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Les Occidentaux en grande difficulté dans la crise énergétique

Si les régimes des pays occidentaux cherchent activement des solutions dans la crise énergétique actuelle, il devient désormais assez évident que les difficultés observées aujourd’hui pourraient au contraire que croître.

Les prix du pétrole et du gaz continuent de battre des records de plusieurs années. Si les USA ont annoncé l’interdiction des importations de pétrole et de gaz russes, l’UE semble incapable de pouvoir franchir le pas même si les responsables bruxellois continuent de gesticuler quant à la nécessité de réduire la forte dépendance aux livraisons énergétiques en provenance de Russie.   

La Norvège, deuxième fournisseur de l’UE derrière la Russie (20 et 45% des besoins européens respectivement) a d’ores et déjà déclaré ne pas être en mesure de pouvoir augmenter ses livraisons de gaz. Les bureaucrates bruxellois s’activent également en ce moment du côté des pays africains, notamment l’Algérie et le Nigéria, mais là aussi le constat parait évident: il ne sera pas possible, d’autant plus à court terme de pouvoir compenser le volume d’importation de gaz russe de manière sérieuse et notable.

Des faits très intéressants sont en train de se passer également au Moyen-Orient. The Wall Street Journal rapporte que les dirigeants saoudien et émirati ont refusé les appels téléphoniques du président US Joe Biden et auraient également signalé qu’ils n’aideront pas à atténuer la flambée des prix du pétrole, à moins que Washington ne les soutienne officiellement dans la guerre au Yémen.

En parlant toujours des pays du Golfe, il faudrait rappeler que les Emirats arabes unis, n’ont pas souhaité se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie et s’étaient abstenus lors du vote au Conseil de sécurité onusien sur le dossier ukrainien en qualité de membre non-permanent.  

Tous ces événements confirment une fois de plus que la spirale des pressions, intimidations et sanctions en tout genre se retourne contre ses instigateurs. L’establishment occidental a beau vouloir faire passer l’idée de son extrême puissance dans les affaires planétaires, tout en continuant d’espérer un retour radical à l’ordre unipolaire – la réalité actuelle démontre que d’une part l’effet boomerang se fera ressentir de plein fouet sur la partie occidentale du monde, et de l’autre que nombre de pays de la planète, longtemps considérés comme ses alliés, s’éloignent progressivement de l’Occident.

Evidemment, les plus radicaux des atlantistes mettront en avant l’idée que l’unité occidentale est aujourd’hui la priorité absolue. Le fait est que même si cette prétendue unité saurait être obtenue, il leur sera extrêmement difficile d’expliquer à leurs populations les effets économiques que ces mêmes populations vont subir. Et pour beaucoup – subissent déjà. Probablement plus important encore, les événements récents auront démontré que le monde dans sa globalité – est effectivement énormément plus grand que le simple petit monde occidental, même si ce dernier continue d’activer des leviers sur lesquels il possède encore un contrôle.

L’autre avantage des événements en cours est qu’il aura également montré que de nombreux pays du monde n’ont plus peur de se libérer du joug «démocratique» occidental. Les masques de l’extrême arrogance et d’hypocrisie au summum sont définitivement tombés, et les nombreuses nations du monde comprennent parfaitement que le monde d’aujourd’hui et à venir ne peut être que post-occidental.

En attendant, les élites atlantistes peuvent continuer à chercher des solutions pour tenter à diminuer les effets de choc qui sont d’ailleurs loin d’avoir atteint toute leur intensité. Le souci est que leur incompétence professionnelle, alliée à une mentalité néocoloniale de supériorité, ne présagent absolument rien de bon. Y compris à destination de leurs propres populations.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le monde arabe se prépare à intégrer la multipolarité

Dans le conflit ukrainien, les pays arabes s’adaptent déjà aux réalités de la nouvelle ère, en optant pour une posture neutre, voire neutre-engagée, et ce malgré les innombrables pressions de la communauté occidentale. La région stratégique du Moyen-Orient semble donc prendre progressivement ses distances avec les prérogatives de l’establishment occidental.

La Ligue arabe a annoncé la création d’un groupe de contact spécial pour servir de médiateur dans la résolution de la crise en Ukraine. La réunion a été organisée à l’initiative de l’Egypte. Si les Etats concernés ont exprimé leur inquiétude face aux événements en cours, l’essentiel à retenir est que la communauté a choisi d’adhérer de manière catégorique à une politique de neutralité.

De son côté, Financial Times note que la neutralité des Etats du Golfe vis-à-vis du dossier ukrainien reflète des liens profonds avec la Russie. Et que les Emirats arabes unis, ainsi que l’Arabie saoudite, alliés de longue date des Etats-Unis, veulent préserver la coopération avec Moscou sur les questions énergétiques et géopolitiques.

Le quotidien économique britannique note également qu’Abu Dhabi, qui occupe un siège non-permanent au Conseil de sécurité onusien actuellement, avait reçu l’appel du secrétaire d’Etat US Antony Blinken quant à «l’importance de construire une réponse internationale forte pour soutenir la souveraineté ukrainienne». Mais lors du récent vote au CS de l’ONU, les Emirats arabes unis ont finalement ignoré les appels de Washington et ont choisi de rejoindre la Chine et l’Inde qui s’étaient abstenues de soutenir l’initiative occidentale à l’encontre de la Russie, manifestant ainsi les frustrations d’Abu Dhabi à l’égard des politiques étasuniennes.

Il faut noter que la position émiratie était d’autant plus intéressante que cela ne s’est pas limité uniquement au vote au Conseil de sécurité onusien où la position de ce riche pays du Golfe a été vue par les observateurs comme un soutien à peine voilé à la Russie, aux côtés de la Chine et de l’Inde. Depuis le lancement de l’opération militaire russe en Ukraine, le prince héritier d’Abu Dhabi – Mohammed ben Zayed Al Nahyane – a eu une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine. Et selon plusieurs sources – aurait même réaffirmé que la Russie a le droit d’assurer sa sécurité nationale.

Tous ces faits et événements doivent surtout être vus comme une capacité évidente des pays du Golfe et plus généralement de tout le monde arabe quant à leur ferme volonté de s’adapter à l’ère multipolaire, dans laquelle la Chine et la Russie jouent un rôle de premier plan, surtout à une période où les anciennes alliances avec l’Occident ne donnent plus satisfaction, à divers degrés.

Il faut également noter que le monde arabe dans son ensemble est intéressé par le maintien de la coopération avec Moscou, en considérant sur le long terme l’Etat russe comme un élément important dans la construction d’une nouvelle architecture de sécurité, y compris dans la région stratégique du Moyen-Orient. L’ancienne posture, souvent pro-occidentale, semble donc s’éloigner de plus en plus, y compris après le succès de l’opération antiterroriste russe en République arabe syrienne – pays avec lequel plusieurs de ces Etats cherchent désormais pour certains à normaliser, pour d’autres à développer sérieusement leurs relations.

Une chose est certaine: l’ordre international multipolaire continue à s’imposer dans un monde arabe qui d’un point de vue civilisationnel a beaucoup plus en commun avec la Chine et la Russie, qu’avec un monde occidental sans valeurs et beaucoup trop hypocrite.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Lorsque l’Ukraine se lance dans la vente de ses passeports

La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a récemment raconté comment les fonctionnaires ukrainiens organisent la vente de la citoyenneté de leur pays aux migrants illégaux du Moyen-Orient à travers un circuit bien rôdé.

Dans cette histoire, il y a deux points qui méritent une attention particulière. La première c’est comment les responsables ukrainiens issus du coup d’Etat du Maïdan organisent toute sorte de business lucratif pour des intérêts personnels, et de l’autre dans quelle situation risque de se retrouver désormais l’Europe bruxelloise face à une forte vague migratoire en provenance de l’Ukraine, sachant que les détenteurs de passeports ukrainiens peuvent se déplacer dans l’UE sans visa pour une période officielle de trois mois.

Pour rappel, le ministre ukrainien de la Défense avait récemment déjà averti sur une éventuelle arrivée massive de réfugiés au départ de son pays et à destination de l’Europe, dans le cas d’une supposée agression russe. Pour autant, le processus d’organisation d’une vague migratoire semble déjà avoir commencé côté ukrainien. Le tout à l’heure où l’establishment occidental et les régimes affiliés accusent des pays comme la Biélorussie, la Russie ou encore la Turquie de vouloir déstabiliser l’Occident à travers des crises migratoires. En fermant évidemment les yeux sur les agissements de l’allié kiévien.

Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères n’a ainsi pas manqué de pointer du doigt les agissements du pouvoir ukrainien, à l’heure où le président Zelensky a présenté un projet de loi portant sur la citoyenneté, selon lequel un citoyen ukrainien ne peut pas posséder également la citoyenneté russe, mais qui autorise à avoir la double citoyenneté les représentants de la diaspora basés aux Etats-Unis, au Canada et dans l’UE.

«Les autorités ukrainiennes vendent la citoyenneté du pays aux migrants illégaux du Moyen-Orient afin qu’ils puissent par la suite obtenir un visa de travail européen de manière simplifiée», a-t-elle déclaré. Tout en posant la question s’il s’agissait d’une attitude respectueuse envers sa citoyenneté et si le président ukrainien était au courant de ce business réalisé à travers les responsables de son pays.

La représentante de la diplomatie russe s’est également posée la question quant au fait si les parrains occidentaux de Kiev savaient que des diplomates ukrainiens en poste dans la capitale libanaise Beyrouth délivrent pour trois mille euros un visa touristique aux Syriens souhaitant s’installer en Europe. Puis, le processus suit son cours cette fois-ci en territoire ukrainien, où les autorités locales en l’espace de trois mois, et pour un montant symbolique de vingt mille dollars, assurent la délivrance de la citoyenneté ukrainienne à ces migrants, à partir de quoi ces derniers peuvent obtenir un visa de travail pour l’UE de manière simplifiée. Et peuvent ainsi s’installer dans l’espace bruxellois.

Là aussi ce n’est pas tout, puisque Maria Zakharova a mentionné un projet de loi du régime kiévien portant sur la procédure simplifiée d’obtention de la nationalité ukrainienne pour les citoyens étrangers participant à la guerre dans le Donbass (du côté de Kiev bien évidemment), y compris des ressortissants russes.

Tout en posant une autre question qui mérite tout l’intérêt: «Ou bien ces personnes se sont battues pour l’Ukraine au Moyen-Orient, et ils ont donc droit à la citoyenne ukrainienne pour un prix modique?». Faisant vraisemblablement référence aux terroristes ayant fait la guerre en Syrie contre les troupes gouvernementales et leurs alliés.

Pour résumer donc la situation, l’UE risque aujourd’hui non seulement de se retrouver face à un afflux de migrants ukrainiens ayant comme nous l’avons déjà soulevé dans le passé appartenu à des groupes extrémistes d’obédience bandériste néonazie, mais également et en complément des personnages ayant fait partie de divers groupes terroristes d’obédience salafiste, avec une expérience de guerre derrière eux également. Et qui pour le régime de Kiev sont vraisemblablement des alliés naturels, ne serait-ce que pour la raison d’avoir combattu les alliés de Moscou en République arabe syrienne, et pour certains ayant également été dans le feu de l’action dans la guerre contre les républiques populaires autoproclamées du Donbass en qualité de mercenaires.

Dans cette situation, l’UE au lieu de chercher des boucs-émissaires pour des crises migratoires parmi ses adversaires géopolitiques, d’autant plus et bien souvent qui ne sont que le résultat des interventions néocoloniales de l’Occident à divers endroits du monde, ferait mieux de s’intéresser au business de l’immigration illégale de la part de ses alliés kiéviens. A défaut de quoi, la situation migratoire risque de devenir difficilement gérable pour Bruxelles, le tout avec l’aimable «assistance» d’un régime allié.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Construire et non pas détruire: la Chine accroit son influence au Moyen-Orient

Les sociétés étatiques chinoises ont signé un accord avec les autorités irakiennes pour la construction d’un millier d’écoles qui représenteront vraisemblablement que la première tranche dudit accord. Pour Bagdad – il s’agit de restaurer avec l’aide de la Chine son système éducatif détruit après des années de guerre et d’interventionnisme. Pour Pékin – d’accroître encore plus son influence dans la région stratégique du Moyen-Orient.

En effet, la République populaire de Chine a une chance assez unique de considérablement augmenter son influence dans la région concernée. Et de mettre une fois de plus en pratique son approche à l’international – construire, et non pas détruire. Avec un clin d’œil évident à Washington.

Il faudrait également rappeler que l’Irak attire aujourd’hui le plus d’investissements chinois dans la région. Et avec le nouvel accord en question – la Chine a la chance non seulement de mettre à profit ses capacités qui ne sont plus à démontrer en matière de construction des infrastructures, mais également de contribuer à remettre sur les rails un secteur stratégique pour toute nation qui se respecte – celui de l’éducation. A ce titre, il serait certainement juste de faire le rappel qu’avant l’agression US contre l’Etat irakien de 2003, le pays pouvait se vanter d’avoir l’un des systèmes éducatifs les plus développés de la région et du monde arabe de façon générale.

Evidemment, il y a d’autres aspects qu’il faut prendre en compte. Comme le fait que la Chine est devenue le principal client du pétrole irakien (5ème producteur mondial). Ou encore que malgré des années d’occupation étasunienne, la présence de cette dernière en terre irakienne ne sera évidemment pas éternelle. A un moment ou un autre, Washington devra plier bagage, et partir du pays ayant été plongé si longtemps dans le chaos par ses «soins». D’autant plus que le parlement irakien a explicitement formulé cette demande, après le lâche assassinat par les USA du général iranien Qassem Soleimani et du chef des Kataeb Hezbollah Abou Mehdi al-Mouhandis, à l’aéroport international de Bagdad.

Là aussi, ce n’est pas tout. L’Iran et l’Irak partagent des relations d’alliance très solides. Et à l’heure de la montée en puissance du triumvirat Chine-Russie-Iran – à l’échelle aussi bien régionale qu’internationale – il devient évident qu’une plus large participation économique chinoise sera la bienvenue. Aussi bien d’ailleurs en Irak, qu’en Syrie, entre autres.

Il est à noter qu’après la réalisation de la première tranche de construction d’écoles déjà annoncée, les opérateurs chinois seront vraisemblablement sollicités à construire 7000 écoles supplémentaires. En d’autres termes – le constat est sans appel. Entre les actions US en Irak comme dans toute la région, et celles de la République populaire de Chine, on comprend vite qui est le destructeur, et qui le réparateur.

Néanmoins, Washington sans surprise poursuivra très certainement sa rhétorique sur une «Chine expansionniste», dans le même style que celle visant Moscou ou Téhéran. Il n’empêche que les années de résistance à la présence US, ainsi que le manque total d’efficacité de cette dernière lors du déferlement des terroristes de Daech, n’en sont que des preuves supplémentaires quant au fait qu’à l’instar de l’Afghanistan, les troupes US devront déguerpir d’Irak.

Il y a un autre point qui a également toute son importance. Si Washington peut, à juste titre, être considéré comme le champion dans la propagation du chaos à l’international, à travers de longues années d’agressions néocolonialistes en terres étrangères, de même que dans le vol des ressources naturelles dans les pays concernés par ces agressions, la résistance contemporaine et la récente réalité géopolitique, mais également géoéconomique, mondiale – résolument multipolaire, auront démontré toutes les limites d’une telle approche des convaincus à prétendument être «exceptionnels» et ne pas à avoir rendre des comptes.

En ce sens, les troupes d’occupation US auront déjà démontré être dans l’incapacité à faire face à la résistance populaire, malgré les énormes moyens militaires à leur disposition. D’autre part, cette incapacité à sécuriser les pays détruits par leur propre interventionnisme, ne créent pas le climat nécessaire pour que des entreprises étasuniennes un tant soit peu sérieuses puissent considérer à s’y aventurer.

Mis à part évidemment les quelques compagnies liées à des firmes de mercenariat US. Et qui de par leurs actions d’exploiter illégalement des ressources naturelles d’Etats souverains, comme notamment en Syrie, ne sauront éternellement pouvoir expliquer à leurs propres concitoyens les dizaines de milliards de dépenses du budget national dans des opérations à l’étranger, en vue de pouvoir simplement enrichir quelques hauts gradés de l’establishment politique ou militaire US.

Aussi, le fait que les principaux défenseurs et promoteurs du concept multipolaire international aient largement haussé le ton – démontre définitivement que le contrepoids à l’unilatéralisme occidental non seulement existe fermement, mais sera appelé à prendre encore plus de poids dans les années à venir.

Faut-il pour autant espérer que Washington déguerpisse de toute la région très rapidement? Certainement pas. Mais l’Irak sera déjà une nouvelle étape fort importante. Quant à la Chine, de même que les nations alliées, elles sauront certainement en qualité de grandes civilisations mondiales à démontrer qu’un pays quel qu’il soit a besoin avant tout de sécurité et de développement. Et non pas d’interventions néocoloniales sous faux couvert «humanitaire-démocratique».

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Eurasie & Afrique: les priorités de la politique étrangère de l’Iran

La République islamique d’Iran renforce ses positions à divers endroits de la planète, infirmant chaque jour un peu plus les tentatives d’isolement de la part de ses adversaires. Si au Moyen-Orient et plus généralement sur la scène régionale, le rôle de premier plan de Téhéran n’est plus à présenter, les intérêts du pays poursuivent un élargissement géographique et stratégique évident.

Les intérêts extérieurs de l’Iran ne se limitent plus à la région d’appartenance. En effet, la République islamique devient de plus en plus présente en dehors de la sphère régionale, comme c’est notamment le cas dans nombre de pays d’Amérique latine avec lesquels Téhéran entretient des relations d’alliance de plus en plus poussées, dont le Venezuela mais également avec Cuba, la Bolivie ou encore le Nicaragua.

Depuis l’arrivée au pouvoir du président Ebrahim Raïssi, une ligne stratégique est clairement affichée. A savoir, qu’au-delà de la poursuite de la défense de ses intérêts nationaux, régionaux et internationaux dans un cadre résolument pro-multipolaire dont le pays est d’ailleurs l’un des principaux promoteurs, l’Iran mise beaucoup sur deux axes d’importance stratégique: l’Eurasie et l’Afrique.

Dans le premier cas, cela est d’ailleurs quelque chose de parfaitement naturel sachant que l’Iran est lui-même une nation eurasienne. Mais la simple appartenance à la grande famille eurasienne sur le plan historico-culturel s’élargit résolument désormais vers l’intégration au sein de grandes structures internationales basées dans l’espace eurasiatique, et ce dans plusieurs sphères stratégiques: défense, sécurité, économie.

Parmi ces structures figurent l’Union économique eurasiatique (UEEA), composée actuellement de la Russie, du Kazakhstan, de la Biélorussie, de l’Arménie et du Kirghizistan, ainsi que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), dont font partie la Chine, la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, ainsi que l’Inde et le Pakistan. En ce qui concerne justement l’OCS, l’Iran y est déjà membre-observateur et souhaite devenir membre à part entière. Une pleine adhésion soutenue d’ailleurs par la Russie et certainement la Chine qui partage elle aussi une alliance stratégique avec Téhéran.

Une chose demeure sûre: l’intégration de l’Iran dans le grand espace eurasien, le tout en coordination avec ses alliés russe et chinois, se poursuivra inévitablement. D’autant plus que les trois pays concernés sont considérés comme les trois principaux adversaires géopolitiques par l’establishment washingtonien.

L’Afrique représente également une orientation prioritaire de la politique étrangère iranienne. Le tout à l’heure des bouleversements de grande envergure sur le continent touchant aux intérêts des puissances occidentales, d’obédience anglo-saxonne ou hexagonale – de plus en plus remis en cause aussi bien par le leadership de nombre de pays africains, que par une très large partie de l’opinion publique panafricaine.

En ce sens, l’Iran appuie, à l’instar de Moscou et de Pékin, une posture opposée au néocolonialisme occidental et qui trouve un écho largement favorable au sein de la société civile continentale. En outre, de nombreux pays africains interagissent dans la sphère politico-diplomatique, économique et sécuritaire de plus en plus activement avec la nation perse.

Si cette montée en puissance est fortement mal vue à Washington et dans nombre de capitales occidentales au passé colonial et à la posture toujours néocoloniale, il y a un autre acteur qui s’inquiète vivement d’un tel développement: Israël. En effet et après l’échec retentissant de tenter à isoler l’Iran sur la scène régionale et internationale, le continent africain devient un autre terrain de l’opposition entre Téhéran et Tel-Aviv.

Si ce dernier peut compter sur un certain nombre de soutiens sur le continent, ce qui lui a permis d’obtenir le statut d’observateur au sein de l’Union africaine (UA), il n’empêche que plusieurs des principales puissances continentales africaines se sont clairement opposées à cette perspective, démontrant par la même occasion que rien n’est encore acquis pour l’Etat sioniste sur la scène africaine. Parmi elles – le Nigéria (première puissance économique, première population et quatrième puissance militaire du continent), l’Afrique du Sud (troisième puissance économique et militaire africaine), ainsi que l’Algérie (premier pays africain en superficie, quatrième puissance économique et deuxième puissance militaire continentale). En d’autres termes – les trois des quatre principales puissances africaines avec lesquelles l’Iran entretient des relations intéressantes et qui continuent de se développer.

Quant à l’Egypte (deuxième puissance économique et première puissance militaire d’Afrique), qui s’est d’ailleurs également opposée au statut d’observateur d’Israël à l’UA, bien que n’entretenant pas pour le moment des relations très cordiales avec Téhéran – cela pourrait être amené à changer, notamment dans le cadre des pourparlers de normalisation en cours entre l’Iran et certains pays arabes. Rajoutant encore plus de poids aux positions iraniennes sur la scène continentale en interaction avec les principales puissances africaines.

Ce qui est certain, c’est que toute la rhétorique récente, qui émanait aussi bien de Washington, Tel-Aviv, que de leurs partenaires proches, tout au long de ces dernières années – n’a plus aucun sens aujourd’hui. L’Iran non seulement ne s’est pas retrouvé isolé mais n’a probablement jamais été aussi influent sur la scène régionale et internationale au cours de son histoire contemporaine. L’intégration stratégique au sein de l’espace eurasien, de concert et en coordination avec la Russie et la Chine, de même qu’une politique active sur le continent africain contribueront fort probablement à un renforcement non seulement des positions iraniennes sur la scène internationale, mais également à l’axe des partisans résolus de la multipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: la Chine passe à l’action

Pékin renforce son interaction avec Damas non seulement sur le plan politico-diplomatique, mais tout semble désormais aller dans la direction d’une collaboration de plus en plus étroite dans les sphères économique et sécuritaire. Renforçant un peu plus l’axe de la multipolarité dans les affaires du Moyen-Orient et confirmant par la même occasion que la Syrie peut se passer d’une interaction quelconque avec les Etats occidentaux.

La visite du chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, dans la capitale syrienne est venue conforter non seulement des relations cordiales entre la République populaire et la République arabe, au moment d’ailleurs de l’inauguration du leader syrien, mais confirme de plus en plus la détermination du leadership chinois à jouer un rôle important dans la Syrie post-conflit, aux côtés des autres principaux alliés de Damas – en la qualité de la Russie et de l’Iran. Le tout après la récente victoire du président Bachar al-Assad aux élections présidentielles syriennes.

Durant cette visite, le haut responsable chinois a rencontré son homologue syrien, Fayçal al-Meqdad, et a également été reçu par le leader syrien. A l’issue de ces rencontres, les deux pays se sont fixés l’objectif de renforcer les liens et la coopération bilatérale, comme l’annonce l’agence de presse chinoise Xinhua.

Wang Yi, qui au-delà d’être le ministre des Affaires étrangères – est également conseiller d’Etat, a souligné que la Chine se tient résolument aux côtés du peuple syrien et adhère à la justice internationale en préservant la souveraineté et l’indépendance de la Syrie. Lors de sa rencontre avec le président Bachar al-Assad, le chef de la diplomatie chinoise a également rappelé que la Chine s’oppose à toute tentative de changement de régime en Syrie.

Toujours selon Wang Yi – sous la direction de M. Assad, le peuple syrien a remporté de précieux succès dans la lutte contre le terrorisme et l’opposition aux ingérences extérieures, ajoutant que la réélection du président syrien reflétait la confiance et le soutien solides dont il jouit auprès de la population. Un commentaire fort important et qui à l’instar du soutien russo-iranien à Damas, va fermement à l’encontre des déclarations d’une large partie de l’establishment occidental.

Par ailleurs, la Chine soutient fortement la Syrie dans la gestion de ses problèmes intérieurs en vertu du principe « dirigé et pris en charge par les Syriens ». Le ministre chinois des Affaires étrangères a par ailleurs affirmé que la Chine avait présenté une proposition en quatre points pour résoudre la question syrienne.

Premièrement, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la Syrie doivent être respectées. La Chine appelle à respecter le choix du peuple syrien, à abandonner l’illusion d’un changement de régime et à laisser le peuple syrien déterminer de manière indépendante l’avenir et le destin de son pays. Deuxièmement, le bien-être du peuple syrien doit être une priorité et le processus de reconstruction doit être accéléré. La Chine estime que le moyen fondamental de résoudre la crise humanitaire en Syrie réside dans la levée immédiate de toutes les sanctions unilatérales et du blocus économique contre la Syrie.

Troisièmement, une position ferme sur la lutte efficace contre le terrorisme doit être maintenue. La Chine estime que toutes les organisations terroristes répertoriées par le Conseil de sécurité des Nations unies doivent être réprimées et que les politiques de «deux poids, deux mesures» doivent être rejetées. Selon M. Wang, le rôle de premier plan du gouvernement syrien dans la lutte contre le terrorisme sur son territoire doit être respecté, les projets visant à susciter des divisions ethniques sous prétexte de lutter contre le terrorisme doivent être combattus, et le sacrifice et la contribution de la Syrie à la lutte antiterroriste doivent être reconnus. La Chine soutiendra la position antiterroriste de la Syrie et se joindra à elle pour renforcer la coopération antiterroriste mondiale, a souligné M. Wang.

Quatrièmement, une solution politique inclusive et réconciliatrice à la question syrienne doit être encouragée. La Chine appelle à faire avancer le règlement politique de la question syrienne par les Syriens, à aplanir les divergences entre toutes les factions syriennes par le dialogue et la consultation, et à jeter des bases politiques solides pour la stabilité, le développement et la revitalisation à long terme du pays.

Deux points très importants mentionnés également par M. Wang concernent justement les domaines sécuritaire et économique. Sur le premier, le chef de la diplomatie chinoise a annoncé que son pays était prêt à renforcer le partenariat dans la sphère antiterroriste avec Damas, à améliorer la capacité antiterroriste de la Syrie, et à sauvegarder la sécurité nationale des deux pays respectifs, tout en contribuant à la sécurité du monde.

Un point effectivement très important lorsqu’on connait les succès stratégiques de la lutte contre le terrorisme salafiste, affilié à Daech ou Al-Qaida, dans laquelle l’axe Damas-Moscou-Téhéran-Hezbollah a joué un rôle clé – à l’énorme différence de la «coalition» occidentale.

Sur l’aspect économique, Wang Yi a rappelé qu’en tant que partenaires dans l’Initiative la Ceinture et la Route (ICR), la Chine et la Syrie discuteront conjointement des moyens efficaces à faire avancer une coopération mutuellement bénéfique, en particulier dans les domaines de l’agriculture et du commerce, de manière à aider la Syrie à améliorer les moyens de subsistance et à accélérer la reconstruction.

Ce dernier point est d’autant plus important qu’il confirme justement la motivation de Pékin de participer à la reconstruction des infrastructures de l’Etat syrien – détruites par des années de guerre contre le terrorisme et l’interférence néocoloniale. Un domaine dans lequel la Chine dispose non seulement d’un savoir-faire qui n’est plus à présenter, mais également d’énormes capacités d’investissements.

Tout cela conforte évidemment, et une fois de plus, le fait que la véritable communauté internationale se trouve désormais en Eurasie. Et que malgré toute la rhétorique récente hostile des élites occidentales quant au fait que la reconstruction en Syrie ne pourrait se faire sans leur implication – cette arrogance tombe, elle aussi une fois de plus, à l’eau. D’ailleurs, cela ne fait que rendre justice aux paroles du président Bachar al-Assad qui a maintes fois déclaré que les acteurs internationaux qui pourront participer au processus de reconstruction et d’investissements dans la Syrie post-conflit – ce sont les alliés de l’Etat syrien. Des alliés connus, en l’occurrence le triumvirat Russie-Iran-Chine.

Cela représente indéniablement la meilleure réponse à tous les membres de la communauté occidentale (et non pas internationale) – à savoir que l’époque où il était possible de détruire, pour ensuite se servir – est bien terminée. Multipolarité oblige. Il est encore temps de se mettre à jour. Mais soyons réalistes – l’establishment atlantiste occidental en est incapable. D’où la raison pour laquelle il continuera à perdre de son influence dans les affaires internationales.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Présidentielle en Syrie: la souveraineté ne se négocie pas

L’élection présidentielle en République arabe syrienne aura lieu le 26 mai prochain (le 20 mai pour les Syriens se trouvant à l’étranger). Ce scrutin dans lequel le président sortant Bachar al-Assad est largement favori constitue un élément de réponse indéniable aux déstabilisations extérieures ayant visé ce pays depuis plusieurs années.

Malgré toutes les critiques en cours de la part de nombre de régimes occidentaux et affiliés visant, comme à son habitude, la Syrie et notamment le scrutin présidentiel qui aura lieu sous peu, toutes les conditions ont été jusqu’à maintenant réunies pour une organisation digne de ce nom. Aussi bien sur le plan administratif que sécuritaire.

En effet, les autorités syriennes ont mis en place tout le dispositif nécessaire au bon déroulement de la présidentielle. Y compris au niveau des représentations diplomatiques à l’étranger. Ce dernier point mérite d’ailleurs une attention particulière connaissant l’attention accordée aux citoyens de Syrie se trouvant à l’extérieur du pays. Et ce pour la simple et bonne raison que cela constitue un élément de réponse évident que le leadership national n’a aucune peur quant au choix que pourrait faire valoir le vote de la diaspora syrienne.

C’est peut-être d’ailleurs la raison d’une obstruction pratiquée dans plusieurs pays occidentaux en vue de perturber le vote des Syriens vivant dans les pays concernés. Car si l’establishment politico-médiatique occidental aurait été convaincu que les représentants de la diaspora syrienne seraient largement hostiles au président al-Assad, il est assez évident que ce même establishment se serait activement mobilisé pour mettre un accent sur ce point.

Après tout il est pratiquement certain que si une large part des Syriens de l’étranger votera pour le président sortant – toute la propagande hostile à la République arabe et à son leadership en prendrait un sacré coup, supplémentaire. Et ce en premier lieu en terre occidentale, sans oublier les supplétifs.

Pendant ce temps et en Syrie, dans la capitale Damas comme à d’autres endroits du pays, la population semble largement prête à faire exprimer son choix le 26 mai. Et ce dans le cadre multiconfessionnel et multiethnique de la nation – une richesse que durant de longues années les groupes terroristes et leurs parrains extérieurs avaient tout fait pour détruire. Faut bien le dire – en vain.

Le fait même que de pouvoir organiser ces élections présidentielles dans un cadre sécuritaire n’ayant rien à avoir avec celui d’il y a encore quelques années constitue sans le moindre doute un élément supplémentaire de vive inquiétude pour toutes les forces hostiles à la Syrie. Et qui ne fait que confirmer la légitimité du scrutin.

Au moment où plusieurs Etats ayant participé à la déstabilisation du pays cherchent désormais à négocier en vue d’une possible normalisation, comme l’Arabie saoudite – le principal allié, après l’Etat sioniste, des Etats-Unis dans la région du Moyen-Orient, cela démontre également à quel point la donne a changé. Et ce après que plusieurs autres Etats arabes ont d’ores et déjà normalisé les relations avec Damas. Dont les Emirats arabes unis qui avaient déjà rouvert leur ambassade en Syrie en 2018.

Les régimes occidentaux, eux, restent à la traine. Ayant, comme certains de leurs supplétifs, beaucoup de mal à accepter une réalité sur laquelle ils n’ont pas de contrôle. Une réalité qui n’est autre que celle de la multipolarité mondiale. Evidemment, les défis restent très importants. La situation dans plusieurs pays du monde, notamment actuellement en Palestine, reste extrêmement préoccupante. Une chose demeure néanmoins certaine: la résistance et la promotion d’un concept international plus juste restent les meilleures réponses aux nostalgiques d’une époque révolue.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Haut gradé US: Russie, Chine, Iran peuvent combler le vide au Moyen-Orient

Le chef du Commandement central des Etats-Unis reconnait la perte de la domination des USA sur le Moyen-Orient. Il insiste également sur le rôle croissant de Moscou, Pékin et Téhéran.

Comme souvent, ce que les politiciens n’oseront dire, les militaires l’exposent ouvertement. C’était il y a quelques jours le cas pour Frank McKenzie, l’un des principaux hauts gradés de l’armée étasunienne, et chef du Commandement central des USA (Centcom) – la structure du département de la Défense US responsable des opérations militaires des Etats-Unis au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Asie du Sud, qui a exprimé sa position auprès de la Commission des forces armées de la Chambre des représentants des Etats-Unis.

Plusieurs points méritant intérêt ont été soulevés dans ces déclarations, notamment du point de vue du rôle croissant des grandes puissances partisanes de la multipolarité – Chine, Russie, Iran, qui ont été bien évidemment citées. En ce qui concerne Pékin et Moscou, McKenzie affirme que les deux pays pourraient remplir le vide dans la région stratégique du Moyen-Orient. Evidemment dans une constatation amère de la réalité pour les USA: «Les deux pays tirent parti de leur proximité avec la région, de leurs relations historiques et d’un déclin perçu des Etats-Unis, afin d’établir et renforcer des relations opportunistes».

Tout en précisant que selon lui la Russie «joue le rôle de spoiler pour les Etats-Unis, en utilisant des moyens militaires, des opérations d’influence et des activités de la zone grise pour saper et perturber l’influence américaine». La Chine, en revanche, «utilise principalement des moyens économiques pour établir des routes régionales, dans le but à long terme d’étendre sa présence militaire et ainsi sécuriser les routes vitales de l’énergie et du commerce».

Pour le général américain «le Moyen-Orient est, et a toujours été, un carrefour d’intérêts mondiaux et une arène historiquement privilégiée pour les puissances étrangères afin de rivaliser pour leur influence, leurs ressources et leur accès».

L’Iran n’a pas été lui aussi oublié. En effet, la République islamique représente sans le moindre doute, au même titre que Pékin et Moscou, un défi de taille pour Washington dans la région. McKenzie affirme que «l’Iran représente une menace quotidienne pour les Etats-Unis et leurs alliés au Moyen-Orient (on peut deviner – en premier lieu pour Israël et l’Arabie saoudite) alors que la supériorité militaire américaine dans la région diminue».

L’autre citation très révélatrice, toujours en rapport avec Téhéran, est la suivante: «L’utilisation généralisée par l’Iran de drones de petite et moyenne taille pour la surveillance et les attaques signifie que pour la première fois depuis la guerre de Corée (1950-1953, ndlr), nous opérons sans supériorité aérienne totale». Une constatation de la réalité qui peut sonner comme un véritable son de cloche des plus alarmants.

En termes d’analyses de ces propos du haut responsable militaire étasunien et de perspectives, il faut reconnaitre à McKenzie, malgré une hostilité non-voilée vis-à-vis des principaux adversaires sur l’arène internationale de Washington, que ses propos traduisent une réalité qu’une large partie des représentants de l’establishment politique US comme occidental de façon générale n’ose pas aborder. Ces derniers, préférant lancer constamment des accusations, le plus souvent sans présenter la moindre preuve tangible, s’obstinent par la même occasion à poursuivre la mission impossible de promotion du concept unipolaire terminé. Et ce aussi bien du côté des élites politiques que médiatiques de l’Occident.

La réalité est pourtant telle qu’elle est. Le concept multipolaire ne fera pas marche arrière pour faire plaisir aux nostalgiques d’une époque où une extrême minorité, bien souvent n’ayant même pas la légitimité de représenter ses propres peuples, dominait l’écrasante majorité planétaire. Il faudra donc accepter la libre concurrence, mais aussi les règles qui en ressortent.

Peut-être qu’à cet effet l’establishment politico-médiatique occidental devrait en effet être un peu plus à l’écoute des analyses de ses représentants militaires qui, pour certains d’entre eux, ont au moins le mérite de comprendre, et de facto – de reconnaitre, le basculement du monde contemporain. Evidemment sans en être des amis ou des partisans, mais c’est déjà mieux ainsi. Une constatation franche de la réalité dans l’adversité reste meilleure que les déclarations sans fin quant au prétendu rôle exceptionnel des USA et de ses acolytes – un discours dans lequel non seulement ne se retrouve pas la large majorité des peuples du monde, mais également une part importante des populations de pays occidentaux. Quant à la Chine, la Russie et l’Iran – les relations du triumvirat ne sont que propres au processus naturel pour trois grandes civilisations mondiales. Et cela – avec ou sans Washington sur leur chemin.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Activités US de militarisation biologique: la Chine exige des explications

Les activités de militarisation biologique des Etats-Unis inquiètent nombre de pays, notamment la Chine. A cet effet, Pékin exige des clarifications de la part de Washington.

La Chine a exhorté les USA à apporter une clarification sur leurs activités de militarisation biologique à l’étranger. C’est ce qu’a déclaré Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Xinhua.

Ces remarques ont été faites par le haut responsable chinois en réponse à une question au sujet d’un rapport selon lequel Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a déclaré que les activités de recherche des Etats-Unis dans les laboratoires biologiques de certains pays membres de la Communauté des Etats indépendants ont suscité de vives inquiétudes.

Partageant les inquiétudes de M. Medvedev, qui considère que les recherches menées par les USA dont il est question manquent de transparence et vont à l’encontre des règles de la communauté internationale et des organisations internationales, M. Zhao a également indiqué que «ce n’est pas la première fois que la communauté internationale exprime son inquiétude quant aux activités de militarisation biologique des Etats-Unis dans d’autres pays». Ajoutant que la Chine a souligné à maintes reprises que de telles activités n’étaient pas transparentes, sûres ou justifiées.

Il a également indiqué que, selon les reportages des médias, les Etats-Unis ont mis en place de nombreux laboratoires biologiques dans 25 pays et régions à travers le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’ex-Union soviétique, dont 16 rien qu’en Ukraine. Certains des endroits abritant ces laboratoires ont connu des flambées à grande échelle de rougeole et d’autres maladies infectieuses dangereuses. USA Today rapporte que depuis 2003, des centaines d’incidents impliquant des contacts accidentels avec des agents pathogènes mortels se sont produits dans les laboratoires biologiques américains, à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis. Cela peut entraîner l’infection des contacts directs, qui peuvent ensuite propager le virus dans les communautés et déclencher une épidémie.

Le porte-parole de la diplomatie chinoise a également soulevé des questions sur l’objectif de la construction de tant de laboratoires biologiques à travers le monde, ainsi que sur leurs normes de sécurité.

«Pourquoi construire ces laboratoires dirigés par l’armée? Combien de ressources biologiques sensibles et combien d’informations ont-ils glanées dans les pays concernés?», s’est interrogé M. Zhao, avant d’exiger de savoir s’il existe un danger potentiel de fuite.

«Pourquoi les Etats-Unis, depuis plus d’une décennie, entravent les négociations en faveur d’un protocole de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques (CABT) qui comprend un régime de vérification?», a poursuivi le haut diplomate.

Les Etats-Unis doivent faire preuve d’ouverture, de transparence et de responsabilité, répondre aux préoccupations internationales, mettre en œuvre fidèlement leurs obligations envers la CABT, clarifier leurs activités de militarisation biologique à l’étranger et cesser de bloquer les négociations en faveur d’un protocole comprenant un régime de vérification, a déclaré M. Zhao.

En termes de perspectives, et au-delà de l’inquiétude que suscitent, aussi bien auprès de Pékin que de ses alliés, les dits travaux, il serait également juste de dire qu’une fois de plus Washington fait preuve d’une véritable politique de doubles standards. Pour un pays qui ne rate jamais la moindre occasion d’accuser ses adversaires géopolitiques, ainsi que nombre d’autres Etats souverains, quant au fait de mener des activités non-transparentes – que ce soit dans le cadre d’armements chimiques ou nucléaires, reste par la même occasion à ce jour le champion du manque de transparence sur des sujets aussi sensibles que la militarisation biologique. Surtout, et cela est connu, que ces recherches ne se limitent pas aux laboratoires étasuniens, mais sont présents dans nombre de pays appliquant les prérogatives washingtoniennes, notamment l’Ukraine, mentionnée déjà à plusieurs reprises.

Il faudrait également probablement rappeler que si un pays manque de transparence vis-à-vis de la communauté internationale sur des sujets aussi sensibles, et refuse d’engager un régime de vérification dont la nécessité a été rappelée par le porte-parole de la diplomatie chinoise, l’approche vis-à-vis de tels comportements devrait aller dans le sens des sanctions. S’il est vrai que les USA et nombre d’autres Etats occidentaux continuent de penser qu’ils sont les seuls ayant un tel droit, tout en étant une minorité évidente au sein de la communauté internationale, il est toujours important d’émettre quelques rappels de bon sens à ce sujet, à l’instar du leadership chinois.

Au-delà des sanctions, d’autres mesures de protection seront fort probablement nécessaires face au risque d’une propagation incontrôlée d’agents pathogènes fortement dangereux pour les habitants de la planète. Peut-être que d’ailleurs c’est l’une des raisons de l’importance accordée par des pays comme la Chine, la Russie ou encore l’Iran à la protection biologique. Et du moment que certains Etats s’obstinent encore à ne pas reconnaitre la réalité multipolaire mondiale, des provocations ou agressions visant les partisans de la multipolarité ne sont certainement pas à écarter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Embargo sur les armes à l’Iran: les USA isolés

Les Etats-Unis ont échoué à faire prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran. Et ce après des mois de travaux intensifs de lobbying politico-diplomatiques. Une fois de plus, les USA se retrouvent isolés.

«Nous avons perdu aujourd’hui» – c’est ce qu’a déclaré le conseiller de la Maison-Blanche à la sécurité nationale Robert O’Brien. Tout en ajoutant «que ce n’était pas encore fini». En effet, Washington se rend progressivement à l’évidence que ses initiatives font face non seulement au duo implacable Moscou-Pékin, mais également et de en plus en plus au manque de confiance de ses propres alliés occidentaux.

Si le double véto russo-chinois face à la résolution étasunienne était fort prévisible, l’abstention de la France, de l’Allemagne et même de la Grande-Bretagne était pour nombre d’observateurs assez inattendue. D’un autre côté et plus particulièrement dans le cas allemand, le manque de soutien à l’allié otanesque sur le dossier en question serait tout de même moins surprenant. Compte tenu des pressions et menaces exercées par l’establishment US sur les entreprises et personnalités allemandes liées à la construction du gazoduc Nord Stream 2. Berlin étant bien évidemment toujours dans le camp atlantiste, mais toute chose peut avoir des limites – surtout lorsqu’il s’agit d’intérêts économiques importants. D’autant plus en lien avec un domaine stratégique qu’est l’énergie.

Mais malgré la nette opposition de l’Axe Pékin-Moscou, et le manque de solidarité des alliés européens de Washington, il est bien peu probable que ce dernier s’en arrête là. Se sentant isolés, faisant face à la détermination iranienne de ne pas fléchir et du soutien géopolitique évident émanant depuis la Chine et la Russie à destination de l’Iran, les Etats-Unis pourront toujours utiliser la bonne vieille méthode qui leur est propre: celle des provocations armées contre Téhéran et ses intérêts internationaux et la poursuite des tentatives de déstabilisation de toutes sortes. Surtout que les nombreuses sanctions économiques n’aient pas mis la République islamique à genoux.

En ce sens, l’initiative du président russe Vladimir Poutine de convoquer dans un futur proche une réunion devant réunir les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Iran et l’Allemagne, dans l’objectif de créer des mécanismes capables de créer un climat de confiance dans la zone du golfe Persique et de faire diminuer les tensions existantes, arrivait pratiquement au même moment que le vote au Conseil de sécurité onusien sur la poursuite de l’embargo sur les armes à l’Iran – où la résolution US a connu une défaite fracassante. Une initiative que pour le moment semble ne pas soutenir le président étasunien Donald Trump – du moins avant la fin de l’élection présidentielle aux USA.

Chose qui était assez prévisible – sachant que le président US avait fait des pressions sur l’Iran l’une de ses principales thèses en termes de politique étrangère. Et vu que cette politique n’a pas donné de résultat escompté – ni du côté iranien, qui refuse d’abdiquer et continue de défendre activement ses intérêts, ni du côté du duo russo-chinois qui accorde un important soutien politico-diplomatique et économique à Téhéran, et désormais même les alliés occidentaux de Washington semblent se montrer de plus en perplexes – tout dialogue prématuré serait considéré comme une défaite évidente et sur tous les plans pour le leadership étasunien.

Encore une fois, la défaite politico-diplomatique étasunienne ne doit aucunement être vue comme une possibilité de baisser les gardes pour l’Axe Pékin-Moscou-Téhéran. Les trois nations continuent d’être officiellement considérées par Washington comme étant ses principaux adversaires géopolitiques. Mais plus que cela encore, les attaques et provocations côté étasunien pourront aller clairement à la hausse. Et ce dans le cas des intérêts des trois pays.

En ce qui concerne plus particulièrement le golfe Persique et la région du Moyen-Orient, il n’est pas à exclure que les USA chercheront de nouveaux moyens de vengeance visant les positions iraniennes. En oubliant par la même occasion que les capacités de riposte côté Téhéran ne sont pas à démontrer. Et qu’une telle riposte serait amplement justifiée dans le cas où, une fois de plus, Washington serait l’initiateur et l’agresseur. Avec des conséquences imprévisibles pour la suite. Evidemment et cela est connu de tous, il y a des parties intéressées au maintien et même au renforcement des attaques visant l’Iran – l’Etat sioniste notamment. Sauf qu’à force de pousser le bouchon un peu loin, les instigateurs d’une telle approche se retrouveront eux-mêmes dans le viseur du feu de riposte. Un feu qui pourrait être bien plus puissant que celui ayant fait suite à l’assassinat du général Qassem Soleimani.

En ce sens, les initiatives politico-diplomatiques de Moscou et de Pékin, dans un cadre pleinement multipolaire, sont certainement à saluer. Le souci c’est que lorsqu’en face il y a ceux qui refuseront encore un bon moment d’accepter la nouvelle réalité mondiale, le risque d’un affrontement majeur restera sérieusement élevé.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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