjointes contre Daech dans le nord de la Syrie, qui ont abouti à la libération d’Al-Bab. Dans ce contexte, il est raisonnable de penser que la présence de la Turquie en Syrie ne sera pas permanente, ni même un problème insurmontable.

Une fois encore, le problème majeur reste bien la politique étasunienne dans la région, celle qui consiste à diviser pour mieux régner, ou du moins pour mieux semer le chaos — l’élite US en est la championne absolue. Mais lorsqu’il s’agit d’en réparer les conséquences, le plus souvent catastrophiques, les É.-U. et ses « alliés » ouest-européens sont presque toujours aux abonnés absents. Simple constat de la réalité.

Dernier point. L’armée syrienne reste en effet sur l’offensive, avec plusieurs objectifs stratégiques en vue: rompre l’encerclement des troupes d’élite syriennes à Deir ez-Zor et nettoyer la zone, avancer sur Raqqa, le fief de Daech, sans oublier évidemment Idlib, le fief de l’autre groupe takfiriste Hayat Tahrir al-Cham (ex al-Nosra et Fatah al-Cham, la filiale d’Al-Qaida en Syrie). Des efforts militaires qui s’ajoutent donc aux efforts diplomatiques d’Astana, lesquels reprendront dans les prochains jours, pour avancer vers la fin du conflit syrien, qui a été imposé par le néocolonialisme occidental s’appuyant une fois encore sur des extrémistes déclarés.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703141030451295-syrie-raqqa-liveration-objectif/

Mikhail Gamandiy-Egorov

«L’année écoulée s’inscrit dans une phase de transition, entre deux états du monde»

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Ex-haut fonctionnaire, Bruno Guigue est un analyste politique français, enseignant en relations internationales à l’Université de La Réunion et chroniqueur en politique internationale.

Sputnik : L’année 2016 est terminée. Pour beaucoup, elle a été associée aux tensions montantes entre la Russie et les États-Unis, et plus globalement entre la Russie et l’Occident politique. Quelles sont les principales analyses que vous feriez de l’année passée?

Bruno Guigue : L’année écoulée s’inscrit dans une phase de transition, extrêmement critique, entre deux états du monde. La roue tourne, et le neuf chasse l’ancien. Les USA sont encore la première puissance économique mondiale, mais la Chine est en passe de les détrôner. La situation sociale aux États-Unis est désastreuse. La violence y est omniprésente. Les USA sont un pays riche, mais ses habitants sont pauvres. 15 % des Américains dépendent de l’aide alimentaire, et le taux d’endettement des ménages est vertigineux.

L’élection de Donald Trump, en réalité, est le symptôme d’un profond malaise. À l’intérieur comme à l’extérieur de leurs frontières, les États-Unis ressemblent à un colosse aux pieds d’argile. En encerclant la Russie, en la diabolisant, les dirigeants américains renouent avec les pratiques de la guerre froide, mais cette agitation belliciste est un aveu de faiblesse. Si Washington provoque Moscou en mobilisant son armada, c’est pour tenter de conjurer, de manière pathétique, un déclin irréversible. Les USA sont une superpuissance chancelante qui joue au matamore parce qu’elle sait que ses jours sont comptés.

Sputnik : Cette opposition russo-étasunienne s’est traduite par une différence d’approche évidente en Syrie, qui restait largement à la Une de l’actualité. Quelles leçons en tirez-vous?

Bruno Guigue : Sur le théâtre syrien, il y a une énorme différence entre Moscou et Washington. Les Russes font ce qu’ils disent et ils disent ce qu’ils font. Les Américains ne font pas ce qu’ils disent et ils ne disent pas ce qu’ils font. La Russie intervient en Syrie à la demande expresse d’un État souverain qui est son allié historique dans la région. Elle combat la pègre mercenaire qui tente d’abattre cet État sur mandat des puissances occidentales et des pétromonarchies du Golfe. Avec 5 000 soldats et 70 avions, elle a aidé le gouvernement syrien à libérer la deuxième ville du pays et à restaurer sa souveraineté, peu à peu, sur une part croissante du territoire national.

De leur côté, les USA prétendent livrer bataille aux organisations terroristes, mais en réalité ils les utilisent contre Damas. Ils accréditent une distinction entre des rebelles « extrémistes » et « modérés » qui n’existe que sur le papier, et ils en fournissent eux-mêmes la preuve en les soutenant sans distinction! Chaque fois que Daech attaque les forces gouvernementales syriennes, par exemple, les avions de la coalition restent cloués au sol. Contrairement à l’intervention russe, l’intervention américaine est illégale en droit international et elle favorise les terroristes en prétendant les combattre.

Sputnik : La récente coordination des approches entre la Russie et l’Iran, principaux soutiens du gouvernement syrien, avec la Turquie — qui a longtemps gardé une approche ouvertement anti-Assad — le tout en vue de contribuer ensemble à la résolution du conflit syrien, a montré qu’il était possible d’atteindre des résultats prometteurs, sans pour autant y inclure les représentants US et plus généralement les élites occidentales. Partagez-vous cet avis? Est-ce, selon vous, un signe que cette région du Proche et du Moyen-Orient devrait élargir ce genre d’initiative à l’instar de celle entre la Russie, l’Iran et la Turquie?

Bruno Guigue : La coopération diplomatique entre la Russie, l’Iran et la Turquie en vue de mettre fin au conflit syrien est une gifle monumentale pour Washington et ses satellites. Les États-Unis sont éjectés comme des malpropres d’une scène syrienne où ils ont additionné les « false flags » et les coups tordus. Pour la première fois, une négociation sur un conflit majeur est engagée sans Washington, qui doit se résoudre à faire tapisserie pendant que Moscou mène la danse. L’avenir dira si les négociations inter-syriennes sous ce triple parrainage aboutiront à une solution négociée. Mais en attendant, les Occidentaux sont condamnés à approuver en public un processus qui les destitue de leur prééminence sur la scène internationale.

Les pourparlers qui auront lieu à Astana, capitale du Kazakhstan, symbolisent le basculement du monde vers de nouveaux pôles de puissance. Toutes proportions gardées, c’est un événement comparable à la conférence de Bandoeng, qui marqua en 1955 l’émergence d’un « tiers-monde » assoiffé d’indépendance et résolument non-aligné. Les puissances occidentales ayant démontré leur capacité de nuisance au Moyen-Orient, toute initiative consistant à se passer de leurs services est un exemple à suivre si l’on veut tuer dans l’œuf l’ingérence néo-coloniale et permettre aux puissances régionales de régler elles-mêmes leurs propres affaires.

Sputnik : Une nouvelle administration, celle du président élu Donald Trump, prendra officiellement sous très peu le pouvoir aux États-Unis. Certains partagent un optimisme important au vu de certaines déclarations de M. Trump qui laissaient supposer une éventuelle normalisation des relations avec la Russie. D’un autre côté, sa rhétorique anti-chinoise, anti-iranienne et notamment anti-cubaine, des pays ayant des relations fortes avec la Russie, laissent supposer la poursuite de la confrontation. D’autant plus qu’au vu des déclarations récentes de certains représentants de son équipe, les risques d’une poursuite des tensions avec la Russie restent également d’actualité. Quel est votre avis sur la question?

Bruno Guigue : Personne ne sachant lire dans le marc de café, il est impossible de dire ce que sera la politique étrangère de Donald Trump. La composition de son équipe envoie des signaux contradictoires. Le conseiller à la sécurité nationale est Michael Flynn, chef du renseignement militaire limogé par Barack Obama pour avoir critiqué la politique du président en Syrie. Le secrétaire d’État est Rex Tillerson, l’un des dirigeants du groupe pétrolier ExxonMobil qui s’opposa aux sanctions contre Moscou en 2014. Au secrétariat à la Défense, c’est le général James Mattis, ancien commandant des forces US au Moyen-Orient et partisan notoire de la fermeté à l’égard de l’Iran.

Difficile de s’y repérer, mais M. Trump se déclare prêt au dialogue avec Moscou et affirme que les USA n’interviendront plus pour « changer le régime politique » chez les autres. C’est un désaveu explicite des politiques néo-conservatrices! En même temps, il adhère aux thèses israéliennes sur Jérusalem et envisage d’y déplacer l’ambassade US en violation du droit international. Il veut remettre en question l’accord péniblement négocié par son prédécesseur sur le nucléaire iranien. Enfin, il bombe le torse face à la République populaire de Chine.

Sputnik : Que pensez-vous, précisément, de ces déclarations peu diplomatiques à l’égard de la Chine?

Bruno Guigue : Ces déclarations, en fait, rejoignent la critique constante du libre-échangisme économique formulée par Donald Trump durant sa campagne. Elles annoncent un bras de fer de Washington avec les puissances montantes dont la croissance constitue une menace pour l’hégémonie US. La mondialisation des échanges appauvrit l’économie américaine, elle la vide de sa substance en accélérant la désindustrialisation. Invention occidentale, cette globalisation exigée par l’oligarchie se retourne contre les pays qui en ont fait l’alpha et l’oméga de la vie internationale. En 2010, la part des USA dans le PIB mondial était de 25%. Elle sera de 16% en 2025. En 2050, elle sera de 9% contre 33% pour la Chine et 8% pour l’Inde. Pour le nouveau président, le véritable défi sera de freiner, dans une tentative désespérée, le déclin annoncé de l’Empire américain. Et il sait bien que couvrir les océans de porte-avions déployant fièrement la bannière étoilée n’y changera rien.

Sputnik : On observe une montée importante des sentiments anti-atlantistes dans les pays européens. Entrevoyez-vous des changements importants en 2017 à ce niveau? Notamment en ce qui concerne le niveau de dépendance de certains pays européens vis-à-vis des USA?

Bruno Guigue : En fait, l’allégeance des pays européens à Washington n’a jamais été aussi caricaturale. Champions incontestés de la catégorie, la France et le Royaume-Uni font constamment de la surenchère. Comme si la gesticulation de l’appareil militaire atlantique aux frontières de la Russie ne suffisait pas, ces deux pays multiplient les accusations contre Moscou et prolongent des sanctions absurdes. Il est affligeant de voir le gouvernement français, par exemple, sacrifier ses propres agriculteurs sur l’autel de l’atlantisme en interdisant les exportations vers la Russie. Cette soumission volontaire des gouvernements européens est une honte, et elle finira par provoquer une exaspération légitime. La souveraineté a été bafouée par l’européisme et l’atlantisme, mais heureusement elle est de retour. L’aspiration à l’indépendance nationale — sans laquelle la souveraineté populaire est un leurre — est une constante historique. Chassez-la par la porte, elle reviendra par la fenêtre!

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201701161029618662-bruno-guigue-usa-chine-russie/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

 

Syrie : les USA & suiveurs sont prévenus

une explosion en Irak, image d` illustration

C’est fait. La Russie a officiellement transmis sa position face à une éventuelle attaque des USA contre l’armée gouvernementale syrienne.

On assiste en effet à une nouvelle étape de la confrontation en terre syrienne de l’axe Damas-Moscou-Téhéran face aux USA & satellites. Les médias étasuniens avaient fait écho il y a quelques jours d’une éventualité pour les USA de mener des frappes contre l’armée syrienne au moment où le degré d’hystérie côté élites occidentales passe au stade supérieure, voire suprême, alors que se déroule la bataille pour la libération totale de la ville d’Alep, deuxième ville de Syrie, de la présence terroriste. A Alep se joue en effet le grand tournant de cette guerre contre le terrorisme international qui a été imposé à la Syrie il y a plus de cinq ans. On surnomme d’ailleurs à juste titre cette ville le Stalingrad syrien.

Face à l’éventualité de l’attaque US contre la Syrie, la réponse russe ne s’est pas fait attendre. La Russie a transféré sur la base navale de Tartous des missiles sol-air S-300. Ce système s’ajoute aux S-400 déployés sur la base aérienne de Hmeimim. Mais ce n’est pas tout. Hier, le porte-parole du ministère russe de la Défense a remis les points sur les « i ». En effet, le ministère de la Défense russe a mis en garde la coalition menée par les USA en cas de frappes aériennes contre l’armée syrienne, confirmant par la même occasion que la Syrie avait sur son territoire des systèmes S-300 et S-400 de défense aérienne prêts au combat.

« Le personnel russe des systèmes de défense aérienne a peu de chances d’avoir le temps pour déterminer les trajectoires exactes d’éventuels missiles et à qui ils appartiennent. De plus, toutes les illusions d’amateurs sur l’existence d’avions « invisibles » feront face à une réalité décevante », a déclaré le général Igor Konachenkov, porte-parole du ministère de la Défense.

En d’autres termes : Moscou a annoncé ses plans d’abattre tout missile menaçant en Syrie. La Russie se tient donc prête à protéger le personnel militaire russe présent en Syrie, tout comme l’allié syrien. Et c’est parfaitement logique. On rappellera d’ailleurs une fois de plus que la Russie se trouve en Syrie sur une base légale, totalement à l’inverse des USA & Co. qui n’ont reçu ni invitation de la part du gouvernement syrien, ni un mandat de l’ONU.

Depuis l’annonce faite par le ministère russe de la Défense, un fait très intéressant est passé presque inaperçu. Si les médias étasuniens et plus généralement anglo-saxons n’ont pas manqué de relayer l’information de cette annonce, les principaux médias francophones n’y ont pratiquement fait aucun relais (seule la version française d’Euronews en a parlé), préférant juste mentionner la visite d’hier d’Ayrault à Moscou. On se demande d’ailleurs pourquoi ? J’ai ma petite idée là-dessus. Peut-être que la France, ou plutôt ses élites, pensaient de nouveau montrer leur « attachement » aux « valeurs » washingtoniennes et prendre les « devant » en cas de frappes contre l’armée syrienne ? Après tout, nous avons tous en mémoire la Libye lorsque la France de Sarkozy a joué un rôle « de premier plan » dans les bombardements contre la Jamahiriya libyenne. Et peut-être que maintenant c’était au tour de François Hollande d’en faire de même contre la Syrie. D’ailleurs on se souvient tous à quel point le président français était « motivé » à attaquer la République arabe syrienne main dans la main avec les USA il y a un peu plus de trois ans, lors des attaques chimiques perpétrées par les terroristes mais mis à la responsabilité de Damas. Et avec l’annonce russe d’abattre tout objet volant non identifié au-dessus de la Syrie, c’est une nouvelle douche froide à laquelle ont eu droit les élites occidentales. Le leadership étasunien, tout comme ses suiveurs, dont l’Elysée, devront désormais réfléchir au moins trois fois avant de s’engager.

En tout cas la mauvaise foi occidentale, y compris au niveau des médias, atteint aujourd’hui un summum qu’il sera très compliqué à surpasser. Chaque jour on entend les accusations visant la Syrie et la Russie de commettre des « crimes » à Alep, prétendument en bombardant les civils. En oubliant bien évidemment de rappeler que ce sont les terroristes, soutenus par l’Occident, retranchés dans quelques quartiers encore d’Alep-est, qui utilisent les civils comme bouclier humain et les empêchent sous menace d’exécution de quitter les lieux de combat. Ils oublient également de rappeler que si l’armée syrienne et ses alliés ne s’inquiétaient pas du sort des civils pris en otages purs et simples par les groupes terroristes, Alep aurait déjà été totalement libéré il y a plusieurs semaines, voire mois. Tout comme le fait que les aides humanitaires véritables arrivant à Alep viennent presque exclusivement de la part des alliés de la Syrie, en la qualité de la Russie et de l’Iran. L’Occident lui, avec les régimes du Golfe, préfèrent poursuivre le transfert d’armes à leurs groupes terroristes, sachant qu’ils s’approchent de la défaite totale.

Un plan de toute façon voué à l’échec puisque la Syrie est déterminée plus que jamais à en finir avec le terrorisme sur son sol. Quant aux USA & suiveurs, dont la France actuelle, ils sont prévenus. Tout soutien, y compris désormais direct aux terroristes, recevra une réponse adéquate.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610071028085957-armee-gouvernementale-syrienne-attaque-etats-unies/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

« Le pays qui héberge le principal accusé de la tentative de coup d’Etat en Turquie (Fethullah Gülen) n’est pas un ami de notre pays ».

Binali Yildirim, Premier ministre turc

Pour rappel Fethullah Gülen que les autorités de Turquie accusent d’être à l’origine de la tentative de putsch d’hier vit dans l’Etat de Pennsylvanie, aux USA, depuis 1999.

Déclaration sérieuse. Les choses s’accélèrent ? A suivre…

Les alliés étasuniens se bousculent en Russie

Premier ministre japonais Shinzo Abe et le président russe Vladimir Poutine

J’ose espérer que personne ne remettra en doute le fait que des pays comme le Qatar et le Japon soient des alliés confirmés des USA ?

Plus que cela, il s’agit de pays coordonnant activement leurs actions avec Washington, voire appliquant souvent les désirs de ce dernier. Mais le temps actuel les pousse vraisemblablement à commencer à chercher ailleurs.

Il y a quelques jours le ministre qatari des Affaires étrangères Mohammed bin Jassim al-Thani et le premier ministre japonais Shinzo Abe ont tous deux débarqué le même jour en Russie pour rencontrer le président Vladimir Poutine. Dans le cas qatari il était surtout question de Syrie et notamment du processus de paix (certains experts ont également supposé que les discussions ont touché le thème du marché pétrolier mais ce ne fut pas confirmé). Le développement des relations bilatérales était également à l’ordre du jour. En outre, le chef de la diplomatie qatarie a proposé d’organiser en 2018 l’année de la Russie au Qatar et du Qatar en Russie. 

Il est connu que le Qatar est responsable de soutien de plusieurs groupes armés terroristes en Syrie, notamment d’obédience takfiriste. Mais depuis les revers de ces derniers et les succès enregistrés par l’armée arabe syrienne sur différents axes du pays avec le soutien de ses alliés, le Qatar commence-t-il à réaliser que ses énormes investissements dans le but d’en finir avec le président syrien ne mèneront au final à rien et que donc il faut chercher le meilleur moyen de sortie du bourbier auquel il a grandement contribué? Pas certain mais affaire à suivre.

Dans le cas du premier ministre du Japon, les discussions ont porté sur les questions territoriales, thème traditionnel dans les pourparlers russo-japonais. Mais Abe est également arrivé avec toute une liste de mesures que le Japon compte proposer pour relancer le partenariat économique russo-nippon. Ce qui d’ailleurs n’a pas manqué de lui faire subir de grandes critiques de la part des autres membres du G7, USA bien évidemment en tête. A en croire d’ailleurs l’agence de presse japonaise Kyodo, le président US sortant Barack Obama aurait « déconseillé » à Abe de se rendre en Russie estimant qu’il ne s’agissait pas « du bon moment ». Mais Abe a pris la décision souveraine d’y aller quand même. 

Il ne faudra d’ailleurs pas s’étonner que les grands médias du mainstream, anglophones comme francophones, s’attaques ardemment sous peu à la personnalité d’Abe, ayant osé saper « l’unité » atlantiste. Pour rappel, le Japon s’est lui aussi joint aux sanctions occidentales contre la Russie après le ralliement de la Crimée à la mère patrie, mais cherche depuis tous les moyens d’en sortir connaissant les énormes intérêts économiques du Japon en Russie et voyant notamment comment en profite son voisin sud-coréen qui a refusé de se joindre aux sanctions anti-russes et ce malgré la grande pression exercée une fois encore depuis Washington. Mais Séoul n’ayant pas cédé.

Il est certain que ni le Qatar, ni le Japon ne sont pas des alliés de la Russie. Pas même des partenaires stratégiques, plutôt le contraire, connaissant le rôle fortement néfaste du Qatar en Syrie, à l’instar de l’Arabie saoudite, de la Turquie, des pays occidentaux et de l’Etat sioniste. Le Japon bien qu’étant un important partenaire économique, reste lui aussi encore dans le camp opposé. Pour longtemps? Cela est une autre question.

En tout cas et depuis que la Russie a prouvé une fois de plus au monde que personne ne pourra jamais la subordonner et depuis la favorisation fortement positive de ses relations extérieures avec pas moins des ¾ de l’humanité (Eurasie, pays BRICS, Asie, Afrique, Amérique latine), les adversaires commencent un à un à faire marche arrière. Et n’hésitent plus à saper leur propre « unité » imposée depuis les USA. Après évidemment cela fait bien sourire lorsque des Clinton ou Obama parlent d’une « Russie isolée » et qu’au même moment les principaux alliés des USA (bien que représentant une minorité dans le cadre de l’humanité toute entière) se bousculent pour venir dans cette même Russie. Ah, que le monde a changé en une quinzaine d’années!

Syrie : l’approche russe prédomine

Damas

On y est arrivé. La Syrie martyrisée depuis plusieurs années par le terrorisme international et leurs mentors extra-syriens commence peu à peu à retrouver l’espoir de paix et de prospérité.Depuis l’intervention des forces aérospatiales russes et les succès de l’armée gouvernementale syrienne sur le terrain, la donne a bel et bien changé.

Et ce de l’aveu même des médias occidentaux, ou encore du média qatari Al-Jazeera. Plus que cela, désormais on assiste au cessez-le-feu avec tous les groupes de l’opposition qui sont prêts à stopper le combat armé et à collaborer avec les forces armées syriennes. Le tout sur la base du plan Russie-USA. Certains parlent même d’un début de collaboration entre les deux pays qui jusqu’ici ont partagé des approches diamétralement opposées. Peu probable qu’on puisse parler de collaboration, surtout au vu des déclarations ouvertement insolentes de certains représentants de l’administration US. Mais ce dont on peut certainement parler c’est qu’on est arrivé à la situation où il est devenu clair de quel côté se trouve l’approche juste et logique vis-à-vis du conflit syrien et le côté dont les contradictions sont devenues monnaie courante et d’un niveau extrême.

L’objectif de la coalition US et de leurs alliés saoudiens, qataris, turcs, britanniques et français de faire tomber le président Bachar al-Assad n’a pas abouti, et ce malgré les milliards investis à cette fin. Et depuis que même certains médias occidentaux ont été forcés d’avouer que du côté de ceux sur qui l’Occident et les pétromonarchies du Golfe ont misé se trouvent pour la plupart des groupes salafistes désireux d’établir la charia sur tout le territoire du pays (un pays pour rappel laïc, multiethnique et multiconfessionnel), il était devenu clair que l’opinion publique, y compris des pays même en question allait à réagir. C’est peut-être d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle les USA se sont présentés comme l’un des deux initiateurs de l’actuel cessez-le-feu, qui vient de rentrer en vigueur (et qui ne comprend évidemment pas Daech, Jabhat al-Nosra et un certain nombre d’autres groupes takfiristes).
Mais il serait probablement erroné de limiter ledit cessez-le-feu à la simple tentative pour les USA & Co. de sauver la face. L’éventualité de reprendre du souffle pour nos « partenaires » étasuniens et saoudiens, afin de tenter par la suite de poursuivre le chaos en Syrie reste plausible. Surtout que le conflit n’est pas encore terminé: l’élimination de Daech, d’Al-Nosra et de tous les autres groupes terroristes sera poursuivie par l’armée syrienne en collaboration avec les milices populaires, le Hezbollah libanais et les forces spéciales iraniennes, et bien sûr avec l’assistance de la Russie.

Terroristes de Daech
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Ce qui est néanmoins certain, c’est que l’actuel cessez-le-feu représente un véritable espoir pour la population syrienne, tellement désireuse de revenir à la vie normale qu’elle avait avant la guerre qui dure depuis bientôt cinq ans. Signe de cela les familles syriennes réfugiées en dehors de leur pays qui rentrent chez eux. Un processus déjà commencé depuis la participation de l’aviation militaire russe et des victoires sur tous les axes du pays de l’armée arabe syrienne contre les terroristes, et se poursuivant désormais depuis l’annonce du cessez-le-feu. Ces gens trouvent souvent leurs maisons détruites mais gardent malgré tout l’espoir de reprendre la vie dans une Syrie qui retrouvera la paix. Un optimisme caractéristique des Syriens en général, qu’ils soient musulmans, chrétiens, druzes ou yézidis. La Syrie a de toutes les manières prouvé qu’elle veut la paix tout en étant prête à faire face aux défis, intérieurs comme extérieurs, actuels comme potentiels. En parlant d’actuels, la priorité est bien sûr de poursuivre l’élimination des terroristes sur tout le territoire syrien.

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160229/1022919572/syrie-armee-russe-paix.html

Mikhail Gamandiy-Egorov