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Les Occidentaux en grande difficulté dans la crise énergétique

Si les régimes des pays occidentaux cherchent activement des solutions dans la crise énergétique actuelle, il devient désormais assez évident que les difficultés observées aujourd’hui pourraient au contraire que croître.

Les prix du pétrole et du gaz continuent de battre des records de plusieurs années. Si les USA ont annoncé l’interdiction des importations de pétrole et de gaz russes, l’UE semble incapable de pouvoir franchir le pas même si les responsables bruxellois continuent de gesticuler quant à la nécessité de réduire la forte dépendance aux livraisons énergétiques en provenance de Russie.   

La Norvège, deuxième fournisseur de l’UE derrière la Russie (20 et 45% des besoins européens respectivement) a d’ores et déjà déclaré ne pas être en mesure de pouvoir augmenter ses livraisons de gaz. Les bureaucrates bruxellois s’activent également en ce moment du côté des pays africains, notamment l’Algérie et le Nigéria, mais là aussi le constat parait évident: il ne sera pas possible, d’autant plus à court terme de pouvoir compenser le volume d’importation de gaz russe de manière sérieuse et notable.

Des faits très intéressants sont en train de se passer également au Moyen-Orient. The Wall Street Journal rapporte que les dirigeants saoudien et émirati ont refusé les appels téléphoniques du président US Joe Biden et auraient également signalé qu’ils n’aideront pas à atténuer la flambée des prix du pétrole, à moins que Washington ne les soutienne officiellement dans la guerre au Yémen.

En parlant toujours des pays du Golfe, il faudrait rappeler que les Emirats arabes unis, n’ont pas souhaité se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie et s’étaient abstenus lors du vote au Conseil de sécurité onusien sur le dossier ukrainien en qualité de membre non-permanent.  

Tous ces événements confirment une fois de plus que la spirale des pressions, intimidations et sanctions en tout genre se retourne contre ses instigateurs. L’establishment occidental a beau vouloir faire passer l’idée de son extrême puissance dans les affaires planétaires, tout en continuant d’espérer un retour radical à l’ordre unipolaire – la réalité actuelle démontre que d’une part l’effet boomerang se fera ressentir de plein fouet sur la partie occidentale du monde, et de l’autre que nombre de pays de la planète, longtemps considérés comme ses alliés, s’éloignent progressivement de l’Occident.

Evidemment, les plus radicaux des atlantistes mettront en avant l’idée que l’unité occidentale est aujourd’hui la priorité absolue. Le fait est que même si cette prétendue unité saurait être obtenue, il leur sera extrêmement difficile d’expliquer à leurs populations les effets économiques que ces mêmes populations vont subir. Et pour beaucoup – subissent déjà. Probablement plus important encore, les événements récents auront démontré que le monde dans sa globalité – est effectivement énormément plus grand que le simple petit monde occidental, même si ce dernier continue d’activer des leviers sur lesquels il possède encore un contrôle.

L’autre avantage des événements en cours est qu’il aura également montré que de nombreux pays du monde n’ont plus peur de se libérer du joug «démocratique» occidental. Les masques de l’extrême arrogance et d’hypocrisie au summum sont définitivement tombés, et les nombreuses nations du monde comprennent parfaitement que le monde d’aujourd’hui et à venir ne peut être que post-occidental.

En attendant, les élites atlantistes peuvent continuer à chercher des solutions pour tenter à diminuer les effets de choc qui sont d’ailleurs loin d’avoir atteint toute leur intensité. Le souci est que leur incompétence professionnelle, alliée à une mentalité néocoloniale de supériorité, ne présagent absolument rien de bon. Y compris à destination de leurs propres populations.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3667

L’Amérique latine poursuivra son éloignement des USA

Au moment où Washington et ses alliés occidentaux tentent par tous les moyens de maintenir une approche résolument unilatéraliste, les pays d’Amérique latine que les USA ont trop longtemps considéré comme leur arrière-cour continuent d’approfondir leurs liens stratégiques avec les principales forces pro-multipolaires.

Les causes souverainistes et résolument tournées en faveur de l’ère multipolaire prennent de plus en plus le dessus à divers endroits du monde. L’Amérique latine n’en est pas une exception, bien au contraire. Bien que – et cela est parfaitement visible – ces processus provoquent une montée d’hystérie du côté washingtonien. Et ce aussi bien en ce qui concerne l’interaction des pays de la région avec la Chine, que la Russie et l’Iran.

En ce qui concerne l’interaction avec Pékin, le volume des échanges entre la RPC et les Etats latino-américains rien que sur la période allant de janvier à septembre 2021 a atteint 331,88 de milliards d’équivalents de dollars, soit une augmentation de 45,5% en glissement annuel. A titre de comparaison : durée toute l’année 2002 le volume des échanges économico-commerciaux sino-latino-américains ne dépassait pas 18 milliards d’équivalents de dollars.

Comme le rappelle également le quotidien anglophone chinois Global Times, de plus en plus de pays de cette région du monde ont signé des accords de coopération ou des protocoles d’accord dans le cadre de l’initiative chinoise La Ceinture et la Route, dans l’espoir de prendre le train du développement économique de la Chine.

Global Times répond également aux critiques émises par les USA quant à cette interaction, en rappelant à la partie étasunienne «qu’une telle clameur montre tout d’abord un grand manque de respect envers les pays d’Amérique latine, reflétant l’arrogance de Washington à ne pas tenir compte de la souveraineté des Etats latino-américains».

Par ailleurs, le quotidien chinois rappelle que l’année dernière les Etats-Unis avaient annoncé qu’ils offriraient 4 milliards de dollars pour «développer» l’Amérique centrale dans le but de «contrer l’influence de la Chine» dans la région. Et ce au moment où le déficit d’investissement dans les infrastructures en Amérique latine est estimé à environ 150 milliards de dollars par an. Il faudrait certainement et en passant rajouter que cette approche typique pour les USA rappelle celle pratiquée déjà dans un certain pays appelé l’Ukraine – plongé depuis les événements du coup d’Etat de 2014 dans le pur marasme économique.

Il est vrai qu’il est nettement plus simple d’organiser une révolution de couleur à moindre frais, que de devoir aider le pays placé sous son orbite sur le plan économique et financier. Dans le cas ukrainien d’ailleurs – cela est d’autant plus anecdotique que Washington souhaite maintenir l’économie ukrainienne à flot via le budget russe et notamment les livraisons gazières de la Russie à l’Europe. Passons.

Dans le cas cette fois-ci de l’interaction des pays d’Amérique latine avec Moscou, il serait juste de noter que de nouvelles perspectives ne manqueront pas de s’ouvrir. La présence économique russe dans nombre de pays latino-américains souverains, notamment au Venezuela dans la sphère énergétique, pourrait s’élargir dans le cadre d’une plus large interaction dans le volet militaro-sécuritaire, même si c’est un domaine dans lequel les pays concernés interagissent déjà activement.

Le tout à l’heure de l’échec du dialogue récent de la Russie avec les USA et l’Otan en ce qui concerne les garanties sécuritaires et qui d’ailleurs n’était que parfaitement prévisible, connaissant la mentalité propre à l’establishment atlantiste. Désormais rien n’est exclu du côté russe. Le reste concernera les négociations avec les alliés souverains de l’espace latino-américain, sachant que plusieurs des Etats concernés le verront d’un œil positif pour faire face aux nombreuses interférences US dans leurs affaires intérieures.

Pour revenir à l’économie, une interaction économique encore plus poussée devrait être étudiée dans le cadre Eurasie-Amérique latine, à l’heure où un pays comme Cuba est déjà membre-observateur de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

Pendant ce temps, l’Iran – l’autre adversaire stratégique, aux côtés de Moscou et Pékin, de Washington sur l’arène internationale – augmente lui aussi son interaction avec plusieurs nations d’Amérique latine, dont le Venezuela, s’étant même permis de briser le blocus imposé à la République bolivarienne par l’establishment étasunien.

Pour conclure, il faudrait très certainement rappeler qu’au-delà des alliances forgées entre nombre de pays latino-américains avec l’axe de la multipolarité, les populations des pays concernés restent fortement mobilisées face à la poursuite des tentatives de déstabilisation qui émanent de la capitale US.

En ce sens l’exemple de la Bolivie, qui avait subi une révolution de couleur pro-étasunienne, mais qui n’a pas manqué de revenir à la légitimité à travers la mobilisation populaire lors des dernières élections présidentielles dans ce pays ne fait que confirmer cette thèse. Tout comme le renforcement de l’axe progressiste latino-américain avec la réélection récente de Daniel Ortega au Nicaragua ou encore la victoire à la présidentielle de Pedro Castillo au Pérou. Tous ces événements confirment que la multipolarité et le souverainisme prennent également et résolument le dessus dans l’espace latino-américain. Au détriment de Washington et des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La plateforme perdante de Kiev

Le pouvoir kiévien devant faire face à une situation économique et sociale de plus en plus marasmique, espère faire perdurer la mainmise sur le pays en exploitant des plateformes censées selon lui permettre à retrouver les territoires perdus. Bien qu’au fond, toutes les voix raisonnables sont d’avis que stratégiquement parlant – cela ne changera absolument rien.

La «plateforme de Crimée», promue par le régime kiévien depuis un certain moment déjà de concert avec ses parrains, commencera ses activités le 23 août prochain dans la capitale ukrainienne. Ce premier « sommet » sera consacré à la discussion sur les moyens de «désoccuper» la Crimée. Kiev tente de donner audit événement une grande envergure internationale, en y invitant les dirigeants de différents pays.

Le souci pour la partie ukrainienne, c’est que jusqu’à maintenant les seuls soutiens obtenus proviennent d’environ une dizaine de pays, pour la plupart occidentaux et affiliés à l’Otan. Cela sans oublier que les travaux de ladite initiative ne resteront que des discussions sans aucune valeur légale et stratégique.

Il faut à ce titre rappeler, que ce projet promu par le président ukrainien Zelensky, est à la base une initiative britannique. Ladite plateforme a été annoncée après la visite à Londres l’année dernière du personnage mentionné – ex-comédien, faut-il le rappeler aussi.

Concrètement parlant, ce concept signifie que des représentants de certains pays, parmi lesquels les Etats-Unis, d’autres pays occidentaux, la Turquie, et certains Etats d’Europe de l’Est – se réuniront pour discuter de la Crimée, avec certainement des annonces «d’initiatives» dont l’objectif serait de contribuer à rendre la péninsule à l’Ukraine. En résumé: une plateforme de discussion pour un groupe limité de pays, ne représentant aucunement la communauté internationale.

Certains se poseront légitimement la question quant au bien-fondé d’une telle initiative de la part d’un des deux pays les plus pauvres d’Europe, dont la situation économique ne cesse par ailleurs de se détériorer. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à travers ce genre de projet, conseillé par l’establishment anglo-saxon, le régime ukrainien espère justement à perdurer au pouvoir. Face à une population désillusionnée, et s’intéressant de moins en moins aux attaques verbales de Kiev vis-à-vis de «l’agresseur russe». Pour rappel, des millions de citoyens ukrainiens ont quitté au cours des dernières années leur terre natale, pour aller chercher leur bonheur ailleurs. Acceptant bien souvent les emplois les moins prestigieux et les moins bien rémunérés.

Les chiffres les plus optimistes parlent de pas moins de 4,5 millions de migrants ukrainiens se trouvant à l’étranger. D’autres – de pratiquement le double. Sachant que de nombreux Ukrainiens profitent du régime sans-visa de trois mois accordé par l’UE pour venir non pas faire du tourisme, mais bel et bien des emplois saisonniers. En d’autres termes – trois mois d’emploi, souvent dans la clandestinité, puis trois au bercail, et ainsi de suite. Une chose est sûre : un pourcentage énorme pour un pays d’un peu plus de 40 millions d’habitants.

Mais étant vraisemblablement dans l’impossibilité de résoudre le marasme économique – ne réalisant pas de projets efficaces et n’obtenant pas de véritable soutien dans le secteur de la part des parrains occidentaux, il devient assez évident que le meilleur moyen de remonter le moral aux Ukrainiens est de lancer des plateformes dont les initiatives sortantes seront perdantes d’avance, tout en poursuivant les guerres de paroles quant à «l’agresseur russe». Paradoxalement d’ailleurs, ledit agresseur qui doit par la même occasion selon la volonté du régime ukrainien continuer à maintenir à flot l’économie ukrainienne via le transit de son gaz à destination de l’UE. Puisque l’establishment occidental est très solidaire dans les paroles politiques, mais beaucoup moins financièrement. Une relation pour le moins surprenante vis-à-vis du pays avec lequel Kiev souhaiterait couper tous les ponts, y compris culturellement et spirituellement.

Quant à la Crimée, toutes ces discussions ne font que faire sourire la population concernée. La Russie a déclaré suffisamment de fois que cette question est close une bonne fois pour toute et qu’aucun retour en arrière ne serait possible. Les récentes provocations occidentales en mer Noire ont reçu une réponse ferme de la part des forces armées russes, forçant les Occidentaux à faire marche arrière. Tout le reste n’étant que bavardage.

Par contre, les conseillers anglo-saxons de Kiev devraient sérieusement s’intéresser de nouveau au cas du berceau historique et civilisationnel serbe du Kosovo – arraché à la Serbie en toute illégalité et sans aucun référendum. Une question qu’il faudra traiter le moment venu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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USA: les républicains pour le durcissement des sanctions contre les principaux adversaires géopolitiques

Gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19, tensions inter-ethniques, raciales, violence policière et vandalisme des casseurs à l’intérieur, refus d’accepter l’ordre unipolaire révolu par la grande majorité des pays du monde à l’extérieur, mais rien n’y fait – les représentants de l’establishment US prévoient de s’accrocher jusqu’au bout. Y compris à travers de nouvelles menaces qu’ils souhaitent mettre à exécution. 

Les républicains à la Chambre des représentants du Congrès étasunien ont publié mercredi un rapport sur la stratégie de la sécurité nationale, appelé à «renforcer le rôle des Etats-Unis et à contrer les menaces mondiales». Dans ledit rapport, il est notamment proposé d’imposer «les sanctions les plus dures jamais imposées auparavant» contre la Russie, l’Iran, et le Parti communiste chinois. A noter que le groupe de travail en question fait partie de la plus grande association de la faction républicaine à la Chambre des représentants US.

Ainsi, les auteurs du rapport proposent d’inclure la Russie sur la liste «des pays parrainant le terrorisme» – une liste que rédige l’administration présidentielle étasunienne. Ni plus, ni moins. Les raisons pour de telles accusations serait le soutien de Moscou aux corps des Gardiens de la révolution islamique iranien, le Hezbollah libanais, ou encore aux Talibans afghans. L’autre raison invoquée serait le fait qu’au cours de la dernière décennie, la Russie a affirmé son rôle de puissance mondiale, avec «une intention claire de saper l’ordre mondial sous la direction des USA». Ce serait peut-être d’ailleurs et surtout la principale raison.

L’autre orientation vis-à-vis de la Russie concerne, là aussi sans grande surprise, le secteur énergétique. Ainsi, le Congrès est invité à imposer une seconde couche de sanctions aux entreprises soutenant les projets pétroliers et gaziers russes. Ce n’est pas tout: selon les dits auteurs, il faut également imposer des restrictions à l’acquisition de la nouvelle dette souveraine russe, tout en poursuivant des sanctions personnelles vis-à-vis de responsables russes, et… des structures pro-russes dans d’autres pays. La liste n’est pas terminée, puisque les «érudits » étasuniens appellent aussi à exclure la Russie du système interbancaire SWIFT.

Dans le cas de Pékin, le rapport propose d’imposer «des sanctions contre le Front uni du Comité central du Parti communiste chinois», ainsi qu’à l’encontre d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, y compris des membres du Politburo. Ceci, «dans le cadre de leurs activités concernant la population ouïghoure de Chine, ainsi que dans celui de la situation à Hong Kong». Les auteurs du rapport pensent également qu’en ce qui concerne la Chine, il est plus raisonnable d’utiliser des «sanctions ciblées», qui selon eux «fonctionneraient plus efficacement que les mesures tarifaires à grande échelle, qui affecteront à large échelle les USA eux-mêmes». Enfin, ils font également mention de la nécessité de bloquer la propagande chinoise, ainsi que de prendre les «mesures pour empêcher les technologies américaines critiques d’arriver dans ce pays».

En ce qui concerne la lutte contre l’Iran, le rapport propose d’imposer de nouvelles sanctions vis-à-vis d’un certain nombre de secteurs de l’économie iranienne. En parallèle des mesures visant les structures régionales affiliées à la République islamique, en particulier les milices pro-iraniennes en Syrie, Irak, Liban et Yémen. Reste tout de même à espérer que les initiateurs de ce rapport maitrisent également la localisation géographique des pays dont ils font mention.

Maintenant, pour parler perspectives. Evidemment, toutes ces mesures proposées par les politiciens étasuniens, peu importe d’ailleurs qu’ils soient républicains ou démocrates – car la haine de la Chine, de la Russie et de l’Iran les rassemble fortement – sont de nature consultatives et ne sont pas (en tout cas pour le moment) un projet de loi soumis au Congrès. Il n’empêche que cette action est tout de même très révélatrice des intentions de l’establishment étasunien dans son ensemble – y compris dans le camp de Donald Trump – à savoir se battre jusqu’au bout pour un retour à une gestion unipolaire du monde, même si le navire en question continue de couler.

Evidemment, dans le cas d’une imposition de telles sanctions, la guerre pourrait être totale, aussi bien sur le plan économique, qu’au niveau de la confrontation militaro-stratégique (sans forcément de guerre directe, mais avec une implosion d’affrontements locaux et régionaux). Et au vu des capacités contemporaines de Pékin, Moscou, et Téhéran, sans y inclure les alliés respectifs, Washington ne sortira pas gagnant d’une telle confrontation. Et ne ferait qu’accélérer sa chute. Mais connaissant la mentalité des élites atlantistes, beaucoup plus joueurs de pokers que d’échecs, ils pensent que miser le tout serait la solution. Rien n’est moins sûr. Ajoutez à cela les innombrables problèmes irrésolus de l’intérieur, et le tour est joué. Sauf que le Deep State n’a que peu à faire non seulement des vies humaines au-delà des frontières US, mais également sur le front intérieur, et effectivement l’époque actuelle multipolaire n’avait jamais autant remis en question leur pouvoir autoproclamé et inacceptable pour l’écrasante partie de l’humanité. 

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1678

Pas de gaz russe en Europe cet hiver ?

(…) « aucune préférence ne serait accordée à l’Ukraine »; « il n’y aura pas d’avance pour le transit de gaz en Europe; « pas d’accords supplémentaires sur les Accords de Minsk »; « et pas de concessions sur la Syrie »

Alexeï Miller, PDG de Gazprom

http://fr.sputniknews.com/presse/20150911/1018111605.html

Transit du gaz russe vers l’UE via l’Ukraine ? Fini. Tout passera par la Turquie.

Maroš Šefčovič

Les politiciens bruxellois ont tendance à faire les comédiens. Malheureusement, bien souvent la comédie tourne à la tragédie mais ainsi en est-il. Quant à la « surprise » des dirigeants de Bruxelles sur le fait que désormais le gaz russe destiné à l’UE passera par la Turquie et non pas par l’Ukraine, cela fait bien sourire…

En effet, la nouvelle était assez récente mais ne datait tout de même pas d’hier. La visite du président russe Vladimir Poutine en Turquie en décembre de l’année qui vient de s’écouler avait pourtant mis tous les points sur les « i ». A savoir que la Turquie a confirmé une fois encore qu’elle ne se joindra pas aux « sanctions » occidentales contre la Russie, au contraire la Turquie y voyant une énorme opportunité d’accroitre le partenariat bilatéral avec son voisin du nord, un partenariat déjà fort important, compte tenu notamment du niveau des relations économiques et commerciales (la Russie est tout simplement le deuxième partenaire commercial de la Turquie).

L’autre point clé de cette visite chez un partenaire stratégique concernait bien évidemment l’aspect gazier. Gazprom ayant décidé d’abandonner à juste titre la construction du projet « South Stream » et se focaliser sur la construction commune avec la société turque de transport des hydrocarbures Botas d’un second gazoduc russo-turque qui passera sous la mer Noire. L’UE ne s’y attendait alors pas, pas plus que la junte néofasciste de Kiev. Et pourtant ni en Russie, ni en Turquie, on ne s’amuse à jeter des paroles en l’air. Accord signé, il faut se mettre au travail.

Cependant, le vice-président pour l’énergie de la Commission européenne, Maroš Šefčovič, en visite à Moscou hier, a exprimé toute sa « surprise » quant au fait que désormais le gaz russe allant vers l’UE transitera de moins en moins par la « new Ukraine », jusqu’au moment où notre gaz ne transitera tout simplement plus par cette zone. Tout passera alors via notre voisin du sud, la Turquie en l’occurrence. Les technocrates de Bruxelles sont quand même incroyables. En arrivant à Moscou, M. Šefčovič s’attendait certainement qu’on lui annonce que l’accord signé entre la Russie et la Turquie en décembre dernier n’était qu’un poisson d’avril hivernal, et qu’en général il n’allait jamais se réaliser. Pourtant, c’est tout autre chose qu’il a entendu de la part du PDG de Gazprom, Alexeï Miller : « A l’ avenir, Gazprom cessera tout transit de gaz destiné à l’Union européenne via l’Ukraine, pour se focaliser sur la Turquie ».Point.

Et devant le « grand étonnement » de son homologue de l’UE, M. Miller a ajouté : « qu’en cas de refus de l’UE de travailler selon les nouvelles réalités, les volumes de gaz russe destinés à l’Union européenne, iront vers d’autres marchés ».Vraiment difficile d’y ajouter quelque chose si ce n’est trois points importants :

1) Cette manœuvre de la Russie et un véritable triple coup contre Washington et Bruxelles. La junte de Kiev, pour laquelle les USA & UE sont désormais censés porter entière responsabilité, a du fil à retordre. L’Ukraine, ou plutôt ce qu’il en reste, se trouvant déjà dans une situation chaotique, devra désormais oublier les sommes fort importantes que la Russie lui versait pour le transit de notre gaz allant aux consommateurs de l’Union européenne. Un transit d’ailleurs trop souvent source de chantage de Kiev envers Moscou. Fini. Aux nouveaux « parrains » d’en prendre donc soin. Ce n’est plus le problème de la Russie de garder à flot l’économie ukrainienne. Une réalité donc à laquelle il leur faudra là-encore bien s’adapter.

2) La Turquie en sort également gagnante. Et possèdera désormais des leviers supplémentaires de pression sur l’UE.

3) Quant à la Russie, elle a montré une fois encore que c’est bien elle qui choisit avec qui elle fera affaire et avec qui elle ne fera pas. La Turquie étant un partenaire beaucoup plus fiable que l’Ukraine « nouvelle version ». Et malgré des désaccords évidents sur des questions de politique internationale, surtout en ce qui concerne la Syrie, où Moscou et Ankara partagent des positions pratiquement diamétralement opposées, et dans une moindre mesure sur la Crimée, les deux pays ont montré qu’ils ont aussi et surtout un bon nombre de positions communes. Et en premier lieu, celui de la défense de leurs intérêts nationaux réciproques. La Turquie a beau être membre de l’OTAN, et ne pas partager un certain nombre de positions avec la Russie, elle a au moins le mérite d’être capable de mener une politique indépendante et souveraine, surtout lorsque cela touche à ses intérêts les plus stratégiques.

Le tout à la très grande différence des nombreuses colonies étasuniennes sur le continent européen.

http://french.ruvr.ru/2015_01_15/Transit-du-gaz-russe-vers-l-UE-via-l-Ukraine-Fini-Tout-passera-par-la-Turquie-2029/

Mikhail Gamandiy-Egorov

UE/livraisons de gaz russe : les problèmes commencent déjà

UE/livraisons de gaz russe : les problèmes commencent déjà

Il fallait s’y attendre. Plusieurs pays membres de l’Union européenne se plaignent déjà de ne pas recevoir la quantité escomptée de gaz russe, notamment la Pologne et la Slovaquie. Pourtant le fournisseur gazier russe Gazprom poursuit les fournitures selon les quantités stipulées contractuellement. Que se passe-t-il donc ?

Eh bien c’est assez simple. Le gaz fourni par la Russie aux clients de l’UE est tout simplement volé. Par qui ? Par la « nouvelle » Ukraine. Cette dernière ayant une colossale dette envers Gazprom pour le gaz déjà fourni, qu’elle ne se presse nullement de régler, et sachant parfaitement ce qui l’attend dans les prochains mois, elle commence donc à tout simplement voler le gaz russe destiné aux pays de l’UE et transitant par son territoire.

Que faire donc dans cette situation puisque cela touchera irrémédiablement les consommateurs de l’Europe bruxelloise ? La société Gazprom a d’ores et déjà déclaré qu’elle n’avait pas réduit ses livraisons de gaz mais qu’elle ne comptait pas répondre aux exigences des clients au-delà des volumes contractuels. Cette déclaration a été faite après que la compagnie gazière polonaise PGNiG ait affirmé que les fournitures de gaz russe à la Pologne via l’Ukraine et la Biélorussie ont diminué de 45%.

En d’autres termes, la Russie ne compte pas fournir plus que ce que prévoient les volumes contractuels entre Gazprom et les compagnies gazières de l’UE. Loi du marché oblige. En effet, la Russie n’a absolument aucune raison d’accorder des « bonus » gratuits aux Etats de l’Union européenne dans ce secteur très sensible que représentent les livraisons de gaz et surtout vu l’état actuel des relations entre les pays occidentaux et la Russie. Pourquoi le devrait-elle ? La Russie réalise-t-elle pleinement ses obligations en termes de livraisons de gaz à l’Union européenne ? Oui. La Russie aurait-elle ne serait-ce qu’une bonne raison d’offrir des cadeaux (destinés à la base aux pays amis et alliés) aux élites de l’UE, surtout compte tenu de la réalité géopolitique actuelle et du jeu des sanctions lancé par les élites occidentales à l’égard de la Fédération de Russie ? Non, aucune. Le troisième concerné, l’Etat ukrainien (ou plutôt ce qu’il en reste), sachant parfaitement qu’il aura à passer un hiver fort rigoureux, pratique ouvertement le vol du gaz transitant par son territoire et destiné aux clients de l’UE. Ce pays est-il aujourd’hui un allié ou ne serait-ce qu’un partenaire honnête de la Russie ? Non. Au contraire, la junte de Kiev crie chaque jour qui passe qu’elle est l’alliée des USA et de l’UE et déclare à n’importe quelle occasion sa haine pour la Russie. Parfait.

Des questions donc plutôt simples avec des réponses tout aussi simples. Qui donc dans cette situation doit faire pression sur Kiev pour qu’il cesse de voler le gaz destiné aux autres ? Moscou ou Bruxelles ? Logiquement le second. Bien que, et on le sait tous, avant que Bruxelles ne « prenne » une décision, il faut qu’elle soit validée par Washington. Mais cela est une autre histoire.

Pour Kiev, ce sont bien sûr les dures lois de l’économie de marché. Pour ceux qui ont oublié comment cela fonctionne, on rappellera les lois basiques. Vous payez pour un service et vous obtenez ledit service. Vous ne payez pas pour le service, vous ne l’obtenez pas. Et vous ne pouvez aucunement prétendre à un énième service lorsque le précédent n’est pas réglé. Ce précédent service représente 4,5 milliards de dollars. C’est exactement la situation qui prévaut.

Seulement la junte de Kiev essaie de se convaincre, ainsi que ses citoyens, que vu « l’énorme solidarité » des USA et de l’UE envers l’Ukraine actuelle, tout devrait être réglé de la meilleure des manières possibles. Sauf qu’il est très peu probable que les consommateurs européens soient prêts à sacrifier le chauffage de leurs foyers au profit des citoyens ukrainiens. Et les leaders bruxellois le savent pourtant parfaitement. Mais au lieu de faire pression sur leur « allié », il est bien évidemment toujours plus facile d’accuser la Russie de tous les maux. La Russie, elle, respecte entièrement ses engagements. Les volumes de gaz prévus à la livraison pour les pays de l’UE se font et se feront en intégralité, en conformité avec les obligations contractuelles. Mais lorsqu’en cours de livraison, ce gaz se perd sur le territoire d’un pays officiellement allié de l’Occident politique, ce n’est aucunement à la Russie de chercher à régler le problème mais bien aux responsables des pays-clients, en l’occurrence à l’Union européenne.

Dans ce cas concret, il ne s’agit aucunement d’une quelconque pression russe en direction de Bruxelles. La Russie est effectivement prête à prendre de nouvelles mesures de rétorsion efficaces dans le cas où de nouvelles sanctions seront établies par l’UE à son encontre. Mais dans la situation présente et pour résumer court, nous avons affaire au problème suivant : l’UE souhaite recevoir en intégralité les volumes de gaz achetés à la Russie. La Russie fournit ces volumes en intégralité et en conformité des contrats. L’Ukraine, elle, se trouvant au bord du gouffre, commence à comprendre que ce ne sont pas les biscuits distribués par les représentants du Département d’Etat étasunien et de l’Ambassade des USA en Ukraine sur le Maïdan à Kiev, qui les aideront à se chauffer durant la rude période hivernale qui s’annonce. Ni les promesses occidentales sans suite et ce malgré la situation économique catastrophique qui prévaut dans l’Ukraine actuelle. L’Union européenne de son côté vraisemblablement ne prévoit pas de partager ses importations de gaz avec son nouvel allié. La Russie, elle, ne prévoit des conditions spéciales qu’en faveur de ses alliés, qu’ils soient issus de l’étranger proche ou lointain. Pour les autres, une formule simple et bien connue s’impose : « Rien de personnel, juste le business ».

http://french.ruvr.ru/2014_09_12/UE-livraisons-de-gaz-russe-les-problemes-commencent-deja-9416/

Mikhail Gamandiy-Egorov