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L’Otan s’engage officiellement contre la Chine

Pour l’Otan, la Chine représente désormais un «défi systémique pour l’ordre mondial». Faisant vraisemblablement référence à l’ordre unipolaire totalement dépassé par les événements en cours dans le cadre de la multipolarité. Pékin dénonce de son côté une mentalité de guerre froide du côté occidental.

La déclaration adoptée lundi dernier à Bruxelles – au siège de l’organisation otanesque – place la Chine comme rivale du bloc atlantiste, juste après la Russie.

Cette nouvelle approche, qui faut le dire, allait forcément arriver à un moment ou un autre, tant le concept multipolaire mondial continue de monter en puissance, et que des pays comme la Russie et la Chine y jouent un rôle clé et de plus en plus coordonné – et tant l’establishment occidental a du mal à accepter cette réalité – néanmoins cette nouvelle approche désormais officielle confirme que l’Occident politico-médiatique s’oppose ouvertement au bloc sino-russe, et plus généralement à celui des partisans assumés du monde multipolaire.

Dans leur communiqué de clôture, les dirigeants des pays membres de l’Otan ont donc confirmé que Pékin est leur rival le plus gênant après Moscou, compte tenu « de son arsenal nucléaire en rapide expansion, de l’intensification de sa coopération militaire avec la Russie et de l’augmentation du recours à la désinformation », écrit Politico.

Le point qui mentionne l’intensification de la coopération militaire entre la Chine et la Russie est d’ailleurs très révélateur. En effet, l’alliance sino-russe fait peur à l’Occident. Ou plus exactement à ses élites politiques et médiatiques en perte évidente de vitesse. Cela sans oublier que des grandes puissances régionales – devenant désormais de plus en plus des acteurs importants sur la scène internationale – comme l’Iran, se joignent eux aussi aux efforts de Pékin et de Moscou.

La Chine n’a pas manqué à réagir à la démarche otanesque. Ainsi, la mission chinoise auprès de l’UE a rejeté l’affirmation de l’Otan selon laquelle la Chine représenterait des «défis systémiques», la qualifiant de calomnie visant le développement pacifique de la Chine et de continuation de la mentalité de guerre froide.

Le porte-parole de la mission chinoise a ajouté par ailleurs que la Chine s’attache à une politique de défense de nature défensive et que la poursuite de la modernisation de sa défense et de son armée est justifiée, raisonnable, ouverte et transparente. Le représentant chinois n’a pas manqué d’ailleurs de faire remarquer que les dépenses militaires totales de l’Otan équivalent à plus de la moitié des dépenses militaires mondiales et restent 5,6 fois supérieures à celles de la Chine.

Au-delà des dépenses, l’implantation des bases militaires occidentales a également été pointée du doigt par la mission diplomatique chinoise: «Les populations du monde peuvent voir clairement qui a des bases militaires partout dans le monde et qui montre ses muscles en envoyant des porte-avions partout au niveau mondial».

Maintenant en termes de perspectives, ce positionnement otanesque à l’encontre de la Chine, à l’instar du club du G7 que nous avons déjà abordé précédemment, démontre clairement cette volonté de l’establishment occidental à vouloir contenir la montée en puissance chinoise, et ce dans des domaines variés : allant de l’économie jusqu’aux capacités militaires.

Le souci pour l’Occident, est que désormais la Chine – nommée expressément comme une cible pour les diverses manœuvres pro-unipolaires occidentales – ne tardera certainement pas à prendre des mesures efficaces afin de faire face à ces défis. Ne pas comprendre cette réalité – c’est tout simplement très mal connaitre la Chine et le peuple chinois.

D’autre part, cette initiative étasunienne confirme une autre réalité déjà abordée: celle d’absence d’une quelconque amélioration digne de ce nom dans les relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump, comme le laissaient présager certains analystes occidentaux.

Et à l’heure d’une Eurasie qui a pris toutes ses responsabilités en qualité de force motrice et promotrice de l’ordre multipolaire, notamment dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – que l’Occident politique ne soit guère surpris de la suite des événements. Une chose demeure certaine : il n’y aura pas de quelconque retour à l’ordre unipolaire auquel continuent de faire référence les plus radicaux des représentants occidentaux. Bien qu’ils comprennent parfaitement qu’un tel retour est simplement impossible dans les circonstances actuelles du monde contemporain. Ce diktat washingtonien si souhaité par les révisionnistes à Washington n’a aucune chance d’être ravivé, même à travers un massage cardiaque intense.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2839

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Le G7 s’attaque au projet chinois de la nouvelle Route de la soie

L’influence grandissante de la Chine dans les affaires mondiales, tant sur le plan géoéconomique que géopolitique inquiète de plus en plus l’establishment occidental. Le récent sommet du G7 en Angleterre ne fait que le confirmer. L’Occident a-t-il sérieusement une quelconque chance de contrer la Chine? Rien n’est moins sûr.

Les soubresauts des élites occidentales confirment une réalité assez simple et désormais bien connue: celle d’une compréhension de leur part que le monde actuel n’est plus du tout celui ayant suivi l’éclatement de l’URSS. Et qu’au-delà du fait de la fin de l’impunité sur la scène internationale sur le plan sécuritaire et géopolitique, l’establishment de l’Occident doit également faire face à un autre défi de taille pour ses intérêts – celui qui concerne les bouleversements économiques globaux.

Faut-il pour autant rappeler que le concept multipolaire mondial – devenu réalité depuis les dernières années – reste comme un os dans la gorge pour l’élite politico-médiatique occidentale et atlantiste, et ce malgré la compréhension évidente que le renforcement de ce processus est irréversible? Probablement rentrer dans les détails sur ce fait est complètement inutile. Ce qui est néanmoins sûr, c’est que l’Occident essaie de s’accrocher autant qu’il peut – afin de réduire le plus possible le rythme de sa chute d’influence dans les affaires internationales, en mettant les bâtons dans les roues de la locomotive multipolaire.

C’est justement dans ce sens qu’il faut certainement voir la toute récente initiative du G7 visant «à proposer aux pays en développement un vaste programme en faveur de leurs infrastructures». Avec un objectif clairement affiché: contrer l’influence grandissante de la Chine, et notamment son vaste projet eurasien et international de la nouvelle Route de la soie.

Le New-York Times, l’un des porte-flambeaux médiatiques du libéralisme unipolaire occidental, note de son côté «que c’était la première fois que les nations les plus riches du monde ont discuté de l’organisation d’une alternative directe à l’initiative chinoise Ceinture et Route et à la campagne d’investissements à l’étranger du président Xi Jinping, qui s’est maintenant étendue à travers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe même».

Le quotidien étasunien rajoute par ailleurs que «M. Biden a fait de l’opposition à une Chine montante et une Russie perturbatrice la pièce maîtresse d’une politique étrangère conçue pour édifier les démocraties dans le monde comme rempart contre la propagation de l’autoritarisme». En d’autres termes: le libéralisme occidental, nostalgique de l’ère unipolaire, opposé au bloc des souverainistes et partisans assumés de l’ordre international multipolaire actuel.

Evidemment, dans cette attaque occidentale contre la puissance chinoise, il y a un nombre évident de faiblesses, que l’establishment politico-médiatique de l’Occident n’aime pas soulever. Revenons-y. Tout d’abord, et malgré toutes les campagnes politiques et médiatiques occidentales visant à contrer le rôle grandissant de Pékin dans les affaires internationales – cela n’a pas apporté le résultat escompté pour ses initiateurs. Bien au contraire. Que ce soit du côté anglo-saxon ou hexagonal. On se rappelle tous des reportages à la sauce des de la Villardière, dont l’objectif était de perturber l’interaction chinoise avec les pays francophones du continent africain.

Pour quel résultat? Pour que le sentiment anti-occidental ne fasse que monter encore plus en intensité au sein de l’opinion publique africaine et que les sympathies aillent clairement en faveur de la Chine. Du moins pour une large part de la société civile africaine. Pour l’anecdote, ces sentiments étaient d’ailleurs apparus bien avant les accusations des prétendues campagnes de dénigrement de la présence française et plus généralement occidentale en Afrique, affirmées entre autres par Emmanuel Macron, visant la Russie, la Chine ou encore la Turquie.

Cela pour dire que l’Occident aura énormément de mal à pouvoir convaincre les peuples non-occidentaux, quant au bienfondé d’un tel projet. Au-delà de cet aspect, l’autre faiblesse évidente du camp occidental réside dans le point qu’il ne représente pas le monde dit «démocratique». Plus généralement, la démocratie n’est aucunement une propriété occidentale. Tout comme d’ailleurs la notion de communauté internationale.

Plusieurs pays appartenant à la majorité non-occidentale de la planète sont considérés comme étant des Etats aux systèmes démocratiques – l’Inde, l’Afrique du Sud, la Namibie, la Bolivie, l’Argentine, le Mexique et nombreux d’autres. La plupart de ces nations appartiennent par ailleurs aux partisans de la multipolarité.

Plus généralement et sur le plan purement économique – le club du G7 n’est certainement plus en position à parler en qualité de pays les plus riches de la planète. Et ce pour une raison simple: depuis la fin de l’époque unipolaire, le basculement des rapports de force a largement touché aussi à la sphère économique internationale. Faut-il le rappeler: sur les dix principales puissances économiques mondiales actuelles en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA) – cinq ne sont pas des pays occidentaux. Dans un classement d’ailleurs où la Chine occupe déjà la première place du classement.

Et encore – ce, en tenant compte du fait que l’on associe le Japon à l’alliance pro-occidentale, y compris dans le cadre du fameux G7 ou du fait de se trouver sous la coupe washingtonienne sur le plan sécuritaire, bien que la civilisation japonaise ne fasse pas partie de l’Occident. Et que selon nombre de prévisions, y compris d’économistes occidentaux, des pays comme la France ou le Royaume-Uni seront amenés à quitter ce Top 10 mondial dans les 5-10 prochaines années, tandis que des pays comme la Turquie ou le Mexique (actuellement respectivement 11ème et 12ème) ont toutes les chances de l’intégrer.

Tout en se rappelant que l’on assiste au cours des dernières années à la dédollarisation progressive dans les échanges internationaux – un processus dans lequel des pays comme la Chine ou la Russie jouent un rôle résolument important.

Enfin, et au sein même du club dépassé du G7 – on est bien loin de l’unanimité quant à l’initiative étasunienne visant à contrer les initiatives économiques chinoises. Selon même l’aveu occidental, l’Allemagne, l’Italie et même le Japon ne partagent pas le même enthousiasme que Washington, Londres, Paris ou Ottawa.

En conclusion: il est bien peu probable que ladite initiative puisse réellement stopper la puissance chinoise, ainsi que son interaction avec les Etats aux quatre coins du monde. Et plus généralement que le vieux jeu des nostalgiques de l’unipolarité puisse sérieusement retarder la défaite totale du bloc atlantiste et affiliés.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Accord de Vienne: l’Iran en position de force

Après plusieurs semaines de discussions, les conditions permettant à un plein retour à l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien ne sont toujours pas réunies. Si plusieurs experts occidentaux avaient pensé que Téhéran accepterait toutes les conditions étasuniennes, tout semble indiquer le contraire de la situation courante et des pronostics annoncés.

De nombreux experts et analystes occidentaux avaient émis la thèse que la République islamique d’Iran ferait preuve de beaucoup de flexibilité vis-à-vis de Washington, y compris dans le dossier du nucléaire, après le départ de la précédente administration US. Aujourd’hui il devient évident que Téhéran reste sur ses positions en défendant ses intérêts de façon ferme et efficace.

Désormais, les médias mainstream s’accordent à dire que Washington se retrouve effectivement dans une situation délicate. De façon générale, il serait juste de rappeler que les USA – en qualité de violateur des engagements pris dans le cadre de cet accord, car sortis unilatéralement il y a trois ans de cela, devraient certainement faire preuve d’une plus grande humilité dans ces discussions. Mais cette qualité est évidemment tout sauf caractéristique de l’establishment étasunien.

Quant aux positions de l’Iran, elles sont à bien d’égards logiques et légitimes. A savoir entre autres la levée totale des sanctions visant la République islamique, ainsi que plusieurs mois d’analyse du côté iranien en vue de se rendre compte que les sanctions ont bien été levées techniquement parlant. Et aussi des garanties du côté US qu’ils cesseront d’émettre des menaces visant des entreprises étrangères (le plus souvent non-étasuniennes) de travailler en ou avec l’Iran. Ce point mérite une attention particulière, connaissant la mentalité de l’establishment américain d’appliquer l’extraterritorialité de ses lois sur des parties tierces (sur les Européens notamment) en vue de contrer les intérêts de ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques.

Evidemment, la particularité de toute cette situation – est que l’administration Biden ne souhaite pas faire preuve de faiblesse vis-à-vis de l’un de ses principaux adversaires sur la scène internationale, avec la Chine et la Russie, et ce aussi bien vis-à-vis de l’opinion publique à l’intérieur des USA, que de par le monde. Tout en comprenant parfaitement ne pas être en mesure de dicter quoi que ce soit à Téhéran. D’ailleurs, la résistance iranienne aux attaques et pressions économiques et sécuritaires au cours de toutes ces dernières années ne fait que le confirmer.

La position de force est donc résolument aujourd’hui du côté de l’Iran. Le tout au moment même que tout le mythe sur la prétendue isolation de Téhéran sur la scène régionale et internationale s’est largement effondré. Au contraire, l’influence iranienne semble être aujourd’hui la plus grande de son histoire contemporaine. Au point que son rival régional l’Arabie saoudite, encore récemment – l’un des principaux initiateurs avec les Etats-Unis et Israël des tentatives visant à contenir l’Iran – semble faire des gestes en vue d’une possible amélioration des relations. Ainsi qu’avec la Syrie  – alliée de la Russie et de l’Iran.

Cette réalité, qui n’est autre que multipolaire, s’affirme donc de jour en jour et place effectivement l’establishment étasunien et plus généralement occidental dans une situation délicate : soit de se conformer aux nouvelles règles internationales, en mettant de côté l’égo surdimensionné et le prétendu exceptionnalisme, soit de poursuivre à jouer les maitres d’un jeu qu’ils ne maitrisent plus. Le monde observe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le Venezuela préparé aux nouvelles interférences étasuniennes

La République bolivarienne du Venezuela continue d’être l’une des principales priorités en matière de déstabilisation pour les USA en Amérique latine. Pour cela, Washington peut également compter sur nombre de forces sous-traitantes. Il n’empêche que Caracas, comme ses alliés régionaux et internationaux, semblent être prêts à répondre aux défis.

Depuis l’arrivée au pouvoir, dans un cadre purement démocratique, d’Hugo Chavez à la tête du Venezuela en 1999, la guerre politique étasunienne visant ce pays est devenue permanente. Il y avait plusieurs raisons à cela. Tout d’abord l’alliance qui s’était créée entre le pays avec Cuba – ennemi historique de Washington. Ainsi que la formation d’une coalition de gouvernements latino-américains progressistes – opposés à la politique US dans leur région et plus généralement dans le monde.

Cette alliance progressiste devint rapidement un danger de première importance pour l’establishment washingtonien qui voyait alors chuter son influence dans l’espace latino-américain – l’espace qu’il considérait tout simplement comme son arrière-cour, où durant des décennies il était possible de mettre en place par la force et les coups d’Etat des régimes réactionnaires, mais pro-étasuniens, et se débarrasser des leaders progressistes. D’ailleurs en ce sens, la capacité de nuisance serait certainement une expression plus appropriée que celle en rapport avec l’influence.

Hugo Chavez a eu le très grand mérite dans l’établissement et le renforcement de cette coalition progressiste latino-américaine, touchant d’ailleurs non seulement au volet purement politique, mais également humanitaire, médical, éducatif et même médiatique avec l’apparition en 2005 de la chaine de télévision pan-latino-américaine TeleSUR. Cette dernière devenue un os supplémentaire dans la gorge des USA, et plus particulièrement des médias mainstream, dont CNN.

Plus que cela, l’alliance progressiste anti-impérialiste dépassera le cadre strictement régional et continental pour former des relations fortes avec la Chine, la Russie ou encore l’Iran. Donnant un coup de pouce évident au renforcement du concept multipolaire mondial. Ce dernier volet sera d’ailleurs l’une des raisons du positionnement encore plus hystérique de Washington vis-à-vis de Caracas, pour le rôle joué dans les processus cités. Ajoutons à cela les énormes ressources pétrolières du pays – tout était donc réuni pour activer les tentatives de coups d’Etat, d’agressions et de déstabilisations en tout genre pour Washington et ses supplétifs. Peu importe les administrations en place aux USA.

Pour rappel, en mars 2015, sous prétexte que le pouvoir vénézuélien représente «une menace à la sécurité des Etats-Unis», Washington avait déclaré «l’état d’urgence» à l’encontre du Venezuela. Le tout évidemment afin de pouvoir justifier la pression croissante sur Caracas. Pour cela, divers prétextes avaient été avancés: les prétendues violations des droits de l’homme, persécutions d’opposants politiques, l’abus de pouvoir de la part de représentants des forces de l’ordre, de l’armée et des services de renseignement du Venezuela. En bref – tout le cocktail habituel pour les élites atlantistes lorsqu’il devient nécessaire de justifier leurs interférences ou agressions visant des nations souveraines. D’ailleurs, des violations dont elles sont elles-mêmes les championnes. Il suffit pour cela de suivre la violence policière, pratiquement quotidienne, dans les rues étasuniennes.

Le locataire actuel de la Maison-Blanche Joe Biden maintient toujours et intensifie la confrontation avec Caracas: «La situation au Venezuela continue de poser une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis, j’ai donc jugé nécessaire de prolonger l’état d’urgence». Par ailleurs, avec l’approbation du Congrès US les sanctions étasuniennes visant le Venezuela ont été prolongées jusqu’en mars 2022.

Il faudrait certainement rappeler aussi que le Venezuela, au même titre que d’autres nations latino-américaines progressistes, dont Cuba, le Nicaragua et la Bolivie – a été expressément cité comme l’une des principales menaces pour les USA dans les rapports du Commandement Sud des Etats-Unis (Southcom). D’ailleurs, l’interaction de ces pays avec les principaux adversaires géopolitiques de Washington sur l’arène internationale, à savoir la Russie, la Chine et l’Iran – est expressément mentionnée aussi. Southcom avait même parlé «d’une augmentation alarmante» de l’influence de ces trois pays en Amérique latine.

Dans les déstabilisations et interventions pures et simples, Washington peut évidemment s’appuyer sur ses supplétifs régionaux. En ce sens et dans le cas visant justement le Venezuela, c’est la Colombie qui se voit confier un rôle de «premier choix» pour appliquer les schémas étasuniens. Bien qu’il soit bon de dire – jusqu’à maintenant sans grande réussite.

Plus généralement, il serait juste de mentionner qu’à la différence des coups d’Etat orchestrés par Washington et ses différentes structures, dont la CIA, au cours des différentes périodes de la seconde moitié du vingtième siècle, aujourd’hui «le succès» est beaucoup moins au rendez-vous. Pour cela – plusieurs raisons. L’efficacité des services de renseignement des pays progressistes d’Amérique latine, dont ceux du Venezuela. Une solidarité entre ces pays dans un cadre régional clairement affichée. Le soutien des grandes puissances internationales partisanes de la multipolarité. Sans oublier la mobilisation populaire des peuples concernés – constituant une excellente réponse à toute tentative d’interférence ou d’agression. En ce sens, l’exemple de la Bolivie – alliée de Caracas – en est très révélateur. 

A en juger par la presse colombienne, les bases US en Colombie et dans d’autres pays latino-américains se trouvent sous la surveillance constante des services de renseignement cubains et vénézuéliens. Plus que cela, les documents étasuniens régissant les opérations de déstabilisation et d’invasion sont à la disposition de La Havane et de Caracas. La menace d’une attaque surprise est donc pratiquement exclue. Quant au reste, les dignes nations d’Amérique latine auront déjà démontré être en mesure de poursuivre la résistance au néocolonialisme US et plus généralement occidental. En cela, elles peuvent compter aussi sur les alliés internationaux. Viendra certainement le jour où les nations latino-américaines formeront des plans pour soutenir la démocratie et les droits de l’homme en terre US. La vraie démocratie.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Afghanistan ou la défaite de l’Otan

L’annonce du président étasunien sur le retrait des troupes se trouvant en Afghanistan au plus tard le 11 septembre 2021 ne satisfait pas les Talibans, qui réclament un retrait pratiquement immédiat. Retour sur la question.

Le président US Joe Biden a annoncé que la date limite pour le retrait des troupes étasuniennes (et plus généralement de l’Otan qui suivront les prérogatives de Washington) d’Afghanistan sera le 11 septembre 2021 – le jour du 20ème anniversaire des attentats terroristes aux Etats-Unis, ayant été utilisés comme la principale raison de l’invasion étasunienne en terre afghane. Une invasion qui est aujourd’hui considérée comme étant la plus longue guerre menée par les USA. Une guerre dont ils ne sortent pas victorieux.

Cette annonce pose désormais plusieurs défis supplémentaires. Notamment pour la conférence d’Istanbul – étant vue comme une initiative étasunienne, visant à donner un nouvel élan au règlement afghan. Car du côté des Talibans, après avoir appris la nouvelle du report de la date de retrait du 1er mai au 11 septembre, la position a été de dire qu’ils refusaient désormais de participer à de quelconques événements internationaux – tant que les Etats-Unis n’auront pas respecté l’accord initial.

Pour rappel, l’accord initial signé entre les USA et les Talibans dans la capitale qatarie Doha en février 2020 prévoyait effectivement le retrait des troupes de la coalition d’ici mai 2021. Cependant, Washington n’a jusqu’à présent fait que réduire le contingent sur place – de 8000 à 2500 militaires.

Les autres membres de l’Otan suivent les décisions washingtoniennes de près quant au retrait qu’ils appliqueront vraisemblablement aussi. C’est ce qu’avait d’ailleurs déclaré tout récemment la ministre allemande de la Défense Annegret Kramp-Karrenbauer: «Nous avons toujours dit: nous entrons ensemble (avec les Américains), nous sortons ensemble».

Pour revenir aux Talibans, au-delà de menacer de ne plus prendre part aux divers pourparlers internationaux sur l’Afghanistan coordonnés par les Etats-Unis, ils laissent clairement planer le risque d’une détérioration de la situation sécuritaire sur le terrain: «Si l’accord est violé et que les forces étrangères ne quittent pas notre pays dans le délai convenu, les problèmes vont certainement empirer et ceux qui ont violé l’accord seront tenus pour responsables . C’est ce qu’a déclaré Zabihullah Mujahid, porte-parole des Talibans.

Si les experts sont aujourd’hui partagés sur l’avenir de l’Afghanistan et sur le fait si oui ou non les Talibans prendront à terme complètement le pouvoir à Kaboul, ou seront susceptibles d’accepter à participer à une sorte de gouvernement «d’union nationale», le fait est que la très longue campagne afghane représente incontestablement une défaite évidente pour Washington, ainsi que pour l’Otan de façon générale.

En vingt années de présence, non seulement la coalition otanesque n’a pas été en mesure de venir à bout des Talibans, mais plus que cela – ne serait-ce qu’asseoir un contrôle relatif sur le terrain. Pas plus que stabiliser la situation. Avec plus de 2000 soldats tués durant cette période et plus de 20 000 blessés (rien qu’américains) et plusieurs centaines de milliards de dollars de dépenses, les Talibans continuent de contrôler environ la moitié de l’Afghanistan. Et ne prévoient pas de reculer, tout au contraire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Moscou-Pékin: le diktat washingtonien est terminé

La tentative évidente de l’establishment washingtonien de forcer un retour à l’ordre unipolaire des affaires internationales ramène ce dernier à la triste réalité – pour lui-même – à savoir qu’il n’y aura tout simplement pas d’un tel retour.

La mentalité relative à un comportement de cowboy, propre faut bien le dire, à chaque administration US, ne compte pas changer. Cela est devenu aujourd’hui totalement évident. Les récentes attaques verbales des élites étasuniennes à l’encontre de la Russie et de la Chine ne font que le confirmer. Ceci étant dit ces élites atlantistes doivent effectivement se rendre à l’évidence que la tentative de réimposer de nouveau une domination étasunienne et occidentale dans les relations internationales est pleinement vouée à l’échec.

Dans le cas de la Russie et de son leadership, la récente sortie verbale de Joe Biden, ne représente ni plus ni moins qu’une approche réellement primitive et surtout indigne pour un chef d’Etat – d’autant plus d’un pays qui continue à prétendre représenter l’une des principales forces mondiales. En ce sens, la réponse du président russe a été d’un niveau inatteignable pour les représentants étasuniens, dans leur ensemble.

Mais si certains pensaient que les hostilités verbales washingtoniennes se limiteraient surtout à la Russie, leur pronostic vient d’en être, une fois de plus, complètement mis à mal. Les tout récents échanges de haut niveau entre les représentants US et chinois ont au contraire mis en évidence la haine portée par Washington vis-à-vis de Pékin, et que nombre d’analystes pensaient uniquement propre à la précédente administration étasunienne, mais aussi et surtout la détermination du leadership chinois à répondre, de manière ferme, à ces attaques visant la Chine. Et ce désormais même de l’aveu des médias mainstream proches de l’establishment politique occidental.

Pour The Guardian, «tout espoir que la réunion à Anchorage (Alaska), aurait pu réinitialiser les relations bilatérales (sino-étasuniennes, ndlr), après des années de tensions dans le volet commercial, les droits de l’homme et la cybersécurité durant la présidence de Donald Trump, s’est évaporé lorsque le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le conseiller à la sécurité nationale, Jake Sullivan, ont ouvert leur rencontre avec le haut diplomate chinois Yang Jiechi (ex-ministre des Affaires étrangères, aujourd’hui directeur du Bureau de la Commission centrale des Affaires étrangères, ndlr) et le conseiller d’Etat Wang Yi (par ailleurs l’actuel ministre des Affaires étrangères de Chine, ndlr)».

Le ton accusatoire et condescendant des représentants étasuniens lors de cette rencontre a poussé immédiatement la partie chinoise à la riposte. Pour l’anecdote, et c’est ce qui confirme pleinement la nostalgie et le révisionnisme des élites étasuniennes, c’est la référence faite par les représentants US à «l’ordre international et aux lois qui en ressortent». Mais également que la compétition avec la Chine se poursuivra dans les domaines où cela sera nécessaire, et que la collaboration aura lieu également là où ce sera nécessaire. Mettant ainsi en exergue que le partenariat se fera là où Washington le jugera utile – et sur la base de conditions étasuniennes. Cette tentative évidente à tenter de réimposer l’ordre unipolaire a trouvé une réponse ferme des hauts représentants chinois.

«En ce qui concerne le sujet des cyber-attaques, en termes aussi bien de la capacité d’en lancer ou des technologies qui peuvent être déployées, les USA sont le champion en la matière», a déclaré Yang Jiechi. En ajoutant «que nous espérons qu’en parlant de valeurs universelles ou d’opinion publique internationale de la part des Etats-Unis, la partie américaine se demandera si elle se sent rassurée en disant ces choses, parce que les Etats-Unis ne représentent pas le monde, mais ne représentent que le gouvernement des Etats-Unis».

Les réponses des hauts diplomates chinois aux attaques verbales étasuniennes, rejoignent justement à ce titre la réponse donnée par le président russe Vladimir Poutine – considérée d’ailleurs comme étant «splendide» par son homologue turc Recep Tayyip Erdogan ayant fermement condamné les déclarations de Biden – dont l’un des points principaux a été de dire que nous allons trouver des terrains de collaboration – dans les domaines qui ont un intérêt pour la Russie, et sur la base de conditions qui correspondent aux intérêts russes. Et non pas l’inverse.

Au-delà donc du primitivisme assez évident de l’establishment étasunien dans sa manière de parler à ses homologues, et d’une mentalité propre aux films anciens sur le Far West n’ayant rien à avoir avec le monde contemporain, l’essentiel a été effectivement dit – aussi bien par le leadership russe, que chinois, en réponse à la nostalgie pro-unipolaire et au révisionnisme étasunien. Le message est clair: descendez de votre petit monde, car le monde dans sa globalité ne vous appartient pas. Vous n’en êtes ni ses porte-paroles, ni le gendarme, et n’avez aucune légitimité à parler au nom de la communauté internationale.

Il est évidemment plus qu’improbable que cette mentalité de cowboys ambulants puisse être surmontée et traitée rapidement – le traitement nécessaire doit être vraisemblablement radical. Le fait est que les partisans du monde multipolaire devenu réalité ne comptent pas baisser la garde, ni diminuer les efforts, notamment conjoints, pour montrer justement aux admirateurs du Far West leur véritable place dans le concert des nations du monde.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Que faut-il attendre des relations USA-Afrique?

Plusieurs des principaux médias étasuniens affirment avec certitude que Joe Biden est le vainqueur de l’élection présidentielle US. Bien que tout semble ne pas être encore terminé dans ce processus de la prétendue démocratie américaine et nombre d’actions sont encore possibles du côté du camp de Donald Trump, notamment d’ordre juridique, il est néanmoins intéressant d’avoir certaines idées sur les éventuelles relations des Etats-Unis, Biden à leur tête, avec le continent africain.

Tout d’abord et pour répondre à la problématique posée, il faudrait certainement rappeler non seulement les principales orientations de Biden, mais également les cercles auxquels il appartient. Cela est connu – Joe Biden est soutenu par l’Etat profond étasunien, communément appelé Deep State. Les méthodes de déstabilisation visant les Etats souverains récalcitrants vis-à-vis de Washington sont également bien connues et étudiées. Notamment en ce qui concerne les révolutions de couleur.

Ce qui signifie que les Etats africains ayant une politique indépendante et souveraine risquent tous d’être dans le viseur des déstabilisations des stratèges politiques étasuniens. D’autant plus si ces Etats africains sont des alliés des adversaires géopolitiques de Washington. C’est une orientation de la politique US à prendre avec le plus grand sérieux.

Autre point également révélateur. Il est connu que Biden a été fort activement soutenu par le lobby LGBT. D’ailleurs, il ne s’en cache pas, bien au contraire. Cette réalité doit elle aussi être sérieusement analysée car elle dépasse largement le cadre des préférences dans cette orientation. Si ce lobby a pris une position fortement puissante dans pratiquement tous les pays occidentaux, il est fort bien connu que la grande majorité des pays, et des peuples, du monde sont fermement opposés à sa montée en puissance chez eux. Surtout lorsque ce lobby tente, souvent de façon agressive, à venir dicter sa loi dans les pays souverains. Bien souvent avec le soutien actif de l’establishment politique étasunien, et plus généralement occidental.

Cela signifiant une chose simple: tous les Etats ayant une vision traditionnelle en termes des notions sur la famille, le mariage et les enfants, seront dans le viseur des attaques du lobby LGBT. Et l’Afrique – bien évidemment aussi. Plus que cela, le chantage qui pourra viser nombre de pays africains sur ledit sujet pourra fort possiblement monter en flèche. A savoir si tel ou tel Etat africain refusera de libéraliser sa juridiction intérieure en lien avec le sujet LGBT – il pourra faire face à des sanctions économiques et des pressions politiques. Et connaissant la position de l’écrasante majorité des pays africains sur ce fameux sujet, comme d’ailleurs de la grande majorité des pays du monde, il est évident que les tensions avec Washington pour ces pays ne seront qu’à la hausse.

De façon générale, s’il est vrai que le principal intérêt déclaré en direction de l’Afrique de l’administration Trump – notamment via son secrétaire d’Etat Mike Pompeo – était de combattre l’influence grandissante de Pékin et de Moscou sur le continent – désormais tout en maintenant cette orientation pro-unipolaire, il faudra s’attendre à encore une plus grande agressivité émanant des adversaires confirmés de la multipolarité.

Au-delà des pressions probables mentionnées ci-haut, les USA pourront également tenter à recourir à la fameuse arme des interventions militaires dites «humanitaires». Souvent sous la bannière de la protection des droits de l’homme, avec comme base des intérêts purement géopolitiques ou géoéconomiques, et surtout néocolonialistes.

Ceci étant dit, compte tenu des divisions plus que jamais visibles au sein de la société étasunienne – pouvant par la même occasion faire augmenter les tensions internes à un niveau supérieur, il se peut à cet effet que les plans des multiples interférences US visant les Etats souverains soient un peu retardés. Mais plus important que cela encore – et cela devrait être sérieusement compris par le camp Biden s’il sortira effectivement «vainqueur» de cette bataille présidentielle, c’est que le monde actuel, résolument multipolaire, ne saura tolérer les agissements propres au passé plus ou moins récent. Les capacités de riposte sont bel et bien fixées. Evidemment peu de chances que cela soit compris par l’establishment étasunien – mais cela ne change pas la détermination des partisans de la multipolarité. 

Mikhail Gamandiy-Egorov

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