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Un contingent eurasien en Syrie?

Damas

Dans le monde multipolaire qui se dessine pour le XXIe siècle, l’Eurasie fera entendre sa voix. Le projet de faire intervenir des contingents kazakhs et kirghiz dans le cadre d’une mission de maintien de la paix en Syrie va dans ce sens. S’il se concrétise, ce projet prouvera que le monde se passe très bien de l’occident pour régler ses conflits.

La Russie aurait suggéré d’envoyer des contingents kazakhs et kirghizs en Syrie.

Une proposition qui s’inscrit dans le cadre de la préparation du nouveau round des pourparlers d’Astana sur la Syrie, qui devrait avoir lieu début juillet. C’est Ibrahim Kalin, porte-parole du président turc, qui a révélé cette proposition, émise lors des échanges préparatoires russo-turcs.

Les troupes kazakh et kirghiz viendraient en appui de celles que la Russie, l’Iran et la Turquie ont prévu lors du précédent round d’Astana d’envoyer dans les zones de désescalade, sous réserve d’un accord de Damas.

Pour le moment, il ne s’agit que d’une proposition qui doit être encore discutée avec toutes les parties intéressées. Si la proposition devait aboutir, ce serait effectivement une mini-révolution. Les autorités du Kirghizistan, dont le président vient de terminer une visite en Russie, ont confirmé que cette idée d’envoyer des militaires en Syrie avait été discutée lors du Conseil permanent de l’OTSC (Organisation du traité de sécurité collective, composée de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, du Kirghizistan, de l’Arménie et du Tadjikistan). Ce pays ex-soviétique d’Asie centrale voit en effet d’un œil favorable cette possible mission du maintien de la paix.

Mettons maintenant cette proposition en perspective et dans son contexte.

Relevons tout d’abord que le Kazakhstan et le Kirghizistan font, de notoriété publique, partie des principaux alliés de la Russie. Les deux nations sont également membres de toutes les organisations dans lesquelles la Russie joue un rôle de premier plan: l’Union économique eurasiatique, l’OTSC, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), la CEI.

D’autre part, ces deux pays turcophones d’ex-URSS ont de bonnes relations avec la Turquie, un des trois pays garants du processus d’Astana, avec la Russie et l’Iran. Avec ce dernier, les relations sont également cordiales. Enfin, et c’est tout aussi important, les deux États soutiennent l’approche multipolaire des relations internationales et le respect de la souveraineté des nations, ce qui signifie que le gouvernement syrien ne sera certainement pas opposé à voir des troupes kazakhs et kirghiz sur son territoire.

Enfin, les Kazakhs comme les Kirghizes sont majoritairement musulmans sunnites, à l’instar de la majorité de la population syrienne. Ce qui est indéniablement un facteur positif, comme le démontre l’accueil très favorable que la population locale a réservé à la police militaire russe en Syrie, composée majoritairement de Russes-Tchétchènes sunnites, et qui assure notamment la sécurité dans la ville d’Alep.

L’idée est donc excellente. Surtout qu’elle renforcera dans les faits la notion d’Eurasisme. L’Eurasie est amplement capable de résoudre les principaux conflits régionaux et internationaux sans la participation de ceux qui «pensent» toujours qu’ils sont irremplaçables… suivez mon regard.

Nous restons évidemment prudents en attendant que cette initiative se concrétise, mais si tel était le cas, elle serait sans aucun doute à saluer. Au moment où l’armée gouvernementale syrienne et ses alliés sont en train de venir à bout des terroristes sur le sol syrien, provoquant une hystérie totale des Américains et de leurs alliés, qui comprennent que le chaos en Syrie touche à sa fin et que leurs objectifs géopolitiques ne seront pas atteints, nous devons dès à présent anticiper le retour effectif à la paix et la reconstruction du pays. En ce sens, la solidarité de la famille eurasienne est plus qu’une nécessité.

Que les atlantistes notent bien que nous sommes en 2017, pas en 1992, et qu’il est possible de régler les principales questions internationales sans la participation des élites atlantistes.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201706231031959072-conflits-kazakhs-kirghizs-syrie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Organisation de coopération de Shanghai: élargissement confirmé

Le Sommet des chefs d'États de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS)

La multipolarité est un processus complexe. Complexe, ne serait-ce que pour la raison d’une vive opposition à la nouvelle réalité de la part des nostalgiques du système unipolaire des relations internationales, ayant suivi la chute de l’URSS. Néanmoins, rien ne semble pouvoir arrêter ce train multipolaire.

Astana, qui reçoit déjà les négociations sur la Syrie, accueille en ce moment le Sommet des chefs d’États de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Fait majeur de ce sommet de deux jours: l’entrée officielle de deux nouveaux membres, à savoir l’Inde et le Pakistan en tant que membres désormais à part entière de l’organisation. Pour rappel, l’OCS a été lancée en 2001 par six pays: la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizistan et l’Ouzbékistan (cinq pays d’ex-URSS et l’Empire du Milieu).

En outre, l’organisation compte quatre membres-observateurs: l’Iran, la Biélorussie, l’Afghanistan et la Mongolie. Et six États partenaires de discussion: l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Turquie, le Cambodge, le Népal et le Sri Lanka.

Et depuis que deux nouveaux poids lourds que sont l’Inde et le Pakistan se sont joints aux six pays-fondateurs, l’OCS représentera désormais une union de plus de trois milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale. Par ailleurs, les États-membres de l’OCS s’étendent sur près de 23% des terres immergées et produisent environ un quart du PIB mondial.

Un accent important est mis sur la sécurité collective et la lutte antiterroriste dans l’agenda de travail des pays-membres. En ce sens, un autre fait majeur devrait avoir lieu dans un avenir proche: l’Iran devrait passer du statut d’observateur à membre de plein droit. Une initiative largement soutenue par la Russie. En effet et depuis les récents attentats terroristes ayant visé la capitale iranienne Téhéran, il va de soi qu’une interaction encore plus importante dans le domaine sécuritaire doit avoir lieu. D’autant plus que certains pays ne cachent pas leur haine ouverte envers l’État iranien, notamment les États-Unis, l’Arabie saoudite et bien sûr Israël.

Autre fait intéressant et dont il faut tenir compte: l’OCS, à l’instar de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC, formée par la Russie, l’Arménie, le Kazakhstan, la Biélorussie, le Kirghizistan et le Tadjikistan) est clairement vu comme un adversaire de l’Otan du point de vue des capacités militaires et des visions stratégiques. En effet et au-delà de l’aspect militaire, il y a aussi autre chose qui les sépare. L’OCS est partisan d’un système multipolaire du monde, tandis que l’Otan continue de défendre corps et âme l’unipolarité bâtie à la chute de l’URSS, aujourd’hui révolue.

Et si dans l’Otan les États-Unis jouent clairement le rôle du premier violon (et du chef d’orchestre par la même occasion), au niveau de l’OCS on observe une structure beaucoup plus égalitaire, même si la Russie et la Chine se démarquent par leurs puissances par rapport aux autres membres. Last but not least, si dans l’Otan les divergences des pays membres s’accentuent clairement à l’heure actuelle, notamment entre la Turquie et les pays occidentaux, l’OCS peut au contraire être vue comme une plateforme à succès des consensus. Les divergences existantes entre l’Inde et le Pakistan ne les ont pas empêchés de rejoindre simultanément l’organisation et avant cela dans une moindre mesure les quelques désaccords sino-indiens n’ont aucunement stoppé l’intégration de l’Inde. C’est d’ailleurs aussi ce qui caractérise cette idée même du concept multipolaire: chercher et trouver des consensus. À condition évidemment de le souhaiter vraiment. Dans le cas de l’Otan, lorsque le schéma était dès le départ bâti sur d’autres « valeurs », c’est logiquement beaucoup plus compliqué. Et donc, à un moment ou à un autre, il faut s’attendre à ce qu’un pays désireux de prendre en main sa souveraineté et ses intérêts nationaux finisse par claquer la porte.

Une chose est sûre. L’OCS a de beaux jours devant elle. Et maintenant que l’Inde et le Pakistan font eux aussi partie intégrante de l’organisation, le travail peut commencer pour une intégration de plein droit de l’Iran. L’OCS n’en sortira que renforcée et avec elle tous les partisans de la multipolarité.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201706091031767341-ocs-elargissement/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Quand la diplomatie occidentale se plaint de l’isolement

globe

Le monde multipolaire est ouvert à tous. Cela a été rappelé maintes fois par ses partisans. Néanmoins, plus les supporters de l’ordre unipolaire dépassé refuseront la réalité, plus ils finiront par se plaindre de se retrouver isolés des principales décisions internationales.

Voici un tout récent communiqué de la diplomatie allemande  : «  Le fait que la Russie, l’Iran et la Turquie coordonnent leurs activités, notamment dans le cadre des pourparlers d’Astana, sans inviter l’Europe, la coalition internationale anti-Daech et les États-Unis, ne peut que provoquer notre inquiétude. Selon nous, c’est seulement en joignant nos efforts que l’on peut arriver à une solution dans la crise syrienne.  »

Vraiment  ? Le leadership occidental, en l’occurrence ici ouest-européen, commence-t-il à se plaindre d’isolement  ? Les mêmes qui aiment tellement menacer les nations non-obéissantes de se retrouver «  isolées  »  ? Une chose est néanmoins certaine  : ce communiqué confirme la justesse de l’approche d’Astana. En effet, les trois pays cités plus haut, ainsi que la Syrie (puisque c’est d’elle qu’il s’agit en premier lieu), sans oublier le Kazakhstan, qui a fourni ladite plateforme de travail, ont prouvé en quelques mois qu’il était possible d’obtenir des résultats tout à fait encourageants, sans pour autant inviter les élites occidentales, si ce n’est en tant qu’observateurs.

La preuve saute aux yeux  : en quelques mois de pourparlers à Astana, certes difficiles, les résultats obtenus sont bien meilleurs que ceux de Genève et d’autres plateformes montées par l’Occident et les pays du Golfe depuis plusieurs années, plateformes où se croisent inlassablement des représentants étasuniens, britanniques, français, saoudiens, qataris, ainsi que leurs «  protégés  syriens  », qui n’ont aucune valeur réelle dans leur propre pays.

La raison  ? Elle est simple. Les élites occidentales et du Golfe n’ont pas autre objectif que de tenter par tous les moyens de faire tomber les autorités légitimes de Syrie, ou à défaut de réussir la première option, de maintenir et de faire perdurer le chaos. C’est tout.

C’est pourquoi la plateforme d’Astana doit certainement poursuivre son travail dans le format choisi initialement  : délégation gouvernementale syrienne, représentants des groupes armés soutenus par la Turquie, les pays-garants (Russie, Iran, Turquie), et bien évidemment le Kazakhstan en tant que pays hôte. Le fait d’avoir permis aux représentants étasuniens et jordaniens d’assister aux pourparlers en tant qu’observateurs est sans aucun doute un beau geste. L’Égypte est également mentionnée en tant que grande puissance du monde arabe. Mais afin d’éviter justement de plonger Astana dans le même chaos que les plateformes des pseudo — «  amis de la Syrie  », il faut certainement s’en tenir à ce qu’on a déjà.

Pour autant, la Russie tout comme l’Iran, a bien indiqué que la porte restait ouverte, à condition évidemment de contribuer à des approches cohérentes en vue de stabiliser la situation et pouvoir contribuer à un retour progressif de la paix en territoire syrien. Les élites occidentales et certains de leurs amis du Golfe ont en-ils été capables jusqu’à maintenant  ? Réponse  : non. Aucune raison donc d’élargir le format. Certains diront que la Turquie, l’un des pays garants des accords d’Astana, joue également un jeu trouble. C’est en partie vrai. Mais la Turquie se rapproche de la Russie et elle comprend enfin que tant que la crise perdurera en Syrie, cela touchera directement sa sécurité. En conséquence, Ankara finit par jouer un rôle réellement plus positif que dans le passé, tout en gardant, malheureusement, encore une approche anti-Assad.

Quoi qu’il en soit, la toute récente rencontre des experts russes, iraniens et turcs à Téhéran en vue de préparer la prochaine rencontre d’Astana au mois de mai a été selon les diplomates des trois pays fortement positive. Le travail doit donc se poursuivre dans ce cadre, tout en continuant évidemment la lutte anti-terroriste. Quant aux élites occidentales qui se sentent «  rejetées  », la seule solution aurait été de se ressaisir, en reconnaissant la multipolarité comme faisant désormais partie intégrante des relations internationales. Mais les connaissant, ils auront encore besoin de temps. Peut-être même de beaucoup de temps. Au risque de finir réellement isolés et d’accepter réalité du moment lorsqu’il sera déjà un peu tard.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201704211031011888-diplomatie-isolement/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sommet de Kazan, prochain point d’orgue des relations Russie-Monde musulman

Kazan

La Russie entretient des liens privilégiés avec le monde musulman, une situation due aussi bien aux relations harmonieuses entre chrétiens et musulmans dans le pays qu’aux rapports équilibrés que Moscou entretient avec nombre de pays à majorité musulmane.

Un état de fait qui devrait se traduire lors du prochain sommet Russie-Monde musulman de Kazan.

La superbe ville de Kazan, capitale de la République du Tatarstan et troisième capitale officielle de Russie (après Moscou et Saint-Pétersbourg), accueillera du 18 au 21 mai prochain un important sommet économique international: « Russie-Monde musulman ». Plus de 2 000 visiteurs venant de 50 pays y sont attendus.

Le sommet est organisé avec le soutien du Conseil de la Fédération de Russie (chambre haute du Parlement russe) et des autorités de la République du Tatarstan. Le but dudit sommet est de renforcer les liens économico-commerciaux, scientifico-techniques et culturels entre la Russie et les pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI). Plus de 1 500 personnes ont participé au sommet de 2016: des représentants de l’élite politique, économique, diplomatique, scientifique de 51 pays du monde musulman.

Cette année, plusieurs représentants gouvernementaux ont confirmé leur participation, notamment de Turquie, de Tunisie ou encore des Émirats arabes unis. La classe politique russe sera également bien représentée à ce sommet. Qu’est-ce qui les attire tous à ce sommet?

Rappelons tout d’abord que la Russie, bien qu’étant un pays majoritairement chrétien, est aussi le pays d’un grand nombre de musulmans — des citoyens russes à part entière. Sur une population totale d’un peu plus de 146 millions d’habitants, 14,5 millions se revendiquent de l’islam, soit 10 % de la population totale. Soulignons que nous parlons bien de citoyens russes musulmans et non de migrants en provenance de pays à majorité musulmane, lesquels sont par ailleurs nombreux, notamment en provenance des anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale.

L’expérience russe est effectivement unique en ce sens, car chrétiens et musulmans russes vivent en harmonie depuis de longs siècles. Et malgré les défis liés au terrorisme et à l’extrémisme religieux que traverse aujourd’hui le monde — Russie y compris —, c’est un fait reconnu qu’en Russie il n’y a pas de tensions majeures entre les représentants des différentes confessions religieuses. Au contraire, l’écrasante majorité des musulmans de Russie, qu’ils soient Tatars, Tchétchènes, Ingouches, Bachkirs ou autres, revendiquent haut et fort leur appartenance à l’État russe, et leurs sentiments patriotiques n’ont rien à envier à ceux des autres citoyens du pays.

Une expérience caractéristique de la Russie et de certains pays d’ex-URSS, notamment d’Asie centrale à majorité musulmane, qui a perduré depuis la période impériale jusqu’à ce jour. Elle a également permis de bâtir une relation de confiance avec plusieurs États musulmans non issus de l’Empire russe ou de l’ex-URSS, qu’il s’agisse de l’Iran, de la Turquie ou de plusieurs États dans le monde arabe.

Si les relations russo-iraniennes datent de plusieurs siècles, évoquons l’alliance avec la Syrie, vieille de plusieurs décennies ou les relations avec l’Égypte, le principal partenaire économico-commercial de la Russie dans le monde arabe. Moscou entretient par ailleurs des relations suivies avec les pays du Maghreb — Algérie, Maroc et Tunisie — et cultive un partenariat stratégique avec la Turquie, dont la population fait majoritairement plus confiance à la Russie qu’à « l’allié » étasunien, à en croire un récent sondage Gallup. Une confiance qui fait fi des nombreuses guerres russo-turques dans l’histoire et de l’appartenance d’Ankara à l’OTAN, une organisation à priori anti-russe, ou encore malgré plusieurs désaccords évidents, toujours d’actualité, notamment sur la situation en Syrie.

Et c’est loin d’être une exception. Une chose saute aux yeux: les populations musulmanes, notamment arabes, font généralement bien plus confiance à la Russie qu’à l’Occident, ce qui n’est pas forcément le cas de leurs élites politiques. Et d’après certains de mes collègues, russes et étrangers, vivant et travaillant dans certains pays arabes dont les leaders sont des alliés déclarés des États-Unis et du bloc occidental, les sentiments de la population sont bien souvent à l’opposé. C’est un signe avant-coureur.

Est-ce si étonnant? Pas tant que cela. Car malgré toute la propagande russophobe propagée par le mainstream, les populations en question ont maintes fois pu analyser qui avaient le plus de respect envers leurs souverainetés nationales, mais aussi envers la souveraineté sur leurs ressources. Et dans ces deux cas, pas besoin d’être un expert en géopolitique ou en géoéconomie pour y voir clair.

Une chose est certaine. La présence américaine, et plus globalement occidentale, est de plus en plus contestée dans le monde musulman, notamment au Proche et au Moyen-Orient. La vive inquiétude et même l’hystérie qui caractérisent aujourd’hui les élites politiques, financières et médiatiques occidentales sont entre autres dues à cela. Elles savent que plus le temps passe et plus de pays, y compris leurs proches « alliés », leur montreront la porte. C’est une question de temps. D’ici là, la Russie ne se presse pas. Elle attend. Tout en défendant avec ardeur ses alliés et ses partenaires stratégiques, de même que ses intérêts — chaque pays en possède. Le tout dans un cadre une fois encore multipolaire.

Et c’est pourquoi le Sommet Russie-Monde musulman 2017 de Kazan sera sans aucun doute un succès, peut-être sans précédent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201704181030958268-kazan-sommet-relations/

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’axe Moscou-Damas-Téhéran ne cèdera pas

Le Kremlin de Moscou

Une rencontre vient d’avoir lieu à Moscou entre les chefs des diplomaties russe, syrienne et iranienne. Les positions communes exprimées ont été sans équivoque. L’axe syro-irano-russe poursuivra la lutte conjointe contre le terrorisme.

Le message de la rencontre a été en effet bien clair : la Russie, la Syrie et l’Iran restent unis dans leurs positions sur la résolution de la crise syrienne. Le timing lui aussi a certainement été bien choisi : au moment où sur le front syrien se déroule la bataille décisive d’Alep, considérée comme le Stalingrad syrien, afin de faire libérer les derniers retranchements des terroristes dans cette deuxième ville de Syrie, et sur le front irakien la bataille de Mossoul.

Walid Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés a déclaré durant la conférence de presse conjointe à l’issue de la rencontre avec ses collègues que « la Syrie est convaincue de la sincérité de l’orientation russe et iranienne dans le soutien pour l’éradication du terrorisme ». Il a en outre ajouté que « ceux qui avaient conspiré contre la Syrie depuis cinq ans sont les mêmes qui mènent actuellement la campagne de propagande aussi bien contre l’Etat syrien que russe ». Mais que malgré cette propagande qui atteint aujourd’hui le summum, « elle ne nous obligera point à ne pas poursuivre la lutte contre le terrorisme ». M. Mouallem a fait savoir que la Syrie, qui insiste sur la libération de ses territoires du terrorisme, apprécie les efforts déployés par la Russie et l’Iran, soulignant que la coordination entre les trois pays se poursuit d’une manière quasi-quotidienne, car les objectifs sont communs. Enfin il a transmis au président Vladimir Poutine ainsi qu’au peuple russe les remerciements du président Bachar al-Assad, du gouvernement et du peuple de Syrie pour leur contribution efficace à la lutte contre le terrorisme.

De son côté le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a insisté sur le fait que la crise en Syrie doit être résolue par la voie politique et la poursuite de la lutte contre les groupes terroristes. Il a par ailleurs regretté l’insistance de certains pays à faire poursuivre la guerre en Syrie. On comprend à ce titre qui est visé, aussi bien les acteurs régionaux qu’extrarégionaux. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné « l’importance des contacts entre Moscou et Damas pour garantir l’exécution ferme des résolutions onusiennes relatives à la crise syrienne. Il a assuré que la Russie continuera de déployer tous les efforts nécessaires afin de soutenir le peuple syrien dans sa lutte contre le terrorisme et le retour à la vie normale de la population. A ce titre et en plus des mesures de lutte commune contre le terrorisme et le soutien humanitaire, il a été question des mesures économiques qui viseront à permettre la reconstruction de l’infrastructure du pays. On se souvient d’ailleurs que les pays BRICS comptent prendre une part très active dans cette mission, comme cela a été confirmé lors du récent sommet de l’alliance à Goa, en Inde.

Enfin et pour un peu résumer cette rencontre moscovite entre les représentants russe, syrien et iranien, il serait bon de reprendre une citation de Sergueï Lavrov qui a été plus qu’explicite : « Nous sommes déterminés à achever les terroristes. Si les partenaires occidentaux sont engagés uniquement au niveau des paroles, à notre niveau nous sommes déterminés à le faire dans la pratique », fin de la citation.

Comme quoi, l’axe Moscou-Damas-Téhéran ne compte aucunement céder, ni reculer. Un axe d’ailleurs auquel on peut certainement ajouter aussi Pékin, qui bien que n’ayant pas pris part directement dans la lutte antiterroriste en Syrie, a néanmoins toujours poursuivi son soutien aux autorités syriennes au niveau diplomatique, y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU en coordination avec la Russie. Sans oublier le fait que la Chine compte désormais prendre part à la formation des militaires de l’armée syrienne et aussi participer à la reconstruction du pays.

Evidemment cette alliance multipolaire a encore bon nombre de défis devant elle, aussi bien en Syrie qu’ailleurs, en sachant que ceux qui rêvent encore de nous faire revenir à l’ère unipolaire ne comptent pas (encore) totalement reculer et utilisent toujours les mêmes méthodes de déstabilisation en semant le chaos partout où cela leur est possible. Et c’est aussi pour cette raison que les alliés de la Syrie poursuivront activement les efforts afin d’éliminer le terrorisme du sol syrien et remporter ensemble une victoire qu’une très large partie de l’humanité attend. Avec la victoire tant attendue et tant nécessaire en Syrie, le monde ne sera jamais plus comme avant. Et cela, les ennemis du monde multipolaire seront forcés d’accepter.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610311028455217-moscou-damas-teheran-lutte-conjointe-terrorisme/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Entretien exclusif avec Dr. Joseph Butore, Deuxième Vice-Président du Burundi

Entretien avec Dr. Joseph Butore, Deuxième Vice-Président du Burundi

Nous avons aujourd’hui le plaisir de nous entretenir en exclusivité avec Dr. Joseph Butore, Deuxième Vice-Président de la République du Burundi.

Russophone et russophile, il a été formé en Russie, plus précisément à Moscou et Kazan où il a respectivement décroché les diplômes de Baccalauréat en Sciences Agricoles et Docteur-Vétérinaire, et le diplôme de Doctorat en Sciences Vétérinaires (PhD). Avant sa nomination au poste de Deuxième Vice-Président, il a siégé à l’Assemblée Nationale du Burundi comme député élu et a été ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique du Burundi. Depuis juillet 2004, il fait partie du corps enseignant de l’Université du Burundi (Faculté d’Agronomie et de Bio-Ingénierie) et a dirigé l’Institut Supérieur d’Agriculture (ISA) en qualité de doyen entre 2006 et 2010, avant d’être élu comme député.

Sputnik : Vous venez d’assister au Forum Economique International de Saint-Pétersbourg. Vos impressions?

Dr. Joseph Butore: Nos impressions? Très positives sur tous les aspects. D’abord, nous remercions le Comité d’organisation du forum et le gouvernement russe pour l’invitation, l’accueil chaleureux et l’hospitalité qu’ils ont réservés à notre délégation et à nous-mêmes. Le professionnalisme dont ils ont fait preuve pendant l’organisation et le déroulement de cet événement a prouvé leur expérience dans la gestion de grands événements à l’échelle mondiale.
Et puis, à voir les milliers de décideurs, de chefs d’entreprises et d’opérateurs économiques venus de tous les horizons, qui étaient à St. Petersburg, l’engouement avec lequel ils participaient aux débats, c’était une grande réussite! On a constaté que le monde a finalement compris qu’il est contre-productif d’imposer injustement des sanctions « à des pays et des travailleurs qui veulent réellement travailler ».

Sputnik: La Russie et le Burundi connaissent un rapprochement important à l’heure actuelle et ce dans différents domaines de partenariat. Avez-vous eu l’occasion de renforcer ces liens durant le forum de Saint-Pétersbourg?

 

Dr. Joseph Butore : Bien sûr que oui! En marge de l’agenda du Forum, notre délégation a été très active dans plusieurs autres contacts bilatéraux. Personnellement nous avons eu des rencontres fructueuses avec le Vice-Ministre des Affaires Etrangères de la Fédération de Russie et Conseiller Spécial du Président Poutine pour l’Afrique, le Président de la République du Crimée et le Vice-Premier Ministre de la République de Mordovie en charge des questions industrielles. Toutes ces rencontres n’avaient d’autres visées que de renforcer les relations d’amitié et de coopération entre le Burundi et la Fédération de Russie en général, et plus particulièrement la coopération économique entre le Burundi et les régions/républiques de la Fédération de Russie.

Quelques résultats concrets ont même été obtenus. Le Gouverneur de la Banque de la République du Burundi (BRB) et le Vice-Président de Gazprom Bank ont signé un Mémorandum d’Entente pour l’ouverture d’un compte de la BRB dans cette banque, en vue de faciliter les investissements directs étrangers de la Fédération de Russie au Burundi. Les Directeurs Généraux de l’Office du Thé du Burundi (OTB) et de l’Agence de Régulation de la Filière Café (ARFIC) ont eu un contact très important avec un milliardaire russe qui s’est volontairement engagé à créer un espace de promotion du café et du thé burundais à Moscou, et contribuer à la promotion de la culture et du tourisme au Burundi.

Dans toutes ces rencontres, on a eu l’occasion de présenter la vraie image de notre pays, balayant ainsi l’intoxication et la confusion créées par la campagne de désinformation conduite par les détracteurs de la paix et de la démocratie, qui ne rêvent qu’à un Burundi agonisant pour pouvoir satisfaire leurs intérêts égoïstes.

Voilà brièvement le bilan de la participation du Burundi au 20ème SPIEF.

Sputnik: Lorsque la Russie avait, avec la Chine, soutenu au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU le Burundi dans la défense de sa souveraineté face aux visées occidentales, était-ce une surprise pour vous? Connaissant le fait que jusqu’à maintenant nos relations bilatérales étaient en dessous des potentialités.

Dr. Joseph Butore: Surprise? Pas du tout! D’abord, nos deux pays entretiennent de très bonnes relations diplomatiques depuis un demi-siècle. En plus, les autorités russes l’ont dit et ne cessent de le répéter, et on y croit fort, la Russie n’a jamais été engagée dans des relations hypocrites pour exploiter économiquement les autres pays du monde, en l’occurrence, les pays africains, comme le font les Occidentaux. Il n’était pas donc surprenant de voir un pays ami, dont la voix porte loin, se refuser de soutenir le piétinement de la souveraineté d’un autre pays membre des Nations Unies. Sinon, c’est vrai que l’on a tous besoin d’élargir les domaines de coopération, et on y est déjà; et d’ailleurs la participation à ce forum en est une illustration.

Sputnik: Quelles sont aujourd’hui les attentes du peuple burundais vis-à-vis de la Russie? Comment est perçu notre pays et sa politique depuis Bujumbura?

Dr. Joseph Butore: La position de votre pays sur la question du Burundi au Conseil de Sécurité des Nations Unies a prouvé à suffisance au peuple burundais que la Russie comprend et défend les valeurs démocratiques sans autres formes d’intérêts et sans agenda caché. Aujourd’hui, le peuple burundais salue la bravoure des hommes et femmes courageux, qui n’ont pas cédé aux pressions et harcèlement des puissances impérialistes, et ont dit non à la violation fragrante de sa souveraineté qui ne visait que le changement d’un régime issu de la volonté légitime du peuple.

Alors, maintenant que le Burundi vient d’écrire une nouvelle page de son histoire et redorer son image diplomatique sur la scène internationale, l’heure du succès socioéconomique est arrivée. Encore une fois, le peuple burundais compte beaucoup sur l’appui de ses vrais partenaires dont la Russie. Le Burundi présente plusieurs potentialités, plusieurs domaines qui peuvent intéresser les investisseurs et les investissements russes. Et d’ailleurs, les secteurs comme les TIC, l’Energie, l’Industrie, la Biotechnologie ont été évoqués à St. Petersburg et sont presque vierges dans notre pays.

Sputnik : Ne pensez-vous pas que le temps est venu pour créer un système de coordination russo-africain pour différents domaines d’actions, ne serait-ce qu’avec les pays désireux de renforcer leurs liens avec la Russie? Les autorités burundaises soutiendraient-elles une telle initiative?

Dr. Joseph Butore: Effectivement, le rapprochement économique entre la Russie et l’Afrique qui est entrain de connaitre un autre rythme d’accélération nécessite un mécanisme conjoint qui permettrait de bien coordonner les différentes actions. Souvenons-nous d’ailleurs que les Représentants des pays africains présents au 20ème SPIEF ont déjà émis cette proposition, faisant référence aux fora Chine-Afrique, Inde-Afrique, Turquie-Afrique, etc. Mais en attendant que ce souhait devienne une réalité, le Burundi est déjà déterminé à mettre en place un cadre approprié pour accompagner, mieux suivre et évaluer les projets de coopération économique, secteur public comme secteur privé, entre le Burundi et la Fédération de Russie.

Sputnik: Selon vous le monde multipolaire s’imposera-t-il au final? Et quelle serait alors la place de l’Afrique dans ce monde multipolaire?

Dr. Joseph Butore: Absolument, la géopolitique du moment l’impose ainsi. Aujourd’hui, on a des blocs comme les Etats-Unis d’Amérique et l’Union Européenne qui se font beaucoup parler d’eux-mêmes, il y a des pays comme la Chine, le Japon, la Russie, etc, qui sont écoutés avec attention, mais il y a également d’autres pays comme l’Inde, le Brésil, la Turquie, l’Iran, le Mexique, etc qui émergent et qui commencent à imposer leurs voix dans le concert des nations. Cela prouve à suffisance qu’effectivement, on se dirige vers un monde où une ou deux voix ne comptent plus pour dicter l’humanité entière. Et c’est peut-être le résultat de la mondialisation!
Concernant l’Afrique, c’est un continent avec une croissance économique très encourageante pour ceux qui la considèrent comme une étoile montante, et inquiétante pour ceux qui aimeraient la maintenir dans la mendicité. Hier, on parlait de l’Afrique du Sud, du Nigéria, etc.; aujourd’hui, allez voir comment d’autres pays comme l’Angola, le Kenya, la Tanzanie, etc. décollent; pourquoi pas le Burundi demain?! Bref, c’est pour vous dire que la place de l’Afrique dans ce monde multipolaire est prometteuse. Bien sûr, à condition qu’on soit unis et qu’on travaille beaucoup sur ses propres projets intégrateurs.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201607081026508737-burundi-joseph-butore/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Monde multipolaire contre vents et marées

Conférence de presse du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est exprimé lors d’une conférence de presse mardi et a notamment répondu aux questions des journalistes, russes comme étrangers.

Les thèmes mentionnés étaient variés. Une attention particulière a été évidemment accordée à la Syrie, Sergueï Lavrov n’ayant pas manqué de rappeler que les actions des Forces aérospatiales russes ont permis d’inverser la situation dans le pays. « Suite à cela, le tableau de ce qui se passe dans le pays est devenu beaucoup plus clair, permettant de voir qui lutte contre les djihadistes, qui les soutient et qui essaie de les utiliser pour atteindre ses objectifs unilatéraux et égoïstes ».

En effet, depuis la participation de l’aviation militaire russe dans la campagne antiterroriste en Syrie, tout le monde a pu noter une intensification pratiquement immédiate de la « lutte » côté coalition étasunienne, ou du moins une tentative de montrer des résultats. Car il est vrai qu’après maintenant un an et demi de « campagne anti-terroriste », la coalition occidentalo-golfiste dirigée par les USA est bien loin des résultats de la coalition Syrie-Russie-Iran-Hezbollah (sans oublier l’Irak qui coordonne activement la lutte avec la dernière), obtenus en un temps bien moins important. D’autre part, ce n’est plus Daech qui avance mais bien l’armée syrienne, et ce sur plusieurs axes du territoire de Syrie. Les terroristes sont forcés de reculer. A certains endroits la débandade est telle qu’ils sont forcés d’utiliser les civils comme boucliers humains. D’autre part, et cela est également un résultat direct de la participation russe, les revenus de Daech issus de la vente illicite de pétrole volé ont été divisés par plus de deux, et continuent de diminuer, forçant les extrémistes takfiristes non invités en Syrie à voir fondre leurs propres revenus journaliers. Côte occidental, il n’est plus fait mention d’un départ du président syrien Bachar el-Assad comme condition obligatoire à tout processus politique, ou en tout cas beaucoup moins ardemment.

Lors de la conférence il a été également fait mention de la Corée du Nord, des relations de la Russie avec la Chine, la Turquie, la Bulgarie, la Grande-Bretagne et les USA (et plus globalement avec l’Occident), le Japon et la liste n’est pas exhaustive… Les journalistes internationaux voulaient avoir l’avis du chef de la diplomatie russe sur pratiquement toutes les questions de l’actualité internationale, ou du moins liées aux relations bilatérales de leurs pays avec la Russie. Assez étonnant pour une « puissance régionale », notion que certains tentent encore d’utiliser lorsqu’ils font mention de la Russie. Non… La Russie est bien une puissance globale et personne ne pourra désormais dire le contraire. En parlant des relations avec l’Occident, le ministre Lavrov a souligné un point fort important: la Russie est ouverte aux relations d’égal à égal avec le monde entier, dont bien sûr les pays occidentaux, mais la Russie ne va pas dépendre des caprices de l’Occident… 

En parlant de caprices, il fallait voir et entendre la question de la correspondante du quotidien espagnol El Pais, qui n’a pas manqué d’humour (bien qu’étant vraisemblablement stressée par la tournure de la conférence) en demandant au ministre russe quand la Russie rendrait la Crimée à l’Ukraine… Sergueï Lavrov, dans le style qui lui est propre, n’est pas lui aussi passé aux émotions, se contentant juste de rappeler que la Crimée fait partie intégrante de la Fédération de Russie à tous les niveaux et que pour s’en rendre compte il faudrait y faire tour, comme l’ont d’ailleurs fait et font plusieurs hommes politiques européens. On peut bien sûr comprendre le ton hautain néocolonial de certains représentants de l’Espagne, pays qui possède jusqu’à aujourd’hui des colonies sur le continent africain, plus précisément en terre marocaine: Ceuta et Melilla (sans oublier les Iles Canaries) et le stress subi par Madrid à l’idée de perdre à terme la Catalogne, le poumon économique du pays, mais faut-il quand même garder un minimum de sérieux. Probablement difficile lorsqu’on a encore des tendances coloniales.

Marie-Christine Dalloz
© AFP 2016 JACQUES DEMARTHON
En tout cas, pour revenir au thème du monde multipolaire dont Sergueï Lavrov a fait également mention aujourd’hui encore, est qu’il est bien une réalité malgré les défis qui lui sont lancés par les restes de l’unipolarité. Nous nous trouvons effectivement dans une période de transition, lorsque les partisans du monde unipolaire et néocolonial veulent à tout prix mettre des obstacles au monde multipolaire, récemment devenu réalité et soutenu par la majorité de l’humanité. 

Et à ce sujet, j’aimerai partager une réflexion personnelle du jour:

Le monde multipolaire c’est un peu comme une course de 100 mètres. On peut la courir avec ou sans haies.

Supposons que le monde multipolaire c’est nous (tous ses partisans), le coureur. Quant aux haies, ce sont les obstacles que les élites occidentales placent sur notre chemin.

Mais du moment que le coureur est un bon professionnel et qu’il sait ce qu’il fait, même en ayant des haies en face de lui, il finira la course. Certes, ce ne sera pas aussi rapide que si la piste était sans haies, mais il y arrivera quand même.

La victoire sera à nous!

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160127/1021248721/lavrov-russie-conference-presse.html

Mikhail Gamandiy-Egorov