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RCA: le sale jeu de Washington et de Paris

Les Etats-Unis et la France ne ménagent aucun effort pour tenter à faire réduire la popularité de l’interaction avec la Russie au sein de l’opinion publique africaine. La Centrafrique en représente l’un des principaux exemples courants. Le souci pour l’establishment occidental c’est que devant faire face aux succès de l’implication russe aux côtés des alliés africains, le message propagé par les Occidentaux ne convainc pas les peuples de l’Afrique.

Les élites étasuniennes et françaises, de plus en plus devant faire à une perte évidente d’influence à divers endroits du monde, y compris sur le continent africain, tentent aujourd’hui par tous les moyens de s’accrocher de ce qu’il reste du schéma qu’elles avaient établi dans le cadre du concept unipolaire – dépassé et révolu. En oubliant bien souvent que la décision finale reviendra désormais aux peuples concernés, et non pas aux bonhommes prétendant vivre encore à une autre époque.

Plus particulièrement en République centrafricaine, Paris comme Washington activent des campagnes coordonnées, aussi bien au niveau politique, diplomatique, médiatique que militaire dans le but à essayer de stopper la contagion. Après tout, le cas de la RCA – d’un exemple d’un Etat caractérisé par le chaos durant de longues années – devient aujourd’hui positif et fort inspirant pour bien d’autres nations africaines. Bien que les dites campagnes prouvent très clairement aujourd’hui plusieurs aspects des concernés: un état hystérique, une arrogance comme toujours au summum et l’absence d’un minimum de honte et de dignité.

Après les récentes campagnes médiatiques du mainstream occidental, notamment de la part de RFI et CNN, visant à dénigrer les succès de l’interaction russo-centrafricaine, c’est désormais au tour de certains personnages appartenant à l’establishment politique et militaire de rentrer dans la danse.

A cet effet, Hervé Bléjean, citoyen français, vice-amiral d’escadre et l’actuel directeur général de l’état-major de l’Union européenne, intervenant depuis Washington lors d’un forum a déclaré avoir tenté à convaincre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra de mettre fin à l’interaction avec les instructeurs russes. Dans le but, également déclaré, de les remplacer par des «partenaires onusiens, de l’UE, américains et africains».

Tout d’abord ce qu’il faut voir dans cette déclaration, c’est la mention des partenaires proposés au remplacement des Russes: les Occidentaux bien évidemment, comment peut-on se passer d’eux? Un peu plus surprenant de parler de l’ONU sachant qu’elle y est déjà à travers la Minusca. Quant aux partenaires africains, le responsable hexagonal doit certainement faire référence aux pays se trouvant sous la coupe occidentale et qui sont bien connus.

D’une certaine façon, le militaire français en question a le droit de proposer à un Etat souverain des alternatives sécuritaires, pour tenter à réduire l’influence grandissante des adversaires géopolitiques, dont fait partie indéniablement la Russie. Ceci étant dit, on peut se demander s’il le fait en qualité de représentant bruxellois de l’UE ou celui de Paris? En effet, il aurait été très peu probable que le chef précédent de l’état-major de l’Union européenne, le général finlandais Esa Pulkkinen, puisse faire des déclarations similaires.

Mais ce n’est pas le point principal, car le principal justement en parlant d’absence de minimum de notions de honte et de dignité, c’est que ledit personnage semble complètement faire abstraction du rôle néfaste joué par son pays de citoyenneté en RCA. En effet, la France était omniprésente durant de longues années en Centrafrique, à l’instar d’autres pays faisant partie de ses anciennes colonies. Des milliers de militaires français se trouvaient en mission sur le sol centrafricain, le tout pour quel résultat? Eh bien de-facto aucun, et même pire encore. Les violences n’avaient non seulement pas pu être stoppées mais avaient atteint à une période un tel niveau que les médias hexagonaux semblaient vouloir donner l’impression que la violence dans ce pays est chronique, et que les tensions communautaires et confessionnelles, notamment entre chrétiens et musulmans, seraient prétendument insurmontables. Cela sans oublier les viols avérés de la part de ces militaires, venus normalement dans un but de stabilisation, vis-à-vis de mineurs centrafricains.

Evidemment Bléjean, en bon représentant du réseau françafricain, n’est pas une exception. Les diplomates US, y compris au niveau de l’ONU, s’activent pour tenter, de façon assez similaire que lors de l’opération antiterroriste russe en République arabe syrienne, à y mettre aussi du sien. Notamment, là aussi – comme en son temps en Syrie – à faire référence à des prétendus experts «indépendants» (financés par les Occidentaux), les médias mainstream et à des témoignages selon de nombreuses sources locales arrachés en échange d’une compensation financière.

Pour conclure, il serait juste de faire mention de quelques points essentiels en rapport avec le sale jeu en question mené vis-à-vis non seulement de la Russie, mais aussi de ses alliés africains, par Washington (en chef de projet) et Paris (en bon sous-traitant). Tout d’abord, cette campagne hostile visant l’interaction russo-centrafricaine, est fort justement due aux succès évidents de ladite interaction. Après des années de chaos et d’absence de contrôle de la part des autorités nationales sur la large partie du territoire centrafricain, désormais la situation est à l’inverse – la grande partie du territoire du pays est sous contrôle gouvernemental.

D’autre part, ce qu’il faut mentionner – c’est le timing et l’effectif. Quelques centaines d’instructeurs russes ont réussi à largement réformer les Forces armées centrafricaines (FACA) pour les rendre aptes à mener des combats contre les groupes rebelles et ainsi pouvoir défendre la souveraineté et l’intégrité territoriale de la nation. Puis, les récents succès des forces armées et de sécurité centrafricaines, ainsi que des alliés, face à ces groupes rebelles ont été obtenus en l’espace seulement de quelques mois. Plus exactement – depuis l’échec des groupes rebelles ayant voulu empêcher par la voie armée le bon déroulement des élections présidentielles de fin décembre dernier, en violation par ailleurs de l’accord de paix de Khartoum.

Question logique: comment se fait-il que les troupes françaises, qui fut présentes dans le passé en nombre plus conséquent que les instructeurs russes, n’aient pas pu arriver à un résultat ne serait-ce qu’un tout petit peu semblable? Réponse probable: certainement en raison de l’absence de volonté de contribuer à la stabilisation de la RCA de la part de l’establishment politico-militaire hexagonal. Quant à la force onusienne de la Minusca, présente depuis 2014 en Centrafrique, avec un effectif d’environ 15 000 hommes – elle n’a également pas été en mesure de pouvoir apporter une quelconque stabilisation digne de ce nom, mis à part les efforts et sacrifices qu’il faut reconnaitre de certains pays africains ayant dépêché des hommes dans le cadre de cette mission multidimensionnelle, notamment du Burundi.

Dernier point. Ce que les représentants washingtoniens comme parisiens semblent oublier, c’est qu’au final les meilleurs juges ne sont que les populations concernées. Et c’est d’ailleurs également la raison évidente de l’hystérie observée côté occidental. Aujourd’hui, ces personnages occidentaux observent avec une très vive inquiétude non seulement la perte de leur influence géopolitique et stratégique, mais également l’opposition de plus en plus ferme de l’opinion publique centrafricaine, et plus généralement africaine, quant à leur présence. Les élites occidentales, étant dans l’incapacité la plus totale de s’adapter au monde contemporain multipolaire, risquent à terme de devoir faire face à des évacuations humiliantes de leurs troupes et mercenaires – en Afrique, comme à d’autres endroits du monde – avec en prime l’obligation d’observer la joie des populations des pays concernés qui les accompagneront jusqu’à la piste de décollage.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La plateforme perdante de Kiev

Le pouvoir kiévien devant faire face à une situation économique et sociale de plus en plus marasmique, espère faire perdurer la mainmise sur le pays en exploitant des plateformes censées selon lui permettre à retrouver les territoires perdus. Bien qu’au fond, toutes les voix raisonnables sont d’avis que stratégiquement parlant – cela ne changera absolument rien.

La «plateforme de Crimée», promue par le régime kiévien depuis un certain moment déjà de concert avec ses parrains, commencera ses activités le 23 août prochain dans la capitale ukrainienne. Ce premier « sommet » sera consacré à la discussion sur les moyens de «désoccuper» la Crimée. Kiev tente de donner audit événement une grande envergure internationale, en y invitant les dirigeants de différents pays.

Le souci pour la partie ukrainienne, c’est que jusqu’à maintenant les seuls soutiens obtenus proviennent d’environ une dizaine de pays, pour la plupart occidentaux et affiliés à l’Otan. Cela sans oublier que les travaux de ladite initiative ne resteront que des discussions sans aucune valeur légale et stratégique.

Il faut à ce titre rappeler, que ce projet promu par le président ukrainien Zelensky, est à la base une initiative britannique. Ladite plateforme a été annoncée après la visite à Londres l’année dernière du personnage mentionné – ex-comédien, faut-il le rappeler aussi.

Concrètement parlant, ce concept signifie que des représentants de certains pays, parmi lesquels les Etats-Unis, d’autres pays occidentaux, la Turquie, et certains Etats d’Europe de l’Est – se réuniront pour discuter de la Crimée, avec certainement des annonces «d’initiatives» dont l’objectif serait de contribuer à rendre la péninsule à l’Ukraine. En résumé: une plateforme de discussion pour un groupe limité de pays, ne représentant aucunement la communauté internationale.

Certains se poseront légitimement la question quant au bien-fondé d’une telle initiative de la part d’un des deux pays les plus pauvres d’Europe, dont la situation économique ne cesse par ailleurs de se détériorer. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à travers ce genre de projet, conseillé par l’establishment anglo-saxon, le régime ukrainien espère justement à perdurer au pouvoir. Face à une population désillusionnée, et s’intéressant de moins en moins aux attaques verbales de Kiev vis-à-vis de «l’agresseur russe». Pour rappel, des millions de citoyens ukrainiens ont quitté au cours des dernières années leur terre natale, pour aller chercher leur bonheur ailleurs. Acceptant bien souvent les emplois les moins prestigieux et les moins bien rémunérés.

Les chiffres les plus optimistes parlent de pas moins de 4,5 millions de migrants ukrainiens se trouvant à l’étranger. D’autres – de pratiquement le double. Sachant que de nombreux Ukrainiens profitent du régime sans-visa de trois mois accordé par l’UE pour venir non pas faire du tourisme, mais bel et bien des emplois saisonniers. En d’autres termes – trois mois d’emploi, souvent dans la clandestinité, puis trois au bercail, et ainsi de suite. Une chose est sûre : un pourcentage énorme pour un pays d’un peu plus de 40 millions d’habitants.

Mais étant vraisemblablement dans l’impossibilité de résoudre le marasme économique – ne réalisant pas de projets efficaces et n’obtenant pas de véritable soutien dans le secteur de la part des parrains occidentaux, il devient assez évident que le meilleur moyen de remonter le moral aux Ukrainiens est de lancer des plateformes dont les initiatives sortantes seront perdantes d’avance, tout en poursuivant les guerres de paroles quant à «l’agresseur russe». Paradoxalement d’ailleurs, ledit agresseur qui doit par la même occasion selon la volonté du régime ukrainien continuer à maintenir à flot l’économie ukrainienne via le transit de son gaz à destination de l’UE. Puisque l’establishment occidental est très solidaire dans les paroles politiques, mais beaucoup moins financièrement. Une relation pour le moins surprenante vis-à-vis du pays avec lequel Kiev souhaiterait couper tous les ponts, y compris culturellement et spirituellement.

Quant à la Crimée, toutes ces discussions ne font que faire sourire la population concernée. La Russie a déclaré suffisamment de fois que cette question est close une bonne fois pour toute et qu’aucun retour en arrière ne serait possible. Les récentes provocations occidentales en mer Noire ont reçu une réponse ferme de la part des forces armées russes, forçant les Occidentaux à faire marche arrière. Tout le reste n’étant que bavardage.

Par contre, les conseillers anglo-saxons de Kiev devraient sérieusement s’intéresser de nouveau au cas du berceau historique et civilisationnel serbe du Kosovo – arraché à la Serbie en toute illégalité et sans aucun référendum. Une question qu’il faudra traiter le moment venu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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