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De BRICS à BRICS+ ?

BRICS

L’alliance des BRICS ne se contente pas de tenir, en dépit des oiseaux de mauvais augure, elle se renforce. En plus de la coopération économique, les cinq pays émergents collaborent en effet de plus en plus sur le plan politique. De plus, un élargissement de l’alliance se dessine, au profit des partisans de la multipolarité.

Malgré toutes les « réserves » émises par nombre d’experts, principalement occidentaux, sur la capacité de l’alliance des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) à subsister sur le long terme, ladite union continue à se renforcer et même peut-être bientôt à s’élargir. En effet, il suffit de lire ou de relire différentes analyses écrites au cours des dernières années pour se rendre compte à quel point leurs auteurs s’étaient trompés. Beaucoup d’entre eux considéraient l’alliance des BRICS comme une union de quelques années, qui allait se dissoudre d’elle-même tant « les pays membres sont différents sur le plan culturel et des réalités politiques ». Pourtant et justement, les pays membres ont fait de cette différence l’un de leurs principaux atouts, en donnant au passage une valorisation supplémentaire à l’idée même de la multipolarité.

Aujourd’hui et vu que les BRICS n’ont toujours pas pu être brisés par leurs adversaires, l’alliance est désormais accusée par certains économistes occidentaux d’être devenue une organisation non seulement économique de puissances émergentes, mais aussi une structure politique qui conteste activement la domination de l’Occident. Question: pourquoi ces prétendus experts ont-ils pensé que les pays des BRICS se limiteraient au volet économique de leur relation, au moment où le monde multipolaire a plus que jamais besoin d’en finir avec les vestiges de l’unipolarité?
Il suffit d’ailleurs de relire nos analyses passées en ce sens pour se rendre compte que les BRICS étaient justement destinés à devenir plus qu’une union économique, à l’instar d’autres structures comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Le lancement de la banque des BRICS, la Nouvelle banque de développement (NDB BRICS), avec son siège principal à Shanghai et son siège régional à Johannesburg, a confirmé l’ambition, déjà annoncée de devenir une véritable alternative au G7, au FMI et à la Banque mondiale. Son objectif, entre autres, sera de financer des projets dans les pays en voie de développement. Une réalité qui est loin de plaire à nombre de partisans de l’unipolarité, mais qu’il sera aujourd’hui difficile de stopper.

L’autre fait qui déplaît beaucoup aux élites occidentales (et qui confirment nos prévisions), c’est que justement au-delà de la collaboration économique, on observe la solidarité politique et géopolitique de l’alliance. En effet, et sur plusieurs dossiers, les cinq pays de l’alliance ont montré leur solidarité et leur approche commune. Ce fut le cas lors du soutien affiché à la Russie par les quatre autres pays BRICS sur le dossier syrien. Un soutien qui s’est également traduit dans l’opposition aux sanctions occidentales contre la Russie. De son côté, la Chine, a également pu bénéficier du soutien déclaré de ses partenaires, en premier lieu de la Russie, sur des dossiers comme la situation en mer de Chine méridionale, zone dans laquelle elle fait face aux tensions avec les E.U.

Parlons maintenant de l’élargissement. Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, dont le pays présidera l’alliance des BRICS à partir du mois de septembre, a déclaré « plaider pour que d’autres pays rejoignent cette union, et que celle-ci satisfasse les besoins de tous les pays-membres ». À ce titre, on parle déjà de l’acronyme BRICS+, avec la possibilité de participation d’une dizaine d’autres pays aux travaux des cinq pays fondateurs. L’Iran, la Turquie, le Mexique, l’Indonésie, le Vietnam, les Philippines, le Pakistan, le Nigeria, le Bangladesh ou encore la Corée sont mentionnés. Si la possibilité de rejoindre l’union pour certains de ces pays prendrait encore du temps, dans le cas de l’Iran, de la Turquie ou de l’Indonésie, les perspectives sont tout à fait réelles.

Les BRICS, dans l’état actuel de l’alliance, représentent déjà à eux seuls près de la moitié de la population mondiale, 26 % de la surface terrestre et environ 35 % du PIB mondial, un pourcentage qui ne cesse en passant de monter. L’alliance pèse déjà de son poids au sein du G20, de l’aveu même des observateurs occidentaux. Qu’ils s’y habituent, car les BRICS représentent en effet l’une des principales voix du monde multipolaire. Une chose est également certaine: plus les BRICS, tout comme l’OCS, continueront de s’affirmer, plus certains comprendront une bonne fois pour toutes ce que représente véritablement la notion de communauté internationale.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201703151030477670-brics-cooperation-economique-politique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Direction Moscou, le revirement confirmé de la Moldavie

Igor Dodon

C’est un virage à 180 ° pour la Moldavie. Dirigé pendant sept ans par une équipe résolument pro-européenne et pro-Otan, le pays se tourne désormais vers la Russie. La visite d’Igor Dodon, le président moldave à Moscou, concrétise ce changement stratégique.

La première visite officielle à l’étranger d’Igor Dodon, le président moldave récemment élu, vient de se clore. Son agenda fut assez chargé. Durant sa visite, le chef d’État moldave a rencontré plusieurs responsables russes de haut niveau, dont Valentina Matvienko — l’actuelle présidente du conseil de la Fédération ( la chambre haute du Parlement russe ) puis Sergei Lavrov, le chef de la diplomatie. Enfin, en soirée Igor Dodon a rencontré Vladimir Poutine. Les deux chefs D’État ont abordé plusieurs sujets.

Dans le domaine énergétique, ils ont ainsi confirmé leur désir d’avancer sur plusieurs dossiers sensibles, notamment ceux en rapport avec la dette de l’État moldave pour le gaz russe, y compris celui livré en Transnistrie (PMR), qui avait fait sécession avec la Moldavie en 1990. Pour rappel, ce pays dépend à 100 % des livraisons de gaz russe.

L’autre point important concernait l’élargissement des entreprises moldaves pouvant exporter en Russie leur production, notamment agroalimentaire. En effet et depuis les sept dernières années du pouvoir de la coalition pro-occidentale, puis de la signature de l’accord d’association avec l’UE, la Moldavie n’a cessé de perdre ses parts sur le marché russe. Un marché qui n’a jamais pu être remplacé ailleurs, au vu de ses capacités.

Les deux hommes ont également abordé la question des migrants moldaves travaillant en Russie, autre source importante de revenus pour le budget du pays. C’est un point que la presse mainstream oublie souvent de mentionner lorsqu’elle aborde le sujet, puisqu’à en croire certains médias, la grande majorité des Moldaves travailleraient dans l’UE, principalement en Italie, où ils sont effectivement environ 150 000. Mais ce sont plus d’un demi-million de Moldaves qui vivent et travaillent en Russie, sur une population totale du pays de 3,5 millions d’habitants.

La discussion s’est aussi axée sur le dialogue lancé par Igor Dodon avec Tiraspol, la capitale de la PMR. Un éventuel accord de fédéralisation ne serait pas à exclure, bien que l’on en soit encore loin. Néanmoins, le dialogue positif engagé entre Chisinau et Tiraspol est un signe positif. Enfin, le président moldave a réitéré son engagement d’annuler l’accord d’association avec l’Union européenne, signé en juin 2014, et dans lequel la Moldavie n’a, selon Dodon, rien gagné, tout au contraire. Mieux que cela, le leader moldave a demandé à ce que son pays puisse rejoindre l’Union économique eurasiatique, ne serait-ce qu’à titre d’État observateur dans un premier temps.

Une approche qui a suscité la réaction des milieux pro-occidentaux à Chisinau, alors que Dodon se trouvait encore à Moscou. Selon leur déclaration officielle, ils ont affirmé « être prêts à tout pour bloquer toute éventuelle annulation de l’accord d’association avec l’UE et tout processus d’intégration en direction de l’Union économique eurasiatique ».

En effet, le combat s’annonce sérieux puisque le président moldave aura besoin du soutien de son parlement pour mettre en œuvre ses ambitieux projets. Néanmoins, et au vu des sentiments régnant au sein d’une large part de la société moldave, ses chances sont assez importantes. Il convient de rappeler que depuis quelques années, les sentiments pro-UE ont baissé d’une façon aussi drastique qu’augmentaient les sympathies prorusses au sein de la population. Une situation qui a d’ailleurs permis de mettre fin à sept années de pouvoir de la coalition pro-occidentale et de voir arriver la victoire d’Igor Dodon, le chef du Parti des socialistes de Moldavie, en novembre dernier.

Dernier point, au moment où l’Otan cherche de nouveau à attiser les tensions aux frontières de la Russie, le président moldave n’a pas caché son intention de s’éloigner du dialogue engagé par la précédente administration avec l’organisation nord-atlantique. D’ailleurs, le choix même de Moscou comme première visite officielle à l’étranger conserve toute sa symbolique : ce fut Bruxelles qui était la priorité tout au long des années précédentes de Chisinau. Une page vraisemblablement tournée, du moins pour le moment.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201701191029674983-igor-dodon-direction-moscou/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Russie, Turquie, Iran, échec à la déstabilisation !

Sergei Lavrov et Mevlut Cavusoglu

Non, la guerre russo-turque n’aura pas lieu, malgré l’assassinat d’Andreï Karlov, qui visait clairement à nuire une fois de plus aux relations entre la Russie et la Turquie. Mieux que cela, la Russie, l’Iran et la Turquie ont décidé d’accroître leur collaboration en Syrie.

Nous avons tous appris avec consternation l’assassinat de l’ambassadeur russe en poste à Ankara, Andreï Karlov. Un acte lâche, qui s’inscrit sur fond de revers des terroristes en Syrie. Une attaque destinée vraisemblablement à casser le rapprochement russo-turc. À ce niveau, l’opération est un échec: Moscou et Ankara comptent au contraire accroître leur niveau de coopération.

En témoignent les déclarations des dirigeants russe et turc, ainsi que par le maintien de la réunion tripartite qui a eu lieu le jour suivant à Moscou, entre les chefs des diplomaties russe, iranienne et turque. Elle s’est doublée d’une rencontre entre les ministres de la Défense des trois États. Ankara, Moscou et Téhéran affirment à l’issue de ces entrevues qu’elles vont lutter conjointement contre le terrorisme et soutiendront une solution politique à la crise en Syrie.

Sur ce dernier volet, les trois capitales affirment être attachées au « respect de la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Syrie en la qualité d’un État multiethnique, multiconfessionnel, démocratique et laïc ». Un message très fort lorsqu’on sait que Moscou-Téhéran d’un côté et Ankara de l’autre avaient des approches fort différentes jusqu’ici vis-à-vis de la guerre en Syrie — la Russie et l’Iran soutenant le gouvernement légitime syrien, la Turquie ayant ardemment demandé son départ.

La question de la préservation de la Syrie en tant qu’État multiconfessionnel, multiethnique et laïc, est cruciale, surtout à la lumière des projets des soi-disant « rebelles modérés ». À une écrasante majorité, ceux-ci souhaitent précisément en finir avec la laïcité et installer à la place un « État » salafiste régi par les lois de la charia… Le tout dans un pays multiethnique et multiconfessionnel! Mais cela évidemment est le dernier des soucis des gouvernements occidentaux (comme en Libye), qui souhaitent à tout prix destituer Bachar al-Assad.

En outre, les trois ministres ont également appuyé la tenue prochaine de pourparlers inter-syriens à Astana, la capitale du Kazakhstan. Bref, beaucoup de choses intéressantes en perspective, surtout au vu du format de la réunion. En effet, aucun représentant des États-Unis, d’Europe occidentale ou des régimes du Golfe n’a été invité pour le moment. Pour autant, les organisateurs de cette rencontre ont bien indiqué que la porte restait ouverte, à condition bien sûr de vouloir sincèrement la fin du chaos en Syrie. Et il est permis de douter que ce soit le cas des acteurs engagés dans la crise syrienne qui n’ont pas été conviés à Moscou.

Pour autant, la volonté affichée par la Russie, l’Iran et la Turquie de renforcer la lutte contre le terrorisme et les rencontres à Moscou entre les ministres des Affaires étrangères et de la Défense des trois pays laissent effectivement entrevoir l’espoir d’une sortie de crise en Syrie. Malheureusement, le terrorisme, qui sert les adversaires de la multipolarité, n’a pas dit son dernier mot. Il est à craindre que ces efforts de stabilisation de la région ne soient mis à mal, justifiant au passage la volonté des trois pays de renforcer leur coordination au niveau sécuritaire et antiterroriste.

Ils voient en effet d’un très mauvais œil le fait qu’il est possible de se passer d’eux pour résoudre les principales crises du moment. Plus vite ils reconnaîtront la réalité multipolaire, plus vite ils pourront prétendre à y jouer un rôle que l’on espère positif. Ce qui est certain, c’est que cette rencontre Russo-Irano-Turque est la meilleure réponse aux terroristes et à ceux qui pensent encore pouvoir utiliser ces derniers afin d’atteindre leurs objectifs géopolitiques.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201612221029281607-russie-turquie-iran-destabilisation/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Mali : la société civile se mobilise pour un partenariat solide avec la Russie

Mali

Dans un monde où la multipolarité se renforce de jour en jour, les changements importants des systèmes préétablis précédemment se poursuivront certainement.

Dans le cas des relations entre la Russie et l’Afrique francophone, les choses intéressantes suivent leurs cours également. Après le Burundi, avec lequel une nouvelle page s’est ouverte récemment dans son partenariat avec la Russie, les voix se font entendre désormais à d’autres endroits, y compris considérés comme partie intégrante du système de la «  Françafrique  ».

En effet, on a appris qu’hier le Groupement patriotique du Mali, a organisé un sit-in, jeudi 22 septembre, devant l’ambassade de la Russie à Bamako. L’objectif était de demander « l’implication » du Kremlin dans la résolution de la crise malienne, lit-on sur Mali7.net, portail malien d’information.

On y apprend également qu’une pétition signée par plus deux millions de citoyens maliens a été transmise à l’ambassade de Russie à Bamako. L’un des organisateurs de ce sit-in et président du Groupement patriotique du Mali, Fodé Sidibé, a ainsi déclaré : «  Nous demandons l’aide de la Russie au regard de la coopération entre les deux pays au temps du président Modibo Keita… Nous voulons qu’elle s’implique dans la formation et l’armement de nos forces de défense  ». Avant qu’un de ses collègues ne rajoute : «  Les forces étrangères présentes actuellement au Mali ont prouvé leur incapacité à aider le pays à se stabiliser  ». Allusion directe à la présence de l’armée française dans le pays.

Le représentant de l’ambassade russe au Mali a confirmé que Moscou prêterait à la pétition une «  oreille attentive  » bien que le gouvernement malien n’a jamais sollicité l’aide de la Russie depuis plus de cinq ans que dure la crise au Mali. Quoiqu’il en soit, le premier conseiller de la mission diplomatique russe a assuré le groupement d’associations que la Russie restera toujours aux côtés du Mali.

Maintenant parlons de la réalité et des perspectives, et notamment de l’implication de la France dans la crise malienne. La France fait en effet ouvertement figure d’un pompier pyromane. Rappel des faits. La crise qu’a connue le Mali fut le résultat direct de la chute de la Jamahiriya libyenne de feu Mouammar Kadhafi. Cette destruction de l’Etat libyen et le chaos qui s’en est suivi sont la responsabilité directe des élites occidentales, et en grande partie françaises puisque on se souvient tous que c’est la France de Sarkozy qui a joué un rôle de «  premier plan  » dans l’attaque de l’OTAN et de certains pays arabes contre la Libye de Kadhafi.

La destruction de la Libye par les élites occidentales & golfistes a eu un effet dévastateur sur plusieurs plans : multiplication des groupes terroristes takfiristes, crise des migrants et sérieux défis sécuritaires pour les Etats voisins. Le Mali en fait partie. Le chaos dans lequel a été plongé la Libye, dont il ne reste aujourd’hui que le nom, a contribué entre autres au transfert massif d’armes aux terroristes et au renforcement de leur implantation en terre malienne. Puis la France est intervenue pour sécuriser ses intérêts en jouant justement au pompier pyromane mais la crise au Mali est toujours loin d’être réglée. En passant, il est effectivement presque révoltant d’entendre le président français Hollande parler à la tribune de l’ONU en accusant le leadership syrien «  d’effusion de sang  », lorsqu’on sait justement que l’Elysée est responsable de crimes contre de nombreux pays : Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique, en Syrie aussi d’ailleurs bien que le plan pour cette dernière ne s’est pas déroulée comme prévu, notamment grâce au soutien des alliés de la Syrie, en la qualité de la Russie et de l’Iran. En réalité et en plus de l’assujettissement pur et simple de la France actuelle aux intérêts des USA, on observe bien une continuité de crimes. A l’instar des USA avec Bush-Obama (  non, le sourire du dernier n’a aucunement assuré les attentes ), la France avec Sarkozy-Hollande fait aussi de la continuité dans la politique criminelle en politique extérieure et n’a fait que renforcer sa vassalisation aux intérêts atlantistes.

Quant au Mali, il faudra effectivement et de plus en plus prêter attention aux revendications légitimes du peuple. A l’instar de tellement d’autres peuples africains qui souhaitent en finir une bonne fois pour toute avec le diktat qui leur est imposé depuis des décennies, si ce n’est des siècles. Dans le cas du partenariat, voire d’alliance avec la Russie, il est clair que jusqu’ici les relations se renforçaient surtout avec les pays d’Afrique subsaharienne anglophone ou lusophone, et beaucoup moins francophone. Mais les choses bougent et le temps est certainement venu pour mettre un point définitif à certains fonctionnements pour en lancer d’autres, dans le respect de la souveraineté des Etats concernés.

https://fr.sputniknews.com/international/201609231027890908-mali-societe-civile-russie/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

 

 

Heureusement que l’Euroligue n’est pas l’Eurovision

Le CSKA Moscou de Nando De Colo a remporté l'Euroligue

Deux grands événements continentaux viennent de se clôturer. Concours Eurovision de la chanson et l’Euroligue de basketball, la plus prestigieuse compétition de ce sport au niveau des clubs européens.

Si dans le deuxième cas on a eu droit à une saison fantastique, notamment au niveau du Final 4 (carré final des quatre meilleures équipes de la saison) qui s’est déroulé ce week-end et où l’aspect fair-play du sport a bien été au rendez-vous, on ne peut malheureusement pas en dire autant de l’Eurovision.
A vrai dire, ce qui s’est passé au niveau du concours de l’Eurovision n’est même pas très digne de commentaire. Mais lorsque la politique antirusse en arrive à rentrer au niveau d’un concours qui prétend « promouvoir les valeurs de paix et de tolérance en Europe et au-delà », il devient impossible de ne pas commenter.

 

Pour résumer: le représentant russe Sergueï Lazarev, qui était d’ailleurs le favori annoncé du concours, remporte le vote du public européen. Mais le vote du « jury », si on peut parler de jury, lui est tout autre. Au final, c’est la représentante ukrainienne qui remporte le concours alors qu’elle n’a pas gagnée ni au niveau du public, ni même au niveau de ce fameux jury (deuxième dans les deux cas) avec une chanson ouvertement politisée.

Une « victoire » donc tirée par les cheveux et arrangée vraisemblablement par ceux désireux « récompenser » les élites ukrainiennes pour leur bon « travail » dans l’intégration atlantiste. D’autre part et pour revenir à la politisation de la chanson, les organisateurs de l’Eurovision ont donc violé une autre règle du concours: celui de l’interdiction de chansons politiquement engagées. Ces organisateurs affirment pourtant n’avoir pas vu de « message politique ». Suivant cette logique, si l’année prochaine une chanson sera dédiée aux milliers de victimes du Donbass, on ose alors espérer que les organisateurs ne la bloqueront pas? D’autant plus que ce n’est pas politique: c’est la simple et triste réalité.

On se demande d’ailleurs si la Russie devrait encore participer à des événements « européens » de ce type. A méditer. Mais heureusement qu’il existe encore des compétitions où le fair-play n’est pas une vaine notion et où la victoire est obtenue au mérite et non pour servir des intérêts ouvertement politiques. La finale de l’Euroligue de basketball, tout comme les demi-finales, l’ont prouvé une fois de plus.
La finale opposait le CSKA Moscou au club turc de Fenerbahçe Ülker Istanbul, dans la capitale allemande Berlin, ce qui favorisait évidemment le club stambouliote compte tenu de la très importante diaspora turque, qui s’est fait entendre tout au long du match. Bien que nombreux ont fait le parallèle dans cette opposition sportive aux problèmes politiques actuels entre les deux pays, et cela a été en partie confirmé par quelques provocations côté turc dans les tribunes qui ont résulté à des affrontements aussi bien au sein des supporters qu’au niveau des loges VIP, néanmoins et sur le terrain la bataille était purement sportive.

 

Les deux équipes avaient réalisé une saison pratiquement sans faute et tout le monde s’attendait à un digne combat. Ce fut le cas. De l’aveu de tous, experts comme supporters, le match fut véritablement haletant. Au final, le CSKA Moscou a remporté le match après prolongation 101 à 96, avec un superbe Nando de Colo, meilleur joueur français et MVP de la saison.

Bien sûr que cela fait bien plaisir de voir le club moscovite champion d’Europe, de même que de savoir un autre club russe parmi les quatre meilleures équipes de la saison. En l’occurrence le Lokomotiv Kouban-Krasnodar (troisième). Mais la principale question n’est pas là: les victoires, qu’elles soient sportives ou artistiques, il faut les obtenir dans la compétition juste et non sur ordre d’intérêts n’ayant rien à avoir ni avec le sport, ni avec la chanson. Peu importe après qui est le vainqueur.Quant à l’Eurovision, le show de cette année rappelle en effet la réalité géopolitique: les populations européennes largement favorables à la Russie, les élites et experts autodéclarés russophobes jusqu’au cou… Pas de soucis, on fait avec et toujours avec le sourire.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201605161025034549-euroligue-eurovision-basket/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Réanimation du G8 ? La Russie pas intéressée

G8

Récemment, le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier avait appelé à unir les efforts afin de « créer les conditions et reprendre le travail dans le cadre du G8 ». La réponse russe ne s’est pas fait trop attendre.

La Russie ne voit pas d’intérêt à réanimer le G8. « Pour la Russie, le format du G8 représente le passé. Nous ne voyons pas de nécessité de le réanimer », a fait savoir Sergueï Riabkov, vice-ministre russe des Affaires étrangères. Une réponse qui il faut le dire a fait plaisir à beaucoup de personnes, en Russie comme à différents endroits du monde.

L’époque du G7 + 1, comme d’ailleurs on nous l’enseignait au lycée français du Maroc, à savoir les pays les plus « développés » qui ont bien voulu accepter un huitième membre, la Russie post-soviétique, « ex-superpuissance devenue puissance régionale pauvre » (je cite les professeurs), n’est plus. Cette époque est fort heureusement complètement dépassée, malgré le refus avoué de certains.

Aujourd’hui, très peu d’affaires internationales peuvent se passer de la participation de la Russie, notamment au Proche-Orient et dans beaucoup d’autres endroits du monde. La participation de la Russie est devenue indispensable, beaucoup plus d’ailleurs que de la plupart des membres de ce fameux G7. Donc l’époque de la « charité » occidentale vis-à-vis de la Russie, celle des années probablement les plus difficiles de l’histoire contemporaine russe reste bien dans le passé. 

Cette même époque où la Russie, dirigée par une poignée d’oligarques libéraux pro-occidentaux, avait oublié ses intérêts nationaux et se laisser dicter par les élites occidentales. Cette même époque qu’une partie des Occidentaux appellent comme étant l’une des meilleures de la Russie et que l’écrasante majorité des Russes associent à la misère, à l’humiliation et une Russie simplement à genoux.

D’autre part, ce concept associé à juste titre par nombre de personnes comme symbole du néocolonialisme et de l’unipolarité n’a aujourd’hui tout simplement plus sa place. Le monde multipolaire s’impose. L’humanité le ressent. Donc si il y a ceux qui veulent se voir encore au sein d’un club pseudo-« privilégié » pour continuer à penser qu’ils dirigent le monde, personne ne devrait les en empêcher. Après tout, il y a bien des personnes qui s’imaginent être des Napoléon. Au début ça fait évidemment sourire, après ça se soigne. Mais dans notre cas précis, la réalité du nouveau monde soignera tout d’elle-même.

Ni la Russie, ni la Chine, ni les autres membres des BRICS et nombre d’autres pays n’ont plus besoin d’une quelconque recommandation de ce fameux G7 pour avancer. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les membres de ce même G7 s’activent en ce moment pour tenter de faire revenir la Russie au « club ». La Chine ne fait pas partie du groupe (et ne souhaite pas en faire partie), alors autant tenter de faire revenir la Russie. Non merci dit la Russie.

Depuis notamment les événements en Libye, en Syrie et en Ukraine, la Russie ne se fait fort heureusement plus aucune illusion sur ce que représentent véritablement les élites occidentales. Tout comme la Chine d’ailleurs. Et a bien choisi ses nouvelles priorités, à savoir l’Union économique eurasiatique, l’Organisation de coopération de Shanghai et bien sûr l’alliance BRICS. Sans oublier le renforcement des liens et alliances avec toute une série de pays asiatiques, africains, latino-américains. 

Il faut donc que nos « partenaires » du G7 comprennent une chose: ce concept n’est plus intéressant pour la Russie. Qu’ils comprennent aussi que la Russie a bien d’autres priorités et qu’elle ne souhaite pas faire partie d’un club associée par une large partie de l’humanité comme un ensemble néocolonial représentant les vestiges de l’unipolarité. Niet, ce n’est pas pour nous.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201604201024396986-frank-walter-steinmeier-russie-groupe-politique/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Bolivie renforce son alliance avec la Russie

Evo Morales

Le président bolivien Evo Morales a accordé une large interview à la chaine russe d’information continue Rossiya 24. L’un des chefs de file de l’alliance latino-américaine contre la politique étasunienne et du renforcement de l’alliance avec les BRICS n’a pas manqué d’afficher son soutien à la Russie.

Cela était particulièrement d’actualité puisque ladite alliance a été renforcée par des résultats pratiques récents. En effet, la Russie aidera la Bolivie à construire un centre de recherches nucléaires. Les deux pays ont signé un accord intergouvernemental de coopération dans le domaine du nucléaire civil. Le document prévoit, entre autres, la construction d’un Centre de recherches et de technologies nucléaires. Un projet pour lequel la Bolivie affectera un investissement de 300 millions de dollars.

Côte russe, c’est l’Agence fédérale de l’énergie atomique (Rosatom), consortium public russe qui sera responsable de la réalisation dudit projet. Malgré les critiques lancées par les opposants au gouvernement, le chef d’Etat bolivien, premier président indien du pays et grand défenseur de la nature, a été clair en déclarant que: « le projet ne présente aucun risque pour les êtres humains ou pour notre mère la Terre. Il ne contaminera ni le sol, ni l’eau, ni l’air ». 

Comme il est indiqué, ce projet permettra à la Bolivie de se familiariser avec les technologies nucléaires afin de les utiliser dans la science, la médecine, la géologie et l’agriculture. Le Centre devrait permettre également à la Bolivie de lancer une production de radio-isotopes pour le dépistage et le traitement des maladies oncologiques et rendre la médecine nucléaire plus accessible à l’ensemble de la population.

En plus de l’accord conclu avec Rosatom, le géant gazier russe Gazprom pourra prendre part à l’exploration de nouveaux sites gaziers en Bolivie, afin d’en assurer également les livraisons vers les centrales thermiques du pays.

Comme quoi, en plus des relations d’amitié et d’approche similaire sur le plan géopolitique, les deux nations renforcent leur partenariat économique. Faut-il le rappeler, la Bolivie est effectivement l’un des fers de lance des pays de la région ayant décidé de défendre leur souveraineté contre l’interventionnisme néocolonial, selon les propres dires d’Evo Morales. Selon ses aveux, après la mort d’Hugo Chavez, certains espéraient voir cette approche se fondre. Mais malgré la perte d’un grand leader tel que Chavez, ayant porté un coup à l’alliance latino-américaine, cette alliance poursuit néanmoins son avancée. Une avancée qui reste comme un grand os dans la gorge de Washington. 

Cette grande région que les élites étasuniennes, dont ceux de la CIA, considéraient des dizaines d’années durant comme leur arrière-cour, aujourd’hui est toute autre. Même si quelques pays restent encore sous la coupe washingtonienne, la grande majorité d’entre eux ont bel et bien choisi la voie de la souveraineté et de la dignité nationale. La Bolivie a depuis l’accession au pouvoir d’Evo Morales choisi cette voie. Faut-il également le rappeler qu’il est le premier chef d’Etat amérindien se revendiquant comme tel, représentant les populations de souche du pays, depuis le début de la colonisation espagnole, il y a plus de 400 ans.

Faut-il aussi rappeler qu’avant l’élection de Morales à la tête du pays, les populations amérindiennes subissaient largement une discrimination raciale, surtout dans les villes. Une page désormais tournée. Le pays a en effet misé sur le socialisme du XXIème siècle, réunissant les valeurs du christianisme, de justice sociale et des traditions ancestrales. C’est peut-être pourquoi ce socialisme est plus que jamais d’actualité malgré les attaques qu’il subit, notamment de l’extérieur, de la part des partisans de l’unipolarité.

Sur le plan justement extérieur, Evo Morales a en plus d’avoir misé sur l’intégration régionale et continentale, a opté pour une alliance avec lesBRICS, en premier lieu la Chine et la Russie. Dans son interview, le président bolivien n’a pas manqué de rappeler que son pays est ouvert à tous les partenaires, y compris étasuniens, preuve de quoi les entreprises occidentales sont présentes dans le pays, mais qu’effectivement la Chine et la Russie restent les partenaires privilégiés grâce à une approche beaucoup plus juste et transparente: partenariat gagnant/gagnant et sans interférences dans les affaires intérieures du pays.

Ce qui réunit incontestablement la Bolivie et nombre d’autres pays latino-américains avec les BRICS, c’est aussi la vision commune sur la multipolarité du monde. Une multipolarité qui se renforce chaque jour un peu plus. Pour finir, Evo Morales a salué l’actuelle « courageuse politique internationale de la Russie » et que « bien que son pays soit beaucoup plus petit que celui du peuple frère de Russie, la Bolivie est prête à apporter tout le soutien nécessaire ». Que dire de plus si ce n’est merci et d’ajouter que dans notre monde multipolaire il n’est pas question de grands ou de petits pays. Tout le monde doit avoir la possibilité de faire entendre sa voix, ainsi qu’assurer la défense de son indépendance, de sa souveraineté et de sa dignité. L’Amérique latine digne est en outre un excellent exemple pour les pays qui cherchent encore à se libérer de la mainmise extérieure, on pense bien sûr à certains pays d’Afrique. Quant au partenariat russo-bolivien, il représente cet autre exemple d’un partenariat où chacun trouve son compte et où personne ne donne de leçons à l’autre.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201603141023365429-bolivie-russie-alliance/
Mikhail Gamandiy-Egorov