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L’ex-Premier ministre ukrainien Nikolaï Azarov a présenté son livre à Moscou

Nikolaï Azarov

Nikolaï Azarov, l’ancien Premier ministre du gouvernement de Viktor Ianoukovitch, a donné une conférence de presse à Moscou en lien d’une part avec la sortie de son livre « L’Ukraine à la croisée des chemins » et d’autre part compte tenu des événements tragiques ayant vraisemblablement mis fin à l’Etat ukrainien en tant que tel.

L’ex-Premier ministre ukrainien, à la grande différence de Ianoukovitch, n’a jamais été quelqu’un qui mâche ses mots ou qui manque de courage. Son apparition hier à Moscou et ses réponses données par rapport aux événements de son pays l’ont prouvé une fois de plus. Dans son livre, il revient sur les importantes possibilités de l’Ukraine qu’il voulait à tout prix développer et qui avaient commencé à donner du résultat (notamment la croissance de l’économie ukrainienne durant la période de son mandat). Des possibilités désormais volées.

Il est revenu également sur la raison pour laquelle il a dû quitter l’Ukraine en février de l’année dernière: la voiture transportant son épouse a été mitraillée (les terroristes vraisemblablement pensaient viser Azarov). Son épouse a survécu mais le signal était très clair. Dans cette « nouvelle Ukraine », la vie, surtout de ceux opposés à la junte, possède désormais un tout autre sens.

Il a mentionné aussi lors de sa conférence de presse et des débats télévisés qui s’en ont suivi les principales erreurs du président ukrainien, Viktor Ianoukovitch. La première étant de ne pas avoir eu le courage et sous pression occidentale d’aller jusqu’au bout afin de permettre aux forces de l’ordre de chasser les extrémistes néonazis de la place du Maïdan. D’autre part, d’avoir justement fait confiance aux élites occidentales qui ont ouvertement menti et n’ont réalisé aucune de leurs obligations (notamment la troïka des ministres des Affaires étrangères allemand, français et polonais).

Il est vrai, et c’est aussi la raison pour laquelle il a toujours de la sympathie au sein d’un nombre important d’Ukrainiens (du Sud-Est principalement) est que dès le départ de la révolte Made in USA, il était prêt à en découdre, chose que Ianoukovitch n’a pas fait et dont l’Ukraine aujourd’hui en paie les frais avec comme résultat un pays définitivement divisé, une situation économique chaotique et des perspectives plus sombres les unes que les autres.

Il n’a pas non plus oublié de souligner les raisons pour laquelle l’Ukraine avait décidé d’ajourner la signature de l’accord d’association avec l’Union européenne, une des « raisons » de la révolte maïdanesque. Elles sont pourtant simples: le gouvernement ukrainien s’était rendu compte qu’elle comporte bien plus de points négatifs que positifs (pour l’économie ukrainienne puisque c’est d’elle qu’il s’agit) et que cela mettait également en danger la coopération économique avec le voisin russe, de loin le principal partenaire économique de l’Ukraine à l’époque. Aujourd’hui, la situation qui prédomine dans la New Ukraine en est la meilleure preuve.

Pour finir, Azarov a rappelé que de facto il reste légitimement Premier ministre de l’Ukraine et qu’il ne reconnait pas les autorités putschistes qui dominent la vie politique ukrainienne depuis le coup d’Etat anticonstitutionnel. Tout en soulignant que ces nouvelles « autorités » sont anti-ukrainiennes, qu’elles travaillent uniquement sur ordre de leurs mentors outre-Atlantique mais aucunement en faveur du peuple ukrainien.

Selon un certain nombre de spécialistes, Azarov pourra peut-être devenir l’alternative à la junte kiévienne. Une sorte de gouvernement ukrainien en exil. Ianoukovitch ayant déçu un très grand nombre de ses partisans, notamment pour son manque de courage évident, Azarov lui continue d’inspirer la confiance pour une partie notable de citoyens ukrainiens. Mais vu la mainmise actuelle US & OTAN sur Kiev, il est bien peu probable de penser à son éventuel retour en Ukraine dans un avenir proche.

Par contre, la réalité d’une autre Ukraine, celle de Novorossia, se renforce elle de jour en jour. Et vraisemblablement personne ne pourra forcer cette réalité à faire marche arrière, ni Washington, ni Bruxelles, ni encore moins Kiev. Car malgré tous les massacres et les atrocités quotidiennes commises par les bataillons punitifs kiéviens et galiciens, Novorossia a prouvé qu’elle sait résister et qu’elle tiendra jusqu’à la victoire totale.

http://fr.sputniknews.com/analyse/20150205/1014386726.html#ixzz3R3Z2eFhQ

Mikhail Gamandiy-Egorov

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