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Secrétaire général de l’OTSC: l’alliance militaire eurasienne capable de faire face à l’Otan

28.05.2022

L’expansion vers l’Est de l’Otan attisera les tensions régionales et en aucun cas ne sera une source de stabilité ou de sécurité pour ses Etats membres, selon le secrétaire général de l’OTSC. Toujours selon lui, les hostilités entre les deux blocs ne pourront que s’aggraver.

L’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dispose de toutes les possibilités pour garantir la sécurité pour nos pays, c’est ce qu’a indiqué Stanislav Zas – secrétaire général de l’organisation. Il a également ajouté que l’OTSC représente un bouclier efficace pour ses Etats-membres. Pour rappel, l’organisation politico-militaire est composée de la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Arménie et le Tadjikistan.

Selon lui, l’expansion orientale de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord attisera les tensions régionales et en aucun cas ne stabilisera et n’assurera pas la sécurité pour ses pays membres. En ce qui concerne les perspectives d’adhésion de la Finlande et de la Suède au bloc otanesque – cela ne fera qu’aggraver les hostilités entre la Russie et l’Otan.

Stanislav Zas a également rappelé que l’OTSC est une organisation internationale qui ne constitue pas seulement un bloc politico-militaire, mais que c’est également une organisation multifonctionnelle, offrant une protection contre d’autres types de menaces. Tout en ajoutant que l’organisation dispose de suffisamment de forces et de moyens, ainsi que d’un système de réponse aux crises: «L’OTSC a toutes les possibilités pour servir de garant de la sécurité de nos pays et je pense que nous sommes vraiment un bon bouclier pour nos six Etats», a-t-il déclaré.

En termes de perspectives, ces déclarations du secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective confirment effectivement plusieurs aspects. Tout d’abord est que nous assistons en effet aujourd’hui à une opposition féroce entre l’Eurasie – devenue la principale force motrice de défense et de promotion de l’ordre multipolaire international et l’Occident – dont l’establishment continue de tenter à forcer l’écrasante majorité de la planète vers un retour à l’ordre unipolaire, dépassé et révolu.

En ce sens, les processus en cours et à venir dans le grand espace eurasiatique prennent aujourd’hui une dimension particulièrement importante. Aussi bien dans le cadre de structures telles que l’OTSC, mais également en ce qui concerne les grandes alliances internationales telles que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – composée quant à elle de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde, du Pakistan, et bientôt de l’Iran qui deviendra également membre à part entière. 

D’où les innombrables tentatives des élites atlantistes à tenter de ralentir les processus en question en Eurasie – non seulement car ledit espace représente en soi un énorme poids démographique, militaire, économico-industriel et civilisationnel, mais aussi en raison de d’influence de plus en plus accrue dudit espace sur d’autres régions du monde, notamment dans son interaction avec l’Afrique, l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

En effet et depuis les événements des derniers mois, l’Occident ne peut plus occulter la réalité de n’être qu’une extrême minorité à l’échelle mondiale et de n’avoir absolument aucune légitimité à pouvoir parler au nom d’une quelconque communauté internationale. Et ce malgré les innombrables instruments étant encore à sa disposition pour tenter de faire croire le contraire. Un autre élément à prendre en considération – vu comme un extrême danger par l’establishment atlantiste – n’est autre que la montée en nombre de personnes dans l’espace occidental qui se revendiquent de plus en plus ouvertement de la multipolarité. Et qui ne se retrouvent aucunement dans les délires de leurs prétendues élites qui s’accrochent au fantasme d’une hégémonie occidentale sur le monde, dans la pure continuité d’une mentalité coloniale.

En ce sens, il est évident que les alliances eurasiennes et internationales ont un énorme rôle à faire valoir pour mettre définitivement fin aux rêves des nostalgiques de l’unipolarité, et pour que puisse s’imposer non plus seulement le monde multipolaire – qui est déjà une réalité admise – mais bel et bien l’ère multipolaire post-occidentale, souhaitée et attendue par des milliards de personnes de la planète.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’OTSC comme la solution face aux révolutions de couleur

Après la Biélorussie, une autre tentative de révolution colorée vient vraisemblablement de subir un échec, cette fois-ci – en terre kazakhe. Par la même occasion l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) semble désormais se positionner comme la riposte efficace aux campagnes de déstabilisation occidentales dans l’espace eurasiatique.

Les schémas se suivent et se ressemblent. Il faut tout de même constater que l’establishment politique étasunien, et plus généralement occidental, sans oublier les réseaux Soros & Co. commencent depuis ces dernières années à manquer assez cruellement d’originalité. Au même moment, cela ne devrait pas être si surprenant pour des personnages qui par essence possédant déjà une mentalité purement néocoloniale, se sont définitivement convaincus de leur capacité de nuisance sans impunité après plusieurs campagnes de déstabilisations d’Etats souverains réussies. Le coup d’Etat de 2014 en Ukraine en représente d’ailleurs un exemple, bien qu’étant qu’un demi-succès, pour bien de raisons.

Depuis, la même coalition n’observe plus les mêmes succès, mêmes relatifs. Et après l’échec de révolution colorée en Biélorussie, le schéma appliqué au Kazakhstan semble également… être tombé à l’eau. Pendant ce temps dans l’espace concerné, une force s’affirme comme un outil efficace face aux interférences occidentales, et plus particulièrement étasuniennes. L’appel du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev au soutien de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) – dont fait par ailleurs partie le Kazakhstan – semble fermement confirmer la justesse de cette initiative du président du pays. Un appel auquel l’organisation a répondu favorablement et de manière rapide.

L’envoi des troupes conjointes de l’OTSC (composée en plus du Kazakhstan – de la Russie, de la Biélorussie, de l’Arménie, du Tadjikistan et du Kirghizistan) a effectivement fait l’objet de nombreuses discussions. Evidemment sans aucune note d’enthousiasme du côté occidental et de ses affiliés. Pour rappel, le nombre total des militaires de la force conjointe a été annoncé être autour de 2500 personnes. Ayant pour tâche principale la protection et la défense des installations importantes, y compris celles d’importance stratégique.

Le secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective, Stanislav Zas, a de son côté confirmé le mandat des forces collectives de maintien de la paix de l’Organisation d’utiliser le potentiel armé – en premier lieu dans la défense d’importantes installations de l’Etat kazakh, ainsi qu’en cas de menace directe pour la vie et la santé des militaires eux-mêmes.

Cette mission collective devient par la même occasion la première mission de ce format dans l’histoire de l’OTSC. Et pour le moment tout semble aller dans la réussite de la mission confiée, au moment où la situation au Kazakhstan va dans le sens de la stabilisation. Le scénario à l’ukrainienne, où une minorité – active, violente, bien structurée et coordonnée, appliquant à la lettre les ordres de ses parrains, pouvait faire tomber un gouvernement légitime – ne se réalisera vraisemblablement pas. Ce qui sera un succès indéniable pour l’avenir aussi bien de l’OTSC, que pour le grand espace eurasien de façon générale.

Effectivement et après le succès au Kazakhstan, l’Organisation du Traité de sécurité collective pourra devenir une référence de premier choix pour contrer les révolutions de couleur, dans l’espace post-soviétique et peut-être même au-delà. Sachant que la solidarité eurasiatique continue sa marche en avant à travers une autre grande organisation internationale eurasienne – l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), regroupant la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde, le Pakistan et depuis récemment l’Iran qui a entamé son adhésion en qualité de membre de plein droit.

Un autre point important dans ce dossier concerne quant à lui justement l’énième échec de l’establishment occidental d’ouvrir un front d’instabilité dans l’espace eurasiatique, à l’heure où des pourparlers sécuritaires vont s’ouvrir entre la Russie et l’Occident, impliquant pour ce dernier les Etats-Unis et l’Otan. Bien que et selon les toutes dernières déclarations de la diplomatie russe – des pourparlers qui pourront être de bien plus courte durée que prévu – si l’establishment occidental fera la sourde oreille aux conditions de Moscou.

Quant à la solidarité eurasienne, aussi bien dans le cadre d’une large partie de l’espace post-soviétique, que dans celui de l’implication de la Chine et de l’Iran – il devient assez évident que les forces obscures de la déstabilisation internationale auront de plus en plus de mal à agir impunément, face à des capacités de riposte rapides, coordonnées et efficaces. Le tout impliquant des grandes civilisations mondiales, qui, avec les forces alliées, représentent la grande majorité planétaire par la même occasion. Et non pas une infime partie du globe terrestre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les efforts sino-russo-iraniens dans le dossier afghan

Le retrait occidental d’Afghanistan, au-delà d’être un aveu d’un échec cuisant, représente sans le moindre doute un défi sécuritaire de premier plan pour les pays régionaux. A ce niveau, il est important de se focaliser sur les actions entreprises par la Russie, la Chine et l’Iran dans ce dossier.

Le 31 août prochain devra s’achever le retrait étasunien et des forces affiliées d’Afghanistan. Le tout après vingt années de présence. Cette réalité, au-delà de représenter un échec évident pour les USA et sa coalition occidentale, touche directement à plusieurs autres aspects. Premièrement, qu’adviendra-t-il désormais de l’Afghanistan ? Sachant que le mouvement des talibans, contrôlant déjà une large partie du pays durant la présence occidentale, est désormais tout simplement à l’offensive dans le but de prendre sous contrôle tout le pays. A ce titre, les talibans déclarent déjà contrôler 85% du territoire.

Sur ce point, l’heure est tout simplement à la déroute pour les forces de Kaboul, qui se rendent ou fuient les combats face à l’avancée des talibans. Grand nombre d’entre eux, se sont déjà réfugiés au Tadjikistan, pays ex-soviétique d’Asie centrale, qui a accepté d’accueillir sur son sol les militaires afghans sur une base humanitaire. D’autres supplient leurs alliés étasuniens de les faire évacuer d’Afghanistan avec leurs familles. En ce sens et de façon réaliste, très peu d’entre eux obtiendront cette «faveur» occidentale. Tout laisse à supposer que les talibans prendront, à un moment ou un autre, le pouvoir, et domineront de nouveau la vie politique du pays.

Deuxièmement, et compte tenu de cette probable éventualité, quel impact cela aura sur la sécurité des pays voisins de l’Afghanistan, notamment d’Asie centrale – pour la plupart alliés de la Russie, et faisant partie de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), ainsi que de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). A ce titre, le Tadjikistan a déjà mobilisé près de 20 000 militaires dans le but de protéger sa frontière avec l’Afghanistan. Et a également sollicité l’aide de son allié russe, ainsi que de l’OTSC, dans le cas d’une détérioration de la situation. Un soutien confirmé du côté de Moscou.

Il est évident qu’avoir à ses frontières un régime d’obédience obscurantiste représente un défi de poids pour l’Asie centrale, mais aussi pour la Russie, la Chine et l’Iran. D’autant plus qu’au-delà des talibans, qui pour le moment jurent de n’être intéressés que par les affaires intérieures de leur pays, l’Afghanistan est devenu un terrain propice pour les éléments de Daech – sans que là aussi la coalition washingtonienne ne puisse faire quoi que ce soit. Ou peut-être faudrait-il dire ne souhaitant faire quoi que ce soit. Il est donc primordial pour les puissances eurasiennes et leurs alliés de prendre tout le dispositif sécuritaire nécessaire. Ce processus suit actuellement son cours.

Troisièmement, et pour parler plus précisément des actions entreprises par la Chine, la Russie et l’Iran, il faut noter que les trois pays travaillent activement sur les mécanismes permettant de maintenir la situation sous contrôle au niveau régional. Et jusqu’à maintenant avec efficacité.

Le 7 juillet dernier, l’Iran, à travers l’implication du chef de sa diplomatie Mohammad Javad Zarif, avait accueilli une rencontre inter-afghane entre des représentants du gouvernement de Kaboul et les talibans. Du côté chinois, le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, visitera cette semaine trois pays d’Asie centrale: le Turkménistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – tous des voisins proches de l’Afghanistan.

Selon des analystes chinois, cette visite fournira une plateforme à la Chine et aux trois pays concernés dans le but de coopérer en matière de sécurité régionale. Pékin se dit également prêt à accorder un soutien financier et technique aux pays confrontés à des défis sécuritaires dans leurs zones frontalières.

En ce qui concerne la Russie, qui partage faut-il le rappeler encore, des relations fortes et d’alliance avec les nations d’Asie centrale, elle reste très attentive à la situation sur le terrain. Une délégation des talibans était tout récemment en visite à Moscou. Ladite délégation, reçue au ministère russe des Affaires étrangères, a fait mention de plusieurs points importants: ne pas concevoir à menacer la sécurité des Etats voisins, lutter contre les éléments de Daech sur le sol afghan et à combattre le narcotrafic. Un narcotrafic ayant explosé durant la présence étasunienne en Afghanistan, avec tout ce que cela implique.

Reste à savoir si les talibans tiendront leurs promesses. D’un certain côté – cela va dans le sens de leurs propres intérêts car du côté russe il y a une ligne rouge à ne pas franchir – celle qui concerne la sécurité de ses alliés d’Asie centrale. Et en cas de nécessité, la Russie n’hésitera pas à utiliser la force si la sécurité de ses alliés se trouvera menacée. Les talibans le comprennent parfaitement.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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