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Exclusif: Crimes contre l’humanité au Burundi? L’ambassadeur démonte le rapport de l’Onu

Edouard Bizimana

La Commission d’enquête des Nations unies sur le Burundi a publié un rapport qui demande à la Cour pénale internationale (CPI) d’enquêter «sans délai» sur les «possibles crimes contre l’humanité» dans ce pays d’Afrique de l’Est. Dans un entretien exclusif accordé à Sputnik, Edouard Bizimana, ambassadeur du Burundi en Russie, réagit.

Sputnik: M. l’ambassadeur, quelle est votre réaction à la lecture du rapport de la Commission d’enquête des Nations unies sur le Burundi?

Edouard Bizimana: D’emblée, je dirais que ce n’est pas un rapport, car le document souffre de beaucoup de lacunes, tant au niveau du contenu qu’au niveau de la méthodologie utilisée. C’est un document rempli de contrevérités et de contradictions. Il est étonnant de lire des affirmations comme quoi il existe des attaques «généralisées et systématiques contre la population civile», comme pour dire que le Burundi brûlerait.

Ce n’est pas le cas actuellement, mais on comprend bien ces affirmations gratuites d’une part parce que ces «experts» n’ont pas mis les pieds sur le territoire burundais et d’autre part parce qu’ils veulent se venger contre les autorités burundaises, qui leur ont refusé l’accès au territoire. Vengeance aussi de la Cour pénale internationale et des autres puissances occidentales, qui cherchent à utiliser cette cour pour atteindre leurs objectifs. En effet, le Burundi reste le seul pays qui a confirmé son retrait du Statut de Rome et cela constitue un précédent très préjudiciable à la Cour et aux puissances occidentales qui la financent et l’utilisent.

Un document truffé de contradictions: le point 40 du rapport parle du fait que les «experts n’ont pas visité le Burundi», mais affirment qu’ils ont trouvé des détentions arbitraires. Le point 97 est contredit par le point 108: au moment où la commission semble ignorer totalement le principe de complémentarité, elle recommande aux Nations unies de fournir une assistance technique aux autorités burundaises afin de mener des enquêtes crédibles et indépendantes.

Les points 86 et 99 se contredisent: dans ces points, la commission demande aux autorités burundaises d’enquêter sur les violations des droits de l’homme et au même moment, elle demande à la Cour pénale internationale d’ouvrir une enquête dans les plus brefs délais sur les crimes commis au Burundi.

La commission affirme avoir recueilli des informations sur des attaques ciblées des groupes armés contre des postes de police et de l’armée (point 28) et sur des attaques d’envergures en juillet 2015 et décembre 2015, mais la commission n’a pas été en mesure de recueillir des informations sur des attaques contre les civils par les groupes organisés et se justifie en évoquant le fait qu’elle n’a pas été autorisée à se rendre au Burundi: il faut dire que de tels arguments prouvent à suffisance que la commission n’est pas auteur du «rapport». Elle est là pour condamner une partie et blanchir l’autre et ça, ne devrait pas être la mission d’une commission. Les groupes qui ont attaqué le Burundi n’étaient pas sans armes et ont fait des victimes. Les grenades lancées dans les bars, dans les marchés, dans les lieux publics, des personnes brûlées vives sont l’œuvre de ces groupes. Comment alors la commission a-t-elle pu avoir des informations sur une partie sans se rendre sur le terrain et ne pas en avoir sur l’autre partie?

Au moment où la commission affirme que «dans certains cas, des agents de police auraient agi à la suite d’actes de violence de manifestants ayant entraîné la mort de policiers et de membres du parti au pouvoir» (point 29), elle ne trouve pas opportun de documenter ces crimes (que la commission qualifie d’actes de violence) et se contente seulement de condamner les forces de l’ordre et de sécurité, qui apparemment n’ont même pas le droit de se défendre quand elles sont attaquées.

Les points 31 et 36 démontrent bien le côté penchant et la volonté de la commission de diviser les Burundais: au point 31, la commission attribue avec certitude l’assassinat d‘un officier supérieur aux services de l’État pour semer la division au sein des forces de défense, mais quand il s’agit des crimes qui ont visé les membres du gouvernement ou des personnes supposées être «proches du pouvoir», la commission reste dubitative (point 36).

Enfin, le «rapport» souffre d’une globalisation qui cache mal une volonté de la commission de nuire au peuple burundais (point 44). La commission parle toujours dans la globalité quand elle parle des imbonerakure, des membres du service de renseignement, de magistrats et des policiers. Elle ne parvient pas à coller des noms sur des actes alors que l’on sait que plusieurs policiers responsables d’actes répréhensibles par la loi ont été emprisonnés et même radiés de la police.

Bref, le rapport n’a aucune crédibilité et semble avoir été rédigé par l’opposition et non par des experts. La commission s’efforce de couvrir les crimes commis par l’opposition et les groupes armés tout en condamnant d’avance le gouvernement burundais et ses services, ce qui justifie son appel lancé à la CPI d’ouvrir une enquête sur le Burundi.

Sputnik: Que compte entreprendre le gouvernement de votre pays pour répondre aux accusations émises par les rapporteurs onusiens?

Edouard Bizimana: L’opinion et les Nations unies doivent savoir que la protection des droits de l’homme reste une priorité du gouvernement du Burundi. C’est pour cela que les personnes qui se sont rendues coupables d’une quelconque violation de ces droits ont été traduites devant la justice. J’ai évoqué des cas d’agents des forces de défense et de sécurité et d’autres citoyens qui sont aux mains de la justice.

Le gouvernement du Burundi reste disposé à œuvrer dans le sens de protéger davantage les droits de l’homme, de collaborer avec les Nations unies et ses agences, mais dans le strict respect de la loi et de la souveraineté du Burundi. Le Burundi n’est pas un État voyou, mais un État respectueux des droits de l’homme et du droit international. Dans ce sens, il a des droits et des obligations en tant qu’État souverain et son engagement dans la lutte contre le terrorisme s’inscrit dans cette perspective.

En termes de collaboration, le procureur Fatou Bensouda a demandé au gouvernement burundais des informations dans le cadre de l’examen préliminaire ouvert par la CPI. Le gouvernement burundais lui a transmis, le 1er juin 2017, toutes les informations demandées. Et comme l’a clairement exprimé le procureur général de la République du Burundi, l’ouverture d’une enquête sur le Burundi dans les conditions actuelles par la CPI violerait le principe de la complémentarité, un principe fondateur du Statut de Rome. Le Gouvernement du Burundi a manifesté sa volonté de documenter les crimes commis, de poursuivre leurs auteurs et de les juger.

Le 31 août 2017, l’assemblée nationale a adopté à l’unanimité la résolution portant création d’une commission spéciale de vérification du contenu du rapport de la commission d’enquête sur le Burundi mis en place par le conseil des Droits de l’homme des Nations unies. Tous ces efforts montrent bien que les institutions burundaises prennent la question des droits de l’homme très au sérieux et sont prêtes à collaborer avec les Nations unies, mais dans le strict respect de la souveraineté nationale, c’est-à-dire, sans pression, sans menace et sans intimidation de qui que ce soit. Toute action qui serait entreprise sans concertation n’aura pas d’effet, car le peuple burundais n’est pas prêt à renoncer à sa dignité et à sa souveraineté.

Sputnik: Le Burundi ne reconnaît de facto plus, depuis l’annonce faite en octobre 2016 sur le retrait de la CPI, l’autorité de cette instance. De ce fait, que peut entreprendre cet organisme à l’encontre du Burundi? Et quelles seraient les mesures de rétorsion éventuelles de votre part?

Edouard Bizimana: Le Burundi n’est plus membre de la CPI depuis octobre 2016 et toute action que la Cour engagera contre le Burundi en dehors des règles qui régissent le droit international sera sans effet.

Sous pression de certaines puissances occidentales, qui financent la Cour et qui veulent provoquer le chaos au Burundi et dans la région, comme cela a été le cas en Libye, la CPI peut se lancer dans une aventure contre le Burundi. Mais cette aventure aura des conséquences fâcheuses sur ce qui reste de sa crédibilité. Le Burundi étant le seul pays qui a confirmé son retrait du Statut de Rome, la Cour pourrait se sentir humiliée par cette décision et pourrait être poussée à se venger contre les autorités burundaises en ouvrant une enquête contre le Burundi.

La Cour pourrait aussi, en complicité avec certains leaders de la société burundaise, ceux-là mêmes qui ont poussé les gens dans la rue dans des manifestations violentes, ainsi que certains membres de l’opposition, fabriquer des rapports farfelus contre le Burundi. Mais tout cela ne ferait que décrédibiliser la Cour.

Je ne parlerais pas de mesure de rétorsion, car le Burundi ne cherche de confrontation avec personne. Le Burundi défendra sa souveraineté et sa dignité dans le strict respect du droit international et de ses engagements internationaux.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201709131033024529-burundi-crimes-contre-humanite-onu-rapport/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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De quel droit les élites occidentales s’autoproclament «communauté internationale»?

De quel droit les élites occidentales s’autoproclament «communauté internationale»?

Fait assez incroyable et pourtant si l’on suit les nombreuses sorties en rapport avec l’actualité internationale, y compris syrienne, aussi bien des élites politiques comme médiatiques de l’Occident, on les entend constamment parler d’eux-mêmes à titre de « communauté internationale »… On se demande sur quelle base ?

En effet à chaque fois qu’il est question de tenter de réaffirmer le diktat occidental s’approchant de sa fin irrémédiable, les dirigeants à Washington, Londres ou Paris ressortent la, ou plutôt leur, notion de communauté dite internationale. Vraisemblablement les habitudes coloniales ont vraiment du mal à disparaitre.

On se pose donc à juste titre la question afin de savoir et de comprendre sur quelle base les élites politiques et médiatiques de l’Occident parlent d’eux-mêmes à ce titre ? Qui les a autoproclamé (si ce n’est eux-mêmes) à se prendre pour la communauté internationale ? Le fait qu’ils représentent d’une certaine manière la communauté occidentale, certes. Tout en sachant quand même que de plus en plus de citoyens des pays occidentaux sont loin d’approuver la politique de leurs « représentants ». La France en est d’ailleurs un cas très représentatif. Mais même à titre de communauté occidental et dans le cadre de l’humanité toute entière, cela ne représente qu’une infime partie de la véritable communauté internationale, de la véritable communauté mondiale.

De quel droit une assemblée très réduite de personnes se prend pour l’unique pouvoir décisionnel au niveau planétaire ? Comme si la Russie, la Chine, l’Inde, l’Iran, les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine n’existaient pas. Il serait bon de rappeler que le monde occidental dans sa définition la plus juste (Europe de l’Ouest, Amérique du Nord, Australie et Nouvelle-Zélande) représente environ 950 millions d’habitants, donc moins d’un milliard. Au moment où la population mondiale tourne aujourd’hui à 7,43 milliards d’habitants (chiffres au premier juillet 2016, selon l’ONU). Donc un peu plus de 10 % de la population terrestre, tout en sachant encore une fois que les populations occidentales sont aujourd’hui bien loin de suivre les actions de leurs gouvernements respectifs, serait la « communauté internationale » ? Incroyable…

Il faudrait quand même aussi rappeler que c’est justement la communauté non-occidentale qui représente aujourd’hui plus des ¾ de l’humanité et qui pèse de plus en plus sur le plan économique, politique, diplomatique, militaire et même culturel. Au moment où au contraire l’influence unipolaire occidentale diminue à grands pas. Il suffit d’ailleurs de prendre l’exemple d’organisations telles que l’OCS ou les BRICS pour comprendre une évidence simple : l’Occident politique ne peut plus dominer. Plus que cela, les actions du bloc non-occidental sont aujourd’hui de plus en plus soudées. Il suffit pour cela d’observer la coordination de la Russie et de la Chine sur plusieurs niveaux, allant des manœuvres militaires conjointes jusqu’à la coordination diplomatique sur nombreuses questions de l’actualité, de la Syrie jusqu’au Burundi. Tout en rappelant aussi qu’ils sont deux des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU.

En parlant d’ailleurs de ce Conseil de sécurité onusien, la Russie et la Chine sont justement ouverts à l’élargissement pour d’autres pays de ce conseil jusqu’ici très fermé. Pourquoi ? Car ni la Russie, ni la Chine, n’ont peur de voir leur influence se réduire dans le cadre du monde multipolaire, tout au contraire des dirigeants occidentaux.

Les élites occidentales sont-elles donc si aveugles ? Aucunement. Mais l’héritage colonial de ces élites est tellement ancrée, qu’il leur est jusqu’à maintenant toujours impossible de se débarrasser une bonne pour toute de cette maladie. Car il s’agit bien de maladie. Et comme toute maladie, elle se soigne. Donc de la même manière que l’on soigne les personnes souffrantes, nous (la vraie communauté internationale), soignerons ensemble les prétendues élites de l’Occident. Le monde multipolaire, dans lequel d’ailleurs l’Occident aura toujours sa place, gagne du terrain chaque jour qui passe. L’unipolarité s’éloigne comme un mauvais rêve ayant duré un peu longtemps. Près de vingt ans pour être exact. Et l’hystérie collective des élites de l’Occident n’y changera rien.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610141028197609-elites-occidentales-communaute-internationale-droit/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Rapprochement Cuba-USA illusoire

drapeau cubain sur leur nouvelle ambassade à Washington

Les médias occidentaux ont consacré depuis plusieurs mois une grande attention au soi-disant rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis. L’accent était bien évidemment mis sur la « bonne volonté » du leadership étasunien à passer le cap de relations difficiles, datant de plus d’un demi-siècle.

C’est aussi le message que tentait de faire passer les représentants de la Maison-Blanche depuis Washington.

L’ambassade US a même rouvert ses portes dans la capitale cubaine, La Havane. Et l’ambassade cubaine en terre étasunienne. Même si, des deux côtés, la rhétorique du désaccord sur plusieurs points des relations bilatérales n’a jamais disparu, néanmoins les médias mainstrimois ont tout fait pour présenter ladite situation comme une nouvelle page révolutionnaire dans l’histoire des relations entre les deux pays.

De notre côté, dès le départ on comprenait que le coup « amical » des USA était surtout stratégique. D’un côté, il fallait reprendre pied dans un petit pays courageux, qui résiste à des sanctions arbitraires depuis plus de cinquante ans et qui n’a toujours pas fléchi. D’un autre, à l’heure de la guerre des sanctions visant la Russie, il fallait réduire le nombre de « fronts » (la question du nucléaire iranien peut-être vue également dans cette optique). Last but not least, les USA (qui adorent utiliser la rhétorique de l’isolation vis-à-vis des nations n’étant pas sous leur diktat), avaient (enfin) compris que dans l’espace américain (dans le grand sens du terme), c’est eux qui se retrouvaient ouvertement isolés. Le dernier sommet des Amériques à Panama en avril dernier en était la preuve nette. Obama était attaqué de tous les côtés par les critiques des dirigeants latino-américains, en arrivant même à être obligé de se justifier et de faire son mea culpa, pour lui et son pays: un comble pour un président US devant les dirigeants de pays que Washington aimerait tellement continuer à considérer comme son pré-carré.

En effet, du leader vénézuélien à la présidente brésilienne, des présidents bolivien et équatorien à la chef de l’Etat argentin, Obama a passé un moment fort difficile et son petit sourire ne pouvait aucunement cacher le stress et la pression subie. Les USA ont donc essayé de jouer la carte cubaine. Cuba a répondu favorablement pour la simple et bonne raison que l’île de la liberté n’a jamais été opposée au dialogue. Après tout, ce n’est pas Cuba qui avait tenté à maintes reprises de faire tomber le gouvernement étasunien, mais bien le contraire. Mais ce que les médias US et consorts avaient fortement « oublié » de mentionner, et qui était confirmé à notre niveau par les journalistes et experts cubains, c’est que Cuba ne se faisait aucune illusion quant à la bienveillance étasunienne. Pour les Cubains, ce n’était rien d’autre qu’une nouvelle bataille remportée. Car malgré tous les « pronostics » qui annonçaient la fin de pouvoir socialiste à Cuba après la chute de l’URSS, celui-ci ne s’est non seulement pas affaibli mais est devenu au contraire l’allié par excellence et l’inspiration pour la grande partie des Etats d’Amérique latine.

Maintenant pour revenir à l’actualité. Hier, l’Assemblée générale de l’ONU a une fois encore réclamé, à une écrasante majorité de membres, la fin de l’embargo étasunien contre Cuba. Sur 193 votants, 191 ont soutenu la résolution, dont l’allié russe de Cuba avec une belle allocution de Vitali Tchourkine, représentant permanent de la Fédération de Russie auprès de l’ONU, qui n’a pas manqué de rappeler toute l’illégitimité des actions étasuniennes à l’encontre de Cuba.

Seuls deux pays se sont (sans surprise) opposés à ladite résolution: les USA et Israël. L’ambassadeur adjoint des Etats-Unis à l’ONU, se sentant clairement isolé et voyant la délégation cubaine aux grands sourires, n’a pas manqué de se justifier en affirmant que « le texte de la résolution est loin de refléter les mesures importantes qui ont été prises et l’esprit d’engagement que le président Obama a défendu »… En d’autres termes, « nous sommes gentils (comme toujours) et vous nous attaquez ». Si seulement c’était vrai.

En tout cas, cela n’a fait que confirmer une fois encore que Cuba ne compte nullement reculer et renoncer à ses principes. Et que d’autre part, le rapprochement annoncé en grande pompe par les relais de l’impérialisme est encore loin. Comment d’ailleurs un tel rapprochement serait possible entre une nation défendant ses valeurs anticolonialistes et une autre se croyant toujours « exceptionnelle et unique » pouvant dicter sa volonté néocoloniale à tous. Illusions, illusions…

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151029/1019172208/cuba-etats-unis-relations.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Délais concrets pour la création de l’Etat de Palestine : la Russie soutient la résolution

Délais concrets pour la création de l’Etat de Palestine : la Russie soutient la résolution

C’est officiel, la Russie va soutenir le projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU concernant les délais de la création d’un Etat palestinien.

Une résolution pour rappel préparée et proposée par les représentants de la Palestine. Quant à la position russe, elle a été annoncée il y a un peu plus d’une semaine par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov.

Néanmoins, ce qui risque comme d’habitude de poser problème, c’est l’attitude des pays occidentaux, USA en tête. Ces derniers étant les principaux alliés d’Israël (tout comme l’Etat sioniste est le principal allié des USA au Moyen-Orient), ils vont vraisemblablement s’opposer à cette résolution palestinienne, poursuivant ainsi la très longue tradition de discrimination à l’égard du peuple martyr de Palestine.

Les autres Etats occidentaux : ceux d’Europe occidentale, le Canada, l’Australie et quelques autres satellites, ont de grandes « chances » de suivre également et comme à l’accoutumée le maitre étasunien. Seule la Suède en tant que membre de l’Union européenne, s’est récemment démarquée en annonçant qu’elle allait reconnaitre à son niveau l’Etat palestinien. Washington n’a d’ailleurs pas tardé à réagir, par le biais de sa porte-parole clownesque du département d’Etat, Jennifer Psaki, en jugeant cette décision de « prématurée ».

Pour revenir à la Russie, le vice-ministre russe a été plus que clair en s’exprimant devant les journalistes en marge de la conférence internationale sur la reconstruction de la bande de Gaza : « Je ne vois même pas de raisons pour critiquer ce texte et cette volonté des Palestiniens d’appeler une fois de plus à examiner cette situation, d’autant plus dans le cadre de l’ONU. Aussi, disons-nous aux Palestiniens que si telle ou telle option vous convient, nous vous soutiendrons en amis. Vous savez mieux que quiconque ce dont vous avez besoin et la façon d’atteindre l’objectif escompté. Nous estimons que la cause palestinienne est une cause juste, en ayant en vue que chaque peuple a le droit à l’autodétermination allant jusqu’à la création de son propre Etat ».

Difficile d’y ajouter quelque chose si ce n’est qu’effectivement la Palestine, après des décennies de souffrances liées à l’occupation et la colonisation israélienne, se doit d’obtenir des délais concrets pour la création de son Etat, complètement indépendant et souverain, et non plus se baser sur des promesses occidentales qui ne font que répéter l’éventualité d’un hypothétique Etat de Palestine, sans aucune date ni garantie, le tout en faveur des intérêts de l’Etat israélien et de sa politique d’occupation.

Il serait également juste de dire que vraisemblablement nous sommes arrivés à une époque où il est grand temps de passer à l’acte. La Palestine est déjà reconnue en tant qu’Etat par une très grande majorité de pays de la planète. Pratiquement tous les pays d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine lui reconnaissent un statut diplomatique et accueillent des représentations diplomatiques palestiniennes sur leurs territoires. L’exception étant une fois encore les USA, le Canada, l’Europe occidentale, l’Australie et quelques autres. Alors comment se fait-il que dans le nouveau monde multipolaire dans lequel nous vivons désormais, la Palestine ne pourrait pas arracher sa place au concert des nations libres qui lui revient de droit ? De quel « droit » une extrême minorité continuera au XXIème siècle à faire croire qu’elle représente« l’exceptionnalisme, le droit universel et toute la communauté internationale », tout en sachant parfaitement qu’ils sont bien minoritaires au sein de l’humanité toute entière. Surtout lorsqu’on sait aussi qu’un très grand nombre de citoyens des pays occidentaux, y compris des USA, soutiennent activement la cause palestinienne.

Après les plus ou moins récentes victoires diplomatiques et géostratégiques des nations BRICS, il est grand temps d’associer la Palestine à une nouvelle victoire de ce monde multipolaire, et surtout de permettre ainsi à son peuple qui souffre depuis bien trop longtemps, l’obtention de la vie qu’il mérite, comme toute autre nation libre.

http://french.ruvr.ru/2014_10_24/Delais-concrets-pour-la-creation-de-l-Etat-de-Palestine-la-Russie-soutient-la-resolution-7246/

Mikhail Gamandiy-Egorov