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L’accord de Vienne: Téhéran pointe du doigt les responsabilités de Washington

L’Iran se dit prêt à respecter l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien – à condition que les Etats-Unis réintègrent ledit accord sans condition préalable et lèvent les sanctions visant la République islamique. En cela, Téhéran peut compter sur le soutien de Moscou et de Pékin.

Après la sortie unilatérale de l’accord sur le nucléaire iranien, appelé également plan d’action conjoint, opérée par les USA sous l’administration Trump, la responsabilité incombe logiquement à ces derniers quant à la pleine réintégration, et ce sans conditions préalables. C’est la position de l’Iran.

En visite à Moscou, le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf l’a d’ailleurs rappelé sans équivoque. Lors de cette visite du haut responsable de l’Iran en Russie, dont le but annoncé était l’élévation des relations bilatérales à un niveau encore plus stratégique entre les deux pays, Mohammad Baqer Qalibaf n’a pas manqué également de pointer du doigt la responsabilité étasunienne, notamment dans le cadre du mentionné ci-haut accord de Vienne.

Il a à ce titre déclaré que la nouvelle administration US n’est pas en mesure de prendre de décisions sur les questions majeures: «Nous avons reçu des signaux différents de la part des positions officielles de l’administration Biden, quoique nous n’ayons vu aucune nouvelle stratégie de leur part. Il semble que cette administration ne soit pas capable d’adopter de grandes décisions».

En ajoutant «que la nouvelle administration américaine a évoqué une condition préalable pour tenir ses engagements, mais elle n’a pas le droit de poser de condition préalable pour remplir des obligations qui n’ont pas été remplies (de la part des Etats-Unis, ndlr) depuis plusieurs années. Ce sont les Américains qui ont quitté l’accord sur le nucléaire et ont porté atteinte à l’économie iranienne. Par conséquent, ils doivent d’abord tenir leurs engagements sans aucune condition préalable, et nous devons voir les résultats de la levée des sanctions de manière tangible, et ce sera ensuite à notre tour de tenir nos engagements».

La position de l’Iran demeure donc jusqu’à maintenant inchangée, à savoir que c’est effectivement aux USA de revenir à leurs propres engagements avant de pouvoir demander quoi que ce soit à la partie iranienne. Maintenant et pour parler des perspectives, il faut certainement faire mention de nombre de points.

Tout d’abord, Téhéran aura une fois de plus démontré appartenir aux Etats qui ne fléchissent pas face aux agressions et pressions extérieures, conformément à la défense de la souveraineté et des intérêts nationaux. On peut se rappeler à ce titre des multiples déclarations de l’élite étasunienne quant au fait que l’économie iranienne sera détruite et que les Iraniens seront «forcés» à revenir aux pourparlers avec les USA sur la base des conditions étasuniennes. Il n’en fut rien. Non seulement, l’Iran a tenu face aux sanctions économiques et aux diverses pressions politico-sécuritaires qui visaient à affaiblir et à déstabiliser le pays, mais plus que cela – a réussi à maintenir son influence sur la scène régionale intacte, tout en l’élargissant sur la scène internationale. Notamment en Amérique latine. Confirmant d’ailleurs la thèse que l’Iran n’a probablement jamais été aussi influent internationalement parlant dans son histoire contemporaine.

D’autre part, l’Iran a également fait démonstration de sa capacité non seulement de résister aux pressions et agressions multiples, mais d’être capable de passer à l’offensive – que ce soit sur le plan sécuritaire, économique ou énergétique. Notamment lors des livraisons de carburant au Venezuela ou encore dans le cadre de «l’accord du siècle» avec Pékin ouvrant la voie à de forts importants investissements chinois en Iran, le tout sur du long-terme.

Washington de son côté se retrouve dans une situation délicate. S’il revient sans condition préalable dans l’accord de Vienne – ce sera considéré pour certains comme une défaite de l’administration Biden et pourra être exploité par les opposants à l’actuel pouvoir américain, favorisant un peu plus les divisions étasuniennes internes déjà fortement visibles. Quant au fait de réclamer à l’Iran de faire le premier pas – étant effectivement une demande complètement illogique compte tenu de l’historique et des actions engagées par les USA dans le cadre de cet accord, Téhéran a une nouvelle fois réaffirmé ne pas être prêt à une telle démarche.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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