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RCA: Faustin-Archange Touadéra investi président

Le président de la République centrafricaine vient d’être réinvesti à la tête de son pays, pour son deuxième mandat. Cette investiture renforce indéniablement le cadre de la volonté populaire du peuple de la Centrafrique, de même que la souveraineté du pays – longtemps martyrisé, et ce au désarroi de toutes les forces ayant de nouveau misé sur la déstabilisation.

Faustin-Archange Touadéra, arrivé au pouvoir en 2016 pour son premier mandat présidentiel dans un cadre démocratique, et ayant de nouveau remporté le scrutin en décembre dernier, a donc prêté serment en qualité de chef d’Etat de la RCA. Si effectivement sa réélection a suscité un enthousiasme évident d’une large part de la population centrafricaine, mais également de la société civile de nombre d’autres pays africains, il n’en demeure pas moins qu’elle n’a pas fait que des heureux.

En l’occurrence les groupes armés qui avaient tenté de nuire au bon déroulement du récent scrutin présidentiel et qui n’avaient certainement pas prévu de subir une déroute sans précédent face à la détermination du leadership centrafricain et des alliés bilatéraux du pays, en premier lieu la Russie et le Rwanda.

En ce sens, il est aujourd’hui pratiquement incontestable que l’autorité du président Touadéra n’en a été que renforcée. Ayant toujours été un homme de paix, privilégiant le dialogue, dont le premier mandat peut d’ailleurs être caractérisé par une stabilisation assez évidente de la situation intérieure, il n’a pas manqué dernièrement à faire de preuve cette fois-ci de fermeté à l’égard des violateurs de l’accord de paix de Khartoum.

C’est d’ailleurs probablement un exemple aujourd’hui évident pour nombre d’autres nations africaines: cadre démocratique, souveraineté nationale, panafricanisme, promotion de la paix tout en la défendant par la force en cas de nécessité, et, libre choix des partenaires extérieurs. A ce titre, c’est un secret de polichinelle que de savoir par exemple que l’ex-métropole coloniale française, ou plus particulièrement les réseaux «françafricains» étaient depuis toutes ces années fort mécontents de la large diversification des relations extérieures opérée par le président Touadéra et son administration, notamment au niveau diplomatique.

Une chose est sûre, les Forces armées centrafricaines (FACA), formées au cours des dernières années par la Russie, sont actuellement beaucoup plus aguerries, en comparaison à 2016. Et s’il y a encore récemment, les médias occidentaux, y compris hexagonaux, se donnaient un malin plaisir à rappeler qu’une large partie du territoire de la RCA était sous contrôle des groupes armés – depuis le bouleversement de la situation et la contre-offensive récente des forces gouvernementales avec le soutien russe et rwandais, ayant permis de libérer la large partie du sol centrafricain, l’enthousiasme de ces mêmes médias est devenu beaucoup moins évident. Avec comme résultat soit le silence sur les succès des troupes gouvernementales centrafricaines et de leurs alliés, soit une reconnaissance amère de cette réalité. On pourrait en ce sens faire le parallèle encore une fois avec le traitement de l’information sur la Syrie, mais restons en RCA.

Le secrétaire d’Etat français aux Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, cité par RFIparle «de l’engagement de la France dans le pays» et appelle à une solution politique. En parlant du premier point, on pourrait se demander à quel engagement fait référence le représentant hexagonal, sachant que dans toute la campagne de sécurisation récente du territoire centrafricain opérée contre les groupes armés qui menaçaient de nouveau la stabilité du pays et la population, l’Elysée n’était pas seulement absent, mais au contraire représentait l’une des principales sources du problème. Sans même rentrer dans les coulisses de la déstabilisation ayant tenté de faire tomber le gouvernement légitime de la Centrafrique, et des rapports pour le moins ambigus qu’entretient l’Elysée avec nombre d’acteurs locaux des tentatives de déstabilisation, rien que l’opposition de Paris, au même titre que Washington et Londres, au Conseil de sécurité onusien quant à la levée de l’embargo sur les armes à destination de la RCA, en dit très long. Une levée demandée à maintes reprises par le gouvernement de la Centrafrique pour accroitre les capacités défensives de ses forces armées.

En opposition encore une fois à Moscou et Pékin ayant quant à eux exprimé leur solidarité face au plaidoyer de la diplomatie centrafricaine. Quant au dialogue politique auquel fait référence Jean-Baptiste Lemoyne, voudrait-il pousser un gouvernement légitime au dialogue avec des bandits de grand chemin – d’autant plus vaincus sur le terrain? Ou serait-ce un message sur des tentatives de déstabilisation ultérieures? La suite nous le montrera.

Une chose est sûre – la RCA revient de loin et peut aujourd’hui se vanter de devenir un exemple, désormais positif, pour d’autres Etats africains. Quant aux blocages occidentaux du renforcement encore plus important de ses capacités défensives, Bangui pourra certainement continuer à compter sur les partenariats bilatéraux, dans un cadre souverain.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Centrafrique: fin de partie pour les groupes armés?

Les Forces armées centrafricaines avec le soutien des alliés de la RCA semblent avoir repris les choses en main face aux groupes armés qui il y a encore récemment menaçaient de nouveau la stabilité du pays. L’intérêt est également de se pencher sur le traitement de l’information visant la Centrafrique de la part des médias mainstream.

Le 15 décembre dernier, à quelques jours des élections présidentielles en République centrafricaine, plusieurs groupes armés avaient dénoncé l’Accord de Khartoum dont ils étaient signataires, et avaient émis une série d’ultimatums vis-à-vis du gouvernement du pays. Les élections avaient tout de même eu lieu à la date prévue, avec comme résultat une réélection dès le premier tour du président Faustin-Archange Touadéra.

Bien que n’ayant pas réussi à prendre la capitale Bangui, ni à saper le déroulement des élections, les dits groupes armés avaient néanmoins continué à déstabiliser la situation intérieure, notamment en bloquant l’axe routier qui relie la Centrafrique au Cameroun – représentant par la même occasion le principal axe commercial du pays. Fait intéressant: les médias occidentaux, notamment français, relayaient en grande pompe ces informations, bien souvent en se référant sur des «sources» bien informées sur place. Des sources se trouvant dans la plupart des cas dans le camp des groupes armés.

Mais il a suffi que le gouvernement de la RCA reprenne la situation en main, pour que ces mêmes médias deviennent pour certains pratiquement muets, pour d’autres relayant un minimum d’information, le tout avec peu d’enthousiasme. En effet, ce mois de février peut être considéré comme celui d’une contre-offensive majeure des Forces armées centrafricaines (FACA) en vue d’en finir avec les groupes armés sur toute l’étendue du territoire national.

Déjà le communiqué du gouvernement centrafricain du 11 février dernier, annonçant notamment la libération de nombre de villes du pays, n’avait pas eu droit au même niveau de diffusion du côté des médias mainstream, notamment français, que lors des attaques rebelles.

Evoquant ce dimanche 21 février la révocation par le président centrafricain des responsables gouvernementaux qui pour nombre d’entre eux étaient liés aux groupes armés, RFI a eu tout de même enfin le mérite de noter que «les autorités sont en pleine offensive armée sur le territoire, appuyées par leurs alliés russes et rwandais».

En ajoutant même que les forces gouvernementales ont repris position dans de nombreuses localités, dont Bambari. Et qu’enfin, se référant au Premier ministre centrafricain (Firmin Ngrebada, ndlr), l’armée nationale serait aux portes de Bossangoa, fief de François Bozizé, ex-chef d’Etat s’étant mis à la tête de la récente rébellion, ce dernier accusé par ailleurs de crimes contre l’humanité.

Par ailleurs et selon nombre de sources, Francis Bozizé – le fils de l’ex-président centrafricain serait actuellement à Moundou, dans le sud du Tchad en compagnie de Mahamat al-Khatim, leader du groupe MPC, ainsi qu’avec des émissaires des anti-balaka pour une «réunion». Le tout vraisemblablement en raison de la gravité de leur situation dans le cadre des défaites subies face aux forces gouvernementales.

Tout cela permettant aujourd’hui d’entrevoir une plausible fin de partie pour les groupes armés. A ce titre, le traitement de l’information de la part des médias mainstream permet certainement de faire un certain parallèle entre la RCA et un pays non-africain – en l’occurrence la Syrie. On se rappelle bien comment les médias occidentaux se donnaient la peine de relayer les avancées des groupes terroristes sur les positions gouvernementales. Pour certains avec un enthousiasme peu voilé. Un enthousiasme qui volera en éclat après la reconquête du territoire national par l’armée gouvernementale syrienne, soutenue par les forces alliées. Et même lors la libération de la cité de Palmyre – patrimoine mondial de l’UNESCO des mains des salafistes de Daech – les médias mainstream avaient été forcés de relayer ladite information, mais là aussi et le plus souvent plutôt avec amertume qu’autre chose.

Cette contradictoire, mais désormais plus vraiment surprenante, approche dans le traitement de l’information du côté des médias mainstream, y compris hexagonaux, a néanmoins plusieurs mérites indéniables. Tout d’abord, elle permet d’ouvrir un peu plus les yeux à ceux qui encore pouvaient avoir des doutes quant au manque d’objectivité des dits médias. Et surtout de renforcer encore plus les positions de médias panafricains qui relayaient au cours des derniers mois et des dernières semaines des informations détaillées sur la situation en Centrafrique, avec en prime une mise en perspectives de la part d’experts d’Afrique et d’ailleurs. C’est notamment le cas de la chaine de télévision panafricaine Afrique Média dont la popularité au niveau continental n’est plus à présenter.

Le constat final est pourtant simple: l’objectivité est de moins en moins présente dans les médias dits libres de l’Occident. Et les derniers événements en matière de traitement de l’information ne font que renforcer cette thèse. Surtout lorsque les événements en cours vont à l’encontre des intérêts géopolitiques des pays et cercles d’intérêt auxquels ces médias sont liés. Et ce qui rassure aussi, c’est que le manque d’enthousiasme actuel de la part de ces médias quant aux succès des forces gouvernementales centrafricaines face aux bandits de grand chemin manipulés depuis l’extérieur, confirme justement une situation fort difficile pour ces derniers. Au grand mécontentement de leurs parrains – mais pour le bonheur de l’écrasante majorité du peuple de la Centrafrique.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie, Bolivie, Centrafrique: la mobilisation populaire comme réponse aux déstabilisations

Les situations en matière de déstabilisation d’Etats souverains, souvent orchestrée depuis l’extérieur, varient d’une région du monde à l’autre. Il n’empêche que des similitudes évidentes peuvent être observées, aussi bien dans les attaques visant les dits Etats, que les mesures de riposte à ces agressions de la souveraineté.

A première vue, peu de choses lient les situations respectives en Syrie, Bolivie ou en Centrafrique. Pourtant, ces pays représentent bel et bien la lutte active entre les forces fermement nostalgiques de l’ère unipolaire et les partisans résolument tournés vers la multipolarité.

Dans ce combat entre deux visions du monde et des affaires internationales diamétralement opposées, on retrouve bien évidemment les instigateurs de divers types de déstabilisation visant tout Etat qui de part sa politique n’applique pas à la lettre les prérogatives des forces pro-unipolaires – en d’autres termes les élites occidentales et atlantistes. On retrouve aussi de l’autre côté les nations partisanes du concept multipolaire du monde qui autant que possible apportent un soutien politique, diplomatique, et lorsque cela est nécessaire militaire à leurs alliés et partenaires visés par de telles déstabilisations et coups d’Etat.

Les dernières années ont montré que malgré bien souvent des moyens financiers, militaires et médiatiques fort inégaux, la résistance à l’agression des nostalgiques unipolaires était possible. Mais si dans les cercles politiques et médiatiques occidentaux, il est surtout déclaré que les échecs de telle ou telle révolution de couleur «démocratique» sont dus à «l’interférence de régimes autoritaires», la réalité est souvent et justement à l’opposé. Et c’est justement les faux apôtres de la démocratie qui se retrouvent face à une réalité simple : celle de n’avoir aucune considération véritable pour les processus démocratiques – qui ne servent pas leurs intérêts géopolitiques.

Mais le point le plus important dans ce débat, ce n’est pas seulement ou tellement l’opposition des puissances géopolitiques aux visions radicalement différentes sur l’avenir planétaire. C’est la capacité de tel ou tel peuple souverain à défendre sa souveraineté, à travers la mobilisation populaire. Et il faut le reconnaitre – c’est un point que les élites atlantistes pro-unipolaires n’avaient certainement pas prévu.

Dans le cas de la Syrie et malgré les innombrables déclarations de l’establishment occidental quant au fait que le président syrien Bachar al-Assad ait pu se maintenir au pouvoir et récupérer de vastes parties de son territoire face aux groupes terroristes uniquement grâce au soutien de ses alliés russe, iranien et du Hezbollah libanais, cela ne correspond pas à la réalité. Si le soutien des pays cités a été effectivement fort déterminant sur plusieurs orientations, notamment dans le cadre de la lutte antiterroriste, ainsi que des efforts politico-diplomatiques et humanitaires, il n’empêche pas moins que sans le soutien d’une large partie de la société syrienne, ainsi que de l’armée gouvernementale, le pouvoir n’aurait pu être maintenu. D’ailleurs le leadership syrien l’a souvent rappelé. Et ce malgré les messages de propagandes diffusées par nombre de médias mainstream que les seuls Syriens soutenant Assad seraient les minorités religieuses. C’était assez incroyable de lire cela sachant qu’à l’instar de la population syrienne, la majorité des militaires de l’armée gouvernementale sont également des musulmans sunnites.

En ce qui concerne la Bolivie, la situation fut différente dans le déroulement de la déstabilisation et a connu un demi-succès dans sa première phase pour ses instigateurs lorsque le président socialiste et souverainiste Evo Morales fut écarté du pouvoir par les forces soutenues depuis Washington – le pays étant longtemps dans le viseur de l’establishment US, au même titre que Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et d’autres nations progressistes latino-américaines. Mais ce coup d’Etat n’a pas réussi à faire chuter la mobilisation populaire des Boliviens qui lors des élections présidentielles d’octobre dernier ont renouvelé, dès le premier tour, leur confiance au parti d’Evo Morales, le Mouvement vers le socialisme (MAS), en élisant son dauphin Luis Arce à la tête du pays. Difficile de trouver une meilleure réponse à l’interventionnisme étasunien dans ce qu’il continue de considérer comme son pré-carré.

En parlant d’ailleurs de pré-carré, du moins considéré comme tel par l’establishment cette fois-ci français, le dernier exemple récent à mentionner n’est autre que celui de la République centrafricaine. Pays qui au cours des dernières années a globalement tourné la page de la période catastrophique des massacres et tueries de masse – depuis l’élection dans un cadre démocratique du professeur Faustin-Archange Touadéra. Ce dernier ayant dès le début de son premier mandat présidentiel misé sur le retour de la paix, le lancement d’un développement dans un cadre souverain et panafricaniste, ainsi que sur une diversification des partenariats extérieurs. Ce dernier point n’a sans surprise trouvé aucune appréciation du côté de l’ex-métropole coloniale française. Puis, la RCA s’est retrouvé pratiquement à la veille des élections devant les attaques de groupes armés – souvent composés d’étrangers – afin de déstabiliser le scrutin de fin décembre dernier.

Mais là aussi, à la grande surprise des instigateurs de cette énième tentative de déstabilisation, la population s’est largement mobilisée pour défendre son droit à la démocratie et à sa souveraineté. Comme l’avait d’ailleurs rappelé dans l’entretien récent à Observateur Continental la ministre centrafricaine des Affaires étrangères, Sylvie Baipo-Temon. A savoir que dans l’arrière-pays, la population et les femmes en particulier se sont tenues debout face aux groupes armés pour revendiquer leur droit au vote. Un vote qui a connu la réélection du président Touadéra. Et ce – dès le premier tour.

Ce nouveau paradigme de l’éveil des consciences des peuples, aussi bien sur la base des exemples syrien, bolivien, centrafricain, et d’autres, représente sans le moindre doute un nouveau défi de taille aussi bien aux nostalgiques de l’ère unipolaire révolue, qu’aux spécialistes des révolutions de couleur, ainsi que plus globalement à tout l’establishment occidental. Un défi auquel ces mêmes élites qui représentent une infime partie du globe terrestre, semblent ne pas avoir été préparées. Et ce malgré les énormes moyens qui restent à leur disposition. D’autres exemples ne tarderont certainement pas à suivre. A en prendre note.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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C’est une formidable leçon de démocratie, selon la ministre des Affaires étrangères de la RCA

La Centrafrique qui retrouve progressivement la stabilité après des années de conflit a vu le déroulement des élections présidentielles et législatives le 27 décembre dernier. Cet entretien exclusif pour Observateur Continental avec Sylvie Baïpo-Temon, ministre des Affaires étrangères de la République centrafricaine, est consacré aux défis que le pays continue de relever, ainsi qu’à l’interaction avec la communauté internationale.

Madame la Ministre, vous êtes en poste en qualité de cheffe de la diplomatie centrafricaine depuis maintenant un peu plus de deux ans. Depuis vous avez mené une activité intense en matière de relations internationales pour le compte de votre pays. Quelles sont aujourd’hui pour vous les principales orientations de la politique extérieure de votre nation?

Sylvie Baïpo-Temon: La République centrafricaine du fait de ces trop nombreuses crises, a longtemps été mise en marge sur la scène internationale. Davantage connue pour ces troubles à répétition, l’orientation du Président de la République a été de travailler à faire revenir la République centrafricaine dans le concert des Nations. D’adapter la diplomatie centrafricaine aux enjeux du monde, qui aujourd’hui sont sécuritaires et économiques.

La RCA s’est ainsi ouverte au monde, tant au niveau bilatéral en raffermissant et renforçant ses relations de coopération bilatérale, qu’au niveau multilatéral en contribuant par son expérience aux défis communs de la Sécurité, la Paix durable et la croissance économique menacées par les groupes armés, le terrorisme, l’extrémisme violent.

La politique extérieure de la RCA s’est principalement concentrée sur une ouverture de la République centrafricaine au monde afin de puiser de l’expertise des autres et partager aussi de la sienne.

L’une des caractéristiques de la politique internationale du président Faustin-Archange Touadéra a été la diversification des partenariats extérieurs de la RCA. Cette approche, logique pour un pays souverain, a connu nombre de critiques de la part des partenaires «traditionnels» de la Centrafrique. Pensez-vous que ces critiques étaient justifiées?

– Il est important de ne pas tomber dans le piège des incompréhensions, interprétations et rumeurs qui font des frasques actuellement en mettant en avant une tension entre deux partenaires de la République centrafricaine que sont la France et la Fédération de Russie.

La RCA est un pays qui s’évertue à chercher de sortir de cycles de violences et crises qui ont mis à mal le tissu économique et social. Pourquoi s’obstiner à vouloir la placer au milieu de deux grandes puissances qui d’ailleurs entretiennent une excellente relation de coopération entre elles.

La République centrafricaine pour sortir de la grosse crise de 2012, a fait appel à tous ces partenaires et cela de manière totalement transparente avec d’ailleurs une démarche naturelle en premier lieu vers le partenaire traditionnel.

La RCA a besoin de la synergie de tous ces partenaires, de la solidarité de tous ces partenaires pour la seule cause qui est le retour à la paix et à la stabilité en RCA.

Dans toutes relations, il y a des divergences et si divergences il y a entre deux de nos partenaires et pays amis, je voudrais dire que ces divergences ne concernent pas la RCA qui a des préoccupations à des années lumières de celles des grandes puissances.

Je déplore tout ce cocktail journalistique qui s’entête à parler de rapprochement entre la RCA et la Russie, alors que ces deux pays ont établi des relations diplomatiques et de coopérations depuis 1960. Tout ceci ne concoure pas à instaurer et à pérenniser un climat d’apaisement dans un pays qui pourtant, en a le plus besoin

Pratiquement à la veille des élections, certains groupes armés ont violé leurs engagements dans le cadre de l’Accord de Khartoum et avaient menacé d’empêcher le déroulement des élections. Pourtant les élections se sont déroulées à la date prévue, dans un climat globalement calme et avec une mobilisation active des citoyens centrafricains. Considérez-vous le déroulement de ces élections comme une réussite?

– Je ne considère pas ces élections comme une réussite, ces élections sont une réussite. Il s’agit avant tout d’une formidable leçon de démocratie exprimée par une population lassée des violences et perpétuels recours à la force pour accéder au pouvoir.

Le message adressé par le peuple centrafricain à la classe politique centrafricaine est, pour moi, sans appel. Ce peuple ne souhaite plus être pris en otage de calcul fallacieux et malicieux.

L’audace et le courage de la population centrafricaine est à féliciter, à encourager et à vulgariser.

Vous savez dans certaines localités dans l’arrière-pays, la population et les femmes en particulier se sont tenues debout face aux groupes armés pour revendiquer leur droit au vote. Elles sont sorties unies pour aller voter. Le déroulement et calendrier des différents pactes et alliances pour mettre en place la Coalition des patriotes pour le Changement met en évidence que les attaques et menaces perpétrées étaient relatives à la peur d’une sanction sévère des urnes.

Vous savez, ce processus électoral traduit une belle citation de Nelson Mandela, qui disait à juste titre: «Il est difficile d’expliquer à quelqu’un qui a les idées étroites qu’être ‘éduqué’ ne signifie pas seulement savoir lire et écrire et avoir une licence, mais qu’un illettré peut être un électeur bien plus ‘éduqué’ que quelqu’un qui possède des diplômes».

Compte tenu de la violation des engagements de la part de ces groupes armés, doit-on s’attendre selon vous à une autre phase d’instabilité, dont la République centrafricaine a globalement tourné la page au cours des dernières années? Ou au contraire peut-on espérer une sécurisation et une plus grande stabilisation à venir? 

– Je pense et plaide pour que cette énième violation, de la part des groupes armés de leurs engagements, soit fermement sanctionnée.

Cette recrudescence de violences, contre la population et le territoire centrafricain marquée par d’énormes violations des droits internationaux, est une menace pour la paix dans le monde car elle met en danger les idéaux de nos organisations multilatérales.

Il nous faut, non pas espérer une sécurisation et stabilité mais répondre à cette agression par une solidarité unanime pour asseoir la sécurité et la stabilité.

Le peuple de Centrafrique observe.

Depuis que la RCA soit entrée dans la phase d’un développement plus stable et sécurisé, de nombreux Etats et acteurs privés étrangers s’intéressent à des projets économiques en Centrafrique. Aussi bien africains qu’extracontinentaux. Selon vous, comment les intéressés doivent s’y prendre pour le lancement de projets en République centrafricaine dans un cadre gagnant-gagnant, notamment pour que ces projets puissent contribuer au bien-être de la population du pays?

– La RCA a besoin de relancer son économie et se développer tant économiquement que socialement. Les investisseurs sont invités à présenter des projets prometteurs à fort potentiel de développement. Après tant d’années de guerre, il nous faut reconstruire le pays avec des partenaires engagés et dans un esprit gagnant-gagnant.

Le gouvernement a travaillé justement à améliorer le climat des affaires afin d’inciter à l’investissement.

La porte d’entrée de la RCA étant le Ministère des Affaires étrangères, les investisseurs sont encouragés à prendre contact avec mes services afin d’être orientés vers les départements compétents.

Comme tout Etat indépendant et souverain, une question de première importance concerne la capacité défensive des forces armées du pays. On sait que depuis la diversification des relations extérieures opérée par le Président Touadéra, un grand travail a été réalisé en ce sens. Quelles sont les choses qui doivent encore être réalisées pour que les Forces armées centrafricaines (FACA) puissent atteindre le niveau si souhaité par la population centrafricaine et le leadership du pays? Y compris en termes de soutien des alliés internationaux de la RCA.

– La RCA a entamé un programme de reconstruction de ses forces de défense et de sécurité.

Avec l’appui de nos partenaires et pays amis, les éléments ont bénéficié de formations au pays ou à l’extérieur et continuent d’en bénéficier. En effet, la diversification de nos partenariats est d’une importance non négligeable dans cette phase de reconstruction.

Il reste à poursuivre les efforts nécessaires pour mettre sur pied une armée digne de ce nom avec tout l’encadrement, dispositif et équipement appropriés.

Un soutien au plaidoyer de la RCA pour la levée de l’embargo car il devient insoutenable devant l’opinion nationale et internationale de condamner les agissements de groupes armés tout en leur offrant, par un embargo sur un Etat légitime, les moyens de s’armer de manière complaisante.

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Centrafrique: les responsabilités de chacun

Le 27 décembre doivent avoir lieu les élections présidentielles en République centrafricaine. Un enjeu de taille pour un pays qui a commencé à sortir du chaos et des violences sans fin. Face aux nouvelles tentatives de déstabilisation visant le pays, il est aujourd’hui important de faire quelques rappels.

Six groupes armés (MPC, 3R, FPRC, UPC, anti-balaka aile Mokom, anti-balaka aile Ndomaté) ont signé le 15 décembre une déclaration commune dénonçant l’accord de paix en vigueur, à savoir l’Accord de Khartoum, négocié dans la capitale soudanaise et signé à Bangui le 6 février 2019 entre le gouvernement centrafricain et quatorze groupes armés. Ils réclament des «concertations» avec le président en exercice Faustin-Archange Touadéra, et ce «avant les élections présidentielles». A défaut de quoi, ils menacent de reprendre à grande échelle les combats. Des mouvements de ces groupes ont d’ailleurs été observés à certains endroits du pays, au moment où la situation dans la capitale Bangui reste calme.

Selon le gouvernement de la RCA, l’ex-président François Bozizé, soutenu par Paris, auteur du coup d’Etat en 2003, ayant été par ailleurs visé par un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité et incitation au génocide, est à la tête de ce mouvement anti-gouvernemental impliquant les groupes armés. Bien que dans le camp de Bozizé cette information n’a pas été encore confirmée, le fait est que selon nombre de sources sur le terrain c’est effectivement ce dernier qui participe à la déstabilisation de son propre pays.

Maintenant en parlant de perspectives, il est important de remettre à l’ordre du jour plusieurs points, ainsi que les responsabilités de chacun. Tout d’abord, le timing. Comme par hasard, c’est pratiquement à la veille des élections que le pays qui ait réussi à retrouver une stabilité relative et une paix assez globale sur son territoire – voit l’annonce de ces nouvelles menaces de groupes armés. Peut-être que justement les initiateurs de ces menaces et leurs parrains doutent fortement des capacités à convaincre les Centrafricains par le programme électoral et les idées de ceux que ces initiateurs et parrains soutiennent?

L’autre point qui mérite également une attention particulière concerne quant à lui l’immobilisme de la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique). Ayant sur place plus de 10 000 soldats impliqués, la structure onusienne se limite à émettre des déclarations et des communiqués appelant à faire cesser les violences, sans pour autant prendre d’actions vraiment concrètes sur le terrain.

En ce qui concerne la capacité défensive des Forces armées centrafricaines (FACA), bien que cette capacité ait sérieusement augmenté au cours des dernières années, notamment à travers des livraisons d’armes de la part de la Russie et des formations en faveur des forces de défense assurées par des instructeurs russes, le problème de l’embargo sur les armes à destination de la RCA empêche toujours un plein renforcement des forces armées nationales. Les quelques allègements de l’embargo au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU ont permis, notamment à travers l’implication de la Russie, d’augmenter considérablement les capacités défensives des FACA, mais seule une levée totale dudit embargo permettrait aux forces gouvernementales d’atteindre le niveau nécessaire en matière de défense d’un pays souverain. Chose à laquelle reste opposée la France et ses autres alliés occidentaux.

Justement, en parlant maintenant de la France et de son implication dans la situation en RCA – un point qui soulève de nombreuses questions est comment se fait-il que plusieurs pays voisins de la Centrafrique soient surarmés tout en n’étant aucunement des producteurs d’armes? Autre fait majeur: nombre de ces pays sont proches de l’élite élyséenne. Enfin ces armes finissent dans les mains des groupes armés présents en RCA. Qui menacent la sécurité des civils et de l’autorité de l’Etat.

Un autre aspect et non des moindres concerne quant à lui la trahison de certains fonctionnaires étatiques, y compris sur le plan sécuritaire. Manque de patriotisme, manipulation par les instigateurs de la nouvelle phase de déstabilisation – la nuisance pour la sécurité intérieure demeure évidente.

Maintenant en ce qui concerne le rôle particulier de l’ex-président François Bozizé dans cette énième tentative de déstabilisation de la Centrafrique. Au-delà d’un manque également évident de patriotisme de la part de ce dernier, dénigrant les changements positifs en termes de paix, de sécurité et de développement observés durant la présidence de Faustin-Archange Touadéra – arrivé au pouvoir dans un cadre démocratique, ayant misé dès sa prise de fonction à chercher la paix pour son peuple et à diversifier les partenariats extérieurs – cela confirme deux choses relativement simples. La première étant que ses ambitions personnelles sont placées largement au-dessus des intérêts et des aspirations du peuple centrafricain. Un peuple dont il prétend défendre les attentes. La deuxième est que ces ambitions égoïstes servent clairement les intérêts de ses soutiens extérieurs, notamment extra-africains.

Il en va de même de l’opposition dans son ensemble, notamment celle qui forme une coalition avec Bozizé, en fermant les yeux sur les accusations de crimes de guerre auxquelles il est lié. Préférant former une alliance dans un but purement opportuniste, là aussi en coordination probable avec des puissances occidentales pour qui la paix en RCA est tout sauf une priorité.

Mais malgré cette nouvelle tentative de déstabiliser un pays qui sort progressivement d’une longue crise de violences, et qui commence à retrouver une paix globale et un début de réel développement dans un cadre souverain et panafricaniste, une grande partie des citoyens restent mobilisés pour la défense de la démocratie et de la souveraineté nationale.

Pour Sylvie Baïpo-Temon, la ministre centrafricaine des Affaires étrangères, contactée par Observateur Continental, l’heure est à l’unité. Elle demande en ce sens aux citoyens centrafricains à ne pas se laisser manipuler, à prendre part massivement au vote lors des élections et à faire entendre leur voix dans un cadre démocratique. Elle appelle également la communauté internationale à prendre ses responsabilités pour apporter une contribution réelle et sincère afin que la République centrafricaine retrouve définitivement la paix qu’elle a déjà commencé à retrouver au cours de ces quelques dernières années.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Côte d’Ivoire, Guinée, RCA: le double standard de Paris

La réélection d’Alpha Condé à la tête de l’Etat guinéen a jeté un froid dans les relations entre Conakry et Paris. La différence d’approche de l’Elysée par rapport à d’autres pays africains, notamment la Côte d’Ivoire, démontre un positionnement orienté sur les intérêts géopolitiques français, dans ce qu’il continue à considérer comme étant son «pré-carré».

Nombre d’analystes africains n’ont pas manqué de remarquer une approche clairement différente dans le traitement des élections présidentielles de certains pays africains francophones, et des situations intérieures respectives. Si en Côte d’Ivoire, le gouvernement en place – allié de Paris mais contesté par nombre de citoyens ivoiriens, peut compter sur de chaleureuses félicitations émanant du leadership français, c’est bien loin d’être le cas en ce qui concerne les élections présidentielles récentes en République de Guinée, ou à venir – comme en République centrafricaine.

Comme le note le média Financial Afrik en lien avec les félicitations froides et tardives d’Emmanuel Macron destinées à Alpha Condé pour sa réélection en tant que président guinéen, «la déclaration du président Macron intervient dix jours après de vertes critiques envers Alpha Condé qu’il reprochait d’avoir modifié la constitution pour se représenter. Ces félicitations tardives et réservées ôtent en tout cas la France dans une intenable position contradictoire entre l’ivoirien Alassane Ouattara, chaleureusement félicité et son homologue guinéen réélu (…)».

Evidemment, Paris pourra toujours se référer au fait que les élections guinéennes ont eu lieu dans «un climat de contestations» et d’accusations de fraudes par l’opposition. Il n’empêche que lorsqu’on connait la contestation que connait le chef d’Etat ivoirien dans son pays, et les diverses manœuvres ayant écarté de la course à la présidentielle nombre de ses concurrents, dont l’ex-président Laurent Gbagbo, sans oublier les pressions exercées sur les activistes panafricains dans le pays, la position élyséenne en ressort non seulement contradictoire – mais surtout fortement hypocrite.

Ce qui est sûr – c’est qu’une telle différence d’approche est sans aucun doute géopolitique et géoéconomique. Dans une mentalité purement néocoloniale. En Guinée, la diversification des partenariats extérieurs, y compris dans le secteur économique, ne profite pas pleinement à Paris – à la grande différence de la Côte d’Ivoire. Plus que cela, le chef d’Etat guinéen n’a pas manqué de remettre les points sur les «i» face aux représentants des médias français, dans une interview de septembre 2018, ayant fait beaucoup de bruit à l’époque. Notamment en lien avec le comportement des journalistes français participant à ladite interview, coupant régulièrement la parole au chef d’Etat guinéen.

Avant cela, dans un autre entretien daté d’avril 2017, accordé à la chaine Euronews, Alpha Condé avait rappelé que la France doit considérer les pays africains comme souverains. Une prise de position que l’Elysée est loin d’apprécier dans sa relation avec les pays africains anciennement colonisés par l’Etat français.

Mais cette politique élyséenne du deux poids, deux mesures, en Afrique ne se limite pas à la Guinée. L’autre exemple actuel est évidemment la République centrafricaine – elle aussi une ancienne colonie française. Là aussi, Paris au lieu de vanter les mérites du président Faustin-Archange Touadéra, un intellectuel arrivé au pouvoir dans un cadre démocratique, ayant apporté une paix globale et bien plus de stabilité à un pays qui fut meurtri par un long cycle de violences internes, préfère critiquer les choix, notamment en termes de politique extérieure de Bangui.

Plus que cela, l’establishment français en a fait une affaire personnelle de première importance : par tous les moyens déstabiliser (ou peut-être redéstabiliser) la RCA. Le tout pour une raison simple et connue – la large diversification des relations extérieures du pays au cours de la présidence de M. Touadéra, notamment en direction de la Russie et de la Chine. D’ailleurs cela se traduit par d’innombrables campagnes de lobbying opérées par la diplomatie française. Notamment via son ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Le souci dans tout cela pour l’élite politico-médiatique hexagonale, c’est qu’au final une telle approche n’augmente qu’un peu plus les sentiments de ras-le-bol observés pratiquement dans toute l’Afrique francophone vis-à-vis de la politique française sur le continent. Plus que cela, Paris semble ne pas se rendre compte, dans une arrogance néocoloniale extrême, que si un chef d’Etat africain s’intéresserait aux affaires intérieures françaises d’une façon ne serait-ce que semblable à celle que pratique depuis un long moment l’Elysée, il est bien peu probable que cela soit toléré par l’establishment français. Cela a d’ailleurs souvent été rappelé par les panélistes de la grande chaine de télévision panafricaine Afrique Média TV.

Mais étant dans l’incapacité réelle de pouvoir changer un comportement datant de dizaines d’années, si ce n’est pas dire plus, les élites françaises doivent tout simplement se rendre à l’évidence que leur perte d’influence en Afrique se poursuivra de façon claire, rapide et confirmée.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les élections présidentielles en RCA pour un développement durable

Les élections présidentielles et législatives en République centrafricaine prévues pour le 27 décembre prochain sont importantes à plus d’un titre. Le pays qui récupère après des années de conflit et de déstabilisations, a plus que jamais besoin d’une stabilité qu’il semble avoir déjà en partie retrouvé.

Depuis l’annonce par le président en exercice Faustin-Archange Touadéra de sa candidature pour le prochain scrutin présidentiel, les observateurs et connaisseurs de l’Afrique ont les yeux rivés sur cet Etat stratégique du continent.

Une élection dans laquelle il fait figure de favori au vu des réalisations et des avancées acquises au cours des années de sa présidence, surtout sur le plan sécuritaire et de la relance économique. En effet, le chef de l’Etat sortant, après avoir été élu dans un cadre démocratique dans un pays meurtri par la guerre et les violences, s’est positionné dès le départ comme un homme souhaitant de façon ferme la paix et le développement pour sa nation.

Cela s’est notamment traduit par des pourparlers avec les représentants des groupes armés. Avec comme résultat obtenu le treizième accord de paix en Centrafrique, appelé communément Accord de Khartoum – les pourparlers se sont tenus dans la capitale soudanaise et la signature dudit accord a eu lieu dans la capitale centrafricaine. Un accord, signé le 6 février 2019, qui reste jusque-là globalement respecté par tous les signataires, à l’exception de trois groupes armés qui violent leurs engagements. La normalisation de la situation sécuritaire a permis depuis une relance de plusieurs projets socio-économiques dans le pays et de donner lieu à un intérêt de la part des investisseurs étrangers pour des projets en RCA – aussi bien africains qu’extra-africains.

La période de présidence de Faustin-Archange Touadéra a connu également une diversification des partenariats extérieurs, notamment avec la Chine et la Russie. Sans pour autant fermer la porte aux pays occidentaux. Ceci étant dit cette politique d’ouverture vers un plus large nombre de partenaires extérieurs a été fortement mal vue par plusieurs puissances occidentales – la France en premier lieu, ainsi que les Etats-Unis.

Aujourd’hui, plusieurs analystes des médias du mainstream parlent des risques liés au report éventuel des élections présidentielles de décembre, de même que sur des prétendues possibilités d’ingérence dans ces élections. Mais ce que ces analystes oublient bien souvent de noter, c’est que les diverses tentatives d’interférence dans les affaires intérieures et souveraines de la République centrafricaine étaient justement celles des représentants des pays occidentaux, notamment de la France et de certains lobbies affiliés. Le tout pour une raison simple : n’ayant toujours pas accepté qu’un pays issu du soi-disant pré-carré de l’Elysée puisse se permettre à aller dans le sens d’une réelle indépendance et souveraineté.

D’autre part, ce que certaines forces hostiles oublient, c’est qu’au final c’est le peuple centrafricain qui prendra la décision quant à son avenir. Et s’il en a été capable en 2016, il en sera très certainement capable en 2020. Surtout en prenant en compte la nette amélioration de l’aspect sécuritaire sur le sol du pays.

En attendant, du côté onusien a été déclaré le soutien au déroulement des élections le 27 décembre prochain, ainsi qu’à la mise en œuvre intégrale et effective de l’accord de paix. Le reste sera à suivre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

https://t.me/observateur_continental/441