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USA-Europe: les divergences s’accentuent. Quelle sera la suite?

Au moment où le monde multipolaire continue de s’imposer à divers endroits de la planète, devenant une réalité qu’il est aujourd’hui plus que difficile de nier, les divergences entre les partisans de l’unipolarité révolue ne font que s’accroitre, en premier lieu entre les USA et les principales puissances européennes.

Alors que les Etats-Unis s’attèlent de toutes leurs forces à maintenir leur domination mondiale, qui pourtant poursuit sa tendance à la baisse, ce désir de dominer s’étend largement à ses «alliés», en premier lieu européens. Au point de menacer par des sanctions non plus seulement ses adversaires géopolitiques et géoéconomiques – reconnus officiellement comme tels, comme la Chine et la Russie – mais également ses propres soutiens politico-diplomatiques-sécuritaires, en voulant frapper leurs intérêts économiques majeurs.

Dans ce paradigme, il est particulièrement intéressant d’observer les cas de l’Allemagne et de la France, des pays qui sont indiscutablement des leaders économiques au niveau de l’UE continentale. Les leaders de ces nations ont récemment tous les deux assez ouvertement critiqué certaines des politiques étasuniennes, tout en insistant sur la nécessité d’une politique plus souveraine et indépendante européenne.

Ainsi, en novembre 2019 le président français Emmanuel Macron, dans un entretien accordé au magazine britannique The Economist, est allé jusqu’à parler de «mort cérébrale de l’Otan». Les autres points importants soulevés par le chef de la Cinquième République concernaient eux la nécessité pour l’Europe de gagner en autonomie dans le domaine de la sécurité et des questions stratégiques, ainsi que de reprendre le dialogue avec la Russie. Son de cloche semblable en partie dans les déclarations d’Angela Merkel qui parledu besoin de développer le potentiel militaire européen dans le contexte de «l’évolution» des relations avec les Etats-Unis. Toujours selon elle, alors que «l’attention des Etats-Unis sur l’Europe s’affaiblit, les Européens devraient donc assumer davantage de responsabilités». Ceci étant dit, Merkel semble au contraire reconfirmer son ferme attachement à l’Otan, appelant par la même occasion à augmenter les dépenses des pays-membre de l’alliance, gardant ainsi une démarche toujours atlantiste.

Le souci maintenant c’est justement qu’il est tout simplement impossible de pouvoir parler d’une politique indépendante et souveraine de l’Europe, du moment que cela reste sous le parapluie otanesque. Sachant que l’Otan était, est et restera l’instrument par excellence des USA, non seulement dans le cadre des interventions néocoloniales – devenues tout de même plus difficiles à mettre en œuvre ayant en face la réalité multipolaire – mais aussi dans le but de maintenir la domination et le contrôle sur ses prétendus «alliés». A ce titre, il serait erroné de parler d’un manque d’intérêt des Etats-Unis vis-à-vis de l’Europe, sachant que le désir de Washington de garder son pré-carré en terre européenne ne diminue aucunement. Et cela se traduit aussi bien par la présence militaire que la pression économique, sans oublier la volonté d’élargir fortement sa présence énergétique.

A ce titre, les sanctions récentes annoncées par l’establishment étasunien visant les compagnies européennes participant aux travaux du gazoduc Nord Stream 2, reliant la Russie à l’Allemagne, ne font que le confirmer pleinement. La question se devant d’être posée maintenant: les principales puissances européennes auront-elles le courage de dire à un moment stop à l’arrogance du grand frère outre-Atlantique, se permettant sans vergogne de frapper leurs intérêts économiques et énergétiques, sans parler même d’assumer leur souveraineté inexistante et inacceptable pour Washington? Rien n’est moins sûr. Car si la Turquie d’Erdogan, elle aussi membre de l’Otan, a eu le courage de ne pas céder aux pressions US, notamment dans le cadre de l’acquisition du système russe S-400, assumant sa souveraineté et agissant conformément à ses propres intérêts nationaux, et s’affirmant par la même occasion comme une puissance régionale et internationale, rien ne présage encore pour le moment une telle capacité d’indépendance du côté de Berlin et de Paris. Faisant d’eux par la même occasion des sortes de périphéries de la politique internationale.

Les dernières actions en date, notamment vis-à-vis de l’Iran, le confirment pleinement aussi. Le tout au grand dam de leurs propres populations et cercles d’affaires, fatigués de subir le diktat du maitre étasunien, de même que les conséquences en termes de pertes économiques fortement importantes. La question reste la même: les élites ouest-européennes continentales sauront-elles, un jour, être à l’écoute des citoyens qu’elles sont censées représenter? L’avenir nous le dira. Mais en attendant la réalité reste encore bien morose pour la souveraineté européenne.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1325

Elargissement de l’Otan via l’ex-URSS, avec l’argent européen

Alors que les Etats-Unis maintiennent leur projet d’élargissement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, notamment en vue d’y intégrer deux anciennes républiques soviétiques en la qualité de la Géorgie et de l’Ukraine, c’est vraisemblablement les pays européens qui devront mettre la main à la poche.

Si le sujet qu’à l’éventuelle admission de ces deux nouveaux membres potentiels a été de nouveau confirmé le mois dernier, et ce par le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, sans pour autant fixer un timing définitif, la question qui est elle aussi d’actualité aujourd’hui concerne elle les subventions accordées à Tbilissi et Kiev pour leur réarmement conformément aux normes de l’Otan.

Une situation «intéressante» s’impose, mais tellement propre au système préétabli. D’un côté, le principal intéressé dans cet élargissement n’est autre que Washington, qui prépare cette réalité depuis un bon moment déjà. Pour cela, il peut compter au sein de la famille otanesque sur ses sous-traitants infaillibles en la qualité d’Etats comme la Pologne, la Roumanie ou les pays baltes. La vieille Europe suit, en se posant de temps à autre les questions quant à l’intérêt stratégique d’un tel élargissement, mais continue d’appliquer. Maintenant, de l’autre côté s’impose la partie financière de la question. Et là Washington souhaite également s’en sortir grand gagnant, le tout aux moindres frais.

Sachant que l’élite étasunienne a maintes fois déclaré qu’il revient aux pays européens d’augmenter les charges dans le cadre otanesque, il devient donc assez évident que les subventions mentionnées ci-haut reviennent sans doute à la charge des portefeuilles européens. Lesquels plus particulièrement? Evidemment ceux des pays de la «vieille Europe», sachant que les membres de l’Est ne possèdent tout simplement pas les capacités financières dignes de ce nom.

Dans cette configuration, que gagne réellement l’Europe? Si ce n’est une augmentation des tensions déjà palpables avec la Russie, pas grand-chose. Le tout à l’heure où les pays clés de l’UE, comme la France ou encore l’Italie, appellent à revoir le relationnel avec la Russie – non pas par amour, mais par simples intérêts économico-pragmatiques. Et que la première économie de l’UE, en l’occurrence l’Allemagne – dont l’élite actuelle est elle aussi loin d’être une amie de Moscou, mais dont d’importantes entreprises nationales se retrouvent sous menaces de sanctions US, notamment en raison du projet du gazoduc Nord Stream 2 – un projet qui rentre parfaitement dans les intérêts économiques et énergétiques allemands.

Dans cette situation Berlin, Paris et Rome sont-ils en mesure de faire quoi que ce soit? Pour répondre à cette question, il faut surtout bien comprendre dans quelle tourmente se retrouvent les leaderships des capitales citées. D’un côté, l’appartenance pro-atlantiste d’une très large partie des élites politiques de ces pays ne sont pas à démontrer. D’un autre, ces mêmes élites se retrouvent sous pression de la part de leurs propres populations. Des populations qui bien souvent ne partagent aucunement leur solidarité dans les mouvances russophobes et qui souhaitent au contraire un renforcement des liens avec Moscou. S’ajoutent à cela les représentants des cercles d’affaires des dits pays qui ont soit possèdent déjà des projets importants en territoire russe, ou conjointement avec la Russie, soit prévoient d’en avoir dans un avenir proche. Ces cercles d’affaires, comme la société civile de la vieille Europe, en large partie n’approuvent donc pas l’application en terre européenne des prérogatives de Washington, surtout du moment que cela représente tout simplement des pertes financières fortement importantes. Et à ce titre, les Européens savent compter.

Les élites de la vieille Europe, quant à elles, connaissent parfaitement les sentiments régnants cités ci-haut, d’où des déclarations récentes remettant en cause certains projets en cours, décidés en terre étasunienne mais devant être appliqués en terre européenne. Comprenant parfaitement le cercle vicieux dans lequel elles se trouvent, du moins les pays et populations qu’elles sont censées représenter, elles se veulent de faire démonstration de pouvoir parler en voix indépendante, tout en étant incapables de passer sérieusement aux actes.

Quelles perspectives ressortent donc de cette situation, compte tenu des divergences et contradictions qui ne cessent de monter en puissance au sein de la famille européenne et otanesque? Tout dépendra de la capacité des élites européennes d’être à l’écoute de leurs propres populations et des cercles d’affaires – les deux étant au final les principaux contribuables des ambitions en sol européen d’une puissance outre-Atlantique ayant pris l’habitude d’imposer ses innombrables volontés à ses «alliés». S’il est peu probable que les élites ouest-européennes auront le courage dans un avenir proche de donner un non catégorique à ces ambitions washingtoniennes, il n’empêche qu’ils pourront certainement faire retarder des décisions qui n’apporteront aucunement la sécurité à l’Europe, mais au contraire continueront à imposer des murs inutiles, le tout avec des apports financiers qui peuvent incontestablement être utilisés à de meilleurs fins.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1310

Syrie: les USA et l’Europe poursuivent leurs accusations contre la Russie

Alors que l’armée gouvernementale syrienne continue d’étendre le contrôle sur le territoire national, les élites occidentales reviennent aux accusations traditionnelles à l’encontre de la Russie et de la Syrie quant aux frappes que ces dernières mènent à l’encontre des positions terroristes, notamment dans la province d’Idlib.

Bien que ces mêmes élites occidentales savent parfaitement qu’ils ont perdu la guerre qu’ils avaient imposé à la République arabe syrienne, il n’empêche que les attaques et pressions se poursuivent à ce jour, aussi bien sur le plan politique qu’informationnel. Les dernières accusations en date concernent des frappes aériennes syriennes et russes prétendument menées à l’encontre de quartiers-généraux d’organisations humanitaires, en vue de nuire à leur activité.

Pour autant, une question ressurgit assez logiquement dans toute cette situation. Sachant que de facto la dernière province syrienne qui échappe encore en partie au contrôle de l’armée syrienne – celle d’Idlib – est en large partie contrôlée par les éléments terroristes affiliés à Al-Qaida, comment se fait-il alors que ces organisations dites «humanitaires» se trouvent côte à côte de ces terroristes, et plus que cela qu’elles y entretiennent des relations tout à fait cordiales avec ces éléments? Aucun média mainstream occidental ou autre ne donne de réponse à cette question.

Sachant d’autant plus que bien souvent les données accusatoires vis-à-vis de Damas, comme de Moscou, ne sont reprises que via l’organisation obscure des Casques blancs, dont plusieurs membres sont soit ouvertement affiliés aux groupes salafistes, dont Al-Qaida, soit en sont des sympathisants semi-déclarés. Il est vrai que la Syrie fait aujourd’hui moins la une de l’actualité des médias mainstream, il n’empêche que les attaques informationnelles resurgissent à chaque fois que les restes terroristes en terre syrienne que l’Occident politique continue de soutenir se retrouvent en difficulté, comme c’est le cas actuellement.

Damas n’a jamais caché son intention de reprendre sous son contrôle l’intégralité du territoire du pays. Avec le soutien de ses alliés, la colonne vertébrale des terroristes a été cassée, la légitimité a pris le dessus. Et sachant que le gouvernement légitime contrôle désormais la grande partie du territoire national, sur lequel vivent plus des ¾ de la population syrienne, le leadership du pays est plus que jamais motivé à en finir avec les restes extrémistes se trouvant encore sur son sol, principalement à Idlib. Une réalité évidemment qui est loin d’être voulue par les capitales occidentales et dans une moindre mesure golfistes – ces dernières activant de plus en plus les contacts avec Damas en vue de la réalité sur le terrain. La Turquie fait également obstruction dans une certaine mesure aux processus en cours, et ce pour une raison simple: plusieurs factions armées pro-Ankara se trouvent elles aussi dans la province d’Idlib. Ceci étant dit et grâce au dialogue tripartite qui existe entre la Russie, la Turquie et l’Iran, Ankara sait parfaitement que la reprise totale par les forces gouvernementales syriennes des quelques territoires qui lui échappent encore n’est uniquement qu’une question de temps.

Quant aux organisations dites humanitaires, occidentales ou autres, il serait peut-être grand temps pour elles déjà de reconnaitre qu’un grand nombre de réfugiés syriens installés à l’étranger retournent sur leur terre, et plus spécifiquement dans les zones sous contrôle gouvernemental. Et qu’au lieu de lancer des accusations ridicules et sans fin en direction de Damas, Moscou ou Téhéran, elles feraient bien mieux de demander aux gouvernements des pays de leur appartenance de cesser de martyriser le peuple syrien, comme ce fut le cas depuis de longues années. Surtout lorsqu’on sait qu’au-delà d’avoir financé les groupes terroristes et d’avoir favorisé l’arrivée d’extrémistes de diverses contrées du monde sur le sol syrien, les régimes occidentaux ont également imposé des sanctions à l’encontre de la Syrie, des sanctions qui frappent justement la population civile du pays. Une population civile que ces mêmes régimes disent vouloir «aider».

La Syrie n’attend pas l’aide à la reconstruction de la part des régimes occidentaux et consorts. Pour cela elle peut compter sur ses alliés. D’autant plus qu’il est question tout simplement de dignité nationale: les destructeurs d’hier ne pourront jamais être les constructeurs de demain. Donc la moindre des choses que ces régimes pourraient faire, c’est soit d’accueillir sur leur propre sol les éléments terroristes en fin de vie en Syrie – une option bien peu probable, soit de ne plus mettre les bâtons dans les roues dans les processus du retour de la paix en terre syrienne. Sachant que de toutes les manières, la Syrie a gagné. Et que les régimes en question ont perdu. Point.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1309

Nouvelles sanctions, la Russie dit… merci et garde le cap

Stop

Ceux qui ont peu ou mal étudié l’histoire s’imaginent qu’ils peuvent faire fléchir la Russie à coups de pressions extérieures. C’est gravement sous-estimer la capacité de résilience du pays, qui en profite pour se renforcer. Les sanctions antirusses, que les USA viennent encore de renforcer, en sont l’éclatante démonstration.

Le temps passe, mais l’Occident, et avant tout les États-Unis, semble déterminé à vouloir poursuivre ses attaques contre la Russie. En témoignent naturellement les nouvelles sanctions votées par les USA à l’encontre de Moscou. Ses dirigeants n’ont visiblement toujours pas compris que la Russie version 2017 ne reculera pas, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, une large majorité de citoyens russes soutient clairement la politique actuelle de la Russie. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de problèmes à régler, comme chaque pays la Russie fait face à des défis à relever. Néanmoins, l’écrasante majorité de la population refuse catégoriquement toute idée d’un retour aux années libérales pro-occidentales 1990, tellement applaudies en Occident.

L’idée de la démocratie souveraine, développée en Russie dans les années 2000, a fait du chemin et aujourd’hui ne se limite plus à la seule Russie, mais à un nombre sans cesse croissant de nations, qui souhaitent bâtir un État de droit dans le respect des valeurs et des traditions propres à chacune et dans lesquelles la voix de la majorité décide du chemin à suivre. Parallèlement à cela, le leadership occidental privilégie quant à lui de moins en moins le vote populaire, tout en continuant à donner des leçons de vie au reste de l’humanité (représentant la majorité de la population terrestre) et à vouloir exporter des «valeurs» dont cette même majorité du globe terrestre ne veut pas.

Revenons à la Russie. Au-delà de la fierté nationale, les Russes savent aussi analyser et comparer et peut-être sur beaucoup de points mieux qu’en Occident. En effet, les citoyens russes refusent l’hypocrisie des élites occidentales qui affirment que les années de honte postsoviétiques étaient les meilleures de l’histoire russe. Ces mêmes années où une grande partie de la population vivait d’une façon indigne pour un pays comme la Russie, lorsque le marasme économique était ambiant et les règlements de comptes mafieux quotidiens. Et c’est aussi à cette période peu glorieuse de l’histoire contemporaine de la Russie, qu’une classe ultralibérale et largement pro-occidentale s’est enrichie de façon spectaculaire et le plus souvent criminelle.

Puis changement de cap, politique comme économique. Tout en restant attachée à l’économie de marché, la Russie post années 2000 a limité l’approche ultralibérale du gouvernement précédent. Le niveau de vie moyen a alors augmenté considérablement. La Russie a retrouvé non seulement le statut de grande puissance internationale du point de vue de ses capacités défensives, et notamment nucléaires, mais s’est à nouveau retrouvée dans le Top 10 des puissances économiques mondiales. Évidemment, certains «analystes» du mainstream n’ont pas manqué de dénigrer les résultats obtenus, affirmant qu’ils étaient dus presque uniquement aux prix élevés des hydrocarbures.

Vraiment? Et aujourd’hui donc? Alors que ces mêmes prix sont maintenus au plus bas et que la Russie fait face à une pression hors normes émanant des élites occidentales depuis plusieurs années, comment se fait-il alors que le pays non seulement tienne bon économiquement, mais en plus alloue des sommes très importantes, aussi bien pour des projets à l’intérieur de la Russie qu’à l’étranger?

Encore une fois, grand merci aux élites peu prévoyantes de l’Occident, qui connaissent bien mal la mentalité russe. Car au final, ils ont donné ce petit coup de pouce dont la Russie avait besoin. Lorsque je suis revenu à Moscou après mes études en France, j’ai insisté sur le fait que nous avions besoin d’une large diversification non seulement de notre économie, mais aussi de nos liens économiques. Malheureusement, il a fallu attendre un certain temps pour aller dans cette direction, mais le processus a bien été lancé.

Résultats, les pays instigateurs des sanctions perdent bien plus économiquement parlant que la Russie grâce à des contre-mesures efficaces. Mais ce n’est même pas l’essentiel. L’essentiel étant que les représentants d’un large nombre de secteurs de l’économie russe prient pour la poursuite des sanctions et contre-sanctions. En premier lieu le secteur agroalimentaire russe, qui a su tirer profit des occasions qui s’offraient à lui du fait des sanctions. Mais il est loin d’être le seul et désormais, la Russie mise à fond sur les exportations, créant même une sérieuse concurrence aux entreprises occidentales.

Et il ne s’agit pas là que d’hydrocarbures et d’armement, deux secteurs qui demeurent bien sûr stratégiques. La Russie est de plus en plus à la «mode» à tous les niveaux: automobile (notamment des 4×4), nouvelles technologies (produits IT et autres), jusqu’aux services éducationnels. Même les experts onusiens reconnaissant que le gouvernement russe a réussi à adapter efficacement son économie à la suite des sanctions engagées à son encontre.

Pendant ce temps, les entrepreneurs européens continuent à compter leurs pertes après avoir perdu le marché russe pour bien longtemps, pour certains probablement pour toujours. Leur niche a été rapidement prise par les producteurs nationaux russes et avec eux les professionnels d’un certain nombre de pays d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique.

Enfin, et bien qu’étant un produit du système éducatif européen, plus précisément français, je suis heureux que mes compatriotes aient dans l’ensemble cessé d’idéaliser nos voisins occidentaux. Nous avons beaucoup en commun avec les peuples d’Europe, mais tant que les gouvernements qui parlent et prennent des décisions au nom de ces peuples poursuivront leur politique hostile vis-à-vis de la Russie, nous serons obligés d’y répondre avec efficacité.

Oui, aujourd’hui nous pensons à nos propres intérêts et aux intérêts de nos alliés. Dernier point: que vous soyez désormais en Chine, au Venezuela, en Algérie, au Vietnam, en Iran ou ailleurs, ne soyez plus surpris d’entendre parler russe. La Russie est une puissance globale et le restera, n’en déplaise à certains.

La concurrence sera ferme. Certains vont devoir faire de la place.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201707261032384577-sanctions-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Turquie: les menaces de l’UE n’impressionnent pas

Turquie

Pourquoi l’Europe dans sa version bruxelloise rappelle l’héroïne de l’œuvre Le Revizor de l’écrivain russe Nicolas Gogol, qui s’était fouettée soi-même ? Car elle n’est toujours pas en capacité d’analyser ses propres erreurs et de faire les bonnes conclusions.

Au contraire et au vu de la rhétorique toujours en vigueur, la situation pour l’UE ne peut que s’empirer.

Dans un article récent du journaliste allemand Jürgen Gottschlich pour le quotidien berlinois Die Tageszeitung, l’auteur parle du fait que l’Union européenne devrait suivre l’exemple russe (lorsque la Russie a adopté des mesures de rétorsion après que le bombardier russe Su-24 ait été abattu dans le ciel syrien par un chasseur turc, en novembre de l’année dernière) à l’encontre de la Turquie. Tout en sachant que l’auteur allemand n’est aucunement un sympathisant de la Russie, tout au contraire. Comme l’un des arguments il avance le fait que c’est le seul langage que comprend le président turc Erdogan et que c’est la raison pour laquelle la Turquie après une demi-année de relations fortement difficiles avec la Russie, a tout fait pour ensuite les normaliser. Toujours selon lui, Bruxelles devrait adopter la même « fermeté » envers la Turquie pour la forcer à être plus conciliante, en indiquant par ailleurs que la « Turquie dépend plus économiquement de l’UE que de la Russie ». Le reste de l’article garde le même style habituel des journalistes du mainstream occidental, à savoir des leçons de « démocratie » habituelles, une habitude que les élites occidentales ne sont toujours pas prêts à oublier comme méfait du passé, y compris même aujourd’hui — face aux nouvelles réalités du monde multipolaire.

Maintenant il serait intéressant de répondre à cet article car je dois avouer que cette arrogance occidentale bien connue a reconfirmé une fois encore une chose évidente : l’Occident politico-médiatique se croit toujours en capacité de donner des leçons au monde entier, particulièrement aux peuples non-occidentaux qu’il considère clairement inférieurs. Cette approche est la même que ce soit envers la Russie, la Chine, la Syrie, l’Iran, la Turquie, les pays d’Afrique ou d’Amérique latine. Absolument la même. Et mêmes les humiliations subies plusieurs fois ces temps-ci semblent ne pas stopper nos « braves bien-pensants » occidentaux.

Donc répondons-y. Tout d’abord et dans le cas des relations russo-turques, la Russie n’était nullement intéressée par des mesures de rétorsion à l’encontre de la Turquie. Cette dernière étant un partenaire stratégique au niveau des relations économico-commerciales, surtout au vu de la dynamique observée depuis les 5-10 dernières années. Mais la Russie n’avait tout simplement pas le choix car ce qui est arrivé en novembre 2015 dans le ciel syrien était réellement considéré comme un coup de poignard dans le dos. Et vu que la Turquie n’a pas voulu au départ de cette situation fortement désagréable adopter l’approche qui aurait pu éviter de geler ou limiter plusieurs secteurs du partenariat bilatéral, la Russie avait alors adopté une série de mesures de rétorsion. Une demi-année a passé. Le leadership turc a présenté les excuses officielles et faut le dire a tout fait pour que cette normalisation ait lieu. Une normalisation que la Russie souhaitait aussi. Depuis les deux pays reparlent partenariat stratégique et tout semble suivre le cours logique des choses. Dans le cas de l’UE, elle n’a aucune raison digne de ce nom pour sanctionner la Turquie, si ce n’est le désir toujours aussi ardent de donner des leçons de vie aux autres.

Deuxièmement pour répondre au fait que la Turquie dépendrait économiquement parlant soi-disant plus de l’UE que de la Russie. Tout d’abord et dans le cas des relations turco-russes, il ne s’agit pas de dépendance : ce sont des relations véritablement issues du concept gagnant-gagnant. Et les représentants du leadership turc ont raison de rappeler que les deux pays se complètent parfaitement. Maintenant parlons de la prétendue « dépendance turque » vis-à-vis de l’UE, et de notamment de l’Allemagne, pays de citoyenneté de l’auteur dudit article. Si l’Allemagne est effectivement la première destination des exportations turques qui s’élèvent à plus de 12 milliards de dollars, néanmoins l’Allemagne exporte en Turquie pour plus de 19 milliards. Par ailleurs et si on regarde le TOP 6 des principales destinations de l’export turc, on retrouve en plus de l’Allemagne l’Irak, l’Iran, le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis et la Russie. Sur les 6 pays donc de ce classement, seuls 2 sont ouest-européens. Plus généralement il est admis que les trois principaux partenaires économiques de la Turquie sont l’Allemagne, la Russie et l’Iran. S’ajoute à cela la Chine qui est aujourd’hui également un partenaire économique de premier choix.

Quant aux importations qui arrivent en Turquie, c’est sûr que les pays de l’UE ne devraient pas se plaindre puisque en plus de l’Allemagne citée plus haut, des pays comme l’Italie ou la France en profitent bien eux aussi. Il faut à ce titre savoir que la Turquie est le 5ème plus grand marché d’exportation pour l’Union européenne et 6ème client hors UE des exportations françaises. A se demander alors qui gagneraient et qui perdraient le plus en cas de sanctions.

Par ailleurs, l’auteur allemand oublie également d’indiquer que depuis la signature à Istanbul le 10 octobre dernier de l’accord russo-turc sur le projet de gazoduc TurkStream allant de la Russie à la Turquie à travers la mer Noire, les deux pays sont passés alors à un niveau encore plus important de leur partenariat bilatéral. Ce projet renforce non seulement le rôle déjà très important de la Russie sur le marché gazier mais également celui de la Turquie. Et l’UE, grande consommatrice de gaz, ne peut se permettre de ne pas en tenir compte. Ajoutez à cela le fait que le marché russe est le plus important pour les entreprises turques du BTP, autre secteur fortement important pour l’économie de la Turquie. Tout comme le principal marché étranger d’écoulement des fruits et légumes frais, autre orientation commerciale turque importante. Et l’un des plus importants dans le domaine du textile et du prêt-à-porter. Enfin la Turquie qui est de loin la première destination de vacances à l’étranger pour les touristes russes. Des touristes russes qui sont deuxièmes en termes de nombre (de très peu derrière les Allemands) mais 3 fois plus dépensiers que les mêmes Allemands, faisant donc de la Russie de loin le marché touristique émetteur prioritaire pour la Turquie. Sans oublier que les leaders des deux pays se sont fixés l’objectif d’atteindre 100 milliards de dollars d’échanges d’ici 2020. Tout cela pour dire que le journaliste allemand peut clairement revoir son enthousiasme à la baisse : le partenariat économique de la Turquie avec la Russie, et plus généralement avec l’espace eurasiatique, est sur beaucoup de points plus important pour la première que ses relations avec l’UE.

Et même si en perspective l’Europe bruxelloise allait à imposer des sanctions économiques à la Turquie, l’UE serait la première à en payer les frais. Vraisemblablement la leçon des contre-sanctions russes n’a rien appris aux donneurs de leçons occidentaux. Soyons clairs : si l’UE imposait des sanctions contre la Turquie (7ème puissance économique européenne et 1ère du Moyen-Orient), c’est en premier lieu tout le business ouest-européen présent en Turquie (un marché de plus de 75 millions de consommateurs) qui criera sa révolte, comme ce fut le cas (et l’est toujours) en Russie. D’autre part, la Turquie pourra prendre exemple sur la Russie et imposer des contre-sanctions à l’Union européenne là où cela fera le plus mal aux intérêts de l’UE. Avec comme résultats des milliards de pertes pour l’économie bruxelloise, déjà pas au mieux ces temps-ci. Enfin, une telle approche exacerbera les sentiments anti-occidentaux au sein de la société turque et convaincra les indécis à suivre définitivement ceux qui en Turquie soutiennent l’idée de rejoindre l’axe Moscou-Téhéran. Et ils sont nombreux.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201611221028812516-menaces-turquie-ue/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Présidentielle en Guinée équatoriale & pression de l’Occident

Présidentielle en Guinée équatoriale

Amusant de lire une fois encore les attaques visant la Guinée équatoriale et notamment son président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo par la presse occidentale. Comme quoi, les médias occidentaux ne comptent pas rapidement changer à l’instar de leurs élites politiques.

« Parodie électorale », « présidentielle sans enjeu », voici les titres des principaux médias de presse française, notamment chez le Monde, en commentant la présidentielle en cours en Guinée équatoriale, ce petit pays d’Afrique centrale. 

Amusant car une fois encore on y retrouve la même rhétorique propre aux « bien-pensants » pseudo-démocratiques donneurs de leçons au monde entier. Pseudo-démocratiques car ne sachant pas ce que représente véritablement la démocratie et l’expression de la volonté populaire. Et pourtant adorant exporter leur vision de la « démocratie universelle ».

Nous avons vu récemment l’expression démocratique version occidentale. Lorsque plus de 2/3 des Néerlandais (citoyens d’un pays considéré d’ailleurs comme parmi les plus libéraux d’Europe, et ce à différents niveaux) ont dit non à l’accord d’association avec l’Ukraine. Pourtant cette expression populaire a de grandes chances de rester simplement un avis de sondage sans aucun résultat pour la suite (nous la suivrons cette suite). Pourquoi? Car le grand maître washingtonien a d’ores et déjà décidé que la vieille Europe se devait simplement d’appliquer ses consignes. Et les élites ouest-européennes le font, même si parfois quelques cris de désaccord se font entendre.

Tout le monde le sait parfaitement. Si un référendum paneuropéen (ne serait-ce qu’au sein de l’Europe bruxelloise) était organisé aujourd’hui pour savoir si oui ou non l’UE devrait signer l’accord d’association avec l’Ukraine, la majorité dira clairement non. D’ailleurs aussi bien dans la « vieille Europe » qu’au sein même des pays qui appliquent « au mieux » la politique US sur le continent européen: Roumanie, Bulgarie, pays baltes, Pologne,…. Pourquoi? Car les citoyens de ces pays d’Europe de l’Est, dont nombreux sont aujourd’hui immigrés en Europe occidentale, ne souhaitent pas eux aussi l’arrivée massive de ceux qui sont prêts à travailler pour encore moins cher qu’eux, souvent même beaucoup moins cher, à savoir les très nombreux citoyens ukrainiens. 

Passons. Revenons à l’Afrique et plus particulièrement à la Guinée équatoriale. Les « journalistes » occidentaux couvrant les élections présidentielles dans ce pays se sont-ils intéressés à l’opinion de ceux qui sont les principaux intéressés? A savoir les citoyens équato-guinéens? Vraisemblablement non. Nous, nous l’avons fait. Et d’après ce que j’ai pu entendre, les citoyens de ce pays soutiennent en majorité la réélection d’Obiang Nguema Mbasogo. Pourquoi direz-vous? Car ils l’associent au boom économique qu’a connu leur pays depuis plusieurs années et aux idées panafricanistes qu’il incarne, surtout depuis la tuerie sauvage de Mouammar Kadhafi en Libye et la destruction pure et simple de ce pays par l’OTAN. Un pays dont il ne reste aujourd’hui que le nom.

Ellen Johnson-Sirleaf
© AFP 2016 TONY KARUMBA

Les élites médiatiques occidentales ont beau aussi à parler de « pauvreté » et de « grande disparités sociales » en Guinée équatoriale, il reste néanmoins le pays avec le plus haut niveau de vie sur le continent africain, notamment en termes de salaires moyens. Y compris aujourd’hui, après la baisse des prix du pétrole, l’une des principales sources de revenus de ce pays. Et là, ce n’est pas moi qui le dit, mais bien la Banque mondiale (vous ne l’accuserez tout de même pas d’être pro-russe ou pro-Kremlin…): http://major-prepa.com/classements/salaires-moyens-du-monde/

Plus que cela, le leadership équato-guinéen s’est engagé depuis plusieurs années à investir dans le domaine social, notamment dans la construction de logements de qualité destinés aux plus défavorisés. Des réalisations qui d’ailleurs ont fait pas mal de jaloux au sein des pays voisins. D’ailleurs assez amusant aussi d’observer jusqu’à ce jour les commentaires positifs de ces mêmes journalistes du mainstream lorsqu’ils parlent d’élections dans d’autres pays africains, sous contrôle encore néocolonial, et où le niveau de vie est de plusieurs fois inférieur qu’en Guinée équatoriale.

La Guinée équatoriale investit aussi dans le domaine de la santé et ce n’est pas pour rien que nombre de citoyens d’autres pays de la région viennent se soigner à Malabo, la capitale du pays. C’est ce que d’ailleurs m’ont fait savoir plusieurs amis de pays d’Afrique centrale. Pourquoi donc ce pays la Guinée équatoriale, dont le revenu moyen par habitant dépasse celui de nombre de pays européens, dont ceux de l’UE, et qui investit beaucoup dans le social, pose-t-il tellement problème aux élites occidentales?

Pour une raison bien simple: car ayant assumé pleinement sa souveraineté, y compris sur ses ressources naturelles. Oui, les investisseurs étrangers, dont occidentaux, viennent massivement faire affaire dans ce pays. Mais dans les conditions du pays d’accueil et non pas de celles imposées depuis Washington, Paris, Londres ou Bruxelles. Plus encore, le pays se veut être porte-flambeau du panafricanisme renaissant et qui relève la tête, même si certains l’ont cru définitivement mort après la destruction de la Jamahiriya libyenne. 

Le grand souci donc pour ces « élites » occidentales que l’on connait si bien et leurs supplétifs, c’est que de moins en moins de personnes sont dupes de leurs manipulations, y compris au sein même de leurs propres sociétés (prenez une fois encore l’exemple néerlandais). Quant à la Guinée équatoriale, nous respecterons de toutes les manières le choix souverain de son peuple car à lui seul revient la décision du choix de son avenir. Comme d’ailleurs de tout autre peuple: africain ou autre.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201604251024507660-guinee-equatoriale-presidentielle-occident/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Syrie : l’approche russe prédomine

Damas

On y est arrivé. La Syrie martyrisée depuis plusieurs années par le terrorisme international et leurs mentors extra-syriens commence peu à peu à retrouver l’espoir de paix et de prospérité.Depuis l’intervention des forces aérospatiales russes et les succès de l’armée gouvernementale syrienne sur le terrain, la donne a bel et bien changé.

Et ce de l’aveu même des médias occidentaux, ou encore du média qatari Al-Jazeera. Plus que cela, désormais on assiste au cessez-le-feu avec tous les groupes de l’opposition qui sont prêts à stopper le combat armé et à collaborer avec les forces armées syriennes. Le tout sur la base du plan Russie-USA. Certains parlent même d’un début de collaboration entre les deux pays qui jusqu’ici ont partagé des approches diamétralement opposées. Peu probable qu’on puisse parler de collaboration, surtout au vu des déclarations ouvertement insolentes de certains représentants de l’administration US. Mais ce dont on peut certainement parler c’est qu’on est arrivé à la situation où il est devenu clair de quel côté se trouve l’approche juste et logique vis-à-vis du conflit syrien et le côté dont les contradictions sont devenues monnaie courante et d’un niveau extrême.

L’objectif de la coalition US et de leurs alliés saoudiens, qataris, turcs, britanniques et français de faire tomber le président Bachar al-Assad n’a pas abouti, et ce malgré les milliards investis à cette fin. Et depuis que même certains médias occidentaux ont été forcés d’avouer que du côté de ceux sur qui l’Occident et les pétromonarchies du Golfe ont misé se trouvent pour la plupart des groupes salafistes désireux d’établir la charia sur tout le territoire du pays (un pays pour rappel laïc, multiethnique et multiconfessionnel), il était devenu clair que l’opinion publique, y compris des pays même en question allait à réagir. C’est peut-être d’ailleurs l’une des raisons pour laquelle les USA se sont présentés comme l’un des deux initiateurs de l’actuel cessez-le-feu, qui vient de rentrer en vigueur (et qui ne comprend évidemment pas Daech, Jabhat al-Nosra et un certain nombre d’autres groupes takfiristes).
Mais il serait probablement erroné de limiter ledit cessez-le-feu à la simple tentative pour les USA & Co. de sauver la face. L’éventualité de reprendre du souffle pour nos « partenaires » étasuniens et saoudiens, afin de tenter par la suite de poursuivre le chaos en Syrie reste plausible. Surtout que le conflit n’est pas encore terminé: l’élimination de Daech, d’Al-Nosra et de tous les autres groupes terroristes sera poursuivie par l’armée syrienne en collaboration avec les milices populaires, le Hezbollah libanais et les forces spéciales iraniennes, et bien sûr avec l’assistance de la Russie.

Terroristes de Daech
© AFP 2016 ALBARAKA NEWS

Ce qui est néanmoins certain, c’est que l’actuel cessez-le-feu représente un véritable espoir pour la population syrienne, tellement désireuse de revenir à la vie normale qu’elle avait avant la guerre qui dure depuis bientôt cinq ans. Signe de cela les familles syriennes réfugiées en dehors de leur pays qui rentrent chez eux. Un processus déjà commencé depuis la participation de l’aviation militaire russe et des victoires sur tous les axes du pays de l’armée arabe syrienne contre les terroristes, et se poursuivant désormais depuis l’annonce du cessez-le-feu. Ces gens trouvent souvent leurs maisons détruites mais gardent malgré tout l’espoir de reprendre la vie dans une Syrie qui retrouvera la paix. Un optimisme caractéristique des Syriens en général, qu’ils soient musulmans, chrétiens, druzes ou yézidis. La Syrie a de toutes les manières prouvé qu’elle veut la paix tout en étant prête à faire face aux défis, intérieurs comme extérieurs, actuels comme potentiels. En parlant d’actuels, la priorité est bien sûr de poursuivre l’élimination des terroristes sur tout le territoire syrien.

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160229/1022919572/syrie-armee-russe-paix.html

Mikhail Gamandiy-Egorov