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Les solutions internationales pour faire libérer Julian Assange

Alors que le cybermilitant australien Julian Assange continue d’être détenu en Grande-Bretagne, dans l’arbitraire le plus total le visant, deux orientations paraissent primordiales dans cette situation. D’une part – l’hypocrisie une fois de plus fortement caractéristique de l’establishment occidental et son deux poids deux mesures au summum. De l’autre – les instruments nécessaires en vue de le faire libérer. Ainsi que d’autres.

Les années passent mais peu de choses semblent pour le moment évoluer dans le dossier de Julian Assange – dont le seul crime fut d’avoir ouvert les yeux au monde sur plusieurs dossiers internationaux, y compris liés aux crimes de guerre commis par un certain nombre de pays. Souvent occidentaux. Après avoir passé un long moment au sein d’une pièce de l’ambassade d’Equateur à Londres où il avait trouvé refuge face aux traques des élites anglo-saxonnes, depuis la fin de la présidence du progressiste et souverainiste Rafal Correa, son destin est encore plus incertain face à l’emprisonnement dont rien pour le moment n’annonce la fin, sans oublier ses problèmes de santé.

Evidemment, aucune dose de solidarité envers Assange n’a été, et ne sera, visible du côté des élites occidentales – préférant jouer aux défenseurs d’activistes bien souvent extrémistes, mais dont le mérite principal est leur partenariat avec ces mêmes élites en vue de déstabiliser les Etats se trouvant dans le viseur de l’Occident. Et cela malgré le fait qu’Assange est lui-même citoyen d’un pays occidental.

La mobilisation populaire en sa faveur, y compris dans nombre de pays occidentaux, a permis d’éviter, du moins pour le moment, le pire scénario possible, à savoir son extradition de la perfide Albion vers les USA – pays qui lui en veut le plus pour avoir dévoilé au monde entier les documents classifiés sur les crimes commis par ce pays à divers endroits du monde, notamment en Irak. Pour autant, Washington continue à vouloir à tout prix obtenir cette fameuse extradition. A noter qu’Assange risque en terre US une peine de 175 ans – en d’autres termes la perpétuité.

Il serait donc aujourd’hui plus que jamais important de se pencher sur des solutions qui devraient compléter la mobilisation internationale en faveur de la libération de Julian Assange. Parmi ces solutions, on pourrait citer la création d’une coalition internationale d’Etats réclamant sa libération immédiate, y compris au niveau onusien. Ceci étant dit, et connaissant le mépris des élites occidentales pour le droit international – surtout lorsqu’il va à l’encontre de leurs intérêts – il n’est pas surprenant que cela ne soit suffisant.

Mais peut-être qu’au sein de cette coalition, un mécanisme de travail devrait être mis en place afin de coordonner ensemble les arrestations d’éléments déstabilisateurs, travaillant pour le compte des intérêts occidentaux dans les pays concernés. Aussi bien locaux qu’étrangers. Et ce de l’Eurasie jusqu’au Moyen-Orient, d’Afrique jusqu’en Amérique latine. Y compris en vue de les échanger avec les personnes emprisonnées aux Etats-Unis et dans d’autres pays occidentaux. Oui, peut-être que le temps de mesures plus radicales est bel et bien venu. D’autant plus et après tout Washington ne se gêne guère de kidnapper des citoyens étrangers dans des pays tiers se trouvant sous son emprise, en les ramenant de force aux USA. Parmi eux, des spécialistes de divers domaines, notamment des informaticiens qui subissent un chantage pur et simple: soit vous collaborez avec nous et pourrez mener une vie plus ou moins acceptable sur le sol étasunien (après avoir été kidnappés à l’étranger, rappelons-le), soit vous allez pourrir dans nos prisons.

Les mesures de riposte donc, aussi bien en vue de mettre la pression pour la libération d’Assange et des citoyens de pays concernés par les agressions occidentales, seraient donc plus que les bienvenues. Sachant d’ailleurs quelle hystérie cela crée au sein de ces mêmes élites occidentales. Que ce soit lorsque leurs citoyens soient arrêtés, sans kidnapping – simplement dans le pays visé par l’espionnage ou la déstabilisation. Ou encore lorsqu’il s’agit de leurs agents locaux – notamment les pseudo-activistes.

Une chose est sûre. L’Occident politique, dans toute l’hypocrisie et l’arrogance qui le caractérisent, ne comprend qu’un seul langage – celui de la réciprocité. Mais le plus important dans ces mesures tout à fait réalisables, ce n’est pas tant la possibilité de nuire aux intérêts occidentaux par la réciprocité, mais surtout de rendre justice aux victimes de l’arbitraire occidental – dont le seul «crime» est d’avoir défié le système néocolonial, raciste, hypocrite et arrogant de l’Occident. A méditer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

Rafael Correa en Russie : une visite symbolique

La très récente visite officielle du président équatorien Rafael Correa en Russie a été non seulement très productive, mais a confirmé une nouvelle fois les relations stratégiques qu’entretiennent désormais la Russie et la grande majorité des Etats d’Amérique latine.

A la mort du leader vénézuélien et chef de file de la révolution bolivarienne Hugo Chavez, certains analystes se sont pressés d’annoncer que le Venezuela et toute l’Amérique latine allaient subir de grands bouleversements, notamment ce qui concerne la politique extérieure. Hugo Chavez était effectivement un grand ami de la Russie et c’est sous sa présidence que la Russie et le Venezuela sont devenus des alliés indéniables. Ce partenariat stratégique s’est rapidement répandu à toute l’Amérique latine pour laquelle la Russie est devenue un partenaire clé.

Le successeur d’Hugo Chavez à la présidence vénézuélienne Nicolas Maduro a rapidement déchanté tous ceux qui promettaient des « changements radicaux »à la région et s’est au contraire fortement engagé sur la même ligne politique que son illustre prédécesseur, y compris en ce qui concerne la politique étrangère. Le partenariat stratégique entre la Russie et la République bolivarienne n’a donc pas bougé d’un poil.

Mis à part le Venezuela, la Russie est vue comme un pays ami par bon nombre des pays de la région : que ce soit la Bolivie d’Evo Morales, l’Equateur de Rafael Correa, l’Argentine de Cristina Fernandez de Kirchner, le Brésil de Dilma Rousseff ou encore le Nicaragua de Daniel Ortega, sans oublier bien évidemment Cuba de Raul Castro, un allié de longue date.

La visite de Rafael Correa, président de l’Equateur, n’avait donc rien d’anodin mais était bien le signe supplémentaire des relations très privilégiées entre désormais la Russie et les pays latino-américains. D’ailleurs, en parlant du leader équatorien, il s’agit d’une personnalité très intéressante. Economiste de formation, il a suivi une partie de son cursus en Occident, à l’Université catholique de Louvain (Belgique) puis à l’Université de l’Illinois (Etats-Unis). Patriote engagé, fervent partisan de la souveraineté de son pays et de toute l’Amérique latine, il se qualifie lui-même comme étant un homme politique de gauche, un humaniste et un chrétien catholique.

Au cours de sa visite en Russie, Rafael Correa s’est bien évidemment entretenu avec le président russe Vladimir Poutine. Au programme figurait également la signature d’accords sur le partenariat bilatéral des deux pays sur le plan économique, commercial, culturel et humanitaire. La lutte commune contre le terrorisme et son financement était elle aussi au menu.

Avant de se rendre dans la capitale russe, le président de l’Equateur a visité Saint-Pétersbourg où il a notamment rencontré le gouverneur de la ville Gueorgui Poltavtchenko. A l’issue de son passage par la capitale des tsars, Rafael Correa a formulé un grand désir d’échanges entre les deux pays dans le domaine de l’enseignement et de la recherche. Quant à Moscou, le président Correa y a visité le centre de recherche et de développement Skolkovo, considéré comme la « Silicon Valley russe », ainsi que l’Université russe de l’Amitié des Peuples où le titre honorifique de docteur honoris causa lui a été attribué.

 Pour revenir à la partie diplomatique, les deux pays partagent des points de vus communs sur bon nombre de questions liées aux relations internationales, à la défense de la souveraineté et au respect du droit international. Les deux parties, aussi bien russe qu’équatorienne, ont jugé cette visite comme étant très fructueuse. « Nous avons eu une importante réunion à Moscou avec le président russe. Le président de la Russie est un homme politique très efficace,a déclaré Rafael Correa. Avant d’ajouter que les rencontres furent très productives et qu’elles se sont déroulées dans une atmosphère très positive ».

De notre côté, nous ne pouvons que souhaiter que cette alliance stratégique entre la Russie et l’Equateur, ainsi que l’Amérique latine en général puisse résister à toutes les tentatives des forces ennemies qui veulent y mettre fin, ou du moins tenter de la déstabiliser. Du moment que les Etats Sud-américains seront dirigés par des chefs d’Etats dignes et responsables comme Rafael Correa, nous avons toutes les raisons d’être optimistes. Souhaitons également que ce partenariat puisse devenir un exemple et une importante source d’inspiration pour d’autres, notamment pour les relations entre l’Afrique et la Russie.

http://french.ruvr.ru/2013_10_31/Rafael-Correa-en-Russie-une-visite-symbolique-9149/

Mikhail Gamandiy-Egorov