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La Chine appelle les pays BRICS à s’unir en faveur du multilatéralisme

Alors que le 11ème Sommet des BRICS qui aura lieu dans les prochains jours dans la capitale brésilienne approche, la République populaire de Chine fait une fois de plus mention de l’importance de la promotion d’un cadre multipolaire du développement international.

La ville de Brasilia accueillera donc, les 13 et 14 novembre prochains, la nouvelle rencontre des grandes puissances dites «émergentes» (émergentes du moins selon les termes des médias occidentaux). En effet, les chefs d’Etats des pays concernés (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), accompagnés d’importantes délégations nationales, se pencheront sur nombre de questions d’importance stratégique. Au moment où le Brésil assure la présidence tournante du bloc cette année, l’heure est plus que jamais au renforcement des relations aussi bien bilatérales des pays de l’alliance, que dans le cadre des actions communes.

A ce titre, les hauts représentants chinois n’ont pas manqué de faire plusieurs importantes déclarations, confirmant ainsi un agenda de travail très loin de la banalité. Ainsi, Yang Jiechi, directeur du Bureau de la Commission des affaires étrangères du Comité central du Parti communiste chinois (PCC) a déclaré à l’approche du sommet que «les cinq pays du groupe des BRICS doivent renforcer leur unité et leur coopération afin de soutenir le multilatéralisme et de promouvoir un développement de l’ordre international allant dans une direction plus juste et rationnelle» http://french.xinhuanet.com/2019-10/19/c_138485940.htm

Il a également ajouté que les pays des BRICS «devraient concrétiser pleinement les consensus auxquels sont parvenus leurs dirigeants lors des précédentes réunions et consolider leur coopération en matière de sécurité politique, d’économie, de commerce, de finances et d’échanges entre les peuples. Les pays membres de ce bloc devraient se soutenir, renforcer leurs capacités à résister aux risques, à répondre aux situations complexes et s’opposer conjointement à toute ingérence extérieure». Toujours d’après lui, «les cinq pays se doivent d’adhérer au concept de coopération ouverte et inclusive, de promouvoir le modèle de coopération «BRICS Plus» et de tisser un réseau de partenariats ouvert et diversifié».

Du côté de l’ambassadeur de Chine au Brésil, Yang Wanming, il a été remarqué que «les BRICS ont servi de mécanisme clé de coopération, en rassemblant les dirigeants pour forger un consensus sur des questions importantes. En particulier sur certaines affaires internationales majeures, les pays des BRICS sont en mesure de présenter une position commune et de discuter collectivement avec la communauté internationale tout en préservant les intérêts communs des pays en développement, en particulier les marchés émergents. Les BRICS ont unanimement montré au monde leur position commune en faveur du multilatéralisme et de l’autorité de l’ONU, facilitant le libre-échange ainsi que l’investissement, et stimulant la construction d’une économie mondiale ouverte, innovante et partagée». L’ambassadeur chinois a enfin estimé que le prochain sommet des BRICS marquerait le début d’une nouvelle «décennie dorée» de coopération, et que les pays membres parleraient d’une même voix en appelant au multilatéralisme et à une économie mondiale ouverte». Fin de citation.

Maintenant parlons perspectives. Si dans les déclarations officielles des hauts responsables chinois on retrouve effectivement un soutien ouvert et assumé au multilatéralisme (à la multipolarité en d’autres termes), on y voit aussi un clin d’œil non-voilé à certains Etats qui d’un côté réalisent la propagande à tous les niveaux du libéralisme économique, mais d’un autre ont extrêmement peur d’une concurrence digne de ce nom face aux puissances non-occidentales. Bien sûr, les Etats-Unis en premier lieu – cela est évident. Mais de façon plus globale, c’est un diagnostic général des élites occidentales – adorant pavaner avec les belles paroles habituelles de «libre-marché» et de «libre-concurrence», mais étant souvent incapables d’assumer dans les faits les paroles prononcées et largement diffusées.

Comme exemple, il suffit à cet effet de prendre l’Afrique, où du moment que les puissances émergentes, dont les BRICS (sans oublier qu’un Etat africain en fait partie), s’imposent dans de nombreux secteurs sur ce continent, pour que les élites occidentales, en perte d’influence économique et politique, passent dans un état de quasi-hystérie. Et ce aussi bien au niveau politico-diplomatique que médiatique.

L’autre point très important soulevé par les représentants chinois fait justement référence à une approche conjointe, ou en tout cas très proche, dans la gestion des principales questions internationales. Evidemment et en premier lieu cela concerne l’interaction russo-chinoise au Conseil de sécurité de l’ONU – dont les deux pays sont membres permanents. Qu’il s’agisse de la Syrie, de l’Iran, du Venezuela, du Burundi ou d’un certain nombre d’autres pays sous pression occidentale, Pékin comme Moscou n’ont pas manqué d’afficher leur unité, y compris lorsque cela était nécessaire par des vétos, face au bloc occidental Washington-Londres-Paris.

Et ce n’est pas tout. En parlant justement de communauté internationale, dont les élites occidentales adorent s’autoproclamer être des porte-paroles, il est à rappeler que des structures telles que les BRICS, représentant à eux cinq près de la moitié de la population mondiale, un quart de la surface terrestre ou encore environ 35% du PIB mondial (appelé à croitre). Ajoutez à cela l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou encore l’Union économique eurasiatique, et il serait juste de se demander qui aurait plus de légitimité à parler au nom de la communauté internationale. Ceci étant dit, les pays partisans de la multipolarité se gardent bien de tomber dans le piège d’une vision suprémaciste et néocoloniale de certains, et préfèrent une coopération réellement inclusive. Bien que, ceci étant dit aussi, et dans une optique purement de statistiques, il serait juste de rappeler que l’Occident en tant que tel ne représente pas plus que 10% de la population terrestre (d’ailleurs une population occidentale qui remet massivement en question elle-même l’unilatéralisme de ses élites). Et que dans un classement comme celui des pays par PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA) – données du FMI pour l’année 2018 – sur les dix premiers pays du classement quatre sont occidentaux (Etats-Unis – 2ème, Allemagne – 5ème, Royaume-Uni – 9ème, France – 10ème), les six autres étant des pays non occidentaux : Chine – 1ère, Inde – 3ème, Japon – 4ème, Russie – 6ème, Indonésie – 7ème, Brésil – 8ème). A noter par ailleurs que quatre des cinq pays membres des BRICS font partie de ce classement.

Last but not least, le scénario des forces hostiles aux BRICS ne s’est malheureusement pas (pour eux) concrétisé. Notamment après le départ forcé du pouvoir au Brésil de son ex-présidente Dilma Rousseff et de l’emprisonnement de Luiz Inacio Lula da Silva – tous les deux de grands partisans des BRICS. Malgré cela, le Brésil a continué depuis à remplir son rôle constructif au sein du groupe. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1220

L’interaction militaire russo-indienne a le vent en poupe

Indra 2016. File photo

Dans un monde en plein changements et face à de nombreux défis, il y a aussi de la constante. A ce titre, les liens unissant Moscou et New-Delhi ont non seulement réussi à rester stables, mais ne cessent aussi d’aller de l’avant. Le tout dans un cadre multipolaire du monde.

L’interaction des deux pays dans plusieurs secteurs date de plusieurs dizaines d’années, l’URSS et la République indienne libérée du colonialisme britannique partageant des relations fortement amicales. Il y a quelques années étant de passage dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba, lors d’un échange avec un diplomate indien ce dernier m’avait confirmé cet aspect des relations bilatérales en allant même jusqu’à rappeler à titre d’anecdote que pour beaucoup d’Indiens et de Russes, l’Inde était presque considérée comme une république soviétique tellement l’interaction était importante.

A l’heure actuelle, rien ne semble pouvoir modifier ce rapport, bien que les tentatives émanant d’intérêts purement extérieurs à l’Inde ou à la Russie aient loin d’avoir manqué. En effet, les échanges dans les domaines politique, économique et culturel se développent à un rythme plus qu’encourageant. Les leaders des deux pays ont d’ailleurs annoncé l’objectif d’atteindre l’équivalent de 30 milliards de dollars d’échanges annuels vers 2025. Quant au secteur stratégique de la Défense, les deux pays partagent une coopération de premier choix. Faut-il rappeler que l’Inde au cours des dernières années occupait la première place au niveau mondial en termes d’import d’armement et que dans ce rapport la Russie reste le fournisseur principal des forces armées indiennes?

En effet et pour la seule année dernière, l’Inde a acheté à la Russie pour 1,2 milliards de dollars et continue traditionnellement de rester le principal acheteur d’armements russes au niveau planétaire (devant la Chine et l’Algérie pour l’année 2016). Autres chiffres importants à savoir: plus de 70% des chars, automoteurs d’artillerie, avions de chasse, bombardiers, lance-roquettes multiples, hélicoptères, frégates, sous-marins, systèmes de défense côtière, etc… exploités au sein des forces terrestres, aériennes et navales de l’Inde sont de production russe ou soviétique. Et à ce jour, 40% des équipements de l’armée indienne ont soit été fabriqués en Russie, soit sous licence russe dans les usines locales. Dans l’aviation cette part est de 80%, dans la flotte 75%.

Par ailleurs, les deux pays ne se limitent pas aux transactions purement commerciales dans ledit domaine mais mènent régulièrement des exercices interarmées. Les touts récents, Indra 2017, viennent de se clôturer à Vladivostok: dans l’Extrême-Orient russe.

Pour rappel, la Russie avait également mené récemment des manœuvres conjointes avec les forces armées chinoises en mer Baltique, aux larges de ses frontières occidentales, à la grande colère de l’Otan qui pourtant ne se gêne pas à accroitre ses effectifs armés aux frontières russes. Tout cela pour dire, que l’Inde, comme la Chine et la Russie, est résolument tournée au soutien à la multipolarité que certains s’obstinent encore à ne pas vouloir reconnaitre. Et toutes les histoires sur les prétendus « tensions » entre New-Delhi et Pékin ne changent rien au fait que leur interaction reste au beau fixe, y compris dans des organismes tels que les BRICS ou l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), avec l’appui effectif de la Russie.

Une chose est certaine: les rapports russo-indiens, comme russo-chinois, gardent leur dynamique positive. Et cela est plus que jamais important aujourd’hui, face au danger du terrorisme international, complice avec ceux qui pensent toujours pouvoir le contrôler dans le but d’atteindre leurs objectifs géopolitiques. Le monde, ou du moins sa part majoritaire, n’acceptera plus le diktat unipolaire arrogant d’une extrême minorité. Et qui d’autant plus ne cesse de perdre la confiance de ses propres citoyens dans l’espace géographico-civilisationnel concerné.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201710301033666961-russie-inde-indra/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Macron digne héritier de la Françafrique

Emmanuel Macron

Les déclarations de Macron ne laissent guère de place au doute: pour lui, en Afrique, le changement, ce n’est pas maintenant. Il a revêtu avec aisance les habits de la Françafrique qui ont tant profité à ses prédécesseurs et une réelle souveraineté économique et diplomatique des peuples africains n’est pas à l’ordre du jour.

Deux questions importantes animent les débats à l’heure actuelle en Afrique au sein des cercles souverainistes et panafricanistes. Tout d’abord celle du franc CFA, considéré par de nombreuses personnes comme une monnaie néocoloniale qui permet à l’ex-métropole de maintenir ses «anciennes» colonies dans un état d’asservissement. La deuxième question concerne la souveraineté pure et simple des États africains, en premier lieu d’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre, notamment sur la possibilité de mener une politique internationale indépendante et de créer des partenariats forts avec un certain nombre de pays du monde, notamment non-occidentaux.

Si sur la première question, Emmanuel Macron avait déclaré dans un entretien à Jeune Afrique (une semaine avant le premier tour des élections présidentielles françaises) que «c’est un choix qui appartient d’abord aux Africains eux-mêmes», tout en laissant entendre que selon lui le franc CFA avait de l’avenir, puisqu’«il contribue à la stabilité économique et à l’intégration régionale». À ce niveau, tout laisserait entendre qu’il ne voyait rien de mal à ce que les peuples africains puissent prendre des décisions, dans le respect de leur prétendue souveraineté.

Mais le souci pour de nombreux observateurs africains, c’est que dès qu’un dirigeant a le courage de contester le système existant entre la France et certains pays d’Afrique, le risque pour lui de mal finir augmente en conséquence. Tout le monde garde en mémoire le triste sort réservé au président ivoirien Laurent Gbagbo, qui avait justement «osé» remettre en cause plusieurs aspects des rapports franco-ivoiriens. Il est aujourd’hui emprisonné par la CPI, alors que les accusations émises à son encontre sont plus que douteuses. Nous en avons déjà parlé plusieurs fois.

Une déclaration plus récente de Macron, toujours en rapport avec l’Afrique, ravive encore les tensions. En effet, juste après le sommet du G20 à Hambourg, répondant à une question d’un journaliste africain, le président français déclara: «Dans des pays qui font encore sept enfants par femme, vous pouvez dépenser des milliards d’euros, vous ne stabilisez rien…». Au-delà du débat sur la justesse ou non d’avoir sept enfants par femme et du mépris que traduit cette déclaration choquante, les questions véritables sont ailleurs.

Tout d’abord, chaque nation est en principe souveraine. Si dans telle ou telle société, la démographie reste élevée, c’est une question intérieure qui ne concerne que ladite nation. En même temps (pour reprendre une des antiennes favorites de Macron), il est vrai que faire beaucoup d’enfants alors que l’on est déjà dans une situation économique difficile n’est probablement pas la meilleure solution.

Mais alors posons-nous la question suivante: comment se fait-il que plusieurs pays africains possédant des ressources naturelles impressionnantes se retrouvent dans une telle situation? Certains diront qu’il s’agit de la mauvaise gestion et dans plusieurs cas c’est vrai. Mais comme par hasard, cette mauvaise gestion se retrouve principalement dans des pays encore sous influence occidentale et notamment française, en d’autres termes sous domination néocoloniale. Comment se fait-il que la Guinée équatoriale (très stigmatisée par les médias occidentaux) ait un niveau de vie de plusieurs fois supérieur à celui du Gabon voisin, considéré par certains experts comme «la réserve pétrolière de la France» et qui fait justement partie plus qu’intégrante de ce fameux système de la Françafrique? Relevons au passage que les deux pays ont une démographie et des ressources comparables. Comment se fait-il que la France puisse prendre jusqu’à 95% du revenu sur l’exploitation de telle ou telle ressource africaine et affirmer que cela est normal?

Examinons aussi le cas de l’Angola. Ce pays lusophone, avec un taux de fécondité de 5,3 enfants par femme a traversé de très longues années de guerre, d’abord pour son indépendance contre le Portugal, puis une guerre civile de 27 ans, provoquée par la CIA et le régime d’apartheid sud-africain de l’époque. Il se permet pourtant d’accueillir des dizaines de milliers de migrants portugais (plus de 200.000 aux dernières nouvelles) et même d’en expulser plusieurs milliers par an pour violation des délais de séjour, tandis que d’autres Africains au péril de leur vie sont prêts à tout pour se retrouver en Europe? Beaucoup d’ailleurs périssent en mer Méditerranée, parmi eux beaucoup de représentants d’Afrique francophone. La réponse est relativement simple: l’Angola, au prix de nombreux sacrifices et du soutien accordé par l’URSS et Cuba, a pu arracher sa souveraineté tellement convoitée par les forces néocoloniales. Les pays francophones de l’Ouest et du Centre africain en sont encore loin.

Reconnaissons que la critique va dans les deux sens. D’un côté, la France, ou plutôt les élites de l’Élysée, font tout pour garder leur mainmise sur leurs «ex» colonies, au besoin par la force armée si un dirigeant africain dérange lesdits intérêts. Ce fut le cas en Côte d’Ivoire, pays riche en termes de ressources naturelles, mais dont les citoyens, surtout les jeunes, continuent à émigrer en masse.

D’un autre côté, certains Africains gagneraient à comprendre que le combat pour la souveraineté est une lutte de longue haleine. Si les Angolais, tout comme plusieurs peuples d’Amérique latine, ne s’étaient pas battus jusqu’au bout contre les forces néocoloniales, ils feraient certainement encore partie de l’arrière-cour néocoloniale. De même, ils doivent réaliser que ce ne sont certainement pas des forces extérieures qui viendront libérer l’Afrique à la place des Africains eux-mêmes. Ce n’est qu’une fois que l’on dispose de sa souveraineté qu’il est possible de forger des alliances et des partenariats qui assureront au mieux les intérêts des peuples concernés. Ce qu’on appelle aussi le partenariat gagnant-gagnant.

Quant au fait d’avoir une démographie élevée, mis à part l’exemple africain de l’Angola, il suffit de prendre l’exemple de l’Inde. Avec ses 1,3 milliard d’habitants, elle est une grande puissance régionale et internationale, dont le développement ne cesse d’impressionner. Mais différence de taille: l’Inde comme l’Angola sont des nations souveraines. D’ailleurs, ce sont loin d’être les seuls exemples. Pour se défendre, les élites occidentales, y compris françaises, aiment agiter «la menace chinoise» dans les médias mainstream, à savoir que la Chine les pousseraient définitivement hors d’Afrique s’ils laissaient faire les choses. Mais un partenariat honnête s’impose non pas par les armes et la menace, mais bien par une concurrence loyale, en présentant au mieux ses atouts. Et la France n’en manque pas. Pourtant, sa politique ouvertement néocoloniale et agressive en Afrique d’un côté et de soumission aux intérêts atlantistes US de l’autre, peuvent anéantir ses chances. Quant à la Chine, son respect de la souveraineté de l’Afrique et son principe de non-ingérence dans les affaires intérieures africaines, tout en pensant évidemment à ses propres intérêts, font qu’elle est de plus en plus appréciée sur le continent africain, malgré les campagnes médiatiques contre elle.

Les sondages d’opinion organisés dans plusieurs pays africains montrent d’ailleurs bien qui à, la cote et qui l’a de moins en moins.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201707101032177408-macron-francafrique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La nouvelle Route de la soie, la multipolarité économique en marche

Caravane sur la Route de la soie

Plus le temps passe et plus la multipolarité gagne du terrain. Au-delà des changements de grande envergure qui s’opèrent au niveau de la politique internationale, le volet économique n’est pas en reste, comme le démontre le projet de nouvelle Route de la soie.

L’OCS, les BRICS, l’Union économique eurasiatique, tous ces projets ont déjà confirmé leur solvabilité. Les puissances que les Occidentaux avaient tendance à appeler émergentes, pèsent de plus en plus sur l’économie internationale. Selon plusieurs cabinets et centres d’analyse occidentaux importants, à l’horizon 2040-2050, 6 des 10 principales économies mondiales seront celles de pays non-occidentaux (Chine, Inde, Russie, Brésil, Indonésie, Mexique), à condition que l’on mette le Japon dans le « camp occidental », car membre du G7.

Mais plusieurs projets en cours ont pour objectif d’accélérer encore plus les choses. Il s’agit évidemment de la nouvelle Route de la soie, nommée aussi « Ceinture », « La Route » ou encore « Le pont terrestre eurasiatique ». Il s’agit d’un plan de très grande envergure voulu par la Chine et à portée ouvertement eurasienne, puisque c’est bel et bien l’Eurasie qui y jouera un rôle clé, comme dans un passé lointain.

Son principal axe? Une liaison de fret ferroviaire qui part de la Chine, passe par le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie (les trois pays membres-fondateurs de l’Union économique eurasiatique) pour arriver en Europe centrale et occidentale (les consommateurs finaux). Les trois pays cités jouent ainsi un rôle de hub commercial majeur. La route s’inscrit aussi dans l’objectif de sécuriser les approvisionnements de gaz russe en direction de la Chine, dont la consommation ne cesse de croître.

D’autres voies additionnelles devraient s’y ajouter, notamment le réseau routier, qui devrait permettre à d’autres pays de l’espace eurasien de contribuer au projet, à savoir le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Turkménistan, ainsi que l’Iran et la Turquie. Sans surprise, les pays cités y voient de grandes opportunités économico-commerciales.

Qu’en est-il des autres, notamment des pays occidentaux?

Washington y voit une façon pour Pékin d’augmenter considérablement un poids sur l’économie mondiale déjà très important, ce qui évidemment ne peut la ravir. D’autre part via ce projet, la Chine diminuera non seulement ses coûts de transport, mais en plus réduira considérablement les risques liés à d’éventuelles tensions en mer avec les USA, qui pourraient évidemment affecter ses approvisionnements.

Quant à Bruxelles, elle n’est pas ravie d’être réduite au rôle d’observateur ou de consommateur final. Et selon la dernière information relayée par RFI, les six pays de l’UE qui participent en ce moment même au Sommet international sur les nouvelles routes de la soie à Pékin (Allemagne, France, Grèce, Portugal, Royaume-Uni et Estonie) n’ont pas souhaité signer le communiqué commun sur le commerce. Elles prétendent que Pékin « ne prend pas en compte ce que l’Union européenne réclame depuis longtemps, à savoir que la Chine accorde un accès plus libre à son propre marché ».

Il est pour autant peu probable que l’Europe bruxelloise puisse faire quoi que ce soit contre le grand projet eurasiatique face à une Chine, deuxième puissance économique mondiale, extrêmement déterminée et ouvertement soutenue par des pays partisans de l’ordre multipolaire. Et ce d’autant moins que les pays de l’UE ont eux aussi clairement besoin du marché chinois pour écouler de leurs produits et services. Pour rappel, le coût total du projet s’élèverait à plusieurs trillions de dollars et, selon CNN, englobera à terme 68 pays, représentant 4,4 milliards d’habitants et 62 % du PIB mondial, justifiant une fois de plus la détermination chinoise et eurasienne.

Le cas intéressant est celui de l’Ukraine, qui se retrouve de plus en plus isolée. En effet, de l’aveu même des élites ukrainiennes issues du coup d’État de février 2014, le gazoduc Turkish Stream fermera la page qui avait fait de ce pays un important hub gazier entre la Russie et l’Union européenne. Mais Kiev semble aussi être hors-jeu dans le projet de nouvelle Route de la soie, puisqu’après le Kazakhstan et la Russie, c’est la Biélorussie qui sera vraisemblablement privilégiée.

Tout cela pour dire que les énormes problèmes économiques actuels de la « new Ukraine » ne sont pas prêts d’être résolus. Restera alors pour Kiev à compter sur une aide économique que l’Occident est de plus en plus réticent à fournir, ainsi que tenter de profiter du régime sans-visa qui a été validé le 11 mai dernier par l’UE, régime qui ne donne pour autant pas droit de résider, ni de travailler dans l’Europe de Bruxelles. Mais cela est une autre histoire et il sera difficile aux élites de Bruxelles d’expliquer aux millions de citoyens ukrainiens du Centre et de l’Ouest du pays, ayant soutenu le Maidan, que ce qu’ils avaient espéré n’est pas exactement ce qu’ils auront obtenu, avec les conséquences migratoires qui en découlent.

Après tout, la meilleure analyse se fait après expérience personnelle. Un peu comme dans la Moldavie voisine, où après sept années de pouvoir pro-occidental, un président résolument prorusse a pris le pouvoir via des élections démocratiques, sans coup d’État. Chaque chose en son temps.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705161031400522-route-de-la-soie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

De BRICS à BRICS+ ?

BRICS

L’alliance des BRICS ne se contente pas de tenir, en dépit des oiseaux de mauvais augure, elle se renforce. En plus de la coopération économique, les cinq pays émergents collaborent en effet de plus en plus sur le plan politique. De plus, un élargissement de l’alliance se dessine, au profit des partisans de la multipolarité.

Malgré toutes les « réserves » émises par nombre d’experts, principalement occidentaux, sur la capacité de l’alliance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à subsister sur le long terme, ladite union continue à se renforcer et même peut-être bientôt à s’élargir. En effet, il suffit de lire ou de relire différentes analyses écrites au cours des dernières années pour se rendre compte à quel point leurs auteurs s’étaient trompés. Beaucoup d’entre eux considéraient l’alliance des BRICS comme une union de quelques années, qui allait se dissoudre d’elle-même tant « les pays membres sont différents sur le plan culturel et des réalités politiques ». Pourtant et justement, les pays membres ont fait de cette différence l’un de leurs principaux atouts, en donnant au passage une valorisation supplémentaire à l’idée même de la multipolarité.

Aujourd’hui et vu que les BRICS n’ont toujours pas pu être brisés par leurs adversaires, l’alliance est désormais accusée par certains économistes occidentaux d’être devenue une organisation non seulement économique de puissances émergentes, mais aussi une structure politique qui conteste activement la domination de l’Occident. Question: pourquoi ces prétendus experts ont-ils pensé que les pays des BRICS se limiteraient au volet économique de leur relation, au moment où le monde multipolaire a plus que jamais besoin d’en finir avec les vestiges de l’unipolarité?
Il suffit d’ailleurs de relire nos analyses passées en ce sens pour se rendre compte que les BRICS étaient justement destinés à devenir plus qu’une union économique, à l’instar d’autres structures comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Le lancement de la banque des BRICS, la Nouvelle banque de développement (NDB BRICS), avec son siège principal à Shanghai et son siège régional à Johannesburg, a confirmé l’ambition, déjà annoncée de devenir une véritable alternative au G7, au FMI et à la Banque mondiale. Son objectif, entre autres, sera de financer des projets dans les pays en voie de développement. Une réalité qui est loin de plaire à nombre de partisans de l’unipolarité, mais qu’il sera aujourd’hui difficile de stopper.

L’autre fait qui déplaît beaucoup aux élites occidentales (et qui confirment nos prévisions), c’est que justement au-delà de la collaboration économique, on observe la solidarité politique et géopolitique de l’alliance. En effet, et sur plusieurs dossiers, les cinq pays de l’alliance ont montré leur solidarité et leur approche commune. Ce fut le cas lors du soutien affiché à la Russie par les quatre autres pays BRICS sur le dossier syrien. Un soutien qui s’est également traduit dans l’opposition aux sanctions occidentales contre la Russie. De son côté, la Chine, a également pu bénéficier du soutien déclaré de ses partenaires, en premier lieu de la Russie, sur des dossiers comme la situation en mer de Chine méridionale, zone dans laquelle elle fait face aux tensions avec les E.U.

Parlons maintenant de l’élargissement. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dont le pays présidera l’alliance des BRICS à partir du mois de septembre, a déclaré « plaider pour que d’autres pays rejoignent cette union, et que celle-ci satisfasse les besoins de tous les pays-membres ». À ce titre, on parle déjà de l’acronyme BRICS+, avec la possibilité de participation d’une dizaine d’autres pays aux travaux des cinq pays fondateurs. L’Iran, la Turquie, le Mexique, l’Indonésie, le Vietnam, les Philippines, le Pakistan, le Nigeria, le Bangladesh ou encore la Corée sont mentionnés. Si la possibilité de rejoindre l’union pour certains de ces pays prendrait encore du temps, dans le cas de l’Iran, de la Turquie ou de l’Indonésie, les perspectives sont tout à fait réelles.

Les BRICS, dans l’état actuel de l’alliance, représentent déjà à eux seuls près de la moitié de la population mondiale, 26 % de la surface terrestre et environ 35 % du PIB mondial, un pourcentage qui ne cesse en passant de monter. L’alliance pèse déjà de son poids au sein du G20, de l’aveu même des observateurs occidentaux. Qu’ils s’y habituent, car les BRICS représentent en effet l’une des principales voix du monde multipolaire. Une chose est également certaine: plus les BRICS, tout comme l’OCS, continueront de s’affirmer, plus certains comprendront une bonne fois pour toutes ce que représente véritablement la notion de communauté internationale.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703151030477670-brics-cooperation-economique-politique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

8ème Sommet des BRICS : l’unité inébranlable

8ème Sommet des BRICS : l’unité inébranlable

L’Alliance BRICS poursuit toujours son renforcement dans le cadre du monde multipolaire. Cela a été une fois de plus confirmé lors du 8ème Sommet des BRICS qui cette année s’est déroulé dans l’Etat de Goa, en Inde.

Plusieurs questions étaient à l’ordre du jour lors de ce sommet. Questions économiques, crise en Syrie et lutte antiterroriste, coopération militaire, échanges dans le domaine de l’enseignement et de la culture. Une fois encore et à l’instar de ce qui s’était passé lors du récent Congrès mondial de l’Energie à Istanbul, en Turquie, le président russe Vladimir Poutine était au centre de l’attention, dans une atmosphère fortement positive. Oui, l’Occident politique malgré toute sa rhétorique antirusse, y compris via les médias du mainstream, a obtenu l’effet totalement à l’inverse du désiré.

Tout d’abord les BRICS ne toléreront aucune pression extérieure. Et restent fermement opposés à la violation de la souveraineté des Etats du monde. Un message qui a été annoncé avant même le début du sommet. En parlant de la crise syrienne, les pays BRICS ont réitéré leur soutien à une issue politique de la crise en Syrie tout en insistant sur la nécessité de poursuivre la lutte antiterroriste dans ce pays contre les extrémistes, aussi bien liés à Daech qu’à Fatah al-Cham (précédemment Front al-Nosra, filiale d’Al-Qaïda en Syrie). Une position que réitère la Russie sur l’arène internationale et que refuse à tout prix les élites occidentales en épargnant largement les groupes terroristes faisant partie ou étant directement liés aux extrémistes de Fatah al-Cham, de leurs propres aveux.

En plus des pourparlers collectifs, plusieurs rencontres tête à tête ont eu lieu au cours du sommet. A ce titre, Vladimir Poutine a eu des entretiens avec le Premier-ministre indien Narendra Modi, le président chinois Xi Jinping, et le président sud-africain Jacob Zuma. Dans le cadre des relations avec l’Inde, pays hôte du sommet 2016, plusieurs importants accords ont été signés: dans le domaine de la Défense, la Russie fournira à l’Inde (en passant le plus grand marché étranger de l’armement russe) le système sophistiqué de missiles antiaériens S-400, ainsi que d’autres appareils de pointe, confirmant par la même occasion le leadership des technologies militaires russes au sein des forces armées indiennes.

Sur le plan énergétique la Russie via la compagnie Rosneft prévoit de livrer à l’Inde 100 millions de tonnes de pétrole sur les dix prochaines années. Le géant gazier russe Gazprom entend lui assurer à la République indienne sur le long terme la livraison de 2,5 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié par an. Les deux pays poursuivent également leur large coopération dans le domaine de l’industrie nucléaire.

Dans le cas des relations sino-russes et au vu du renforcement de l’alliance russo-chinoise, y compris dans le domaine de la Défense, comme l’ont d’ailleurs démontré les récentes importantes manœuvres militaires conjointes en mer de Chine méridionale, et de la coordination diplomatique sur les principaux sujets de l’actualité internationale, les leaders des deux pays ont réitéré des « positions similaires » sur la situation en Syrie et en Afghanistan, y compris sur la question de la lutte antiterroriste. Par ailleurs, Poutine et Jinping ont mis l’accent sur le caractère inadmissible de l’ingérence d’acteurs externes dans les affaires de l’Asie centrale. On comprend à ce titre qui est visé. Plus que cela, le leadership chinois a proposé d’augmenter encore plus la coordination déjà fortement importante entre la Russie et la Chine au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Une proposition qui veut tout dire.

Sur le plan économique et là aussi peu importe ce qu’en diront les jaloux, la coordination bat son plein. La Nouvelle banque de développement créée par l’alliance BRICS en juillet 2014 avec son siège à Shanghai passe à l’action. Ainsi, plusieurs grands projets, y compris dans le domaine de l’infrastructure, seront financés par ladite banque aussi bien dans les pays BRICS qu’ailleurs, notamment dans les pays du continent africain. De plus, les BRICS ont annoncé leur ferme volonté de s’occuper de la reconstruction en Syrie, principal défi du pays après la victoire tant nécessaire sur le terrorisme. Tout comme un autre fait qui devrait fortement déplaire à Washington: celui de favoriser les échanges au sein des BRICS en devises des pays membres de l’alliance.

Last but not least, un tournoi des équipes de football des nations BRICS (des moins de 17 ans) a été organisé en marge du sommet, sous la supervision de l’organisation brésilienne Brazsat. En effet quoi de mieux qu’un tournoi sportif pour raffermir les liens entre les jeunes représentants des pays de l’alliance ?

Bref, les BRICS ne faiblissent pas. Et même les mauvaises langues qui espéraient voir l’affaiblissement de notre alliance, notamment après la destitution de la présidente brésilienne Dilma Rousseff, peuvent désormais se taire un moment : le Brésil reste au sein de l’alliance. Les BRICS continueront donc de se renforcer aussi bien grâce à la coordination interne qu’avec les alliés non-membres de l’union qui ne manquent pas. Ajoutez ces pays à ceux des BRICS qui représentent désormais à eux seuls 53 % de la population mondiale et vous comprendrez ce que représente la véritable communauté internationale. Une communauté qui en plus de se renforcer sur le plan démographique, le fait aussi et très activement au niveau économique, politique, diplomatique et militaire. Que les faux apôtres autoproclamés à parler au nom de la communauté internationale le comprennent bien une bonne fois pour toute.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610171028234265-brics-sommet-unite/

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De quel droit les élites occidentales s’autoproclament «communauté internationale»?

De quel droit les élites occidentales s’autoproclament «communauté internationale»?

Fait assez incroyable et pourtant si l’on suit les nombreuses sorties en rapport avec l’actualité internationale, y compris syrienne, aussi bien des élites politiques comme médiatiques de l’Occident, on les entend constamment parler d’eux-mêmes à titre de « communauté internationale »… On se demande sur quelle base ?

En effet à chaque fois qu’il est question de tenter de réaffirmer le diktat occidental s’approchant de sa fin irrémédiable, les dirigeants à Washington, Londres ou Paris ressortent la, ou plutôt leur, notion de communauté dite internationale. Vraisemblablement les habitudes coloniales ont vraiment du mal à disparaitre.

On se pose donc à juste titre la question afin de savoir et de comprendre sur quelle base les élites politiques et médiatiques de l’Occident parlent d’eux-mêmes à ce titre ? Qui les a autoproclamé (si ce n’est eux-mêmes) à se prendre pour la communauté internationale ? Le fait qu’ils représentent d’une certaine manière la communauté occidentale, certes. Tout en sachant quand même que de plus en plus de citoyens des pays occidentaux sont loin d’approuver la politique de leurs « représentants ». La France en est d’ailleurs un cas très représentatif. Mais même à titre de communauté occidental et dans le cadre de l’humanité toute entière, cela ne représente qu’une infime partie de la véritable communauté internationale, de la véritable communauté mondiale.

De quel droit une assemblée très réduite de personnes se prend pour l’unique pouvoir décisionnel au niveau planétaire ? Comme si la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran, les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine n’existaient pas. Il serait bon de rappeler que le monde occidental dans sa définition la plus juste (Europe de l’Ouest, Amérique du Nord, Australie et Nouvelle-Zélande) représente environ 950 millions d’habitants, donc moins d’un milliard. Au moment où la population mondiale tourne aujourd’hui à 7,43 milliards d’habitants (chiffres au premier juillet 2016, selon l’ONU). Donc un peu plus de 10 % de la population terrestre, tout en sachant encore une fois que les populations occidentales sont aujourd’hui bien loin de suivre les actions de leurs gouvernements respectifs, serait la « communauté internationale » ? Incroyable…

Il faudrait quand même aussi rappeler que c’est justement la communauté non-occidentale qui représente aujourd’hui plus des ¾ de l’humanité et qui pèse de plus en plus sur le plan économique, politique, diplomatique, militaire et même culturel. Au moment où au contraire l’influence unipolaire occidentale diminue à grands pas. Il suffit d’ailleurs de prendre l’exemple d’organisations telles que l’OCS ou les BRICS pour comprendre une évidence simple : l’Occident politique ne peut plus dominer. Plus que cela, les actions du bloc non-occidental sont aujourd’hui de plus en plus soudées. Il suffit pour cela d’observer la coordination de la Russie et de la Chine sur plusieurs niveaux, allant des manœuvres militaires conjointes jusqu’à la coordination diplomatique sur nombreuses questions de l’actualité, de la Syrie jusqu’au Burundi. Tout en rappelant aussi qu’ils sont deux des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

En parlant d’ailleurs de ce Conseil de sécurité onusien, la Russie et la Chine sont justement ouverts à l’élargissement pour d’autres pays de ce conseil jusqu’ici très fermé. Pourquoi ? Car ni la Russie, ni la Chine, n’ont peur de voir leur influence se réduire dans le cadre du monde multipolaire, tout au contraire des dirigeants occidentaux.

Les élites occidentales sont-elles donc si aveugles ? Aucunement. Mais l’héritage colonial de ces élites est tellement ancrée, qu’il leur est jusqu’à maintenant toujours impossible de se débarrasser une bonne pour toute de cette maladie. Car il s’agit bien de maladie. Et comme toute maladie, elle se soigne. Donc de la même manière que l’on soigne les personnes souffrantes, nous (la vraie communauté internationale), soignerons ensemble les prétendues élites de l’Occident. Le monde multipolaire, dans lequel d’ailleurs l’Occident aura toujours sa place, gagne du terrain chaque jour qui passe. L’unipolarité s’éloigne comme un mauvais rêve ayant duré un peu longtemps. Près de vingt ans pour être exact. Et l’hystérie collective des élites de l’Occident n’y changera rien.

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