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Esclavage en Libye : que les vrais responsables assument leurs actes !

Des réfugiés, le port de Benghazi, Libye. Photo d'archive

L’Occident se rend à l’évidence: le chaos qu’il a créé en Libye par son intervention militaire de 2011 a les pires conséquences: trafic d’esclaves et développement de l’islamisme radical. Si l’on constate un début de prise de conscience, elle restera insuffisante tant que les vrais responsables de cette tragédie ne répondront pas de leurs actes.

Le cas de la Libye est désormais un cas d’école —d’école néocoloniale, faut-il le préciser?— . Il s’agit d’un échec occidental considérable.

En mars 2011, l’Otan lance une intervention militaire contre la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi. Un viol de la souveraineté d’un pays, outrepassant le mandat onusien accordé sous prétexte «d’intervention humanitaire» qui aboutira à l’assassinat sauvage de Kadhafi, de milliers de Libyens et d’autres Africains. Ce pays était l’un des plus prospères sur le continent africain: il accueillait un grand nombre de migrants d’Afrique et même de l’UE et pratiquait une politique sociale assez unique.

Tout cela est du passé.

Il est maintenant détruit et connaît l’une des pires formes de «somalisation» qui puissent être. La Libye actuelle, si on peut encore parler de Libye, est devenue une plaque tournante de trafics en tout genre, notamment d’êtres humains. Et l’un des hauts lieux du terrorisme salafiste international. Un pays que chaos, racisme et extrémisme caractérisent, comme le démontrent les dernières révélations des médias mainstream.

Tout récemment, ce qui se disait déjà depuis longtemps dans les médias alternatifs a été confirmé par la chaîne étasunienne CNN, probablement car l’évidence était devenue impossible à cacher: l’existence d’un sinistre système de marchés d’esclaves sur le territoire libyen. En effet, des ressortissants d’Afrique subsaharienne transitant par la Libye pour tenter d’arriver en Europe et y trouver une vie meilleure, venant le plus souvent de pays se trouvant toujours sous mandat occidental, car vous n’y trouverez pas de Sud-Africains, d’Angolais ou de Namibiens (ceux que l’URSS avait soutenus en son temps), sont vendus quelques centaines de dollars par des extrémistes salafistes —les mêmes sur lesquels l’Otan s’est appuyés pour éliminer Kadhafi.

C’est une honte. Pour ne pas revenir sur des sujets précédemment traités, à savoir que la Russie et certains autres pays responsables ne permettront certainement plus au Far-West d’agir impunément, parlons justement de responsabilité.

Un millier de personnes est descendu dans les rues de Paris pour manifester; notamment devant l’ambassade de Libye. C’est bien, mais est-ce suffisant? Probablement pas. Car tous les responsables de la tragédie libyenne doivent rendre des comptes et notamment l’ex-président Nicolas Sarkozy ou encore le «philosophe» de guerre Henri-Levy, alias BHL (persona non grata en Russie), tous deux de grands «artisans» de la guerre contre la Libye.

Car même si ces fameux représentants de l’establishment occidental pensent encore être intouchables, ils doivent bien garder une chose en tête: dans ce Nouveau Monde et le système qui l’accompagne, il n’y a plus «d’élus». Ce qui signifie que d’une façon ou d’une autre, il va falloir rendre des comptes. D’autant plus que ces élites occidentales refusent de faire leur mea culpa. Et lorsqu’ils le feront, il sera déjà trop tard, sans aucune possibilité de pardon.

Et ce n’est pas à La Haye qu’ils seront jugés, mais bien dans l’un de ces pays ayant souffert de cette arrogance occidentale. Ils ne manquent pas, tant il est vrai que l’histoire de l’Occident se répète ad nauseam: possédant peu de ressources naturelles, l’objectif a toujours été de les chercher et de les trouver ailleurs, même si pour cela il fallait massacrer les populations locales.

Et même aujourd’hui, en ce XXIe siècle, l’Occident arrogant ne souhaite toujours pas accepter une autre réalité: celle d’une concurrence loyale où chacun pourrait présenter au mieux ses atouts, dans une optique gagnant-gagnant. Cette logique ne rentre évidemment aucunement dans la mentalité des élites occidentales, pour qui seule la force paie.

Quant à la Libye, personne ne peut aujourd’hui dire quand est-ce qu’elle pourra retrouver ne serait-ce qu’une partie de sa stabilité d’antan. Personne. De plus en plus de Libyens regardent de nouveau en direction de Moscou, mais aussi de Pékin pour tenter de sauver la situation de leur pays. Rien n’est à exclure.

Mais pour commencer, il faudra déjà éliminer les intérêts occidentaux responsables de ce chaos et les extrémistes salafistes, alliés par excellence de cet Occident politico-médiatique irresponsable.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201711201033961981-libye-esclavage/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Bachar al-Assad, la seule option possible

Portrait de président syrien Bashar al-Assad, Damas, Syrie

A l’heure où la Syrie est de nouveau au premier plan, non sans la crise des migrants comme l’une des raisons à cela, et au moment des nombreuses discussions occidentales sur la présence militaire russe en Syrie, il serait juste une fois encore de remettre plusieurs points sur les « i ».

Les élites occidentales s’enfoncent une fois de plus dans la contradiction pure et simple. Et même les spécialistes occidentaux, loin d’être pro-russes ou pro-syriens, commencent par l’avouer. D’un côté, les leaders occidentaux affirment leur volonté à combattre l’Etat islamique, de l’autre continuent encore de réclamer le départ du président syrien Assad.

Mais ce n’est de loin pas la seule contradiction observée. Tout d’abord, souvenons-nous de l’invasion US et consorts en Irak, en 2003 (à une époque d’ailleurs lorsque un pays comme la France ne faisait pas automatiquement le suiveur de la politique étasunienne). Il a fallu bien peu de temps aux forces de cette coalition pour arriver à leur fin, à savoir faire chuter l’Irak Baathiste et son leader Saddam Hussein. Certains diront à juste titre que c’était une opération terrestre et c’est vrai. Mais on a eu aussi il y a quelques années la Libye. L’OTAN, qui menait les opérations de bombardement du territoire libyen en visant les forces de l’armée régulière, n’a eu en outre aucun mal à détecter et viser le cortège où se trouvait feu colonel Mouammar Kadhafi. On connait la suite.

Et en Syrie malgré toutes les déclarations déclarées de mener la guerre à l’EI en bombardant ses positions, on a vraiment dû mal jusqu’à maintenant (pourtant ce n’est pas la volonté qui manque) à voir un quelconque résultat notable. Certains diront même que ces bombardements nuisent plus aux forces gouvernementales de l’Armée arabe syrienne, sans oublier les civils, qu’aux terroristes. Il y a donc de quoi à se poser des questions: quelle est la véritable cible de la coalition occidentalo-golfiste? Les barbares de l’EI ou les militaires syriens avec Bachar al-Assad? Sans oublier l’implication d’Israël qui a maintes fois bombardé les positions de l’armée syrienne, sans jamais toucher aux terroristes. Etonnant?

Autre question tout aussi importante. Les élites de l’Occident jouant aux aveugles affirment jusqu’à maintenant que la Syrie n’aura pas d’avenir avec Assad. Le problème c’est que jusqu’à maintenant ils n’ont aucune alternative à proposer. Absolument aucune. Tous les groupes soi-disant non liés à l’Etat islamique et combattant également l’armée régulière de Syrie, les Occidentaux les appellent eux-mêmes être « des islamistes modérés ». Assez incroyable comme notion. C’est vrai qu’en terme de barbarie et de cruauté, difficile de concurrencer l’EI (même Al-Qaida est devenue un peu ringarde), mais en suivant cette « logique », on arrive à croire qu’il devient presque possible de classer les terroristes en plusieurs groupes, selon leur niveau de radicalité ou de « modération »: terroristes modérés, semi-modérés, plutôt modérés, pas vraiment modérés, pas du tout modérés, radicaux, ultra-radicaux et ainsi de suite. Cela peut même paraitre drôle pour certains, si derrière cette pseudo-logique il n’y avait pas des centaines de milliers de vies en jeu. Mais l’Occident vraisemblablement ne peut plus faire marche arrière, de peur de se retrouver une fois de plus dans le ridicule. Même si parfois il est bien mieux de reconnaitre ses erreurs, ne serait-ce que pour sauver tellement de vies humaines.

Maintenant pourquoi le président al-Assad reste la seule option possible? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord car il reste le leader légitime de son pays. Un pays pour rappel indépendant et souverain. D’autre part, car il est bien soutenu par la grande majorité de la population, aussi bien en Syrie qu’au sein de la diaspora syrienne. Qui le dit? Le rapport datant de 2013 (alors que la Syrie était déjà en pleine guerre) de la CIA (!) repris entre autres par Wikileaks et un certain nombre de médias, qui confirme que le président Assad aurait au moins 75% de soutien de la part de ses concitoyens. Alors après, les « bienpensants démocratiques » devraient nous répondre à une question: de quel droit un leader ayant le soutien avéré des ¾ de son peuple peut être considéré « illégitime » (terme employé par plusieurs chefs d’Etat occidentaux)?
Un autre exemple confirmant lui aussi la légitimité d’Assad et lié à l’aspect ethnico-religieux. On sait qu’il appartient à la minorité religieuse alaouite, qui représente à peu près 20% de la population de Syrie. L’Occident tente par tous les moyens de faire croire que c’est cette minorité qui dirige, les autres représentants ethniques et religieux seraient soi-disant tous ou presque opposés à elle. Pourtant, la grande majorité des Syriens (environ 75%) sont eux musulmans sunnites, 10% sont chrétiens. Alors en analysant ne serait-ce qu’avec un minimum de logique, les 20% d’alaouites et les 10% de chrétiens ne pourraient jamais assurer à Assad une si longue résistance si la grande majorité des musulmans sunnites syriens n’étaient pas eux aussi majoritairement derrière leur président. Cela est tout simplement impossible. L’Armée arabe syrienne est également fort représentative de ce puzzle multiethnique et multiconfessionnel de la Syrie. La grande majorité des militaires syriens sont eux aussi musulmans sunnites. Et il serait tout simplement illusoire de croire que si ces militaires sunnites ne soutenaient pas eux aussi Assad et avec une telle ardeur, jamais il n’aurait pu tenir ne serait-ce que quelques mois.
Donc la propagande occidentale s’écroule comme un château de cartes, notamment sur le fait que la Syrie serait dominé par un « dictateur » (un dictateur ayant tout de même 75% au moins de soutien, y compris au sein de la diaspora, y compris celle vivant en Occident) et que c’est une minorité religieuse qui impose sa volonté aux autres. Tout cela est faux. La Syrie, en plus d’être l’un des berceaux de l’humanité, c’est aussi un pays multiculturel, multiethnique et multiconfessionnel. Mais c’est aussi fort malheureusement un pays martyrisé depuis plusieurs années maintenant par la volonté unipolaire du néocolonialisme occidental et le salafisme importé du Golfe et de quelques autres pays. Et dans ce pays de la diversité, un homme continue de représenter l’unité de tous les Syriens, peu importe leur appartenance ethnique ou religieuse et qu’ils soient musulmans sunnites, alaouites, chiites, chrétiens ou yézidis. C’est bien Bachar al-Assad. Les dirigeants occidentaux devront donc bien à un moment ou un autre reconnaitre cette réalité que beaucoup de Syriens tentent de leur faire entendre. Et une réalité qu’ils devront accepter. Entre temps, il faut se débarrasser des terroristes égorgeurs. Et pour cela, aux côtés de l’armée syrienne et du peuple de Syrie, ce sera vraisemblablement une autre coalition.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150917/1018226891.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Terrorisme en Tunisie: conséquence de l’intervention de l’OTAN en Libye

Après l'attentat de Sousse

La belle Tunisie a été de nouveau frappée par la vermine terroriste. Cette fois-ci, l’attaque a visé le site touristique Marhaba Beach Hotel à Sousse, ayant fait près de 40 victimes décédées et autant de blessés, de différentes nationalités.

Une touriste russe faisait également partie des victimes n’ayant pas survécu. Le tout après l’attentat contre le musée du Bardo à Tunis, en mars de cette année, qui a fait 22 morts.

Une fois encore donc la Tunisie a été visée par les terroristes salafistes et a dû payer le prix fort. Un coup dur pour ce pays, d’abord sur le plan humain car toute perte humaine est une rude épreuve. D’autant plus que cela touche l’un des secteurs les plus importants de l’économie tunisienne, en l’occurrence celui du tourisme.

La gangrène extrémiste s’exporte donc à différents endroits du globe. Et la Tunisie, pays connu et reconnu pour son accueil chaleureux, doit aujourd’hui réagir d’une manière radicale. C’est le désir de la grande majorité des Tunisiens, sortis massivement pour exprimer leur colère et leur ferme opposition au terrorisme et à tous ceux qui ternissent leur pays.

Mais ce qu’il faut chercher aussi dans toute cette situation tragique, aussi bien pour la Tunisie que globalement l’Afrique du Nord, ce sont les raisons de l’expansion du terrorisme. Et ce depuis le soi-disant « printemps arabe » jusqu’à aujourd’hui avec la montée en puissance des différentes sectes pseudo-religieuses, y compris l’Etat islamique, le plus « coté » en ce moment parmi elles.

L’une des principales raisons du chaos créé dans la région et ailleurs, ainsi que le renforcement des mouvements terroristes, réside sans aucun doute dans l’intervention de l’OTAN contre la Jamahiriya de Mouammar Kadhafi. Aujourd’hui, plus aucun « intellectuel » terroriste occidental ne devrait avoir le droit de s’exprimer publiquement après tous les mensonges qu’ils avaient lancé contre ce pays pour justifier l’intervention impérialiste. Un pays pour rappel qui avait véritablement du succès dans tellement de domaines. Rien à avoir avec ce qu’il est devenu aujourd’hui: un pays ouvertement raciste et terroriste. Et l’une des nouvelles bases de l’Etat islamique. Les Libyens rencontrés à Moscou et partageant comme feu Kadhafi les valeurs panafricaines regrettent énormément la perte de leur leader et la destruction de leur pays par les prédateurs néocolonialistes alliés avec les salafistes.

Plus encore, même certains journalistes du mainstream occidental aujourd’hui finissent par reconnaître la responsabilité de leurs gouvernements dans le chaos en Libye. Ainsi que dans l’expansion du terrorisme, aussi bien en Afrique du Nord qu’au Moyen-Orient, et au-delà. Fini donc les « cris de joie » célébrant la mort honteuse du leader libyen. Fini les belles « promesses » d’un avenir « radieux » pour la Libye et la région. Aujourd’hui, comprenant parfaitement que le terrorisme qui a déjà frappé l’Europe et notamment la France risque de monter encore plus en puissance avec toutes les conséquences qui en découlent, on commence à voir un début de bon sens, ne serait-ce que minime, chez certains. Bienvenue maintenant dans la réalité.

Pourquoi les pays occidentaux ne se pressent-ils pas d’en finir avec l’Etat islamique aussi bien en Syrie/Irak qu’en Libye? Ont-ils encore besoin de ces terroristes comme ce fut le cas en Libye contre Mouammar Kadhafi et en Syrie contre Bachar al-Assad (qui fort heureusement résiste toujours et malgré tout)? Il est à croire que la réponse est évidente. Pourtant le cynisme est une fois de plus au summum. S’étant pressé pour détruire la Jamahiriya libyenne, le tout dans des justifications habituelles d’une intervention humanitaire, pour soi-disant protéger les civils, alors qu’en réalité dans le pur objectif de prendre contrôle des ressources du pays et éliminer un leader dont les idées très révolutionnaires ne pouvaient en aucun cas être acceptées par ces élites occidentales. Aujourd’hui? Des civils sont tués et torturés quotidiennement. Et rien. Tant que les puits du pétrole restent sous contrôle, pas de raison d’intervenir.

Pendant ce temps, les vrais intéressés pour en finir avec la vermine terroriste continuent le combat. A ce titre, le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, était en visite à Moscou où il a rencontré son homologue russe Sergueï Lavrov, ainsi que le président Vladimir Poutine. Le thème principal lors de la discussion avec le président russe a justement concerné les efforts communs pour éliminer la secte du pseudo Etat islamique. Il est pratiquement certain que des résultats concerts, même si cela risque de prendre du temps, viendront de l’axe Moscou-Damas-Téhéran-Pékin, mais certainement pas des « exceptionnels » USA et des suiveurs bruxellois.

Quant à la Tunisie, une fois de plus, condoléances au pays et aux familles de toutes les victimes, quelles que soient les nationalités. A souhaiter également que les autorités tunisiennes fassent les efforts nécessaires pour empêcher que de telles tragédies se répètent. Et que ce beau pays qu’est la Tunisie puisse continuer à recevoir les touristes du monde entier sous son attrayant soleil. Les extrémistes eux doivent être anéantis.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150630/1016776473.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Guinée équatoriale : le bon exemple pour l’Afrique ?

Guinée équatoriale : le bon exemple pour l’Afrique ?

La Guinée équatoriale, ce petit pays d’un peu plus de 28 000 km2, situé au centre-ouest du continent africain, avec une population d’environ 800 000 habitants, attise les intérêts de toute part. Aussi bien au niveau continental que largement au-delà.

Ancienne colonie espagnole (d’où l’ancien nom de Guinée espagnole), le pays s’est libéré du colonialisme le 12 octobre 1968. Depuis, le pays a poursuivi sa grande marche en avant. Aujourd’hui, la Guinée équatoriale fait partie des pays les plus prospères du continent africain, notamment avec l’un des plus importants revenus par habitant. D’ailleurs, le pays est classé tout simplement premier en Afrique au niveau du PIB nominal par habitant. Il est également l’un des plus grands receveurs d’investissements étrangers sur le continent.

Certains diront que le succès de ce petit Etat est dû au pétrole et au gaz. Il est vrai que l’aspect énergétique ne joue pas le dernier rôle dans le développement de la Guinée équatoriale (le pays est le troisième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, cinquième au niveau de tout le continent africain). Mais est-ce tout ? Après tout, on sait tous que la plupart des pays d’Afrique regorgent de ressources naturelles, mais très souvent cela profite peu (voire très peu) aux populations des pays concernés. D’ailleurs, cela est particulièrement visible dans les pays qui sont encore sous l’occupation néocoloniale, où très souvent les « élites » des pays en question « travaillent en étroite collaboration » avec les élites occidentales, économiques comme politiques. Le cas de la Françafrique est un exemple net et criant.

Qu’est ce qui rend donc la Guinée équatoriale si différente ? Probablement une approche panafricaine, une défense ardue de son indépendance et de sa souveraineté, à l’opposé d’un bon nombre de ses voisins. Ne serait-ce d’ailleurs pas la raison pour laquelle le chef de l’Etat, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est ardemment et constamment critiqué par les élites occidentales, politiques comme médiatiques ? Le président du pays est en effet un panafricaniste et il ne s’en cache pas. Il était par ailleurs un ami très proche du leader libyen, le colonel Mouammar Kadhafi, assassiné en octobre 2011 par l’OTAN, et a ouvertement condamné avec quelques autres rares leaders africains (dont Jacob Zuma, le président sud-africain) cet acte barbare de l’interventionnisme impérialiste et néocolonial occidental. Il avait notamment déclaré : « Nous regrettons la disparition du colonel Mouammar Kadhafi. Prendre le relais de son combat panafricain est difficile ». En tout cas et effectivement, la Guinée équatoriale entend aujourd’hui reprendre le flambeau de la lutte panafricaine, malgré tous les défis que cela suscite.

Le succès du pays est également dû à une politique sociale adaptée, notamment via la construction d’un grand nombre de logements sociaux de qualité, destinés aux couches les moins favorisées de la population. Un grand accent est mis également sur l’éducation et l’enseignement, particulièrement chez les jeunes, censés devenir rapidement les nouvelles élites de leur pays et de leur continent. Les revenus issus du pétrole sont utilisés pour le financement de projets importants, que ce soit dans l’agriculture, l’éducation ou les nouvelles technologies.

Luc Michel, spécialiste de la géopolitique et notamment fin connaisseur de la Libye, estime que la Guinée équatoriale représente effectivement aujourd’hui un nouveau modèle de développement pour l’Afrique. En outre, il croit en les capacités du pays à reprendre le flambeau du panafricanisme, après la chute de la Jamahiriya libyenne.

Mais reste un problème majeur auquel la Guinée équatoriale fait déjà face. Celui de l’interventionnisme occidental, si bien connu en Afrique. Tout leader patriote et panafricain représente toujours une cible de choix pour les élites politiques et financières occidentales. Les exemples de la Côte d’Ivoire et de la Libye n’en sont que des preuves supplémentaires. Les leaders équato-guinéens le savent parfaitement et avouent que plusieurs tentatives de coups d’Etats, instigués de l’extérieur, ont été avortées durant les dernières années. Financement et formation de mercenaires, tentatives de déstabilisation : les pays changent, les techniques restent les mêmes. Mis à part l’aspect panafricaniste qui est très important, pourquoi encore les Occidentaux (pas les peuples mais bien les élites), veulent autant en finir avec cet Etat ?

Pour la simple et bonne raison que « certains » trouvent encore « anormal », y compris aujourd’hui au XXIème siècle, qu’un Etat africain disposant de ressources colossales puisse se « permettre » de les gérer lui-même et d’en faire profiter sa population, et non des populations étrangères extracontinentales. Reste à croire en la clairvoyance des leaders de la Guinée équatoriale, notamment via l’adoption de mesures efficaces, y compris en tissant des liens beaucoup plus solides (le processus est déjà en cours) avec les pays des BRICS et d’Amérique latine. La Guinée équatoriale pourra alors inspirer d’autres pays du formidable continent africain, encore sous le joug, afin qu’ils puissent se libérer pleinement, aller de l’avant et montrer au monde la capacité réelle de l’Afrique !

http://french.ruvr.ru/2014_05_19/Guinee-equatoriale-le-bon-exemple-pour-l-Afrique-9343/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Hommage à Nelson Mandela : l’hypocrisie occidentale sans limites

Hommage à Nelson Mandela : l’hypocrisie occidentale sans limites

On a appris avec la plus grande tristesse la mort d’un héros. D’une icône de la lutte contre l’oppression, l’injustice, la peste brune du néocolonialisme, et du combattant pour les vraies valeurs que sont la liberté et la paix.

Malgré ses très longues années passées en prison, loin de sa famille et de ses proches, Madiba (le nom de son clan tribal) et comme l’appellent affectueusement toutes les personnes qui l’aiment, a eu l’énorme sagesse d’éviter une guerre civile à son pays qui paraissait alors inévitable. Et c’est grâce à cette sagesse que l’Afrique du Sud a su tourner la page sombre de son histoire pour ouvrir celle de la réconciliation et permettre au pays d’aller de l’avant.

Néanmoins, et ce qui choque, c’est l’hypocrisie « par excellence », si l’on peut dire ainsi, d’un bon nombre de politiciens occidentaux. Hypocrites car lui chantant toutes sortes de louanges alors qu’hier ces mêmes personnes le considéraient comme un « terroriste communiste ». Ces mêmes personnes qui ouvertement ou indirectement supportaient le système raciste et honteux de l’apartheid. Les mêmes qui faisaient tout pour que ce régime survive le plus longtemps possible. Et aujourd’hui ? Ils font en sorte de nous faire croire leur grande « appréciation » de l’œuvre de Mandela.

On se souvient encore des positions des leaders occidentaux tels que Ronald Reagan ou Margaret Thatcher, la fameuse « dame de fer » britannique. Cette dernière soutenait ouvertement le système d’apartheid en Afrique du Sud, refusant d’appliquer des sanctions internationales à l’égard de ce régime, et avait déclaré : « Quiconque pense que l’ANC (Congrès national africain, le parti de Mandela – ndlr), gouvernera en Afrique du Sud n’a pas les pieds sur terre »…Visiblement la dame de fer, peu appréciée par la majorité de son propre peuple britannique, n’avait pas elle les pieds sur terre au moment de cette déclaration puisque son apartheid bien aimé est bel et bien tombé, et que l’ANC a bien pris le pouvoir depuis les toutes premières élections démocratiques en Afrique du Sud, en 1994.

D’autre part, les Occidentaux connaissent parfaitement les vrais amis de Nelson Mandela. Peut-être plus que des amis : des frères. Ceux qui l’ont toujours soutenu, y compris lors des moments les plus difficiles, et que lui aussi n’a jamais cessé de soutenir. En premier lieu il s’agit de Fidel Castro, Mouammar Kadhafi et Yasser Arafat. Aux yeux de l’Occident politique, des leaders certainement pas « tout à fait fréquentables »…Néanmoins, Mandela n’a jamais caché son amitié sincère avec ses amis et en parlant de son amitié avec Mouammar Kadhafi, il avait dit la chose suivante : « tous ceux qui n’apprécient pas notre amitié avec le frère Kadhafi peuvent sauter dans la piscine ! ».En gros, aller voir ailleurs.

En 1997, Nelson Mandela décerne à Kadhafi l’ordre de Bonne Espérance, la plus haute distinction sud-africaine. Aux critiques du département d’Etat étasunien, bien mécontent de cette grande amitié entre deux grands hommes, Mandela réplique « qu’ils n’ont aucune morale et que c’est bien Mouammar Kadhafi qui nous a aidé en un temps où nous étions seuls, quand ceux qui disent que nous ne devrions pas être ici, aidaient notre ennemi ».Une allusion ouverte au soutien que les USA et plus particulièrement la CIA avaient offert au régime d’apartheid. C’est d’ailleurs au colonel Kadhafi que Mandela accordera sa première visite à l’étranger, en 1990, après avoir été libéré à la suite de ses 27 années d’emprisonnement. Il en sera de même en 1994 lorsqu’il sera élu président de la République d’Afrique du Sud. En 1998, Nelson Mandela déclarera, en présence de Bill Clinton, alors président des USA, qu’à l’époque « où les Etats-Unis soutenaient l’apartheid, d’autres pays aidaient la lutte contre la ségrégation raciale. C’est pourquoi l’un des premiers chefs d’Etat que j’ai invité dans ce pays a été Fidel Castro… et j’ai également invité le frère Mouammar Kadhafi ».On ne peut non plus oublier la phrase de Madiba qui vise ouvertement les USA et leurs crimes contre l’humanité :« Si il y a bien un pays dans le monde qui a commis des atrocités indescriptibles, ce sont bien les Etats-Unis d’Amérique. Ils n’ont rien à faire des êtres humains ».

Pour ses amis cubains, Mandela dira : « Nous admirons les sacrifices du peuple cubain pour maintenir sa propre indépendance et sa souveraineté face à la sinistre campagne impérialiste orchestrée dans le but de détruire les avancées impressionnantes réalisées au cours de la révolution cubaine… Vive la révolution cubaine ! Longue vie au camarade Fidel Castro ! ».Quant à la Palestine et la lutte du peuple palestinien, Nelson Mandela déclarera : « Nous savons bien que notre liberté est incomplète sans la liberté des Palestiniens ».

Les leaders occidentaux ne peuvent ignorer toutes ces citations et les prises de positions courageuses du héros national sud-africain. D’ailleurs le courage a toujours été le fer de lance de toute la vie de Mandela. Néanmoins et cela est tout à fait clair aussi, les louanges occidentales ne sont pas plus qu’une campagne de relations publiques bien organisée, sachant que sans cela, leurs propres citoyens ne les comprendraient pas, en cas d’absence d’hommage à l’icône de la planète toute entière.

 Seul petit bémol, c’est que cette hypocrisie n’a été que peu voilée, de même que le manque de sincérité. Le fameux « selfie » d’Obama, Cameron et de la première ministre danoise Thorning-Schmidt en pleine cérémonie d’adieu à Mandela, au stade de Soweto n’a été qu’un signe supplémentaire. Un geste complètement déplacé compte du lieu et du moment, alors que toute l’Afrique du Sud, le continent africain et le monde entier étaient en deuil, ces trois braves personnages eux visiblement étaient là pour autre chose. En tout cas, cela a montré une fois de plus la vraie « raison » de la présence de certains chefs d’Etats occidentaux à cette cérémonie et de leurs paroles si « émotionnelles ». Après tout, pour certains, se faire de la pub supplémentaire, cela n’a pas de prix. Surtout lorsqu’il s’agit de venir « rendre hommage » à l’une des plus grandes personnalités de tous les temps.

De toutes les manières, Madiba restera à jamais dans le cœur des Sud-Africains et des habitants du continent africain. De même que dans le cœur et la mémoire de la grande majorité des habitants de notre planète. Reste quand même à ne pas oublier qui était véritablement ce grand héros Nelson Mandela, ainsi que toujours se rappeler de son œuvre et de son exemple. Nous connaissons ses vrais amis. Les faux amis, eux, se découvrent et se reconnaissent bien vite.

http://french.ruvr.ru/2013_12_19/Hommage-a-Nelson-Mandela-l-hypocrisie-occidentale-sans-limites-6911/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

La « nouvelle » Libye. Entretien avec Luc Michel (Partie 2)

La « nouvelle » Libye. Entretien avec Luc Michel (Partie 2)

Suite de la première partie.

Entretien avec Luc Michel, grand spécialiste de la géopolitique et notamment de la Libye (on lui doit notamment une « Géopolitique de la Jamahiriya libyenne »).

LVdlR : Autre point. Depuis l’assassinat de Kadhafi, un véritable racisme à l’encontre des Africains sub-sahariens est devenu pratique courante dans ce pays. On a notamment vu plusieurs vidéos très choquantes et barbares où l’on voit des exécutions des Africains noirs par les « rebelles », amis de l’Occident. Qu’en est-il ?

Luc Michel : Le racisme anti-noir, contre ce qu’ils appellent les « abid » ou les « esclaves », est une des constantes de l’islamisme. Qui rappelons-le, est une idéologie réactionnaire, un fascisme islamiste. Il s’est développé avec le CNT et a surfé sur un sentiment anti-africain chez une partie de la population libyenne, mécontente du panafricanisme sincère de Kadhafi et qui avait ouvert la Jamahiriya à de nombreux Africains. Ajoutons que les libéraux libyens comme les islamistes avaient déjà utilisé le racisme anti-noir dans la dernière décennie de la Jamahiriya comme moyen de déstabilisation. Le coup d’état de Benghazi n’a fait qu’amplifier, à hauteur de crimes de guerre, ce racisme.

Il faut savoir que celui-ci n’a pas seulement frappé les ressortissants d’autres pays africains résidant en Libye mais aussi les Libyens noirs. La Libye a une population mêlée, il y a des Libyens à peau claire, de type maghrébin, voire sud-européen. Et il y a des Libyens noirs de peau, venus du Fezzan et du Sud saharien (notamment d’origine Toubou). Mais qui avec le développement et la prospérité de la Libye sous Kadhafi sont aussi allés habiter les régions côtières. Des fiefs islamistes – Al-Baida, Derna, Misrata ou Zinten – sont parties de véritables expéditions punitives. Des déportations, des massacres de masse, des crimes de guerre sans nom ont été commis. Des villes ont même été vidées et pillées, comme Tarawoua (ville à population libyenne noire). Dans le silence coupable des spécialistes auto-proclamés des droits de l’homme (occidental) alimentaires. BHL en tête.

A cela s’est ajoutée la sinistre résonance des articles irresponsables des médias de l’OTAN, évoquant sans arrêt de fantomatiques « mercenaires africains de Kadhafi ». Information provenant souvent d’officines de désinformation israéliennes, comme DEBKA, liées à Tsahal ou au Mossad. Tout cela a conduit à une chasse permanente aux noirs. Qui a culminé avec des massacres de masses lors de la prise de Tripoli en août 2011, tortures et exécutions sommaires, charniers et prisons secrètes à l’appui. On estime qu’il reste encore plus de 10.000 Africains dans les geôles des milices.

A cela s’ajoute aujourd’hui, comme l’a révélé le drame de Lampedusa, l’exploitation des Africains noirs par les filières mafieuses de traite d’humains vers l’Europe, aux mains des islamistes en Libye et au Sahel. Des camps existent en Libye, où viols, pillages et exécutions sommaires sont la règle. L’enquête sur le drame de Lampedusa a aussi révélé que les nouveaux « boat people » africains ont été victimes de tirs criminels venant de corvettes « libyennes », bâtiments de guerre tombés aux mains de gangs ou milices, nouvelle piraterie aux portes de l’Italie.

LVdlR : Selon vous, au moment où il était clair que l’OTAN ferait tout son possible pour éliminer le leader de la Jamahiriya vu les moyens déployés, n’était-ce pas une erreur stratégique de la part du colonel Kadhafi d’être resté en Libye, alors que plusieurs chefs d’Etats africains et d’Amérique latine lui avaient proposé refuge dans leurs pays ? Un refuge provisoire qui aurait notamment pu servir à organiser une résistance à moyen ou long terme aux bandits-rebelles, amis de BHL ?

Luc Michel : Kadhafi a choisi selon moi la seule solution valable. Comme il l’a dit « vivre, combattre et mourir au pays ». Ce sera aussi le choix du président Assad en Syrie. Un départ du pays aurait conduit à un effondrement immédiat. Comme l’a d’ailleurs démontré le médiamensonge lancé par le britannique Cameron sur « la fuite de Kadhafi au Venezuela » qui a produit un immense flottement à Tripoli même.

LVdlR : Qu’est ce qui n’a pas marché ? Pourquoi la Jamahiriya est-elle tombée selon vous ?

Luc Michel : Tripoli a commis des erreurs dans l’organisation de la résistance, a dispersé ses maigres forces et n’a su mobiliser ni les masses libyennes (largement pro-Kadhafi) ni ses soutiens extérieurs. Il fallait mobiliser à l’intérieur et à l’extérieur pour la guerre totale.

Par maigres forces, j’entends les moyens financiers. Dès février 2011, la Jamahiriya a été prise dans un piège financier : comptes saisis ou bloqués, fonds souverains libyens confisqués (ils le sont toujours), devises fortes indisponibles.

A l’intérieur, la direction libyenne, réorganisée en mars 2011, a été affaiblie par ceux – encore les libéraux restés avec Kadhafi – qui voulaient négocier avec l’OTAN ou avec les pseudos modérés du CNT.

LVdlR : Les partisans de Mouammar Kadhafi sont-ils toujours présents en Libye ? Y-a-t-il une résistance qui s’organise via les forces en place et ceux en exil ?

Luc Michel : Pendant que la Libye s’enfonce dans le chaos et la somalisation, et que pro-américains du gouvernement fantoche de Tripoli installé par l’OTAN et milices et islamistes radicaux s’affrontent, une troisième force agit dans l’ombre. C’est la résistance verte kadhafiste qui combat pour la restauration de la Jamahiriya. Impitoyable, radicale, armée, elle frappe depuis l’automne 2011 les collabos de l’OTAN de tous bords. Sa caractéristique est de ne jamais revendiquer exécutions de traîtres et frappes contre leurs bases et locaux. Les médias de l’OTAN n’en parlent jamais, sur ordres sans aucun doute !

LVdlR : En tant que fin connaisseur de la Libye, comment voyez-vous l’avenir à moyen et long terme de ce pays qui encore récemment était l’un des plus prospères du continent africain mais qui est en train de devenir l’un des plus instables et dangereux du monde ?

Luc Michel : J’ai décrit dès août 2012 la somalisation de la Libye post-CNT, sa longue descente vers le chaos. Il y a la belle histoire, le storytelling des « spin doctors » de l’OTAN ou d’un BHL. Et il y a la réalité d’une Libye en plein chaos derrière les médiamensonges et la propagande, une nouvelle Somalie sur la Méditerranée …

Voici maintenant les médias de l’OTAN qui sont contraints de dévoiler la réalité de cette Libye somalisée. Non seulement les affrontements entre gangs, milices, armées privées. Mais aussi entre tribus et groupe ethniques ! Il faut noter que la grille de lecture tribale n’explique pas la situation libyenne. Contrairement à ce qu’avancent ad nauseam les analystes occidentaux. Ce n’est pas seulement le leadership de Kadhafi qui unissait les composantes de la société libyenne. Mais aussi les institutions de la Jamahiriya et sa Démocratie directe. Et encore la prospérité économique, le bien-être social, la paix civile. La guerre d’agression de l’OTAN a mis un terme à tout cela. La misère, le désastre économique, l’effondrement total des institutions jamahiriyennes et de l’Etat central, armée comprise, l’insécurité et la violence, tout cela a conduit à la violence et à la justice privée. La Libye aujourd’hui c’est un Far West chaotique sans shérif.

LVdlR : Merci de nous avoir accordé cet entretien. On aura certainement l’occasion de rediscuter ensemble des perspectives pour la Libye qui nous promettent pas mal de bouleversements encore…

Luc Michel : J’en ai bien peur ! La Libye est devenue, après la Somalie, un laboratoire en Afrique pour Washington.

La Somalie est un Etat disparu qui a servi de laboratoire à l’impérialisme américain pour concevoir son projet de Nouvel Ordre en Afrique et au « Grand Moyen-Orient ». Qui se souvient aujourd’hui de l’Etat somalien en développement, la puissance régionale des années 80, et du régime socialiste de Siyaad Barre ?

 Comme dans l’Afghanistan socialiste, allié à l’URSS, ou dans la Jamahiriya socialiste de Kadhafi, Siyaad Barre avait brisé la gangue du destin clanique et tribal. Le destin de la Somalie sera aussi similaire à celui de l’Afghanistan. Une descente aux enfers provoquée par l’impérialisme américain et ses manipulations des tribus, des ethnies, des clans et des islamistes. Sans oublier le feu attisé des querelles entre la Somalie et ses voisins.

Depuis 2011, avec les mêmes méthodes, le même scénario et les mêmes acteurs, c’est aussi le destin tragique de la Libye …

http://french.ruvr.ru/2013_12_16/La-nouvelle-Libye-Entretien-avec-Luc-Michel-Partie-2-7268/

Mikhail Gamandiy-Egorov