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Les Africains pour un rapprochement Afrique-BRICS

Alors que les Etats occidentaux observent jalousement les interactions en cours ou en préparation entre nombre de pays africains avec les grandes puissances non-occidentales, notamment celles appartenant au groupe des BRICS, en tentant par tous les moyens de saper ces processus, la société civile africaine et la communauté des experts du continent appellent à un renforcement de ces interactions.

Ces appels à une relation encore plus poussée entre l’Afrique et les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) se font entendre pratiquement dans toutes les parties du continent africain. Recevant un écho positif aussi bien dans la partie sud du continent – cela sans oublier que la République sud-africaine est membre actif du groupe depuis bientôt dix ans – que dans les autres parties de l’Afrique. En ce sens l’Afrique francophone n’est pas en reste.

Ainsi, dans une récente interview à l’agence de presse gouvernementale chinoise Xinhua, Souleymane Astou Diagne – économiste sénégalais et maitre de conférence à l’Université Alioune Diop de Bambey (UADB), estime «que les pays en développement doivent se rapprocher et s’inspirer du modèle de développement économique du groupe des BRICS pour résister aux enjeux de la mondialisation dans l’actuel contexte de Covid-19».

En ajoutant que les pays en question, notamment africains, «ont tout intérêt à se rapprocher de ce modèle, parce que nous sommes marginalisés, l’essentiel des décisions qui se prennent au niveau international étant faites sur la base des intérêts des Occidentaux et ne prenant pas suffisamment en compte les besoins réels des économies des pays en développement».

Sachant que cette opinion est partagée par un grand nombre de personnes en Afrique, notamment d’obédience panafricaniste, il serait effectivement bon de rappeler aussi que les forces qui s’opposent par divers moyens et méthodes justement à une pleine et véritable intégration panafricaine, sont justement les puissances occidentales. D’ailleurs l’histoire récente et moins récente nous le rappelle fortement: le sort réservé à Patrice Lumumba, Thomas Sankara, Mouammar Kadhafi, pour ne citer que ces quelques grands noms, en dit long.

Pour autant, l’Occident ne cesse de travestir l’histoire et tente par tous les instruments à sa disposition de stigmatiser le rôle des puissances partisanes de la multipolarité, dans leurs relations avec les pays africains. Si le rôle des médias de l’Hexagone n’est plus à présenter, bien que fortement en perte de vitesse au sein des pays africains, il n’empêche que d’autres porte-voix de l’Occident – britanniques, allemands ou étasuniens ne sont pas en reste dans leur quête de saper les relations non seulement sino-africaines, notamment de part leur ampleur, mais également avec tout autre pays menant une politique indépendante des intérêts occidentaux.

Ainsi, un site web et magazine comme ADF (Africa Defense Forum), affilié au Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom), sans grande surprise tente de convaincre le public africain du danger de l’interaction de l’Afrique avec la Chine et la Russie. Pour le moment sans grand succès puisque de bien nombreux internautes africains ne se laissent pas manipuler et posent en retour des questions – qui le plus souvent restent sans réponse de la part des instigateurs de ces campagnes médiatiques.

Autre fait assez intéressant – le fait par exemple que Twitter n’ait toujours pas homologué les sites en question comme étant affiliés à leurs Etats respectifs – occidentaux. A la différence des médias chinois, russes, iraniens ou autres. Mais c’est justement là que se trouve tout le paradoxe de la politique occidentale qui prétend défendre les «bonnes» valeurs sans être en mesure de fournir de vrais arguments de poids et ainsi convaincre les lecteurs, d’où qu’ils soient.

Ce qui est sûr, c’est que malgré ces tentatives, les populations africaines sont bien loin d’être dupes de la manipulation. Et peut-être même sont aujourd’hui pour beaucoup en avance dans la capacité analytique sur nombre de pays de l’Occident. Les efforts de ce dernier de ternir l’image des puissances non-occidentales ne fait bien souvent qu’apporter l’effet inverse – à savoir une encore plus grande motivation des Africains à voir l’augmentation de l’interaction de leurs pays et de leur continent avec les BRICS.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Mali-Russie ou les peurs occidentales

Il n’a pas fallu longtemps pour que la presse mainstream ressorte toutes sortes de théories, dont bien évidemment le prétendu rôle de la Russie dans le changement de pouvoir au Mali. Pour rappel – l’establishment occidental parle de coup d’Etat inacceptable dans ce pays d’Afrique de l’Ouest après des mois de manifestations populaires, tout en applaudissant les actions antigouvernementales dans un pays comme la Biélorussie.

Il fallait certainement s’y attendre, les médias mainstream commencent désormais à voir « la main de Moscou » dans les récents événements au Mali. En effet et du moment qu’un changement de pouvoir ne soit pas orchestré depuis une / des capitale(s) occidentale(s), y compris si un tel changement vient des aspirations populaires, il sera pratiquement sans aucun doute condamné et les intéressés occidentaux vont vouloir y trouver la main d’un adversaire géopolitique. Cela a été d’ailleurs abordé dans l’émission Edition spéciale du 19 août sur la grande chaine de télévision panafricaine Afrique Média.

Comme prévu, les médias occidentaux mettent la main à la pâte. Côté étasunien, le site The Daily Beast annonce la couleur: « Les dirigeants du coup d’Etat malien ont pris le pouvoir après leur retour d’un camp d’entrainement militaire en Russie. Qui était aux commandes?» En oubliant évidemment de rappeler dans l’article que de nombreux militaires maliens, dont de hauts officiers, suivent des formations en Russie, et ce depuis un long moment.

Pour rappel, les USA étaient parmi les premiers à condamner l’écartement d’Ibrahim Boubakar Keïta du pouvoir. A ce titre, l’émissaire étasunien pour le Sahel, Peter Pham, avait déclaré «que les Etats-Unis s’opposent à tout changement extraconstitutionnel de gouvernement, que ce soit par ceux qui sont dans la rue ou par les forces de défense et de sécurité». Assez incroyable d’entendre ces déclarations venant du représentant d’un pays «champion» dans l’organisation de divers coups d’Etat, révolutions de couleur et déstabilisations en tout genre de pays souverains. Mais l’establishment US reste ce qu’il est.

Par ailleurs, les Etats-Unis ont déclaré «la suspension de leur coopération militaire avec le Mali en réponse au renversement du président Keïta». Le tout au moment où selon le propre aveu des médias mainstream, des milliers de citoyens maliens se rassemblaient dans la capitale du pays pour célébrer les actions de leurs militaires.

L’espace mainstream français n’est pas en reste. Après les condamnations de l’establishment politique, RFI publie un article avec un titre annonciateur: «Le Mali est-il séduit par la Russie?» En indiquant que l’ambassadeur de Russie au Mali fut l’un des premiers diplomates étrangers à avoir été reçu par ce qu’ils appellent la «junte». L’une des principales voix médiatiques françaises à l’international reconnait tout de même que de nombreux Maliens souhaitent le renforcement de la coopération militaire de leur nation avec Moscou.

Au final et quelle que soit la suite de l’interaction russo-malienne, ne serait-il pas grand temps pour l’establishment occidental dans son ensemble de comprendre une réalité assez simple. A savoir que les véritables aspirations populaires ne se conçoivent pas à la Maison-Blanche, ni au Département d’Etat US, pas plus qu’au sein de la CIA, des structures Soros ou à l’Elysée. Et que c’est une réalité avec laquelle il faudra compter. Et que d’autre part le fait d’adopter une posture ouvertement hypocrite et injuste – comme celle qui les caractérise, notamment lorsqu’on fait une fois de plus le parallèle de la différence radicale d’approche vis-à-vis des manifestations biélorusses et maliennes – cela ne fera qu’encore plus éloigner les peuples du monde des intérêts occidentaux. Les menaces, ultimatums, pressions et sanctions – finiront par se rouiller à un tel point, que leurs initiateurs n’en auront qu’à leurs têtes.

Enfin il serait aussi grand temps pour l’élite politico-médiatique atlantiste d’apprendre, ne serait-ce que progressivement, car il faut évidemment tenir compte des capacités d’adaptation et d’apprentissage de chacun, à respecter de façon réelle la souveraineté des peuples. Et comprendre par la même occasion que les tons condescendants vis-à-vis des populations non-occidentales seront de moins en moins tolérés.

Dernier point : la réalité multipolaire du monde permet non seulement la prise en main par les peuples de leurs affaires souveraines et l’établissement de plusieurs blocs d’influence régionaux et continentaux, mais le rappel nécessaire à faire consiste aussi dans le fait qu’il y a aujourd’hui dans la multipolarité suffisamment de puissances indépendantes capables de bloquer les tentatives de ceux qui n’arrivent toujours pas à se débarrasser de leurs complexes néocoloniaux.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine et l’Afrique solidaires dans le cadre de la lutte contre le Covid-19

La coopération sino-africaine, notamment dans la lutte contre le Covid-19, ne faiblit pas. Les événements récents, aussi bien dans le cadre bilatéral entre la Chine et les pays concernés, qu’au niveau général Chine-Afrique, le confirment. Et ce en dépit des attaques extérieures visant à saper le partenariat sino-africain. 

Le président chinois Xi Jinping, présidera à Pékin un sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre le Covid-19, lors duquel il prononcera un discours clé. C’est qu’annonce la porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la République populaire de Chine, Hua Chunying, cité par l’agence de presse Xinhua.

Ce sommet, qui aura lieu sur la base d’une visioconférence, a été coordonné par la Chine, l’Afrique du Sud qui exerce la présidence tournante de l’Union africaine (UA), ainsi que le Sénégal qui copréside le Forum sur la coopération sino-africaine. Prendront part audit sommet les chefs d’Etat africains, les présidents tournants des principales organisations sous-régionales du continent et le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat. Le secrétaire général des Nations unies et le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) assisteront eux-aussi au sommet en qualité d’invités spéciaux.

Cette initiative n’est finalement que la suite de nombreuses autres interactions entre les pays africains et la Chine. Parmi ces initiatives le soutien mutuel entre Pékin et les capitales africaines dans la lutte contre la pandémie du Covid-19, notamment l’assistance en équipement et l’envoi de spécialistes médicaux, des dons financiers, ainsi que l’échange d’expérience dans la gestion de la crise. En parlant de la coordination sino-sud-africaine, les deux pays ne sont effectivement pas à leur première interaction dans le cadre de la lutte contre le fléau sanitaire actuel, et ce aussi bien sur le plan bilatéral, que multilatéral.

Déjà le mois dernier, les experts médicaux militaires chinois avaient partagé leurs expériences de la lutte contre le Covid-19 avec leurs homologues sud-africains. Cela sans oublier la réunion extraordinaire, également par visioconférence, de fin avril dernier entre les ministres des Affaires étrangères des pays BRICS. Les pays membres s’étaient alors fixés l’objectif d’une interaction étroite dans la lutte contre le coronavirus – déterminée comme l’une des principales priorités de l’organisation du moment.

Evidemment, cela va sans dire que les nombreuses initiatives qui concernent l’interaction sino-africaine de façon générale, n’ont bien souvent pas trouvé d’appréciation positive du côté de l’establishment occidental. Aussi bien sur le plan politique, que médiatique. A ce titre, les articles publiés par les principaux organes de la presse occidentale visant à ternir ouvertement la Chine dans les yeux de nombreux Africains le confirment pleinement. Et ce aussi bien du côté des médias anglo-saxons, que français.

Ceci étant dit, les mêmes médias mainstream sont parfois forcés, malgré eux, à reconnaitre du moment que cela devient évident, le fait que les pays africains de façon globale préfèrent continuer à renforcer les liens, notamment commerciaux, avec la Chine, plutôt qu’avec l’Occident dans son ensemble, ou comme dans le cadre de cet extrait d’une émission radio datant de l’année dernière sur RTL, plutôt qu’avec la France.  En passant et au vu des commentaires sur ledit sujet de la part de nombreux Africains, la préférence au niveau de la société civile africaine penche elle aussi plutôt largement du côté chinois.

Pour conclure, il serait probablement juste de dire que la crise du Covid-19 était vue par de nombreuses personnalités occidentales comme un parfait moyen si ce n’est pas de détruire, mais au moins de fortement affaiblir les relations entre la Chine et l’Afrique. Et à ce titre, l’aspect informationnel n’était pas en reste. Malheureusement pour elles, les résultats escomptés n’ont pu être atteints. A titre de confirmation le dialogue et l’interaction stratégiques Pékin-Afrique restent toujours au plus haut niveau.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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