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Elections législatives en Russie : la souveraineté russe pas négociable

Elections législatives en Russie

Les élections législatives russes ont bien eu lieu. Le comptage des voix est pratiquement fini. Analysons les résultats provisoires et les perspectives.

Le taux de participation à ces élections était de près de 48 %. 97,3 % des voix ont été traitées jusque-là.

Le parti Russie unie de Vladimir Poutine arrive largement en tête avec 54,17 % des voix.

Le parti communiste est deuxième avec 13,42 %. Le parti libéral-démocrate (populiste, nationaliste) obtient 13,24 %. Le parti Russie juste (social-démocrate) arrive quatrième avec 6,18 %.

Plusieurs points qui doivent être soulignés. Les élections législatives sont loin de susciter un intérêt aussi important que les élections présidentielles en Russie, néanmoins le taux de participation à ces élections dépasse celui de nombreux pays européens. Autre point tout aussi important. La popularité du président Poutine dépasse bien sérieusement celui du parti Russie unie. On pourrait d’ailleurs à ce titre faire un parallèle avec l’Afrique du Sud où le parti au pouvoir l’ANC (Congrès national africain), le parti historique du grand Nelson Mandela, domine la vie politique du pays bien que le parti lui-même et certains de ses membres soient sérieusement critiqués.

En Russie la situation est plus ou moins semblable dans le sens que le taux de popularité du président Poutine dépasse les 80 %, tandis que le parti au pouvoir est en dessous de ces chiffres. Pourquoi ? Pour la simple et bonne raison que plusieurs politiciens du niveau local ou municipal, issus du parti Russie unie, sont loin de faire toujours l’objet d’avis positifs de la part des citoyens dépendant de la localité/municipalité en question. Manque de professionnalisme, lacunes de gestion, promesses non tenues,… telles sont les accusations qui visent certains de ces responsables attachés au principal parti du pays. Et le pouvoir comprend parfaitement que c’est un défi auquel il faut faire face. C’est d’ailleurs aussi à cela que sert la démocratie.

Autre fait important caractéristique de la société russe, est que sont nombreux ceux ou celles qui soutiennent Vladimir Poutine mais sont d’horizons politiques différents. On peut notamment penser aux personnes qui sympathisent aux idées de gauche et qui durant les législatives votent en faveur du parti social-démocrate Russie juste, sans pour autant remettre en cause leur soutien à la politique présidentielle. Ou encore ceux qui votent en faveur du parti patriotique Rodina (Patrie) là aussi tout en accordant parallèlement le soutien à la politique actuelle de l’Etat russe, dans bien nombreux domaines. Les autres exemples ne manquent pas eux aussi.

Fait important et révélateur : le parti ultra-libéral et ouvertement pro-occidental Parnas, dirigé par un certain Mikhail Kassianov, associé pour l’écrasante majorité des Russes aux périodes tumultueuses de l’ère Eltsine et aux oligarques ayant massivement pillé « leur » peuple, ayant le soutien direct, dont financier, avec plusieurs structures étasuniennes, notamment étatiques, n’a obtenu que 0,72 %. Le même parti qui « pense » que la Russie doit se conformer aux prérogatives étasuniennes et de l’OTAN, afin de rejoindre par la suite cette structure… Le score obtenu en dit long sur sa « popularité » auprès des citoyens russes.

Conclusion : la souveraineté russe n’est effectivement pas à négocier. Le peuple russe l’a une fois de plus démontré, tout en respectant les principes démocratiques du pays. Par ailleurs, la Russie confirme de nouveau que la notion de démocratie souveraine n’est pas une notion illusoire mais bien une réalité. En passant, pratiquement pas de violations ont été observées durant ces élections, de l’avis même des observateurs internationaux, y compris ceux de l’OSCE qui ont également pris part à l’observation. Le scrutin est donc entièrement valide.

Quant à certains représentants des élites occidentales qui continuent de rêver pour voir un coup d’Etat en Russie, ce ne sera certainement pas pour demain, ni pour après-demain. L’indépendance et la souveraineté de la Russie ne se vendent pas. Et le peuple multiethnique de Russie veille.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201609191027817708-russie-elections-souverainete/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

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Coalition US-Arabie saoudite & Co. : les masques tombent définitivement ?

L’Arabie saoudite, l’un des principaux alliés des USA au Moyen-Orient et au niveau global, s’est une fois de plus démarquée au moment où elle aurait mieux fait de se tenir à l’écart.

Le royaume wahhabite n’a vraisemblablement pas apprécié, en plus de ses revers évidents au Yémen, l’avancée offensive sur tous les axes du territoire national de l’armée gouvernementale syrienne. Sans oublier les récents succès au niveau diplomatique et économique de l’Iran, ennemi juré.

En effet, l’Armée arabe syrienne est à l’offensive aussi bien au nord du pays, dont l’objectif est de prendre le contrôle de la frontière turco-syrienne, qu’au sud dans la région de Deraa et la frontière syro-jordanienne, ainsi qu’à l’est du pays où se trouvent justement les principaux bastions des terroristes de Daech. Devant cette avancée victorieuse et la débâcle des groupes takfiristes, dont ceux soutenus ouvertement par l’Arabie saoudite et le Qatar, l’heure n’est pas à la joie côté occidental et golfiste. 

Riyad a donc annoncé l’éventualité d’envoyer des troupes terrestres en Syrie. Une annonce similaire s’en est ensuite suivie de la part des Emirats arabes unis (pays pour rappel ayant participé en 2011 aux côtés de l’OTAN aux bombardements contre la Jamahiriya libyenne). Censés donc par ces manœuvres d’avouer que ceux sur qui ils sont misés en Syrie (y compris les plus « modérés » mais désireux quand même d’établir la charia dans toute la Syrie), sont en train de perdre.

La réaction syrienne ne s’est pas fait attendre. Le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem a prévenu: « ceux qui rentreront en Syrie sans autorisation reviendront chez eux dans des cercueils », fin de la citation. Ceci étant parallèle au moment où l’état-major du ministère russe de la Défense a annoncé que la Turquie aussi mobilise ses troupes et matériel militaire à sa frontière avec la Syrie (Erdogan étant un autre mécontent des défaites subies par les groupes terroristes soutenus par Riyad, Doha et Ankara).

Riyad prêt à envoyer ses forces spéciales en Syrie
© REUTERS/ FAISAL AL NASSER/FILES

Reste bien sûr le rôle décisif de Washington, sans l’accord de qui il est peu probable que l’Arabie saoudite puisse se lancer dans une opération militaire terrestre en Syrie. D’ailleurs côté saoudien et émirati, les déclarations faisaient directement comprendre qu’ils attendent le feu vert étasunien. Maintenant pour parler des perspectives. Nous avons mentionné précédemment que l’Arabie saoudite aurait beaucoup plus à perdre qu’à gagner en cas d’un conflit sérieux avec l’Iran. Et si l’Arabie saoudite décidait d’envoyer des troupes en Syrie (bien que la déclaration officielle affirme que « c’est pour combattre Daech »), ce sera bien évidemment pour au contraire tenter de sauver ce qu’il reste de leurs substituts takfiristes face à l’armée syrienne. Et si elle le faisait, elle devrait vite faire face en plus des militaires syriens, aux combattants d’élite iraniens et du Hezbollah libanais (dont la présence avec les forces aérospatiales russes est légitime car validée par Damas). Les forces des Saoud n’y tiendront pas longtemps. 

Plus que cela, le moment serait extrêmement mal choisi pour la principale concernée: sa campagne contre les combattants houthis au Yémen est déjà au plus mal, ces derniers ne reculent pas et menacent constamment la partie sud du territoire saoudien ayant déjà subi des attaques armées directes. S’enliser donc dans un conflit encore plus radical et en face de forces en présence contre lesquelles elle n’aurait pas beaucoup de chances de tenir, ce serait catastrophique pour l’Etat wahhabite, devant en plus gérer les mécontentements internes, notamment de la minorité chiite.

Il est vrai qu’il sera bien difficile à Riyad et Doha de reconnaitre leur défaite en Syrie après avoir investi des sommes faramineuses dans différents groupes extrémistes. De même qu’il est fort difficile de faire de même aux élites occidentales. Mais reste à savoir s’ils préfèreront s’en limiter là, après avoir tout de même énormément martyrisé la nation syrienne, ou opteront-ils pour un prolongement du conflit en s’embourbant avec les conséquences qui iront avec. On suivra avec attention.

En tout cas et ce qui est certain, c’est qu’effectivement les masques tombent un à un au sein de cette fameuse coalition US et consorts. Leur objectif n’a jamais été de lutter contre le terrorisme, l’objectif était de détruire un pays arabe multiethnique et multiconfessionnel laïc, y compris en utilisant à ces fins les groupes terroristes coupeurs de têtes. Depuis que ces plans tombent progressivement à l’eau et surtout depuis l’intervention des forces aérospatiales russes, ils ne savent plus à quel diable se vouer (ou damner).

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20160209/1021601052/us-arabie-saoudite.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Russie-Turquie: nouvelle réalité & perspectives

La tragédie qui s'en est suivi avec la mort d'un des deux pilotes de l'avion, le colonel Oleg Pechkov et la marine Alexandre Pozynitch, a choqué grand nombre de personnes

Avant-hier, la Turquie a abattu dans le ciel syrien le bombardier russe Su-24 qui devait revenir à la base militaire de Hmeimim d’une énième mission antiterroriste.

La tragédie qui s’en est suivi avec la mort d’un des deux pilotes de l’avion, le colonel Oleg Pechkov, tué après éjection de l’avion depuis le sol par les terroristes opérant en Syrie, a choqué grand nombre de personnes, aussi bien en Russie que dans beaucoup de pays du monde. 

Le second tué n’est autre que le fantassin de la marine Alexandre Pozynitch, ayant perdu la vie lors de l’opération de sauvetage qui s’en est suivi. Quant au co-pilote du Su-24, le capitaine Konstantin Mourakhtine, dont on n’avait pas de nouvelles officielles durant plusieurs heures et que certains avaient annoncé également tué, il a été finalement récupéré par les forces spéciales syriennes et russes (chapeau pour leur travail). Il est sain et sauf, prêt sous peu à reprendre le travail antiterroriste qu’il mène courageusement en Syrie. Il a été décoré par décision du président russe de l’Ordre du Courage.

Nous avons donc deux héros tombés dans la lutte contre le terrorisme. Le président russe a remis à titre posthume le titre de Héros de Russie au commandant du Su-24, le colonel Oleg Pechkov. Le fantassin de la marine russe, Alexandre Pozynitch, a été décoré de l’Ordre du Courage, également à titre posthume. Paix à leurs âmes. Le plus terrible dans cette tragédie est qu’elle a été provoquée par l’action d’un pays qui était considéré comme un membre de l’alliance antiterroriste. Plus que cela, considéré comme étant un pays ami, compte tenu des relations de bon voisinage observées depuis plusieurs années, ainsi que des relations économico-commerciales intenses développées entre les deux pays, sans oublier les nombreux projets communs en cours. 

Maintenant justement pour revenir aux relations russo-turques qui risquent de connaitre un revers sérieux, ne serait-ce que sur le court-moyen terme. La thèse avancée par Ankara comme quoi l’avion russe aurait violé l’espace aérien turc ne tient pas. D’abord, parce que tout a été enregistré et le ministère russe de la Défense est formel: il n’y a pas eu de violation de l’espace aérien de la Turquie, preuves à l’appui. D’autre part, imaginons même que si l’avion russe aurait été (certaines sources étrangères parlent de moins d’une minute) dans l’espace aérien turc, comment se fait-il alors que l’avion est tombé à 4-5 kilomètres de la frontière, sur le territoire syrien? Franchement, ne pensez-vous que les pilotes russes, de grands professionnels, sachant qu’ils ont été abattus en territoire turc, n’allaient pas s’éjecter en ce même territoire turc, pour la simple raison qu’il y aurait bien plus de chances qu’ils restent en vie, au lieu de se retrouver dans une zone en Syrie remplie de terroristes? Et troisième point.

Depuis le début de l’intervention antiterroriste russe en Syrie, un avion russe avait à un moment effectivement survolé par accident l’espace aérien turc (des raisons météorologiques ont été avancées). Le ministère russe de la Défense avait alors immédiatement confirmé les faits et présenté ses excuses à la Turquie. En ajoutant qu’afin d’éviter dans le futur de tels incidents, une ligne directe sera mise en place entre les états-majors des deux pays. Pourquoi ne pas avoir utilisé cette option si Erdogan affirme que nous avions tort? Donc une fois de plus, il faut cesser les mensonges. Surtout que, et cela est confirmé par plusieurs haut-cadres turcs, dont l’ex-chef du bureau de renseignement à l’état-major général de Turquie, Ismail Hakki Pekin, qui avait indiqué dans un entretien à l’agence Sputnik « qu’abattre un avion engagé dans une opération contre les éléments terroristes était une grossière erreur ». Et d’ajouter que « le Su-24 russe ne constituait aucune menace pour la Turquie et n’affichait pas de comportement hostile ». 

Quelles sont donc les raisons qui auraient pu pousser le leadership turc (ou en tout cas une partie) à cette folie? Certains analystes avancent le fait que depuis l’intervention antiterroriste russe en Syrie aux côtés de l’armée syrienne, les groupes armés recevant le soutien d’Ankara (Front al-Nosra d’Al-Qaida est notamment mentionné) se retrouvent de plus en plus en difficultés. Vraisemblablement donc, le projet tant voulu par Erdogan de faire tomber le président syrien Assad et le remplacer par un régime loyal à Ankara tombe à l’eau. Le but de l’attaque était donc de montrer sa vive opposition au scénario que l’on observe actuellement, à savoir la progression sur différents fronts de l’armée syrienne, avec le soutien de l’aviation militaire russe, ainsi que des Iraniens et des combattants du Hezbollah au sol. Fort possible mais est-ce la seule raison? Selon moi, il est à penser que non.

L’autre raison serait purement économique. Il est connu que la Turquie est devenue le principal marché de vente du pétrole volé en Syrie et Irak par les groupes terroristes. Un pétrole vendu par ces mêmes groupes terroristes à un prix dérisoire aux cercles impliqués dans ce trafic illicite, pour ensuite être revendu bien plus cher et faire de gros bénéfices. Un business qui permet d’une part un financement massif des groupes terroristes, dont Daech, mais qui apporte aussi d’énormes gains aux groupes criminels impliqués dans ce trafic et qui sont principalement turcs. Selon plusieurs sources, des membres de l’élite politique et économique de la Turquie, participent activement à ce sale processus. Mais depuis que l’aviation russe vise et détruit depuis le ciel syrien, en plus des cibles terroristes, un grand nombre de citernes contenant des dizaines de milliers de tonnes de pétrole transportés par ces groupes terroristes à destination de la Turquie, des profits colossaux partent en fumée, aussi bien côté Daech & autres groupes salafistes, que côté ceux qui commercent avec eux. On parle même de certains proches du président turc Erdogan qui seraient partie active dans ce commerce criminel. Donc l’attaque contre le bombardier russe peut aussi être vue dans cette optique. Le problème, c’est que vraisemblablement les instigateurs de cette tragédie n’ont pas pensé que ces intérêts « économiques » malsains peuvent avoir d’énormes répercussions pour les intérêts économiques globales de la Turquie, compte tenu des relations intenses en ce sens avec la Russie. Au vu de ce qui s’est passé, la Russie sera bien forcée de riposter.

Maintenant, parlons de la riposte. Personnellement, je suis opposé à des sanctions qui vont frapper de simples citoyens, de part et d’autre, surtout connaissant les liens intenses qui nous unissent, ainsi que les nombreux liens d’amitié. Les deux économies sont très interdépendantes. La coopération bilatérale se fait dans nombre de secteurs: énergie (60% de la demande turque assurée par la Russie), commerce, tourisme, banques,…. D’autre part, les sentiments pro-russes en Turquie sont importants, aussi bien au sein des entrepreneurs, hommes d’affaires, représentants politiques qu’au sein de simples citoyens. Il serait trop dommage de détruire cela ou en tout cas d’y porter un sérieux coup. Limiter le flux touristique à destination de la Turquie? Oui, peut-être. D’ailleurs cela commence déjà à être le cas. En ce sens, l’Agence fédérale russe du tourisme (Rostourism) a déjà recommandé aux tour-opérateurs et agences de voyages basées en Russie, de ne plus vendre de voyages à destination de la Turquie. Une proposition déjà très largement suivie. A noter que pour la seule année dernière, près de 4,5 millions de touristes russes ont visité la Turquie, faisant de la Russie le second principal marché émetteur de touristes pour la Turquie (derrière l’Allemagne). Mais de loin le plus dépensier (les touristes russes ont dépensé au total 2 fois plus que les touristes allemands, près de 1,5 fois plus que les touristes US et 1,2 fois de plus que les Britanniques. Un coup effectivement très sérieux pour cette industrie touristique, stratégique pour la Turquie et qui assure deux millions d’emplois directs et indirects. Une mesure radicale mais qui malheureusement peut frapper justement ceux qui généralement ont de la sympathie pour la Russie. Sans oublier aussi que mis à part les très nombreux touristes en provenance de Russie, il y a aussi une diaspora russe assez importante en Turquie, notamment au niveau des familles mixtes. Et les 150-200 000 citoyens turcs vivant et travaillant en Russie d’une façon permanente ou saisonnière? Je ne pense pas qu’il faut d’une quelconque façon les punir pour les crimes de ceux qui appuient les terroristes et qui sont loin de représenter toute la Turquie. Surtout après les condamnations et les critiques exprimées par plusieurs responsables politiques turcs, journalistes, experts civils et militaires, ainsi que des représentants de la société civile, qui comprennent d’autant plus le danger actuel de l’attaque contre l’avion russe pour la suite des relations bilatérales.

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151126/1019835710/russe-turquie-su-24.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les victoires syriennes font changer l’opinion publique mondiale

Base aérienne Ham en Syrie

Il était intéressant d’observer les attaques informationnelles visant l’opération aérienne anti-terroriste russe, lancée pour soutenir l’offensive des troupes gouvernementales syriennes.

En Russie on parlait véritablement de provocations pures et simples, créées pour mettre à mal la coalition Syrie-Russie-Iran-Hezbollah. Depuis et voyant les capacités du ministère russe de la Défense à répondre concrètement à n’importe quelle attaque informationnelle injustifiée, les instigateurs de la nouvelle phase de guerre d’information visant la Russie et ses alliés se sont un petit peu calmés.

Plus encore, en suivant les succès récents des forces aérospatiales russes et des troupes de l’Armée arabe syrienne sur le terrain, les principaux médias mainstream étaient obligés de reconnaitre les avancées notables de l’armée syrienne depuis le début de la participation directe de la Russie dans la lutte anti-terroriste dans ce pays. Dernier exemple en date: l’annonce faite par l’AFP et relayée (sans joie) par tous les grands médias occidentaux, anglophones comme francophones, de CNN à BBC, de France 24 au Figaro. « Syrie: l’armée brise le siège de l’EI autour d’un aéroport clé près d’Alep », titrait le site de France 24

Avec les indications plus bas: « KWEIRES (SYRIE) (AFP) —
L’armée syrienne a brisé mardi le siège imposé depuis plus de deux ans par le groupe Etat islamique (EI) à l’aéroport de Kweires, près d’Alep, selon un photographe de l’AFP sur place, une information confirmée par la télévision d’Etat. Les troupes du régime sont entrées mardi en fin d’après-midi dans l’aéroport et des soldats tiraient en l’air en signe de célébration, a indiqué le photographe ». Fin de la citation.

On notera bien que cette victoire importante de l’armée syrienne met fin à un siège de plus de deux ans. Et l’autre point essentiel qu’on y lit: l’Etat islamique… N’est-ce pas les mêmes médias qui relayaient massivement « l’information » selon laquelle la Russie et la Syrie combattent principalement d’autres groupes « rebelles » (les terroristes « modérés » en d’autres termes) et non pas l’EI? Heureusement une fois encore que le ridicule ne tue pas. Passons.

Pendant ce temps, les chaines gouvernementales syriennes ont montré de leur côté (avec bien évidemment plus de joie que ceux qui ne sont que forcés de reconnaitre les faits devenus évidents), les soldats syriens célébrant une nouvelle importante bataille remportée dans la reconquête de leur pays, martyrisé depuis plusieurs années maintenant par le terrorisme international et l’arrogance des élites occidentales. Les militaires syriens n’ont pas manqué de saluer leur président Bachar al-Assad, ainsi que de remercier la Russie pour son aide cruciale dans ce combat.

Donc on progresse. Et ce seulement à peine un peu plus d’un mois depuis le début de l’intervention russe. Vous imaginez bien que si c’était la coalition étasunienne qui était arrivée à des résultats ne seraient-ce que semblables, et même en ayant l’avantage évident du timing (plus d’un an de « participation »), tous les médias du mainstream seraient en train de célébrer le rôle « exceptionnel » de la politique US. D’autre part, et cela est tout aussi important de le noter, ces mêmes médias commencent à reconnaitre que côté russo-syrien, c’est bien Daech qui est combattu, au même titre que toutes les autres sectes terroristes salafistes opérant en Syrie, notamment liées à Al-Qaida.

Dernier point. En lisant les commentaires sur pratiquement tous les médias occidentaux ayant repris l’annonce faite par l’AFP, on voit clairement de quel côté se penche l’opinion publique internationale. Que ce soit au niveau des lecteurs du Figaro, de France 24 ou des médias US, l’avancée des troupes syriennes, soutenue par l’aviation russe, est accueillie positivement. Ce qui ne fait que confirmer une fois de plus que l’opinion publique occidentale est de plus en plus hostile à la propagande russophobe, relayée depuis plusieurs années et plus particulièrement ces derniers temps par leurs principaux médias. Tout en rappelant aussi, que ce n’est qu’une partie de l’opinion publique globale, dans laquelle les sentiments favorables à la Russie sont encore plus importants.

Certains évidemment tenteront de reprendre le refrain habituel que c’est dû à la « propagande russe ». Mais peut-être que simplement les gens aux quatre coins du monde commencent à analyser sérieusement les processus en cours au niveau de la planète et se poser les bonnes questions? Surtout lorsque d’un côté il n’y a constamment que des accusations sans preuves, et de l’autre une argumentation avec faits réels.
P.S.: Aux derniers sondages menés aux USA, près de la moitié des citoyens US interrogés pensent que les actions de la Russie en Syrie et dans cette région sont « fortes et raisonnables ». Comme quoi, même côté outre-Atlantique, la balance commence à pencher vers la raison.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151112/1019460203/syrie-opinion-publique-attaques-informationnelles.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

« En Afrique, on salue avec satisfaction la politique actuelle de la Russie »

Simplice Zokohi Zadi est un historien, spécialiste des relations internationales et militant politique ivoirien. Partisan du Front populaire ivoirien (FPI), parti historique de Laurent Gbagbo. Il est aujourd’hui exilé au Maroc. On parlera de l’actualité ivoirienne, africaine et plus globalement internationale.

Sputnik : La Côte d’Ivoire a connu il y a peu des élections présidentielles. Alassane Ouattara, soutenu par les Occidentaux, garde le pouvoir. Une forte abstention était l’une des principales caractéristiques de ces élections. Votre avis?

Simplice Zokohi Zadi: Merci de l’opportunité que vous me donnez de m’exprimer sur l’actualité brûlante de la Côte d’ivoire, mon pays, en ce qui est convenu d’appeler élection présidentielle du 25 octobre 2015. Au vu de la réalité du terrain et des différents protagonistes, nous ne sommes pas surpris des résultats. Celui qui devrait être proclamé vainqueur, à savoir Alassane Ouattara, le protégé de la communauté occidentale, s’est taillé la part du lion avec 83,66% des suffrages exprimés contre 16,44% pour les autres candidats qu’il a lui-même choisi pour l’accompagner. Pour nous autres qui n’étions pas partie prenante à cette « élection » nous ne sommes guère surpris des résultats. Pour notre part, nous tirons une grande satisfaction parce que l’enjeu était le taux de participation et de ce côté-là record absolu jamais enregistré pour une élection de cette envergure, ni dans ce pays, ni dans d’autres pays d’Afrique: 80% de taux d’abstention. Oui sur ce plan ma satisfaction est grande. Je fais partie de ceux qui ont appelé au boycott massif du scrutin. Cet objectif est donc largement atteint.

Sputnik : Vous qui surveillez la politique ivoirienne et plus généralement africaine, comment était vue cette élection à l’intérieur, ainsi que dans d’autres pays africains, notamment voisins?

Simplice Zokohi Zadi: Sur le plan local cette élection n’était pas du goût des Ivoiriens. La preuve, le fort taux d’abstention. Si nous analysons cela, il y a beaucoup de leçons à tirer. Mais pour répondre à votre question, il faut noter que sur le plan interne, les Ivoiriens avaient d’autres priorités que cette soi-disant élection car ils ont besoin de paix et de réconciliation. Sur le plan sous régional, certains pays de la CEDEAO voulaient que Ouattara qu’ils ont contribué à installer dans la violence en 2011, se maintienne au pouvoir pour faire de la Côte d’ivoire un territoire conquis. Donc pour eux en envoyant des observateurs, ils approuvaient cette élection que les Ivoiriens dans leur ensemble ont rejetée.

Sputnik : Beaucoup admettent, y compris en Occident, qu’il n’y a pas en Côte d’Ivoire de réconciliation nationale, après la crise de 2010-avril 2011. D’autres rappellent qu’Alassane Ouattara a été tout simplement installé à la tête du pays par les armes d’une puissance étrangère occidentale, en violant la souveraineté nationale d’un pays souverain. Comment voyez-vous l’avenir de votre pays?

Simplice Zokohi Zadi: Merci pour cette question capitale. L’histoire de la Côte d’ivoire depuis ces vingt dernières années est douloureuse.En effet ce pays, jadis, vitrine de la sous-région ouest africaine est meurtri par une crise politique, militaire et sociale depuis 1993, l’année de la mort du premier président Félix Houphouet-Boigny qui avait réussi, par le parti unique à imposer un semblant de stabilité et de paix relatives. Malheureusement, l’Occident, surtout la France dont il était l’agent n’avait pas intérêt à ce que notre pays s’émancipe après son décès. Elle avait vu en son successeur, en l’occurrence Konan Bédié, un digne continuateur de la politique de défense et de monopole des intérêts français dans la région. Mais ce dernier ne se montra pas apte pour a mission à lui confiée comme agent de l’impérialisme français. Ainsi, ils ont choisi, Ouattara Alassane, agent aussi des intérêts américains. La France et Ouattara organisèrent un coup d’Etat militaire en décembre 1999, pour évincer, l’inapte et incompétent Bédié. Malheureusement, le général Guéi choisi pour faire écran et cacher le jeu des Français, se montra patriote et sous la surveillance, la vigilance du peuple et des partis démocratiques comme le FPI de Laurent Gbagbo, amena le pays à une élection démocratique après une transition de 10 mois. Et c’est Laurent Gbagbo, qui incarnait au mieux les aspirations du peuple, qui sortira vainqueur de la présidentielle en octobre 2000.

Dès son élection et jusqu’en 2011, son pouvoir ne connut véritablement de répit, attaqué constamment et permanemment par une rébellion conçue par Ouattara, parrainée par la France et des intérêts néocolonialistes.

Pour arriver à la paix, Laurent Gbagbo, accepta de dépecer son pouvoir par les accords de Marcoussis (signés en 2003 entre la rébellion et le pouvoir) en faisant de Ouattara, inéligible de par la constitution en son article 35, un candidat pour la seule élection de 2010. Les Ivoiriens choisirent Laurent Gbagbo, comme président. Ouattara, sûr de ses soutiens françafricains, étasuniens et européens créa alors une violente et grave crise post-électorale en se déclarant vainqueur parallèlement au Conseil Constitutionnel. La France qui attendait en embuscade, saisit l’occasion pour faire la guerre à la Côte d’Ivoire ouvertement en bombardant le palais présidentiel. La suite on la connait. Ouattara fut installé au pouvoir.

Commença une période d’acier pour le pays où beaucoup d’Ivoiriens moins chanceux ont trouvé la mort, d’autres ont été contraints à l’exil, quand plus de 500 dont des personnalités politiques du FPI, notamment Simone Gbagbo, l’épouse du président renversé, croupissent dans les prisons. En outre, et c’est également important pour les Ivoiriens, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé (ex-ministre de la Jeunesse, ndlr) sont détenus injustement à La Haye où ils attendent un procès le 10 novembre prochain.

Comme on le voit l’avenir du pays est sombre. Les Ivoiriens ne connaissent pas de liberté individuelle et collective du fait d’une dictature. Ils espéraient que Ouattara ayant atteint ses objectifs de prendre le pouvoir allait réaliser la réconciliation nationale. Aussi espéraient ils que cette communauté occidentale qui l’a installé par la violence au palais d’Abidjan allait jouer le jeu pour l’amener à réconcilier les Ivoiriens. Là encore la déception fut grande. Et avec cette parodie d’élection qui donne un semblant de légitimité démocratique à Ouattara l’avenir du pays ne peut qu’être sombre. Mais attendons les jours à venir pour nous prononcer. Pour l’instant, nous ne sommes pas optimistes car nous ne faisons pas confiance au détenteur du pouvoir actuel.

Sputnik : A l’heure actuelle, le monde observe avec grande attention la Syrie, où deux coalitions, voire deux visions s’affrontent, surtout depuis le début des frappes russes contre les terroristes dans ce pays. Votre commentaire?

Simplice Zokohi Zadi : Merci beaucoup pour l’occasion donnée d’exprimer ma position sur ce qui se passe en Syrie.En Afrique, on salue avec beaucoup de satisfaction la politique actuelle ouverte de la Russie en Syrie. Parce qu’en 2011, la Russie n’a pas bien joué son rôle de contrepoids à la politique impérialiste des Occidentaux, ce qui a fait que Kadhafi a été tué par l’OTAN en Libye. C’est parce que la Russie a été attentiste que la France s’est arrogée le droit d’intervenir abusivement en Côte d’Ivoire.

En effet quand il y avait le pacte de Varsovie et que l’équilibre de la terreur était assuré, les Occidentaux faisaient attention. Mais depuis la fin de l’URSS, l’OTAN s’était érigée en gendarme du monde. On peut trouver des circonstances atténuantes à la Russie car depuis 1991 le pays se devait de se reconstruire. Elle était en phase de reconstruction et de stabilisation. Aujourd’hui elle joue pleinement son rôle de grande puissance mondiale à même d’équilibrer la terreur des forces occidentales dans le monde.

Pour la Syrie, au départ les Occidentaux voulaient être toujours maîtres en sortant leur jeu favori: le mensonge distillé par les élites occidentales. Mais la diplomatie russe a pris le dessus en montant au créneau pour faire échec à une intervention de l’OTAN contre le président Assad agressé.

Les Occidentaux voulaient encore prendre prétexte de combattre l’Etat islamique dans la région pour porter l’estocade à Damas en se dissimulant. Mais encore leur jeu a été découvert. Ainsi l’intervention de l’aviation russe a complétement mis en déroute les plans de l’OTAN. C’est une victoire à la fois militaire, politique et diplomatique qui ramène Moscou au premier plan des relations internationales. Aussi c’est une revanche que la Russie prend en renforçant sa position dans une région stratégique.

Sputnik: Vous avez mentionné la Libye. On sait que l’Afrique et beaucoup de gens dans le monde gardent en tête l’intervention de l’OTAN dans ce pays avec les conséquences que l’on connait. Le continent africain peut-il tolérer encore cette optique pour l’avenir?

Simplice Zokohi Zadi: Comme je l’ai dit précédemment, l’intervention de l’OTAN en Libye ayant occasionné la mort de Mouammar Kadhafi a été mal ressentie par tout Africain digne. Comme je l’ai également dit précédemment, nous regrettons que la Russie et la Chine n’aient pas été aussi actives qu’elles le sont aujourd’hui. Mais heureusement, tout change. Il appartient aux Africains de traiter ouvertement avec la Russie car en relations internationales, on signe ce qu’on appelle des accords. Dès lors qu’il existe des accords bilatéraux entre deux pays, ceux-là jouent automatiquement en cas de besoin. Nous ne pouvons plus rêver en nous basant sur le passé où du temps des guerres de décolonisation et de libération, lorsque l’ex-URSS intervenait automatiquement en Afrique. Non, les données ont changé et la Fédération de Russie traite désormais officiellement avec les gouvernements formellement constitués et légaux. Il appartient donc aux gouvernements africains de sortir de leur esclavage occidental pour regarder aussi du côté de Moscou. Il y aussi de bonnes chose à prendre à Saint Pétersbourg, Rostov, Krasnodar, Sotchi, Vladivostok, Kazan…Yalta, en terme de coopération universitaire, scientifique, militaire, économique et culturelle. Il faut diversifier la coopération si nous ne voulons pas que l’OTAN ou la France nous fasse ce qui s’est passé en Lybie et en Côte d’ivoire en 2011.

Sputnik: Beaucoup de gens dans le monde, et l’Afrique ne fait pas exception, regardent avec espoir en direction de la Russie et des BRICS. Partagez-vous cette vision? Si oui, pourquoi?

Simplice Zokohi Zadi: Oui, je suis de ceux qui ont salué la naissance des BRICS. En effet depuis longtemps, le monde est dominé par les élites occidentales qui ont mis les Etats sous l’éteignoir au nom de leurs intérêts impérialistes. Les Occidentaux font la guerre aux pays moins nantis militairement et économiquement mais plus riches en matières premières énergétiques, agricoles et minières. Pour ces richesses, ces pays sont déstabilisés. La naissance des BRICS peut être une chance en ce sens qu’ils peuvent équilibrer économiquement le monde par la mise en place de nouveaux mécanismes de marchés. Il faut de nouvelles politiques de mise à marchés des produits des pays en développement, ainsi qu’une juste répartition et rémunération de ces produits. Les BRICS sont une chance car leur existence permettra à coup sûr de diversifier la coopération commerciale et économique du monde.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151031/1019209524/afrique-cote-d-ivoire-ouattara-elections.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Se trouver sur la liste des sanctions de Kiev est un honneur pour Fabrice Beaur

Fabrice Beaur et Alexandre Zakhartchenko

Fabrice Beaur est un citoyen français installé dans le sud de la Russie.

Il est le chef du département de Russie/Caucase de l’Observatoire Eurasien pour la Démocratie et les Elections (EODE) et a dirigé une mission d’observation pour les élections présidentielles et législatives dans les Républiques populaires de Donetsk (DNR) et de Lougansk (LNR), en novembre de l’année dernière.

Il a été placé en première position sur la liste des sanctions décrétées par Kiev. Pour rappel, récemment la junte kiévienne a publié une liste de 400 personnalités, russes, ukrainiennes et étrangères, qui sont désormais sous sanctions de la « nouvelle » Ukraine. Parmi ces personnes, on retrouve beaucoup de beau monde: Sergueï Choigou, ministre russe de la Défense. Roy Jones Jr., rappeur et multiple champion du monde afro-américain de boxe. Steven Seagal, célèbre acteur hollywoodien, Gérard Depardieu, ou encore Ramzan Kadyrov, le président tchétchène. Sans oublier plusieurs journalistes (merci la « liberté d’expression ») et représentants de la société civile russe, ukrainienne et de plusieurs autres pays.

Sputnik: Vous avez été placé premier sur la liste des sanctions décrétées récemment par Kiev. Quel sentiment cela vous inspire-t-il?

Fabrice Beaur : Mon apparition sur cette liste est un honneur. Et être le premier de celle-ci est pour moi un plaisir personnel que je ne cacherais pas.

C’est une reconnaissance de mon action en faveur de la résistance antifasciste des républiques rebelles du Donbass de Donetsk et de Lougansk.

Cela marque la fuite en avant du régime de Kiev qui ne sait plus quoi inventer pour expliquer sa répression armée sur les régions de l’Est et justifier sa politique suicidaire pour l’avenir de l’Ukraine en tant qu’Etat en inventant à tour de bras des « ennemis » de l’Ukraine.

Sputnik: Vous avez en effet pris part en qualité d’observateur aux élections présidentielles et législatives à Novorossia en novembre 2014. Un petit rappel de ce que cela représentait?

Fabrice Beaur : Le régime actuellement en place à Kiev est arrivé par un coup d’Etat dans la nuit du 21 février 2014. En totale contradiction avec l’accord signé le soir même qui validait une transition légale du pouvoir au niveau gouvernemental.

Les régions de l’Est et du Sud de l’Ukraine se sont alors soulevées pour refuser le cours russophobe du nouveau pouvoir.

La suite des événements, aujourd’hui, tout le monde les connaît. Soulèvement populaire, répression de la junte néo-bandériste pro-US de Kiev, organisation des milices populaires dans le Donbass, confrontation armée et naissance de facto de deux nouvelles entités étatiques; à savoir les Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk.

Il suffit de se rappeler des résultats sans aucun détour des referendums d’auto-détermination organisés dès le début du conflit pour comprendre que nous sommes face à une dynamique réellement populaire.C’est dans ce cadre que des élections ont alors été organisées en novembre 2014 dans ce Donbass en résistance. Il s’agissait de donner une assise légale à ces jeunes républiques.

J’ai alors participé à une délégation d’observateurs internationaux via une Mission de l’ONG EODE — Eurasian Observatory for Democracy and Elections. Comme je l’ai déjà fait en Priednestrovié (Transnistrie, ndlr), en Abkhazie, en Ukraine, en Russie ces dernières années.

Tant par les observations que nous avons faîtes, que le rapport de mission ou les résultats, ces élections ont été une étape reconnue de consolidation d’un processus démocratique que contestent seulement les partisans de l’escroquerie du « Maïdan ».

Sputnik: Le fait d’avoir été placé en première position sur cette fameuse liste de « sanctions », est selon vous un simple hasard ou une confirmation de la haine venant de la junte de Kiev à votre égard, pour le fait d’avoir permis à deux ex-régions ukrainiennes d’avoir des observateurs internationaux lors de leurs élections?

Fabrice Beaur : Mes actions pour soutenir le combat populaire des républiques rebelles du Donbass ne plaisent évidemment pas à Kiev.Si l’origine de tout cela est ma participation en tant qu’observateur international aux élections en République Populaire de Donetsk (DNR) en novembre 2014 comme nous venons d’en parler, je pense que c’est surtout ma rencontre avec Alexandre Zakhartchenko à cette même période qui a produit cette obsession sur ma personne. J’en ai pour preuve que les petits délateurs franco-ukrainiens de Paris se sont déchaînés pendant plusieurs semaines sur les réseaux sociaux contre moi. Je pensais que la haine de ces activistes aux méthodes de petits gestapistes sur le tard était seulement une poussée de fièvre. Mais me voir réapparaître dans cette nouvelle « liste noire » démontre semble-t-il que la peste néo-bandériste est belle et bien une infection généralisée en Ukraine, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat ukrainien à la main de la junte.

Vient s’ajouter à tout cela que l’ONG EODE, qui a organisé la mission internationale de monitoring électoral du référendum pour l’autodétermination de la Crimée et de Sébastopol.

Tout cela est évidemment insupportable pour le gouvernement pro-US de Kiev.

Sputnik : La liste comportait tout de même 400 noms de personnalités, parmi lesquelles des hommes politiques, des journalistes, des activistes de la société civile, des sportifs, des acteurs et un bien grand nombre de pays représentés via les personnes sanctionnées. Pensez-vous que la junte de Kiev continuera à élargir encore plus cette liste?

Fabrice Beaur: Ce n’est ni la première, ni la dernière « liste ». Il semble y en avoir plusieurs ou bien une dont la mise à jour constante soit un passe-temps à temps complet pour les ambassades ukrainiennes et du ministère des affaires étrangères de Kiev. Sans oublier le SBU dont le professionnalisme est aujourd’hui à l’image de la nature « pacifiste » des activistes du Maïdan qui l’ont intégré.

Sputnik : N’est-ce pas selon vous un aveu de faiblesse, voire d’isolation, de la part des autorités putschistes ukrainiennes qui à travers ce genre d’actes essaient de punir des personnalités, pour certaines très connues au niveau mondial, pour d’autres moins connues mais étant très actives afin que la vérité se sache sur ce qui se passe véritablement en Ukraine et dans les territoires l’ayant quitté? Et ce malgré tout le soutien affiché des élites politiques et médiatiques de l’Occident, ainsi que de l’OTAN, à ces mêmes autorités?

Fabrice Beaur: Je ne crois pas que la propagande grossière de la junte fonctionne encore auprès de la population ukrainienne. « L’ennemi » est une carte qui ne semble plus passer. Les « promesses » du « Maïdan » sont aujourd’hui lettres mortes. Rien n’a changé en Ukraine. Tout a empiré. Et non du fait de « l’agression de la Russie » mais de la politique antirusse et russophobe de cette junte néo-bandériste pro-US. L’alignement du nouveau pouvoir bandéro-oligarchique à l’allégeance atlantiste a produit un Etat-zombi où le ridicule côtoie la criminalité, la corruption à un niveau encore plus élevé que cela ne pouvait l’être dans le passé.

Si la junte de Kiev tient encore debout c’est par le matraquage de sa propagande et de sa chasse à tout ce qui s’oppose à elle. La situation économique et financière de l’Ukraine est catastrophique. L’Etat ukrainien est en réalité en banqueroute. Mais les organisations soi-disant internationales, mais sous contrôle U.S., que sont le FMI et la Banque mondiale la perfusent pour éviter d’en arriver officiellement à ce stade. Mais je crois que c’est peine perdue du fait que s’ils veulent sauver le système financier ukrainien, les banques, ils ne font que prolonger le supplice social que subit la population en Ukraine. Et retarder l’inévitable n’a jamais empêché qu’il se produise.

Maintenant, personne ne peut affirmer que demain se produira la chute du pouvoir en place à Kiev. Et si cela devait se produire par quel régime il serait remplacé. Dans la lutte d’influence entre oligarques et autres employés de l’impérialisme US, c’est à qui montrera le plus ses muscles afin de plaire à l’Ambassade US de Kiev qui est le vrai centre de commandement de la « révolution » (sic) du « Maïdan » (re-sic). En Ukraine actuelle tout est possible.

Surtout le pire!

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150930/1018503384.html

Bachar al-Assad, la seule option possible

Portrait de président syrien Bashar al-Assad, Damas, Syrie

A l’heure où la Syrie est de nouveau au premier plan, non sans la crise des migrants comme l’une des raisons à cela, et au moment des nombreuses discussions occidentales sur la présence militaire russe en Syrie, il serait juste une fois encore de remettre plusieurs points sur les « i ».

Les élites occidentales s’enfoncent une fois de plus dans la contradiction pure et simple. Et même les spécialistes occidentaux, loin d’être pro-russes ou pro-syriens, commencent par l’avouer. D’un côté, les leaders occidentaux affirment leur volonté à combattre l’Etat islamique, de l’autre continuent encore de réclamer le départ du président syrien Assad.

Mais ce n’est de loin pas la seule contradiction observée. Tout d’abord, souvenons-nous de l’invasion US et consorts en Irak, en 2003 (à une époque d’ailleurs lorsque un pays comme la France ne faisait pas automatiquement le suiveur de la politique étasunienne). Il a fallu bien peu de temps aux forces de cette coalition pour arriver à leur fin, à savoir faire chuter l’Irak Baathiste et son leader Saddam Hussein. Certains diront à juste titre que c’était une opération terrestre et c’est vrai. Mais on a eu aussi il y a quelques années la Libye. L’OTAN, qui menait les opérations de bombardement du territoire libyen en visant les forces de l’armée régulière, n’a eu en outre aucun mal à détecter et viser le cortège où se trouvait feu colonel Mouammar Kadhafi. On connait la suite.

Et en Syrie malgré toutes les déclarations déclarées de mener la guerre à l’EI en bombardant ses positions, on a vraiment dû mal jusqu’à maintenant (pourtant ce n’est pas la volonté qui manque) à voir un quelconque résultat notable. Certains diront même que ces bombardements nuisent plus aux forces gouvernementales de l’Armée arabe syrienne, sans oublier les civils, qu’aux terroristes. Il y a donc de quoi à se poser des questions: quelle est la véritable cible de la coalition occidentalo-golfiste? Les barbares de l’EI ou les militaires syriens avec Bachar al-Assad? Sans oublier l’implication d’Israël qui a maintes fois bombardé les positions de l’armée syrienne, sans jamais toucher aux terroristes. Etonnant?

Autre question tout aussi importante. Les élites de l’Occident jouant aux aveugles affirment jusqu’à maintenant que la Syrie n’aura pas d’avenir avec Assad. Le problème c’est que jusqu’à maintenant ils n’ont aucune alternative à proposer. Absolument aucune. Tous les groupes soi-disant non liés à l’Etat islamique et combattant également l’armée régulière de Syrie, les Occidentaux les appellent eux-mêmes être « des islamistes modérés ». Assez incroyable comme notion. C’est vrai qu’en terme de barbarie et de cruauté, difficile de concurrencer l’EI (même Al-Qaida est devenue un peu ringarde), mais en suivant cette « logique », on arrive à croire qu’il devient presque possible de classer les terroristes en plusieurs groupes, selon leur niveau de radicalité ou de « modération »: terroristes modérés, semi-modérés, plutôt modérés, pas vraiment modérés, pas du tout modérés, radicaux, ultra-radicaux et ainsi de suite. Cela peut même paraitre drôle pour certains, si derrière cette pseudo-logique il n’y avait pas des centaines de milliers de vies en jeu. Mais l’Occident vraisemblablement ne peut plus faire marche arrière, de peur de se retrouver une fois de plus dans le ridicule. Même si parfois il est bien mieux de reconnaitre ses erreurs, ne serait-ce que pour sauver tellement de vies humaines.

Maintenant pourquoi le président al-Assad reste la seule option possible? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord car il reste le leader légitime de son pays. Un pays pour rappel indépendant et souverain. D’autre part, car il est bien soutenu par la grande majorité de la population, aussi bien en Syrie qu’au sein de la diaspora syrienne. Qui le dit? Le rapport datant de 2013 (alors que la Syrie était déjà en pleine guerre) de la CIA (!) repris entre autres par Wikileaks et un certain nombre de médias, qui confirme que le président Assad aurait au moins 75% de soutien de la part de ses concitoyens. Alors après, les « bienpensants démocratiques » devraient nous répondre à une question: de quel droit un leader ayant le soutien avéré des ¾ de son peuple peut être considéré « illégitime » (terme employé par plusieurs chefs d’Etat occidentaux)?
Un autre exemple confirmant lui aussi la légitimité d’Assad et lié à l’aspect ethnico-religieux. On sait qu’il appartient à la minorité religieuse alaouite, qui représente à peu près 20% de la population de Syrie. L’Occident tente par tous les moyens de faire croire que c’est cette minorité qui dirige, les autres représentants ethniques et religieux seraient soi-disant tous ou presque opposés à elle. Pourtant, la grande majorité des Syriens (environ 75%) sont eux musulmans sunnites, 10% sont chrétiens. Alors en analysant ne serait-ce qu’avec un minimum de logique, les 20% d’alaouites et les 10% de chrétiens ne pourraient jamais assurer à Assad une si longue résistance si la grande majorité des musulmans sunnites syriens n’étaient pas eux aussi majoritairement derrière leur président. Cela est tout simplement impossible. L’Armée arabe syrienne est également fort représentative de ce puzzle multiethnique et multiconfessionnel de la Syrie. La grande majorité des militaires syriens sont eux aussi musulmans sunnites. Et il serait tout simplement illusoire de croire que si ces militaires sunnites ne soutenaient pas eux aussi Assad et avec une telle ardeur, jamais il n’aurait pu tenir ne serait-ce que quelques mois.
Donc la propagande occidentale s’écroule comme un château de cartes, notamment sur le fait que la Syrie serait dominé par un « dictateur » (un dictateur ayant tout de même 75% au moins de soutien, y compris au sein de la diaspora, y compris celle vivant en Occident) et que c’est une minorité religieuse qui impose sa volonté aux autres. Tout cela est faux. La Syrie, en plus d’être l’un des berceaux de l’humanité, c’est aussi un pays multiculturel, multiethnique et multiconfessionnel. Mais c’est aussi fort malheureusement un pays martyrisé depuis plusieurs années maintenant par la volonté unipolaire du néocolonialisme occidental et le salafisme importé du Golfe et de quelques autres pays. Et dans ce pays de la diversité, un homme continue de représenter l’unité de tous les Syriens, peu importe leur appartenance ethnique ou religieuse et qu’ils soient musulmans sunnites, alaouites, chiites, chrétiens ou yézidis. C’est bien Bachar al-Assad. Les dirigeants occidentaux devront donc bien à un moment ou un autre reconnaitre cette réalité que beaucoup de Syriens tentent de leur faire entendre. Et une réalité qu’ils devront accepter. Entre temps, il faut se débarrasser des terroristes égorgeurs. Et pour cela, aux côtés de l’armée syrienne et du peuple de Syrie, ce sera vraisemblablement une autre coalition.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150917/1018226891.html

Mikhail Gamandiy-Egorov