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La richesse de l’Europe – c’est l’Afrique. Et non pas le contraire.

05.05.2022

Au moment où l’Occident et notamment l’Union européenne apprend à vivre selon de nouvelles règles dans les relations économiques les liant à la Russie, le temps est certainement venu pour que ce même Occident s’adapte également aux nouvelles règles qui vont s’imposer dans sa relation avec le continent africain.

L’arrogance propre à l’establishment occidental ne peut pas faire disparaître ses énormes besoins en ressources naturelles – aussi bien pour son industrie, que dans le cadre de la consommation quotidienne de ses citoyens. Dans le monde multipolaire post-occidental – ces ressources naturelles représenteront indéniablement la clé du nouveau système international.

Si face à la Russie, l’un des principaux adversaires de l’Occident sur l’arène internationale, ce dernier apprend, progressivement, à travailler ne serait-ce que sur le plan des échanges économico-commerciaux sur de nouvelles bases (qui ne lui plaisent évidemment pas), le temps viendra et les nostalgiques de l’unipolarité devront en faire de même avec l’Afrique et les Africains.

Il est aujourd’hui définitivement clair le pourquoi de l’hystérie au summum des élites occidentales en ce qui concerne les bouleversements observés sur le continent africain, notamment dans le cadre de l’adhésion africaine de plus en plus évidente au système de l’ère multipolaire promu activement par la Chine, la Russie et nombre d’autres pays, du rejet de la politique atlantiste occidentale, et de la large diversification des partenariats observée sur le continent.

En effet et bien que durant de longues années, l’arrogance de l’establishment occidental voulait créer une image d’une Afrique qui ne peut survivre sans l’Europe et l’Occident, la réalité actuelle démontre fermement que c’est l’Europe et l’Occident qui ne sauront se passer de l’Afrique, comme le confirme d’ailleurs la crise ayant atteint son plus haut niveau dans l’histoire contemporaine entre la Russie et l’axe atlantiste.

Le plus grand danger pour l’establishment bruxellois, et notamment hexagonal – c’est de continuer à perdre des positions en Afrique, comme cela était le cas et continue de l’être – depuis maintenant plusieurs années. Les menaces, pressions, sanctions, intimidations, déstabilisations – n’impressionnent plus les leaderships patriotes et panafricanistes, ainsi que les millions de citoyens de pays africains.

Longtemps l’Afrique était pour les Occidentaux ce que la Sibérie est pour la Russie, à la seule différence que la Sibérie appartient à la Russie, tandis que l’Occident n’a aucun droit légitime sur l’Afrique et ses ressources. On comprend d’ailleurs parfaitement pourquoi certains Etats européens, notamment l’Italie, font actuellement les mains et les pieds sur le sol des différents pays africains en vue de pouvoir faire diminuer la dépendance européiste aux ressources naturelles, notamment énergétiques, russes. Sans grand succès, mais tout le monde aura compris les objectifs.

C’est d’ailleurs l’une des raisons supplémentaires aux mobilisations africaines qui restent aux aguets et qui ne faiblissent pas face à une prédation occidentale qui retranchée et en grande difficulté – risque tout simplement de lancer de nouvelles tentatives d’agressions et de pillages des nations africaines.

Et au vu du sentiment anti-occidental (anti-establishment occidental faut bien le préciser) qui non seulement ne diminue pas, mais au contraire ne cesse de s’activer – Paris, Londres comme Washington connaissent parfaitement les énormes défis auxquels ils auront à faire face, car les anciens schémas d’interventions néocoloniales auront de plus en plus de mal à aboutir face à des populations déterminées et mobilisées.

A titre d’exemple – faudrait-il rappeler que le principal fournisseur d’uranium de l’UE n’est autre qu’un pays comme le Niger (devant la Russie et le Kazakhstan). Une ressource naturelle stratégique qui ne nécessite pas de présentation supplémentaire. Un Niger qui tout en étant un fournisseur majeur d’une matière aussi importante – n’a que 30-35% de sa population qui a accès à l’électricité. Et cela selon les chiffres les plus optimistes.

On comprend maintenant mieux pourquoi l’Elysée et le Quai d’Orsay mettent autant de pression sur le Mali voisin, pays également fort riche en ressources naturelles, mais aussi la raison du pourquoi l’establishment hexagonal et plus généralement européiste soutient autant le régime actuel du Niger – complètement soumis aux intérêts occidentaux, mais tellement impopulaire auprès de la population du pays.

Une fois de plus, il est aujourd’hui évident que les échecs de Paris, Bruxelles, Washington, Londres, comme Berlin – ne s’arrêteront pas en RCA et au Mali. L’effet domino dû à l’arrogance et à la surexploitation de l’Afrique par l’Occident, les règles multipolaires récentes et l’absence désormais de la peur auprès d’une large partie de l’humanité face aux pillards et criminels maquillés en démocrates – ne fera que se poursuivre sans pouvoir s’arrêter.

Et dans ces conditions, l’Occident comprendra définitivement que ce n’est pas lui qui produit de la richesse, mais que c’est le monde non-occidental, représentant l’écrasante majorité de l’humanité – qui lui a longtemps permis de prétendre à le faire. Désormais, qu’il se rende à l’évidence que c’est bientôt la fin.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Moldavie dans une situation délicate

28.04.2022

La République de Moldavie se retrouve dans une situation complexe où d’un côté l’alignement pro-occidental de son gouvernement actuel lui fait subir d’énormes pressions en provenance de l’axe atlantiste, d’un autre la volonté de maintenir une stabilité pour le pays pousse au choix d’une relative neutralité, de plus en plus difficilement conciliable avec le premier aspect.

Les événements de l’opération militaire en Ukraine ne laissent pas la Moldavie voisine indifférente. D’ailleurs, cela est d’autant plus compliqué qu’au-delà des questions liées à la République moldave du Dniestr (la Transnistrie) – ayant obtenu de-facto l’indépendance au début des années 1990 de Chisinau, ou encore la Gagaouzie – région autonome moldave majoritairement turcophone également pro-russe, l’Etat moldave est lui-même divisé entre les partisans pro-occidentaux et ceux qui considèrent que l’avenir du pays est inévitablement lié à la Russie. Y compris pour ce qui est des échanges économiques.

Depuis le début de l’opération russe de fin février dernier, Chisinau a effectivement fait le choix d’une très relative neutralité. Très relative car d’un côté se joignant à la guerre contre les symboles sacrés pour la grande partie des peuples d’ex-URSS liés à la Grande Guerre patriotique, un positionnement d’ailleurs largement critiqué par l’opposition moldave. D’un autre, refusant pour le moment à se joindre à la coalition des sanctions contre la Russie.

C’est pourquoi les événements récents en République moldave du Dniestr – sécessionniste vis-à-vis de Chisinau – plus particulièrement les actes de terrorisme attribués à des éléments ukrainiens selon les autorités de la Transnistrie basées à Tiraspol, devront faire réfléchir à plus d’une fois le régime pro-occidental moldave quant à une implication militaire à l’encontre de la Transnistrie – pour le compte de Washington, Londres et Kiev. Bien que ce dernier ne soit lui aussi qu’un simple appliquant des ordres atlantistes.

Si certains à Chisinau et dans les capitales occidentales tentent de présenter les événements dans la Transnistrie comme «des provocations russes sous fausses bannières», ces mêmes personnages devraient alors s’intéresser aux dires d’un de leur chouchou kiévien, le conseiller du chef de cabinet du président ukrainien – Oleksiï Arestovitch – l’un des principaux communicants du régime de Kiev – qui appelle ouvertement la Moldavie à se joindre aux efforts kiéviens pour occuper la République moldave du Dniestr.

Dans cette réalité, la meilleure chose que puisse faire le régime de Chisinau, serait de maintenir le cap de la très relative neutralité face aux événements ukrainiens et aux appels du régime kiévien, ou plus exactement de l’axe Washington-Londres, à se joindre aux hostilités. A défaut de quoi les événements pourraient devenir effectivement imprévisibles pour l’Etat moldave.

Toute tentative militaire de récupérer militairement la Transnistrie sera fort vraisemblablement vouée à l’échec. Mais plus important encore, toute implication de ce type sous la dictée atlantiste pourra entrainer tout simplement la chute du gouvernement moldave actuel. Qui par la même occasion est très loin de posséder un large soutien populaire.

Quant aux motivations des parrains du régime kiévien – elles sont également bien connues. L’éventualité de s’emparer de la Transnistrie vise à prendre en otages les forces russes de maintien de la paix qui y sont présentes, prendre possession de larges stocks de munitions et ouvrir un front supplémentaire.

Le souci pour le régime de Kiev et ses parrains atlantistes – c’est que les forces de la Transnistrie ont une capacité défensive réelle et pourront résister longtemps aux assauts des forces ukrainiennes. Et donc sans l’implication de Chisinau – cette opération sera très difficilement réalisable. Par ailleurs, toute opération lancée contre la Transnistrie – et qui devra d’une manière ou d’une autre faire impliquer le contingent armé ukrainien de la région d’Odessa – deviendra automatiquement la cible d’intensification de frappes russes dans cette région contre les éléments armés du régime kiévien.

Et si cela sera le cas – cela ne fera qu’affaiblir encore plus les capacités de combat pour le régime kiévien à Odessa et Nikolaïev. Avec tout ce que cela implique. Et si les régimes atlantistes, plus particulièrement Washington et Londres, souhaitent effectivement une guerre jusqu’au dernier ukrainien – un rôle entièrement accepté par le régime kiévien actuel – du côté de la Moldavie il faudra réfléchir à plus de deux fois avant de s’engager dans quelque chose de similaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Guinée équatoriale applique le principe de réciprocité

La République de Guinée équatoriale a annoncé la fermeture de son ambassade dans la capitale britannique. Ces tensions entre l’un des pays les plus prospères du continent africain et la perfide Albion sont venues s’ajouter à celles qui existent déjà avec Paris. Malabo démontre une fois de plus posséder une capacité de riposte ferme alliée à une approche panafricaniste.

La Guinée équatoriale a annoncé la « clôture totale » de sa mission diplomatique à Londres, en réponse de la sanction imposée jeudi 22 juillet à l’encontre du Vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Affaires étrangères du pays, Simeón Oyono Esono, dans un communiqué diffusé par le Bureau d’information et de communication diplomatique, publié sur le site officiel du gouvernement de la Guinée équatoriale.

Le chef de la diplomatie équato-guinéenne a par ailleurs ajouté «ne pas admettre d’ingérence dans les affaires internes du pays», affirmant par la même occasion que ces sanctions violent le principe du droit international.

A noter que l’establishment britannique avait décidé de sanctionner le Vice-président équato-guinéen prétendument en raison de «détournement de fonds publics et de faits de corruption».

Les autorités équato-guinéennes avaient également annoncé de leur côté que «les sanctions sans fondement imposées par le gouvernement britannique trouvent leur justification dans les manipulations, les mensonges (…) que promeuvent certaines organisations non-gouvernementales contre la bonne image de la Guinée équatoriale».

Ces tensions de Malabo avec l’Etat anglo-saxon viennent s’ajouter à celles existantes avec l’establishment élyséen, et ce depuis un bon moment déjà. Une chose est néanmoins certaine: la politique du deux poids deux mesures des élites occidentales est pour le moins contradictoire, et surtout hypocrite.

Londres comme Paris semblent vouloir donner un caractère de lutte contre la corruption dans un pays africain souverain, en faisant mine par la même occasion de faire les aveugles sur plusieurs aspects qui ridiculisent ouvertement l’approche en question. Car au-delà d’effectivement interférer dans les affaires intérieures d’un Etat libre et souverain, les deux capitales occidentales semblent ne pas connaitre les statistiques pures et simples.

A ce titre, faudrait-il, une fois de plus, rappeler aux personnages occidentaux prenant de telles décisions que la Guinée équatoriale fait partie des pays africains ayant le PIB par habitant le plus élevé au niveau continental, en compagnie de pays comme les Seychelles et l’Ile Maurice. A noter d’ailleurs que durant la période de 1980 à 2017, le PIB par habitant équato-guinéen a été multiplié par… 45. Mauvaise gouvernance dites-vous?

Donc si Londres, comme Paris ou Washington s’intéressent tellement à la «bonne gouvernance» d’Etats souverains (bien que le trio en question devrait surtout commencer à s’intéresser à ses propres problèmes intérieurs), peut-être qu’il serait grand temps à montrer l’exemple vis-à-vis d’Etats-satellites de l’Occident – qu’ils soient d’ailleurs en Afrique ou même en Europe (l’Ukraine en est d’ailleurs actuellement un parfait exemple). Et dont les citoyens immigrent en masse à l’étranger. Ce qui n’est pas le cas des citoyens de la Guinée équatoriale. Mieux encore – de nombreux citoyens issus d’Afrique centrale et de l’Ouest s’installent sur le sol équato-guinéen pour y travailler et y faire leur vie. Assez révélateur.

Evidemment, ce qui pose également problème pour l’establishment occidental dans le cas de la Guinée équatoriale, c’est qu’au-delà d’avoir une politique pleinement souveraine et indépendante, Malabo peut se vanter d’être aujourd’hui l’un des principaux porte-flambeaux du panafricanisme sur la scène régionale et continentale. Un panafricanisme qui fait si peur à l’establishment occidental et qu’il nomme souvent indirectement comme l’un des principaux responsables de la perte d’influence de l’Occident en Afrique. Evidemment en compagnie d’autres «fautifs», à savoir les puissances non-occidentales, dont la Chine et la Russie.

Quoiqu’il en soit, le leadership équato-guinéen a démontré une fois de plus une capacité de réciprocité à l’arrogance qui caractérise si fortement les élites occidentales. Cet exemple inspire aujourd’hui de nombreuses personnes à divers endroits du continent africain. Et si cet Occident arrogant persiste dans ses attaques ridicules et de plus en plus vouées à l’échec, il ne doit nullement être surpris quant au rejet massif des Africains vis-à-vis de la politique néocoloniale occidentale. Après tout, le monde multipolaire – c’est aussi du donnant-donnant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le G7 s’attaque au projet chinois de la nouvelle Route de la soie

L’influence grandissante de la Chine dans les affaires mondiales, tant sur le plan géoéconomique que géopolitique inquiète de plus en plus l’establishment occidental. Le récent sommet du G7 en Angleterre ne fait que le confirmer. L’Occident a-t-il sérieusement une quelconque chance de contrer la Chine? Rien n’est moins sûr.

Les soubresauts des élites occidentales confirment une réalité assez simple et désormais bien connue: celle d’une compréhension de leur part que le monde actuel n’est plus du tout celui ayant suivi l’éclatement de l’URSS. Et qu’au-delà du fait de la fin de l’impunité sur la scène internationale sur le plan sécuritaire et géopolitique, l’establishment de l’Occident doit également faire face à un autre défi de taille pour ses intérêts – celui qui concerne les bouleversements économiques globaux.

Faut-il pour autant rappeler que le concept multipolaire mondial – devenu réalité depuis les dernières années – reste comme un os dans la gorge pour l’élite politico-médiatique occidentale et atlantiste, et ce malgré la compréhension évidente que le renforcement de ce processus est irréversible? Probablement rentrer dans les détails sur ce fait est complètement inutile. Ce qui est néanmoins sûr, c’est que l’Occident essaie de s’accrocher autant qu’il peut – afin de réduire le plus possible le rythme de sa chute d’influence dans les affaires internationales, en mettant les bâtons dans les roues de la locomotive multipolaire.

C’est justement dans ce sens qu’il faut certainement voir la toute récente initiative du G7 visant «à proposer aux pays en développement un vaste programme en faveur de leurs infrastructures». Avec un objectif clairement affiché: contrer l’influence grandissante de la Chine, et notamment son vaste projet eurasien et international de la nouvelle Route de la soie.

Le New-York Times, l’un des porte-flambeaux médiatiques du libéralisme unipolaire occidental, note de son côté «que c’était la première fois que les nations les plus riches du monde ont discuté de l’organisation d’une alternative directe à l’initiative chinoise Ceinture et Route et à la campagne d’investissements à l’étranger du président Xi Jinping, qui s’est maintenant étendue à travers l’Afrique, l’Amérique latine et l’Europe même».

Le quotidien étasunien rajoute par ailleurs que «M. Biden a fait de l’opposition à une Chine montante et une Russie perturbatrice la pièce maîtresse d’une politique étrangère conçue pour édifier les démocraties dans le monde comme rempart contre la propagation de l’autoritarisme». En d’autres termes: le libéralisme occidental, nostalgique de l’ère unipolaire, opposé au bloc des souverainistes et partisans assumés de l’ordre international multipolaire actuel.

Evidemment, dans cette attaque occidentale contre la puissance chinoise, il y a un nombre évident de faiblesses, que l’establishment politico-médiatique de l’Occident n’aime pas soulever. Revenons-y. Tout d’abord, et malgré toutes les campagnes politiques et médiatiques occidentales visant à contrer le rôle grandissant de Pékin dans les affaires internationales – cela n’a pas apporté le résultat escompté pour ses initiateurs. Bien au contraire. Que ce soit du côté anglo-saxon ou hexagonal. On se rappelle tous des reportages à la sauce des de la Villardière, dont l’objectif était de perturber l’interaction chinoise avec les pays francophones du continent africain.

Pour quel résultat? Pour que le sentiment anti-occidental ne fasse que monter encore plus en intensité au sein de l’opinion publique africaine et que les sympathies aillent clairement en faveur de la Chine. Du moins pour une large part de la société civile africaine. Pour l’anecdote, ces sentiments étaient d’ailleurs apparus bien avant les accusations des prétendues campagnes de dénigrement de la présence française et plus généralement occidentale en Afrique, affirmées entre autres par Emmanuel Macron, visant la Russie, la Chine ou encore la Turquie.

Cela pour dire que l’Occident aura énormément de mal à pouvoir convaincre les peuples non-occidentaux, quant au bienfondé d’un tel projet. Au-delà de cet aspect, l’autre faiblesse évidente du camp occidental réside dans le point qu’il ne représente pas le monde dit «démocratique». Plus généralement, la démocratie n’est aucunement une propriété occidentale. Tout comme d’ailleurs la notion de communauté internationale.

Plusieurs pays appartenant à la majorité non-occidentale de la planète sont considérés comme étant des Etats aux systèmes démocratiques – l’Inde, l’Afrique du Sud, la Namibie, la Bolivie, l’Argentine, le Mexique et nombreux d’autres. La plupart de ces nations appartiennent par ailleurs aux partisans de la multipolarité.

Plus généralement et sur le plan purement économique – le club du G7 n’est certainement plus en position à parler en qualité de pays les plus riches de la planète. Et ce pour une raison simple: depuis la fin de l’époque unipolaire, le basculement des rapports de force a largement touché aussi à la sphère économique internationale. Faut-il le rappeler: sur les dix principales puissances économiques mondiales actuelles en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA) – cinq ne sont pas des pays occidentaux. Dans un classement d’ailleurs où la Chine occupe déjà la première place du classement.

Et encore – ce, en tenant compte du fait que l’on associe le Japon à l’alliance pro-occidentale, y compris dans le cadre du fameux G7 ou du fait de se trouver sous la coupe washingtonienne sur le plan sécuritaire, bien que la civilisation japonaise ne fasse pas partie de l’Occident. Et que selon nombre de prévisions, y compris d’économistes occidentaux, des pays comme la France ou le Royaume-Uni seront amenés à quitter ce Top 10 mondial dans les 5-10 prochaines années, tandis que des pays comme la Turquie ou le Mexique (actuellement respectivement 11ème et 12ème) ont toutes les chances de l’intégrer.

Tout en se rappelant que l’on assiste au cours des dernières années à la dédollarisation progressive dans les échanges internationaux – un processus dans lequel des pays comme la Chine ou la Russie jouent un rôle résolument important.

Enfin, et au sein même du club dépassé du G7 – on est bien loin de l’unanimité quant à l’initiative étasunienne visant à contrer les initiatives économiques chinoises. Selon même l’aveu occidental, l’Allemagne, l’Italie et même le Japon ne partagent pas le même enthousiasme que Washington, Londres, Paris ou Ottawa.

En conclusion: il est bien peu probable que ladite initiative puisse réellement stopper la puissance chinoise, ainsi que son interaction avec les Etats aux quatre coins du monde. Et plus généralement que le vieux jeu des nostalgiques de l’unipolarité puisse sérieusement retarder la défaite totale du bloc atlantiste et affiliés.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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