Archives du mot-clé Kirghizstan

Un contingent eurasien en Syrie?

Damas

Dans le monde multipolaire qui se dessine pour le XXIe siècle, l’Eurasie fera entendre sa voix. Le projet de faire intervenir des contingents kazakhs et kirghiz dans le cadre d’une mission de maintien de la paix en Syrie va dans ce sens. S’il se concrétise, ce projet prouvera que le monde se passe très bien de l’occident pour régler ses conflits.

La Russie aurait suggéré d’envoyer des contingents kazakhs et kirghizs en Syrie.

Une proposition qui s’inscrit dans le cadre de la préparation du nouveau round des pourparlers d’Astana sur la Syrie, qui devrait avoir lieu début juillet. C’est Ibrahim Kalin, porte-parole du président turc, qui a révélé cette proposition, émise lors des échanges préparatoires russo-turcs.

Les troupes kazakh et kirghiz viendraient en appui de celles que la Russie, l’Iran et la Turquie ont prévu lors du précédent round d’Astana d’envoyer dans les zones de désescalade, sous réserve d’un accord de Damas.

Pour le moment, il ne s’agit que d’une proposition qui doit être encore discutée avec toutes les parties intéressées. Si la proposition devait aboutir, ce serait effectivement une mini-révolution. Les autorités du Kirghizistan, dont le président vient de terminer une visite en Russie, ont confirmé que cette idée d’envoyer des militaires en Syrie avait été discutée lors du Conseil permanent de l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective, composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, du Kirghizistan, de l’Arménie et du Tadjikistan). Ce pays ex-soviétique d’Asie centrale voit en effet d’un œil favorable cette possible mission du maintien de la paix.

Mettons maintenant cette proposition en perspective et dans son contexte.

Relevons tout d’abord que le Kazakhstan et le Kirghizistan font, de notoriété publique, partie des principaux alliés de la Russie. Les deux nations sont également membres de toutes les organisations dans lesquelles la Russie joue un rôle de premier plan: l’Union économique eurasiatique, l’OTSC, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), la CEI.

D’autre part, ces deux pays turcophones d’ex-URSS ont de bonnes relations avec la Turquie, un des trois pays garants du processus d’Astana, avec la Russie et l’Iran. Avec ce dernier, les relations sont également cordiales. Enfin, et c’est tout aussi important, les deux États soutiennent l’approche multipolaire des relations internationales et le respect de la souveraineté des nations, ce qui signifie que le gouvernement syrien ne sera certainement pas opposé à voir des troupes kazakhs et kirghiz sur son territoire.

Enfin, les Kazakhs comme les Kirghizes sont majoritairement musulmans sunnites, à l’instar de la majorité de la population syrienne. Ce qui est indéniablement un facteur positif, comme le démontre l’accueil très favorable que la population locale a réservé à la police militaire russe en Syrie, composée majoritairement de Russes-Tchétchènes sunnites, et qui assure notamment la sécurité dans la ville d’Alep.

L’idée est donc excellente. Surtout qu’elle renforcera dans les faits la notion d’Eurasisme. L’Eurasie est amplement capable de résoudre les principaux conflits régionaux et internationaux sans la participation de ceux qui «pensent» toujours qu’ils sont irremplaçables… suivez mon regard.

Nous restons évidemment prudents en attendant que cette initiative se concrétise, mais si tel était le cas, elle serait sans aucun doute à saluer. Au moment où l’armée gouvernementale syrienne et ses alliés sont en train de venir à bout des terroristes sur le sol syrien, provoquant une hystérie totale des Américains et de leurs alliés, qui comprennent que le chaos en Syrie touche à sa fin et que leurs objectifs géopolitiques ne seront pas atteints, nous devons dès à présent anticiper le retour effectif à la paix et la reconstruction du pays. En ce sens, la solidarité de la famille eurasienne est plus qu’une nécessité.

Que les atlantistes notent bien que nous sommes en 2017, pas en 1992, et qu’il est possible de régler les principales questions internationales sans la participation des élites atlantistes.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201706231031959072-conflits-kazakhs-kirghizs-syrie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Publicités

Les perspectives de l’Union économique eurasiatique

Les drapeaux des états membres de l’Union économique eurasiatique

Au moment où le futur de l’Union européenne se trouble de plus en plus, à l’Est un autre ensemble se renforce chaque jour. Malgré l’opposition de certains responsables occidentaux à l’Union économique eurasiatique, celle-ci se renforce et va dans le sens de l’élargissement.

Non, l’Union économique eurasiatique (UEEA) n’est pas le jouet de la Russie, quoi qu’en pensent certains. Si Moscou a effectivement soutenu l’idée de l’intégration eurasienne à la naissance du projet, rappelons-nous que c’est bien le Kazakhstan, en la personne de son président Noursoultan Nazarbaïev, qui en fut l’initiateur.

Cinq pays (tous d’ex-URSS) composent aujourd’hui l’Union: la Russie, le Kazakhstan, l’Arménie, la Biélorussie et le Kirghizistan. Le Tadjikistan, autre république ex-soviétique d’Asie centrale ne devrait pas tarder à rejoindre l’organisation. Deux autres pays de la région, en l’occurrence l’Ouzbékistan et le Turkménistan, entrevoient eux aussi de suivre cette voie, surtout au vu des derniers développements régionaux et internationaux.

Cette intégration post-soviétique fait par ailleurs extrêmement peur à plusieurs représentants de l’élite occidentale, dont l’ex-secrétaire d’État et malheureuse perdante aux dernières élections américaines, Hillary Clinton. Pour elle, il s’agit ni plus ni moins d’une nouvelle URSS, qu’il faille absolument « stopper » ou du moins « retarder le processus ». Son avis est partagé par grand nombre de forces pro-atlantistes. Mais ces « braves » gens n’auraient-ils pas simplement oublié de poser la question aux peuples concernés? Car eux seuls ont le droit de créer (ou de récréer) ce qu’ils considèrent être le meilleur choix pour leur avenir commun, même si cela devait être une URSS 2.0. Mais ce n’est clairement pas de cela qu’il s’agit dans le cas de l’Union eurasiatique, une réalité qui s’impose à tous.

L’interaction eurasienne ne se limite d’ailleurs pas uniquement à l’ex-URSS. Un accord de libre-échange a été conclu entre l’UEEA et le Vietnam fin mai 2015. Des pourparlers sont également en cours avec l’Égypte, la Syrie, la Thaïlande, la Mongolie, la Serbie et l’Iran. Il ne serait d’ailleurs pas à exclure que l’Iran puisse à terme rejoindre pleinement l’organisation, au même titre que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La Turquie s’intéresse elle aussi de plus en plus à l’Union économique eurasiatique, de l’aveu même de dirigeants turcs. Une hypothèse lointaine, Ankara restant encore officiellement candidate à une adhésion à l’UE, et demeure un des piliers de l’OTAN. Néanmoins, rien n’est également à exclure sur le moyen à long terme.

Quoi qu’il en soit, le développement de l’UEEA connaît une dynamique impressionnante. C’est aussi cela qui déplaît fortement aux partisans de l’unipolarité. Le fait de voir l’UEEA, l’OCS ou les BRICS prendre des responsabilités de plus en plus importantes, aussi bien dans un cadre régional que mondial, confirme que la multipolarité est la seule réalité désormais acceptable pour l’humanité. Une option qui réfute l’idée d’une gestion mondiale par une minorité évidente, ce qui conforte l’hystérie des opposants à ces projets.

Certains pensent aussi, qu’au moment où les divisions dans l’Europe bruxelloise deviennent de plus en plus évidentes et que l’espace eurasiatique opte pour le renforcement de son intégration aussi bien économique que politique, qu’il s’agit d’une revanche de la Russie. Qu’ils se rassurent: la Russie pense simplement à ses intérêts nationaux, tout comme les autres pays-membres de l’Union eurasienne. Des intérêts souverains et qui regardent avant tout les peuples concernés. Quant au fait de vouloir vivre ensemble, c’est aussi une réalité à laquelle certains observateurs extérieurs devraient se réhabituer. Beaucoup de peuples, notamment d’Asie centrale, étaient radicalement opposés à l’éclatement de l’URSS. On ne les a pas écoutés. Aujourd’hui, la logique des intérêts communs reprend le dessus. Et cette logique a un nom: l’Eurasisme.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201702201030169027-ueea-perspectives/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Russie et ses alliés ont prouvé que le monde ne se limite pas à l’Occident

Vladimir Poutine (deuxième à droite) et ses hôtes après le défilé de la Victoire à Moscou

Il est encore assez difficile pour certains de concevoir la nouvelle réalité dans laquelle nous vivons aujourd’hui. Celle d’un monde où un groupe limité de pays ne pourra plus dicter sa loi impunément.

Un monde dans lequel l’Occident politique continuera à exercer encore de son influence, mais de manière désormais limitée, tout en ayant à rendre des comptes si les nouvelles limites seront dépassées.

L’exemple récent en date: la grande célébration de la fête de la Victoire sur le nazisme le 9 mai, à Moscou. Les « leaders » occidentaux ont « brillé » par leur absence, mais entre nous il est à croire que leur présence même aurait été déplacée, surtout au vu des événements plus ou moins récents. Les élites de pays soutenant aujourd’hui la renaissance du nazisme et de l’extrémisme à différents endroits de la planète n’avaient rien à faire sur la principale place du pays ayant offert le plus lourd sacrifice à l’humanité pour anéantir la peste brune. 

Le plus drôle dans cette situation, c’est qu’on avait bien l’impression qu’au final ce sont ces mêmes « élites » qui se sont retrouvées clairement isolées. Tous les représentants de pays véritablement amis de la Russie étaient présents lors de cette grande fête et venus des quatre coins du monde: ex-URSS, Amérique latine, Asie, Afrique. Quelques délégations non et semi-officielles d’Europe étaient également là. En outre et lors du défilé militaire qui était le plus important et le plus impressionnant depuis bien longtemps, en plus des forces armées russes, on a eu droit au défilé des forces armées d’autres pays: Kazakhstan, Biélorussie, Arménie, Kirghizistan, Azerbaïdjan, ainsi que de Mongolie, de la Serbie, de l’Inde et de la Chine (dont l’effectif était le plus important parmi les pays cités).

Tout le monde a également remarqué les échanges forts amicaux entre les leaders russe et chinois qui étaient assis l’un à côté de l’autre, tout au long du défilé. Le nouveau monde en grande marche, oui on peut le dire. D’autre part et à la veille de la grande fête, la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie et l’Arménie avaient signé l’accord d’adhésion du Kirghizistan à l’Union économique eurasiatique. Un grand moment d’autant plus que l’Union eurasiatique ne compte aucunement s’arrêter en si bon chemin: bientôt ce sera au tour du Tadjikistan, autre république de l’ex-URSS d’Asie centrale, de rejoindre l’union. Le tout sans oublier que d’autres pays analysent eux-aussi cette opportunité. Sans oublier également une fois encore la zone de libre-échange qui passera sous peu à l’étape ultime entre le Vietnam et l’UEEA. 

Mais ce n’est pas tout. Les derniers jours ont été aussi l’occasion de larges manœuvres navales communes en Mer méditerranée entre la Chine et la Russie. Des manœuvres qui ont connu un grand succès, les deux parties ayant exprimé leur entière satisfaction. Les deux nations ont une nouvelle fois montré leur capacité totale de pouvoir intervenir à n’importe quel endroit du globe pour contrer les défis qui leur seront lancés.

L’Occident doit se rendre donc à l’évidence: il ne dirige plus le monde. Le temps des humiliations et des injustices approche sa fin. Bien que ces dernières se poursuivent largement encore à différents endroits de notre planète, on est au moins désormais en droit d’être optimistes quant à l’avenir. Un avenir encore incertain et c’est justement la raison pour laquelle nous ne devons pas relâcher les efforts communs. Le monde multipolaire a besoin de notre unité commune. Peu importe que nous soyons de grands ou de petits pays, tout le monde a son mot à dire. 

Personne ne prévoit d’isoler l’Occident et il restera partie intégrante de l’humanité. D’ailleurs les nombreux messages récents de soutien et de sympathie de la part des citoyens de pays occidentaux, notamment européens, envers la Russie prouvent à quel point les élites occidentales sont éloignées de la réalité. Quoiqu’il en soit, le chemin se poursuit et il est très important aujourd’hui de comprendre que l’humanité est beaucoup plus large que ce qu’on a voulu nous faire croire jusqu’à encore assez récemment.

C’est d’ailleurs un message aux nations encore martyrisées par le néocolonialisme occidental. Le temps est venu de se relever, de prendre les choses en mains, de détruire le diktat extérieur et d’arracher sa dignité. L’Afrique, ce beau continent, est aujourd’hui le théâtre de grandes batailles. Et il y a toutes les raisons de croire que les Africains en sortiront vainqueurs! Et ce malgré toutes les actions criminelles des prédateurs néocolonialistes.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150522/1016212532.html

Mikhail Gamandiy-Egorov