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Aux faux-partenaires – des réponses fermes

En l’absence de respect des engagements de la part de l’Occident, la Russie sera certainement amenée à prendre toutes les mesures nécessaires, et ce aussi bien dans le cadre national qu’en coordination avec ses alliés, pour assurer sa propre sécurité, ainsi que dans le cadre de la défense de l’ordre international multipolaire.

Les pays occidentaux doivent immédiatement donner à Moscou des garanties de sécurité et c’est de cela dont dépendra l’évolution future de la situation sur la scène internationale. C’est ce qu’a déclaré le président russe Vladimir Poutine lors de sa grande conférence de presse annuelle.

Le dirigeant russe a déclaré que ce n’est pas le cours des négociations sur cette question qui importe pour Moscou, mais le résultat: «Vous exigez de moi des garanties, mais c’est à vous de nous les donner, immédiatement, maintenant», a-t-il souligné en répondant à une question d’une journaliste britannique.

Durant ladite conférence de presse, Vladimir Poutine a rappelé également comment l’Otan a menti à l’URSS dans les années 1990 quant au non-élargissement de l’alliance atlantiste vers l’Est, et que depuis cinq vagues d’élargissement de l’Otan avaient eu lieu. A ce sujet, le dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev avait maintes fois déclaré avoir reçu des promesses fermes quant au fait que l’Otan respecterait ses engagements sur la question du non-élargissement.

Evidemment, le dernier leader de l’URSS porte une part de responsabilité indiscutable quant au fait d’avoir fait confiance à l’Occident sans prendre en retour des engagements écrits des dirigeants otanesques. Mais il n’empêche que cela n’enlève rien au fait que de quelconques promesses, et souvent même sur le papier, données par l’establishment occidental – ne signifient absolument rien dans les faits et gestes. Les dossiers internationaux qui confirment cette vérité ne manquent aucunement. Les plus récents étant la Libye de Mouammar Kadhafi, l’Ukraine avec le soutien au coup d’Etat armé du Maïdan (suite justement aux garanties occidentales données au président ukrainien Ianoukovitch), sans oublier le dossier du nucléaire iranien.

Dans ce dernier dossier l’hypocrisie occidentale est une fois de plus parfaitement à découvert: nous violons l’accord mais on hurle haut et fort que c’est aujourd’hui l’Iran qui en serait le «violateur»…. Tellement typique de la part de ceux qui continuent de prétendre à être «exceptionnels» et à représenter la prétendue communauté internationale – en étant une extrême minorité planétaire, comme l’a d’ailleurs si bien souligné récemment Wang Wenbin, le porte-parole chinois des Affaires étrangères, en appelant par ailleurs à mettre fin à cette arrogance extrême occidentale.

Ceci étant dit et en passant maintenant aux perspectives, si bien même que l’Occident politique allait donner des garanties – connaissant la particularité de l’establishment atlantiste et la mentalité qui en ressort, il serait certainement erroné de pouvoir penser que les mêmes personnages respecteront leurs engagements, comme ils l’ont déjà si fortement démontré au cours des années 1990 et même par la suite.

Ce qui enrage aujourd’hui particulièrement l’establishment occidental, c’est qu’au-delà de devoir faire face à une chute d’influence à l’international sans précédent dans le cadre de l’ère multipolaire, il doit d’autant plus vivre avec l’intransigeance de Moscou, Pékin et Téhéran, entre autres. Les faux sourires hypocrites n’impressionnent pas, tout comme les fausses déclarations de vouloir bâtir des relations prévisibles.

Dans la situation internationale actuelle, y compris celle qui concerne la sécurité des frontières russes et eurasiennes, il est à penser que face à l’élargissement otanesque et une proximité immédiate des troupes US, la meilleure réponse qui puisse être reste une présence militaire efficace près des frontières étasuniennes.

Evidemment, cela ne doit aucunement faire diminuer les mesures de dissuasion en Europe, où l’UE applique de-facto à la lettre les prérogatives washingtoniennes, mais il demeure particulièrement important de faire désormais ressentir la présence armée des principaux adversaires à l’axe des nostalgiques de l’unipolarité – directement aux frontières US.

Evidemment, certains «bien-pensants» et faux pacifistes, les mêmes qui d’ailleurs n’avaient exprimé aucun regret suite aux destructions de l’Irak, de la Libye et de nombre d’autres pays, crieront que cela ne fera qu’attiser un niveau supplémentaire de tensions internationales. La réalité est pourtant autre: le champion indiscutable du chaos international réfléchira au contraire plus de trois fois avant de pouvoir engager ses sous-traitants vers de quelconques actions dangereuses.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Donnant-donnant: la Russie se retire du traité Ciel ouvert

Après le retrait unilatéral des Etats-Unis du traité international Ciel ouvert, la Russie a à son tour annoncé le 15 janvier dernier sa décision de se retirer dudit accord. Une réaction attendue et comprise par les alliés de Moscou. Une chose est néanmoins certaine – le niveau de confiance entre la Russie et l’Occident est au point mort.

Les Etats-Unis ont officiellement quitté le traité international Ciel ouvert le 22 novembre 2020, sous l’administration Trump. Ledit traité, signé par 35 Etats et entré en vigueur en janvier 2002, avait mis en place un programme de vols de surveillance non armés sur la totalité du territoire des Etats signataires – visant ainsi à renforcer la compréhension et la confiance mutuelle entre ses participants, notamment dans le cadre de la collecte d’informations au sujet des forces militaires et des activités qui y sont liées.

Signé initialement dans la capitale finlandaise Helsinki le 24 mars 1992 – à une époque où nombreux se trouvaient encore dans l’euphorie d’une prétendue fin de la guerre froide et d’autres avaient l’espoir d’une nouvelle page relationnelle entre l’Occident et la Russie. Cet optimisme fut évidemment rapidement dissipé lorsqu’en lieu et place d’un dialogue honnête, l’Occident politique – USA à sa tête – avait commencé les atrocités liées au concept unipolaire du nouvel ordre mondial. Plusieurs pays souverains en paieront les frais. Parmi les premières fut la Yougoslavie.

L’Otan quant à elle, ayant pourtant donné des promesses non-réalisées au dernier président soviétique Mikhaïl Gorbatchev, notamment de ne pas aller à l’élargissement vers l’Est – fera tout le contraire – pour se retrouver un jour tout simplement aux portes des frontières russes. Evidemment et tant qu’en Russie se trouvait en place un pouvoir libéral pro-occidental, cela paraissait «bon enfant». Après tout pourquoi y voir un quelconque danger? Mais il a suffi que la Russie reprenne sa place au sein du concert des nations pour que cette présence devienne la source de multiples provocations. Et que l’implantation otanesque le long des frontières russes prenne une forme bien moins «amicale».

Les événements observés au cours des vingt dernières années ont confirmé une réalité simple : le monde avait indéniablement besoin de contrepoids. Dans le but de pouvoir bloquer lorsque cela est nécessaire les appétits néocoloniaux d’une minorité à l’échelle planétaire. Avec comme résultat une animosité sans précédent à l’heure actuelle, entre les Etats partisans du concept multipolaire du monde – devenu réalité, d’un côté, et les nostalgiques de l’unipolarité révolue de l’autre.

Mais malgré la nouvelle phase des tensions sans précédent entre l’Occident politique et la Russie, que nombre d’analystes appellent la Guerre froide 2.0, Moscou continuait à maintenir ses engagements dans le cadre des accords signés. Notamment celui du traité Ciel ouvert.

Plus que cela, après le retrait unilatéral de Washington du traité, ce dernier espérant faire de Moscou le dindon de la farce, les autorités russes avaient maintenu un dialogue sur le sujet avec les partenaires européens, également signataires et alliés des USA dans le cadre otanesque. Espérant obtenir des garanties sur la non-transmission des informations de la part des élites européennes – en vain. Pour autant, il serait fortement naïf que de croire que les Européens n’auraient pas partagé les informations recueillies sur la Russie avec leur maitre étasunien, d’autant plus que selon nombre de sources Washington aurait déjà mis en place un mécanisme lui permettant de collecter les informations sur la Russie, à travers des vols de reconnaissance effectués par les pays européens signataires du traité et alliés des Etats-Unis.

La Russie a donc pris ses responsabilités relatives à sa sécurité en annonçant à son tour les procédures de retrait du traité Ciel ouvert. C’est d’ailleurs ce qu’a rappelé le 27 janvier dernier le porte-parole du président russe Dmitri Peskov: «Le président Poutine avait souligné qu’après la décision de retrait des Etats-Unis du traité Ciel ouvert, la Russie continuait à chercher des moyens, une opportunité pour rester dans cet accord. Cependant, ces recherches n’ont donné aucun résultat et les négociations avec les Européens n’ont apporté aucun résultat positif. A partir de cela, la Russie a pris sa décision».

En d’autres termes – la Russie ne pourra plus réaliser de vols de surveillance coordonnés dans le cadre dudit traité au-dessus des USA, ni des pays européens signataires. Le fait est que ni Washington, ni ses alliés européens, ne pourront faire de même vis-à-vis de la Russie. Logique simple et réponse adéquate. Si certains pensaient que mettant à profit des sous-traitants, le résultat espéré pouvait être maintenu, ils se sont vraisemblablement trompés de calculs.

Du côté de la Chine, la décision russe a été soutenue. Ainsi, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hua Chunying, a noté que le retrait de la Russie du traité Ciel ouvert était inévitable en raison de la position étasunienne sur cette question.

En conclusion, Washington, une fois de plus dans un style de poker raté n’a pas eu gain de cause. Mais en parlant du dindon de la farce, ne serait-ce pas la caractéristique, une fois de plus, des élites européistes? A force de vouloir appliquer les prérogatives washingtoniennes, dans un pur rôle de sous-traitants, il est logique de se retrouver en qualité de perdants d’une stratégie qu’ils ne maitrisent simplement pas. Et sur laquelle ils n’ont aucune influence, si ce n’est que d’en faire l’application.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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