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Tchad: la population se mobilise contre la Françafrique

16.05.2022

Comme prévu, les processus de rejet de la politique occidentale se renforcent dans les pays du continent africain. Y compris dans les Etats sur lesquels l’establishment occidental continue de miser.

L’Elysée et le Quai d’Orsay se rendent à l’évidence que la dynamique engagée à de nombreux endroits de l’Afrique, qu’ils avaient espéré ralentir, ne fait au contraire que monter en intensité. La récente mobilisation au Tchad ne fait que le confirmer avec des appels de la population ouvertement hostiles contre Paris et ses intérêts.

En effet, toutes les campagnes que le système néocolonial françafricain a tenté de mener, et continue d’ailleurs, en cherchant à déstabiliser les Etats qui inspirent aujourd’hui nombre d’autres, notamment la Centrafrique et le Mali – ne semblent pas apporter les résultats escomptés.

Les tentatives de séduire une partie de la jeunesse africaine ou les informations récentes faisant part d’actions visant à soudoyer des blogueurs africains ne font au contraire qu’exacerber la volonté de résistance à ces pratiques néocoloniales occidentales de la part d’une large partie de la société civile panafricaine.

Mais ce n’est pas tout. On peut remarquer aujourd’hui de plus en plus de tentatives visant à essayer de surfer sur la vague panafricaniste, y compris sur les sentiments hostiles à la Françafrique, de la part du principal allié (ou suzerain) de Paris, à savoir Washington. Ainsi, certains influenceurs africains sont mis à contribution pour tenter à se joindre au discours souverainiste dans un cadre panafricain, en reprenant une partie des discours hostiles au régime hexagonal, mais par la même occasion en essayant de dénigrer le partenariat avec la Russie ou la Chine, tout en promouvant les intérêts étasuniens.

Fait marquant et au-delà de l’aspect propre aux anglo-saxons qui n’hésitent pas à poignarder dans le dos leurs propres prétendus alliés, le fait est que cette stratégie n’apporte pas elle aussi, à l’instar de celle de Paris, de résultats rassurants pour ses instigateurs. Washington a beau vouloir se distancer dans ce schéma des échecs hexagonaux – peu de gens en Afrique lui font confiance.

Tout cela confirme que le rejet actuel du système de la Françafrique dépasse largement le cadre des sentiments hostiles au régime hexagonal, mais s’étend beaucoup plus largement à tout l’Occident, du moins plus particulièrement à l’establishment occidental, aussi bien politique que médiatique. Et cela malgré encore de grands moyens à sa disposition – allant de médias propagandistes, francophones comme anglophones, jusqu’aux financements via les réseaux à la sauce Soros & Co.

Pour revenir au Tchad, le défi particulier pour Paris et plus généralement l’establishment atlantiste, est que ce pays fait justement partie des Etats africains sur lesquels le régime hexagonal comptait le plus, avec également la Côte d’Ivoire et le Niger, pour tenter à minimiser les pertes suite aux revers subis en RCA et au Mali.

Il faut également se rendre à l’évidence qu’en ce qui concerne le cas tchadien, l’élite occidentale fera de son maximum pour empêcher la réalisation des aspirations de la société civile du pays. Y compris avec des moyens de répression, largement disponibles de part une présence militaire hexagonale sur place.

Cependant, le processus de résistance panafricaniste et pro-multipolaire est déjà largement enclenché. Et se basant sur cela – il sera extrêmement difficile désormais pour les forces néocoloniales occidentales et leurs supplétifs locaux de pouvoir faire taire la voix de millions d’Africains qui souhaitent prendre complètement leur destin en main. Et par la même occasion rappeler, une fois de plus, que ce qui a permis la prospérité, pendant longtemps, de l’espace occidental – ce sont les ressources du monde non-occidental, et non pas le prétendu contraire.

Oui, la chute sera très dure pour l’Occident. Son extrême arrogance, ainsi que l’incapacité la plus totale à s’adapter aux règles récentes issues de la multipolarité, sans oublier les innombrables crimes et pillages commis – en sont parmi les principales raisons. Aujourd’hui, il faudra assumer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Bamako acte le divorce avec Paris

09.05.2022

Les relations entre la République du Mali et le régime hexagonal semblent plus que jamais au bord de la rupture. Une rupture que les autorités maliennes, ainsi que la large partie de la société civile du pays, semblent parfaitement assumer. A la différence de l’establishment élyséen et de son réseau françafricain.

Les relations entre les deux pays ne cessent de se détériorer depuis un an. La dénonciation par les autorités maliennes des accords de défense avec la France est un épisode décisif d’un processus de divorce émaillé de rebondissements, écrit Maliweb.

Pour le média malien, ce n’est peut-être qu’un épisode de la crise diplomatique entretenue par l’Hexagone pour affaiblir les autorités de la Transition, mais la décision de celles-ci de dénoncer les accords de défense avec Paris et ses partenaires européens constitue une étape inédite. Elle consacre une rupture quasi-totale, l’apogée d’une situation conflictuelle qui dure depuis mai 2021.

En effet, il faut rappeler que la décision du gouvernement du Mali de dénoncer les accords de défense avec l’establishment élyséen – intervient après la suspension, désormais définitive, des médias de propagande hexagonaux que sont France 24 et RFI d’émettre dans le pays. Une décision qu’a contestée avec «force» France Médias Monde – la maison-mère des deux relais propagandistes élyséens.

On ne se rappelle d’ailleurs pas d’une quelconque contestation similaire de ladite maison lorsque des médias alternatifs se sont vus interdire de diffuser sur le sol de l’UE. Mais en cela, c’est toute l’hypocrisie occidentale des concernés qui n’a fait que se dévoiler une fois de plus. En parlant d’ailleurs toujours de l’establishment politico-médiatique hexagonal et occidental – ce dernier continue de nommer les autorités maliennes comme étant une «junte», en oubliant que s’il y a bien une junte c’est très certainement le régime ukrainien post-Maïdan à qui cette caractéristique s’applique le mieux, et dont les régimes occidentaux, y compris hexagonal, en sont les principaux parrains.

Au-delà de l’aspect purement hypocrite, ce manque flagrant d’un minimum de dignité du côté occidental ne nécessite en principe même pas de commentaire supplémentaire. Lorsque des millions de citoyens ukrainiens (pour beaucoup désormais ex-ukrainiens faut bien le préciser) refusaient de reconnaitre le résultat du coup d’Etat pro-occidental de 2014 à Kiev – les régimes occidentaux, eux, parlaient de légitimité et d’un gouvernement «parfaitement» légal. En oubliant par la même occasion tous leurs propres engagements pris vis-à-vis du gouvernement ukrainien reconnu par la communauté internationale qu’était celui de Viktor Ianoukovitch.

Quant au Mali – où les autorités nationales disposent d’un énorme soutien populaire – les prétendants à l’exceptionnalisme planétaire parlent jusqu’à maintenant de «junte». Au même temps, il est vrai que les caractéristiques données par les régimes occidentaux et leurs relais propagandistes à l’encontre de leur pays n’ont très peu, voire pas du tout, d’influence sur les motivations des citoyens maliens, il n’empêche que cela résume de manière supplémentaire toute la philosophie occidentale, ou plus particulièrement celle de l’establishment atlantiste.

Une chose est sûre. La dénonciation par Bamako des accords de défense avec Paris est une étape cruciale pour la suite des événements. Et pas seulement en terre malienne, mais à beaucoup d’autres endroits de la région concernée et du continent africain dans son ensemble. Depuis des années, ce type d’accords fait l’objet d’innombrables condamnations de la société civile panafricaine, qui n’y voit qu’un des principaux instruments de la domination occidentale sur leurs pays respectifs et leur continent.

Aujourd’hui et après des résistances efficaces de pays comme le Burundi, la RCA, l’Ethiopie face à cette politique de prédateurs occidentaux, le Mali représente indéniablement l’un des nouveaux porte-flambeaux du panafricanisme, jouant un rôle de première importante pour l’Afrique dans le cadre de l’ère multipolaire internationale.

Et si longtemps l’Occident avait fait croire que l’Afrique ne peut pas survivre sans sa participation, les événements en cours actuellement démontrent au contraire que c’est bel et bien cet Occident arrogant, disposant certes encore d’instruments visant à déstabiliser les nations souveraines pour maintenir l’hégémonie d’une extrême minorité planétaire – qui a besoin du monde non-occidental pour survivre et maintenir une relative stabilité.

Comme Observateur Continental le disait précédemment: un pays comme la République centrafricaine – d’un exemple caractérisé par le chaos durant de longues années – est devenu une source d’inspiration pour beaucoup d’autres nations africaines. Le Mali, d’ailleurs, ne fait que le confirmer en devenant à son tour un exemple inspirant pour d’autres Etats du continent visant à tourner définitivement la page de l’instabilité et des schémas néocolonialistes.

Et comme également annoncé précédemment: les élites occidentales, ayant été dans l’incapacité la plus totale à s’adapter au monde contemporain multipolaire, risquaient à terme de devoir faire face à des évacuations humiliantes de leurs troupes et mercenaires – en Afrique, comme à d’autres endroits du monde – avec en prime l’obligation d’observer la joie des populations des pays concernés qui les accompagneront jusqu’à la piste de décollage. Désormais cette constatation n’est plus une perspective. C’est bel et bien un fait admis.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La richesse de l’Europe – c’est l’Afrique. Et non pas le contraire.

05.05.2022

Au moment où l’Occident et notamment l’Union européenne apprend à vivre selon de nouvelles règles dans les relations économiques les liant à la Russie, le temps est certainement venu pour que ce même Occident s’adapte également aux nouvelles règles qui vont s’imposer dans sa relation avec le continent africain.

L’arrogance propre à l’establishment occidental ne peut pas faire disparaître ses énormes besoins en ressources naturelles – aussi bien pour son industrie, que dans le cadre de la consommation quotidienne de ses citoyens. Dans le monde multipolaire post-occidental – ces ressources naturelles représenteront indéniablement la clé du nouveau système international.

Si face à la Russie, l’un des principaux adversaires de l’Occident sur l’arène internationale, ce dernier apprend, progressivement, à travailler ne serait-ce que sur le plan des échanges économico-commerciaux sur de nouvelles bases (qui ne lui plaisent évidemment pas), le temps viendra et les nostalgiques de l’unipolarité devront en faire de même avec l’Afrique et les Africains.

Il est aujourd’hui définitivement clair le pourquoi de l’hystérie au summum des élites occidentales en ce qui concerne les bouleversements observés sur le continent africain, notamment dans le cadre de l’adhésion africaine de plus en plus évidente au système de l’ère multipolaire promu activement par la Chine, la Russie et nombre d’autres pays, du rejet de la politique atlantiste occidentale, et de la large diversification des partenariats observée sur le continent.

En effet et bien que durant de longues années, l’arrogance de l’establishment occidental voulait créer une image d’une Afrique qui ne peut survivre sans l’Europe et l’Occident, la réalité actuelle démontre fermement que c’est l’Europe et l’Occident qui ne sauront se passer de l’Afrique, comme le confirme d’ailleurs la crise ayant atteint son plus haut niveau dans l’histoire contemporaine entre la Russie et l’axe atlantiste.

Le plus grand danger pour l’establishment bruxellois, et notamment hexagonal – c’est de continuer à perdre des positions en Afrique, comme cela était le cas et continue de l’être – depuis maintenant plusieurs années. Les menaces, pressions, sanctions, intimidations, déstabilisations – n’impressionnent plus les leaderships patriotes et panafricanistes, ainsi que les millions de citoyens de pays africains.

Longtemps l’Afrique était pour les Occidentaux ce que la Sibérie est pour la Russie, à la seule différence que la Sibérie appartient à la Russie, tandis que l’Occident n’a aucun droit légitime sur l’Afrique et ses ressources. On comprend d’ailleurs parfaitement pourquoi certains Etats européens, notamment l’Italie, font actuellement les mains et les pieds sur le sol des différents pays africains en vue de pouvoir faire diminuer la dépendance européiste aux ressources naturelles, notamment énergétiques, russes. Sans grand succès, mais tout le monde aura compris les objectifs.

C’est d’ailleurs l’une des raisons supplémentaires aux mobilisations africaines qui restent aux aguets et qui ne faiblissent pas face à une prédation occidentale qui retranchée et en grande difficulté – risque tout simplement de lancer de nouvelles tentatives d’agressions et de pillages des nations africaines.

Et au vu du sentiment anti-occidental (anti-establishment occidental faut bien le préciser) qui non seulement ne diminue pas, mais au contraire ne cesse de s’activer – Paris, Londres comme Washington connaissent parfaitement les énormes défis auxquels ils auront à faire face, car les anciens schémas d’interventions néocoloniales auront de plus en plus de mal à aboutir face à des populations déterminées et mobilisées.

A titre d’exemple – faudrait-il rappeler que le principal fournisseur d’uranium de l’UE n’est autre qu’un pays comme le Niger (devant la Russie et le Kazakhstan). Une ressource naturelle stratégique qui ne nécessite pas de présentation supplémentaire. Un Niger qui tout en étant un fournisseur majeur d’une matière aussi importante – n’a que 30-35% de sa population qui a accès à l’électricité. Et cela selon les chiffres les plus optimistes.

On comprend maintenant mieux pourquoi l’Elysée et le Quai d’Orsay mettent autant de pression sur le Mali voisin, pays également fort riche en ressources naturelles, mais aussi la raison du pourquoi l’establishment hexagonal et plus généralement européiste soutient autant le régime actuel du Niger – complètement soumis aux intérêts occidentaux, mais tellement impopulaire auprès de la population du pays.

Une fois de plus, il est aujourd’hui évident que les échecs de Paris, Bruxelles, Washington, Londres, comme Berlin – ne s’arrêteront pas en RCA et au Mali. L’effet domino dû à l’arrogance et à la surexploitation de l’Afrique par l’Occident, les règles multipolaires récentes et l’absence désormais de la peur auprès d’une large partie de l’humanité face aux pillards et criminels maquillés en démocrates – ne fera que se poursuivre sans pouvoir s’arrêter.

Et dans ces conditions, l’Occident comprendra définitivement que ce n’est pas lui qui produit de la richesse, mais que c’est le monde non-occidental, représentant l’écrasante majorité de l’humanité – qui lui a longtemps permis de prétendre à le faire. Désormais, qu’il se rende à l’évidence que c’est bientôt la fin.

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’élection présidentielle française vue d’Afrique

15.04.2022

Si les divers scrutins présidentiels hexagonaux ont longtemps suscité un vif intérêt auprès des populations africaines francophones, notamment en raison de l’emprise du système françafricain sur les affaires intérieures des pays concernés, désormais en dehors de la diaspora africaine qui souvent malgré elle se retrouve à devoir suivre les développements électoraux en France, en Afrique nombreux sont ceux qui n’y voient aucun intérêt.

L’époque où les élections françaises étaient largement suivies dans les anciennes colonies de Paris semble s’éloigner. A l’heure d’une montée en puissance sans précédent des idées souverainistes, panafricanistes, ainsi que dans le cadre du processus de diversification des partenariats extérieurs.

Afrique Média, la télévision panafricaine, avait d’ailleurs consacré une émission d’intérêt sur l’impact de la présidentielle en France dans les relations entre Paris et le continent africain. Les principales positions retenues par les panélistes étant qu’aucun des candidats au poste présidentiel hexagonal n’apportera un changement positif aux relations avec l’Afrique, notamment pour mettre fin au système néocolonial françafricain, notant également l’emprise des intérêts étasuniens sur la vie politique en France.

Ce dernier point est d’ailleurs particulièrement intéressant – à l’heure où une grande partie de la société civile africaine mise sur la pleine souveraineté dans un cadre panafricain. Des appels de plus en plus écoutés par le leadership politique ou militaire de nombre de pays du continent – les cas de la Centrafrique, de l’Ethiopie et du Mali ne font d’ailleurs que le confirmer. Et en ce sens, au-delà du rejet complètement naturel de toute base néocolonialiste occidentale de la part des populations africaines, ce désir souverainiste s’étend également à vouloir traiter avec des nations qui respectent la souveraineté du partenaire, mais également sa propre souveraineté intérieure.

Et en ce sens la France dans son état actuel des choses, bien que cela ait commencé plus particulièrement depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, ne peut pas se vanter d’être, à l’instar de beaucoup d’autres pays de l’UE, un Etat souverain digne de ce nom. Et cela non seulement en raison de l’emprise bruxelloise sur les affaires françaises, mais bel et bien – de l’emprise washingtonienne, atlantiste, et de tous les réseaux correspondants.

D’ailleurs dans un article d’octobre dernier, Observateur Continental avait soulevé cet aspect. A savoir qu’un pays comme la République centrafricaine, malgré des années de crise dont elle a commencé à sortir depuis un certain temps – est un Etat souverain. Quant à la République française dans sa version actuelle – rien n’est moins sûr.

Une France d’ailleurs qui n’hésite pas à interférer d’une manière totalement malsaine dans les affaires intérieures d’Etats africains, en faisant mine de prétendre à être encore une grande puissance internationale. Une prétendue puissance assujettie aux intérêts outre-Atlantique. Il est donc assez évident que dans cette réalité, les nations africaines ayant pleinement assumé leur souveraineté, ou qui sont en voie de le faire, rejettent et rejetteront sans la moindre hésitation toute manière paternaliste ou condescendante de la part de l’ex-puissance coloniale, mais d’autant plus venant d’un pays qui ne peut soi-même assumer sa souveraineté.

Effectivement, la posture extrêmement arrogante et irrespectueuse de l’administration élyséenne actuelle, les problèmes sécuritaires non seulement irrésolus par la présence militaire française – mais au contraire qui n’ont fait que largement s’empirer, l’incapacité des autres candidats du scrutin en question à prendre une position ferme – notamment contre le système françafricain, et le rejet devenu évident de la politique hexagonale et plus généralement occidentale par des millions d’Africains – fait que la présidentielle française, n’a probablement jamais été aussi peu suivie par les habitants de l’Afrique.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3787

Mali: fin de Barkhane et de Takuba ou la victoire de la mobilisation populaire

La fin des opérations Barkhane et Takuba en République du Mali permet aujourd’hui de mettre en perspective les raisons de l’échec de la présence occidentale non seulement au Mali, mais plus généralement sur le continent africain. Aussi, il faut surtout s’intéresser désormais aux volontés populaires souverainistes africaines, couplées aux récentes réalités géopolitiques internationales.

Bien que ce fût attendu, c’est désormais officiel – les opérations militaires française et occidentale Barkhane et Takuba en terre malienne – c’est terminé. Si du côté hexagonal, aussi bien politique que médiatique, les critiques vont fortement à l’encontre du pouvoir malien qui est qualifié de «junte» malgré un énorme soutien de la population malienne à l’endroit des autorités, ainsi que vis-à-vis de la présence d’instructeurs russes, la réalité est que l’establishment élyséen et plus généralement occidental devrait commencer sérieusement à regarder objectivement les processus en cours à travers les aspirations des Maliens, et des Africains dans leur ensemble.

Le refus à mettre un terme définitif à l’arrogance qui caractérise l’establishment occidental, ainsi que son incapacité totale à faire preuve au moins d’un minimum d’adaptation aux règles issues de la multipolarité confirmée du système international – font partie très certainement des raisons principales de la série des échecs qui se poursuivent pour l’Occident à divers endroits du monde, y compris en Afrique.

Observateur Continental enavait d’ailleurs parlé dans un article de juillet dernier, consacré à la République centrafricaine. A savoir que s’il y a bien un élément que les représentants washingtoniens comme parisiens semblaient oublier, c’est qu’au final les meilleurs juges ne sont que les populations concernées. Et que les élites occidentales, étant dans l’incapacité la plus totale de s’adapter au monde contemporain multipolaire, risquent à terme de devoir faire face à des évacuations humiliantes de leurs troupes et mercenaires – en Afrique, comme à d’autres endroits du monde – avec en prime l’obligation d’observer la joie des populations des pays concernés qui les accompagneront jusqu’à la piste de décollage.

L’exemple malien ne fait aujourd’hui que largement confirmer cette thèse. Et cela d’autant plus que bien que Paris et l’Occident dans son ensemble tentent aujourd’hui de limiter les dégâts en faisant appel à leurs fidèles supplétifs, rien ne semble actuellement indiquer que la chute d’influence sans précédent pour l’establishment occidental en Afrique s’arrêtera avec le Mali, bien au contraire. Et ce au vu des mobilisations populaires qui ne baissent pas en intensité dans bien d’autres terres africaines, au-delà du Mali.

Après tout, il faut se rendre à l’évidence. Si la montée en force sur l’arène internationale des principales puissances non-occidentales contribuent effectivement et largement à mettre fin à des schémas purement néocolonialistes issus de la période unipolaire totalement dépassée, il ne saurait aujourd’hui être possible de justifier les si nombreux échecs de l’Occident politico-médiatique uniquement à travers cet angle.

Et si Washington, Londres, comme Paris ne peuvent plus aujourd’hui agir en toute impunité sur la scène internationale – ce n’est évidemment pas parce que l’envie manque. Au contraire, les raisons des multiples hystéries des responsables occidentaux sont justement le résultat de ne pas pouvoir faire ce que bon leur semble à divers endroits du monde, comme c’était le cas dans un passé pas encore lointain. Comme bombarder des palais présidentiels d’Etats souverains ou encore détruire des Etats prospères et stables, comme le fut jadis la Libye (entre autres), afin de les transformer en zones de chaos.

Le tout avec évidemment toujours la même posture, à savoir – aucun mea-culpa digne de ce nom, ni de compte à rendre, tout en lançant des campagnes pour tenter au maximum à voiler leurs propres responsabilités dans ce chaos propagé. Et qui d’ailleurs dans le cas du Mali et plus généralement du Sahel n’est que le résultat en très large partie de la destruction otanesque de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi.

Soyons réalistes. L’Occident politico-médiatique n’est pas prêt à changer, ni à évoluer avec les processus de la multipolarité. Cette réalité évidemment n’est aucunement à mettre sur le dos des peuples de pays occidentaux, qui, pour nombreux d’entre eux, comprennent au contraire ces processus et soutiennent à divers degrés l’ordre international multipolaire.

Mais l’essentiel, encore une fois, à retenir dans toute cette situation, et plus particulièrement dans le cas de la fin des opérations Barkhane et Takuba au Mali – c’est que cet énième échec de l’Occident est bel et bien le résultat d’une mobilisation populaire de masse de la société malienne, dans son large ensemble. Tout comme l’a d’ailleurs également montré la résistance populaire récente d’un autre Etat africain, celui-ci à l’Est de l’Afrique – l’Ethiopie.

En conclusion – les peuples souverains auront le dernier mot. Les alliances géopolitiques pro-multipolaires qui se forment contribuent indéniablement aussi à la mise en place de conditions qui devront mettre un terme définitif aux pratiques du néocolonialisme occidental. Mais les véritables mobilisations populaires de masse resteront la condition clé pour l’atteinte de tous les objectifs propres à l’ère multipolaire. Et face à cela – ni les instruments des révolutions colorées à la sauce Soros qui misent sur des minorités agressives entraînées pour les déstabilisations d’Etats souverains, ni les budgets militaires gonflés de l’axe atlantiste – n’y pourront rien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Mali-France: vers la rupture?

Alors que les relations s’enveniment entre Bamako et Paris, ce qui parait aujourd’hui évident – c’est le fait que l’establishment élyséen, et plus généralement occidental, soit toujours dans la totale incapacité à faire preuve d’un minimum d’adaptation aux règles du monde multipolaire. S’ajoutent à cela une vision purement néocoloniale de refuser aux peuples africains de pouvoir choisir librement leur voie, ainsi qu’une arrogance toujours extrême.

Les choses s’accélèrent dans les tensions entre le Mali et la France. Dernier fait majeur: l’ambassadeur français en poste à Bamako a été sommé par les autorités maliennes de quitter le pays sous 72 heures. Dans son communiqué, le gouvernement malien indique que cette mesure fait suite aux propos hostiles et outrageux tenus récemment par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Si aujourd’hui, nombreuses sont les voix en France qui s’indignent de cette décision prise par les autorités d’un Etat souverain qu’est le Mali, ces mêmes personnages, quelle que soit leur couleur politique devraient peut-être surtout s’intéresser au ton extrêmement arrogant et irrespectueux qui a été adopté à l’encontre du gouvernement malien par les représentants de l’establishment hexagonal, en premier lieu sieur Le Drian ou encore frau Parly – ministre française des Armées.

D’autre part et ce qui est flagrant, c’est que si le chef de la diplomatie française, connu pour un être un personnage de premier poids du système néocolonial françafricain et un ferme nostalgique de l’ère unipolaire, parle d’une «junte illégitime», en faisant référence aux autorités du Mali, ce personnage devrait peut-être surtout s’intéresser à une véritable junte qui a pris le pouvoir par la violence de groupes extrémistes, bien souvent d’obédience néo-nazie, dans un pays appelé l’Ukraine.

Et que dans cette même Ukraine, un régime issu d’un coup d’Etat a été placé avec l’intervention occidentale, sur la simple base qu’une minorité violente, mais bien entrainée aux techniques des révolutions de couleur à la sauce Soros, ait destitué un président légitime et reconnu par la communauté internationale, en l’occurrence Viktor Ianoukovitch. Au Mali, à l’énorme différence du régime kiévien, le pouvoir en place dispose d’un énorme soutien populaire national. Et cela – même les observateurs occidentaux sont forcés d’avouer.

D’un autre côté, tout cela était prévisible. Et nous l’avons plusieurs fois abordé à Observateur Continental, y compris en lien direct avec le Mali et dans le cadre africain de façon générale. Le souci, c’est que les élites atlantistes semblent effectivement être totalement incapables à faire preuve d’un minimum de bon sens dans le cadre du monde multipolaire actuel. Confirmant une fois de plus, que leur vision purement néocoloniale des affaires internationales est peut-être effectivement un problème génétique. Dans tous les cas, le cas clinique en question semble définitivement intraitable.

L’autre aspect qui accélère inévitablement la chute pas seulement de la Françafrique, mais plus globalement la vision occidentale du monde en Afrique, c’est ce comportement non seulement des politicards, mais également des prétendus journalistes occidentaux qui souhaitent donner une image de populations africaines incapables de faire les bons choix géopolitiques.

En qualité d’observateur de l’Afrique depuis de bien longues années, et ayant un lien direct avec le continent ne serait-ce que du point de vue biographique, je peux dire sans la moindre hésitation que les dits personnages occidentaux devraient surtout se rendre à l’évidence que les peuples africains n’ont absolument rien à envier en termes de capacités analytiques aux petits chouchous issus des principales écoles de formations occidentales. Des écoles qui ont vraisemblablement oublié de leur apprendre à voir le monde d’un point de vue beaucoup plus large que de leur petit salon parisien, londonien ou new-yorkais.

Plus que cela – dans le monde d’aujourd’hui les Africains ont pris une avance considérable dans la compréhension des perspectives planétaires sur les Occidentaux, bien qu’il soit nécessaire d’indiquer que l’éveil des consciences est un processus qui touche également de très nombreux citoyens des pays de l’Occident. Et ces personnes par ailleurs comprennent parfaitement que la réalité multipolaire est un processus qu’il ne sera pas possible d’arrêter.

Pour finir et en ce qui concerne le risque d’une plus grande rupture encore entre l’Etat malien et l’establishment élyséen, il faudrait surtout faire remarquer que tout cela n’est que le résultat de l’incompétence au niveau international des élus français. Evidemment, ce sera aux citoyens de France d’en faire le jugement, le tout dans un cadre souverain. Tout comme ils devront apprendre à respecter la souveraineté du Mali et de nombreuses autres nations africaines.

Tout dernier point : si certains pensent qu’il sera possible de stopper la chute pour l’establishment occidental après les événements en cours au Mali – c’est qu’une fois de plus ils se trompent très certainement. L’effet domino se poursuivra fort vraisemblablement à d’autres endroits du continent africain, comme à d’autres endroits du monde.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3541

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Nouvelle-Calédonie: les partisans de l’indépendance ne comptent pas abdiquer

Au moment où le troisième référendum d’autodétermination vis-à-vis de Paris s’est soldé par un «non», le scrutin était surtout marqué par une très forte abstention, de l’aveu même des médias hexagonaux. D’autre part, ce que l’establishment élyséen tente de présenter comme une victoire pour la France risque vraisemblablement au contraire de ne faire qu’aggraver la situation, au moment où les partisans de l’indépendance ne prévoient pas de baisser les bras.

Alors que le «non» à l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie, l’a emporté avec 96,49% des voix dimanche dernier, ce qui marquera fermement les esprits – c’est la participation d’à peine 43,88%. A titre de comparaison, 53,3% des votants avaient voté contre l’indépendance en octobre 2020 lors du précédent référendum (avec un taux de participation selon les données officielles de 85,69%).

Le référendum de 2020 avait alors clairement démontré la ligne ferme qui sépare les partisans à l’indépendance (majoritairement représentés par le peuple autochtone et ethniquement majoritaire kanak) et les opposants (majoritairement représentés par les descendants des colons européens et les récents arrivants de la métropole).

Il est également à noter que la très forte abstention du tout récent troisième référendum est due au boycott justement des représentants du peuple de souche kanak, en premier lieu le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) – qui avaient maintes fois appelé au report du référendum. Dans une lettre du peuple kanak au peuple de France du 23 novembre dernier, le FLNKS et ses alliés avaient explicitement fait valoir leurs positions et en exprimant leur rejet de la politique élyséenne, notamment dans le refus de cette dernière de faire preuve de compassion et de reporter la consultation référendaire alors que se poursuivait la cérémonie de deuil du peuple kanak. Une cérémonie très importante dans la culture et les traditions ancestrales de la population de souche kanak.

Pour les auteurs de cette lettre, il n’y a pas de surprise quant aux agissements de Paris: «Dire que nous sommes surpris serait mentir. Nous nous y attendions. Mais comme toujours, nous espérions. Nous espérions que le gouvernement français malgré 168 ans de colonisation saurait pour une fois faire preuve d’humanité, de compassion, d’intelligence, de respect, de bon sens. Nous espérions que le gouvernement français agirait dans l’esprit de consensus de l’Accord de Nouméa, dans l’esprit de son préambule. Nous espérions… et nous avions tort».

Pour les représentants du peuple kanak, le gouvernement français se berce également d’illusions: «Jusqu’à quand le gouvernement français entend-il abuser de la patience du peuple kanak, peuple premier de ce pays, peuple victime de la colonisation française depuis plus d’un siècle et demi? Jusqu’à quand la France pense-t-elle pouvoir bâtir un avenir institutionnel durable pour la Nouvelle-Calédonie en méprisant la parole des représentants politiques et coutumiers du peuple kanak? En feignant ostensiblement d’ignorer la place qui y occupent les cérémonies de deuil et le respect qu’on y doit aux morts? En piétinant les sentiments, la sensibilité, la dignité humaine de tout un peuple?».

En rajoutant «que le gouvernement français pense-t-il sérieusement que le scrutin qu’il entend maintenir le 12 décembre mettra fin à la revendication du peuple kanak, lui ôtera toute légitimité et lui permettra de poursuivre – un siècle encore, un siècle de plus, un siècle de trop – son travail d’assujettissement et de domination ? (…)».

Il faut certainement rappeler que la Nouvelle-Calédonie est à l’instar de nombreux autres pays de la région – un territoire ayant été colonisé par des puissances occidentales, et où la population autochtone a dû subir une répression féroce de longue durée. Cela sans oublier, à l’instar de ce qui s’est fait dans les colonies britanniques – l’arrivée de nombreux colons européens au passé criminel. En d’autres termes – des bandits tout simplement.

Maintenant et en termes de perspectives, le maintien du scrutin par l’establishment français – le tout en pleine période de la poursuite de la propagation du Covid-19 – alors que Paris avait déjà fait preuve d’extrême fermeté en matière de restrictions ne serait-ce que dans sa partie hexagonale pour moins que cela – devrait surtout être certainement vu comme une opportunité (dans la vision de Paris) d’organiser le vote sans que le peuple kanak puisse s’y exprimer. Et en espérant par la même occasion clore la page des espoirs à l’autodétermination du peuple de souche de la Nouvelle-Calédonie.

Néanmoins et une fois de plus, la stratégie élyséenne risque au contraire de ne pas apporter «le classement de l’affaire» kanak, mais au contraire d’exacerber les sentiments hostiles des Kanak, pouvant aller dans le sens de la radicalisation de la résistance des partisans à l’indépendance de leur terre. L’histoire de la Nouvelle-Calédonie l’a déjà démontré à plusieurs reprises. Une chose est également assez évidente: le pays grand donneur de leçons à l’échelle planétaire sous couvert «humaniste» a énormément de mal à se débarrasser de sa base purement néocoloniale. Et en ce sens la Nouvelle-Calédonie en représente un énième exemple. Un exemple flagrant.

Les responsables du FLNKS, contactés par Observateur Continental, ont réaffirmé être prêts à poursuivre la recherche de l’indépendance pour leur pays.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Paris incapable de se défaire de sa politique néocoloniale en Afrique

A l’heure de l’accélération de la chute d’influence sans précédent de l’Elysée sur le continent africain, l’establishment hexagonal continue de chercher des boucs-émissaires pour ses échecs. Le tout en s’obstinant à refuser de regarder la réalité en face : celle que le rejet en masse de la politique néocoloniale de Paris concerne de très loin et en premier lieu les Africains. Et non pas de prétendus acteurs externes.

Tout semble en effet s’accélérer dans les problèmes auxquels fait face le système de la Françafrique. Bien que les principaux acteurs de cette dernière continuent de prétendre que cela n’est que l’œuvre de puissances «hostiles», parmi lesquelles la Russie, la Chine, l’Iran ou encore la Turquie.

Les différents formats que Paris cherche à faire adopter dans son prétendu renouveau relationnel avec les pays africains ne changent absolument rien pour une opinion publique africaine lassée de regarder les faux beaux sourires après des années d’interventions néocoloniales dans les affaires intérieures et les manipulations à grande échelle qui s’en suivaient. Faire semblant à prétendre ne pas voir cette réalité pour les responsables élyséens équivaut à devoir accepter une suite des événements qui ne fera qu’exacerber l’hostilité de très nombreux Africains à l’encontre de la politique française et plus généralement occidentale.

Après l’échec déjà subi en Centrafrique et celui en cours au Mali, les récentes manifestations de masse contre la présence militaire française au Burkina Faso, puis au Niger, ont remis au grand jour une réalité que nous avons déjà abordé nombre de fois. A savoir que les échecs de l’establishment hexagonal en Afrique ne sont l’œuvre que de son extrême arrogance, une mentalité purement néocoloniale, et des objectifs ouvertement prédateurs à l’encontre des Etats africains.

Evidemment, l’Elysée comme le Quai d’Orsay pourront continuer à faire leurs «beaux» communiqués et donner des interviews aux médias francophones, comme anglophones – eux aussi en extrême perte d’influence dans l’espace médiatique africain, où ils poursuivront leurs accusations à l’encontre des acteurs internationaux – qui jouissent d’un large soutien auprès de nombreux habitants d’Afrique.

Il est évident que notre objectif n’est pas de donner de quelconques conseils à des personnages qui s’estiment toujours exceptionnels et qui pensent avoir (encore) la légitimité de détenir le pouvoir mondial – car se considérant être les pseudo-vainqueurs de la guerre froide. Et pensant avoir encore les moyens de nous forcer tous, ou du moins l’écrasante majorité de l’humanité, à retourner vivre à l’ère unipolaire. Bien sûr que non. Mais face à chaque mensonge propagé – les points sur les «i» continueront d’être remis.

Dans tous les cas, les meilleures juges seront les populations concernées. Et en ce qui concerne l’Afrique, il faut être aujourd’hui complètement aveugle et mentalement malade pour ne pas voir de quel côté penchent résolument la balance et les sympathies. Aussi, personne n’accordera plus de confiance à un autre partenaire pour les beaux yeux. Mais peut-être que tout simplement, les peuples africains ont parfaitement compris dans leurs observations et analyses personnelles – qui sont les prédateurs et les hypocrites, et qui sont les partenaires qui méritent leur confiance.

Tout le reste – n’étant que gesticulations de personnages vivant de leur entier dans une ère révolue et qui ne reviendra pas. Cette ère est bel et bien partie. Et avec elle bientôt ses nostalgiques néocolonialistes.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Centrafrique: lorsque Paris cherche un bouc émissaire pour ses échecs

La République centrafricaine a émis des accusations à l’endroit de la France, faisant suite aux déclarations hostiles du ministre hexagonal des Affaires étrangères. Une fois de plus et au lieu de s’adapter à la réalité multipolaire, l’Elysée et le Quai d’Orsay refusent de reconnaitre que leurs échecs ne sont l’œuvre que de leurs propres actions.

Lors d’une interview récente à la chaine de télévision France 5, le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian avait dénoncé l’action en Centrafrique des prétendus mercenaires russes, en adoptant un ton, comme à son habitude, dans le pur style néocolonial et condescendant à l’égard d’un Etat souverain. Cette sortie n’a pas manqué de faire réagir la cheffe de la diplomatie centrafricaine Sylvie Baïpo-Temon qui a déclaré que les propos de son homologue français sont inacceptables car mensongers et qu’il y a une volonté de sa part d’infantiliser la République centrafricaine.

La rhétorique hostile de Paris vis-à-vis de Bangui, qui n’a pas manqué de susciter la réponse de la ministre des Affaires étrangères de la RCA, démontre une fois de plus l’incapacité quasi-totale de l’establishment élyséen à pouvoir regarder de façon rationnelle non seulement l’avenir de ses partenaires, mais peut-être et surtout son propre avenir. Cette incapacité hexagonale non seulement à respecter la souveraineté de ses partenaires extérieurs et de mettre un terme une bonne fois pour toute à des manières comportementales d’une autre époque, fort heureusement révolue, révèle aussi la volonté de toujours chercher les coupables de ses propres échecs – ailleurs – au lieu de se regarder, un tant soit peu, dans le miroir.

Paradoxale d’ailleurs cette approche qui dit que lorsque les «alliés» anglo-saxons humilient la France, l’establishment atlantiste hexagonal actuel fait tout le possible pour calmer l’affaire, mais lorsque ces mêmes élites élyséennes observent la chute évidente de leur influence en Afrique – pour des raisons tout à fait logiques et attendues d’ailleurs – il faut toujours chercher des boucs émissaires pour tenter de justifier ces échecs. En infantilisant justement, comme le rappelle la cheffe de la diplomatie centrafricaine. Comme si les Africains n’étaient pas capables de choisir eux-mêmes leurs partenaires et alliés, et de ne pas être en mesure de réaliser leurs propres analyses géopolitiques et stratégiques.

Au final et comme attendu, tout semble aller effectivement dans la poursuite des échecs des responsables hexagonaux à l’échelle internationale. Si d’ailleurs ils pensent que dans le cadre du continent africain ces échecs se limiteront à la Centrafrique et au Mali – il s’agira très certainement d’une énième erreur prévisionnelle.

En janvier dernier, la ministre des Affaires étrangères de la République centrafricaine avait accordé un entretien à Observateur Continental.Lors de cet entretien, Sylvie Baïpo-Temon avait clairement indiqué que «la RCA avait besoin de la synergie de tous les partenaires, de la solidarité de tous les partenaires pour la seule cause qui est le retour à la paix et à la stabilité en Centrafrique».

Au-delà du fait que Paris n’a aucunement contribué au retour justement de la paix sur le sol centrafricain au cours des dernières années, si ce n’est pas dire le contraire, à la très grande différence des alliés sincères de la RCA, il est à penser que le fait de maintenir également une mentalité d’arrogance extrême dans le cadre d’une relation bilatérale entre deux Etats souverains – pourrait tout simplement voir la porte d’un quelconque partenariat digne de ce nom fermée.

En parlant d’ailleurs de souveraineté et compte tenu du niveau d’asservissement des élites élyséennes vis-à-vis de Washington depuis déjà un bon moment – il serait certainement juste de dire que la République centrafricaine, malgré des années de crise dont elle sort progressivement – est un Etat souverain. Quant à la République française dans sa version actuelle – rien n’est moins sûr.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Sommet Afrique-France: synonyme d’un échec flagrant?

Le sommet Afrique-France de Montpellier a remis à l’ordre du jour la perte évidente de l’influence élyséenne dans les pays africains, y compris ceux que Paris considérait encore récemment comme faisant partie intégrante de son prétendu pré-carré.

Il semble évident que l’Elysée se rend compte progressivement que sa parte d’influence en Afrique, y compris francophone, est un processus ayant pris une ampleur de très grande envergure. La tentative d’organiser un sommet Afrique-France, bien que de nombreux observateurs l’appellent sans la moindre hésitation celui de la Françafrique, en «privilégiant» cette fois-ci la société civile aux dépens des chefs d’Etat n’a fait que remettre une couche supplémentaire dans le constat du rejet des Africains de la politique hexagonale sur le continent.

Et ce, malgré le fait que les participants au sommet en question ont été pour nombre d’entre eux triés sur le volet et que de très nombreux Africains se revendiquant clairement du panafricanisme n’y ont été tout simplement pas conviés. Beaucoup sont également ceux qui n’auraient d’ailleurs certainement pas accepté l’invitation, si bien même qu’elle leur aurait été faite.

Le constat est que malgré un format construit au maximum pour tenter à redorer l’image de la France auprès des Africains, ce ne sont pas les accusations vis-à-vis de la politique élyséenne qui ont manqué. A ce titre, lors d’une séance plénière, les participants de divers pays africains ont «bousculé les usages et interpellé le président français», écrit Boursorama.

«La rupture a été voulue par les Africains, il ne faut pas croire qu’elle se décide à Montpellier», s’est exclamée une jeune participante du Mali, Adam Dicko, originaire de la région malienne de Mopti. Une autre participante, appartenant d’ailleurs à un pays anglophone et ne faisant pas partie du soi-disant pré-carré selon la vision élyséenne, en l’occurrence du Kenya, a de son côté sommé Emmanuel Macron de s’engager à mettre fin au système de la Françafrique et ses pratiques opaques, tout en pointant du doigt les contradictions de la politique hexagonale.

Plusieurs d’ailleurs n’ont pas manqué à critiquer ouvertement l’arrogance de l’establishment élyséen, notamment dans sa tentative à prétendre apporter la démocratie. En parlant justement d’arrogance évidente, il est désormais plus que jamais clair que des scènes comme celle d’il y a de cela quelques années lorsque Macron intervenait devant des étudiants au Burkina Faso n’ont plus lieu d’être dans le monde contemporain.

Et au-delà d’ailleurs de l’arrogance et de la familiarité avec laquelle sieur Macron parle à un chef d’Etat souverain, le fait de dire que c’est n’est pas à lui de s’occuper de l’électricité dans les universités du pays hôte, était d’ailleurs, une fois de plus, extrêmement hypocrite. Surtout lorsqu’on connait la dépendance du réseau françafricain pour l’uranium, l’or, le pétrole et nombre d’autres ressources stratégiques africaines.

En d’autres termes – occupez-vous, Africains, de vos problèmes courants… Mais laissez-nous continuer à piller vos ressources, à imprimer votre monnaie, torpiller vos capacités sécuritaires. Et si vous aurez le malheur à tenter de prendre complètement votre destin et votre souveraineté en main, y compris dans vos choix politiques, sécuritaires et de partenaires extérieurs – vous ferez face à un chantage et une pression dont nous sommes des experts reconnus.

Un chantage auquel d’ailleurs a fait récemment référence le Premier ministre malien Choguel Kokalla Maïga, commentant les nouveaux choix stratégiques de l’Etat malien et du chantage extérieur (occidental) dont l’hystérie grimpe à un rythme fort élevé.

Une fois de plus, la France macronienne a visiblement raté sa chance de s’adapter aux nouvelles règles qui émanent de l’ordre multipolaire international. S’accrochant à une vision purement néocoloniale d’un autre âge, et voulant par la même occasion forcer des Etats africains à rester ses sous-traitants – étant soi-même un simple sous-traitant vis-à-vis de Washington – l’élite élyséenne contribue à l’humiliation subie. De par son arrogance et peut-être aussi par manque de capacités analytiques basiques.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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