Archives du mot-clé forces armées

Les principales puissances militaires africaines en 2020

Crise sanitaire ou non, la question des capacités défensives des pays reste toujours d’actualité. Au niveau africain et en comparaison à 2019, si la liste des quatre principales puissances militaires africaines reste inchangée, le Top 5 a néanmoins connu un changement.

Global Fire Power, le portail américain de référence sur l’analyse et le classement des principales puissances militaires du monde avait actualisé son classement pour 2020. En ce qui concerne les pays africains, si dans le classement des cinq principales puissances africaines en termes de capacités défensives, on retrouve un seul changement, néanmoins on peut noter une évolution des principales forces militaires africaines dans le classement mondial.

L’Egypte maintient sa position de principale puissance militaire africaine. Un budget alloué à la Défense de 11,2 milliards de dollars, le nombre du personnel militaire s’élevant à 920 000 personnes (dont 440 000 de personnel actif), et un équipement d’armements diversifié, le pays des pharaons a également connu, en comparaison à 2019, une montée de trois places dans le classement mondial. 12ème en 2019, il est désormais 9ème, entrant ainsi dans le Top 10 des principales puissances militaires du monde.

Deuxième place également sans changement et c’est logique: l’Algérie conforte sa position incontestable de deuxième puissance militaire en Afrique. Une légère évolution tout de même au niveau du classement mondial, ayant été 27ème puissance armée en 2019, selon Global Fire Power elle serait pour cette année 28ème. Quoiqu’il en soit, l’Algérie reste sans discussion une force militaire de grande importance. Avec un budget de 13 milliards de dollars – le plus important en Afrique, un personnel militaire totalisant 280 000 personnes (dont 130 000 de personnel actif), la République algérienne démocratique et populaire peut également se vanter d’avoir des équipements militaires fort diversifiés et sophistiqués : flotte aérienne, défense anti-missiles, forces navales (dont 6 sous-marins), sans oublier un impressionnant équipement armé terrestre (chars, véhicules blindés, artillerie, lance-roquettes multiples). Point notable, l’Algérie fait partie du Top 3 des principaux partenaires de la Russie dans le domaine militaro-technique au niveau mondial.

La troisième puissance militaire africaine n’est autre que la République d’Afrique du Sud. Si au niveau africain en comparaison à l’année dernière son classement reste inchangé, le pays de Nelson Mandela peut néanmoins se vanter d’avoir, comme l’Egypte, amélioré de trois places son classement au niveau mondial (32ème en 2019, 29ème désormais). Possédant un budget alloué à la Défense de plus de 4,2 milliards de dollars, un personnel militaire de 81 300 personnes (dont 66 300 de personnel actif), et un ensemble d’armements diversifié (aussi bien de production nationale, qu’importée). L’Afrique du Sud peut également se vanter d’avoir sérieusement augmenté son interaction dans le domaine militairo-technique avec d’autres pays des BRICS, en allant même à organiser des manœuvres navales triparties aux larges de ses côtes avec la Chine et la Russie, en novembre dernier.

Le Nigéria, maintient également sa quatrième place au classement africain. Le pays le plus peuplé d’Afrique, première puissance économique du continent en termes de PIB nominal et deuxième en termes de PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA), dispose d’un budget alloué à la Défense de plus de 2 milliards de dollars, ainsi qu’un personnel militaire actif de 120 000 personnes. A noter également que le pays est monté de la 44ème place au classement mondial l’année dernière à la 42ème cette année.

Quant à la cinquième place du classement africain des principales puissances militaires, c’est justement là qu’il y a un changement. L’Ethiopie qui occupait cette position l’année dernière au niveau du continent (et la 47ème place dans le monde), a perdu treize positions au cours de l’année pour n’occuper désormais que la soixantième place dans le classement mondial et la septième place au classement continental. Elle est remplacée en 2020 par l’Angola: sixième au niveau de l’Afrique et 58ème au niveau du monde en 2019, Luanda est montée donc d’une place dans le classement africain, et de deux marches au niveau mondial. La puissance énergétique peut se vanter de posséder un budget militaire très non-négligeable de 7 milliards de dollars (troisième en Afrique), un personnel militaire actif de 107 000 personnes, et un équipement d’armements assez impressionnant.

Pour conclure sur ce compte-rendu des cinq principales puissances militaires africaines de cette année, au-delà de pouvoir lier la puissance militaire aux moyens économiques des pays, dans le cas de l’Afrique il serait probablement intéressant également de faire un parallèle entre le niveau de souveraineté d’un côté, et la capacité défensive de l’autre, et vice-versa. Car quoi qu’on en dise, dans ce Top 5 des puissances armées d’Afrique, pratiquement tous peuvent se vanter d’une politique indépendante et souveraine, y compris dans leurs décisions politiques. Ce qui signifie, c’est qu’au-delà du potentiel économique et des ressources naturelles à disposition du pays, ce qui compte c’est aussi la capacité à pouvoir gérer ces ressources de façon indépendante, sans devoir rendre de compte à des acteurs externes, et d’avoir une liberté de décision qui permette, à tel ou tel pays, d’aller dans le renforcement de sa capacité défensive. Le problème, c’est que de nombreux pays du continent africain possèdent des ressources naturelles importantes et un potentiel économique certain. Mais sans liberté réelle dans leur prise de décision, il est peu probable qu’ils puissent augmenter le potentiel défensif, ou autre, sans devoir d’abord obtenir l’aval de certaines capitales.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1625

Al-Qaida est-il devenu « fréquentable » pour l’Occident?

Les médias occidentaux (francophones comme anglophones d’ailleurs) sont tout de même étonnants (dans le sens négatif). Leur façon de traiter l’information, ou plutôt de mener la guerre de l’information, atteint des niveaux où la morale et la déontologie n’ont plus aucune signification.

Quoi qu’il en soit, depuis que la Russie est entrée dans une nouvelle phase de lutte contre le terrorisme en Syrie, le mainstream est passé, lui, à un autre niveau de guerre informationnelle. Accuser la Russie de ne pas limiter ses frappes au groupe terroriste Daech, mais de les étendre à « d’autres groupes soutenus par les Etats du Golfe », qu’ils avouent eux-mêmes « être liés à Al-Qaida et à d’autres groupes salafistes » http://news.yahoo.com/russia-says-increase-air-strikes-against-terrorists-syria-143729897.html, voilà le comble du comble.

Cela signifie-t-il que, depuis septembre 2001, tout le matraquage médiatique voulant que l’ennemi N°1 de l’humanité soit le groupe terroriste Al-Qaida, c’était donc du pipeau? Al-Qaida et ses affiliés sont-ils devenus désormais « fréquentables » et même des « alliés » pour certains membres de la communauté internationale? Devrait-on alors réinterpréter complètement les attaques terroristes du 11 septembre 2001, leur revoir leur « signification » ainsi que toute la notion du terrorisme international qui s’est élaborée depuis?

La Russie de son côté a toujours été fidèle à ses principes, y compris ceux liés à la lutte anti-terroriste. Du terrorisme, c’est du terrorisme, peu importe contre qui il est visé. On ne peut pas en dire autant des élites occidentales, aussi bien au niveau politique que médiatique. A une époque, les Talibans étaient des « freedom fighters » (lorsqu’ils combattaient les troupes soviétiques) pour devenir par la suite « des extrémistes du Moyen-Age » à éliminer à tout prix.

Al-Qaida était devenu, depuis l’épisode du 11 septembre, le « principal défi pour toute l’humanité », à en croire là encore les politiciens et journalistes d’une partie de l’humanité. Mais aujourd’hui, ces terroristes sont soudainement devenus plutôt « fréquentables », du moment qu’ils aident à nous débarrasser d’un leader arabe laïc qui n’arrange aucunement les intérêts néocolonialistes de certains.

Cette hypocrisie atteint donc une telle altitude qu’il ne faut nullement s’étonner que la chute soit proportionnelle. En différents endroits du globe, y compris même au sein des pays occidentaux, un grand nombre de voix s’élèvent pour dire que ce genre d’approche ne peut plus être tolérée. On peut partager des valeurs différentes, basées notamment sur nos histoires et traditions respectives (n’est-ce pas d’ailleurs ce qu’avait rappelé le président russe lors de son allocution à la 70ème Assemblée générale de l’ONU?). Mais il est tout simplement inacceptable et en fonction des intérêts géopolitiques du moment de portraiturer un terroriste pur et simple en « rebelle modéré », pour ensuite, lorsque les intérêts immédiats auront été satisfaits et qu’une nouvelle donne sera à l’ordre du jour, le remaquiller en le terroriste égorgeur qu’il a toujours été.

Pendant ce temps, les frappes russes contre les positions des terroristes en territoire syrien ont donné, en quelques jours, plus de résultat que les « frappes » de la coalition occidentalo-golfiste depuis plus d’un an… On peut du reste se demander ce que faisait ladite « coalition » pendant tout ce temps, et quels étaient ses objectifs véritables.

Depuis les tout débuts de l’intervention russe répondant à la demande officielle du gouvernement syrien, et selon les dernières informations, un grand nombre de terroristes sont désormais pris de panique, ceux possédant des passeports de pays occidentaux, dont européens, cherchant par tous les moyens à rentrer chez eux. Reste à savoir, après, si les autorités des pays en question sauront les accueillir comme il se doit, ou pas…

« Nos bombardements sur les positions des terroristes apportent leurs fruits. Les terroristes paniquent, nombreux quittent leurs positions et fuient. Selon les informations dont nous disposons, plus de 600 terroristes tentent de quitter la Syrie pour rejoindre l’Europe (ce qui laisse supposer qu’ils sont citoyens de l’Union européenne). Dans cette situation, non seulement nous n’allons pas réduire le nombre de nos frappes, mais nous allons au contraire les intensifier ».

Andrey Kartapolov, chef de la direction opérationnelle de l’état-major des Forces armées de la Fédération de Russie

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151005/1018608269/al-qaida-syrie-russie.html

Mikhail Gamandiy-Egorov