Archives du mot-clé Palestine

ONU: une nouvelle coalition pro-multipolaire se forme

La récente initiative à l’ONU de plusieurs pays voulant défendre la Charte des Nations unies et contrer les attaques visant le multilatéralisme dans les relations internationales confirme une fois de plus la détermination évidente des partisans du concept multipolaire mondial.

17 pays membres de l’ONU s’unissent dans la création du Groupe des amis pour la défense de la Charte des Nations unies, en mettant un accent particulier sur la défense du multilatéralisme, tout en repoussant le recours à la force ou même à sa menace, ainsi que l’imposition des sanctions unilatérales.

Les membres fondateurs du groupe étant: la Chine, la Russie, l’Iran, la Syrie, la Bolivie, l’Algérie, l’Angola, la Biélorussie, Cuba, le Cambodge, la Corée du Nord, l’Erythrée, le Laos, le Nicaragua, la Palestine, le Venezuela, ainsi que Saint-Vincent-et-les-Grenadines. D’autres nations sont par ailleurs invitées à se joindre à cette initiative dans le cadre onusien.

Les initiateurs de cette coalition indiquent dans une note explicative que «le multilatéralisme, se trouvant au cœur de la Charte des Nations unies subit actuellement une attaque sans précédent, ce qui menace à son tour la paix et la sécurité mondiales». En ajoutant que l’on observe aujourd’hui dans le monde le recours de plus en plus actif à des actions unilatérales, marqué par des mesures isolationnistes et arbitraires, y compris des mesures coercitives unilatérales ou le retrait d’accords historiques et d’institutions multilatérales.

Les auteurs notent également que le groupe d’amis s’efforcera de préserver, promouvoir et défendre la primauté et l’importance de la Charte des Nations unies, ce qui est indéniablement très important dans l’environnement international actuel. Le groupe s’efforcera par ailleurs d’assurer le respect intégral, de façon permanente et efficace, et non sur une base sélective ou purement bénéfique, des obligations découlant de la Charte onusienne, ainsi que le respect de sa lettre et de son esprit.

La note explicative à la lettre annonciatrice du lancement de cette coalition indique en outre que le groupe d’amis servira de plateforme pour discuter et coordonner des initiatives conjointes. Ces initiatives devront contribuer à assurer le respect des principes de souveraineté, d’égalité des Etats, et de non-ingérence dans leurs affaires intérieures. Les dites initiatives devraient également contribuer à la mise en œuvre du principe de règlement pacifique des différends.

Ainsi, il est prévu que le groupe coordonnera la préparation des déclarations conjointes, ainsi que l’organisation d’événements supplémentaires dans le cadre de l’Assemblée générale des Nations unies. Le groupe se réunira régulièrement au niveau des représentants des pays concernés auprès de l’ONU – au moins une fois tous les trois mois. Les participants se réuniront également une fois par an au niveau des ministres des Affaires étrangères – si la situation à New York le permet en marge de la semaine de haut niveau de l’Assemblée générale des Nations unies. Le coordinateur du groupe sera l’un de ses membres au cours de l’année. Il changera chaque année sur une base de rotation.

Maintenant et en parlant de perspectives dans le cadre de cette initiative internationale, il serait juste de dire qu’elle est incontestablement à saluer. S’il est clair qu’elle réunit et réunira en soi les partisans affirmés de la multipolarité, et qu’elle vise indéniablement à contrer les actions des nostalgiques de l’ordre unipolaire révolu, en premier lieu les Etats-Unis, elle a le grand mérite supplémentaire de renforcer, une fois de plus, la véritable notion de communauté internationale, qui ne peut aucunement se limiter aux pays occidentaux et à leurs proxys. Surtout dans la réalité mondiale actuelle.

D’autre part, les actions coordonnées des pays initiateurs de ce groupe d’amis, ainsi que d’autres qui seraient amenés à rejoindre ledit groupe, représenteront sans aucun doute des réponses efficaces à l’unilatéralisme étasunien et occidental, y compris lorsqu’il s’agit justement pour ces derniers d’adopter des mesures de sanctions unilatérales visant des Etats souverains, ou encore dans le cas d’une interprétation purement néocoloniale du droit international, comme cela fut souvent le cas dans le passé. Et même d’ailleurs au présent bien qu’avec beaucoup moins de résultats pour les nostalgiques unipolaires – capacité de résistance des forces pro-multipolaires oblige. Comme le rappelle d’ailleurs à juste titre le chef de la diplomatie chinoise Wang Yi durant la récente conférence de presse en marge de la quatrième session de la 13ème Assemblée populaire nationale (APN). Notamment sur la question de la défense et de la promotion du multilatéralisme dans les relations internationales.

Last but not least, cette initiative renforce considérablement les efforts conjoints sino-russes dans le cadre du Conseil de sécurité de l’ONU – où l’axe occidental, y compris à travers ses instruments médiatiques, tente sans grand succès de présenter les capacités de blocages et de vétos de Pékin et Moscou comme une volonté minoritaire face à la prétendue «communauté internationale». Une notion qui continuera d’être dépassée pour la simple et bonne raison que la véritable communauté internationale est tout, sauf, la communauté occidentale. Et le monde, dans sa large majorité, n’a jamais adoubé l’Occident d’en être le porte-parole.

Justement et dans le cadre du Conseil de sécurité, bien que la Chine et la Russie réunies ont beaucoup plus de légitimité à parler pour une large part de la communauté réellement internationale, ne serait-ce que du point de vue démographique, économique, politique et sécuritaire que les trois membres occidentaux du CS, il n’empêche que voir une large solidarité internationale, aussi bien dans le cadre eurasien avec l’axe Moscou-Pékin-Téhéran, que de la part des nations africaines, latino-américaines et asiatiques – permettra indéniablement de remettre les pendules à l’heure vis-à-vis de ceux qui n’ont aucune légitimité à parler pour la planète.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2537

https://t.me/observateur_continental/955

«Deal du siècle»: la réaction mitigée des pays arabes

2-06

Depuis l’annonce du plan de l’administration étasunienne, communément appelé le «deal du siècle», censé résoudre le conflit israélo-palestinien, favorablement accueilli par l’Etat sioniste mais qui a provoqué une vive indignation de la Palestine, il est intéressant de se pencher sur la réaction très controversée des Etats arabes.

Certains analystes feront remarquer un changement d’attitude évident de la part de certaines capitales arabes vis-à-vis de la cause palestinienne, pourtant bien souvent décrite en grande pompe comme un dossier prioritaire de la cause des nations arabes. Certes, les ministres arabes des Affaires étrangères, réunis samedi dernier au siège de la Ligue des Etats arabes, avaient annoncé le rejet à l’unanimité du fameux «deal du siècle». Mais parallèlement à cela, les divers communiqués publiés séparément par les Etats concernés ont marqué, pour nombreux d’entre eux, un manque évident de solidarité à l’encontre de la Palestine.

Evidemment, plusieurs raisons sont avancées, à savoir la confrontation d’un certain nombre de pays du monde arabe avec l’Iran – faisant observer un rapprochement de plus en plus évident de ces Etats en direction d’Israël, ce dernier parlant nuit et jour quant au prétendu «danger iranien». D’autre part, la relation traditionnelle forte de ces pays, notamment du Golfe, avec Washington, allié traditionnel et de premier plan d’Israël et de ses intérêts, fait que les capitales en question restent sous large influence étasunienne, et donc indirectement des intérêts de Tel-Aviv.

Mais est-ce réellement nouveau Ou simplement une continuité qui date depuis un bon moment, faisant simplement apparaitre à l’horizon quelque chose qui était déjà actualité dans le passé, certes de façon un peu plus voilée? Beaucoup seraient amenés à penser que c’est bel et bien la seconde réalité qui serait bien plus proche de la vérité. Car dans les faits, et bien au-delà des mots « solidaires » envers les Palestiniens, seuls quelques Etats arabes ont, traditionnellement, réellement entrepris des actes concrets en soutien à cette cause, dépassant le simple concept des belles paroles.

Parmi ces pays – la République arabe syrienne. Allié indéfectible de la résistance palestinienne depuis de longues années, et malgré les dernières années de guerre sur son sol avec le déferlement de dizaines de milliers de terroristes en provenance de plusieurs dizaines de pays, Damas a maintenu sa position inchangée. D’ailleurs, il n’était pas rare que lorsque des drapeaux nationaux de Syrie aient été posés par les militaires de l’Armée arabe syrienne dans les localités libérées des terroristes, des drapeaux palestiniens soient souvent eux aussi placés aux côtés des drapeaux nationaux syriens. Très souvent en opposition totale avec les éléments terroristes, que ce soit de Daech, d’Al-Qaida ou d’autres qui, à l’époque où ils avaient encore la main se donnaient un vif plaisir à arracher les drapeaux syriens… comme palestiniens. Mais cela est une autre histoire. Au niveau officiel, la Syrie a exprimé sa vive condamnation et son rejet absolu du soi-disant «deal du siècle» qui constitue une soumission à l’entité d’occupation israélienne, et entre dans le cadre des tentatives continues des administrations américaines successives et de l’entité sioniste de liquider la cause palestinienne et d’ignorer la légalité internationale et ses résolutions concernant le conflit arabo-israélien https://www.sana.sy/fr/?p=174984

Une position traditionnellement ferme, bien loin donc des approches des pays du Golfe, entre autres. Parmi les voisins de la Syrie, le Liban et l’Irak – ce dernier ayant récemment appelé les USA à évacuer ses militaires présents sur son sol – ont rejeté de façon nette le plan étasunien, ainsi que dans une moindre mesure la Jordanie.

En ce qui concerne l’Afrique du Nord et notamment les pays du Maghreb, la réaction la plus vive a été observée du côté d’Alger – qui, à l’instar de Damas, a maintenu historiquement un soutien ferme en faveur de la cause palestinienne. Et ce aussi bien sur le plan politique, diplomatique que pratique. Réitérant son soutien «fort et indéfectible à la cause palestinienne et au droit imprescriptible et inaliénable du peuple palestinien frère à l’établissement d’un Etat indépendant et souverain avec Al-Qods (Jérusalem-Est, ndlr) comme capitale. Parallèlement, Alger a rappelé «qu’aucune solution ne saurait être envisagée sans l’association des Palestiniens, notamment lorsque il s’agit d’une solution contre leurs intérêts» – faisant ainsi une référence assez directe au fameux plan américano-israélien, qui ne prend aucunement en compte les intérêts légitimes d’une partie, normalement, impliquée dans le cadre d’un tel «plan». Une position avec laquelle la Tunisie voisine s’est dite solidaire.

Maintenant pour parler concrètement perspectives. Au-delà des relations traditionnellement fortes avec Washington des pays ayant adopté des positions pour le moins ambiguës sur cette question cruciale pour la dignité du monde arabo-musulman, et de l’opposition actuelle de ces capitales avec Téhéran (bien souvent là aussi sous pression US), il y a d’autres questions/raisons qu’il serait probablement possible à avancer. Comment des Etats n’ayant pas encore possession complète de leurs propres souverainetés respectives pourraient-ils être en mesure de défendre une véritable indépendance et souveraineté d’un autre Etat arabe, en l’occurrence la Palestine? Comment des Etats, qui tout en comprenant parfaitement la nouvelle réalité multipolaire et affirmant, de temps à autre, vouloir aller dans le sens de la diversification des relations avec les puissances non-occidentales, mais n’ayant pas le courage d’aller jusqu’au bout de ces déclarations, pourraient-ils jouer un rôle constructif pour la cause palestinienne, qui nécessite des positions solidaires, souveraines et pleinement indépendantes? Là est probablement toute la question.

Ce qui est néanmoins certain, c’est que le plan américano-israélien n’apportera aucun résultat réel au problème israélo-palestinien. Le monde unipolaire post-soviétique est un phénomène désormais révolu. Et dans cette réalité récente, il y a aujourd’hui des forces responsables qui sauront certainement apporter des solutions bien plus constructives, honnêtes et viables. Ce sera difficile, mais tout reste possible. Surtout avec encore un peu de patience.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1360

Délais concrets pour la création de l’Etat de Palestine : la Russie soutient la résolution

Délais concrets pour la création de l’Etat de Palestine : la Russie soutient la résolution

C’est officiel, la Russie va soutenir le projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU concernant les délais de la création d’un Etat palestinien.

Une résolution pour rappel préparée et proposée par les représentants de la Palestine. Quant à la position russe, elle a été annoncée il y a un peu plus d’une semaine par le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhail Bogdanov.

Néanmoins, ce qui risque comme d’habitude de poser problème, c’est l’attitude des pays occidentaux, USA en tête. Ces derniers étant les principaux alliés d’Israël (tout comme l’Etat sioniste est le principal allié des USA au Moyen-Orient), ils vont vraisemblablement s’opposer à cette résolution palestinienne, poursuivant ainsi la très longue tradition de discrimination à l’égard du peuple martyr de Palestine.

Les autres Etats occidentaux : ceux d’Europe occidentale, le Canada, l’Australie et quelques autres satellites, ont de grandes « chances » de suivre également et comme à l’accoutumée le maitre étasunien. Seule la Suède en tant que membre de l’Union européenne, s’est récemment démarquée en annonçant qu’elle allait reconnaitre à son niveau l’Etat palestinien. Washington n’a d’ailleurs pas tardé à réagir, par le biais de sa porte-parole clownesque du département d’Etat, Jennifer Psaki, en jugeant cette décision de « prématurée ».

Pour revenir à la Russie, le vice-ministre russe a été plus que clair en s’exprimant devant les journalistes en marge de la conférence internationale sur la reconstruction de la bande de Gaza : « Je ne vois même pas de raisons pour critiquer ce texte et cette volonté des Palestiniens d’appeler une fois de plus à examiner cette situation, d’autant plus dans le cadre de l’ONU. Aussi, disons-nous aux Palestiniens que si telle ou telle option vous convient, nous vous soutiendrons en amis. Vous savez mieux que quiconque ce dont vous avez besoin et la façon d’atteindre l’objectif escompté. Nous estimons que la cause palestinienne est une cause juste, en ayant en vue que chaque peuple a le droit à l’autodétermination allant jusqu’à la création de son propre Etat ».

Difficile d’y ajouter quelque chose si ce n’est qu’effectivement la Palestine, après des décennies de souffrances liées à l’occupation et la colonisation israélienne, se doit d’obtenir des délais concrets pour la création de son Etat, complètement indépendant et souverain, et non plus se baser sur des promesses occidentales qui ne font que répéter l’éventualité d’un hypothétique Etat de Palestine, sans aucune date ni garantie, le tout en faveur des intérêts de l’Etat israélien et de sa politique d’occupation.

Il serait également juste de dire que vraisemblablement nous sommes arrivés à une époque où il est grand temps de passer à l’acte. La Palestine est déjà reconnue en tant qu’Etat par une très grande majorité de pays de la planète. Pratiquement tous les pays d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine lui reconnaissent un statut diplomatique et accueillent des représentations diplomatiques palestiniennes sur leurs territoires. L’exception étant une fois encore les USA, le Canada, l’Europe occidentale, l’Australie et quelques autres. Alors comment se fait-il que dans le nouveau monde multipolaire dans lequel nous vivons désormais, la Palestine ne pourrait pas arracher sa place au concert des nations libres qui lui revient de droit ? De quel « droit » une extrême minorité continuera au XXIème siècle à faire croire qu’elle représente« l’exceptionnalisme, le droit universel et toute la communauté internationale », tout en sachant parfaitement qu’ils sont bien minoritaires au sein de l’humanité toute entière. Surtout lorsqu’on sait aussi qu’un très grand nombre de citoyens des pays occidentaux, y compris des USA, soutiennent activement la cause palestinienne.

Après les plus ou moins récentes victoires diplomatiques et géostratégiques des nations BRICS, il est grand temps d’associer la Palestine à une nouvelle victoire de ce monde multipolaire, et surtout de permettre ainsi à son peuple qui souffre depuis bien trop longtemps, l’obtention de la vie qu’il mérite, comme toute autre nation libre.

http://french.ruvr.ru/2014_10_24/Delais-concrets-pour-la-creation-de-l-Etat-de-Palestine-la-Russie-soutient-la-resolution-7246/

Mikhail Gamandiy-Egorov