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OCS: l’heure des grands moments

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) organise un exercice militaire antiterroriste conjoint et devra annoncer sous peu la procédure d’adhésion en qualité de membre de plein droit de la République islamique d’Iran. Retour sur ces actualités.

Sur le plan sécuritaire, les militaires des pays membres de l’OCS ont entamé les exercices militaires conjoints en matière de lutte contre le terrorisme à Orenbourg, en Russie. Ainsi, les représentants des forces armées du pays d’accueil, ainsi que de Chine, du Kazakhstan, du Tadjikistan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, de l’Inde et du Pakistan, prendront part à ces manœuvres jusqu’au 25 septembre prochain. Le nom de l’exercice est Peace Mission 2021.

Selon les informations communiquées par le ministère russe de la Défense, dans le cadre dudit exercice les contingents militaires des pays de l’OCS travailleront ensemble la préparation et la conduite d’une opération antiterroriste conjointe. L’exercice Peace Mission a lieu une fois tous les deux ans dans le cadre de l’accord entre les Etats membres de l’Organisation de coopération de Shanghai sur la conduite d’exercices militaires conjoints, daté du 27 juin 2007.

Au-delà du fait que l’interaction militaire et antiterroriste au sein de l’OCS est devenu un sujet récurrent et stratégique, l’aspect géopolitique occupe également une place de première importance au moment où l’Eurasie est devenue le fer de lance du renforcement du concept multipolaire mondial actuel, tout en permettant de donner une image si fortement différente et légitime de la véritable communauté internationale. Et en ce sens, un événement important sera annoncé sous peu au sein de l’OCS.

Plus exactement – l’annonce si attendue du lancement de la procédure d’intégration de l’Iran en qualité de membre de plein droit. Pour rappel, la République islamique est depuis 2005 et jusqu’à maintenant membre-observateur de l’organisation internationale eurasienne. En effet et lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui se tiendra les 16 et 17 septembre prochain au Tadjikistan, le début de la procédure d’adhésion de l’Iran en qualité de membre de plein droit sera annoncé, indiquent plusieurs médias appartenant aux pays de l’OCS.

Si cette perspective qui est déjà à l’ordre du jour depuis un certain moment se confirme sous très peu, cela signifiera tout simplement que l’OCS prend un nouvel envol et renforcera considérablement son statut d’organisation internationale majeure, le tout à l’heure des défis existants – notamment de la part des nostalgiques de l’ordre unipolaire – dépassé, révolu, terminé. Cela sans oublier un autre fait majeur lorsqu’on aborde la question de la communauté internationale: celui que l’Organisation de coopération de Shanghai représente à elle seule, sans même comptabiliser les alliés de la philosophie eurasienne à divers endroits du monde – de l’Afrique jusqu’en Amérique latine, et même jusqu’en Europe, pratiquement la moitié de la population terrestre. Et donc – bien loin devant la communauté dite occidentale (et non pas internationale).

Quant à l’Iran, cette confirmation d’un vœu de longue date affirmera tout simplement la réalisation d’un des axes prioritaires de la politique étrangère iranienne contemporaine. Et constituera une réponse plus qu’efficace aux attaques qui visent non seulement Téhéran, mais également Pékin et Moscou – en qualité des trois principaux adversaires géopolitiques et stratégiques de Washington.

Une chose est sûre: le schéma de l’establishment occidental et de certains des régimes lui étant affiliés à tenter de saboter l’intégration eurasiatique, à travers la création non seulement d’obstacles, mais également de nouveaux foyers de tensions – fera face à l’extrême détermination des civilisations eurasiennes à mettre ses initiateurs hors d’état de nuire. Le tout en étroite coordination. Et ne se limitant pas dans cette interaction uniquement au grand espace eurasien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran compte adhérer à l’Union économique eurasiatique

Le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf avait récemment annoncé que son pays prévoit de rejoindre l’Union économique eurasiatique (UEEA). Si cette annonce suscite un évident enthousiasme pour les partisans de l’intégration eurasienne, du côté des puissances occidentales et d’Israël – l’heure est résolument à l’inquiétude.

L’éventualité d’une adhésion de la République islamique d’Iran à l’Union économique eurasiatique conforte l’idée du plein renforcement de la coopération eurasienne – aussi bien dans le sens d’une région plus que stratégique pour le renforcement du concept multipolaire du monde, ainsi que dans l’idée que c’est bel et bien en Eurasie que se forme la véritable notion de communauté internationale. Et ce aussi bien du point de vue géopolitique, géoéconomique, sécuritaire et démographique.

Pour rappel, l’Iran fait partie d’une autre grande organisation internationale eurasienne, à savoir l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en qualité de membre-observateur, avec de très bonnes perspectives de devenir prochainement membre à part entière. Mais que représente concrètement du point de vue stratégique une adhésion de Téhéran au sein de l’UEEA? Il faut pour cela faire mention de plusieurs orientations.

Tout d’abord, il faut noter que désormais l’Union économique eurasiatique dépasse le cadre «promu» dans la vision des élites atlantistes, comme une simple renaissance de l’URSS. Sachant que l’Iran, à la différence des membres actuels de l’UEEA, n’a jamais fait partie de l’Union soviétique. Cela conforte donc l’idée que la notion même de l’intégration dans l’espace eurasiatique est un concept résolument tourné vers l’avenir et surtout qui attire les nations du grand espace eurasien.

D’autre part, et puisqu’on parle d’économie, il faut noter que pour l’Iran – la 21ème puissance économique mondiale en termes de PIB nominal, la 25ème en qualité de PIB à parité de pouvoir d’achat et l’une des principales économies parmi les pays du monde musulman, la perspective d’entrée dans l’UEEA ouvrira des perspectives économiques fortement intéressantes. Puissance énergétique de premier plan (avec une part de marché au niveau mondial des produits pétroliers de 5,5%), l’économie iranienne a connu une vive diversification au cours des dernières années. Cela sans oublier le potentiel scientifico-intellectuel de la nation perse qui n’est pas à démontrer. Y compris en comparaison avec certains de ses voisins régionaux. Ainsi qu’une capacité ferme à résister aux sanctions et pressions extérieures.

Quant à l’Union économique eurasiatique, il faut rappeler que l’organisation représente en soi une population de près de 200 millions de personnes, un PIB nominal de plus de 1700 milliards d’équivalent de dollars et un PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA) de près de 4800 milliards d’équivalent de dollars.

Cette intégration de l’Iran dans l’espace eurasien se déroule  au moment d’un renforcement stratégique avec des pays comme la Chine et la Russie. Ceci étant dit, Pékin et Moscou ne sont pas les seuls soutiens de cette alliance avec l’Iran, aussi bien sur le plan géoéconomique que géopolitique. Des pays comme l’Arménie voient d’excellentes perspectives pour leurs projets économiques dans le cas d’une entrée de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique.

Parmi les projets qui peuvent prendre forme ou être ravivés, on peut faire mention du projet ferroviaire reliant l’Iran et l’Arménie. Le coût de ce projet avait été estimé à 3,2 milliards d’équivalent de dollars. La longueur de cette route devrait être autour de 300 kilomètres, avec une infrastructure comprenant 64 ponts d’une longueur totale de 19,4 kilomètres, ainsi que 60 tunnels de 102,3 kilomètres et 27 stations.

Mais ce n’est pas tout. Si ce projet venait à être réalisé, l’Arménie n’aurait pas seulement une importante voie d’accès à l’Iran, mais également vers la Caspienne – en renforçant ainsi les liens par voie maritime avec les autres membres de l’UEEA – comme la Russie et le Kazakhstan. Ce qui est certain, c’est que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique ouvre des opportunités pour Erevan de booster son économie, surtout pour la période post-covid et post-conflit avec l’Azerbaïdjan. D’autant plus lorsqu’on connait l’importante et influente diaspora arménienne d’Iran et qui maintient des contacts étroits avec la nation d’origine. Tout cela ne peut être donc que fort positif pour les deux pays, et plus généralement pour le front eurasien.

Evidemment, l’intégration de l’Iran dans l’UEEA ne trouve pas que des partisans. Et suscite une inquiétude peu voilée du côté étasunien, ou encore israélien. Justement, le quotidien israélien Israel Hayom note que les Etats occidentaux craignent que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique permette à Téhéran de contourner les sanctions étasuniennes et de faire progresser son programme nucléaire.

Le souci pour les opposants à ces processus de larges intégration et interaction en Eurasie, c’est qu’ils oublient que des pays-civilisations que sont la Chine, la Russie, l’Iran et d’autres n’ont pas l’habitude de demander d’autorisation à qui que ce soit, en ce qui concerne leurs intérêts respectifs et ceux de leurs alliés. Et que si l’adhésion de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique se concrétisera – ce n’est certainement pas Washington, Bruxelles ou Tel-Aviv qui pourront la faire stopper.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Ouzbékistan dans l’UEEA: d’observateur à membre à part entière?

En décembre dernier, l’Ouzbékistan avec Cuba ont rejoint le rang de membres observateurs de l’Union économique eurasiatique (UEEA). Depuis, de nombreuses voix s’élèvent à Tachkent afin que le pays puisse passer rapidement à l’étape supérieure au sein de l’organisation.

Depuis que l’Ouzbékistan et Cuba aient rejoint récemment la Moldavie en qualité de membres observateurs de l’UEEA – les membres de plein droit étant aujourd’hui le Kazakhstan, la Russie, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan – l’éventualité que le premier cité devienne lui aussi membre de plein droit semble de plus en plus à l’ordre du jour. Et ce aussi bien au niveau de l’UEEA, que du leadership et de la société d’Ouzbékistan.

En effet et du côté de l’Union économique eurasiatique, la volonté est clairement dans la favorisation de la pleine intégration de Tachkent au sein de l’organisation. Les pays membres se déclarent d’ailleurs prêts à accorder tout le soutien nécessaire au pays dans l’intégration en tant que membre de plein droit.

Au niveau de l’Ouzbékistan, les sentiments régnant, notamment au niveau de la population du pays, sont clairement en faveur de ladite intégration eurasienne – l’espace par ailleurs tout simplement naturel pour la nation ouzbèke. Lors du sondage effectué en mai de l’année dernière, ¾ des citoyens ouzbèks avaient confirmé soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. 

Plus récemment, il a été également rappelé qu’au-delà des avantages existants dans le cas d’une pleine intégration, notamment pour le commerce et les exportations, les travailleurs originaires d’Ouzbékistan pourront profiter des avantages qu’offre l’appartenance à l’UEEA. 

Ainsi, les citoyens des pays de l’Union économique eurasiatique travaillant dans les pays de l’union n’ont pas besoin d’obtenir de permis de travail, chose qui est nécessaire pour les migrants venant d’autres pays. Parmi les autres avantages mentionnés, les taux de l’impôt sur le revenu et de l’assurance sociale sont les mêmes pour les migrants appartenant à l’UEEA que pour les citoyens des pays de l’union où ils se trouvent. Lors de l’embauche, les diplômes et certificats de qualification sont reconnus sans accréditation ou procédure de reconnaissance supplémentaire.   

Lors des paiements liés à la retraite, le stage de travail dans les pays de l’UEEA autres que celui de l’appartenance est pris en compte. Enfin, les migrants, ainsi que les membres de leurs familles, dont les pays sont membres de l’union reçoivent des soins médicaux d’urgence gratuitement. A noter que sur les près de 2,5 millions de citoyens ouzbèks travaillant en dehors de leur pays, environ 2 millions vivent et travaillent en Russie. Un nombre conséquent d’entre eux travaillent également au Kazakhstan.

Tout cela conforte l’idée que l’Ouzbékistan pense très sérieusement de passer de statut d’observateur à membre à part entière de l’Union économique eurasiatique. En termes de timing, si l’année 2025 avait été mentionnée dans le passé comme décisive, il n’est pas à exclure que cela puisse arriver plus tôt.

Il est à rappeler que l’establishment étasunien a maintes fois déclaré sa vive opposition quant aux processus d’intégration dans l’espace eurasien post-soviétique, en y voyant ni plus ni moins « qu’une renaissance de l’URSS ». Ceci étant dit, le dernier mot reviendra aux peuples concernés, et non pas aux politiciens occidentaux. Les sentiments observés dans l’espace eurasien confortent cette idée.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: du Kazakhstan jusqu’à Cuba

L’Union économique eurasiatique (UEEA) a accordé le statut d’observateurs à l’Ouzbékistan et Cuba, élargissant par la même occasion son influence régionale et internationale. Retour sur les développements récents et moins récents.  

Malgré la vive opposition de nombre d’Etats occidentaux aux processus d’intégration dans l’espace eurasiatique ex-soviétique, principalement de Washington, rien ne semble pour le moment pouvoir stopper un processus enclenché depuis les années 1990 comme une initiative personnelle de Noursoultan Nazarbaïev, devenue une réalité en 2014. Depuis ledit processus poursuit sa lancée.

Il est important encore une fois de rappeler le rôle précisément du Kazakhstan et notamment de son ex-président Nazarbaïev pour que l’UEEA voie le jour. En effet, le leader kazakh à l’instar de nombreux habitants d’Asie centrale était opposé à l’éclatement de l’URSS. Mais lorsque la fin de l’Union soviétique était en train de devenir une réalité, il avait cherché dès les premiers moments à créer et bâtir un autre cadre d’intégration et d’interaction dans l’espace eurasien post-soviétique. Et ce aussi bien dans l’intérêt de son pays le Kazakhstan, que de nombreux autres Etats ayant composé l’URSS.

Dans un commentaire récent, accordé dans le cadre du film-documentaire Traits pour un portrait et diffusé par la chaîne de télévision Khabar, le premier président du Kazakhstan a évoqué comment était venue l’idée de la création de l’Union économique eurasiatique. Fait intéressant: l’initiative de Nazarbaïev était réellement apparue avant même l’éclatement officiel de l’URSS. Sa proposition était alors de créer à la base une union de quatre Etats (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, Ukraine), dans les mains de laquelle était concentrée 90% de l’économie soviétique. Tout en proposant aux autres pays de pouvoir l’intégrer, selon leur volonté.

Mais l’idée n’avait pas reçu l’approbation de Mikhaïl Gorbatchev – le dernier leader de l’URSS, ni de Boris Eltsine – le premier président de la Russie post-soviétique. Au lieu de cela c’est la Communauté des Etats indépendants (CEI) qui verra le jour. Pour autant et voyant que la nouvelle organisation ne contribuait pas à une intégration profonde au sein de l’espace concerné, Noursoultan Nazarbaïev avait continué à insister pour qu’une structure d’intégration plus puissante se réalise.

Au final, c’est ainsi que naîtra l’Union économique eurasiatique, devenue aujourd’hui l’une des principales forces motrices aussi bien dans le grand espace eurasien, mais également dans le cadre du concept multipolaire du monde. Deux projets auxquels restent fermement opposés les élites étasuniennes, occidentales et atlantistes.

L’organisation est aujourd’hui composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de ladite structure. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019).

Désormais – deux nouveaux Etats ont rejoint avec l’aval des pays membres les observateurs de l’organisation: à savoir l’Ouzbékistan et Cuba. Dans le cas du premier, il s’agirait vraisemblablement que de la première étape du processus d’intégration. Sachant que lors du sondage mené en mai de cette année, ¾ des citoyens ouzbeks avaient soutenu l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA. Fait notable: parmi eux – beaucoup de jeunes.

En ce qui concerne Cuba, les éléments d’une coopération multisectorielle donnent non seulement des avantages, notamment économiques, évidents pour l’île de la liberté, mais peuvent également ouvrir la voie à une interaction encore plus large entre l’Eurasie et l’Amérique latine. Le tout au moment où nombre d’Etats latino-américains soutiennent fermement l’ère multipolaire mondiale. Parmi eux, on peut citer le Venezuela, le Nicaragua, la Bolivie ou encore l’Argentine.

Dans le cas de l’espace eurasien, une grande puissance comme l’Iran pourrait devenir également membre-observateur de l’Union économique eurasiatique prochainement. Des négociations sont prévues en ce sens. A noter que la République islamique est déjà membre-observateur d’une autre grande structure internationale basée en Eurasie – en l’occurrence l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une structure dans laquelle elle devrait devenir membre à part entière dans un avenir proche.

Et lorsqu’on sait que ces événements majeurs, dans le cadre de l’UEEA, se sont réalisés en l’espace d’un peu plus de six ans – de la création aux événements actuels, il est évident que l’espace eurasien aura pour mission de poursuivre le renforcement observé. Et ce malgré la vive opposition des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine prend part aux exercices militaires Caucase 2020

L’espace eurasiatique devient plus que jamais le terrain d’une interaction majeure entre les Etats appartenant audit espace, notamment sur le plan sécuritaire. Les exercices militaires Caucase 2020 auxquels prennent part les représentants de plusieurs pays, dont la Chine, ne font que le confirmer.

Les exercices en question, qui se dérouleront dans le sud du territoire russe, verront la participation de militaires de Russie, Chine, Biélorussie, Arménie, du Myanmar et du Pakistan. Les représentants des forces armées de l’Iran, du Kazakhstan, d’Indonésie, d’Azerbaïdjan, du Tadjikistan et du Sri Lanka, prendront part à l’événement en qualité d’observateurs.

Selon le communiqué du ministère russe de la Défense, près de 80 000 militaires participeront aux exercices Caucase 2020. Au sein des participants, il y aura des formations et des unités de combat, de soutien logistique et technique, de défense aérienne et des formations de forces navales. Par ailleurs, il est prévu que lors des manœuvres soient impliqués jusqu’à 250 chars, environ 450 véhicules de combat d’infanterie et de véhicules blindés de transport de troupes, ainsi que jusqu’à 200 systèmes d’artillerie et de lance-roquettes, le tout dans des actions pratiques sur le terrain.

En ce qui concerne la République populaire de Chine, il est à noter que le leadership militaire de l’une des principales puissances mondiales, participe pratiquement à tous les exercices en coordination avec ses alliés et partenaires stratégiques. Et ce aussi bien dans l’espace eurasiatique, qu’au-delà. Les nombreuses manœuvres militaires conjointes bilatérales, comme multilatérales, ne font que le confirmer.

En effet, les nombreux exercices conjoints des forces armées chinoises et russes ont été observés au cours des dernières années, confirmant par la même occasion le très haut niveau d’interaction entre Pékin et Moscou sur la scène mondiale. Plus que cela, d’autres pays se joignent à la coordination sécuritaire sino-russe. En novembre dernier, aux larges des côtes atlantiques d’Afrique du Sud, les forces navales chinoises, russes et sud-africaines avaient organisé des manœuvres conjointes. 

Un mois plus tard, en décembre 2019, des exercices navals ont eu lieu entre l’Iran, la Chine et la Russie dans l’océan Indien et golfe d’Oman, entre le Détroit d’Ormuz, Bab-el-Mandeb et le Détroit de Malacca. 

Désormais, et avec la participation chinoise aux exercices Caucase 2020, Pékin ne fait que confirmer l’importance accordée à cette interaction stratégique. Et ce malgré les peurs et inquiétudes suscitées en Occident face à la montée en puissance indéniable de l’espace eurasiatique. Un espace qui ne cesse de renforcer le concept multipolaire de la géopolitique mondiale, sa capacité à gérer les défis liés à la lutte antiterroriste, à défendre la souveraineté et à interagir dans nombre d’autres domaines, allant de l’économie à la recherche et l’enseignement.

Evidemment, le leadership chinois observe avec attention les nombreuses tentatives de déstabilisation visant aussi bien ses intérêts directs, que ceux de ses alliés et partenaires stratégiques, à divers endroits du monde. C’est également en ce sens qu’il faut entrevoir la régularité et le sérieux avec lesquels la Chine participe à ces manœuvres. Plus que jamais les nations partisanes de la multipolarité comprennent la nécessité d’être non seulement capables d’interagir au plus haut niveau sur les plans diplomatique, politique et économique, mais également d’accroitre la capacité défensive conjointe, pouvant faire face à tout défi les visant. C’est probablement le point à retenir.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Eurasie s’unit dans le volet sécuritaire

La réunion des ministres de la Défense des Etats membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI), de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) se tiendra à Moscou le vendredi 4 septembre au parc Patriot de Koubinka, près de Moscou.

C’est ce qu’a annoncé Vladimir Zainetdinov, l’attaché de presse de l’OTSC. L’ordre du jour de cette réunion conjointe des trois importantes organisations comprend des questions de sécurité régionale et internationale, la consolidation des efforts pour prévenir la menace de déclenchement de guerres et de conflits armés, ainsi que le renforcement de la coopération militaire. De plus, les participants à ladite réunion feront une déclaration commune à l’occasion du 75ème anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 et la Seconde Guerre mondiale.

Le secrétaire général de l’OTSC Stanislav Zas prendre également part à la réunion. Le ministre indien de la Défense Rajnath Singh de son côté est déjà arrivé à Moscou pour une visite de trois jours, y compris pour prendre part à la réunion conjointe CEI-OCS-OTSC du 4 septembre. En outre, le ministre biélorusse de la Défense, Viktor Khrenine, participera également à la rencontre.

Ce dernier présentera un rapport sur la sécurité internationale et régionale, la consolidation des efforts dans le but de prévenir la menace de déclenchement de guerres et de conflits armés, et le renforcement de la coopération militaire dans les conditions modernes.

Pour rappel, la CEI comprend 10 des 15 anciennes républiques soviétiques (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie, Azerbaïdjan, Kirghizistan, Moldavie, Ouzbékistan, Tadjikistan et le Turkménistan en tant qu’Etat associé). L’OTSC, organisation à vocation politico-militaire, est quant à elle composée de la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Enfin, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) se compose de la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan (tous membres fondateurs de l’organisation depuis 2001), ainsi que de l’Inde et du Pakistan (membres à part entière depuis 2017). L’Iran, la Biélorussie, la Mongolie et l’Afghanistan sont quant à eux membres observateurs de l’OCS.

Maintenant pour parler perspectives, il serait juste de dire que cette réunion est fortement importante, et ce pour plusieurs raisons. La première c’est qu’il s’agit d’une réunion conjointe de trois grandes organisations de l’espace eurasien. Confirmant par la même occasion nombre de questions d’intérêts conjoints au sein des trois structures, notamment dans le volet sécuritaire et de la Défense. Deuxièmement, elle confirme toute l’importance du grand espace eurasiatique à l’heure où l’Eurasie devient l’un des centres majeurs de la géopolitique et des relations internationales. Le tout dans le cadre multipolaire du monde. Troisièmement, à l’heure des nouvelles tentatives occidentales de déstabilisation, visant notamment actuellement la Biélorussie, il est fort important d’afficher l’unité et la solidarité au sein des alliés. Enfin, et en dehors du cadre ex-soviétique, il est certainement à saluer qu’au moment où les relations sino-indiennes vivent certaines tensions et désaccords, les représentants des deux pays seront en Russie pour la réunion, confirmant par la même occasion toutes leurs obligations en tant que membres de l’Organisation de coopération de Shanghai.

Par la même occasion, Pékin comme New Delhi ont le mérite de comprendre parfaitement que le dialogue reste la meilleure option en vue de résoudre les différends existants. En ce sens, l’OCS reste une référence. Et ce au moment même où les tensions au sein de l’adversaire de l’OTSC et de l’OCS, en la qualité de l’Otan, ne cessent de s’exacerber. Notamment entre la Grèce, la France et plusieurs autres membres du bloc atlantiste d’un côté, et la Turquie de l’autre.

Il sera par ailleurs fortement intéressant de suivre les décisions qui seront prises lors de cette réunion conjointe de Moscou, y compris face aux événements en Biélorussie, où vraisemblablement le scénario d’une nouvelle révolution de couleur pro-occidentale semble s’essouffler. Sur les autres sujets d’actualité internationale, qu’ils soient liés au Moyen-Orient, à l’Amérique latine ou à l’Afrique, la diplomatie sino-russe continue de démontrer une implacable solidarité face aux membres occidentaux du Conseil de sécurité de l’ONU. En ajoutant à cela la coopération multiforme dans la sphère sécuritaire et de la Défense, il est aujourd’hui devenu définitivement clair que les forces pro-atlantistes doivent rapidement mettre à jour leurs visions du monde. Et surtout leur compréhension du monde – un monde dans lequel ils ne seront plus, en tant que minorité évidente, amenés à dominer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La jeunesse comme fer de lance de l’intégration eurasienne

Histoire commune, échanges économico-commerciaux, politiques, éducatifs et culturels intenses, flux humains, l’intégration au sein de l’espace eurasiatique n’a probablement jamais été aussi forte depuis la fin de l’URSS. Le rôle attribué à la jeunesse des pays concernés en est pour beaucoup.

Il apparait aujourd’hui de façon évidente que si l’intégration eurasienne ait pu, principalement à partir des années 2000 et à ce jour, se développer à un rythme intense et toucher non seulement l’orientation économico-commerciale, cela est dû justement à la compréhension des populations concernées quant à l’intérêt majeur d’un tel projet. Et sans le soutien des jeunesses des pays appartenant à l’espace eurasiatique, notamment ex-soviétiques, il aurait probablement été difficile d’obtenir les résultats souhaités, y compris même avec le soutien à ladite intégration de la part des élites politiques des pays en question.

A cet effet, plusieurs raisons peuvent être avancées. Un bagage culturel, linguistique et historique commun certain, les liens familiaux, les échanges dans la sphère économique et commerciale, et bien évidemment le secteur de l’éducation et de l’enseignement. Ce dernier est d’autant plus important qu’il concerne aussi bien l’éducation familiale, notamment l’attachement aux valeurs et traditions communes. Car en effet, ce qui rassemble un Russe, Kazakh, Biélorusse, Arménien ou un Kirghize, durant ne serait-ce que la célébration chaque année de la Fête de la Victoire sur le nazisme, est quelque chose qui probablement ne peut être compris par ceux qui n’appartiennent pas à cette histoire commune, notamment en ce qui concerne la question sacrée des sacrifices endurés par le peuple multiethnique soviétique. Mis à part évidemment pour les étrangers qui habitent dans l’espace eurasien ou qui en possèdent une connaissance réelle, approfondie et sans clichés.

Au-delà de l’éducation familiale, s’en suit évidemment celle de l’école primaire, du secondaire et de l’enseignement supérieur. Et là aussi et malgré les innombrables bourses offertes aussi bien par Washington (principalement) que Bruxelles, donc atlantistes, en vue de casser les liens des peuples eurasiens, il s’est avéré que les fonds alloués ne suffisent pas à détruire ces liens en Eurasie.

D’autre part, le système éducatif de l’espace eurasien s’adapte lui aussi à la réalité multipolaire et commence à répondre aux attaques extérieures. Dans le calme et sans hystérie. Ainsi et à titre d’exemple, à la veille de la nouvelle année universitaire vient de paraitre le manuel appelé Intégration eurasienne: idées, objectifs, processus et perspectives. Parmi les auteurs dudit manuel on retrouve plusieurs chercheurs et professeurs renommés de Russie et d’Arménie.

Comme l’annonce Armenpress, la principale et plus ancienne agence de presse arménienne, le manuel en question – offert aux étudiants, doctorants et aux enseignants d’Arménie et des autres pays de l’Union économique eurasiatique est un produit unique, n’ayant pas d’analogues dans la littérature scientifique russe et arménienne. Et représente par la même occasion un guide d’étude pour tous ceux qui souhaitent découvrir ce qu’est l’Union économique eurasiatique (UEEA), comprendre l’essence d’un phénomène comme l’eurasisme et l’intégration eurasienne, ainsi que de découvrir le contenu de ces processus, en premier lieu économiques, se produisant aujourd’hui dans l’espace post-soviétique.

L’inquiétude et la vive opposition de l’establishment atlantiste vis-à-vis de l’UEEA est, les connaissant, d’une certaine façon compréhensible. Notamment leur peur permanente de renaissance d’une URSS sous une autre forme. Et cette inquiétude est justement expliquée par le fait qu’au-delà d’une large part de la génération plus âgée des pays eurasiens qui approuve les processus en cours, le soutien de la majorité des jeunes d’Eurasie pousse les élites atlantistes à des gesticulations supplémentaires.

En effet et pour rappel, lors d’un récent sondage en République d’Ouzbékistan, pays d’Asie centrale de plus de 30 millions d’habitants, ¾ des répondants ont déclaré soutenir l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique. Fait fortement révélateur: l’essentiel des partisans de l’adhésion se trouvait au sein des plus de 40 ans ayant connu l’URSS et des jeunes de moins de 20 ans – nés après la fin de l’Union soviétique.

Les fondations washingtoniennes comme bruxelloises, continueront certainement et par tous les moyens à tenter de ralentir ces processus. Mais ce que l’establishment occidental ne comprend pas – c’est qu’il y a des choses qui ne s’achètent pas. Les valeurs de la jeunesse eurasienne dans sa large majorité y compris.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le Kazakhstan, l’initiateur de l’intégration eurasiatique

L’intégration dans l’espace eurasiatique bat son plein, et ce aussi bien sur les plans économique, politique, que dans le cadre militaro-sécuritaire. Cette intégration est vue fort négativement par les opposants à l’ordre multipolaire qui y voit tout simplement une renaissance de l’URSS. Malgré cette opposition et les tentatives de saper ladite intégration, les efforts des pays concernés ne faiblissent pas.

Beaucoup ne le savent peut-être pas, mais l’idée d’une intégration eurasienne dans l’espace post-soviétique n’est autre que l’initiative de l’ex-président kazakh Noursoultan Nazarbaïev, ayant dirigé le pays depuis 1990 jusqu’en 2019. D’ailleurs, la capitale kazakhe Astana a été renommée en son honneur l’année dernière et porte désormais le nom de Noursoultan.

Probablement un autre rappel s’impose : celui que les pays d’Asie centrale dans leur ensemble étaient opposés à l’éclatement de l’URSS. Et que par ailleurs, les pays en question avaient rapidement compris que seule une relation forte et stratégique au sein de l’espace ex-soviétique permettrait d’assurer un développement durable aux populations concernées. En ce sens, le Kazakhstan a pris une sorte de leadership dans ce processus. Et les résultats ne se sont pas fait attendre: le pays fait partie aujourd’hui des plus développés économiquement parlant au sein des pays d’ex-URSS.

Déjà en 1994, soit pratiquement juste après la fin de l’Union soviétique, Noursoultan Nazarbaïev avait suggéré, lors d’un discours à l’Université d’Etat de Moscou, l’idée de créer un espace de défense commune, ainsi qu’un bloc commercial régional pour lier et bénéficier des économies grandissantes de l’espace eurasien. Il faudra attendre fin mai 2014 pour que l’accord de création de l’Union économique eurasiatique voit le jour, avec une entrée en vigueur le 1er janvier 2015.

A l’heure actuelle et en plus du Kazakhstan, l’union est composée de la Russie, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. Depuis mai 2018, la Moldavie est devenue membre-observateur de l’organisation. Des accords de libre-échange ont été signés avec le Vietnam (mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux en octobre 2019). Des négociations sont en cours avec nombre d’autres pays ayant exprimé leur intérêt pour de tels accords, notamment la Chine, Cuba, l’Egypte, la Mongolie ou encore l’Inde. D’autres pays ont également exprimé leur intérêt, parmi eux la Syrie, le Pakistan, l’Indonésie, la Tunisie, entre autres.

Pour revenir au Kazakhstan, et au-delà de l’Union eurasiatique dont il était l’initiateur dès 1994, le pays fait partie également des principales organisations internationales de l’espace eurasien, clairement affiliées au monde multipolaire, dont l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) – organisation à vocation politico-militaire créée en 2002 et regroupant plusieurs pays ex-soviétiques (Kazakhstan, Russie, Arménie, Biélorussie, Kirghizistan, Tadjikistan en qualité de membres de plein droit, la Serbie en qualité d’observateur). Ainsi que de la Communauté des Etats indépendants (CEI) ou encore de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Cette dernière, créée en juin 2001, regroupe le Kazakhstan, la Russie, la Chine, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan (tous depuis 2001), ainsi que l’Inde et le Pakistan (tous deux depuis 2017). Les Etats observateurs de l’organisation sont quant à eux la Mongolie (depuis 2004), l’Iran (depuis 2005, comptant devenir prochainement membre à part entière de l’alliance), l’Afghanistan (depuis 2012) et la Biélorussie (depuis 2015). L’OCS est d’ailleurs vue en Occident comme un contrepoids à l’Otan, bien que les activités de la première soient bien plus larges que de la seconde – car au-delà d’une coopération militaro-sécuritaire et géopolitique, l’Organisation de coopération de Shanghai concerne également l’interaction dans les domaines économico-commercial, énergétique, humanitaire, scientifico-technique, culturel-éducatif, ainsi que celui des transports, du tourisme et de l’environnement.

A travers une politique souveraine et active dans le cadre des organisations citées, le Kazakhstan est arrivé à être considéré comme une puissance régionale indéniable. Un statut non seulement dû au poids économique et énergétique du pays, mais également sur les plans politique et sécuritaire. Concernant justement l’aspect sécuritaire, le pays a su démontrer une capacité réelle de prévention de l’extrémisme et du terrorisme, en s’opposant fermement aux divers courants extrémistes et en misant sur une paix sociale intérieure, notamment sur le plan d’une harmonie entre les nombreux groupes ethniques composant la nation kazakhe. Sur le plan politique, l’apogée du poids du Kazakhstan a été admise lors du processus d’Astana sur la Syrie, ayant réuni à la même table les représentants du gouvernement syrien, ceux de l’opposition (hors terroristes déclarés), ainsi que les pays-garants du processus, en la qualité de la Russie, de l’Iran et de la Turquie.

Pour finir, il serait certainement juste de dire que la puissance affirmée du Kazakhstan et son positionnement en qualité de puissance régionale eurasienne, sont dus à la sagesse d’une politique visant à faire profiter la population du développement économique, maintenir l’harmonie inter-ethnique et inter-religieuse du pays, promouvoir fermement l’intégration eurasiatique au sein de l’ex-URSS et au-delà, soutenir le concept du monde multipolaire, et barrer la route aux nombreux courants extrémistes, ainsi qu’aux diverses tentatives d’interférence extérieure dans les affaires souveraines du pays. Le Kazakhstan a clairement démontré être l’un des pays ex-soviétiques à avoir atteint des résultats probants dans divers domaines : de l’économie à la sécurité, de l’unité nationale intérieure à une influence fermement positive à l’international. L’œuvre de son ex-président Nazarbaïev est indéniable et vraisemblablement son successeur Kassym-Jomart Tokaïev ne compte pas s’en écarter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: l’Ouzbékistan en tant que nouveau pays membre?

Selon un sondage récent, effectué par le Centre de recherches et de réformes économiques, basé à Tachkent – la capitale de la République d’Ouzbékistan, ¾ des citoyens ouzbèques soutiennent l’intégration de leur pays au sein de l’Union économique eurasiatique (UEEA).

En effet, les processus d’intégration au sein de l’ex-URSS se poursuivent, notamment dans le cadre eurasien. La principale union économique au sein de l’espace des anciennes républiques soviétiques, qui regroupe actuellement la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan en tant que membres à part entière, ainsi que la Moldavie en qualité de membre-observateur, pourrait être élargie à la nation d’Asie centrale ex-soviétique ouzbèque.

Les résultats dudit sondage affichent un soutien de 74% des répondants à l’intégration de leur pays au sein de l’UEEA, 16% y sont opposés, 4% ont répondu par la neutralité et 6% n’ont pas donné de réponse. A noter que le soutien en faveur de l’intégration est plus important chez les femmes interrogées que chez les hommes (82% contre 73%). L’essentiel des partisans de l’adhésion est au sein des groupes d’âges suivants : les jeunes de moins de 20 ans et les plus de 40 ans.

L’analyse des résultats a également révélé que parmi les partisans de l’intégration de l’Ouzbékistan au sein de l’Union économique eurasiatique, le plus grand nombre était parmi les enseignants, les étudiants, ainsi que les représentants du secteur privé (76%).

Parmi les avantages cités par les répondants du sondage, 51% estiment que l’adhésion à l’UEEA aura comme résultat une baisse significative des prix des biens et services, ainsi qu’une augmentation de la qualité des produits due à une amélioration de l’environnement concurrentiel. Le deuxième avantage cité, par 24% des citoyens ouzbèques, étant l’élargissement du marché d’exportation des produits nationaux, avec le potentiel supplémentaire de créer de nouveaux emplois. Enfin 15% des répondants sont convaincus que ladite adhésion améliorera les conditions pour les travailleurs-migrants (pour information sur les près de 2,5 millions de citoyens ouzbèques travaillant en dehors de leur pays, environ 2 millions vivent et travaillent en Russie).

A noter qu’en juin 2019, le président du pays Shavkat Mirziyoyev avait déclaré qu’en vue de prendre une décision sur l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique, le pays devait analyser tous les défis. En janvier 2020, le chef de l’Etat avait annoncé que la question de la participation du pays à l’union devait être étudiée de manière approfondie par le parlement national. Début mars, le Cabinet des ministres a décidé de soumettre à l’examen des deux chambres du Parlement la proposition concernant la participation de l’Ouzbékistan à l’UEEA en qualité d’observateur. Fin avril, la Chambre législative du Parlement a approuvé la participation du pays en qualité d’observateur au sein de l’union.

Maintenant et pour parler perspectives, il serait juste d’aborder plusieurs points. Tout d’abord, un petit rappel historique s’impose. Celui qu’au moment de la chute de l’URSS, l’écrasante majorité des habitants des républiques soviétiques d’Asie centrale, dont l’Ouzbékistan, étaient radicalement opposés à la dislocation de l’Union soviétique. Deuxième point, et cela est tout aussi important : le fait que parmi les partisans de l’adhésion de l’Ouzbékistan à l’Union économique eurasiatique on retrouve une bien large part de jeunes, notamment de moins de 20 ans – la génération qui de facto n’a pas connu l’URSS, confirme pleinement que le processus d’intégration dépasse largement, comme certains pourraient le penser, le cadre des nostalgiques de l’URSS. Si bien que certainement on peut retrouver de nombreuses personnes ayant cette nostalgie au sein des habitants plus âgés, dans le cas des jeunes il s’agit avant tout d’une compréhension logique de l’importance de l’intégration dans l’espace eurasien, y compris évidemment dans le cadre historico-civilisationnel, mais aussi tout simplement une réalité pragmatique des opportunités économiques, commerciales et d’emploi.

Enfin, et malgré la ferme volonté de l’establishment atlantiste de stopper cette intégration dans l’espace post-soviétique eurasien, la réalité est telle que malgré les énormes programmes économiques mis en place par les USA et certains de leurs alliés afin de détourner la jeunesse d’Asie centrale, y compris d’Ouzbékistan, d’un quelconque soutien vis-à-vis d’une intégration eurasiatique, vraisemblablement les résultats de ces tentatives occidentales restent pour le moins… médiocres. Au final, les réalités économiques, alliées à une lecture commune sur de nombreux points de l’histoire, y compris commune, le facteur humain, mental et civilisationnel, restent les atouts qu’il est très difficile d’anéantir, y compris à coups de millions, voire de milliards de billets verts.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Union économique eurasiatique: actions conjointes contre les effets du coronavirus en vue

Les pays membres de l’Union économique eurasiatique (UEEA) se pencheront sur les mesures conjointes de lutte contre la propagation et les effets négatifs du coronavirus (Covid-19), en marge d’une discussion des Premiers-ministres de l’union, prévue le 10 avril.

La discussion aura lieu sous forme de vidéoconférence. Au-delà des mesures conjointes rentrant dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, les chefs des gouvernements de l’UEEA se pencheront également sur des décisions visant à assurer la stabilité économique, ainsi que la poursuite du développement du commerce mutuel et avec l’extérieur.

A titre de rappel, l’Union économique eurasiatique est composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan. La Moldavie y est membre-observateur depuis mai 2018. L’UEEA a par ailleurs plusieurs accords de libre-échange: avec le Vietnam (accord signé en mai 2015), l’Iran (mai 2018), le Singapour et la Serbie (tous deux octobre 2019). Des pourparlers sont également en cours avec plusieurs autres Etats, dont la Chine, Cuba, l’Egypte, la Mongolie, l’Inde, notamment.

Au total, près d’une cinquantaine de pays du monde avaient déjà annoncé leur volonté de collaborer avec l’UEEA. A noter que plusieurs des pays membres de ladite organisation composent également des structures comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC). En passant, l’intégration en cours au sein de ces organisations n’a jamais été appréciée au niveau des élites atlantistes, en premier lieu étasuniennes, inquiètes de voir « renaitre une autre URSS » et surtout de voir l’Eurasie devenir l’un des principaux fers de lance du monde multipolaire auquel l’establishment occidental est si opposé.

D’ailleurs, en parlant de la gestion de la crise du coronavirus, puisque c’est toujours le sujet d’actualité phare du moment, il est intéressant de se pencher justement sur la situation qui prévaut au niveau des pays de l’UEEA face à la propagation de cette pandémie, surtout lorsqu’on connait la proximité géographique et économique des dits pays avec la Chine et l’Iran – ayant subi de plein fouet les premiers les effets du Covid-19.

La Russie compte à ce jour un peu plus de 10 100 cas de contaminations, dont 76 décès (l’un des taux de mortalité liée au nombre de contaminations au coronavirus les plus bas au monde) et 698 guérisons. Le Kazakhstan comptabilise 764 cas de contaminations, 7 décès et 55 guéris pour le moment. 1486 cas de contaminations pour la Biélorussie, 16 décès, 139 guérisons. Pour ce qui est de l’Arménie, à ce jour le pays compte 921 contaminations, 10 décès et 138 guérisons. Enfin, le Kirghizistan comptabilise 280 cas de contaminations, 4 décès et 30 personnes guéries.

Des chiffres, faudrait bien le dire qui sont loin des statistiques observées dans l’Union européenne ou aux Etats-Unis. Et ce encore une fois malgré la proximité géographique immédiate avec les nations ayant été frappées en premier par l’apparition du virus. Evidemment, ce n’est aucunement une raison pour baisser la garde et se relâcher car les effets de la pandémie sont évidents aussi bien sur la situation sanitaire internationale que sur l’économie mondiale. Une économie qui tourne depuis au ralenti dans bien de secteurs, avec tout ce que cela implique. Donc au-delà des mesures de prévention et de soins médicaux à maintenir au niveau de l’Union économique eurasiatique, il est aujourd’hui également important à coordonner des actions efficaces pour une reprise économique aussi rapide que possible, et ce aussi bien dans le cadre eurasien que mondial.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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