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La résistance de l’Ethiopie face à l’interférence extérieure

L’Etat éthiopien renforce ses choix stratégiques dans l’esprit souverainiste face à la poursuite des tentatives de nuisance à sa sécurité nationale et dans le cadre de l’interférence dans ses affaires intérieures. Nos prévisions quant à l’éloignement de plus en plus évident d’Addis-Abeba vis-à-vis de l’establishment occidental vont dans la confirmation.

En août dernier, Observateur Continental avait consacré un article sur l’éloignement qui prenait son envol de l’Ethiopie vis-à-vis de l’Occident. Et ce alors que durant de longues années, il était admis de considérer ce pays stratégique africain comme un partenaire proche, voire un allié, de l’establishment occidental, en premier lieu de Washington. Désormais, tout est bouleversé.

Un peu plus récemment, en septembre dernier, Observateur Continental avait également consacré un article sur les pressions extérieures en cours visant les puissances africaines, parmi lesquelles figurait l’Ethiopie. Ces mises en perspectives semblent confirmer les prévisions que le seul pays africain n’ayant jamais été colonisé – s’éloigne désormais inévitablement de l’axe occidental pour se positionner clairement au sein de l’axe souverainiste, panafricain et pro-multipolaire.

Au-delà des aspects purement géopolitique et sécuritaire, l’exemple éthiopien est très intéressant dans le sens qu’il met parfaitement en exergue les instruments de manipulation pratiqués par l’establishment politico-médiatique occidental. A ce titre, le cas du chef d’Etat éthiopien Abiy Ahmed – de l’adulation en qualité de chef d’Etat africain exemplaire jusqu’au dénigrement le plus total comme c’est le cas actuellement – est particulièrement révélateur. Au point d’en vouloir faire un nouvel «paria» sur la scène internationale de la part de l’Occident politique.

Evidemment et en ce qui concerne ce dernier point – sans grand succès, une fois de plus. Car au-delà de disposer d’un soutien de nombre de pays africains influents, ainsi que de la Chine, de la Russie, de l’Iran ou encore de la Turquie – le plus important étant certainement le soutien populaire toujours fort important de la population éthiopienne vis-à-vis d’Abiy Ahmed et de son gouvernement.

A ce titre, les dizaines de milliers de citoyens d’Ethiopie mobilisés ne serait-ce que dans la capitale du pays, sans même compter la mobilisation dans les autres régions éthiopiennes, ne font que renforcer cette thèse. Plus que cela, l’appel même à la mobilisation populaire du leadership éthiopien devrait être surtout vu comme une manière à rappeler aux Occidentaux qu’ils ne sont pas en terrain conquis, et que l’attachement à la souveraineté nationale est une valeur qui unit la très grande majorité des Ethiopiens. Les nombreuses résistances du passé face au néocolonialisme occidental ne font elles aussi que le confirmer.

Cela est d’autant plus important à l’heure où la guerre médiatique à l’encontre de l’Ethiopie ait atteint le summum de la part de nombre de médias occidentaux, pouvant être par la même occasion considérée comme une véritable guerre psychologique. Mais qui n’impressionne pas les Ethiopiens.

Par contre et ce dont on peut être désormais sûr, c’est que Washington – ayant énormément du mal à accepter les choix stratégiques souverainistes, panafricains et pro-multipolaires d’Addis-Abeba, y compris dans le sens du renforcement des relations avec la Chine et la Russie, est bel et bien partie prenante du conflit. L’annonce de la création d’une coalition rebelle qui déclare ouvertement vouloir faire tomber le gouvernement éthiopien – depuis la capitale étasunienne – est parfaitement révélatrice de cette réalité.

Il est vrai que si ladite annonce avait été faite à New-York, Miami ou Los-Angeles, cela n’aurait pas changé grand-chose à ce fait, mais le choix de le faire depuis la capitale politique et centre de tous les principaux lobbies des USA – ne peut tromper personne. On ne peut qu’imaginer quel bruit aurait été fait au sein de l’establishment occidental si ne serait-ce qu’un groupe d’opposition, sans même parler de rébellion armée, aurait annoncé son intention de créer une coalition pour faire tomber un gouvernement légitime d’un Etat souverain – à partir de Pékin, Moscou ou Téhéran…

Tout cela pour dire que même si l’Ethiopie traverse effectivement une période à épreuves de son histoire contemporaine, rien n’indique actuellement que les nostalgiques de l’unipolarité et leurs supplétifs puissent atteindre le résultat escompté. Les larges mobilisations nationales à l’intérieur, les soutiens extérieurs – aussi bien africains que de la part des grandes puissances non-occidentales – confortent l’idée d’une capacité de résistance digne de ce nom. Car oui, la multipolarité c’est aussi la capacité à résister face aux actions des nostalgiques d’un ordre unipolaire totalement révolu.

Quant au leadership éthiopien, si Abiy Ahmed – Prix Nobel de la Paix 2019 – ait déjà démontré nombre de fois être un partisan de la paix et du développement durable, il n’en demeure pas moins qu’il a aussi montré sa capacité à être extrêmement ferme lorsqu’il s’agissait de défendre la souveraineté et l’indépendance de sa nation. C’est certainement d’ailleurs une raison supplémentaire au soutien populaire de masse dont il continue de jouir de la part de ses concitoyens.

Et si cette résistance atteindra ses objectifs – ce sera indéniablement une nouvelle défaite géopolitique de poids pour tout l’establishment occidental et ses acolytes.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3296

https://t.me/axe_afrique_russie/274

https://web.facebook.com/mikhail.egorov.5/posts/10224724267667384

La liberté de la presse à l’occidentale en déclin, selon un média chinois

Dans une tribune, le rédacteur en chef du quotidien chinois Global Times revient sur les nombreux problèmes caractérisant les médias occidentaux. Instruments d’attaques géopolitiques, ne contribuant aucunement à promouvoir la paix mondiale, et bien souvent ne représentant que les intérêts de cercles limités – telles en sont les quelques caractéristiques attribuées.

Après l’éditorial mettant en avant les nombreux problèmes des systèmes politiques occidentaux, cette nouvelle tribune de l’important quotidien chinois diffusant en langues chinoise et anglaise, est dédiée quant à elle au cas fort particulier des médias occidentaux, communément appelés mainstream. La tribune est signée par Hu Xijin – rédacteur en chef du Global Times.  

Dans cet éditorial, publié en lien avec la Journée mondiale de la liberté de la presse, Global Times mentionne plusieurs points essentiels. Pour l’auteur, en Occident la liberté de la presse est entièrement définie dans le cadre du système politique occidental, en négligeant ouvertement la réalité sociale de nombreux pays en développement. Ce qui a conduit à une divergence idéologique significative entre les pays en développement et l’Occident, USA à sa tête. Cette différence est exacerbée par les attaques géopolitiques occidentales contre les autres. En conséquence, les conditions politiques qui auraient pu aider les parties à surmonter leur différence – ont perdu du terrain, les conflits idéologiques s’intensifiant quant à eux de plus en plus.

Le rédacteur en chef du quotidien chinois fait également référence aux liens existants entre les dits médias et les puissants cercles d’influence auxquels ils sont liés: «La liberté de la presse à l’occidentale se forme dans le cadre d’un système multipartite, soumis aux capitaux et groupes puissants. Un environnement politique similaire n’existe pas dans des pays comme la Chine…».

Par ailleurs, pour Hu Xijin, le mythe de la liberté de la presse à l’occidentale a depuis longtemps été brisé. Du point de vue de la Chine, l’influence de l’opinion publique occidentale sur les décisions des gouvernements occidentaux s’est estompée, rapidement. Une telle opinion équivaut presque à être inutile si elle ne peut pas être utilisée comme influence sur les choix des électeurs. Pendant ce temps, Global Times note que les médias occidentaux perdent progressivement la confiance justement des votants. En rappelant à ce titre que l’ex-président US Donald Trump méprisait les médias étasuniens pour cette raison.

Un point très important mentionné dans cette tribune, n’est autre que le fait que les médias occidentaux n’ont pratiquement rien fait pour stopper les «fausses guerres» sur notre planète – faisant ainsi référence à toutes les guerres sous couvert humanitaire lancées par l’Occident dans des objectifs si lointains des bonnes intentions déclarées. Des guerres et agressions si souvent justifiées par le mainstream médiatique occidental.

En ce sens, il serait certainement juste d’ajouter que non seulement les dits médias n’ont rien fait pour arrêter ces guerres sales – mais étaient des complices par «excellence» des initiateurs de ces conflits, agressions et déstabilisations en tout genre d’Etats souverains. C’est d’ailleurs l’une des principales raisons du manque de confiance sans précédent vis-à-vis de ces médias aussi bien de la part de l’écrasante majorité de l’humanité – non occidentale – que de la part d’une partie importante des citoyens occidentaux.

Pour Global Times, au-delà des guerres, ces médias de l’Occident n’ont en outre pas contribué à éduquer les gens pour lutter efficacement contre les crises de santé publique telles que la pandémie du Covid-19.

Hu Xijin rajoute plusieurs autres points de grande importance: «la liberté de la presse à l’occidentale devient un moyen facile d’acquérir un statut social. En fomentant la nouvelle guerre froide, les médias US et du reste de l’Occident ont joué le rôle de destructeur de la paix mondiale. Dans le domaine des relations internationales, ces médias sont désormais complètement transformés en un outil pour les élites politiques occidentales afin d’attiser la compétition ou la rivalité géopolitique, allant à l’encontre de la justice et de la moralité de l’humanité. Ils ont approuvé les politiques extrêmes des politiciens et ont constamment sapé la paix mondiale. La liberté de la presse des médias prétendument indépendants ne devrait pas être ainsi».

L’auteur note également que la société chinoise est pleinement consciente qu’il y a de la place pour de l’amélioration dans le but de perfectionner le système de la presse et de l’information de la Chine. Cependant, les Etats-Unis et l’Occident n’admettront pas que leur système médiatique a des problèmes sérieux. Ils se livrent à une sorte d’estime de soi ridicule, se faisant des illusions (ou peut-être faudrait-il dire en faisant semblant d’en avoir) sur le fait que leur système de nouvelles et d’information est le plus avancé au monde. Et, certains radicaux occidentaux ont militarisé le concept de la liberté de la presse dans le but de brouiller l’eau et ainsi atteindre leurs objectifs géopolitiques. Ces soi-disant élites politiques et médiatiques occidentales sont, en fait, très superficielles et égoïstes.

En concluant qu’actuellement les Chinois profitent de leurs cinq jours de vacances du 1er mai, se prélassant dans une prospérité et une liberté sans précédent. Mais, un certain nombre de médias occidentaux continuent chaque jour à pinailler la Chine, refusant d’admettre les inconvénients et les problèmes systémiques de l’Occident en utilisant la Chine comme miroir. Ainsi, nous pouvons voir à quel point le système occidental de l’information est en décomposition.

De notre côté, nous ne pouvons que rajouter que si les caractéristiques données par le rédacteur en chef de Global Times sont très justes, il convient d’insister encore une fois que les outils de promotion des intérêts géopolitiques et géoéconomiques de l’establishment occidental, allant jusqu’à justifier sans le moindre remord des agressions ayant emporté des centaines de milliers de vies humaines à divers endroits du monde, ne sont pas simplement le fruit d’illusions sur leur prétendu exceptionnalisme, mais bel et bien un choix pleinement assumé de ces crimes. Et la perte évidente d’influence de ces médias maintrimois au niveau mondial n’est que leur résultat de cette complicité dans le cadre des crimes commis à l’échelle planétaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2691

https://t.me/observateur_continental/1116