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Le déclin de la francophonie en Afrique

28.11.2022

Pendant que les réseaux françafricains s’inquiètent de la montée en puissance de la Chine, de la Russie ou encore de la Turquie sur le continent africain, tout en maintenant une posture ouvertement arrogante vis-à-vis des Etats d’Afrique, les amis anglo-américains de Paris la surclassent dans la tranquillité, sans que l’élite hexagonale soit capable d’y faire quoi que ce soit.

Alors que l’Elysée et le Quai d’Orsay s’obstinent à maintenir une ligne d’approche ouvertement arrogante et néocoloniale vis-à-vis des pays africains, Paris continue de se mentir quant aux véritables raisons du rejet de sa politique par les populations africaines, mais également de plus en plus par des gouvernements qui écoutent les aspirations de leurs citoyens.

Le récent exemple en date: l’interdiction par les autorités du Mali avec effet immédiat de toutes les activités des ONG françaises. Le tout après une énième provocation hexagonale, et toujours sur un ton condescendant.

Ce que Paris semble largement oublier, c’est qu’au moment où il tente de sauver son fameux projet de la Francophonie, l’avenir de la langue française se trouve précisément en Afrique. Sachant que plus de la moitié des locuteurs francophones à l’échelle mondiale habitent justement le continent africain et selon une étude de l’Organisation internationale de la Francophonie – l’Afrique représentera vers 2050 environ 85% des francophones du monde.

Il est donc évident que le maintien d’une posture qui provoque un large rejet populaire n’est certainement pas l’approche la plus intelligente, mais tellement caractéristique de l’élite hexagonale contemporaine, axée complètement sur Washington.

En parlant justement de Washington, mais également de Londres, pendant que les pseudo-spécialistes hexagonaux dans la pure arrogance qui les caractérise, tentent à se moquer des projets linguistiques et culturels russes comme chinois sur le continent africain – les «fidèles» alliés anglo-américains poursuivent activement le déclassement du français en Afrique.

Et cela, également dans la pure tradition d’arrogance qui caractérise l’élite politico-médiatique hexagonale qui oublie d’indiquer que la Chine est dans le Top 4 mondial pour le nombre d’étudiants étrangers accueillis sur son territoire, de trois places devant la France. Tandis que la Russie accueille un nombre de-facto similaire d’étudiants étrangers que l’Hexagone…

Dans tous les cas et au lieu de chercher à nouveau les raisons de ses échecs dans la faute des Africains, des Russes, Chinois ou Turcs – l’élite française ferait bien mieux à changer de stratégie et surtout de mentalité. Et peut-être parfois regarder un tant soit peu les actions de ses amis anglo-américains. Peut-être alors que les échecs répétés diminueront, mais ce ne sera certainement pas pour demain.

En attendant et alors que les sentiments hostiles à la politique hexagonale en Afrique aient atteint le summum, l’obstination de Paris à se considérer «supérieurs» aux autres en perdant des positions économiques, culturels et stratégiques à l’échelle internationale n’arrangeront en rien les choses. Et fort probablement beaucoup plus rapidement même que prévu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4447

Le soutien au régime kiévien s’étouffe à l’ONU

16.11.2022

Malgré la pression occidentale sur de nombreux pays, le soutien affiché à Kiev au niveau onusien diminue drastiquement, et ce de l’aveu même des médias de l’Occident. Le tout récent vote de l’Assemblée générale de l’ONU promu par l’establishment atlantiste en vue de faire profiter le régime kiévien de réparations russes le confirme amplement.

La toute récente résolution occidentalo-kiévienne votée à l’Assemblée générale de l’ONU constitue un revers de poids pour Kiev et ses principaux parrains. Au-delà d’être non-contraignante, elle affiche surtout la perte du soutien international à la coalition pro-occidentale, et cela alors que les élites atlantistes maintiennent une pression hors norme sur la communauté internationale.

Avec 94 votes en faveur de ladite résolution, 13 votes contre, 74 abstentions et 11 non-participations au vote, malgré son adoption – la coalition pro-occidentale a recueilli moins de la moitié des voix des Etats membres de l’ONU. The Washington Post confirme cette réalité en indiquant qu’il s’agit d’un des plus bas soutiens en faveur de Kiev lors des cinq résolutions relatives à l’Ukraine votées par l’Assemblée générale onusienne, depuis le début de l’opération militaire spéciale de la Russie, le 24 février dernier.

La consternation occidentale est certainement d’autant plus grande que parmi les 13 pays ayant voté ouvertement contre l’initiative occidentalo-kiévienne on retrouve la République populaire de Chine – membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et tout simplement l’une des principales puissances internationales. Le vote de la Chine d’opposition ouverte à la résolution occidentale s’est fait aux côtés de la Biélorussie, de la Centrafrique, de Cuba, de la Corée du Nord, de l’Erythrée, de l’Ethiopie, de l’Iran, du Mali, du Nicaragua, de la Syrie, du Zimbabwe et évidemment de la Russie.

A noter que les élites occidentales avaient plusieurs fois répété dans le passé qu’ils doivent recueillir pas moins de 100 votes en faveur des résolutions concernant l’Ukraine, à défaut de quoi ce serait considéré comme un échec. En oubliant très souvent de rappeler que même lors des votes où ladite coalition réussissait à obtenir un nombre bien plus conséquent que lors de la toute récente Assemblée générale, le poids démographique des nations représentées n’était jamais à l’avantage des régimes occidentaux. Et désormais cette réalité devient nettement plus visible.

Une chose est sûre. Ce vote aura largement démontré une fois de plus que l’Occident n’a aucune valeur à pouvoir prétendre parler au nom de la communauté internationale. Cela d’autant plus qu’à la différence des régimes atlantistes, Moscou et Pékin n’ont point besoin d’intimider, menacer ou faire du chantage vis-à-vis des Etats membres onusiens pour obtenir les votes nécessaires. A l’énorme différence de l’establishment occidental.

Les espoirs donc de l’Occident collectif quant au fait que l’isolation de la Russie pourrait à terme se réaliser – non seulement ne se concrétisent pas, mais subissent de-facto la ridiculisation, compte tenu de tous les efforts des nostalgiques de l’unipolarité. Et cela sans même aborder de nouveau les problèmes économiques qui touchent de plus en plus fermement les instigateurs et promoteurs des sanctions unilatérales. L’effet boomerang dans toute sa splendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Burkina Faso: les Occidentaux s’agitent déjà

11.10.2022

Alors qu’il est toujours trop tôt à pouvoir déterminer l’orientation que privilégieront les nouvelles autorités burkinabés, l’inquiétude grandit au sein des cercles occidentaux. Après les échecs subis dans de nombreux pays africains, le Burkina Faso risque de devenir la goutte de trop pour un establishment occidental largement rejeté en Afrique.

Des inquiétudes et diverses interprétations de Paris jusqu’aux pressions et mises en garde de Washington, décriées par les experts africains, la tendance semble aller assez clairement en direction de nouveaux défis pour l’establishment occidental.

Après les échecs au Burundi, en Centrafrique, en Ethiopie ou plus récemment au Mali – le processus de la chute d’influence non plus seulement du système françafricain, mais plus globalement occidental, ne semble pas pouvoir être stoppé en Afrique. Et si bien même que Washington a tenté de surfer sur la vague panafricaine, en utilisant des éléments qui reprenaient le discours anti-français tout en promouvant la ligne pro-étasunienne, en d’autres termes en poignardant son propre allié, aujourd’hui lui aussi doit se rendre à l’évidence d’être largement rejeté, au même titre que Paris.

D’où les nouvelles menaces et mises en gardes, notamment à destination des nouvelles autorités burkinabés. Le seul souci pour les élites atlantistes, c’est qu’elles oublient une fois de plus que dans la réalité contemporaine, elles n’ont plus seulement en face des leaders de plus en plus à l’écoute de leurs populations, mais justement ces mêmes populations – déterminées à en découdre une bonne fois pour toute avec le système néocolonial occidental sur leur sol.

Les élites occidentales, dans l’extrême arrogance et sentiments de prétendue supériorité qui les caractérisent, pensent fortement à tort que leurs assassinats des grands leaders panafricains, dont Patrice Lumumba, Thomas Sankara, plus récemment Mouammar Kadhafi, et bien d’autres encore – ont été oubliés dans la mémoire collective africaine. Il n’en est rien.

Au contraire et plus que jamais des millions et des millions d’Africains reprennent le flambeau des leaders tombés. L’Occident avait beau tenté à détruire, humilier leur mémoire – rien n’y fait, c’est le retour des flammes à l’envoyeur. Et rien ne semble être en mesure non seulement à éteindre les dites flammes, mais même ne serait-ce qu’à faire baisser leur intensité.

Dans cette perspective, les nouvelles agitations, menaces, intimidations occidentales ont vraisemblablement le mérite d’augmenter la puissance du feu dans lequel brûlent leurs projets malsains pour le continent africain. Faibles en analyse des peuples non-occidentaux, peut-être par manque de capacité intellectuelles, mais surtout car étant incapables de se défaire de la posture néocoloniale ancrée en eux depuis des siècles, Washington, Londres comme Paris continueront à cueillir les «fruits» de leur politique.

Encore une fois et quels que soient les futurs choix stratégiques de Ouagadougou, les autorités nationales ne pourront rester sourds aux appels de la population du pays. Les mobilisations populaires ne sont pas prêtes à s’arrêter et la vague panafricaniste continuera à balayer l’arrogance occidentale. Et si aujourd’hui en Ukraine se déroule le combat contre les derniers vestiges de l’unipolarité atlantiste, c’est notamment en Afrique que se jouera très certainement l’avenir du monde multipolaire post-occidental.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Burkina Faso: le rejet de la Françafrique au summum

04.10.2022

S’il est encore difficile de déterminer la voie que choisiront les nouvelles autorités burkinabés après le récent coup d’Etat militaire, une chose demeure évidente: le rejet quasi-total de l’orientation françafricaine par les populations concernées. Un rejet qui, s’il n’est pas écouté correctement, ne fera que relancer d’autres révolutions populaires.

Une fois de plus, Paris voit très mal les événements en cours dans ce qu’il considère comme son prétendu pré-carré, une notion qu’il devra fort probablement oublier au plus vite. Et ce qui fait le plus mal aujourd’hui au système néocolonial de la Françafrique, et plus généralement à l’establishment occidental, ce ne sont pas tant les coups d’Etat militaires communément appelés comme tels dans le mainstream médiatique de l’Ouest, mais bien les mobilisations sans précédent des populations africaines.

Après tout et si l’on prend les principaux échecs jusqu’à présent pour l’establishment hexagonal en Afrique francophone, à savoir la Centrafrique et le Mali, les deux cas restent différents et ressemblants au même moment. Différents dans le sens de l’organisation des pouvoirs concernés, ressemblants car jouissant d’un très large soutien populaire à l’intérieur des pays cités.

Plus que cela, et comme nous avons souvent répétés dans le passé – les cas de la RCA et du Mali – d’exemples longtemps cités comme étant parmi les plus négatifs à l’échelle continentale en raison de l’insécurité quasi-chronique – sont désormais devenus d’énormes sources d’inspiration pour beaucoup d’autres nations du continent africain.

Pour revenir au Burkina Faso, les experts africains s’accordent à dire que quelle que soit la suite des orientations choisies par le nouveau pouvoir, suite au coup d’Etat conduit par le capitaine Ibrahim Traoré, le principal étant de ne pas faire le jeu de Paris. Car c’est précisément ce que reprochent les citoyens burkinabés à Paul-Henri Damiba, déchu à la suite de ce nouvel coup d’Etat militaire.

Quant aux drapeaux russes que portaient de nombreux manifestants au Burkina Faso, comme d’ailleurs à l’instar d’autres pays africains, si en Occident beaucoup sont ceux qui souhaitent y voir une «main de Moscou», la réalité démontre plutôt qu’ils sont, une fois de plus, si loin du compte.

La réalité étant surtout que les Africains rejettent, sans plus le moindre doute, massivement la politique hexagonale et occidentale – aussi bien vis-à-vis de leurs pays respectifs, de leur continent, et plus généralement à l’échelle internationale. Quant à la Russie, beaucoup de citoyens africains la voient si ce n’est pas comme la force libératrice, alors au moins stabilisatrice, qui contribue à apporter la sécurité, notamment face aux divers groupes terroristes, tout en remettant de l’ordre face à l’arrogance néocoloniale occidentale. Une arrogance que les Africains, dans leur très large majorité, ne toléreront plus jamais.

Et ce qui fait effectivement si peur aux élites occidentales, c’est que si bien même quand elles arrivent à corrompre certains nouveaux pouvoirs africains en place, ou du moins à les forcer à faire marche arrière sur certaines de leurs promesses, évidemment ce schéma ne marche vis-à-vis des millions et des millions de citoyens africains, qui se revendiquent du panafricanisme et de la multipolarité.

Au Mali comme en Centrafrique, où le pouvoir militaire dans le premier cas, civil dans le deuxième, marchent main dans la main avec les aspirations populaires, représentent le plus grand et principal défi aux néocolonialistes résolus, des néocolonialistes nostalgiques du diktat unipolaire par la même occasion.

Dans le cas du Burkina Faso, s’il est encore trop tôt à connaitre les choix stratégiques qui se feront par le nouveau pouvoir en place, l’essentiel étant qu’il ne pourra se permettre de ne pas prendre en compte les attentes de la population burkinabé. Et si en Afrique très nombreux sont ceux qui associent déjà le leader malien Assimi Goïta au légendaire Thomas Sankara, les autorités du Burkina Faso devront encore attendre et démontrer si une telle comparaison avec leur grand compatriote pourra elle aussi se faire à leur encontre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les contingents onusiens pour la paix: forces sincères ou agents du néocolonialisme?

29.09.2022

La Force de maintien de la paix de l’ONU, couramment appelée les Casques bleus, se trouve sous l’emprise d’innombrables critiques dans le cadre de son action, plus particulièrement sur le continent africain. Manque d’actions efficaces, divers abus et vol des ressources naturelles des pays concernés par les dites missions – représentent les quelques des multiples accusations visant les contingents. Nombreux sont ceux qui appellent au départ pur et simple de ces forces.

Les manifestations à divers endroits de l’Afrique contre la présence des forces onusiennes de maintien de la paix ne datent pas d’hier: Centrafrique, Mali, République démocratique du Congo, entre autres. En RCA, la Minusca (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en Centrafrique) était souvent accusée d’inaction face aux groupes rebelles, surtout durant la période où ces groupes contrôlaient près de 2/3 du territoire centrafricain.

Aujourd’hui et alors que l’autorité nationale a été restaurée sur l’écrasante majorité de la République centrafricaine suite aux nombreuses réformes efficaces des Forces armées nationales (FACA) et des autres structures sécuritaires avec l’implication d’instructeurs russes, nombreux des citoyens centrafricains considèrent qu’après les longues années de présence sans résultat notable sur le terrain, mis à part pour certaines forces africaines composant la Minusca, le temps serait venu de mettre fin à cette présence.

Le Mali est un autre exemple. Et à l’instar de la RCA, nombreux sont les citoyens maliens qui souhaitent le départ pur et simple de la Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali), comme le rappelle la télévision panafricaine Afrique Média.

Dans le cas de la République démocratique du Congo – les récentes manifestations de fin juillet à l’encontre cette fois-ci de la Monusco (Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo), dans les villes de Goma et de Butembo, avaient été endeuillées par des tirs visant les manifestants congolais, ayant fait de nombreuses victimes (mort et blessés) de la part des forces onusiennes. Il y aurait eu pas moins de 30 morts parmi les habitants et plus de 70 blessés.

Beaucoup d’observateurs auraient évidemment plutôt souhaité voir la rage des contingents onusiens à stabiliser sincèrement les pays concernés, en mettant en déroute les nombreux groupes armés présents ne serait-ce qu’en RDC, qui ne cessent d’y maintenir l’instabilité et la violence, que de tuer des civils venus exprimer leur colère en qualité de citoyens du pays où ces éléments onusiens se trouvent. Cela sans oublier les nombreuses accusations d’abus sexuels commis par le personnel de l’ONU en RDC, comme à d’autres endroits des missions en Afrique.

Mais pourquoi un tel manque d’efficacité ou manque de volonté à jouer réellement un rôle stabilisateur des dites missions onusiennes en terres africaines? Pour répondre à cette question, il faut certainement comprendre deux aspects primordiaux. Le premier étant lié à des intérêts économiques, sachant que les pays africains regorgent de matières premières stratégiques. Le cas encore une fois de la RDC ne fait que le confirmer. Il est donc évident qu’une stabilisation rapide de la situation sur le terrain ne rentre pas dans les intérêts de certains représentants onusiens, ayant directement ou indirectement des intérêts économiques dans les pays concernés. Cela évidemment sans remettre en cause l’engagement de tous les éléments onusiens prenant part dans ces missions dites de stabilisation et de paix. Il n’empêche que la morale annoncée est loin de faire l’unanimité au sein des preneurs de décisions des diverses structures de l’ONU et de leurs principaux représentants sur place.

L’autre problème, que nous avons déjà soulevé dans le passé, est que les divers secrétariats onusiens restent fermement liés aux intérêts d’une extrême minorité planétaire, à savoir l’establishment occidental. Mais une extrême minorité qui s’obstine à refuser de perdre son hégémonie internationale.

Ce qu’il en ressort? Le fait que lorsque cet establishment occidental n’est aucunement intéressé par la résolution des défis sécuritaires dans tel ou tel pays, notamment d’Afrique, il en va de son intérêt à faire prolonger les conflits autant que possible. Et ce aussi bien dans un but géoéconomique que géopolitique. Et compte tenu de cela, il est évident que lorsqu’un citoyen d’un pays occidental, ou simplement affilié à l’Occident collectif, est nommé responsable de missions de stabilisation et de maintien de la paix – il ne fera qu’appliquer ce pourquoi il a été adoubé par l’élite pour laquelle il est au service.

D’où encore une fois l’énorme importance d’une réforme profonde des différents instituts de la machine onusienne, à défaut de quoi les grandes organisations régionales, continentales et internationales non-occidentales, devront prendre leurs responsabilités et ne plus donner le feu vert aux activités macabres d’éléments n’ayant rien à avoir avec de véritables missions de paix et de stabilisation.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le discours historique du Premier ministre malien à la tribune onusienne

27.09.2022

Révolutionnaire, inspirant, grandiose – telles sont aujourd’hui les seulement quelques caractéristiques données par les citoyens maliens et d’autres pays africains à l’égard du discours du colonel Abdoulaye Maïga, Premier ministre par intérim du Mali, à l’ONU. Il est largement vrai que ce discours traduit également le courage de tout un peuple, ayant dans sa large majorité et avec le soutien de nombreux autres Africains – jeté un défi aux vestiges du néocolonialisme occidental en terre africaine.

Dans son discours, Abdoulaye Maïga n’a pas manqué de pointer du doigt l’ex-puissance coloniale hexagonale sur plusieurs volets, y compris sécuritaire. Et aller même jusqu’à parler de «junte française», tout en rappelant que le Mali n’a absolument aucun problème avec les citoyens français ordinaires.

Cette qualification est d’autant plus justifiée lorsqu’on sait que le régime hexagonal ne cesse de qualifier les autorités maliennes, soutenues par l’écrasante majorité de la population du pays et des millions de citoyens d’autres pays africains, de «junte». Une hypocrisie d’autant plus révoltante que l’establishment de Paris appelle le régime kiévien de pouvoir «démocratique», alors qu’il n’est que celui issu d’un coup d’Etat soutenu par l’Occident – et rejeté par des millions de citoyens ukrainiens – pour beaucoup désormais ex-ukrainiens.

Mais si la réponse sans détour du Mali à la tribune onusienne visait l’ex-puissance coloniale, la réalité est qu’elle vise de-facto tout l’Occident collectif. Un Occident collectif arrogant, raciste, convaincu quant à sa prétendue «supériorité» sur les autres peuples de la planète, des peuples qui pourtant représentent ensemble l’écrasante majorité de l’humanité. Avec ce discours historique, une nouvelle page semble effectivement s’ouvrir non seulement pour le Mali – terre d’une grande civilisation ancienne – mais également pour tout le continent africain, dont un énorme nombre d’habitants se retrouvent pleinement et avec enthousiasme dans les paroles prononcées par le colonel Maïga.

Et cette page c’est évidemment celle du panafricanisme, de la souveraineté pleine et entière et d’une appartenance ferme à l’ordre multipolaire international. Les experts des plateaux occidentaux auront beau à poursuivre leurs fanfaronnades en jouant sur des mots n’ayant plus aucun sens – pour des millions et des millions d’Africains, et d’autres peuples de la planète – cela n’aura absolument plus aucune importance.

D’où d’ailleurs et plus que jamais les innombrables menaces de l’Occident collectif otanesque à l’endroit de tous ces peuples, notamment africains, et le chantage qui s’en suit. Encore une fois – que cet Occident se calme, car s’il y aura bien ceux qui ont beaucoup trop à perdre, ce sont bien les Occidentaux, ayant des représentants totalement exécrables et complètement hors-sujet dans la voie contemporaine mondiale.

Une fois de plus, les règles auxquelles l’Occident devra désormais s’habituer dans ses relations avec la Russie et la Chine, ainsi que d’autres puissances non-occidentales promotrices de l’ordre multipolaire international, sont également celles qui seront de plus en plus appliquées dans les relations entre l’establishment atlantiste et le continent africain.

La richesse de l’Occident est effectivement et en grande partie due à l’Afrique, et non pas le contraire comme le prétendent les pseudo-élus et les pseudo-experts du petit monde occidental. Et face à cette réalité, l’Occident devra soit apprendre à faire profil bas en diminuant radicalement l’arrogance qui le caractérise, soit devra continuer à subir des échecs, qui d’ailleurs ne font que commencer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Mali vs Côte d’Ivoire: lorsque la dignité doit faire face à la sous-traitance pro-occidentale

16.09.2022

La crise actuelle entre Bamako et Abidjan dépasse le cadre strictement régional ouest-africain. Il s’agit en effet et avant tout d’une confrontation entre deux visions diamétralement opposées. L’une misant sur la souveraineté nationale et les valeurs panafricaines, l’autre restant dans une posture de sous-traitance en faveur du néocolonialisme occidental. Et le cadre à proprement dit «régional» prend de plus en plus une tournure continentale.

Depuis l’arrestation, en juillet dernier, de près d’une cinquantaine de mercenaires ivoiriens par les autorités maliennes, la crise ne cesse de s’envenimer entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Ceci étant dit, nombreux sont les citoyens ivoiriens qui soutiennent le positionnement du voisin malien dans ce dossier.

Au-delà de l’efficacité à travers laquelle a eu lieu cette arrestation des dits mercenaires, dont l’objectif visait fort vraisemblablement à tenter un énième coup d’Etat pro-occidental en terre malienne, ou du moins à créer des problèmes sécuritaires pour l’Etat malien, la fermeté avec laquelle le pouvoir du Mali a maintenu sa ligne jusqu’à maintenant – a été approuvée non seulement par des millions de Maliens, mais également un très grand nombre d’autres citoyens de pays africains.

Pendant ce temps, le président ivoirien et l’un des principaux représentants restants du système néocolonial de la Françafrique, tente à nouveau de mobiliser un front anti-malien, notamment au niveau de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao).

Bien qu’il soit nécessaire de reconnaitre – avec de plus en plus de difficulté, à l’heure où de nombreux chefs d’Etat de la région, tout comme à l’échelle continentale, sont de plus en plus à l’écoute des aspirations pro-panafricanistes et pro-multipolaires de leurs citoyens. Avec en prime le rejet des schémas si longtemps entretenus par l’establishment occidental sur le continent.

D’autant plus que les méthodes de déstabilisation, y compris à travers l’implication de mercenaires, sont fort loin d’être nouvelles et représentent aujourd’hui un défi non plus seulement pour les Etats africains ayant ouvertement coupé le cordon «ombilical» avec l’Occident collectif, mais également tous les pays qui sont en voie de le faire ou du moins qui adoptent un positionnement de plus en plus équilibré, en s’éloignant progressivement du diktat occidental.

Faudrait-il à ce titre rappeler l’implication de mercenaires français, notamment en République centrafricaine dans un passé récent? Depuis, Paris et d’autres capitales nostalgiques de l’unipolarité tentent par tous les moyens de maintenir cette méthode d’interférence et de déstabilisation à l’encontre des Etats libres d’Afrique, mais avec une mise à contribution plus active des principaux sous-traitants. Comme celui du régime ivoirien.

Néanmoins, il est important de constater qu’au-delà de l’approche patriotique et ferme avec laquelle agissent des Etats africains souverains comme la RCA ou le Mali, on assiste depuis assez récemment à une augmentation nette de l’efficacité en matière de sécurité et des services de renseignement dans le cadre de ces pays. Rendant ainsi la tâche des déstabilisateurs traditionnels et de leurs forces sous-traitantes – de plus en plus difficile.

De manière générale et dans la crise qui oppose le Mali au régime ivoirien actuel – la vérité et la dignité semblent prendre le dessus sur le mensonge et les méthodes criminelles. Et cela est connu aussi bien des citoyens maliens qu’ivoiriens, ainsi que des autres peuples du grand continent africain. La confrontation entre les deux visions prend désormais ouvertement une tournure réellement continentale. Et au vu des processus en cours, aussi bien en Afrique qu’à l’échelle internationale, il devient beaucoup plus facile de comprendre les vives inquiétudes des régimes occidentaux et affiliés.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4253

La barbarie similaire des destructeurs de monuments

26.08.2022

A l’heure où de nombreux régimes atlantistes d’Europe de l’Est démontent ou détruisent des monuments en mémoire des soldats soviétiques ayant libéré le continent du nazisme, le tout sous la justification d’une russophobie longtemps entretenue et désormais agissant sans le moindre tabou, le parallèle avec les méthodes de nombre de groupes terroristes vient inévitablement à l’esprit.

Si la russophobie des régimes de pays comme la Pologne ou encore les Etats baltes est fort loin d’être nouvelle en soi, désormais elle a pris la forme totalement assumée en ce qui concerne la destruction pure et simple de la mémoire collective et de la morale dans son ensemble à l’encontre des monuments en mémoire des militaires soviétiques ayant libéré la très grande partie du continent européen, et des territoires en question, de la peste brune.

D’une manière naturelle, ces actions qui d’ailleurs provoquent une résistance de plus en plus visible dans les pays en question de la part d’une partie de la population qui rejette cette réécriture de l’histoire, ressemblent si curieusement avec les destructions barbares du patrimoine culturel et civilisationnel syrien, notamment par les terroristes de Daech.

En effet et au-delà de la question du patrimoine historique ou culturel, la morale semble totalement inexistante dans les agissements des barbares terroristes assumés, et de ceux qui prétendent appartenir au monde dit «civilisé». D’autant plus que dans les agissements des Pologne et pays baltes, on retrouve l’approbation également de l’ensemble des régimes occidentaux, y compris justement européens.

De manière générale, on peut observer aujourd’hui même en Occident la tendance généralisée de réécriture historique, y compris de leur propre histoire, lorsqu’il s’agit de s’adapter aux besoins des principaux lobbies puissants du moment, qui dictent la marche à suivre en lien avec des fausses valeurs, prétendument «universelles».

Mais si cela concerne à proprement dit la cuisine occidentale interne, la destruction observée dans un passé assez récent de monuments et de mausolées par les terroristes en Syrie ou au Mali, et désormais le crachat pur et simple sur les millions de soldats soviétiques ayant payé au prix de leur vie la libération de l’Europe du nazisme, concernent justement l’écrasante majorité des peuples non-occidentaux.

Car au final, l’Occident et ses petits sous-traitants ont-ils été ne serait-ce qu’un jour respectueux du patrimoine culturel, historique et civilisationnel des autres? Car à défaut d’arracher le patrimoine culturel et civilisationnel des peuples (notamment lors des colonisations occidentales en Afrique, Asie, Amérique latine), la mentalité de cet Occident collectif et de ses quelques régimes affiliés se place clairement dans une posture raciste vis-à-vis des peuples non-occidentaux. En d’autres termes: nous pouvons piller ce que bon nous semble et détruire aussi si nous le jugerons nécessaire. Et à défaut de le faire soi-même – comme c’est aujourd’hui le cas dans la petite Europe otanesque de l’Est, d’autres le feront à leur place – y compris des éléments ouvertement extrémistes.

Peut-être que justement toute la différence de la pensée de l’Occident et du monde non-occidental (qui représente l’écrasante majorité de l’humanité) se trouve précisément là. L’Occident, extrêmement minoritaire à l’échelle planétaire, considère que la haine, le racisme et d’autres formes d’extrémisme sont parfaitement acceptables du moment que cela sert ses intérêts. A l’inverse, le rejet aujourd’hui de l’Occident, ou plus précisément de la politique occidentale, par un large front de peuples de la planète, ne rentre pas dans le schéma vicieux de la haine vis-à-vis des citoyens ou du patrimoine civilisationnel des pays occidentaux.

Ainsi, le rejet par des millions de Maliens, et d’autres peuples africains, de la politique hexagonale et plus généralement occidentale ne se traduit pas par une haine qui viserait les ressortissants français ou autres occidentaux . La Russie et la Chine n’annulent pas malgré les tensions géopolitiques au summum – la culture européenne et occidentale. Tellement différent de ce qui se fait aujourd’hui dans cette même Europe arrogante, qui tente à faire oublier les grands représentants de la culture russe – et mondiale par la même occasion.

Ou qui tente à raser la mémoire (indestructible) des millions de Soviétiques ayant sauvé l’humanité toute entière d’une domination nazie. Car oui et désolé de le rappeler – ce n’est pas le soldat Ryan qui a sauvé le continent européen de la peste brune, mais bel et bien l’Armée rouge soviétique. Et cela – personne, aussi bas moralement soit-il, ne réussira à le changer.

Au final – où se trouve réellement le prétendu espace civilisé? A titre d’exemple, le monument célèbre de la capitale éthiopienne Addis-Abeba – Tiglachin – construit à la mémoire des militaires éthiopiens, cubains et soviétiques ayant participé à la guerre de l’Ogaden (1977-1978) – n’a jamais été touché même durant la période pro-occidentale du pouvoir éthiopien. Tellement différent du comportement sauvage des régimes polonais et baltes, sous l’approbation de Washington et de Bruxelles. Probablement que la réponse est bel et bien là.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4183

Mali: les attentes et les défis

23.08.2022

Suite au retrait désormais complet de la présence militaire française du Mali, les défis demeurent dans un contexte où l’ancienne métropole coloniale et d’autres régimes occidentaux ne comptent pas relâcher la pression sur le pays, devenu un exemple supplémentaire d’une orientation panafricaniste et pro-multipolaire.

Après neuf ans de présence militaire au Mali, via l’opération Serval puis Barkhane, les derniers militaires français ont quitté le sol malien via la frontière nigérienne. Si beaucoup de Maliens et de nombreux autres citoyens africains ont accueilli très favorablement cette nouvelle, pour autant il est à croire que l’establishment élyséen et occidental ne va lâcher prise et continuera de mettre le maximum de pression sur les autorités maliennes.  

Il faut effectivement rappeler que ce retrait s’est effectué à une période d’une montée sans précédent des sentiments anti-occidentaux sur le continent africain, bien qu’il soit important de rajouter que ce rejet de l’Occident ne se traduit pas, à la différence marquante de certains régimes atlantistes d’Europe de l’Est à l’encontre de leurs voisins – par une quelconque haine vis-à-vis des ressortissants de pays occidentaux. Sagesse malienne et africaine oblige.

Cela se déroule également alors que le Mali a saisi l’ONU et accusé la France de soutenir les terroristes. Le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop avait notamment indiqué que le Gouvernement du Mali dispose de plusieurs éléments de preuve que les violations flagrantes de l’espace aérien malien ont servi à la France pour collecter des renseignements au profit des groupes terroristes opérant dans le Sahel, ainsi que dans l’objectif de leur larguer des armes et des munitions.  

Dans cette optique, il est fortement à croire que les tentatives de déstabilisation par Paris et d’autres capitales occidentales du Mali ne s’arrêteront pas dans un avenir proche, malgré leur échec flagrant dans la prétendue lutte antiterroriste et dans leurs multiples tentatives de faire tomber un pouvoir légitime, soutenu par une large majorité de citoyens maliens.

En ce sens, le cas de la République centrafricaine devrait simplement nous rappeler qu’avant que le pays retrouve une relative stabilité, en faisant asseoir l’autorité de l’Etat sur l’écrasante partie du territoire national, le pays a dû faire face à d’innombrables défis posés par l’ancien colonisateur, en association avec d’autres régimes occidentaux. Le combat ne fut pas facile, mais il fut remporté par le pouvoir et le peuple de Centrafrique grâce à la détermination conjointe et aux choix stratégiques qui se sont avérés être justes.

Le Mali doit donc être préparé à un scénario similaire en ce qui le concerne. A savoir poursuivre la lutte antiterroriste de manière efficace et déterminée, maintenir l’orientation panafricaine de sa politique régionale et continentale et renforcer les alliances avec les principaux défenseurs de l’axe multipolaire international, dont le Mali fait désormais intégralement partie.

Il est évident qu’après les échecs de déstabilisation néocoloniale en Syrie, Venezuela, Iran, Cuba, Biélorussie, Kazakhstan, Burundi ou encore en RCA – l’hystérie atlantiste occidentale semble même dépasser le summum du possible. Et connaissant cela, les autorités comme la population du Mali – resteront dans le viseur des nostalgiques de l’ère unipolaire. Et ce jusqu’à la défaite des dits nostalgiques.

Il peut paraître paradoxal, surtout pour les esprits naïfs, que l’Occident rime avec terrorisme, pourtant cela n’est pratiquement plus à démontrer. Les soutiens aux terroristes en Syrie, aux groupes armés en Centrafrique, les actions conjointes avec les éléments salafistes dans la Libye tantôt prospère de Mouammar Kadhafi ou encore l’alliance avec de purs représentants néonazis comme c’est le cas en Ukraine – prouvent parfaitement qu’une bête blessée et vivant l’agonie aura de moins en moins de tabou à montrer son véritable visage.

Les Maliens semblent être prêts à faire face à ces défis. Et avec eux des millions et des millions d’autres peuples africains. Effectivement et après la RCA, le Mali confirme son statut de grande source d’inspiration pour l’Afrique dans son ensemble. Et cela – les fameux «analystes» occidentaux ne l’avaient pas prévu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4167

La résistance du Mali se maintient et inspire

05.07.2022

La levée des sanctions économiques de la Cédéao à l’encontre du Mali ne doit certainement pas être vue comme la victoire d’un consensus ou comme le signe de bonne volonté de l’organisation régionale à l’encontre de Bamako. La réalité étant surtout que la résistance des autorités et de la population du pays a montré toute son efficacité, et étend son influence bien au-delà des frontières nationales.

Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), réunis lors du 61ème sommet ordinaire à Accra, au Ghana, ont décidé de lever les sanctions économiques et financières adoptées contre le Mali depuis le mois de janvier de cette année.

Selon Maliweb, les dirigeants de l’organisation régionale étaient encore tout récemment divisés sur la question de levée des sanctions. Sans surprise, les principaux partisans quant au maintien des sanctions contre Bamako n’étaient que les présidents nigérien et ivoirien – Mohamed Bazoum et Alassane Ouattara. Sans surprise car étant aujourd’hui parmi les principaux représentants et défenseurs des intérêts françafricains, allant largement en sens inverse des aspirations de leurs propres populations, et plus généralement des peuples d’Afrique.

De son côté le Sénégal, dont le président Macky Sall est actuellement également à la tête de l’Union africaine (UA), semble avoir été l’un des principaux intéressés à mettre fin aux dites sanctions, y compris en raison de l’impact que cela avait sur les intérêts économiques et commerciaux sénégalais, mais également à l’heure où Dakar s’engage progressivement sur la voie de la multipolarité, n’hésitant pas à aller même jusqu’à critiquer sur la question de levée des sanctions, comme ce fut le cas lors de la récente visite du chef d’Etat du Sénégal à Sotchi.

Evidemment, durant ladite période des sanctions de la Cédéo, qui d’ailleurs selon nombreuses sources étaient au départ largement influencées par Paris et certaines autres capitales occidentales, le Mali a pu compter sur le soutien et la solidarité de plusieurs pays africains, sans oublier la Russie et la Chine – qui, n’avaient pas hésité à utiliser leur droit de véto au Conseil de sécurité de l’ONU pour bloquer le texte français qui cherchait à apporter un soutien international aux dites sanctions.

Mais très certainement le grand mérite à ce succès pour Bamako revient une fois de plus à la très large mobilisation populaire nationale, qui non seulement n’a pas hésité à apporter un soutien ferme aux autorités du pays, mais également a fait preuve d’une capacité de résistance aux pressions extérieures de manière digne et patriotique.

Aussi, il ne faut certainement pas oublier que le Mali après des années de chaos est devenu sous le leadership du colonel Assimi Goïta et de son équipe – une grande source d’inspiration pour nombreuses autres nations africaines et un exemple d’une résistance efficace au néocolonialisme occidental nostalgique de l’unipolarité.

De manière générale, les événements en cours démontrent parfaitement que les sanctions – l’un des instruments favoris de l’establishment occidental et de ses supplétifs – non seulement n’apporte pas le résultat escompté pour ses instigateurs, mais au contraire pousse les nations dignes à accroitre les efforts en vue de contrebalancer les difficultés que lesdits instigateurs cherchaient à créer pour les pays sanctionnés.

Quant aux autres leaders africains, qui ne peuvent pas, pour nombreux d’entre eux se vanter d’une popularité comparable à Assimi Goïta sur les scènes nationale et continentale, plusieurs néanmoins comprennent que face aux événements en cours, il est plus que jamais temps de se mettre à jour des nouvelles réalités planétaires.

En ce qui concerne ceux ayant fait le ferme choix de rester aux côtés de l’establishment occidental jusqu’au bout, au-delà de poursuivre leur propre marginalisation et isolation dans une Afrique qui choisit de plus en plus ouvertement la voie du panafricanisme et d’un libre choix de ses partenaires extérieurs – leur avenir n’a rien de prometteur. Et le fait de se réfugier dans la bulle pro-occidentale en espérant que cela leur évitera d’être balayé par les mobilisations populaires de masse semble être une erreur stratégique de personnages faisant mine, à l’instar de leurs parrains, de ne pas comprendre l’ordre international multipolaire. Et ce qu’il deviendra.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4025