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Horizon 2050: déclin économique de l’Occident

Il y a trois ans de cela, la grande multinationale PricewaterhouseCoopers (PwC), spécialisée dans les missions d’audit, d’expertise comptable et de conseil, avait publié un rapport stipulant que dans les 30 prochaines années au sein du Top 10 des principales économies mondiales – seules 3 seront celles appartenant au monde occidental. Ces prévisions restent aujourd’hui fortement d’actualité et les événements en cours le confirment pleinement.

En effet, au-delà d’une perte d’influence géopolitique et sécuritaire grandissante de l’Occident dans la nouvelle ère multipolaire, l’aspect économique ne devrait pas être en reste. Les pays du fameux G7 ne seront plus les maitres économiques mondiaux, au contraire ce sont les pays du E7 (Emerging 7) – terme créé par PwC en 2006 pour désigner les principales puissances économiques émergentes, incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, le Mexique, la Russie, l’Indonésie et la Turquie, qui auront la tâche de prendre pleinement la relève.

Pour rappel selon les prévisions du grand cabinet international, le classement à l’horizon 2050 devrait être comme suit: 1-Chine, 2-Inde, 3-Etats-Unis, 4-Indonésie, 5-Brésil, 6-Russie, 7-Mexique, 8-Japan, 9-Allemagne, 10-Royaume-Uni. Ainsi, au-delà du fait de perdre des places dans le Top 10 pour les USA, l’Allemagne et le Royaume-Uni, la France quant à elle devrait tout simplement quitter le classement des dix principales économies mondiales.

Tout en sachant qu’il s’agit de prévisions sur une période de trois décennies, durant laquelle un certain nombre de facteurs peuvent apporter des ajustements à ce classement, et sans rentrer dans les détails des facteurs présentés par PwC dans l’établissement de ces prévisions (détails du rapport ci-haut), il serait probablement intéressant de se pencher sur un autre fait, qui caractérise justement le monde multipolaire devenu réalité.

Si à la chute de l’URSS et la prétendue «fin» de la guerre froide, l’Occident pouvait effectivement se vanter d’avoir le leadership (pour ne pas dire le diktat) dans pratiquement dans toutes les sphères à l’échelle planétaire, aujourd’hui on arrive justement à une réalité dans laquelle une minorité doit assumer son rôle de… minorité.

Pour les grandes puissances mondiales non-occidentales, il n’a jamais été question d’arriver à une discrimination vis-à-vis des nations occidentales. Ce n’est pas le but recherché. Au contraire, les nations partisanes de la réalité multipolaire préfèrent miser sur des échanges sans restrictions, sanctions, intimidations et autres instruments tellement aimés par les élites occidentales. Les puissances non-occidentales misent aussi sur une concurrence loyale, où chacun peut faire prévaloir ses propres atouts.

Le souci, c’est que cette approche, ou plus précisément cette mentalité de faire des affaires, est tout sauf celle de l’establishment occidental. Pourquoi? Car les siècles de colonialisme, suivi par le néocolonialisme, ont tellement influencé les décideurs occidentaux, qu’aujourd’hui ce complexe de «supériorité» les caractérisant est probablement à un niveau génétique. Important tout de même de préciser qu’on parle bien de l’establishment occidental. Car dans le cas d’un citoyen occidental plus ou moins lambda, cette mentalité raciste et néocoloniale n’est pas représentative. Il faut donc bien séparer les deux choses.

Et dans cette optique, la compréhension du monde multipolaire par de nombreux citoyens en Occident contribue justement elle aussi au renforcement de la réalité récente. L’Occident en lui-même ne représente pas plus que 10% de la population terrestre. Et compte tenu de cette prise de conscience en Occident même dans l’acceptation de la multipolarité, on arrive à une conclusion simple: les partisans jusqu’au-boutistes de l’unipolarité révolue représentent une infime minorité à l’échelle planétaire. Et plus les années vont passer, plus cet establishment néocolonial occidental devra accepter la nouvelle place qui lui est réservée. Et peut-être surtout laisser la voie libre aux représentants responsables de l’Occident qui auront très certainement eux aussi des idées intéressantes à apporter dans la nouvelle architecture internationale.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1400

La nouvelle Route de la soie, la multipolarité économique en marche

Caravane sur la Route de la soie

Plus le temps passe et plus la multipolarité gagne du terrain. Au-delà des changements de grande envergure qui s’opèrent au niveau de la politique internationale, le volet économique n’est pas en reste, comme le démontre le projet de nouvelle Route de la soie.

L’OCS, les BRICS, l’Union économique eurasiatique, tous ces projets ont déjà confirmé leur solvabilité. Les puissances que les Occidentaux avaient tendance à appeler émergentes, pèsent de plus en plus sur l’économie internationale. Selon plusieurs cabinets et centres d’analyse occidentaux importants, à l’horizon 2040-2050, 6 des 10 principales économies mondiales seront celles de pays non-occidentaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique), à condition que l’on mette le Japon dans le « camp occidental », car membre du G7.

Mais plusieurs projets en cours ont pour objectif d’accélérer encore plus les choses. Il s’agit évidemment de la nouvelle Route de la soie, nommée aussi « Ceinture », « La Route » ou encore « Le pont terrestre eurasiatique ». Il s’agit d’un plan de très grande envergure voulu par la Chine et à portée ouvertement eurasienne, puisque c’est bel et bien l’Eurasie qui y jouera un rôle clé, comme dans un passé lointain.

Son principal axe? Une liaison de fret ferroviaire qui part de la Chine, passe par le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie (les trois pays membres-fondateurs de l’Union économique eurasiatique) pour arriver en Europe centrale et occidentale (les consommateurs finaux). Les trois pays cités jouent ainsi un rôle de hub commercial majeur. La route s’inscrit aussi dans l’objectif de sécuriser les approvisionnements de gaz russe en direction de la Chine, dont la consommation ne cesse de croître.

D’autres voies additionnelles devraient s’y ajouter, notamment le réseau routier, qui devrait permettre à d’autres pays de l’espace eurasien de contribuer au projet, à savoir le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que l’Iran et la Turquie. Sans surprise, les pays cités y voient de grandes opportunités économico-commerciales.

Qu’en est-il des autres, notamment des pays occidentaux?

Washington y voit une façon pour Pékin d’augmenter considérablement un poids sur l’économie mondiale déjà très important, ce qui évidemment ne peut la ravir. D’autre part via ce projet, la Chine diminuera non seulement ses coûts de transport, mais en plus réduira considérablement les risques liés à d’éventuelles tensions en mer avec les USA, qui pourraient évidemment affecter ses approvisionnements.

Quant à Bruxelles, elle n’est pas ravie d’être réduite au rôle d’observateur ou de consommateur final. Et selon la dernière information relayée par RFI, les six pays de l’UE qui participent en ce moment même au Sommet international sur les nouvelles routes de la soie à Pékin (Allemagne, France, Grèce, Portugal, Royaume-Uni et Estonie) n’ont pas souhaité signer le communiqué commun sur le commerce. Elles prétendent que Pékin « ne prend pas en compte ce que l’Union européenne réclame depuis longtemps, à savoir que la Chine accorde un accès plus libre à son propre marché ».

Il est pour autant peu probable que l’Europe bruxelloise puisse faire quoi que ce soit contre le grand projet eurasiatique face à une Chine, deuxième puissance économique mondiale, extrêmement déterminée et ouvertement soutenue par des pays partisans de l’ordre multipolaire. Et ce d’autant moins que les pays de l’UE ont eux aussi clairement besoin du marché chinois pour écouler de leurs produits et services. Pour rappel, le coût total du projet s’élèverait à plusieurs trillions de dollars et, selon CNN, englobera à terme 68 pays, représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial, justifiant une fois de plus la détermination chinoise et eurasienne.

Le cas intéressant est celui de l’Ukraine, qui se retrouve de plus en plus isolée. En effet, de l’aveu même des élites ukrainiennes issues du coup d’État de février 2014, le gazoduc Turkish Stream fermera la page qui avait fait de ce pays un important hub gazier entre la Russie et l’Union européenne. Mais Kiev semble aussi être hors-jeu dans le projet de nouvelle Route de la soie, puisqu’après le Kazakhstan et la Russie, c’est la Biélorussie qui sera vraisemblablement privilégiée.

Tout cela pour dire que les énormes problèmes économiques actuels de la « new Ukraine » ne sont pas prêts d’être résolus. Restera alors pour Kiev à compter sur une aide économique que l’Occident est de plus en plus réticent à fournir, ainsi que tenter de profiter du régime sans-visa qui a été validé le 11 mai dernier par l’UE, régime qui ne donne pour autant pas droit de résider, ni de travailler dans l’Europe de Bruxelles. Mais cela est une autre histoire et il sera difficile aux élites de Bruxelles d’expliquer aux millions de citoyens ukrainiens du Centre et de l’Ouest du pays, ayant soutenu le Maidan, que ce qu’ils avaient espéré n’est pas exactement ce qu’ils auront obtenu, avec les conséquences migratoires qui en découlent.

Après tout, la meilleure analyse se fait après expérience personnelle. Un peu comme dans la Moldavie voisine, où après sept années de pouvoir pro-occidental, un président résolument prorusse a pris le pouvoir via des élections démocratiques, sans coup d’État. Chaque chose en son temps.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705161031400522-route-de-la-soie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le chef de la diplomatie allemande, Franck-Walter Steinmeir, appelle au retour de la Russie dans le G8…

Sérieux ? Vous nous invitez à revenir ? Non, merci. A titre personnelle, je suis contre. Et je vais vous dire pourquoi.

A la base, on avait le « club » des élites néocoloniales, le fameux G7. Puis à une époque, ces « gentils » personnages ont eu la « bienveillance » d’inviter la Russie à les rejoindre dans le cadre du G7+1. En gros cela signifiait la chose suivante : « Allez, la pauvre Russie, l’ex-superpuissance devenue si pauvre et à genoux maintenant, viens à nous, qu’on se foute un peu de toi ». C’était d’ailleurs à peu près cela qu’on nous apprenait au lycée français dans lequel j’étudiais au Maroc.

Aujourd’hui, les temps ont tellement changé. Et lorsque la confrontation actuelle a commencé entre l’Occident politique et la Russie (Syrie, les événements du Maïdan à Kiev, le retour de la Crimée à la Mère-Patrie, les événements du Donbass), les élites occidentales pensaient encore que mettre la Russie hors du « G8 » serait un acte punitif qui nous ferait tant de mal.

Moi, je pense, que c’était une bénédiction, tout comme les sanctions occidentales actuelles visant la Russie le sont, offrant d’énormes opportunités aussi bien à nous Russes, qu’à nos véritables amis. Et compte tenu, de l’agenda très chargé de nôtre Russie dans le monde multipolaire actuel : intégration eurasiatique, l’OTSC, l’alliance BRICS et dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghaï. Sans oublier le renforcement de l’alliance avec les pays du continent asiatique, l’Amérique latine et j’espère de tout coeur l’Afrique, nous avons d’autres chats à fouetter que d’être membre ou pas de ce fameux G8.

Vous avez compris que la Russie se passe complètement de vous ? Vous avez compris que l’on ne discute pas avec la Russie actuelle sur la base d’ultimatums, de menaces et de pressions ? C’est déjà pas mal. Mais gardez votre G7+1 pour vous. Cette réalité est aujourd’hui complètement dépassée, alors n’essayez pas de nous faire revenir. Bienvenue dans la nouvelle réalité, mes amis !

http://fr.sputniknews.com/international/20150604/1016403574.html