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Aux faux-partenaires – des réponses fermes

En l’absence de respect des engagements de la part de l’Occident, la Russie sera certainement amenée à prendre toutes les mesures nécessaires, et ce aussi bien dans le cadre national qu’en coordination avec ses alliés, pour assurer sa propre sécurité, ainsi que dans le cadre de la défense de l’ordre international multipolaire.

Les pays occidentaux doivent immédiatement donner à Moscou des garanties de sécurité et c’est de cela dont dépendra l’évolution future de la situation sur la scène internationale. C’est ce qu’a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors de sa grande conférence de presse annuelle.

Le dirigeant russe a déclaré que ce n’est pas le cours des négociations sur cette question qui importe pour Moscou, mais le résultat: «Vous exigez de moi des garanties, mais c’est à vous de nous les donner, immédiatement, maintenant», a-t-il souligné en répondant à une question d’une journaliste britannique.

Durant ladite conférence de presse, Vladimir Poutine a rappelé également comment l’Otan a menti à l’URSS dans les années 1990 quant au non-élargissement de l’alliance atlantiste vers l’Est, et que depuis cinq vagues d’élargissement de l’Otan avaient eu lieu. A ce sujet, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev avait maintes fois déclaré avoir reçu des promesses fermes quant au fait que l’Otan respecterait ses engagements sur la question du non-élargissement.

Evidemment, le dernier leader de l’URSS porte une part de responsabilité indiscutable quant au fait d’avoir fait confiance à l’Occident sans prendre en retour des engagements écrits des dirigeants otanesques. Mais il n’empêche que cela n’enlève rien au fait que de quelconques promesses, et souvent même sur le papier, données par l’establishment occidental – ne signifient absolument rien dans les faits et gestes. Les dossiers internationaux qui confirment cette vérité ne manquent aucunement. Les plus récents étant la Libye de Mouammar Kadhafi, l’Ukraine avec le soutien au coup d’Etat armé du Maïdan (suite justement aux garanties occidentales données au président ukrainien Ianoukovitch), sans oublier le dossier du nucléaire iranien.

Dans ce dernier dossier l’hypocrisie occidentale est une fois de plus parfaitement à découvert: nous violons l’accord mais on hurle haut et fort que c’est aujourd’hui l’Iran qui en serait le «violateur»…. Tellement typique de la part de ceux qui continuent de prétendre à être «exceptionnels» et à représenter la prétendue communauté internationale – en étant une extrême minorité planétaire, comme l’a d’ailleurs si bien souligné récemment Wang Wenbin, le porte-parole chinois des Affaires étrangères, en appelant par ailleurs à mettre fin à cette arrogance extrême occidentale.

Ceci étant dit et en passant maintenant aux perspectives, si bien même que l’Occident politique allait donner des garanties – connaissant la particularité de l’establishment atlantiste et la mentalité qui en ressort, il serait certainement erroné de pouvoir penser que les mêmes personnages respecteront leurs engagements, comme ils l’ont déjà si fortement démontré au cours des années 1990 et même par la suite.

Ce qui enrage aujourd’hui particulièrement l’establishment occidental, c’est qu’au-delà de devoir faire face à une chute d’influence à l’international sans précédent dans le cadre de l’ère multipolaire, il doit d’autant plus vivre avec l’intransigeance de Moscou, Pékin et Téhéran, entre autres. Les faux sourires hypocrites n’impressionnent pas, tout comme les fausses déclarations de vouloir bâtir des relations prévisibles.

Dans la situation internationale actuelle, y compris celle qui concerne la sécurité des frontières russes et eurasiennes, il est à penser que face à l’élargissement otanesque et une proximité immédiate des troupes US, la meilleure réponse qui puisse être reste une présence militaire efficace près des frontières étasuniennes.

Evidemment, cela ne doit aucunement faire diminuer les mesures de dissuasion en Europe, où l’UE applique de-facto à la lettre les prérogatives washingtoniennes, mais il demeure particulièrement important de faire désormais ressentir la présence armée des principaux adversaires à l’axe des nostalgiques de l’unipolarité – directement aux frontières US.

Evidemment, certains «bien-pensants» et faux pacifistes, les mêmes qui d’ailleurs n’avaient exprimé aucun regret suite aux destructions de l’Irak, de la Libye et de nombre d’autres pays, crieront que cela ne fera qu’attiser un niveau supplémentaire de tensions internationales. La réalité est pourtant autre: le champion indiscutable du chaos international réfléchira au contraire plus de trois fois avant de pouvoir engager ses sous-traitants vers de quelconques actions dangereuses.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Construire et non pas détruire: la Chine accroit son influence au Moyen-Orient

Les sociétés étatiques chinoises ont signé un accord avec les autorités irakiennes pour la construction d’un millier d’écoles qui représenteront vraisemblablement que la première tranche dudit accord. Pour Bagdad – il s’agit de restaurer avec l’aide de la Chine son système éducatif détruit après des années de guerre et d’interventionnisme. Pour Pékin – d’accroître encore plus son influence dans la région stratégique du Moyen-Orient.

En effet, la République populaire de Chine a une chance assez unique de considérablement augmenter son influence dans la région concernée. Et de mettre une fois de plus en pratique son approche à l’international – construire, et non pas détruire. Avec un clin d’œil évident à Washington.

Il faudrait également rappeler que l’Irak attire aujourd’hui le plus d’investissements chinois dans la région. Et avec le nouvel accord en question – la Chine a la chance non seulement de mettre à profit ses capacités qui ne sont plus à démontrer en matière de construction des infrastructures, mais également de contribuer à remettre sur les rails un secteur stratégique pour toute nation qui se respecte – celui de l’éducation. A ce titre, il serait certainement juste de faire le rappel qu’avant l’agression US contre l’Etat irakien de 2003, le pays pouvait se vanter d’avoir l’un des systèmes éducatifs les plus développés de la région et du monde arabe de façon générale.

Evidemment, il y a d’autres aspects qu’il faut prendre en compte. Comme le fait que la Chine est devenue le principal client du pétrole irakien (5ème producteur mondial). Ou encore que malgré des années d’occupation étasunienne, la présence de cette dernière en terre irakienne ne sera évidemment pas éternelle. A un moment ou un autre, Washington devra plier bagage, et partir du pays ayant été plongé si longtemps dans le chaos par ses «soins». D’autant plus que le parlement irakien a explicitement formulé cette demande, après le lâche assassinat par les USA du général iranien Qassem Soleimani et du chef des Kataeb Hezbollah Abou Mehdi al-Mouhandis, à l’aéroport international de Bagdad.

Là aussi, ce n’est pas tout. L’Iran et l’Irak partagent des relations d’alliance très solides. Et à l’heure de la montée en puissance du triumvirat Chine-Russie-Iran – à l’échelle aussi bien régionale qu’internationale – il devient évident qu’une plus large participation économique chinoise sera la bienvenue. Aussi bien d’ailleurs en Irak, qu’en Syrie, entre autres.

Il est à noter qu’après la réalisation de la première tranche de construction d’écoles déjà annoncée, les opérateurs chinois seront vraisemblablement sollicités à construire 7000 écoles supplémentaires. En d’autres termes – le constat est sans appel. Entre les actions US en Irak comme dans toute la région, et celles de la République populaire de Chine, on comprend vite qui est le destructeur, et qui le réparateur.

Néanmoins, Washington sans surprise poursuivra très certainement sa rhétorique sur une «Chine expansionniste», dans le même style que celle visant Moscou ou Téhéran. Il n’empêche que les années de résistance à la présence US, ainsi que le manque total d’efficacité de cette dernière lors du déferlement des terroristes de Daech, n’en sont que des preuves supplémentaires quant au fait qu’à l’instar de l’Afghanistan, les troupes US devront déguerpir d’Irak.

Il y a un autre point qui a également toute son importance. Si Washington peut, à juste titre, être considéré comme le champion dans la propagation du chaos à l’international, à travers de longues années d’agressions néocolonialistes en terres étrangères, de même que dans le vol des ressources naturelles dans les pays concernés par ces agressions, la résistance contemporaine et la récente réalité géopolitique, mais également géoéconomique, mondiale – résolument multipolaire, auront démontré toutes les limites d’une telle approche des convaincus à prétendument être «exceptionnels» et ne pas à avoir rendre des comptes.

En ce sens, les troupes d’occupation US auront déjà démontré être dans l’incapacité à faire face à la résistance populaire, malgré les énormes moyens militaires à leur disposition. D’autre part, cette incapacité à sécuriser les pays détruits par leur propre interventionnisme, ne créent pas le climat nécessaire pour que des entreprises étasuniennes un tant soit peu sérieuses puissent considérer à s’y aventurer.

Mis à part évidemment les quelques compagnies liées à des firmes de mercenariat US. Et qui de par leurs actions d’exploiter illégalement des ressources naturelles d’Etats souverains, comme notamment en Syrie, ne sauront éternellement pouvoir expliquer à leurs propres concitoyens les dizaines de milliards de dépenses du budget national dans des opérations à l’étranger, en vue de pouvoir simplement enrichir quelques hauts gradés de l’establishment politique ou militaire US.

Aussi, le fait que les principaux défenseurs et promoteurs du concept multipolaire international aient largement haussé le ton – démontre définitivement que le contrepoids à l’unilatéralisme occidental non seulement existe fermement, mais sera appelé à prendre encore plus de poids dans les années à venir.

Faut-il pour autant espérer que Washington déguerpisse de toute la région très rapidement? Certainement pas. Mais l’Irak sera déjà une nouvelle étape fort importante. Quant à la Chine, de même que les nations alliées, elles sauront certainement en qualité de grandes civilisations mondiales à démontrer qu’un pays quel qu’il soit a besoin avant tout de sécurité et de développement. Et non pas d’interventions néocoloniales sous faux couvert «humanitaire-démocratique».

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Diplomatie chinoise: l’ère de l’impunité pour les USA est terminée

La Chine continue de hausser le ton face aux nostalgiques du système unipolaire. Les récentes déclarations de la diplomatie chinoise ont été vues par de nombreux analystes comme un sérieux avertissement vis-à-vis de Washington et de ses supplétifs. Mais aussi et peut-être surtout comme une mise au point définitive quant à l’avenir des affaires internationales.

Les Etats-Unis, leurs alliés occidentaux et certains de leurs supplétifs ont beau prétendre à continuer de s’autoproclamer «communauté internationale», à organiser des pseudo-sommets de la «démocratie» – la réalité multipolaire, elle, ne compte aucunement reculer. Et dans cette réalité, à défaut de l’accepter convenablement – il faudra apprendre à une extrême minorité planétaire à connaitre sa place dans le monde… en qualité d’extrême minorité planétaire.

A ce titre, il serait très intéressant de prêter attention aux toutes récentes déclarations de Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères: «Nous condamnons l’intervention militaire brutale des Etats-Unis en Afghanistan, en Irak, et en Syrie au nom de la « démocratie«  et des « droits de l’homme« . Nous appelons la communauté internationale à enquêter sur les crimes de guerre de l’armée étasunienne consistant à tuer des civils innocents dans le monde et à la tenir responsable de ces crimes».

En ajoutant des éléments très importants: «La justice peut être retardée, mais elle ne sera reniée. L’ère durant laquelle les USA agissaient de façon arbitraire dans le monde sous le prétexte de la prétendue « démocratie«  et des « droits de l’homme«  est terminée. Le jour de rendre des comptes finalement viendra pour l’armée US qui a commis les crimes de tuer des civils innocents dans de nombreux pays».

Maintenant, abordons les perspectives. Tout d’abord, il devient aujourd’hui évident que nos prévisions se sont une fois de plus confirmées. Déjà en février dernier et à l’heure où de nombreux analystes et experts présageaient une amélioration des relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche, Observateur Continental a publié une analyse qui indiquait que rien ne présageait au contraire de nettes améliorations dans ces relations. En rappelant notamment que face à la poursuite de l’arrogance dans la politique étasunienne, Pékin continuera à défendre ses intérêts nationaux et à promouvoir la réalité multipolaire mondiale. Ces prévisions se sont largement confirmées.

D’autre part et au moment où certains pouvaient penser que la Chine – tout en étant une superpuissance économique internationale ne se focalisera pas particulièrement sur le volet géopolitique ont là aussi eu tout faux. La République populaire de Chine a au contraire largement accepté son rôle de superpuissance également géopolitique, et a inlassablement raffermi ses alliances avec les autres principales puissances mondiales non-occidentales, parmi lesquelles la Russie et l’Iran.

Enfin, les déclarations récentes de la haute diplomatie chinoise confirment tout simplement que la Chine est effectivement passée à la contre-offensive. L’appel à faire porter la responsabilité aux USA pour les crimes commis à divers endroits de la planète, ainsi que la mise au point sans équivoque que l’ère de l’injustice unipolaire est bel et bien révolue – ne nécessitent pas de commentaire supplémentaire.

Dans ce paradigme de la réalité internationale contemporaine – l’Occident politique pourra alors poursuivre ses gesticulations «moralisantes» autant qu’il souhaitera. Cela ne changera pourtant aucunement les bouleversements mondiaux: des bouleversements dans lesquels l’establishment occidental et ses acolytes devront apprendre à connaitre la place qui est la leur. Encore une fois – cette place est bien connue. Celle d’une minorité planétaire évidente, avec tout ce que cela implique. Y compris sur le plan économique – à l’heure où le poids de l’Occident dans l’économie mondiale ne cesse d’aller à la baisse. Un processus qui par ailleurs ne fera que s’accélérer dans les prochaines années et décennies.

L’Occident et ses suiveurs les plus radicaux avaient pourtant une chance assez unique de tenter à s’adapter à la nouvelle ère multipolaire. Mais les nombreux appels et rappels des nations partisanes de la multipolarité à l’encontre des nostalgiques de l’ordre unipolaire totalement dépassé – à revoir leur mentalité néocoloniale n’ont donné aucun résultat digne de ce nom. Ayant en face des patients inguérissables, il devient évident qu’une telle perte de temps n’apporte que des retards au véritable développement pour l’humanité.

Et en ce sens – les patients intraitables doivent être mis à l’isolement de l’écrasante majorité planétaire. Sachant d’autant plus qu’au sein de cette large majorité terrestre, on retrouve de nombreux citoyens de pays occidentaux – eux aussi adeptes de la multipolarité. La seule et véritable communauté internationale poursuivra donc sa grande marche en avant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Crise migratoire: la Pologne a-t-elle la légitimité de se positionner en victime?

Au moment des tensions montantes entre l’Union européenne et la Biélorussie, Varsovie tente de se positionner en victime des prétendues actions de Minsk et de Moscou. Pour autant, les responsables polonais semblent faire mine d’oublier leur responsabilité directe dans les diverses interventions occidentales otanesques. Des interventions en très large partie responsables des crises migratoires observées.

Alors que les responsables polonais, tout comme nombre de leurs collègues européistes, ne cessent d’accuser la Biélorussie, la Russie, mais également la Turquie, de la crise observée actuellement à la frontière polono-biélorusse, ces personnages devraient peut-être surtout se regarder objectivement dans le miroir et cesser de gesticuler de manière totalement hypocrite et mensongère.

Et dans le cas précis mentionné – la Pologne devrait faire profil bas – au même titre que ses collègues de nombre de pays occidentaux. Faut-il le rappeler – Varsovie a activement participé aux actions sous-traitantes pour le compte de Washington et de l’Otan en Irak, comme en Afghanistan? D’ailleurs le site du gouvernement polonais le rappelle ouvertement: 20 années de présence militaire en Afghanistan. Une présence achevée évidemment récemment suite à la déroute de la coalition occidentale en terre afghane, USA en tête.

En supplément de l’Afghanistan, la Pologne fut effectivement engagée en Irak, en soutien à l’invasion étasunienne. Petite question de rappel: d’où provient la grande partie des migrants aujourd’hui? Réponse: pour un large nombre d’entre eux – d’Irak et d’Afghanistan justement. Et ce n’est certainement pas à la Biélorussie – subissant des attaques, intimidations et tentatives de déstabilisation de la part de Washington, Bruxelles et de leurs supplétifs d’Europe de l’Est – de porter une quelconque responsabilité quant à l’accueil des personnes fuyant des pays détruits par l’interventionnisme occidental et l’action de ses sous-traitants.

De façon générale et au-delà de la Pologne qui assume pleinement son rôle d’un des principaux sous-traitants de la politique étasunienne et otanesque en Europe, la question de la responsabilité quant au chaos propagé devrait être certainement étendue à tous les pays dont les gouvernements ont choisi une politique de sous-traitance vis-à-vis de l’establishment occidental. Et plus particulièrement encore lorsque cette sous-traitance ne se limite pas seulement à des campagnes de lobbying et autres «bienveillances» à l’égard des maitres, mais surtout lorsqu’il s’agit de contribuer au chaos et aux souffrances que doivent endurer nombre de peuples non-occidentaux, à divers endroits de la planète.

Et puisque l’Occident politique, dans son arrogance extrême et son refus de reconnaitre officiellement l’avènement de l’ère multipolaire, continue de s’autoproclamer comme étant soi-disant la communauté internationale – qu’il ne représente pourtant guère – et d’être le centre du monde «libre et démocratique», il devrait certainement donner l’exemple à toutes ces personnes en provenance de pays ayant tellement souffert du néocolonialisme occidental et de ses supplétifs.

Pour revenir maintenant à la Pologne – non, elle ne possède aucune légitimité de se plaindre de quoi que ce soit dans la situation actuelle. Car au-delà d’avoir activement participé aux souffrances infligées aux populations irakiennes et afghanes durant de longues années – Varsovie a joué, et continue de jouer, un rôle de premier plan dans les tentatives de déstabilisation de ses voisins, parmi lesquels – la Biélorussie.

Et peut-être qu’effectivement la situation qui prévaut actuellement à sa frontière orientale devrait servir de bonne leçon pour une Pologne ayant des ambitions démesurées, mais une capacité de réaliser quoi que ce soit de viable – nulle. Absence de souveraineté oblige. Et en parlant d’ailleurs d’immigration – n’est-ce pas les citoyens polonais qu’on retrouve parmi les migrants les plus représentés en nombre – dans nombre de pays étrangers, notamment au Royaume-Uni? Une situation pas très à l’honneur pour un Etat qui tente de créer le mythe d’être une puissance régionale. Pour le reste: l’arroseur arrosé dirait-on.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les USA: les faux apôtres de la démocratie

Au cours de plusieurs décennies, allant de la seconde moitié du vingtième siècle et jusqu’à aujourd’hui, Washington a été directement ou indirectement impliqué dans des agressions contre un large nombre d’Etats souverains. Les crimes commis, y compris de masse, n’ont pour autant jamais poussé l’establishment étasunien à de quelconques remords dignes de ce nom.

Depuis 1945, les Etats-Unis ont été impliqués dans une série d’interventions typiques pour ce que l’on appelle le néocolonialisme, et ce à divers endroits de la planète. La particularité de ces agressions, à la différence par exemple du régime nazi allemand, c’était de se positionner comme le porteur des idéaux de «liberté et de démocratie». Pourtant, les peuples ayant eu à subir ces attaques et ces violations de leurs souverainetés, n’ont obtenu que destructions et chaos.

Depuis cette période, la liste fut très large. Si les exemples de la Corée, du Laos, Vietnam, Cambodge, Angola, Grenade et Panama faisaient partie de la période liée à la guerre froide, ceux, plus récents, de la Yougoslavie, de l’Afghanistan, de l’Irak ou encore de la Libye – peuvent être considérés comme appartenant à la période sombre du concept unipolaire – apparu à la chute de l’URSS. Un concept fort heureusement désormais révolu.

Cela évidemment sans oublier les innombrables tentatives de renversement du gouvernement cubain et d’assassinat de son leader Fidel Castro (qui finiront tous comme des échecs pour les instigateurs), la participation au meurtre barbare et lâche du grand leader congolais Patrice Lumumba, le coup d’Etat contre le président chilien Salvador Allende, ou encore le soutien semi-voilé au régime raciste d’apartheid sud-africain de l’époque. En d’autres termes – des faits et gestes en faveur de tout – sauf de la liberté et de la démocratie.

Si chacune de ces agressions mériterait d’être détaillée en de longues pages, il serait certainement juste d’accorder une attention particulière au Vietnam, sachant qu’il y a 57 ans de cela, en août 1964, que débutait l’escalade de l’intervention criminelle étasunienne contre ce pays. Selon les propres aveux des responsables US, confirmés par les documents étasuniens déclassifiés, les objectifs des Etats-Unis dans leur intervention dans la partie sud du Vietnam étaient à 70% – dans le but d’éviter une défaite humiliante (pour la réputation internationale US). Et seulement à 20% – dans le but d’y empêcher «une prise en main chinoise, et enfin à 10% dans l’objectif déclaré – de permettre aux habitants du Vietnam du Sud de profiter d’un « mode de vie meilleur et plus libre».  

En d’autres termes, les belles paroles de soutien à la liberté et à la démocratie – n’ont été que de la poudre aux yeux pour tenter à voiler les véritables raisons de cette agression macabre. Au plus fort de cette guerre d’agression contre le Vietnam et son peuple, plus d’un demi-million de militaires étasuniens se trouvaient dans ce pays. Cette guerre sale dans le plus direct du sens de ce terme, ne visera pas seulement les forces armées de la République démocratique du Vietnam, ou le Front national de libération du Sud Vietnam, mais également et massivement la population civile vietnamienne – qui pour une large part d’entre elle, notamment dans la partie sud du pays qui n’était pas encore réunifiée avec la partie nord – sympathisait effectivement aux forces qui résistaient à l’agression étasunienne.

Le tribut payé par le Vietnam, aussi bien en termes de pertes civiles comme militaires, fut tout simplement énorme: plus d’un million de tués sur le plan militaire, et entre un et deux millions de civils massacrés. Mais les souffrances du peuple vietnamien ne s’arrêteront pas aux énormes nombres de personnes tuées. L’utilisation massive d’armes chimiques par les agresseurs US, notamment de «l’agent orange», a provoqué des conséquences catastrophiques non seulement pour l’environnement et la santé des personnes ayant été touchées, mais également pour les enfants vietnamiens qui verront le jour après cette guerre néocoloniale.

Selon Tran To Nga, l’une des victimes de cet herbicide utilisé massivement par les militaires US contre la population vietnamienne, et qui se bat depuis des années pour que ledit préjudice soit reconnu, les effets de l’intoxication se font aujourd’hui ressentir jusqu’à la quatrième génération après la guerre. Et qu’au moins 100 000 enfants vietnamiens à ce jour sont atteints d’anomalies congénitales sérieuses.

Evidemment et au-delà de la honte des pratiques US à l’encontre de la population vietnamienne, l’humiliation sera aussi à la hauteur des crimes commis. Car les plus d’un demi-million de militaires US ne viendront jamais à bout de la résistance du Vietnam – un Vietnam qui vaincra ses ennemis et obtiendra également la réunification de tout le pays, avec le soutien de ses alliés – dont la Chine, l’URSS ou encore Cuba, forçant les USA à une défaite totalement humiliante. Cette résistance victorieuse continue à ce jour d’être étudiée par les principaux spécialistes du domaine militaire.

Et c’est peut-être d’ailleurs aujourd’hui la raison, au-delà de la capacité de nombre d’Etats à résister efficacement, tout en promouvant activement l’ordre multipolaire mondial – du rejet de la politique occidentale par une large part des populations du monde. Y compris même à l’intérieur de l’Occident. Après tout, les faux apôtres ne pourront jamais porter le mensonge indéfiniment. Même s’ils continuent à se positionner en de gentils agneaux.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine appelle les USA à assumer leurs problèmes intérieurs

Pékin exhorte les Etats-Unis à améliorer leur propre situation en matière de droits de l’homme. Le tout au moment où Washington continue d’interférer dans les affaires intérieures d’Etats souverains.

Les Etats-Unis doivent faire face à leurs problèmes intérieurs profondément enracinés, dont la discrimination raciale et l’application violente de la loi, et prendre des mesures concrètes pour améliorer leur situation en matière de droits de l’homme. C’est ce qu’a déclaré Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Xinhua.

Ces remarques ont été faites lors d’un point de presse en réponse à une question selon laquelle la présidente de la Chambre US des représentants Nancy Pelosi, connue pour ses attaques contre la Chine, la Russie et nombre d’autres pays qui ne se trouvent pas dans l’orbite washingtonienne, a récemment rejoint les soi-disant «défenseurs des droits des Ouïghours», représentant une énième tentative d’interférer dans les affaires intérieures chinoises, notamment dans la région autonome ouïgoure du Xinjiang.

«Nous nous opposons fermement à l’attaque des Etats-Unis sur la politique chinoise concernant le Xinjiang et à leur ingérence dans les affaires intérieures de la Chine sous le prétexte de la question des droits de l’homme, et au mépris des énormes efforts de la partie chinoise pour protéger les droits de l’homme et promouvoir l’emploi des habitants du Xinjiang», a également déclaré le représentant diplomatique chinois.

En parlant de perspectives, y compris dans le cas plus particulier des relations sino-étasuniennes, pour le moment rien ne laisse donc entrevoir une amélioration digne de ce nom dans la relation Pékin-Washington. Si la Chine renvoie à juste titre les USA vers leurs propres et énormes problèmes intérieurs, à l’heure d’ailleurs d’une division sans précédent de la société étasunienne, il faudrait sans doute rappeler aussi que la présence US à divers endroits du monde continue d’être la source de problèmes de première importance.

C’est le cas notamment en Syrie, où la présence militaire étasunienne – en toute illégalité internationale, continue d’être une source de certains problèmes sécuritaires, y compris avec la recrudescence des éléments restants de Daech, dans une zone où se trouve justement une base US illégale. Cela sans oublier l’exploitation – elle aussi complètement illégale – de ressources naturelles syriennes par des compagnies US dans le nord-est du pays, en complicité avec certains éléments kurdes.

La présence étasunienne est également une source de sérieux problèmes chez le voisin de la Syrie – l’Irak. Pour rappel, le Parlement irakien avait voté en majorité le départ de toutes les troupes US de son sol suite à l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani et de son compagnon irakien Abou Mehdi al-Mouhandis. Cette décision date de janvier 2020. Les troupes US, elles, sont toujours en Irak.

Cette réalité de la politique étasunienne qui n’est vraisemblablement pas prête de changer, peu importe l’administration en place, contraste avec les toutes récentes déclarations du secrétaire d’Etat US Antony Blinken, qui a affirmé que les Etats-Unis «ne favoriseront pas la démocratie par des interventions militaires coûteuses ou en tentant de renverser des régimes autoritaires par la force». En ajoutant que les USA «ont essayé ces tactiques dans le passé et qu’aussi bien intentionnées soient-elles, elles n’ont pas fonctionné».

Le chef actuel de la diplomatie US n’a pourtant pas précisé si l’establishment de son pays allait cesser à utiliser les instruments des révolutions de couleur. Ceci étant dit et même s’il l’aurait affirmé, le croire serait pour le moins naïf. D’ailleurs, la reconnaissance même des échecs des interventions armées à divers endroits du monde n’a pas été faite dans le cadre d’un mea-culpa, mais plutôt d’une réalité amère pour l’élite étasunienne. Lorsque dans le cadre du monde multipolaire, nombre d’acteurs internationaux ont pris les choses en main dans le but de bloquer les interminables interférences, déstabilisations et agressions des USA vis-à-vis de nations souveraines.

En ce sens, le rappel à l’ordre des Etats-Unis par la Chine est sans aucun doute à saluer. Si la Chine, comme la Russie, l’Iran et d’autres grandes puissances indépendantes n’ont toujours pas fermé la porte à un dialogue honnête sur les principales questions internationales avec Washington, il n’empêche que si un tel dialogue éventuellement se maintiendra – ce ne sera pas sur la base de conditions unilatérales étasuniennes. Epoque et réalité contemporaines obligent.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: la plateforme d’Astana reprend ses travaux à Sotchi

La 15ème rencontre internationale du processus d’Astana sur la Syrie a repris ses travaux dans la ville russe de Sotchi. Malgré les critiques existantes dudit processus de la part de certains acteurs, notamment occidentaux – cette formule reste jusqu’à maintenant la plus efficace sur le plan d’actions concrètes pour la République arabe.

Le règlement politique en Syrie et le sort du Comité constitutionnel sont devenus les principaux sujets des premières négociations depuis plus d’un an dans le cadre du «format d’Astana», qui ont été déplacées du Kazakhstan dans la cité balnéaire russe de Sotchi en raison de la pandémie du Covid-19. Si jusqu’à présent, la mission principale de la plateforme d’Astana était de résoudre les questions sur le terrain, désormais les accents ont connu une certaine évolution.

Pour rappel, les pays garants de ces négociations entre le gouvernement syrien et les représentants de l’opposition dite modérée sont la Russie, l’Iran et la Turquie. Avec le Liban, l’Irak et la Jordanie qui participent aux travaux en qualité d’observateurs. La délégation onusienne participe également aux rencontres de la plateforme.

Avant le début de cette 15ème rencontre internationale du processus d’Astana, le représentant spécial du président russe pour la Syrie Aleksandre Lavrentiev a noté que les participants «comptent donner une certaine impulsion – non pas au travail du processus d’Astana en tant que tel, mais plutôt au processus de règlement syrien».

Si la situation sur le terrain a effectivement radicalement évolué au cours des dernières années – avec une reprise sous contrôle de la grande partie du territoire syrien par le gouvernement et la destruction des principales forces terroristes, les défis se maintiennent dans la République arabe, et ce pour plusieurs raisons. L’une d’elles étant la province d’Idlib, dont une partie échappe encore au contrôle du gouvernement. Mais plus que cela encore, ladite zone continue d’abriter un nombre assez important d’éléments terroristes, notamment affiliés à Al-Qaida (bien que leur affiliation ne soit plus aussi «officielle» qu’auparavant). A ce sujet, le principal problème pour Moscou reste la démarcation entre l’opposition armée syrienne modérée et ces groupes terroristes, présents côte à côte.

Les responsabilités sur cette démarcation et l’élimination à Idlib de ces éléments terroristes incombent justement à l’opposition armée syrienne représentée dans les pourparlers d’Astana, ainsi qu’à leur soutien turc. Il faut reconnaitre que jusqu’à maintenant pratiquement rien n’a été fait en ce sens et les dits éléments continuent de «cohabiter» dans la partie d’Idlib n’ayant pas encore été reprise par Damas.

Mais ce n’est pas tout. Les autres problèmes majeurs étant la présence étasunienne illégale sur le sol syrien, en alliance avec une partie des représentants kurdes. Ainsi que l’exploitation des gisements pétroliers dans cette zone par des compagnies US – là aussi en totale illégalité. Sans oublier la base étasunienne d’al-Tanf dans le sud du pays – une zone qui a connu une certaine activation récente des éléments de Daech.

Enfin les sanctions washingtoniennes à l’encontre de Damas continuent de fragiliser la situation humanitaire et le plein lancement de la reconstruction du pays. Bien que cela ne soit aucunement une surprise – l’objectif initial des USA en Syrie n’a jamais été la stabilisation du pays, mais bien la tentative (échouée) de faire tomber le gouvernement légal, y compris si cela devait se produire par une multiplication du chaos et du terrorisme – aussi bien en Syrie, que dans toute la région concernée.

La vision de Damas et de Moscou est également partagée par l’Iran, l’autre principal allié de la République arabe. D’ailleurs et dans le cadre des travaux à Sotchi, la délégation de la Syrie, présidée par Aymane Soussane, ministre adjoint des Affaires étrangères et des Expatriés, a tenu une réunion avec la délégation iranienne présidée par le haut assistant du ministre des Affaires étrangères pour les affaires politiques spéciales, Ali Asghar Khaji.

Les points de vue des deux parties étaient identiques quant à la nécessité de poursuivre l’action conjointe à tous les niveaux, notamment celui de la lutte contre le terrorisme – jusqu’à son élimination de tout le territoire syrien. Les deux responsables ont par ailleurs mis l’accent sur la responsabilité de la communauté internationale de mettre fin à la politique d’imposition des mesures coercitives unilatérales, suivie par certains pays occidentaux et qui visent les peuples, ainsi que sur la nécessité de ne pas politiser le dossier des aides humanitaires et ne pas permettre en même temps l’accès de ces aides aux réseaux terroristes. Les représentants syrien et iranien ont également insisté sur l’importance du respect des références de ce processus, notamment en ce qui concerne le refus de toute intervention étrangère ou la fixation des calendriers fabriqués.

Dans toute cette situation, une chose demeure certaine: la détermination de Damas, comme de Moscou et Téhéran de trouver des solutions pour la pleine relance de l’économie syrienne et la reconstruction du pays, ainsi que l’élimination des derniers éléments terroristes encore présents sur le sol syrien. Si la Turquie ne partage pas pleinement le même agenda et continue de retarder, entre autres, la résolution des problèmes dans la province d’Idlib, sa participation dans le processus d’Astana reste certainement justifiée. En ce sens en qualité de garants dudit processus, le trio Russie-Iran-Turquie a été jusqu’à présent indéniablement plus efficace que toutes les autres plateformes promues par les pays occidentaux et affiliés. Confirmant par la même occasion que l’interaction eurasienne reste sans aucun doute la meilleure des options dans la résolution de nombreuses crises régionales et internationales.

Pour ce qui est des USA et de leurs alliés occidentaux, il serait certainement juste de dire que leur rôle jusqu’à maintenant a été surtout d’entraver les processus en cours. Et ce pour deux raisons principales – la première étant l’échec du projet géopolitique initial de faire tomber le gouvernement officiel syrien. La seconde étant le fait d’avoir été écartés des questions majeures visant le règlement en Syrie. Mais malgré les obstacles mis sur le chemin des partisans de la multipolarité – les choses se poursuivent au détriment des nostalgiques de l’unipolarité révolue. Certes, plus longuement que cela aurait été possible. Mais il demeure peu probable que l’Occident politique puisse faire quoi que ce soit dans la défaite évidente subie dans le cadre du scénario si souhaité au départ par l’establishment occidental en terre syrienne.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les solutions internationales pour faire libérer Julian Assange

Alors que le cybermilitant australien Julian Assange continue d’être détenu en Grande-Bretagne, dans l’arbitraire le plus total le visant, deux orientations paraissent primordiales dans cette situation. D’une part – l’hypocrisie une fois de plus fortement caractéristique de l’establishment occidental et son deux poids deux mesures au summum. De l’autre – les instruments nécessaires en vue de le faire libérer. Ainsi que d’autres.

Les années passent mais peu de choses semblent pour le moment évoluer dans le dossier de Julian Assange – dont le seul crime fut d’avoir ouvert les yeux au monde sur plusieurs dossiers internationaux, y compris liés aux crimes de guerre commis par un certain nombre de pays. Souvent occidentaux. Après avoir passé un long moment au sein d’une pièce de l’ambassade d’Equateur à Londres où il avait trouvé refuge face aux traques des élites anglo-saxonnes, depuis la fin de la présidence du progressiste et souverainiste Rafal Correa, son destin est encore plus incertain face à l’emprisonnement dont rien pour le moment n’annonce la fin, sans oublier ses problèmes de santé.

Evidemment, aucune dose de solidarité envers Assange n’a été, et ne sera, visible du côté des élites occidentales – préférant jouer aux défenseurs d’activistes bien souvent extrémistes, mais dont le mérite principal est leur partenariat avec ces mêmes élites en vue de déstabiliser les Etats se trouvant dans le viseur de l’Occident. Et cela malgré le fait qu’Assange est lui-même citoyen d’un pays occidental.

La mobilisation populaire en sa faveur, y compris dans nombre de pays occidentaux, a permis d’éviter, du moins pour le moment, le pire scénario possible, à savoir son extradition de la perfide Albion vers les USA – pays qui lui en veut le plus pour avoir dévoilé au monde entier les documents classifiés sur les crimes commis par ce pays à divers endroits du monde, notamment en Irak. Pour autant, Washington continue à vouloir à tout prix obtenir cette fameuse extradition. A noter qu’Assange risque en terre US une peine de 175 ans – en d’autres termes la perpétuité.

Il serait donc aujourd’hui plus que jamais important de se pencher sur des solutions qui devraient compléter la mobilisation internationale en faveur de la libération de Julian Assange. Parmi ces solutions, on pourrait citer la création d’une coalition internationale d’Etats réclamant sa libération immédiate, y compris au niveau onusien. Ceci étant dit, et connaissant le mépris des élites occidentales pour le droit international – surtout lorsqu’il va à l’encontre de leurs intérêts – il n’est pas surprenant que cela ne soit suffisant.

Mais peut-être qu’au sein de cette coalition, un mécanisme de travail devrait être mis en place afin de coordonner ensemble les arrestations d’éléments déstabilisateurs, travaillant pour le compte des intérêts occidentaux dans les pays concernés. Aussi bien locaux qu’étrangers. Et ce de l’Eurasie jusqu’au Moyen-Orient, d’Afrique jusqu’en Amérique latine. Y compris en vue de les échanger avec les personnes emprisonnées aux Etats-Unis et dans d’autres pays occidentaux. Oui, peut-être que le temps de mesures plus radicales est bel et bien venu. D’autant plus et après tout Washington ne se gêne guère de kidnapper des citoyens étrangers dans des pays tiers se trouvant sous son emprise, en les ramenant de force aux USA. Parmi eux, des spécialistes de divers domaines, notamment des informaticiens qui subissent un chantage pur et simple: soit vous collaborez avec nous et pourrez mener une vie plus ou moins acceptable sur le sol étasunien (après avoir été kidnappés à l’étranger, rappelons-le), soit vous allez pourrir dans nos prisons.

Les mesures de riposte donc, aussi bien en vue de mettre la pression pour la libération d’Assange et des citoyens de pays concernés par les agressions occidentales, seraient donc plus que les bienvenues. Sachant d’ailleurs quelle hystérie cela crée au sein de ces mêmes élites occidentales. Que ce soit lorsque leurs citoyens soient arrêtés, sans kidnapping – simplement dans le pays visé par l’espionnage ou la déstabilisation. Ou encore lorsqu’il s’agit de leurs agents locaux – notamment les pseudo-activistes.

Une chose est sûre. L’Occident politique, dans toute l’hypocrisie et l’arrogance qui le caractérisent, ne comprend qu’un seul langage – celui de la réciprocité. Mais le plus important dans ces mesures tout à fait réalisables, ce n’est pas tant la possibilité de nuire aux intérêts occidentaux par la réciprocité, mais surtout de rendre justice aux victimes de l’arbitraire occidental – dont le seul «crime» est d’avoir défié le système néocolonial, raciste, hypocrite et arrogant de l’Occident. A méditer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La base d’al-Tanf, protectrice de terroristes en Syrie?

Les quelques éléments terroristes encore présents dans la zone désertique de la Syrie ont récemment attaqué des convois de civils et militaires syriens. Face à cette activation de terroristes, y compris affiliés à Daech, quel est le rôle de la base étasunienne d’al-Tanf?

La base militaire US d’al-Tanf, se trouvant dans le sud syrien, le long de la frontière entre l’Irak, la Jordanie et la Syrie, est depuis son implantation une source non seulement d’instabilité car abritant une présence militaire étrangère illégale, mais représente également un terrain fertile pour les derniers éléments de la secte terroriste de Daech en terre syrienne.

En effet, les autorités syriennes, ainsi que la Russie et l’Iran, ont maintes fois pointé du doigt l’illégalité de cette présence étasunienne – sachant que les Etats-Unis ne disposent ni d’une invitation officielle du gouvernement syrien, ni d’un mandat onusien. Mais si cette violation US du cadre international est loin d’être nouvelle, ayant toujours du mal à accepter la nouvelle réalité mondiale multipolaire, l’autre côté obscur de cette implantation n’est autre que les cellules dormantes de Daech dans le désert de Syrie. Des cellules qui ont commis récemment un certain nombre d’attaques sporadiques visant des civils et des militaires syriens.

Une opération est depuis en cours, à laquelle participe l’armée gouvernementale syrienne, soutenue par ses alliés russe et iranien, afin de nettoyer définitivement la zone des dites cellules dormantes terroristes. Ceci étant dit, la raison de l’existence de cette base étasunienne n’a jamais vraiment été un secret – y compris des propres aveux de l’establishment américain. A savoir qu’elle est destinée à contrer l’influence syro-russo-iranienne dans la région. En oubliant évidemment que la Syrie est un Etat souverain, tandis que l’Iran et la Russie se trouvent dans la République arabe sur une base légitime. Mais cela est une autre histoire.

Pour revenir à la présence terroriste, selon l’agence de presse syrienne Sana, «les forces d’occupation américaine auraient transporté des dizaines de terroristes appartenant à Daech de plusieurs prisons du gouvernorat de Hassaké vers la base illégale à Tanf sur les frontières syro-jordaniennes».

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que de telles informations soient diffusées au sein des médias de Syrie. Une chose est pour autant certaine – les USA ne prennent aucune mesure digne de ce nom pour lutter contre la nébuleuse terroriste – et ce malgré l’annonce des intentions de lutter contre les restes de Daech.

La réalité est qu’une fois de plus, Washington démontre que la lutte contre Daech, tout comme Al-Qaida, n’a jamais fait partie de ses priorités. Et que l’objectif principal reste effectivement la déstabilisation des forces régionales et de leurs alliés – qui au-delà de se trouver sur une base légale, mènent réellement une lutte sans relâche contre le terrorisme international dans la région. Mais plus que cela encore, les USA à travers cette approche démontrent que les éléments terroristes peuvent être utilisés par l’establishment étasunien – du moment que cela sert leurs intérêts géopolitiques dans la région.

Pour autant, les Etats-Unis sont une fois de plus dans l’erreur dans ces calculs malsains. Daech, tout comme Al-Qaida, bien que continuant à représenter un défi sporadique pour la sécurité syrienne et régionale, le fait est que la colonne vertébrale de ces sectes salafistes a été effectivement cassée. Passant de plusieurs dizaines de milliers de terroristes, issus de plus d’une centaine de pays, à quelques centaines d’extrémistes dans le cas de Daech – présents encore dans le désert syrien sous l’œil plutôt bienveillant de Washington, ou à quelques milliers dans le cas d’Al-Qaida, retranchés dans ce qui reste à libérer dans la province syrienne d’Idlib.

Cela confirme donc une chose relativement simple. Si l’establishment washingtonien espère utiliser les derniers éléments terroristes en Syrie pour ses fins géopolitiques, il sera perdant sur toutes les directions. Tout d’abord car ces terroristes continueront d’être traqués et écrasés. Et que d’autre part, l’opinion publique internationale continuera à observer ce jeu malsain des élites occidentales – pouvant être prêtes à tolérer même la présence du diable, du moment que cela sert leurs intérêts chaotiques et retarde leur défaite totale. Bien peu probable qu’une telle stratégie puisse être couronnée de succès. Ne faisant qu’accélérer un peu plus la chute finale des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Iran: Washington espère le maintien de l’embargo sur les armes, Moscou et Pékin opposés

Alors que les USA ont failli à leurs engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, en sortant unilatéralement de l’accord, l’establishment US espère néanmoins le maintien de l’embargo sur les armes vis-à-vis de la République islamique d’Iran, au moment où deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU y soient clairement opposés.

On approche vraisemblablement d’un nouvel échec politico-diplomatique étasunien. Après l’échec des révolutions de couleur et des tentatives de déstabilisation de l’Iran de l’intérieur, l’incapacité à faire reculer la grande puissance perse sur le front politico-militaire, sans oublier le secteur énergétique et même dans le cadre de la propagation du Covid-19, Washington espère néanmoins à pouvoir réaliser son coup diplomatique dans le cadre onusien, en mettant activement à contribution ses alliés occidentaux, notamment européens, mais ayant en face l’infaillible et solidaire duo sino-russe. En parlant d’ailleurs du fameux Covid-19, alors que l’Iran était effectivement l’un des pays les plus touchés au début de la propagation, à l’heure actuelle Téhéran s’en sort incomparablement mieux dans le cadre sanitaire que ce n’est le cas pour les USA.

De l’avis même de nombre d’experts occidentaux, l’élite étasunienne avance inévitablement vers un échec. Bien que mobilisant ses partenaires de l’UE, eux-mêmes comprenant parfaitement toutes les contradictions washingtoniennes mais incapables de lui dire «stop», les Etats-Unis ont bien peu de chances de pouvoir obtenir le maintien de l’embargo sur les armes à destination de l’Iran, sachant que Pékin comme Moscou comptent vraisemblablement utiliser leur droit de véto, et ce au grand dam des attentes étasuniennes.

Plus que cela, de sources provenant de hauts diplomates russes comme iraniens, Moscou et Téhéran sont déjà en train de discuter d’un éventuel élargissement de la coopération militaro-technique, y compris à travers de possibles nouvelles livraisons d’armes russes en Iran. Une éventualité qui serait une énorme claque supplémentaire aux USA, et ce pour deux raisons. La première étant que Washington n’aura pas été capable de forcer l’application de sa «volonté» à l’ONU. Donc une nouvelle défaite politico-diplomatique. La deuxième étant purement stratégique et militaire. Sachant que si effectivement Moscou allait livrer de nouvelles armes, peut-être même stratégiques, aux forces armées iraniennes, cela augmentera plus que considérablement la capacité défensive de l’Iran – possédant déjà une capacité de riposte importante, l’ayant en passant ouvertement démontré lors des frappes contre des cibles US en Irak, suite à l’assassinat du général Qassem Soleimani, ainsi que dans le cadre de divers dossiers où Téhéran tient efficacement tête à Washington. Et qui ne manquent pas : Syrie, Irak, Yémen, entre autres…

Tout cela pour dire que Washington a beau continuer à prétendre être le gendarme terrestre, la réalité multipolaire du monde prouve, elle, tout le contraire. Et s’il y a bien encore un certain nombre de pays jouant le rôle de sous-traitants pour les USA, nombre d’autres lui résistent efficacement, dont la puissance et la détermination ne sont pas à démontrer. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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