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La Chine s’engage en faveur de Cuba face aux USA

Pékin a apporté son soutien à La Havane face aux attaques émanant de Washington. Le leadership chinois hausse de plus en plus le ton face à l’adversaire étasunien, tout en apportant un soutien diplomatique et humanitaire à l’allié cubain.

La Chine exhorte les Etats-Unis à tenir compte de l’appel universel de la communauté internationale, à lever immédiatement et complètement les sanctions et l’embargo contre Cuba, et à cesser immédiatement de chercher des excuses pour s’engager dans une ingérence et une déstabilisation flagrantes – c’est ce qu’a déclaré un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Xinhua.

Le représentant diplomatique chinois a par ailleurs souligné que la Chine s’opposait fermement à toute mesure visant à imposer arbitrairement des sanctions unilatérales et à s’ingérer dans les affaires intérieures d’autres pays sous prétexte des soi-disant liberté, droits de l’homme et démocratie: «Les récentes sanctions américaines contre les institutions et des officiels cubains violent gravement les normes de base régissant les relations internationales et démontrent une fois de plus au monde le deux poids, deux mesures et l’intimidation typique des Etats-Unis».

Il a en outre ajouté que la Chine continuera de mettre en œuvre le consensus atteint par les dirigeants des deux pays, d’approfondir les relations amicales entre la Chine et Cuba et de soutenir fermement les efforts de Cuba pour surmonter l’impact de l’épidémie, promouvoir le développement économique et maintenir la stabilité sociale.

Ces déclarations s’ajoutent à celles d’il y a environ deux semaines, lorsque Pékin avait à travers le porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian, ouvertement soutenu l’argument du leadership cubain selon lequel Washington devrait envisager des sanctions contre soi-même pour les violations des droits de l’homme avant d’en pouvoir accuser d’autres pays du monde.

Si la Chine s’impose effectivement et de plus en plus comme l’une des principales forces internationales au sein des pays latino-américains, le ton adopté désormais par les hauts responsables chinois à l’encontre de l’establishment occidental, et plus particulièrement étasunien, concerne bien évidemment une approche réellement globale. En ce sens, les déclarations du ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, lors de sa récente visite dans la capitale syrienne Damas n’en représentent qu’une preuve supplémentaire.

D’autre part, la référence faite par le leadership chinois quant à la notion de communauté internationale est extrêmement importante: car elle traduit justement, et une fois de plus, le fait que ni Washington, ni l’axe occidental de façon générale, n’ont aucune légitimité à pouvoir parler au nom de la communauté internationale, ne représentant qu’une évidente minorité planétaire, d’ailleurs bien loin de faire l’unanimité au sein de leurs propres populations.

Cette approche de la Chine, pas tant nouvelle mais surtout beaucoup plus affirmée, conforte le renforcement du concept multipolaire mondial actuel – d’autant plus que ces efforts se font en étroite coordination avec les autres grandes puissances non-occidentales et partenaires privilégiés. Et ce aussi bien dans le grand espace eurasiatique, sur le continent africain ou dans l’espace latino-américain.

Evidemment, l’establishment occidental a énormément de mal à pouvoir se faire à cette réalité. D’où son extrême mécontentement face aux grands processus d’alliances et d’intégrations observés au sein de l’espace non-occidental, à sa chute d’influence politique et médiatique à divers endroits du monde – y compris là, où encore récemment il se sentait être en position de force, notamment en Afrique, et aussi quant à la nécessité de devoir faire face à des contre-mesures efficaces frappant les instigateurs des sanctions occidentales. Il est vrai que lorsque la mentalité néocoloniale fait partie intégrante de l’esprit de tel ou tel personnage, il lui devient fort difficile de pouvoir accepter des gifles régulières, d’autant plus douloureuses.

Il est vrai que les grandes puissances mondiales non-occidentales, dont la Chine, ne cherchent pas forcément à infliger de telles leçons – si les interlocuteurs d’en face auraient été un minimum capables d’accepter et de s’adapter à une réalité simple – celle de l’impossibilité pour une extrême minorité mondiale de pouvoir dicter encore sa volonté à l’écrasante majorité du globe terrestre. Et si l’Occident politico-médiatique restera dans cette optique, ce qui d’ailleurs sera vraisemblablement le cas, qu’il ne soit guère surpris quant à la suite désagréable qu’il aura à subir en termes de perte d’influence au niveau international.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le Venezuela préparé aux nouvelles interférences étasuniennes

La République bolivarienne du Venezuela continue d’être l’une des principales priorités en matière de déstabilisation pour les USA en Amérique latine. Pour cela, Washington peut également compter sur nombre de forces sous-traitantes. Il n’empêche que Caracas, comme ses alliés régionaux et internationaux, semblent être prêts à répondre aux défis.

Depuis l’arrivée au pouvoir, dans un cadre purement démocratique, d’Hugo Chavez à la tête du Venezuela en 1999, la guerre politique étasunienne visant ce pays est devenue permanente. Il y avait plusieurs raisons à cela. Tout d’abord l’alliance qui s’était créée entre le pays avec Cuba – ennemi historique de Washington. Ainsi que la formation d’une coalition de gouvernements latino-américains progressistes – opposés à la politique US dans leur région et plus généralement dans le monde.

Cette alliance progressiste devint rapidement un danger de première importance pour l’establishment washingtonien qui voyait alors chuter son influence dans l’espace latino-américain – l’espace qu’il considérait tout simplement comme son arrière-cour, où durant des décennies il était possible de mettre en place par la force et les coups d’Etat des régimes réactionnaires, mais pro-étasuniens, et se débarrasser des leaders progressistes. D’ailleurs en ce sens, la capacité de nuisance serait certainement une expression plus appropriée que celle en rapport avec l’influence.

Hugo Chavez a eu le très grand mérite dans l’établissement et le renforcement de cette coalition progressiste latino-américaine, touchant d’ailleurs non seulement au volet purement politique, mais également humanitaire, médical, éducatif et même médiatique avec l’apparition en 2005 de la chaine de télévision pan-latino-américaine TeleSUR. Cette dernière devenue un os supplémentaire dans la gorge des USA, et plus particulièrement des médias mainstream, dont CNN.

Plus que cela, l’alliance progressiste anti-impérialiste dépassera le cadre strictement régional et continental pour former des relations fortes avec la Chine, la Russie ou encore l’Iran. Donnant un coup de pouce évident au renforcement du concept multipolaire mondial. Ce dernier volet sera d’ailleurs l’une des raisons du positionnement encore plus hystérique de Washington vis-à-vis de Caracas, pour le rôle joué dans les processus cités. Ajoutons à cela les énormes ressources pétrolières du pays – tout était donc réuni pour activer les tentatives de coups d’Etat, d’agressions et de déstabilisations en tout genre pour Washington et ses supplétifs. Peu importe les administrations en place aux USA.

Pour rappel, en mars 2015, sous prétexte que le pouvoir vénézuélien représente «une menace à la sécurité des Etats-Unis», Washington avait déclaré «l’état d’urgence» à l’encontre du Venezuela. Le tout évidemment afin de pouvoir justifier la pression croissante sur Caracas. Pour cela, divers prétextes avaient été avancés: les prétendues violations des droits de l’homme, persécutions d’opposants politiques, l’abus de pouvoir de la part de représentants des forces de l’ordre, de l’armée et des services de renseignement du Venezuela. En bref – tout le cocktail habituel pour les élites atlantistes lorsqu’il devient nécessaire de justifier leurs interférences ou agressions visant des nations souveraines. D’ailleurs, des violations dont elles sont elles-mêmes les championnes. Il suffit pour cela de suivre la violence policière, pratiquement quotidienne, dans les rues étasuniennes.

Le locataire actuel de la Maison-Blanche Joe Biden maintient toujours et intensifie la confrontation avec Caracas: «La situation au Venezuela continue de poser une menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des Etats-Unis, j’ai donc jugé nécessaire de prolonger l’état d’urgence». Par ailleurs, avec l’approbation du Congrès US les sanctions étasuniennes visant le Venezuela ont été prolongées jusqu’en mars 2022.

Il faudrait certainement rappeler aussi que le Venezuela, au même titre que d’autres nations latino-américaines progressistes, dont Cuba, le Nicaragua et la Bolivie – a été expressément cité comme l’une des principales menaces pour les USA dans les rapports du Commandement Sud des Etats-Unis (Southcom). D’ailleurs, l’interaction de ces pays avec les principaux adversaires géopolitiques de Washington sur l’arène internationale, à savoir la Russie, la Chine et l’Iran – est expressément mentionnée aussi. Southcom avait même parlé «d’une augmentation alarmante» de l’influence de ces trois pays en Amérique latine.

Dans les déstabilisations et interventions pures et simples, Washington peut évidemment s’appuyer sur ses supplétifs régionaux. En ce sens et dans le cas visant justement le Venezuela, c’est la Colombie qui se voit confier un rôle de «premier choix» pour appliquer les schémas étasuniens. Bien qu’il soit bon de dire – jusqu’à maintenant sans grande réussite.

Plus généralement, il serait juste de mentionner qu’à la différence des coups d’Etat orchestrés par Washington et ses différentes structures, dont la CIA, au cours des différentes périodes de la seconde moitié du vingtième siècle, aujourd’hui «le succès» est beaucoup moins au rendez-vous. Pour cela – plusieurs raisons. L’efficacité des services de renseignement des pays progressistes d’Amérique latine, dont ceux du Venezuela. Une solidarité entre ces pays dans un cadre régional clairement affichée. Le soutien des grandes puissances internationales partisanes de la multipolarité. Sans oublier la mobilisation populaire des peuples concernés – constituant une excellente réponse à toute tentative d’interférence ou d’agression. En ce sens, l’exemple de la Bolivie – alliée de Caracas – en est très révélateur. 

A en juger par la presse colombienne, les bases US en Colombie et dans d’autres pays latino-américains se trouvent sous la surveillance constante des services de renseignement cubains et vénézuéliens. Plus que cela, les documents étasuniens régissant les opérations de déstabilisation et d’invasion sont à la disposition de La Havane et de Caracas. La menace d’une attaque surprise est donc pratiquement exclue. Quant au reste, les dignes nations d’Amérique latine auront déjà démontré être en mesure de poursuivre la résistance au néocolonialisme US et plus généralement occidental. En cela, elles peuvent compter aussi sur les alliés internationaux. Viendra certainement le jour où les nations latino-américaines formeront des plans pour soutenir la démocratie et les droits de l’homme en terre US. La vraie démocratie.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Rapprochement Cuba-USA illusoire

drapeau cubain sur leur nouvelle ambassade à Washington

Les médias occidentaux ont consacré depuis plusieurs mois une grande attention au soi-disant rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis. L’accent était bien évidemment mis sur la « bonne volonté » du leadership étasunien à passer le cap de relations difficiles, datant de plus d’un demi-siècle.

C’est aussi le message que tentait de faire passer les représentants de la Maison-Blanche depuis Washington.

L’ambassade US a même rouvert ses portes dans la capitale cubaine, La Havane. Et l’ambassade cubaine en terre étasunienne. Même si, des deux côtés, la rhétorique du désaccord sur plusieurs points des relations bilatérales n’a jamais disparu, néanmoins les médias mainstrimois ont tout fait pour présenter ladite situation comme une nouvelle page révolutionnaire dans l’histoire des relations entre les deux pays.

De notre côté, dès le départ on comprenait que le coup « amical » des USA était surtout stratégique. D’un côté, il fallait reprendre pied dans un petit pays courageux, qui résiste à des sanctions arbitraires depuis plus de cinquante ans et qui n’a toujours pas fléchi. D’un autre, à l’heure de la guerre des sanctions visant la Russie, il fallait réduire le nombre de « fronts » (la question du nucléaire iranien peut-être vue également dans cette optique). Last but not least, les USA (qui adorent utiliser la rhétorique de l’isolation vis-à-vis des nations n’étant pas sous leur diktat), avaient (enfin) compris que dans l’espace américain (dans le grand sens du terme), c’est eux qui se retrouvaient ouvertement isolés. Le dernier sommet des Amériques à Panama en avril dernier en était la preuve nette. Obama était attaqué de tous les côtés par les critiques des dirigeants latino-américains, en arrivant même à être obligé de se justifier et de faire son mea culpa, pour lui et son pays: un comble pour un président US devant les dirigeants de pays que Washington aimerait tellement continuer à considérer comme son pré-carré.

En effet, du leader vénézuélien à la présidente brésilienne, des présidents bolivien et équatorien à la chef de l’Etat argentin, Obama a passé un moment fort difficile et son petit sourire ne pouvait aucunement cacher le stress et la pression subie. Les USA ont donc essayé de jouer la carte cubaine. Cuba a répondu favorablement pour la simple et bonne raison que l’île de la liberté n’a jamais été opposée au dialogue. Après tout, ce n’est pas Cuba qui avait tenté à maintes reprises de faire tomber le gouvernement étasunien, mais bien le contraire. Mais ce que les médias US et consorts avaient fortement « oublié » de mentionner, et qui était confirmé à notre niveau par les journalistes et experts cubains, c’est que Cuba ne se faisait aucune illusion quant à la bienveillance étasunienne. Pour les Cubains, ce n’était rien d’autre qu’une nouvelle bataille remportée. Car malgré tous les « pronostics » qui annonçaient la fin de pouvoir socialiste à Cuba après la chute de l’URSS, celui-ci ne s’est non seulement pas affaibli mais est devenu au contraire l’allié par excellence et l’inspiration pour la grande partie des Etats d’Amérique latine.

Maintenant pour revenir à l’actualité. Hier, l’Assemblée générale de l’ONU a une fois encore réclamé, à une écrasante majorité de membres, la fin de l’embargo étasunien contre Cuba. Sur 193 votants, 191 ont soutenu la résolution, dont l’allié russe de Cuba avec une belle allocution de Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’ONU, qui n’a pas manqué de rappeler toute l’illégitimité des actions étasuniennes à l’encontre de Cuba.

Seuls deux pays se sont (sans surprise) opposés à ladite résolution: les USA et Israël. L’ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l’ONU, se sentant clairement isolé et voyant la délégation cubaine aux grands sourires, n’a pas manqué de se justifier en affirmant que « le texte de la résolution est loin de refléter les mesures importantes qui ont été prises et l’esprit d’engagement que le président Obama a défendu »… En d’autres termes, « nous sommes gentils (comme toujours) et vous nous attaquez ». Si seulement c’était vrai.

En tout cas, cela n’a fait que confirmer une fois encore que Cuba ne compte nullement reculer et renoncer à ses principes. Et que d’autre part, le rapprochement annoncé en grande pompe par les relais de l’impérialisme est encore loin. Comment d’ailleurs un tel rapprochement serait possible entre une nation défendant ses valeurs anticolonialistes et une autre se croyant toujours « exceptionnelle et unique » pouvant dicter sa volonté néocoloniale à tous. Illusions, illusions…

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151029/1019172208/cuba-etats-unis-relations.html

Mikhail Gamandiy-Egorov