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Les succès d’Astana permettent à Genève d’avancer

les rencontres d'Astana

Malgré de virulentes réactions de la part des mouvements les plus radicaux en Syrie, les négociations de Genève avancent et laissent entrevoir quelques espoirs de paix. Le maintien d’un cessez-le-feu et l’amorce d’un dialogue entre pouvoir et opposition réalisés à Astana ont ouvert la voie à ces timides progrès.

À en juger par la réaction de certains mouvements radicaux, notamment dans les réseaux sociaux, en lien avec les rencontres d’Astana et maintenant la relance des pourparlers de Genève, l’heure est à… l’optimisme prudent. En effet, le fait que les extrémistes les plus radicaux et certains de leurs soutiens extérieurs, notamment le sulfureux sénateur US McCain, enragent montre que nous sommes sur la bonne voie.
Parlons perspectives. Astana I et II ont permis l’établissement, puis le renforcement, du cessez-le-feu en Syrie, qui dure maintenant depuis fin décembre. Ceci a été rendu possible grâce à l’étroite coordination entre trois pays : la Russie, la Turquie et l’Iran, en qualité de garants, sans oublier évidemment le pays-hôte, des négociations d’Astana, le Kazakhstan. Cette trêve ne concerne évidemment pas les groupes terroristes de Daech et du Front Fatah al-Cham ( ex Al-Nosra, la filiale d’Al-Qaida en Syrie ).

Les succès des rencontres d’Astana ayant permis d’établir l’arrêt des hostilités sur le terrain avec tous ceux qui ont accepté de rejoindre l’accord de trêve, ils ont ouvert la voie à la relance des pourparlers de Genève entre le gouvernement syrien et l’opposition. Et de l’aveu de Staffan de Mistura, envoyé spécial de l’ONU pour la Syrie, le rôle d’Astana a été réellement positif et même crucial, ce qui laisse entrevoir des possibilités d’une paix durable.

Aux dernières nouvelles, les pourparlers de Genève sont loin de se dérouler de manière facile, l’opposition étant elle-même divisée. Les plus radicaux ne souhaitent pas s’avouer vaincus ouvertement et tentent par tous les moyens de montrer qu’ils ont encore du poids. Néanmoins, il est déjà patent que plusieurs représentants de l’opposition souhaitent atteindre un résultat positif dans les négociations en adoptant des prises de position responsables. Cela se traduit par le soutien à la lutte antiterroriste sur le territoire syrien, par l’opposition aux financements extérieurs en faveur des terroristes et par un accord intra-syrien sur la suite du processus politique, la Constitution syrienne et les élections.

Trop tôt encore donc pour dire ce que donneront ces pourparlers de Genève, mais même si aucun accord définitif n’est trouvé, de l’avis de nombreux experts il s’agira après Astana d’un autre grand pas en avant. Parallèlement à cela, l’armée syrienne poursuit son offensive contre les terroristes à différents endroits du front, notamment en vue de la libération de la cité antique de Palmyre, autour de laquelle les forces gouvernementales contrôlent déjà presque toutes les hauteurs stratégiques. De plus, la coordination russo-turque ne faiblit pas. Elle s’est notamment concrétisée par la libération récente de la ville syrienne d’Al-Bab, près de la frontière turco-syrienne des mains de Daech. La Turquie n’a pas manqué de reconnaître le soutien décisif russe dans la prise du dernier fief de la secte takfiriste dans la province d’Alep. C’est ce qu’a d’ailleurs déclaré Ilnur Cevik, conseilleur du président turc Erdogan. De son côté, Vitali Naoumkine, conseiller de Staffan de Mistura, pense également que la coordination russo-turque joue un rôle clé dans la résolution de la crise syrienne.

D’autre part, le chef d’État turc est attendu à Moscou le 9 et 10 mars prochain — sa deuxième visite officielle en Russie en une demi-année — durant laquelle il rencontrera le président russe. Cela se fera dans le cadre de la réunion du Conseil de coopération de haut niveau Russie-Turquie, qui reprend le travail après la normalisation engagée par les dirigeants des deux pays. Toujours selon le conseilleur d’Erdogan, Ilnur Cevik, les deux leaders discuteront également de la poursuite de la coordination de leurs efforts en Syrie.

Une chose est sûre. Malgré tous les défis restants à relever, on commence depuis Astana à entrevoir une possible issue positive pour la crise en Syrie. Astana a effectivement ouvert ( ou rouvert ) la voie à Genève, tout en sachant que la capitale kazakhe se tient de nouveau prête à tout moment à contribuer aux négociations, qui pourraient aboutir à une paix durable sur le territoire syrien. Les terroristes perdent du terrain en Syrie, comme en Irak. Cela est également extrêmement positif. Quant au fait que les forces hostiles aux efforts de paix haussent le ton, cela ne fait que confirmer que la voie choisie est la bonne. Les ennemis de la multipolarité devraient donc calmer leurs ardeurs et laisser les forces responsables faire leur travail.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201702271030255530-succes-astana-geneve/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Russie, véritable prix Nobel de la paix 2013 ?

La Russie, véritable prix Nobel de la paix 2013 ?

On a appris récemment que le prix Nobel de la paix de l’année 2013 a été décerné à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). D’un côté cela nous rassure. Au moins cette fois-ci, ce ne sera pas les « faiseurs de paix » Barack Obama ou l’Union européenne, respectivement nominés en 2009 et 2012, mais bien un organisme qui on espère aura un rôle positif dans la mission que s’est fixée la Russie, ainsi que d’autres pays dont la Chine, afin d’empêcher une escalade du conflit syrien. Néanmoins, on peut se demander pourquoi la Russie n’a pas été nominée à ce prestigieux prix…

 En effet la question de la nomination du prix Nobel de la paix de cette année a été vivement discutée durant les dernières semaines. Beaucoup plus en tout cas que pour les autres catégories de nominés. Peut-être pour la simple raison que le monde était très récemment au bord d’une nouvelle et grande guerre. Tout présageait même à un certain moment l’inévitabilité d’un tel scénario. Pourtant, le scénario catastrophe a été évité de justesse. Et heureusement pour nous – pour toute l’humanité.

 Les vives discussions concernaient donc les acteurs principaux en faveur de la paix cette année. Beaucoup ont parlé du président russe Vladimir Poutine. Il est indéniable que le président de la Fédération de Russie a joué un rôle clé dans la solution pacifique face à « l’inévitabilité » de la guerre qui se profilait. D’autres avaient mentionné Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires étrangères. Une candidature tout à fait pertinente compte tenu du travail de très longue haleine qu’il a du faire pour essayer ne serait-ce que pour un peu raisonner les « partenaires » occidentaux. Un travail réalisé avec brio, non sans mentionner Vitali Tchourkine, l’ambassadeur permanent de la Russie auprès de l’ONU, ainsi que tous les autres diplomates qui ont contribué à ce que la guerre soit évitée.

 Néanmoins, aucune personnalité mentionnée ci-dessus n’aura été nominée. Trop difficile ? On doit imaginer que oui. Vraisemblablement beaucoup plus difficile en tout cas que de nominer Barack Obama, président d’un pays responsable des pires crimes contre l’humanité et qui a préféré oublier toutes ses promesses de « paix » faites au monde. Si le comité du Prix Nobel avait tellement de difficulté à nominer un haut responsable russe, pourquoi ne pas avoir nominé tout simplement un pays ? En l’occurrence la Russie. Trop compliqué aussi ? Probablement que oui. Toujours préférable de nominer une organisation comme l’Union européenne qui doit être certainement fière de sa participation dans la tragédie libyenne qui se faufile de « mieux en mieux » chaque jour qui passe, depuis la chute du colonel Kadhafi. Et qui doit certainement se « réjouir » pour le drame humain qui se déroule aux larges de ses frontières du Sud, surtout autour de la petite île italienne de Lampedusa… Tous de vrais « pacifiques » quand tu nous tiens.

 Le plus intéressant, c’est que le choix de nominer Poutine en tant que leader politique ou la Russie en tant que pays a été largement soutenu par une bonne partie de l’opinion publique occidentale. Une campagne a même été menée dans plusieurs capitales et grandes villes européennes et ailleurs, où l’on pouvait voir des graffitis à l’effigie du président russe et en gage de remerciement pour sa contribution à l’arrêt du chaos total tant espéré par certains va-t-en-guerre. En ce qui concerne l’opinion publique russe, on pouvait lire l’effet de surprise pour le manque de reconnaissance du rôle de la Russie, pour que justement, une organisation comme l’OIAC puisse mener à bien sa mission en Syrie. Un rôle décisif, il faut tout de même l’avouer.

 Le ministère russe des Affaires étrangères a tout de même salué l’attribution du Prix Nobel à l’OIAC à travers un communiqué publié sur son site. On peut effectivement se réjouir de ne pas voir de nouveau Obama, voire encore Fabius, Hollande et compagnie être nominés pour leurs rôles de grands « pacifistes ». Néanmoins, il y a tout de même de quoi être triste. Lorsqu’on sait qu’Obama porte le même prix qu’une aussi grande personnalité que Nelson Mandela…

http://french.ruvr.ru/2013_10_17/La-Russie-veritable-prix-Nobel-de-la-paix-2013-9076/

Mikhail Gamandiy-Egorov