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France/Afrique: à quand des enquêtes objectives sur les biens mal acquis?

Depuis un certain temps, Paris se lance à attaquer ses adversaires sur le continent africain en prétendant lutter contre les «biens mal acquis». Cette pratique concerne avant tout une tentative d’interférer dans les affaires intérieures de pays souverains en leur imposant un chantage pur et simple. Mais qu’en est-il des biens réellement mal acquis appartenant aux intérêts occidentaux en Afrique ou aux réseaux françafricains sur le sol français?

Le summum du ridicule, c’est que l’establishment occidental, notamment élyséen, ne lâche rien pour maintenir la propagande portant sur les fameux «biens mal acquis» par la Guinée équatoriale sur le sol français, y compris ceux possédant un statut diplomatique. Après Paris, d’autres capitales occidentales se sont également mis à contribution – notamment Londres, poussant les autorités équato-guinéennes à la riposte dans le cadre du principe de réciprocité.

Pendant ce temps, les médias occidentaux, y compris ouvertement affiliés au système de la Françafrique, restent également à la manœuvre, parmi eux on retrouve, entre autres, le magazine Jeune Afrique.La question que se posent aujourd’hui de nombreux Africains c’est de savoir quand est-ce que viendra le moment pour l’establishment occidental, dont bien sûr élyséen, de même que pour le mainstream médiatique, de pouvoir s’intéresser à la question des biens mal acquis par les intérêts occidentaux sur le continent africain, mais aussi sur ceux qui appartiennent à des proches du réseau françafricain et qui possèdent des biens luxueux dans l’Hexagone.

En ce qui concerne la question des biens mal acquis par les intérêts occidentaux en Afrique et du système fort vicieux de ces intérêts établi dans nombre de pays du continent africain, la télévision panafricaine Afrique Média avait déjà consacré plusieurs émissions. D’autre part, il aurait été très intéressant pour le public hexagonal comme africain de connaitre les détails des millions d’équivalents d’euros d’argent liquide transmis à la veille de pratiquement toutes les élections présidentielles françaises de la part des Etats d’Afrique se trouvant dans l’orbite de Paris.

Un sujet tabou que les autorités élyséennes détestent aborder. Surtout lorsqu’on connait les difficultés de base qui concernent l’utilisation pure et simple d’argent liquide sur le sol français par les citoyens ordinaires, locaux comme étrangers. Il suffit pour cela de demander aux touristes chinois ou russes ayant visité dans le passé la France pour connaitre quelles difficultés ils ont eu à effectuer des achats avec des billets de 500 euros, ou ne serait-ce qu’à pouvoir les échanger… Mais bon, il est évident que ce casse-tête pour des touristes étrangers, même dépensiers, ne doit surtout pas concerner les amis privilégiés de la Françafrique. D’autant plus lorsqu’il s’agit d’un système établi par le receveur des fonds en question.

Maintenant et en ce qui concerne toujours la question des biens mal acquis, cette fois-ci achetés en France par certains amis africains de l’Elysée, voici une autre question qui mérite intérêt. En ce sens, le cas de la Côte d’Ivoire est particulièrement intéressant. Comme notamment la gestion par Dominique Ouattara, l’épouse du chef d’Etat ivoirien actuel, de biens immobiliers somptueux en France de l’ancien président ivoirien défunt Félix Houphouët-Boigny, qui fut un grand ami de l’establishment politique français et du réseau françafricain par la même occasion. Des questions avaient d’ailleurs été lancées par plusieurs médias de ce qu’il est désormais advenu de ces biens luxueux. Des questions nombreuses, mais toujours peu de réponses.

Maintenant revenons à la Guinée équatoriale et aux accusations françaises qui visent Malabo, le tout avec l’implication d’autres acteurs occidentaux, y compris anglo-saxons. Dans ces attaques visant les autorités équato-guinéennes, les médias hexagonaux et affiliés se donnent un vif plaisir de présenter la chose sous l’angle d’une lutte contre la corruption au profit du «pauvre peuple» équato-guinéen, qui se fait prétendument voler.

Maintenant, un bref aperçu du niveau de vie moyen entre la Guinée équatoriale et ne serait-ce que la Côte d’Ivoire. Si la première fait partie du Top 4 dans le classement des pays africains en termes de PIB par habitant, en compagnie de pays comme les Seychelles ou l’Ile Maurice, la Côte d’Ivoire n’est classée que 17ème au niveau continental. Et si ce même PIB par habitant dans le cas de la Guinée équatoriale a été multiplié par 45 entre la période allant de 1980 à 2017, dans le cas ivoirien les chiffres sont fort moins impressionnants: environ par 1,28 pour la même période. Et ce malgré le fait que Paris se donne un grand mal à présenter la Côte d’Ivoire comme un exemple de «stabilité et de succès» sur le continent africain.

Il y a un autre fait très révélateur. Si les citoyens équato-guinéens n’immigrent pas ou très peu, c’est fort loin d’être le cas pour ceux de la Côte d’Ivoire. Et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle on retrouve de nombreux ressortissants ivoiriens en Guinée équatoriale qui y vont chercher une vie meilleure, tout en sachant que cette dernière est un petit pays d’à peine 28 050 km2 avec une population totale approchant 1,5 million de personnes. Plus généralement, il est assez facile de trouver des personnes en provenance de pays d’Afrique de l’Ouest et centrale travaillant sur le sol équato-guinéen.

Evidemment, certains crieront qu’il est injuste de pouvoir comparer les deux pays sachant que la Guinée équatoriale est un Etat producteur de pétrole – qu’ils apprennent donc qu’un pays comme la Côte d’Ivoire est loin de manquer de ressources naturelles aussi, sachant qu’il est ni plus ni moins que le premier producteur mondial de cacao (représentant pas moins de 40% de la production mondiale à lui seul) – rien que cela. Cela sans oublier d’autres ressources naturelles censées lui appartenir.

Evidemment ce sont des chiffres sur lesquels les responsables hexagonaux n’aiment pas avoir à commenter. Tout comme le fait qu’un pays africain, comme la Guinée équatoriale ou l’Angola, puisse non pas être un pays émetteur de migrants, mais surtout un pays récepteur. A l’instar de ce qu’était, avant la destruction par l’Otan, la Libye de Mouammar Kadhafi. Le système vicieux mis en avant par l’establishment occidental préfère au contraire miser sur l’appauvrissement de pays se trouvant sous son orbite, en exploiter les ressources, tout en donnant, de temps à autre et avec un air condescendant des visas de travail aux citoyens de ces pays – des pays riches en ressources mais ne profitant pour beaucoup pas de leur potentiel, pour pouvoir par la même occasion tenter à se positionner comme le système des «bons samaritains».

Tout cela pour dire, qu’au lieu de jouer la comédie primitive dans un but purement de prédation néocoloniale, Paris et Co. devraient commencer par respecter la politique d’Etats africains assumant pleinement leur dignité et leur souveraineté. Et si les représentants hexagonaux souhaitent sincèrement lutter contre les biens mal acquis sur leur sol, qu’ils donnent l’exemple à travers les responsables (certains observateurs les appellent «préfets») appartenant au réseau françafricain. Et que lorsque les pays se trouvant sous l’orbite de ce réseau obscur arriveront à avoir ne serait-ce qu’un niveau de vie moyen comparable à celui de la Guinée équatoriale – il est évident que les queues dans ces pays pour obtenir le fameux visa pour un pays occidental se réduiront à vue d’œil. Bien qu’il soit également vrai qu’avec une telle perspective, il deviendra beaucoup plus difficile de pouvoir justifier l’exploitation des dits Etats.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Guinée équatoriale applique le principe de réciprocité

La République de Guinée équatoriale a annoncé la fermeture de son ambassade dans la capitale britannique. Ces tensions entre l’un des pays les plus prospères du continent africain et la perfide Albion sont venues s’ajouter à celles qui existent déjà avec Paris. Malabo démontre une fois de plus posséder une capacité de riposte ferme alliée à une approche panafricaniste.

La Guinée équatoriale a annoncé la « clôture totale » de sa mission diplomatique à Londres, en réponse de la sanction imposée jeudi 22 juillet à l’encontre du Vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Affaires étrangères du pays, Simeón Oyono Esono, dans un communiqué diffusé par le Bureau d’information et de communication diplomatique, publié sur le site officiel du gouvernement de la Guinée équatoriale.

Le chef de la diplomatie équato-guinéenne a par ailleurs ajouté «ne pas admettre d’ingérence dans les affaires internes du pays», affirmant par la même occasion que ces sanctions violent le principe du droit international.

A noter que l’establishment britannique avait décidé de sanctionner le Vice-président équato-guinéen prétendument en raison de «détournement de fonds publics et de faits de corruption».

Les autorités équato-guinéennes avaient également annoncé de leur côté que «les sanctions sans fondement imposées par le gouvernement britannique trouvent leur justification dans les manipulations, les mensonges (…) que promeuvent certaines organisations non-gouvernementales contre la bonne image de la Guinée équatoriale».

Ces tensions de Malabo avec l’Etat anglo-saxon viennent s’ajouter à celles existantes avec l’establishment élyséen, et ce depuis un bon moment déjà. Une chose est néanmoins certaine: la politique du deux poids deux mesures des élites occidentales est pour le moins contradictoire, et surtout hypocrite.

Londres comme Paris semblent vouloir donner un caractère de lutte contre la corruption dans un pays africain souverain, en faisant mine par la même occasion de faire les aveugles sur plusieurs aspects qui ridiculisent ouvertement l’approche en question. Car au-delà d’effectivement interférer dans les affaires intérieures d’un Etat libre et souverain, les deux capitales occidentales semblent ne pas connaitre les statistiques pures et simples.

A ce titre, faudrait-il, une fois de plus, rappeler aux personnages occidentaux prenant de telles décisions que la Guinée équatoriale fait partie des pays africains ayant le PIB par habitant le plus élevé au niveau continental, en compagnie de pays comme les Seychelles et l’Ile Maurice. A noter d’ailleurs que durant la période de 1980 à 2017, le PIB par habitant équato-guinéen a été multiplié par… 45. Mauvaise gouvernance dites-vous?

Donc si Londres, comme Paris ou Washington s’intéressent tellement à la «bonne gouvernance» d’Etats souverains (bien que le trio en question devrait surtout commencer à s’intéresser à ses propres problèmes intérieurs), peut-être qu’il serait grand temps à montrer l’exemple vis-à-vis d’Etats-satellites de l’Occident – qu’ils soient d’ailleurs en Afrique ou même en Europe (l’Ukraine en est d’ailleurs actuellement un parfait exemple). Et dont les citoyens immigrent en masse à l’étranger. Ce qui n’est pas le cas des citoyens de la Guinée équatoriale. Mieux encore – de nombreux citoyens issus d’Afrique centrale et de l’Ouest s’installent sur le sol équato-guinéen pour y travailler et y faire leur vie. Assez révélateur.

Evidemment, ce qui pose également problème pour l’establishment occidental dans le cas de la Guinée équatoriale, c’est qu’au-delà d’avoir une politique pleinement souveraine et indépendante, Malabo peut se vanter d’être aujourd’hui l’un des principaux porte-flambeaux du panafricanisme sur la scène régionale et continentale. Un panafricanisme qui fait si peur à l’establishment occidental et qu’il nomme souvent indirectement comme l’un des principaux responsables de la perte d’influence de l’Occident en Afrique. Evidemment en compagnie d’autres «fautifs», à savoir les puissances non-occidentales, dont la Chine et la Russie.

Quoiqu’il en soit, le leadership équato-guinéen a démontré une fois de plus une capacité de réciprocité à l’arrogance qui caractérise si fortement les élites occidentales. Cet exemple inspire aujourd’hui de nombreuses personnes à divers endroits du continent africain. Et si cet Occident arrogant persiste dans ses attaques ridicules et de plus en plus vouées à l’échec, il ne doit nullement être surpris quant au rejet massif des Africains vis-à-vis de la politique néocoloniale occidentale. Après tout, le monde multipolaire – c’est aussi du donnant-donnant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Guinée équatoriale sanctionne la France?

La suspension des vols d’Air France par la République de Guinée équatoriale pour non-respect des normes de prévention contre la propagation du Covid-19, s’ajoute à une liste de désaccords existant entre Malabo et Paris. Retour sur ces différends.

Le Gouvernement de Guinée équatoriale, via le ministère de l’Aviation civile, a décidé de suspendre les vols de la compagnie aérienne française Air France, pour non-respect des normes de prévention adoptées contre la propagation du Covid-19 dans le pays. C’est ce qu’annonce le site officiel du gouvernement équato-guinéen.

A noter qu’au-delà de la compagnie française, parmi les compagnies étrangères qui desservent ce pays d’Afrique centrale on retrouve la Lufthansa, l’Ethiopian Airlines et la Royal Air Maroc. Cette suspension rajoute du contenu aux nombreux sujets de dissension entre la Guinée équatoriale et la France. S’il est difficile de dire pour le moment si cette décision des autorités équato-guinéennes est uniquement due à la raison invoquée de non-respect des normes sanitaires, ou si cela rentre dans le cadre d’une riposte à une série d’actions hostiles vis-à-vis de l’Etat équato-guinéen émanant de l’establishment français, le fait est que cette décision conforte une fois de plus l’approche souverainiste et panafricaine de Malabo.

Parmi les dossiers qui fâchent les deux capitales, on retrouve celui en lien avec la fameuse affaire des «biens mal acquis». Dans laquelle les autorités françaises avaient saisi une propriété appartenant à l’Etat équato-guinéen au motif, avancé par la justice hexagonale, que ce bien et d’autres avaient été achetés à travers le «vol dans les caisses de l’Etat équato-guinéen» – de la part de Teodoro Nguema Obiang Mangue, Vice-président de la Guinée équatoriale.

Une théorie plus que discutable, et ce pour plusieurs raisons. Sans même rentrer dans le débat de la légitimité de ces acquisitions, la France semble oublier certains aspects et se retrouve dans toute sa contradiction et le deux poids deux mesures de sa politique. Tout d’abord, il faudrait certainement rappeler aux autorités françaises que la Guinée équatoriale est classé première en Afrique continentale en termes de PIB par habitant à parité du pouvoir d’achat (estimations du FMI pour l’année 2020). En ce sens, devant même les principales puissances africaines.

Donc l’inquiétude de la France et de certains autres pays occidentaux quant au bien-être de la population équato-guinéenne est pour le moins… surprenante. Sinon, il serait certainement tentant de demander à ces mêmes autorités françaises de lutter pour le bien-être des populations d’Etats africains se trouvant toujours sous la mainmise élyséenne – et qui, tout en ayant eux-aussi des sous-sols fortement riches, ne peuvent malheureusement se vanter d’un niveau de vie moyen comparable aux citoyens équato-guinéens. D’ailleurs, la Guinée équatoriale reste une terre d’accueil pour de nombreux ressortissants d’Afrique francophone en quête de vie meilleure – et dont les Etats sont des alliés fidèles de Paris.

Comment se fait-il donc que les représentants de la justice française ne s’intéressent pas aux biens, souvent luxueux, acquis par divers responsables politiques de pays africains étant dans l’orbite géopolitique élyséenne? Et dont les populations vivent bien en dessous en matière de niveau de vie que les Equato-Guinéens. Contradiction évidente.

Mais le problème réside certainement sur d’autres directions. En effet, l’élite politique équato-guinéenne mène une politique pleinement souveraine, conformément à ses intérêts nationaux. Plus que cela, depuis la mort de Mouammar Kadhafi et la destruction par l’Otan de la Jamahiriya libyenne, le chef d’Etat équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, s’est positionné comme une sorte de porte-flambeau du panafricanisme, promu en son temps par le colonel Kadhafi. Et cette influence panafricaine ne cesse de prendre de l’ampleur non seulement sur la scène régionale, mais plus généralement au niveau de tout le continent africain. Fort souvent en opposition nette avec la vision des élites occidentales pour l’Afrique.

Là aussi ce n’est pas tout. Selon diverses sources politiques et sécuritaires, nombre de représentants de l’élite élyséenne auraient participé à des tentatives de coups d’Etat visant à faire tomber le pouvoir à Malabo. Bien que jusqu’à maintenant sans succès.

Désormais et quelle que soit la suite dans les relations entre l’Elysée et l’élite politique équato-guinéenne, ce pays d’Afrique centrale démontre sans ambiguïté qu’un Etat africain est amplement capable de mener une politique indépendante, souveraine, le tout dans un cadre panafricain. Et sans avoir à rendre de compte ni à l’ancien colon espagnol, ni à toute autre capitale occidentale. En y rajoutant l’aspect économique qui contribue à un niveau de vie décent pour la population locale, la Guinée équatoriale peut sans aucun doute continuer à se vanter d’être l’un des meilleurs modèles de développement en Afrique. Peu importe si cela déplait aux élites occidentales, nostalgiques de l’unipolarité.

Quant à la confiscation de biens, y compris ayant un statut diplomatique, devenue une pratique courante dans certains pays occidentaux, la meilleure réponse reste probablement la capacité de riposte visant les intérêts des instigateurs de telles confiscations.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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