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Moscou et Ankara se rapprochent, Washington et Bruxelles enragent

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan

À l’occasion d’une nouvelle visite de Vladimir Poutine en Turquie, Moscou et Ankara renforcent plus que jamais leur partenariat économique, énergétique, militaire, géopolitique et culturel. Un rapprochement qui ne fait pas les affaires de l’Occident, qui observe avec colère et impuissance cette évolution.

La récente visite de Vladimir Poutine en Turquie est d’autant plus symbolique que c’est sa première visite officielle à l’étranger après sa réélection haut la main, il y a un mois. Elle s’ajoute aux innombrables rencontres Poutine-Erdogan qui ont eu lieu depuis ces deux dernières années —après une normalisation qui s’est traduite aussi bien dans leurs relations bilatérales que multilatérales, notamment dans le cadre de sommets internationaux.

Depuis cette normalisation, les gouvernements des deux pays ont fait un bien grand, sinon un énorme saut en avant. Ils sont devenus les acteurs incontournables —avec l’Iran- de la résolution de la crise en Syrie, laissant par la même occasion les Occidentaux et leurs amis du golfe persique pratiquement hors-jeu —au grand dam de ces derniers. Cette nouvelle réalité eurasienne et proche-orientale s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le contexte multipolaire. Les pays extérieurs et surtout non invités dans telle ou telle région du monde feraient bien mieux de rester chez eux et de se limiter à observer… Clin d’œil en direction de Washington, Londres et Paris.

Il sera bien évidemment question de la Syrie lors de cette énième rencontre Poutine-Erdogan avant que le duo ne devienne un trio, puisque les deux chefs d’État seront rejoints par le Président iranien Hassan Rohani. Alors que les tensions entre Ankara et ses «partenaires» de l’Otan, dont les USA, la Grande-Bretagne et la France, n’ont jamais été aussi vives, il est certain que Moscou, Ankara et Téhéran comptent poursuivre leurs efforts conjoints en vue de mettre un terme à la guerre en Syrie. Un conflit de toute manière remporté dignement par le gouvernement syrien, là encore au grand dam des instigateurs habituels du chaos international. À ce titre, les récents événements dans la Ghouta orientale —libérée à plus de 90% des terroristes par l’opération encore en cours de l’armée gouvernementale syrienne, ne font que le confirmer. D’autre part, la baisse évidente de l’animosité entre Damas et Ankara est indéniablement un succès supplémentaire de la Russie.

Mais l’interaction russo-turque ne s’arrête pas là. Poutine et Erdogan ont ainsi assisté à la cérémonie de lancement de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, l’un des projets stratégiques entre les deux pays, dans la province turque de Mersin. Cette centrale, qui sera construite et mise en exploitation par Rosatom, l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique, assurera 10% des besoins en électricité de la Turquie. Le tout sans oublier bien évidemment le projet du gazoduc Turkish Stream, dont les travaux avancent plus que bien, un projet qui déplaît autant à Washington, Bruxelles qu’à Kiev. Ce dernier perdra en conséquence de larges sommes dues au transit gazier.

Quant aux deux premiers, ils devront mettre la main à la proche s’ils souhaitent continuer à maintenir à flot le régime de Kiev issu du coup d’État ukrainien de février 2014. Eh oui —pour les ambitions géopolitiques, il faut payer.

Et ce n’est pas tout. Le Président turc Erdogan a une fois de plus confirmé l’achat par la Turquie des systèmes russes de défense antiaérienne et antimissile S-400 Triumph. Fait inacceptable aussi bien pour Washington que Bruxelles, qui ont tout fait pour tenter de convaincre Ankara de renoncer à cet achat, connaissant parfaitement ce que peut apporter une coopération militaro-technique russo-turque à terme. Poutine, de son côté, a annoncé lors de cette visite que la Russie allait accélérer les livraisons de ces systèmes, ajoutant que cette décision avait été prise «à la demande de nos partenaires et amis turcs».

Dans tout cela, une chose est certaine: la Turquie d’Erdogan, malgré d’évidentes erreurs dans le passé, notamment concernant la Syrie, a su analyser les faits et prendre des mesures efficaces, dans le cadre de ses intérêts nationaux souverains. Des mesures qui ont en outre permis de réparer certaines de ces erreurs. En effet, la Turquie est et demeure certainement le seul pays membre de l’Otan à disposer d’une politique indépendante et souveraine, à l’énorme différence des Berlin, Paris, etc. Londres? N’en parlons même pas…

Alors que des millions de touristes russes reviennent en Turquie —de loin les favoris des hôteliers locaux- et que les investissements fleurissent dans divers domaines —infrastructures, textile, produits agroalimentaires, services bancaires et financiers, projets éducatifs…- l’heure est à l’optimisme quant au futur des relations turco-russes. N’en déplaise à Washington et Bruxelles: Moscou et Ankara n’ont guère besoin de l’avis des tiers pour avancer. À bon entendeur…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804041035800235-russie-turquie-usa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Rohani à Moscou scelle l’alliance russo-iranienne

Vladimir Poutine et Hassan Rohani

L’Iran et la Russie partagent de nombreuses positions communes. Lutte antiterroriste, défense des souverainetés nationales, soutien du monde multipolaire, la liste n’est pas exhaustive et la coopération entre les deux pays s’est encore renforcée depuis le voyage de Rohani à Moscou.

Hassan Rohani, le président iranien, s’est rendu à Moscou pour une visite qui s’est révélée capitale à plusieurs niveaux. Il a tout d’abord rencontré le Premier ministre Medvedev, avec lequel il a échangé sur des questions d’ordre économico-commercial. Puis il s’est entretenu avec Vladimit Poutine, vraisemblablement à propos du renforcement de la coordination géopolitique entre les deux pays.

En effet, faut-il rappeler que l’Iran et la Russie appuient les autorités légitimes syriennes et accordent un soutien important dans la lutte antiterroriste sur le sol syrien. Un soutien qui a permis de bouleverser la situation, à un moment où les élites occidentales et les groupes terroristes pensaient que les jours du président Assad étaient comptés. Plus que cela et au-delà des succès militaires, les deux pays jouent un rôle-clé dans le processus de résolution de la crise syrienne, qui dure maintenant depuis six ans. Ce processus s’appelle Astana. Un processus auquel s’est également jointe la Turquie, sans oublier le Kazakhstan, pays-hôte de ladite plateforme, l’un des principaux alliés de la Russie et un important centre du monde eurasiatique.

Ce rapprochement russo-iranien sans précédent, puisqu’on parle bel et bien « d’alliance stratégique », aussi bien côté de Téhéran que de Moscou, inquiète sérieusement les capitales occidentales, mais aussi certains pays du Golfe, en premier lieu l’Arabie saoudite et le Qatar, sans oublier Tel-Aviv. En effet, les responsables israéliens ont plusieurs fois affiché leur vive « inquiétude » face à l’axe Russie-Iran.

Qu’est-ce qui accentue cette peur? Au-delà du fait que l’Iran (avec le Hezbollah libanais) est considéré comme « l’ennemi N° 1 » de l’État sioniste, il y a une nette fracture dans cette région qui devient de plus en plus évidente. Et cette division n’est pas, comme certains voudraient le croire, d’ordre religieux, entre chiites et sunnites, ou idéologique. C’est le concept et la vision même de l’avenir du monde qui sont diamétralement différents. Si des pays comme l’Arabie Saoudite, le Qatar, Israël, sont bel et bien des alliés (ou des satellites) des E.U. et donc des partisans déclarés de l’unipolarité, l’Iran ne cache pas son soutien au monde multipolaire voulu par la Russie et la Chine.
Un monde multipolaire devenu réalité malgré les défis auxquels il est aujourd’hui obligé de faire face et le refus des élites citées plus haut de reconnaître l’avènement de cette réalité récente (chaque chose en son temps).

En parlant des relations économico-commerciales, le volume des échanges entre les deux pays monte de façon impressionnante, bien que de l’aveu des dirigeants russes et iraniens, le potentiel est beaucoup plus grand pour ces relations. C’est aussi l’une des raisons de la visite du Président iranien en Russie, qui cherche à renforcer les échanges bilatéraux et à discuter de la possibilité du lancement d’une zone de libre-échange entre l’Iran et l’Union économique eurasiatique. Si ce projet venait à se réaliser, il s’agirait en effet d’opportunités réellement grandioses, aussi bien dans le cadre russo-iranien, qu’eurasiatique en général.

Gardons également à l’esprit que l’Iran devrait dans un avenir proche passer d’observateur à membre de plein droit de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Son entrée dans le club des BRICS est également pertinente. La République islamique d’Iran y a toute sa place, tant des points de vue démographique, économique, politique que sur le plan essentiel des valeurs que l’Iran partage avec les pays de cette union, dont bien sûr la Chine et la Russie.
Une chose est sûre: les relations russo-iraniennes ont un bel avenir. Et très peu probable que ceux qui s’y opposent pourront faire quoi que ce soit pour mettre à mal cette alliance stratégique.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703291030673648-rohani-moscou-alliance-russo-iranienne/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Russie – Iran : un soutien mutuel au plus haut niveau

L'Iran est prêt à fournir toute assistance à la Russie

Téhéran considère les sanctions imposées à son encontre par l’Occident comme un « mauvais outil » et entend renforcer ses relations avec la Russie. C’est ce qu’a déclaré le président de l’Iran, Hassan Rohani.

Il y a des façons différentes pour contrer les sanctions, on peut renforcer les relations entre les voisins, et dans le contexte actuel l’Iran est prêt à fournir toute assistance au peuple et au gouvernement de la Russie, a déclaré le président iranien. Rohani a exprimé l’espoir que les relations commerciales entre les deux pays continueraient à s’améliorer et les produits agricoles iraniens apparaîtraient sur le marché russe d’ici la fin de 2015.