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La Bolivie renforce son alliance avec la Russie

Evo Morales

Le président bolivien Evo Morales a accordé une large interview à la chaine russe d’information continue Rossiya 24. L’un des chefs de file de l’alliance latino-américaine contre la politique étasunienne et du renforcement de l’alliance avec les BRICS n’a pas manqué d’afficher son soutien à la Russie.

Cela était particulièrement d’actualité puisque ladite alliance a été renforcée par des résultats pratiques récents. En effet, la Russie aidera la Bolivie à construire un centre de recherches nucléaires. Les deux pays ont signé un accord intergouvernemental de coopération dans le domaine du nucléaire civil. Le document prévoit, entre autres, la construction d’un Centre de recherches et de technologies nucléaires. Un projet pour lequel la Bolivie affectera un investissement de 300 millions de dollars.

Côte russe, c’est l’Agence fédérale de l’énergie atomique (Rosatom), consortium public russe qui sera responsable de la réalisation dudit projet. Malgré les critiques lancées par les opposants au gouvernement, le chef d’Etat bolivien, premier président indien du pays et grand défenseur de la nature, a été clair en déclarant que: « le projet ne présente aucun risque pour les êtres humains ou pour notre mère la Terre. Il ne contaminera ni le sol, ni l’eau, ni l’air ». 

Comme il est indiqué, ce projet permettra à la Bolivie de se familiariser avec les technologies nucléaires afin de les utiliser dans la science, la médecine, la géologie et l’agriculture. Le Centre devrait permettre également à la Bolivie de lancer une production de radio-isotopes pour le dépistage et le traitement des maladies oncologiques et rendre la médecine nucléaire plus accessible à l’ensemble de la population.

En plus de l’accord conclu avec Rosatom, le géant gazier russe Gazprom pourra prendre part à l’exploration de nouveaux sites gaziers en Bolivie, afin d’en assurer également les livraisons vers les centrales thermiques du pays.

Comme quoi, en plus des relations d’amitié et d’approche similaire sur le plan géopolitique, les deux nations renforcent leur partenariat économique. Faut-il le rappeler, la Bolivie est effectivement l’un des fers de lance des pays de la région ayant décidé de défendre leur souveraineté contre l’interventionnisme néocolonial, selon les propres dires d’Evo Morales. Selon ses aveux, après la mort d’Hugo Chavez, certains espéraient voir cette approche se fondre. Mais malgré la perte d’un grand leader tel que Chavez, ayant porté un coup à l’alliance latino-américaine, cette alliance poursuit néanmoins son avancée. Une avancée qui reste comme un grand os dans la gorge de Washington. 

Cette grande région que les élites étasuniennes, dont ceux de la CIA, considéraient des dizaines d’années durant comme leur arrière-cour, aujourd’hui est toute autre. Même si quelques pays restent encore sous la coupe washingtonienne, la grande majorité d’entre eux ont bel et bien choisi la voie de la souveraineté et de la dignité nationale. La Bolivie a depuis l’accession au pouvoir d’Evo Morales choisi cette voie. Faut-il également le rappeler qu’il est le premier chef d’Etat amérindien se revendiquant comme tel, représentant les populations de souche du pays, depuis le début de la colonisation espagnole, il y a plus de 400 ans.

Faut-il aussi rappeler qu’avant l’élection de Morales à la tête du pays, les populations amérindiennes subissaient largement une discrimination raciale, surtout dans les villes. Une page désormais tournée. Le pays a en effet misé sur le socialisme du XXIème siècle, réunissant les valeurs du christianisme, de justice sociale et des traditions ancestrales. C’est peut-être pourquoi ce socialisme est plus que jamais d’actualité malgré les attaques qu’il subit, notamment de l’extérieur, de la part des partisans de l’unipolarité.

Sur le plan justement extérieur, Evo Morales a en plus d’avoir misé sur l’intégration régionale et continentale, a opté pour une alliance avec lesBRICS, en premier lieu la Chine et la Russie. Dans son interview, le président bolivien n’a pas manqué de rappeler que son pays est ouvert à tous les partenaires, y compris étasuniens, preuve de quoi les entreprises occidentales sont présentes dans le pays, mais qu’effectivement la Chine et la Russie restent les partenaires privilégiés grâce à une approche beaucoup plus juste et transparente: partenariat gagnant/gagnant et sans interférences dans les affaires intérieures du pays.

Ce qui réunit incontestablement la Bolivie et nombre d’autres pays latino-américains avec les BRICS, c’est aussi la vision commune sur la multipolarité du monde. Une multipolarité qui se renforce chaque jour un peu plus. Pour finir, Evo Morales a salué l’actuelle « courageuse politique internationale de la Russie » et que « bien que son pays soit beaucoup plus petit que celui du peuple frère de Russie, la Bolivie est prête à apporter tout le soutien nécessaire ». Que dire de plus si ce n’est merci et d’ajouter que dans notre monde multipolaire il n’est pas question de grands ou de petits pays. Tout le monde doit avoir la possibilité de faire entendre sa voix, ainsi qu’assurer la défense de son indépendance, de sa souveraineté et de sa dignité. L’Amérique latine digne est en outre un excellent exemple pour les pays qui cherchent encore à se libérer de la mainmise extérieure, on pense bien sûr à certains pays d’Afrique. Quant au partenariat russo-bolivien, il représente cet autre exemple d’un partenariat où chacun trouve son compte et où personne ne donne de leçons à l’autre.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201603141023365429-bolivie-russie-alliance/
Mikhail Gamandiy-Egorov
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Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

La très récente visite officielle du président équatorien Rafael Correa en Russie a été non seulement très productive, mais a confirmé une nouvelle fois les relations stratégiques qu’entretiennent désormais la Russie et la grande majorité des Etats d’Amérique latine.

A la mort du leader vénézuélien et chef de file de la révolution bolivarienne Hugo Chavez, certains analystes se sont pressés d’annoncer que le Venezuela et toute l’Amérique latine allaient subir de grands bouleversements, notamment ce qui concerne la politique extérieure. Hugo Chavez était effectivement un grand ami de la Russie et c’est sous sa présidence que la Russie et le Venezuela sont devenus des alliés indéniables. Ce partenariat stratégique s’est rapidement répandu à toute l’Amérique latine pour laquelle la Russie est devenue un partenaire clé.

Le successeur d’Hugo Chavez à la présidence vénézuélienne Nicolas Maduro a rapidement déchanté tous ceux qui promettaient des « changements radicaux »à la région et s’est au contraire fortement engagé sur la même ligne politique que son illustre prédécesseur, y compris en ce qui concerne la politique étrangère. Le partenariat stratégique entre la Russie et la République bolivarienne n’a donc pas bougé d’un poil.

Mis à part le Venezuela, la Russie est vue comme un pays ami par bon nombre des pays de la région : que ce soit la Bolivie d’Evo Morales, l’Equateur de Rafael Correa, l’Argentine de Cristina Fernandez de Kirchner, le Brésil de Dilma Rousseff ou encore le Nicaragua de Daniel Ortega, sans oublier bien évidemment Cuba de Raul Castro, un allié de longue date.

La visite de Rafael Correa, président de l’Equateur, n’avait donc rien d’anodin mais était bien le signe supplémentaire des relations très privilégiées entre désormais la Russie et les pays latino-américains. D’ailleurs, en parlant du leader équatorien, il s’agit d’une personnalité très intéressante. Economiste de formation, il a suivi une partie de son cursus en Occident, à l’Université catholique de Louvain (Belgique) puis à l’Université de l’Illinois (Etats-Unis). Patriote engagé, fervent partisan de la souveraineté de son pays et de toute l’Amérique latine, il se qualifie lui-même comme étant un homme politique de gauche, un humaniste et un chrétien catholique.

Au cours de sa visite en Russie, Rafael Correa s’est bien évidemment entretenu avec le président russe Vladimir Poutine. Au programme figurait également la signature d’accords sur le partenariat bilatéral des deux pays sur le plan économique, commercial, culturel et humanitaire. La lutte commune contre le terrorisme et son financement était elle aussi au menu.

Avant de se rendre dans la capitale russe, le président de l’Equateur a visité Saint-Pétersbourg où il a notamment rencontré le gouverneur de la ville Gueorgui Poltavtchenko. A l’issue de son passage par la capitale des tsars, Rafael Correa a formulé un grand désir d’échanges entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. Quant à Moscou, le président Correa y a visité le centre de recherche et de développement Skolkovo, considéré comme la « Silicon Valley russe », ainsi que l’Université russe de l’Amitié des Peuples où le titre honorifique de docteur honoris causa lui a été attribué.

 Pour revenir à la partie diplomatique, les deux pays partagent des points de vus communs sur bon nombre de questions liées aux relations internationales, à la défense de la souveraineté et au respect du droit international. Les deux parties, aussi bien russe qu’équatorienne, ont jugé cette visite comme étant très fructueuse. « Nous avons eu une importante réunion à Moscou avec le président russe. Le président de la Russie est un homme politique très efficace,a déclaré Rafael Correa. Avant d’ajouter que les rencontres furent très productives et qu’elles se sont déroulées dans une atmosphère très positive ».

De notre côté, nous ne pouvons que souhaiter que cette alliance stratégique entre la Russie et l’Equateur, ainsi que l’Amérique latine en général puisse résister à toutes les tentatives des forces ennemies qui veulent y mettre fin, ou du moins tenter de la déstabiliser. Du moment que les Etats Sud-américains seront dirigés par des chefs d’Etats dignes et responsables comme Rafael Correa, nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Souhaitons également que ce partenariat puisse devenir un exemple et une importante source d’inspiration pour d’autres, notamment pour les relations entre l’Afrique et la Russie.

http://french.ruvr.ru/2013_10_31/Rafael-Correa-en-Russie-une-visite-symbolique-9149/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le désespoir du comportement occidental et l’exemple sud-américain pour l’Afrique

Президент Боливия Эво Моралес самолет Falcon 900 EX аэропорт Вена Австрия

Les dernières semaines ont été riches en événements : nouvelle révolution en Egypte, affaire d’Edward Snowden qui demande officiellement l’asile politique en Russie et comportement scandaleux de la part des pays européens à l’encontre d’un chef d’Etat, en l’occurrence d’Evo Morales, président de la République de Bolivie.

             

 Il aurait été intéressant d’aborder deux choses dans cet article. La première est que l’Europe (au sens de l’Union européenne) a prouvé une fois de plus qu’il ne s’agit nullement d’un ensemble indépendant. Crier au scandale suite aux révélations faites par Edward Snowden face à « l’allié » étasunien et juste après fermer son espace aérien à un chef d’Etat qui transporterait soi-disant le fameux jeune homme, c’est tout simplement de l’hypocrisie par excellence… Pire encore, contraindre à une escale forcée un avion présidentiel, le retenir durant près de 13 heures et fouiller l’avion du président Morales est la pire violation qui puisse être lorsqu’on connait ne serait-ce qu’un peu l’immunité diplomatique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chef d’Etat et lorsqu’on maitrise un peu le droit international.

 Dès son retour au pays, Evo Morales a été acclamé par ses concitoyens. Les manifestants boliviens ont également jeté des pierres sur l’ambassade de France qui avait fermé son espace aérien à l’avion de leur président. Par ailleurs, plusieurs drapeaux français, étasuniens et ceux de l’Union européenne ont été brûlés lors des manifestations en Bolivie. Il faut avouer que depuis pas mal de temps, on est habitué à voir brûler des drapeaux des USA et d’Israël au quatre coins du monde, mais depuis quelques années, ceux de la France, pays des droits de l’Homme et de la démocratie, commencent à rattraper activement le retard, surtout après les interventions néocoloniales en Côte d’Ivoire ainsi qu’en Libye, et maintenant après l’alignement, une fois de plus, sur le pays de l’Oncle Sam dans l’affaire Snowden, en insultant ouvertement un chef d’Etat. Après tout, en suivant la logique du gouvernement français, si les USA écoutent les conversations téléphoniques et lisent les messages électroniques des citoyens français, c’est pour leur bien, non ? Une surveillance « utile » devrait-on penser.

 Quoiqu’il en soit, la réaction sud-américaine ne s’est pas fait attendre. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a vivement condamné le comportement des pays européens et a exigé des excuses publiques de la part des pays concernés. Dans une déclaration commune, les pays de l’UNASUR réclament des explications à la France, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie et dénoncent des « actes inamicaux et injustifiables ». La présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a quant à elle déclaré que le comportement européen montre « un vestige du colonialisme » et une « humiliation pour toute l’Amérique du Sud ». Le chef d’Etat équatorien Rafael Correa a affirmé pour sa part que si c’était un chef d’Etat occidental qui avait subi la même situation, « les tambours de la guerre auraient probablement déjà sonné ». Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a ajouté de son côté qu’un ministre d’un gouvernement européen ayant souhaité garder l’anonymat lui a affirmé que c’est la CIA qui était derrière ledit incident. Ce qui est certain, c’est que la réaction de l’UNASUR est une réponse digne à un comportement colonial, surtout lorsqu’on sait que l’Amérique du Sud est un continent qui a bien connu ce triste phénomène, y compris au XXe siècle.

 Néanmoins, le fait que l’Europe dans sa forme qu’est l’UE ait prouvé une fois de plus sa vassalité à l’Empire étasunien et d’une manière aussi ridicule, au final n’est pas si surprenant. Surtout lorsqu’on connait les liens étroits entre les « élites » occidentales. Le problème, c’est que les ces vassaux imposent à leur tour le système vassalique à d’autres pays, en premier lieu africains. L’Afrique est effectivement le continent qui au 21e siècle subit encore la loi coloniale, en premier lieu de ses ex-métropoles. Que faire face à cela ?

 Eh bien, l’Afrique doit probablement s’inspirer considérablement du continent sud-américain. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Amérique du Sud et l’Amérique latine en général étaient considérées comme des territoires conquis par l’Empire étasunien. Pourtant aujourd’hui, grâce à des leaders responsables et patriotes, la situation est toute autre et une vraie union solidaire a été mise en place par les leaders sud-américains. Il s’agit véritablement d’une union capable de répondre aux défis qui lui sont lancés, et ce non seulement au niveau régional mais également global. C’est l’occasion donc pour l’Afrique de s’inspirer de l’UNASUR pour relever les nombreux défis du continent africain, subissant encore aujourd’hui la loi du plus fort et ne profitant nullement dans sa majorité des énormes ressources qui lui appartiennent. D’autant plus que les Etats occidentaux et leurs « élites » à court d’idées prouvent de par leur comportement, pour le moins ridicule, un aveu presque non voilé d’impuissance. Le monde change à vitesse grand V, aidons-le dans cette voie. Ceux qui traditionnellement dictent et imposent aux autres leurs volontés finiront bien par se conformer à la nouvelle réalité, dans un monde nouveau et plus juste. Hasta la vista !

http://french.ruvr.ru/2013_07_15/Desespoir-du-comportement-occidental-et-exemple-a-suivre-sud-americain-4608/

Mikhail Gamandiy-Egorov