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Les Kurdes face à leurs responsabilités

Kurdes

Déchirés entre ceux qui souhaitent négocier avec le gouvernement syrien le périmètre de leur autonomie et ceux qui jouent la carte jusqu’au-boutiste avec les États-Unis, les Kurdes vont devoir choisir. L’offensive turque dans la région les met face à leurs contradictions, alors que le climat se dégèle entre Damas et Ankara.

Nous avions abordé cette question en octobre dernier, alors que certains éléments kurdes de Syrie, se sentant pousser des ailes grâce aux livraisons massives d’armes étasuniennes, s’étaient crus en position de faire du chantage au gouvernement syrien. Une approche condamnée aussi bien par Damas, Moscou, que Téhéran. Sans oublier les dissensions évidentes en Irak voisin, où le gouvernement central avait dû démontrer toute sa détermination, avec le soutien de hauts militaires iraniens, pour forcer les Kurdes irakiens à reculer.

En Syrie —un pays qui, pour mémoire, a massivement accueilli des Kurdes, notamment en provenance d’Irak-, le gouvernement privilégiait jusque-là les négociations, en parlant d’une large autonomie pour la partie nord du pays, peuplée majoritairement de Kurdes. Moscou a également insisté sur la présence de représentants kurdes dans le processus de paix d’Astana, bien qu’Ankara le vît d’un mauvais œil. Certains de ces représentants avaient bien compris l’intérêt de telles négociations, dans le cadre d’une Syrie unie et libérée des terroristes. Mais d’autres ont préféré, un peu comme en Irak, devenir de simples marionnettes de l’establishment étasunien. Ils seront vraisemblablement les grands perdants dans cette situation.

Car après les annonces de la poursuite des livraisons d’armes américaines à ces groupes et à celle de la création par Washington d’une «Force de sécurité» à la frontière turco-syrienne, la Turquie hausse le ton et affirme qu’elle mettra tout en œuvre pour empêcher la création d’une telle «unité terroriste» à sa frontière. Des déclarations qui n’ont pas tardé à se traduire dans les actes avec l’opération «rameau d’olivier» en zone kurde. Une opération coordonnée au préalable avec la Russie, selon l’aveu même du président Erdogan, et confirmée par la visite à Moscou du chef de l’État-major et du chef des services de renseignement turcs.

La Russie a donc choisi de ne pas bloquer la Turquie dans cette opération. Et ce pour une raison simple: le chantage d’une partie des élites kurdes sous pression étasunienne ne passera pas. La main tendue par Damas et Moscou en direction des Kurdes syriens était pourtant claire: une plus large autonomie au sein d’une Syrie unie, défense commune du territoire. Un scénario totalement indésirable pour les faiseurs de guerre étasuniens et donc pour leurs suiveurs locaux. Aucune raison donc d’être surpris des conséquences de leurs prises de position.

Néanmoins, les représentants kurdes ouverts au dialogue sont toujours invités au Congrès des peuples de Syrie, voulu par les représentants syriens, russes, iraniens et turcs, dont les travaux de préparation sont déjà avancés et qui devrait avoir lieu très prochainement. Une étape très importante, peut-être même cruciale, pour la résolution politique de la crise syrienne, après l’anéantissement de Daech, celle d’Al-Qaida étant encore en cours.

Fait important à noter: malgré l’animosité qui persiste dans une certaine mesure entre Damas et Ankara, pour la première fois depuis le début de la crise en Syrie, la Turquie a informé par écrit le gouvernement syrien, au même titre que la Russie, du lancement de son opération militaire «Rameau d’olivier» contre les Kurdes. Ce ne fut pas le cas lors de l’opération «Bouclier de l’Euphrate», qui s’était déroulée dans le Nord syrien entre août 2016 et mars 2017, lors de laquelle les Turcs s’étaient limités à coordonner leurs actions avec la Russie et l’Iran. Là est toute la différence. Ceci confirme une fois de plus que, malgré le manque de confiance évident et pour des raisons légitimes de Damas envers Ankara, on approche le moment où les gouvernements des deux pays devront rediscuter en vue d’une normalisation de leurs relations. Moscou et Téhéran y contribueront indéniablement.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201801251034883244-kurdes-responsabilites/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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A quand Bush et Blair poursuivis pour crimes contre l’humanité ?

la guerre en Irak

Depuis les récentes révélations de John Chilcot sur le fait que la décision du Royaume-Uni et notamment de son ex-Premier ministre Tony Blair d’envahir l’Irak en 2003 en soutien de l’allié étasunien, était « loin d’être acceptable du point de vue légal », la question qui tracasse un certain nombre de personnes est la suite de ces révélations.

Beaucoup de personnes, aussi bien en Europe que dans le monde arabe se posent la légitime question de savoir si la justice dite internationale lancera des poursuites judiciaires à l’encontre des responsables de la guerre en Irak. Une guerre ayant fait pour rappel plus de 170 000 morts civils, sans oublier le chaos qui y règne encore jusqu’à maintenant. Cette question tracasse aussi bon nombre de familles des soldats US et britanniques tués au combat. Après tout, les nouvelles révélations confirment donc une fois de plus que l’intervention US/consorts en Irak était purement criminelle. Les pseudos armes de destruction massive n’ont jamais été trouvés. Le leadership US et britannique en premier lieu en portent donc entière responsabilité.

Cette question inquiète aussi grand nombre d’Africains, notamment d’Ivoiriens. Le président Laurent Gbagbo destitué par l’armée française en 2011 fait face en ce moment même à un procès à la fameuse Cour pénale internationale (CPI), de même que son ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé. Le tout en étant accusés de faits non seulement discutables mais qui n’ont de facto aucune base légale, connaissant l’histoire de la crise en Côte d’Ivoire depuis 2002. En effet, comment pouvoir expliquer qu’un chef d’Etat africain ayant tenté de défendre l’indépendance et la souveraineté de son pays se retrouve aux mains d’une justice prétendument internationale, pendant que les responsables de crimes contre l’humanité ayant fait plus de 250 000 morts (si en plus des civils on y ajoute les pertes des combattants), se baladent tranquillement en liberté et ne sont guère inquiétés? En cela se trouve toute la logique des élites occidentales.

On revient donc à cette fameuse « justice internationale » de La Haye. Un sujet que l’on n’avait pas abordé depuis quelques mois. La Haye vient d’émettre la « décision » que la Chine doit oublier ses intérêts en Mer de Chine. Une décision que de toute façon Pékin ne compte pas reconnaitre puisque il ne reconnait tout simplement pas cette juridiction. Bref, constat simple: cette « justice » n’attaque que les intérêts non-occidentaux et principalement ceux n’ayant pas forcément la possibilité de se défendre.

Cas intéressant est celui des USA. Les gendarmes auto-déclarés du monde apprécient beaucoup le « rôle » de la CPI comme instrument néocolonial de pression et de chantage, principalement envers les petites nations refusant leur diktat, mais jusqu’à maintenant n’ont toujours pas ratifié le statut de Rome, qui définit les règles de fonctionnement élémentaire de la Cour pénale internationale. D’autres pays, comme la France, apprécient eux aussi l’utilisation dudit instrument, notamment vis-à-vis de leurs anciennes (?) colonies africaines. Le cas de la Côte d’Ivoire nous le rappelle bien.

Pour revenir à Bush et Blair, la seule chose qui peut-être nous intéresser véritablement est d’observer la suite des événements, ou plutôt vraisemblablement l’absence d’une quelconque suite. Les leaders occidentaux continuent de connaitre l’impunité puisque tout le système post-guerre froide a été bâti sur des principes (si on peut parler de principes) dictatoriaux défendant coûte que coûte les intérêts néocoloniaux de l’Occident et attaquant tout autre qui oserait remettre cela en question.

Personnellement et une fois encore, je ne crois pas que des personnes responsables de crimes de masse comme Bush et Blair seront au banc des accusés dans un avenir proche. Le système de justice, ou plutôt d’injustice, internationale n’est pas prêt à subir une quelconque restructuration intérieure. Au contraire, plus on le remet en cause, plus les intéressés s’accrochent à ce qui reste encore de l’unipolarité. Que faire à notre tour? Les grandes puissances refusant ce système, de même que les puissances émergentes, doivent sérieusement réfléchir ensemble à mettre en place une alternative une bonne fois pour toute. Evidemment, cela ne se fait pas en quelques jours. Il faut énormément de travail, de coordination et de consensus. Mais ce n’est pas impossible.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201607131026641056-bush-blair-irak/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Victimes du terrorisme : pour le mainstream toujours loin d’être égales

Hommage aux victimes d'un terrible attentat sanglant a frappé l’Irak

Malheureux de revoir une énième fois à quel point le degré d’attention peut-être différent envers les victimes du terrorisme, en fonction du pays auquel ils appartiennent.

Lorsqu’on avait assisté à l’attaque terroriste d’Orlando, le buzz du mainstream s’est poursuivi des jours durant. Elites politiques, médiatiques, « éminents » experts du monde occidental, tous ne cessaient de condamner de la plus vive des manières ladite attaque. Il faut tout de même rappeler que cette attaque qui a fait 49 morts et 53 blessés a touché une ville étasunienne, et en addition à cela un club de la communauté LGBT. Le buzz était donc assuré.

Puis nous avons eu droit à l’attaque djihadiste qui a visé un restaurant de la capitale du Bangladesh, Dacca: 20 tués, en majorité étrangers, principalement des Italiens et des Japonais. Une attaque également revendiquée par le groupe Etat islamique. Le buzz était déjà moins important. La question à se poser aussi y-aurait-il eu une attention quelconque si la majorité des victimes auraient été locales? Connaissant l’approche particulière des médias occidentaux en ce sens, il faut bien se poser cette question.

Et puis tout dernièrement, un terrible attentat sanglant a frappé l’Irak, toujours l’œuvre de Daech, avec plus de 200 morts. L’une des plus sanglantes attaques terroristes de la secte takfiriste, plus que jamais sous pression depuis les revers sur les fronts syrien et irakien. Ici, nous n’avons observé pratiquement aucune marque de solidarité sérieuse. Et après cela, on se demande juste comment cela est possible?

On avait parlé précédemment du degré fortement différent des approches médiatiques mainstrimoises selon l’appartenance ethnique des victimes. Les exemples n’ont jamais manqué: l’énorme buzz pour Charlie Hebdo et presque une banalité lorsque cela frappe la Syrie, l’Irak, la Libye, le Nigeria ou le Pakistan. Le temps passe mais vraisemblablement les approches ne comptent guère évoluer. L’exceptionnalisme occidental a la tête dure. Et bien que nombre de personnes en Occident s’indigent de plus en plus de telles approches, les élites elles poursuivent leur ligne sans aucune morale.

Il est vrai que depuis l’invasion US & consorts de 2003 en Irak, la violence y est devenue monnaie courante. Mais est-ce une raison valable pour ne pas accorder l’attention que cela mérite? Les plus de 200 victimes irakiennes valent-elles moins que la cinquantaine d’Orlando? A notre avis certainement pas. Il est à croire qu’il y a aussi une autre raison pour un tel manque d’attention. Les liens importants des autorités irakiennes avec celles d’Iran ne plaisent évidemment guère à l’administration de Washington, et donc du reste (des suiveurs).

Bref, le monde des élites occidentales n’est pas prêt à suivre les évolutions du monde contemporain. A savoir d’un monde multipolaire, où chacun a droit à sa dignité et où on ne fait pas de différence selon l’appartenance ethnique ou religieuse de la personne. C’est le monde que la grande majorité de l’humanité souhaite. Ce monde est déjà là. Bien que s’oppose ardemment à lui les restes de l’unipolarité, refusant de reconnaitre l’avènement du nouvel ordre.

Pour revenir aux victimes du terrorisme, puisque c’est d’elles qu’il s’agit en premier lieu, nous ne faisons pas de différence entre elles sur une base ethnique, confessionnelle ou raciale. Cela n’est pas humain. Et tant qu’il y aura ceux qui poursuivront leur lignée néocoloniale envers le reste du monde, il y aura toujours ceux qui répondront à ces défis.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201607061026444935-terrorisme-victimes-irak/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Lutte contre le terrorisme et le respect de la souveraineté des Etats

La campagne anti-terroriste russe en Syrie bat son plein et les résultats sont plus qu’encourageants, surtout en tenant compte du début tout récent de cette campagne.

Beaucoup de voix s’élèvent pour dire que la Russie en à peine deux semaines de frappes contre les positions terroristes en Syrie a obtenu des résultats concrets et efficaces, à la grande différence de la coalition menée par les Etats-Unis, avec leurs alliés européens et de certains pays du Golfe, qui prétendent « lutter » aussi contre Daech, depuis plus d’un an. En effet, l’Etat islamique, le Front al-Nosra (filiale d’Al-Qaïda) et les autres groupes salafistes ne se sont probablement jamais portés aussi mal qu’actuellement. La panique atteint grand nombre de terroristes, beaucoup d’entre eux fuient vers la frontière turque pour s’y réfugier, d’autres se préparent carrément à quitter le théâtre des opérations pour rejoindre leurs pays d’origine, notamment européens. Cela est confirmé par les services de renseignement syrien. Et tout cela, après le début de la participation russe aux combats contre les terroristes.

Revenons à la « coalition » étasunienne. Etonnant tout de même qu’après plus d’une année « d’action », les terroristes non seulement n’ont pas été affaibli, mais au contraire n’ont fait que se renforcer, étendre leur contrôle sur nombre de territoires, et activement développer leurs activités commerciales. Comment expliquer d’une façon censée cette différence de résultats, d’autant plus lorsque ceux n’ayant rien obtenu de concret, avait l’avantage évident du timing?

La première raison est la motivation. Les Occidentaux, USA en tête, leurs alliés européens (Grande-Bretagne, France) et du Golfe (Qatar, Arabie saoudite) n’avaient jamais caché que leur but principal en Syrie était de se débarrasser du président Bachar al-Assad, leader arabe laïc et patriotique. Les discussions côté occidental sur la nécessité de combattre Daech n’ont commencé que lorsque le niveau des atrocités commises par cette secte a atteint des proportions énormes et que leurs exactions barbares ont été découvertes au grand jour par l’humanité (tout en fermant les yeux sur les crimes et exactions des autres groupes takfiristes). La Russie de son côté est restée fidèle à ses principes. Dès le début de la crise syrienne, elle n’a pas caché son soutien au gouvernement légitime de Syrie. Ce soutien se caractérisait par un soutien diplomatique, humanitaire et par la livraison d’armement. Et n’a pas changé sa position en réaffirmant la priorité de combattre le terrorisme.

L’autre raison concerne la coordination des frappes aériennes contre les terroristes avec les troupes au sol. Et sur ce plan-là également, la Russie a un avantage de taille. L’aviation russe coordonne directement ses frappes avec l’Armée arabe syrienne. Et n’est intervenue qu’après réception d’une demande officielle émanant du gouvernement syrien. Rien de tel côté occidental & golfiste. Plus encore, ces derniers ne possèdent aucun mandat de l’ONU pour mener des frappes en Syrie. Mais après tout, est-ce si nouveau? En 2003, lorsque les USA avaient accusé l’Irak de Saddam Hussein de posséder des armes de destruction massive, l’ONU n’avait accordé aucun mandat aux USA pour envahir ce pays. Peu importe, les USA & satellites le feront malgré tout. Les prétendus armes de destruction massive ne seront jamais trouvés. Le pays sera néanmoins déjà envahi et en très grande partie détruit.

Cette différence d’approche pousse aujourd’hui justement le voisin de la Syrie, l’Irak, à réfléchir sur une éventuelle demande à la Russie de bombarder les positions des terroristes en territoire irakien. La volonté a déjà été exprimée par le premier ministre irakien, Haider al-Abadi, lors d’un échange avec France 24. Le ministre irakien de la Défense, Khaled al-Obaidi, partage aussi cette opinion. La Russie de son côté avait déclaré via le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, que si l’Irak transmettait, à l’instar de la Syrie, une demande officielle en ce sens, la Russie l’étudierait avec le plus grand soin.

Comme quoi la lutte anti-terroriste russe séduit et pour deux raisons principales: son efficacité et le respect de la souveraineté des pays concernés. La Russie ne se permet pas d’intervenir à droite ou à gauche sans avoir été invitée. Le terrorisme est un défi pour toute l’humanité, mais là aussi il faut avoir d’une part une approche franche et non pas hypocrite comme certains. Et coordonner le tout avec les gouvernements des pays en question. Voilà la différence.

Certains hystériques tenteront de faire reparler de l’Ukraine, certes un peu oubliée ces temps-ci, en accusant une fois encore la Russie d’être soi-disant intervenue dans le Donbass. Le problème pour ces propagandistes, c’est que jusqu’à maintenant personne n’a pu présenter ne serait-ce qu’un semblant de preuve valable sur la prétendue « présence » russe dans le Donbass, pas même l’OTAN.

Pour revenir à l’approche russe dans le combat contre le terrorisme en Syrie et conclure, il faut dire que cette approche séduit également en dehors de la région du Moyen-Orient. Notamment en Afrique. Le Cameroun par exemple dont les forces armées mènent une lutte sans relâche contre la secte islamiste de Boko Haram ont déjà pu apprécier le soutien militaire russe, après n’avoir obtenu aucun soutien véritable de la part des « partenaires traditionnels ». Des partenaires traditionnels qui risquent d’être revus par nombre d’Etats africains dans un avenir plus ou moins proche.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151013/1018807556/terrorisme-lutte-russie-syrie.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Bachar al-Assad, la seule option possible

Portrait de président syrien Bashar al-Assad, Damas, Syrie

A l’heure où la Syrie est de nouveau au premier plan, non sans la crise des migrants comme l’une des raisons à cela, et au moment des nombreuses discussions occidentales sur la présence militaire russe en Syrie, il serait juste une fois encore de remettre plusieurs points sur les « i ».

Les élites occidentales s’enfoncent une fois de plus dans la contradiction pure et simple. Et même les spécialistes occidentaux, loin d’être pro-russes ou pro-syriens, commencent par l’avouer. D’un côté, les leaders occidentaux affirment leur volonté à combattre l’Etat islamique, de l’autre continuent encore de réclamer le départ du président syrien Assad.

Mais ce n’est de loin pas la seule contradiction observée. Tout d’abord, souvenons-nous de l’invasion US et consorts en Irak, en 2003 (à une époque d’ailleurs lorsque un pays comme la France ne faisait pas automatiquement le suiveur de la politique étasunienne). Il a fallu bien peu de temps aux forces de cette coalition pour arriver à leur fin, à savoir faire chuter l’Irak Baathiste et son leader Saddam Hussein. Certains diront à juste titre que c’était une opération terrestre et c’est vrai. Mais on a eu aussi il y a quelques années la Libye. L’OTAN, qui menait les opérations de bombardement du territoire libyen en visant les forces de l’armée régulière, n’a eu en outre aucun mal à détecter et viser le cortège où se trouvait feu colonel Mouammar Kadhafi. On connait la suite.

Et en Syrie malgré toutes les déclarations déclarées de mener la guerre à l’EI en bombardant ses positions, on a vraiment dû mal jusqu’à maintenant (pourtant ce n’est pas la volonté qui manque) à voir un quelconque résultat notable. Certains diront même que ces bombardements nuisent plus aux forces gouvernementales de l’Armée arabe syrienne, sans oublier les civils, qu’aux terroristes. Il y a donc de quoi à se poser des questions: quelle est la véritable cible de la coalition occidentalo-golfiste? Les barbares de l’EI ou les militaires syriens avec Bachar al-Assad? Sans oublier l’implication d’Israël qui a maintes fois bombardé les positions de l’armée syrienne, sans jamais toucher aux terroristes. Etonnant?

Autre question tout aussi importante. Les élites de l’Occident jouant aux aveugles affirment jusqu’à maintenant que la Syrie n’aura pas d’avenir avec Assad. Le problème c’est que jusqu’à maintenant ils n’ont aucune alternative à proposer. Absolument aucune. Tous les groupes soi-disant non liés à l’Etat islamique et combattant également l’armée régulière de Syrie, les Occidentaux les appellent eux-mêmes être « des islamistes modérés ». Assez incroyable comme notion. C’est vrai qu’en terme de barbarie et de cruauté, difficile de concurrencer l’EI (même Al-Qaida est devenue un peu ringarde), mais en suivant cette « logique », on arrive à croire qu’il devient presque possible de classer les terroristes en plusieurs groupes, selon leur niveau de radicalité ou de « modération »: terroristes modérés, semi-modérés, plutôt modérés, pas vraiment modérés, pas du tout modérés, radicaux, ultra-radicaux et ainsi de suite. Cela peut même paraitre drôle pour certains, si derrière cette pseudo-logique il n’y avait pas des centaines de milliers de vies en jeu. Mais l’Occident vraisemblablement ne peut plus faire marche arrière, de peur de se retrouver une fois de plus dans le ridicule. Même si parfois il est bien mieux de reconnaitre ses erreurs, ne serait-ce que pour sauver tellement de vies humaines.

Maintenant pourquoi le président al-Assad reste la seule option possible? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord car il reste le leader légitime de son pays. Un pays pour rappel indépendant et souverain. D’autre part, car il est bien soutenu par la grande majorité de la population, aussi bien en Syrie qu’au sein de la diaspora syrienne. Qui le dit? Le rapport datant de 2013 (alors que la Syrie était déjà en pleine guerre) de la CIA (!) repris entre autres par Wikileaks et un certain nombre de médias, qui confirme que le président Assad aurait au moins 75% de soutien de la part de ses concitoyens. Alors après, les « bienpensants démocratiques » devraient nous répondre à une question: de quel droit un leader ayant le soutien avéré des ¾ de son peuple peut être considéré « illégitime » (terme employé par plusieurs chefs d’Etat occidentaux)?
Un autre exemple confirmant lui aussi la légitimité d’Assad et lié à l’aspect ethnico-religieux. On sait qu’il appartient à la minorité religieuse alaouite, qui représente à peu près 20% de la population de Syrie. L’Occident tente par tous les moyens de faire croire que c’est cette minorité qui dirige, les autres représentants ethniques et religieux seraient soi-disant tous ou presque opposés à elle. Pourtant, la grande majorité des Syriens (environ 75%) sont eux musulmans sunnites, 10% sont chrétiens. Alors en analysant ne serait-ce qu’avec un minimum de logique, les 20% d’alaouites et les 10% de chrétiens ne pourraient jamais assurer à Assad une si longue résistance si la grande majorité des musulmans sunnites syriens n’étaient pas eux aussi majoritairement derrière leur président. Cela est tout simplement impossible. L’Armée arabe syrienne est également fort représentative de ce puzzle multiethnique et multiconfessionnel de la Syrie. La grande majorité des militaires syriens sont eux aussi musulmans sunnites. Et il serait tout simplement illusoire de croire que si ces militaires sunnites ne soutenaient pas eux aussi Assad et avec une telle ardeur, jamais il n’aurait pu tenir ne serait-ce que quelques mois.
Donc la propagande occidentale s’écroule comme un château de cartes, notamment sur le fait que la Syrie serait dominé par un « dictateur » (un dictateur ayant tout de même 75% au moins de soutien, y compris au sein de la diaspora, y compris celle vivant en Occident) et que c’est une minorité religieuse qui impose sa volonté aux autres. Tout cela est faux. La Syrie, en plus d’être l’un des berceaux de l’humanité, c’est aussi un pays multiculturel, multiethnique et multiconfessionnel. Mais c’est aussi fort malheureusement un pays martyrisé depuis plusieurs années maintenant par la volonté unipolaire du néocolonialisme occidental et le salafisme importé du Golfe et de quelques autres pays. Et dans ce pays de la diversité, un homme continue de représenter l’unité de tous les Syriens, peu importe leur appartenance ethnique ou religieuse et qu’ils soient musulmans sunnites, alaouites, chiites, chrétiens ou yézidis. C’est bien Bachar al-Assad. Les dirigeants occidentaux devront donc bien à un moment ou un autre reconnaitre cette réalité que beaucoup de Syriens tentent de leur faire entendre. Et une réalité qu’ils devront accepter. Entre temps, il faut se débarrasser des terroristes égorgeurs. Et pour cela, aux côtés de l’armée syrienne et du peuple de Syrie, ce sera vraisemblablement une autre coalition.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150917/1018226891.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Situation en Irak : résultat de la politique US & consorts

Situation en Irak : résultat de la politique US & consorts

Les derniers jours sont marqués par la situation catastrophique en Irak. Ce pays martyr ayant déjà tant souffert de l’occupation impérialiste étasunienne, ainsi que de leurs satellites, des attentats extrémistes pratiquement quotidiens, de la division confessionnelle d’un pays longtemps uni, des centaines de milliers de morts au sein de la population civile et des millions de réfugiés éparpillés aux quatre coins du monde, aujourd’hui se retrouve de nouveau martyrisé. Par qui ? Par les mêmes qui martyrisent la Syrie, avec la bienveillance des élites politiques, médiatiques et financières occidentales.

Il était plus qu’étonnant de lire, d’écouter et de regarder les principaux médias occidentaux ces derniers jours, notamment CNN. A les en croire, ils sont tous tellement préoccupés par la situation en Irak. Hypocrisie encore et toujours, même pas voilée. En effet, les analystes de la chaine étasunienne CNN parlent d’une situation très compliquée, dans « ce qu’il reste de l’Irak »…Tout en oubliant de mentionner qui a créé ce chaos dans ce pays tantôt prospère et uni.

De même qu’en oubliant de rappeler l’occupation de ce pays, civilisation millénaire, détruit et anéanti par la barbarie néocoloniale, et en premier lieu par celle du pays qu’ils représentent : les USA. En général et comme d’habitude, du « vrai journalisme objectif ». Pourtant, personne aujourd’hui ne se fait plus d’illusions sur les raisons de l’occupation étasunienne de l’Irak. Les contes de fées sur les armes de destruction massive jamais trouvées nous rappellent à juste titre les vraies « raisons » de l’intervention occidentale : pillage des ressources naturelles et culturelles de l’Irak, ainsi que le désir de se débarrasser des leaders menant une politique indépendante, qui ne s’accorde pas avec la vision de l’ex-principale puissance mondiale.

Aujourd’hui, les terroristes salafistes de l’ISIS (Islamic State in Irak and Syria), dont le but est de créer un califat islamique en Irak et en Syrie (comme leur nom l’indique étant très actifs dans les deux pays), sont finalement présentés par les médias US comme de dangereux extrémistes. Pourtant, n’est-ce pas les mêmes qu’ils présentaient hier encore comme « des combattants de la liberté » en Syrie, luttant contre la « dictature de Bachar al-Assad » ? En général et comme on dit, le ridicule ne tue pas sauf que dans le cas de la politique US & consorts, le ridicule tue justement. Et tue massivement, des Etats et nations toutes entières.

La situation actuelle en Irak est effectivement plus que préoccupante. Le pays est de nouveau en proie à une violence hyper active, et les criminels salafistes après avoir occupé plusieurs principales villes du pays, dont Mossoul (deuxième ville de l’Irak), avancent aujourd’hui sur trois fronts vers la capitale Bagdad. Vraisemblablement après avoir échoué en Syrie face à l’Armée arabe syrienne et les unités d’auto-défense populaires, les salafistes auraient-ils décidé de faire passer leur rage et leur désir de massacres sur l’Irak voisin ? Oui, mais pas seulement.

En général, ces extrémistes ont en effet pour but de créer un califat islamique aussi grand que possible. Peu importe si à un moment ou un autre, il faut le faire avec l’appui des USA et des autres puissances occidentales, ou encore Israël. Mais comme on le disait déjà, ce genre « d’alliances » sont de courtes durées, chacun poursuivant son propre objectif. La seule véritable chose qui les rassemble est de semer le chaos aux quatre coins du monde.

« L’inquiétude » donc des élites occidentales, politiques comme médiatiques, quant au sort de l’Irak, n’est qu’une hypocrisie supplémentaire. La tragédie que vivent différents peuples à travers la planète, dont irakien et syrien, n’est que le résultat de cette politique raciste, néocoloniale et hypocrite par-dessus tout. Mais le monde a énormément changé. Les USA & compagnie ne sont plus les maitres du monde, et ils le savent parfaitement. Et le chaos qu’ils ont semé dans différents pays, va devoir être résolu par les peuples de ces pays, probablement avec l’assistance des puissances respectant la souveraineté des Etats, dont les pays des BRICS.

Pour le moment, nous continuerons à suivre attentivement la situation en Irak et en Syrie. Tout en sachant que ce n’est pas demain qu’un pays nommé USA, cessera ses « alliances » avec des extrémistes de tout bord, intégristes salafistes ou néonazis, partout où cela l’arrange (ou plutôt où cela arrange ses « élites »). A l’humanité toute entière donc de faire entendre sa voix et de faire rempart face à cette politique criminelle. Beaucoup trop de peuples ont été martyrisés au fil de l’histoire récente et moins récente, et ce pratiquement dans toutes les régions de notre planète, sans exception. Il est grand temps de dire : stop !

http://french.ruvr.ru/2014_06_15/Situation-en-Irak-resultat-de-la-politique-US-consorts-9014/

Mikhail Gamandiy-Egorov