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L’Occident impuissant face à l’interaction russo-africaine

02.08.2022

Les voyages du ministre russe des Affaires étrangères et du président français en Afrique se sont déroulés pratiquement au même moment. Et malgré le déplacement du chef d’Etat hexagonal avant un agenda ouvertement anti-russe, les pays africains refusent de se joindre à l’hystérie occidentale contre Moscou. Poussant Macron une fois de plus à faire démonstration d’une arrogance d’un autre âge.

Alors que Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe, se trouvait encore en tournée africaine – durant laquelle il a visité l’Egypte, le Congo, l’Ouganda et l’Ethiopie – le président français Macron a tenté à tout prix à l’instar d’autres représentants de régimes occidentaux de réduire l’influence russe sur le continent africain, que Paris continue d’ailleurs de considérer aveuglement comme son pré-carré.

Devant faire face à un énième échec de ces tentatives russophobes, le chef d’Etat hexagonal était à la limite de l’insulte à l’encontre des pays africains, parlant «d’hypocrisie» africaine à l’encontre du conflit en Ukraine. En d’autres termes, une prétendue hypocrisie qui n’est que le fait que l’Afrique dans sa large partie a refusé de condamner l’opération militaire spéciale de la Russie, ainsi que de se joindre aux sanctions contre Moscou promues par l’establishment occidental.

Du côté de Sergueï Lavrov, la réponse ne s’est pas fait attendre: «En ce qui concerne le président Macron et ses déclarations, on aurait pu s’attendre à des propos plus éthiques de la part des Français», des propos par ailleurs jugés offensants et insultants par le chef de la diplomatie russe. Dans tous les cas, le ministre russe des Affaires étrangères a été accueilli fort cordialement dans tous les pays où il a fait escale, ne se limitant d’ailleurs pas à rencontrer ses homologues chefs de diplomatie des pays respectifs, mais également les chefs d’Etat des nations visitées.

Quant à l’attitude d’extrême arrogance propre à une mentalité d’une période coloniale, si propre à sieur Macron et à ses autres semblables atlantistes, désormais cela ne traduit plus un quelconque sentiment de supériorité ou de puissance. Bien au contraire, cela que fait qu’exposer une fois encore et au grand jour le désarroi total des élites occidentales, dans un monde où chaque région planétaire leur demande (poliment) d’apprendre à connaitre leur seule et véritable place: celle d’une extrême minorité à l’échelle mondiale.

Pour l’anecdote, après l’échec macronien en Afrique, Antony Blinken, le secrétaire d’Etat américain, sera lui aussi de la partie sur le sol africain. Et même le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, avait récemment annoncé son intention de se rendre en Afrique. En d’autres termes: grosse mobilisation à tenter une dernière fois de convaincre les capitales africaines à faire preuve de «solidarité» à l’encontre du pauvre régime de Kiev et de ses parrains occidentaux, se sentant désormais si seuls à l’échelle internationale.

Permettons-nous de faire un petit pronostic : autres échecs et humiliations à venir pour l’Occident collectif. En ce qui concerne l’Afrique, ce riche continent victime si longtemps des clichés, interventions et pillages néocolonialistes occidentaux, aujourd’hui et plus que jamais son importance pour l’avenir international n’est plus à prouver. Disposant d’énormes ressources naturelles, sans lesquelles l’Occident retournera pratiquement au Moyen-Age comme le démontre d’ailleurs l’actuelle crise après les effets boomerangs (encore limités) des sanctions contre la Russie, d’une population jeune et dynamique, et de plus en plus déterminée à suivre la voie panafricaniste et refuser le diktat extérieur occidental.

Cette orientation conforte fortement l’avenir du monde multipolaire, dans lequel l’Afrique aura certainement un rôle de première importance à jouer. Et pour rappel une fois de plus, le monde de demain ne sera pas seulement multipolaire – il l’est déjà – mais bel et bien multipolaire et post-occidental. Dans cette perspective, les agitations d’entités à l’agonie – n’y changeront rien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’échec de la politique US au Moyen-Orient

22.07.2022

Comme prévu, les nombreux partenaires traditionnels de Washington dans la région stratégique du Moyen-Orient se détournent de plus en plus ouvertement de leur allié. Ce qui paraissait encore récemment presque inimaginable devient réalité.

Plusieurs des principaux médias occidentaux ont clairement affirmé que le président étasunien Joe Biden repart les mains vides de sa tournée au Moyen-Orient, n’ayant rien obtenu lors du sommet arabe organisé en Arabie saoudite. Pas de résultat digne de ce nom notamment dans la sphère énergétique qui représentait l’orientation principale pour les USA dans le cadre de cette visite.

Comme l’indique l’analyse publiée par l’agence de presse gouvernementale turque Anadolu – le président américain Joe Biden a quitté l’Arabie saoudite sans avoir atteint le minimum en termes de prévisions des marchés internationaux de l’énergie qui avaient pourtant estimé avant son déplacement dans la région l’acceptation par les pays du Golfe de la hausse de la production du brut dans le but d’apaiser les marchés.

Ledit article rappelle également que des médias étasuniens, ainsi que des stratèges de banques d’investissement ont commencé à parler de l’échec de Biden à obtenir des engagements pétroliers auprès des dirigeants du Golfe au cours du sommet de Djeddah. Et que les marchés énergétiques américains sont conscients du fait que le principal objectif de la visite du président US dans la région du Moyen-Orient était de demander à ses dirigeants de continuer à alimenter le marché par de plus grandes quantités de brut, pour pouvoir amener à une baisse des prix de l’énergie aux Etats-Unis.

En effet et du côté saoudien, il a été déclaré à travers le prince héritier Mohammed ben Salmane, que le royaume sera dans l’incapacité à l’avenir d’augmenter sa production quotidienne au-delà de 13 millions de barils, sachant que la production actuelle est de 11 millions de barils quotidiens.

Si cet échec de l’administration Biden a été vu comme quelque chose d’inattendu pour de nombreux observateurs occidentaux, la réalité est que ce fut un développement parfaitement prévisible. Et qui confirme l’orientation de plus en plus en faveur de l’ordre multipolaire au sein de cette région stratégique qu’est le Moyen-Orient, comme Observateur Continental l’avait déjà souligné dans un passé récent.

Cela alors même que l’establishment occidental, atlantiste et nostalgique de l’unipolarité, observe avec vive inquiétude la montée en puissance des BRICS et d’un intérêt de plus en plus vif vis-à-vis de cette organisation ou encore de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) de la part de pays longtemps considérés comme des partenaires stratégiques de l’Occident.

Aussi et comme Observateur Continental l’avait déjà annoncé – tous les événements en cours confirment une fois de plus que la spirale des pressions, intimidations et sanctions en tout genre se retourne contre ses instigateurs. Et que l’establishment occidental a beau vouloir faire passer l’idée de son extrême puissance dans les affaires planétaires, tout en continuant à espérer un retour radical à l’ordre unipolaire – la réalité actuelle démontre que d’une part l’effet boomerang se fera ressentir de plein fouet sur la partie occidentale du monde, et de l’autre que nombre de pays de la planète, longtemps considérés comme ses alliés, s’éloignent progressivement de l’Occident.

Comme également annoncé précédemment, l’autre grand avantage des événements en cours est d’avoir démontré que la peur à sa libérer du joug occidental disparait de manière de plus en plus visible. Les masques de l’extrême arrogance et d’hypocrisie au summum sont définitivement tombés, permettant aux nombreuses nations du monde de comprendre que le monde d’aujourd’hui et à venir ne pourra être que post-occidental.

Prochain pronostic? Il est à croire que le régime étasunien va maintenant raviver la fameuse question de «respect» des droits de l’homme et les pressions multiformes vis-à-vis de tous les alliés qui ne vont dans la voie de l’obéissance la plus totale. Car s’il y a bien une chose dont ont besoin aujourd’hui les responsables atlantistes, c’est bien une application totale de leurs ordres face aux nations pro-multipolaires qui continuent de s’imposer.

En effet, l’Occident collectif n’a pas besoin d’alliés, ni de partenaires, mais bel et bien d’esclaves et de purs sous-traitants. En oubliant qu’au-delà de vivre dans un monde où l’ère multipolaire s’est imposée, peu souhaiteront faire partie d’un bateau qui coule. A moins d’être, comme c’est encore le cas pour certains régimes, d’évidents partisans du sadomasochisme.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Inde remet les USA à leur place

19.07.2022

Bien que l’Occident collectif, et plus particulièrement Washington, avait vivement souhaité faire basculer l’Inde dans le camp occidental, New Delhi démontre que son agenda n’est pas celui de l’Occident. Une démarche indienne souveraine qui ne fait que renforcer l’axe de la multipolarité.

L’Inde a reproché aux Etats-Unis d’avoir «suggéré» directement aux autorités portuaires de la ville de Mumbai une interdiction d’entrée de navires russes. Les autorités indiennes ont rappelé avoir le droit souverain de traiter avec tous les partenaires mondiaux. L’indécence étasunienne a été vivement critiquée aussi bien au niveau du ministère indien des Affaires étrangères, qu’au niveau de l’opinion publique du pays.

Evidemment, cette nouvelle tentative d’intimidation de la part de Washington à l’encontre de New Delhi n’est pas le fruit du hasard. Après l’échec de faire éloigner la Chine de la Russie et de créer un large front international anti-russe, de même que la perte de plus en plus évidente quant à l’influence sur les alliés d’hier, l’Occident n’a plus peur du ridicule pour tenter à donner l’impression de ne pas couler. Y compris si cela ne fait que ridiculiser un peu plus sa posture.

Mais la retenue et un minimum de honte ne sont pas des caractéristiques de l’establishment occidental. Ces notions sont totalement absentes de sa manière à penser. Et si l’Inde est aujourd’hui dans le viseur atlantiste, ce n’est pas seulement en raison du fait que le pays achète beaucoup de pétrole russe, avec pour la seule demi-année en cours déjà plus de 60 millions de barils achetés à la Russie (contre 12 millions pour toute l’année 2021).

Les autres raisons étant que depuis toutes ces dernières années, l’Occident collectif avait fait des pieds et des mains pour tenter à faire intégrer l’Inde dans son camp, et de l’éloigner au maximum de la Russie comme de la Chine. Pour au final devoir faire face à un énième échec cuisant. Ce n’est pas tout. L’establishment politico-médiatique occidental tente par tous les moyens de présenter l’affrontement final actuel entre les partisans de la multipolarité et les nostalgiques de l’unipolarité comme celui de l’axe «autoritaire» face aux démocraties occidentales.

Des pseudo-démocraties occidentales qui avaient tellement besoin de la véritable et la plus grande démocratie du monde – en l’occurrence la République de l’Inde – ne serait-ce qu’au moins symboliquement à faire partie de leur bloc. Dans l’objectif à redorer le blason des fausses démocraties de l’Occident. Echec également.

Enfin, et là nous parlons de géopolitique et de géoéconomie, l’Inde faisant partie des BRICS comme de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), l’objectif occidental a toujours été de tenter d’affaiblir ces deux grandes organisations – représentant la véritable notion de communauté internationale. Non pas celle à la sauce G7. Et qui aujourd’hui inquiètent vivement les Occidentaux, ou du moins ceux résolument nostalgiques de l’ère unipolaire.

Mais les arrogants extrêmes de l’Ouest semblent oublier une fois de plus à qui ils ont affaire. Cela est d’autant plus choquant dans le cas lorsque le consulat d’un Etat de-facto sans histoire, culture, ni civilisation dignes de ce nom – s’adresse ouvertement à une administration intérieure d’un pays souverain à la civilisation millénaire, et 3ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat par la même occasion, sous prétexte que les décisions prises aux USA et en Occident sont censées avoir une portée prétendument universelle.

Si les échecs de Washington et de ses suiveurs européistes, australien ou encore canadien – sont une fois de plus fort démonstratifs de la phase très importante et intéressante de l’histoire contemporaine mondiale que nous vivons en ce moment – il n’en est pas moins que l’Inde devra fermement renforcer sa sécurité vis-à-vis des interférences occidentales – pas tellement politiques dans le cas indien, mais beaucoup plus précisément sécuritaires.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4074

L’Egypte, l’Arabie saoudite et la Turquie s’intéressent aux BRICS

15.07.2022

Les prévisions quant au fait que de nombreux pays, y compris longtemps liés à l’Occident, regardent de plus en plus en direction des grandes puissances non-occidentales et des organisations d’intégration correspondantes, avancent dans la voie de la concrétisation. Le concept des BRICS+ semble inévitablement prendre son envol.

Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’attendent à ce que l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Turquie puissent rejoindre le groupe dans un avenir proche, écrit Middle East Monitor. Cette information est rapportée via Purnima Anand, présidente du Forum international des BRICS.

Cela alors même que tout récemment l’Iran et l’Argentine avaient déjà exprimé le désir d’intégrer la grande organisation internationale, représentant pratiquement la moitié de la population mondiale, plus d’un quart du PIB du monde, et 4 des 10 principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Le tout également au moment où l’Occident ne cache désormais plus son inquiétude quant à la montée en puissance de ladite alliance et son orientation de plus en plus anti-occidentale.

Purnima Anand a par ailleurs déclaré que la Chine, la Russie et l’Inde avaient déjà abordé la question de l’élargissement des BRICS en lien avec les pays mentionnés lors du 14ème Sommet de l’organisation, qui s’est tenu le mois dernier. «Tous ces pays ont manifesté leur intérêt à adhérer et se préparent à postuler pour l’adhésion. Je pense que c’est une bonne étape, car l’élargissement est toujours perçu positivement. Cela augmentera clairement l’influence des BRICS dans le monde».

Elle a également ajouté que l’adhésion de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et de la Turquie pourrait ne pas avoir lieu au même temps pour les trois concernés. De son côté Li Kexin, directeur général du Département des affaires économiques internationales du ministère chinois des Affaires étrangères, avait précédemment indiqué que plusieurs pays «frappaient aux portes» de l’organisation, dont l’Indonésie, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Egypte et l’Argentine, notamment.

En parlant maintenant des perspectives de l’élargissement des BRICS et du concept BRICS+, il est à noter qu’Observateur Continental avait déjà abordé récemment cette question. En ce qui concerne plus précisément les cas de l’Egypte, de la Turquie et de l’Arabie saoudite – il serait correct de les analyser brièvement au cas par cas.

L’Egypte est actuellement la 22ème économie mondiale (juste derrière l’Iran) et la première en Afrique en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Sur le plan du PIB nominal, le pays des pharaons est classé 35ème à l’échelle mondiale et deuxième sur le continent africain (derrière le Nigéria). Le pays est par la même occasion la 12ème puissance militaire du monde en 2022 – première d’Afrique et du monde arabe. Le Caire peut également se vanter d’avoir des relations développées avec la Chine et la Russie, notamment, confirmant le fait d’être un membre potentiel intéressant pour les BRICS.

En ce qui concerne l’Arabie saoudite et la Turquie – ce sont des cas effectivement particuliers et également intéressants. La première étant la 17ème économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (18ème en termes de PIB nominal). Longtemps considérée comme l’un des deux principaux alliés de Washington au Moyen-Orient (avec Israël), Riyad a engagé néanmoins récemment une orientation stratégique intéressante et axée sur la multipolarité. A l’instar des Emirats arabes unis, autre pays de la région longtemps considéré comme un allié de l’Occident, l’Arabie saoudite a souhaité préserver la coopération avec Moscou sur les questions énergétiques et géopolitiques, malgré les pressions washingtoniennes.

Quant à ses relations avec la Chine, l’Etat saoudien, au-delà d’être l’un des deux principaux (avec la Russie) fournisseurs de pétrole à Pékin, étudiait par la même occasion la possibilité de recevoir les paiements chinois pour le brut saoudien – en yuans. Une réalité fort déplaisante pour Washington. La suite dépendra bien évidemment de la capacité de Riyad à poursuivre l’éloignement de l’axe anglo-saxon en privilégiant celui de la multipolarité. Quant aux relations avec l’Iran, ayant déjà débuté la procédure d’adhésion en qualité de membre de plein droit au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et souhaitant rejoindre également les BRICS, la plateforme internationale pro-multipolaire pourrait être d’ailleurs l’occasion de normaliser les relations. A suivre donc.

Pour ce qui est de la Turquie, 11ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et 13ème puissance militaire du monde, seul l’avenir pourra dire si l’orientation en faveur de l’axe de la multipolarité sera privilégiée par le leadership turc. Etant membre de l’Otan, et le deuxième effectif armé du bloc atlantiste, Ankara a néanmoins explicitement refusé à se joindre aux sanctions contre la Russie, partenaire économico-commercial stratégique du pays, malgré les innombrables pressions de l’establishment washingtonien et occidental.

Et plus que cela a clairement choisi la voie d’accroitre encore plus les échanges avec Moscou. Dans l’état actuel des choses, il est encore trop tôt de dire si la Turquie pourra intégrer pleinement les BRICS. Néanmoins et dans un avenir multipolaire post-occidental – rien ne sera impossible.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4068

G20: l’UE en qualité de grande perdante

13.07.2022

L’actualité internationale, et notamment le récent Sommet du G20 en Indonésie, ont largement démontré que les pays ayant assumé leur statut de satellites et de sous-traitants n’auront pas d’avenir sur le devant de la scène mondiale. L’Union européenne passe donc du statut d’un nain géopolitique à simplement celui d’un bloc de-facto inexistant dans les grandes affaires internationales.

Problèmes économiques et sociaux qui ne cessent de monter en puissance dans nombre de pays de l’Europe bruxelloise, chute brutale de la monnaie européiste – tout cela n’est que la confirmation d’un processus qui a en fait débuté depuis un bon moment déjà. Ayant longtemps prétendu à se présenter comme étant un bloc puissant, l’UE ne représente aujourd’hui que la désillusion la plus totale.

Le récent Sommet du G20 à Bali, en Indonésie, a eu également et largement le mérite de remettre les choses au clair. D’abord Josep Borrell, chef de la diplomatie bruxelloise, qui reconnait que l’Union européenne n’est pas en train de gagner dans la bataille narrative mondiale sur l’Ukraine. Y compris dans le cadre justement du G20.

En ce qui concerne le maître de l’Occident collectif, à savoir les USA, celui-ci n’a pas réussi ni à écarter Moscou de la participation du dernier Sommet du G20, ni à imposer son agenda à Pékin. Les événements protocolaires que les représentants occidentaux avaient décidé de boycotter en raison de la présence du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, ont pu parfaitement se dérouler sans ladite présence occidentale. Confirmant d’ailleurs parfaitement la thèse annoncée, avec amertume, par le déjà cité Borrell.

Mais si les Etats-Unis, subissant échec après échec, ont néanmoins réussi à maintenir leur position de suzerain du bloc occidental, le bloc européiste bruxellois aura confirmé ce que représente réellement la notion de médiocrité. Car si Washington a effectivement énormément à perdre dans le développement actif de l’ordre multipolaire international, y compris avec la perte du statut d’hégémon mondial, l’UE avait une occasion de s’adapter et de s’intégrer, ne serait-ce que progressivement aux règles issues de la multipolarité.

En préférant suivre aveuglement l’agenda outre-Atlantique, l’Union européenne confirme être la grande perdante et certainement celle qui subira les plus larges revers dans la bataille décisive entre les partisans de l’ère multipolaire et les nostalgiques de l’unipolarité. Faut-il le encore le rappeler: dans la chute d’une entité, ce sont bien souvent les sous-traitants et les satellites qui paient les premiers frais pour le compte du maître.

Si cela est aujourd’hui de plus en plus difficile à nier, l’autre aspect des plus importants étant celui que personne ne prend désormais au sérieux le positionnement de l’UE, à l’échelle internationale. Bien souvent, les pays et les différentes régions du monde comprennent aujourd’hui que s’il y a une quelconque utilité encore à parler à l’Occident, autant le faire directement avec Washington, au lieu de passer par un groupe sous-traitant.

Dans cette perspective, et au-delà de l’avènement de l’ordre multipolaire post-occidental, dans lequel l’Occident devra progressivement apprendre à vivre en qualité d’une extrême minorité planétaire avec tout ce que cela implique, l’Europe bruxelloise commence déjà à disparaitre en qualité de bloc ayant son mot à dire dans les affaires internationales contemporaines. Confirmant ainsi le passage du statut de nain géopolitique à celui d’une entité inexistante.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=4058

Ukraine-Turquie: les choses se corsent

08.07.2022

Bien que la Turquie soit en désaccord avec la Russie sur un certain nombre de dossiers, y compris ukrainien, Ankara confirme une fois de plus ne pas vouloir sacrifier ses relations stratégiques avec Moscou, et ce malgré les pressions occidentales et sa relative solidarité avec Kiev.

L’ambassadeur turc a été convoqué au ministère ukrainien des Affaires étrangères, écrit Bloomberg, après que les autorités de la Turquie aient décidé de ne pas arrêter le navire marchand russe que Kiev accusait de transporter des céréales «ukrainiennes volées par la Russie».

Le régime kiévien invoque par la même occasion «une situation inacceptable», en ajoutant avoir reçu l’information en question «avec une profonde déception». Kiev avec ses parrains occidentaux continue de marteler la fausse idée qu’elle serait un acteur majeur dans le domaine de l’exportation du blé à l’échelle internationale, en oubliant à chaque occasion de se référer aux statistiques et données qui sont d’actualité depuis déjà plusieurs années, à savoir que l’Ukraine n’est que le cinquième exportateur mondial de blé, tandis que la Russie est largement première.

Ce qui démontre parfaitement que le grenier mondial étant bien l’Etat russe, et certainement pas ukrainien. Tout comme le fait que le blocage des exportations maritimes ukrainiennes n’est pas l’œuvre de la Russie, mais bel et bien de l’Ukraine qui a installé une multitude de mines marines au niveau des principaux ports maritimes concernés, étant par la même occasion dans l’incapacité (ou peut-être n’ayant pas reçu le feu vert de ses chefs) de pouvoir les faire déminer.

Pour revenir à la Turquie, cette situation a une fois de plus démontré l’involonté du leadership turc à aller dans le sens des tensions avec le partenaire russe, et ce malgré l’appartenance à l’Otan dont elle est la deuxième force en termes d’effectif armé, et en dépit des pressions que l’Etat turc a subi et continue de subir de la part de l’Occident pour se joindre au camp des sanctions anti-russes. L’Etat turc est resté pourtant infaillible: il ne se joindra pas à ces sanctions et continue de développer ses relations économiques avec la Russie.

Ce n’est pas tout. Les entreprises turques pourraient être parmi les grands gagnants en Russie alors que plusieurs compagnies occidentales ont interrompu leurs activités ou décidé de quitter le marché russe suite aux pressions reçues de la part de leur establishment politique. Plusieurs compagnies turques mènent d’ailleurs à ce titre des négociations en vue de racheter les entités juridiques en question pour les rajouter à leur portefeuille de projets internationaux. Y compris dans les secteurs du prêt-à-porter ou encore de l’électroménager.

Là aussi ce n’est pas tout. Il y a de cela quelques jours, l’ambassadeur turc en poste en Russie, Mehmet Samsar, avait déclaré que le volume des échanges entre les deux pays pourrait atteindre 50 milliards d’équivalent de dollars à l’issue de cette année 2022.

Tout cela conforte la réalité que si Moscou et Ankara sont loin d’être toujours sur la même ligne sur le plan géopolitique, personne en Turquie ne souhaite sacrifier les intérêts économico-commerciaux avec le partenaire stratégique russe. Et aussi que le leadership turc reste constamment à l’écoute de ses opérateurs économiques. Il faut par ailleurs à ce titre reconnaitre, une fois de plus, le ferme capacité de ces derniers à être en mesure d’influer sur les décisions de leur leadership politique.

Le tout à l’énorme différence des opérateurs économiques européens, qui restent pour nombreux d’entre eux passifs face au diktat politique washingtonien sur leurs nations. D’un côté, on pourrait évidemment comprendre que certaines entreprises issues de l’Europe bruxelloise puissent être prêtes à sacrifier leurs intérêts sur le marché russe car possédant des intérêts plus importants aux USA.

Mais la réalité démontre bien souvent que pour nombreuses d’entre elles, la Russie était incomparablement plus importante en termes de revenus que ne le sont les Etats-Unis. Au point que pour certaines d’entre elles, leur chiffre d’affaires obtenu sur le marché russe représentait l’un des plus importants à l’échelle mondiale. Mais fort vraisemblablement, le masochisme subi par l’élite politique bruxelloise a largement contaminé un certain nombre d’opérateurs économiques européens. A l’énorme différence des acteurs turcs.

Une chose reste également sûre. Les actions de l’Occident collectif renforcent sa propre isolation à l’international. En ce sens, le Sommet du G20 à Bali, en Indonésie, aura une fois de plus démontré que les pressions occidentales n’impressionnent plus l’écrasante majorité de la planète. Et malgré toutes les tentatives de l’Occident + Japon à tenter de bloquer la participation de la Russie audit sommet, le résultat final n’est qu’un énième échec évident de la coalition des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Occident inquiet de la montée en puissance des BRICS

04.07.2022

Longtemps stigmatisée par les prétendus experts occidentaux, l’organisation des BRICS inquiète vivement désormais les divers analystes issus de l’espace occidental qui la voient comme un bloc plus que jamais ouvertement opposé à l’Occident collectif.

«Un bloc anti-occidental émerge, plus puissant que jamais», titre Die Welt, l’un des principaux quotidiens allemands. L’auteur dudit article, Stefan Aust, affirme que si beaucoup en Allemagne pensent que la plupart des pays du monde soutiennent l’Ukraine, la vérité est pourtant toute autre: l’alliance anti-occidentale devient de plus en plus puissante, politiquement et économiquement – et continue de s’étendre à travers le monde.

Pour lui, le bloc anti-occidental est en train d’émerger, plus puissant qu’à n’importe quel moment de l’histoire. A ce titre, il serait fort juste effectivement de reprendre la piqure de rappel de Lijian Zhao – porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères qui dans sa publication récente indique justement à très juste titre que si la population totale des pays composant le G7 est d’un peu plus que 770 millions de personnes, celle des BRICS représente plus de 3 milliards d’habitants de la planète.

Le haut représentant chinois ne manque d’ailleurs pas d’ajouter que «la prochaine fois qu’ils parleront de communauté internationale – vous saurez ce que cela signifie». En effet, les événements en cours, y compris la propagande occidentale largement russophobe autour de l’Ukraine, ont le mérite d’avoir remis amplement les points sur les «i». A savoir que l’Occident collectif, bien que faisant bloc commun (en qualité des nostalgiques de l’unipolarité) représente dans les faits une infime partie de l’humanité, avec tout ce que cela implique.

Les Occidentaux remarquent aussi avec stupéfaction que malgré les sanctions occidentales visant la Russie, y compris à travers les systèmes de paiement comme Visa ou MasterCard – les Russes peuvent désormais utiliser le système chinois UnionPay (accepté dans 180 pays du monde), que le nombre de voitures et d’autres produits fabriqués en Chine augmente largement sur le marché russe, et que même l’Inde – que les Occidentaux voulaient à tout prix voir dans leur bloc – non seulement n’a pas condamné l’opération militaire spéciale de la Russie, mais au contraire augmente fort considérablement ses échanges avec Moscou. Y compris dans la sphère énergétique, comme Observateur Continental l’avait déjà abordé

Aussi, les analystes occidentaux sont aujourd’hui forcés de reconnaitre, avec amertume bien évidemment, que leur suzerain en la qualité des USA – perd progressivement son influence sur les autres continents également. Y compris dans ce que Washington considérait  comme son arrière-cour, à savoir l’Amérique latine, fait qu’Observateur Continental avait également abordé.

Les Occidentaux reconnaissent également qu’aucun pays d’Amérique latine et d’Afrique n’a soutenu les sanctions occidentales contre la Russie. Tandis qu’en Asie, ils peuvent se comptent sur les doigts d’une seule main: Japon, Corée du Sud, régime séparatiste de Taïwan.

Les analystes occidentaux commencent également à reconnaitre, alors que cela était prédit depuis de longues années, que les grandes organisations internationales non-occidentales telles que les BRICS ou encore l’Organisation de coopération de Shanghai, malgré leurs diversités culturelles et politiques – sont unis dans le rejet face la prétendue supériorité occidentale et des pseudo-valeurs que tente d’exporter l’establishment de l’Occident.

Il faudrait certainement également rappeler que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et les BRICS – abritent ensemble 4 des 10 principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (Chine – 1ère, Inde – 3ème, Russie – 6ème, Brésil – 9ème) et quatre puissances nucléaires par la même occasion (Russie, Chine, Inde, Pakistan). Tout en représentant à eux seuls de-facto la moitié de la population terrestre et plus d’un quart du PIB mondial.

Cela alors que la seule et véritable communauté internationale garde les portes ouvertes pour d’autres nations. A ce titre l’Iran et l’Argentine ont annoncé leurs ambitions de rejoindre les BRICS. Dans le cas de l’Iran, il faudrait rappeler que son adhésion a été déjà validée à l’OCS en qualité de membre de plein droit. Et cela en tenant compte aussi que les présidents Vladimir Poutine et Xi Jinping souhaitent augmenter l’interaction entre les BRICS, l’OCS ou encore l’Union économique eurasiatique. Sans oublier les grands ensembles régionaux et continentaux, notamment africains et latino-américains.

Pour conclure, résumons. L’Occident comprend de plus en plus que l’ère de son extrême arrogance est bel et bien terminée. Et si avant il y avait encore une porte ouverte à devenir pour cet Occident collectif un membre responsable de la véritable communauté internationale, désormais c’est vraisemblablement trop tard. Le monde ne sera plus seulement multipolaire – il l’est déjà – mais bel et bien multipolaire post-occidental.

Car au-delà d’être effectivement une évidente minorité planétaire sur le plan démographique, sur le plan économique l’Occident ne cesse également de perdre sa position de dominant (dans le Top 10 mondial, désormais moins de la moitié sont des économies occidentales et dans un avenir assez proche elles seront encore moins représentées). Les technologies occidentales deviennent de plus en plus remplaçables, et mêmes perdent de l’importance face aux alternatives chinoises et indiennes pour ne citer qu’elles. Quant aux ressources naturelles – l’Occident n’en possède comme au Moyen-Age tout simplement pas, mis à part celles qu’il pille encore à nombre d’endroits de la planète.

Et dans cette réalité résumée – oui, l’Occident devra effectivement apprendre à faire profil bas face à l’écrasante majorité de la planète et de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pétrole: les marchés asiatiques comme priorité

23.06.2022

Le secteur pétrolier traduit une configuration mondiale qui suit parfaitement les changements majeurs observés sur la scène internationale, dans le cadre de l’ordre multipolaire. Et en ce sens, l’Occident est loin de représenter une quelconque priorité.

«Grâce à la Chine et l’Inde, le pétrole rapporte encore gros à la Russie» – annonce la chaine Euronews – l’un des principaux porte-voix des européistes bruxellois. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cité par ledit reportage – la Russie a tiré des exportations de pétrole un revenu estimé à 20 milliards de dollars pour le seul mois de mai.

Par ailleurs, les importations chinoises de pétrole en provenance de Russie ont augmenté de 28% le mois dernier, et comme résultat l’Etat russe est devenu le premier fournisseur pétrolier de la Chine, en dépassant l’Arabie saoudite. Du côté de l’Inde, autre grande puissance non-occidentale et tout comme la Chine et la Russie – membre des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – pour la seule demi-année en cours elle a acheté 60 millions de barils de pétrole russe, tandis pour toute l’année 2021 le volume de pétrole acheté à la Russie était de 12 millions de barils.

Les observateurs occidentaux aiment rappeler que Moscou vend son pétrole à Pékin et New Delhi avec un discount intéressant, ce qui est d’ailleurs vrai, mais en oubliant parfois d’indiquer que l’augmentation nette des prix pour cette matière stratégique à l’échelle internationale compense largement aujourd’hui tous les possibles discounts. D’autant plus des discounts faits à des partenaires dignes de ce nom. A l’énorme différence des régimes occidentaux. Après tout, vous avez bien droit de vendre le produit demandé au prix qui varie selon le niveau de fiabilité du client, et des relations qui vous lient à lui.

Tout cela traduit plusieurs aspects. Tout d’abord qu’il est effectivement grand temps pour la Russie de prioriser au maximum les marchés asiatiques et d’autres espaces non-occidentaux. Pas seulement pour le pétrole d’ailleurs. Dans le cas plus particulier du pétrole, les responsables et experts russes l’ont maintes fois indiqué: le pétrole russe trouvera preneur partout dans le monde, même si l’establishment atlantiste interdirait complètement son importation pour les compagnies occidentales.

De l’autre, que de manière générale et connaissant ce que représentent les marchés asiatiques, à savoir de loin les principaux consommateurs, il est également parfaitement naturel de se focaliser sur ces orientations. Et pas seulement du point de vue démographique, même si là aussi tout est dans les faits : la Chine et l’Inde à elles seules représentent près de 2,8 milliards de personnes. Cela sans même comptabiliser de nombreuses autres nations d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine. Quant aux USA et leurs fidèles sous-traitants de l’UE: pas plus que 800 millions…

Mais au-delà de l’aspect démographique qui a bien évidemment toute son importance, et peut-être aujourd’hui plus que jamais, pour rappeler aux nostalgiques de l’unipolarité où se trouve la véritable communauté internationale, la réalité économique n’est pas en reste. Faut-il justement rappeler qu’à ce titre, la Chine est la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et l’Inde – troisième?

Un sujet qu’Observateur Continental avait déjà abordé nombre de fois. Avec en prime le rappel que la Russie dans un avenir proche dépassera l’Allemagne (première économie de l’UE) pour devenir la 5ème puissance économique du monde, et que des pays comme le Royaume-Uni et la France quitteront, et ce également dans un avenir assez proche, le Top 10 des principales économies mondiales pour laisser place à des nations comme la Turquie ou encore le Mexique.

Bien sûr, nous savons tous que cela fait mal, et peut-être très mal, aujourd’hui pour l’Occident de devoir reconnaitre le fait d’être non seulement une extrême minorité planétaire sur le plan démographique, mais également de regarder avec énorme jalousie les portefeuilles de ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques. Qui ne sont autres que les grandes puissances non-occidentales, et partisanes de l’ordre multipolaire international par la même occasion.

Et lorsqu’on prend en compte tous ces aspects, et quelques autres, on comprend mieux pourquoi l’Occident a tellement de mal à maintenir une domination mondiale. Une domination qui non seulement s’est essoufflée, mais qui de facto est morte. Encore une fois il faut bien rappeler et préciser qu’au départ il n’était pas question d’exclure l’Occident de la communauté internationale au vrai sens du terme. Mais les élites occidentales ont de par leur extrême arrogance et une pure mentalité néocoloniale préféré s’autoexclure elles-mêmes. Et ainsi nous permettre non seulement de poursuivre le développement de l’ordre multipolaire international, mais également d’ouvrir la page de l’ère multipolaire post-occidentale. Une ère dans laquelle les ressources réelles joueront un rôle clé dans le développement des peuples, et non pas la spéculation sans aucun support derrière.

Quelles en seront les conséquences pour l’Occident? Difficile de le dire de manière exacte pour le moment. Il faudrait juste peut-être rappeler que les diverses croisades occidentales du Moyen-Age avaient peut-être des objectifs spirituels que pour certains de ses participants. Mais pour les instigateurs, n’hésitant pas à attaquer musulmans comme chrétiens orthodoxes (voir pillage de la ville de Constantinople de 1204), l’objectif était uniquement économique. A une période où cette fameuse Europe aujourd’hui si arrogante mourrait de la faim et de la peste, et n’avait pratiquement aucune notion digne de ce nom de la médecine. A la grande différence notamment du monde arabe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Armes occidentales pour l’Ukraine: la revente a déjà commencé

10.06.2022

Les armes envoyées par les USA et l’Otan risquent de tomber dans les mains des réseaux criminels et même des terroristes, note Global Times dans son éditorial. Des perspectives qui créeront des défis sécuritaires évidents, y compris pour les pays européens.

Dans un article co-écrit par Fan Lingzhi et Lin Xiaoy pour le quotidien anglophone chinois Global Times,il apparait clairement que les livraisons massives d’armes de l’Otan à destination de l’Ukraine montrent déjà les signes d’une catastrophe sécuritaire à venir, y compris pour les pays occidentaux. Un sujet déjà abordé par Observateur Continental.

Comme l’indique l’éditorial de Global Times – déjà fin mai dernier, Catherine de Bolle, la directrice exécutive d’Europol – avait déclaré aux médias allemands qu’il était à craindre que l’équipement militaire envoyé par l’Occident en Ukraine ne finisse sur le marché noir, ainsi qu’entre les mains des terroristes et des criminels.

Cela en parallèle des rapports antérieurs des services russes de renseignement qui indiquent que les Etats-Unis intensifiaient leurs efforts afin de recruter des membres de groupes terroristes internationaux, dans l’objectif de les faire combattre en qualité de mercenaires en Ukraine contre les Forces armées russes, comme l’indique également le quotidien chinois.

Plusieurs des experts interrogés par Global Times ont affirmé qu’il sera fort difficile de contrôler le flux d’armes envoyé en Ukraine, et qu’au final ce sera non seulement l’Europe – privée de son autonomie sécuritaire par les USA et l’Otan – mais également les pays du monde non-occidental qui en subiront les coûts.

Les journalistes chinois rappellent effectivement une notion très importante: ceux qui préfèrent vivre par l’épée – tomberont par l’épée. Et bien que le complexe militaro-industriel occidental profite de la situation actuelle, d’après les experts interrogés – cela se retournera contre lui.

En parlant de perspectives – le fait est que désormais cela n’est même plus un pronostic d’avenir, mais bel et bien déjà une réalité. En effet et sur le darknet les ventes d’armements occidentaux transmis au régime kiévien sont déjà en cours. Ainsi, le lance-missiles antichar étasunien Javelin, dont chaque unité coûterait 178 000 dollars selon le budget du Pentagone pour l’année 2021 – serait revendu 30 000 dollars l’unité aujourd’hui à partir de l’Ukraine. Soit pratiquement un discount de 6 fois…

Li Wei – expert en sécurité à l’Institut chinois des relations internationales contemporaines dans son commentaire à Global Times – rappelle par ailleurs la gestion chaotique des armes reçues du côté du régime ukrainien. L’expert chinois indique qu’à la différence de l’armée russe, l’effectif armé ukrainien ne dispose pas d’un système digne de ce nom de gestion des armements à sa disposition. Car en plus de l’armée dite régulière, il existe le bataillon Azov et d’autres structures similaires. Cela sans oublier la distribution des armes aux civils qui avait été réalisée par Kiév.

Pour He Zhigao – chercheur à l’Institut des études européennes à l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS) – «si ces armes tombent entre les mains d’organisations terroristes et de gangs criminels, cela pourrait renforcer le séparatisme européen et déclencher un conflit interne. Et c’est alors que l’Europe devra assumer sa responsabilité vis-à-vis des actions militaires étasuniennes, ainsi que pour ses propres erreurs».

Il a également ajouté que l’afflux de réfugiés ukrainiens augmente considérablement le risque d’attaques terroristes. Pour cet autre expert chinois – l’Europe a clairement perdu de son autonomie sécuritaire – comme résultat des actions des USA et de l’Otan.

Pour conclure et selon Global Times – la définition de soutien au terrorisme telle qu’elle est définie dans la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme – correspond «presque parfaitement» au comportement affiché par Washington, bien qu’ironiquement les USA fassent partie de ladite convention.

A notre niveau nous ne pouvons que dire que si l’Europe bruxelloise a déjà sacrifié fort vraisemblablement la sécurité de ses propres citoyens pour le compte du donneur d’ordre washingtonien – le monde non-occidental devra prendre toutes les dispositions nécessaires pour contrôler le chaos créé par l’establishment atlantiste de l’Occident, et ce dans toutes les régions mondiales concernées.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La déformation occidentale des faits face à la possible crise alimentaire

07.06.2022

L’establishment politico-médiatique occidental tente par tous les moyens d’annoncer l’éventuelle crise alimentaire internationale comme étant la responsabilité de la Russie, en oubliant par la même occasion de présenter les statistiques et faits réels. Et surtout ses propres responsabilités.

Tout d’abord, il serait correct de rappeler quelques statistiques fondamentales que nombre de politiciens et de médias occidentaux avaient préféré occulter. Dans l’imaginaire occidental, il est même tenté de créer une image d’une Ukraine comme d’un grenier mondial, et dont l’opération militaire spéciale de la Russie serait en train de «détruire». A ce titre, les faits parlent d’eux-mêmes et s’il y a bien un grenier mondial – c’est bien l’Etat russe.

En effet, la Russie est le premier exportateur mondial de blé, tandis que l’Ukraine n’est que cinquième. Et ce depuis déjà plusieurs années. Donc les tentatives de coller l’Ukraine à la Russie en qualité de grenier mondial par la partie occidentale est déjà incohérente ne serait-ce que du point de vue qu’on ajoute à cet effet le cinquième exportateur mondial au premier, pour tenter par la même occasion de créer une image d’une Ukraine «irremplaçable» sur le marché alimentaire international.

En se basant sur cette logique et suivant le même schéma, il est parfaitement possible aussi de coller le 8ème, 9ème ou 10ème exportateur mondial au premier, et le volume représenté sera conséquent. Tout cela pour dire que s’il y a bien un pays dont dépend énormément la sécurité alimentaire à l’échelle internationale – il s’agit bien de la Russie, et non pas tellement de l’Ukraine.

Idem pour ce qui est des engrais – autre orientation essentielle pour la production agricole à divers endroits de la planète. Les statistiques pour l’année 2021 parlent d’elles-mêmes: la Russie était et reste le principal exportateur mondial d’engrais. Tandis qu’un pays comme l’Ukraine n’était classé que 25ème.

S’il y a bien en revanche un domaine dans lequel l’Ukraine partage effectivement les deux premières places mondiales avec la Russie en volume de production – il s’agit de l’huile de tournesol. Bien qu’il soit important de rappeler que les pays dits comme particulièrement concernés par la possible crise alimentaire mondiale ont beaucoup plus besoin des céréales russes que de l’huile de tournesol ukrainienne. Sachant que nombreux de ces pays consomment principalement l’huile de palme et non de tournesol.

Aussi, l’establishment occidental qui accuse la Russie d’être responsable de la situation oublie deux points essentiels: le premier étant les sanctions occidentales qui visent la Russie et qui ont eu un impact sur les chaines logistiques d’approvisionnement. En ce qui concerne plus particulièrement les exportations ukrainiennes – les représentants russes ont maintes fois rappelé que le blocage ne se fait pas au niveau de la Russie, mais au fait que le régime kiévien a installé des mines marines au niveau des principaux ports maritimes concernés – empêchant les navires de pouvoir circuler en sécurité avec les marchandises.

Macky Sall, le chef d’Etat sénégalais et président en exercice de l’Union africaine (UA) lors de sa récente rencontre à Sotchi avec Vladimir Poutine, avait justement de son côté critiqué les sanctions occidentales et rappelé que l’accès aux céréales et engrais russes avait une importance primordiale pour les pays africains. Un échange dont Macky Sall est sorti largement rassuré et satisfait, au moment où la Russie travaille activement pour pouvoir assurer ses livraisons des dits produits à destination des pays amis, dont bien évidemment ceux d’Afrique.

Il est donc évident que ceux qui créent des obstacles aux exportations alimentaires et affiliées en provenance de Russie – ne peuvent certainement pas jouer aux bonnes âmes qui se soucient de la sécurité alimentaire mondiale. Mais peut-être que prétendant s’intéresser à ce problème des «autres», l’Occident cherche avant tout à pouvoir assurer sa propre sécurité alimentaire? Notamment dans le domaine des engrais. Car au-delà de la dépendance énergétique de l’UE totalement évidente, la Russie fournit par la même occasion 25% de l’approvisionnement européen en azote, potasse et phosphate.

Pour l’anecdote, faudrait-il rappeler qu’il y a encore de cela plusieurs années – les engrais russes étaient revendus pour les clients africains à travers des intermédiaires occidentaux? Cette page, fort heureusement, semble définitivement être tournée. Les pays non-occidentaux, y compris africains, ont pour grand nombre d’entre eux parfaitement compris la nécessité de maintenir les relations mutuellement bénéfiques avec la Russie. Quant à la sécurité alimentaire des pays occidentaux – il est évidemment peu probable que l’arrogance de leur establishment pourra d’une quelconque manière apporter des solutions dignes de ce nom. Y compris pour les citoyens européens.

Mikhail Gamandiy-Egorov