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«Les échanges entre l’Afrique et les BRICS sont projetés à 500 milliards de dollars en 2015»

«Les échanges entre l’Afrique et les BRICS sont projetés à 500 milliards de dollars en 2015»

Selon le Haut-commissaire de l’Inde au Cameroun, A. R. Ghanashyam, les échanges commerciaux entre l’Afrique et les pays membres du groupe des BRICS (Brésil, Russie, Inde, et ) «ont plus rapidement cru au cours de ces dernières années, que les échanges entre le continent noir et toutes les autres régions du monde», a-t-il révélé dans une interview accordée le 1er septembre 2014 au Quotidien gouvernemental camerounais, Cameroon Tribune.

Pour preuve, soutient le diplomate indien dont la mission diplomatique s’étend au , au Bénin et au Tchad, ces échanges Afrique-BRICS«ont doublé entre 2007 et 2012, pour se situer à 340 milliards de dollars cette année-là, et sont projetés à 500 milliards de dollars en 2015». «Le succès des BRICS dans la promotion de la croissance économique inclusive, la création des emplois et la structuration du secteur de la transformation locale des produits, afin de lutter contre la et les inégalités, ont apporté beaucoup d’enseignements aux pays africains», indique-t-il, pour justifier cet intérêt croissant des Africains pour les BRICS en matière de coopération économique.

A. R. Ghanashyam prédit d’ailleurs un dynamisme plus accru de cette coopération économique entre les BRICS et les Etats africains, avec l’entrée en activité prochaine des (une de développement et un fonds) récemment créées par ce groupe constitué de pays émergents.

Pour rappel, la banque de développement et le Fonds des BRICS veulent notamment être une alternative à la , mais aussi au Fonds monétaire international ().  La capitalisation de cette banque a été fixée dans un premier temps à 10 milliards de dollars de liquidités sur sept ans, équitablement répartis entre les pays fondateurs, et 40 milliards de dollars de garanties. Cette somme sera progressivement portée à 100 milliards de dollars et la banque pourra commencer à prêter en 2016.

Agence Ecofin

http://reseauinternational.net/les-echanges-lafrique-les-brics-projetes-500-milliards-dollars-en-2015/

« La vérité finira par triompher ! ». Entretien avec François Mattei (Partie 2)

« La vérité finira par triompher ! ». Entretien avec François Mattei (Partie 2)

Suite de la première partie de l’entretien.

LVdlR : Dans votre livre écrit en collaboration avec M. Gbagbo, on le retrouve dire que la « vérité finira par triompher »… Comment le président Gbagbo entrevoit-il son avenir, celui de ses proches et de la Côte d’Ivoire ? Et qu’en pensez-vous ?

F.M. : Moi, je suis très inquiet pour la Côte d’Ivoire parce que je pense qu’elle est aux mains de gens peu fiables. Des gens qui sont venus au pouvoir par les armes. Qui continuent à maintenir leurs positions par les armes. M. Ouattara ne peut rien faire contre ces gens qui l’ont ramené au pouvoir et qui sont pour la plupart analphabètes. Ils sont très nombreux. On retrouve notamment un commis de cuisine devenu préfet, c’est formidable… M. Soro, président de l’Assemblée nationale, qui a été également Premier ministre, n’est autre qu’un chef de guerre. Qui a été en outre désigné par un bon nombre de rapports à une certaine époque comme responsable de crimes de guerre et qui se retrouve aujourd’hui sous immunité parlementaire. Il guette le pouvoir comme M. Bakayoko, qui est le ministre de l’Intérieur. Et à la base, ils sont tous chefs de milices armées, qu’ils continuent chacun de diriger. Et ils se guettent tous du coin de l’œil en attendant que M. Ouattara, qui est bien malade, disparaisse de la scène politique. Tout cela est assez inquiétant. Le seul qui pouvait dégager un consensus c’est Laurent Gbagbo. On n’en a pas voulu. Ce qui se passe désormais c’est qu’il va passer en procès. Et il faut pour cela situer deux choses : le 3 juin 2013, la Cour pénale internationale avait dit qu’il n’y avait aucune charge retenue contre lui. Quelques mois plus tard, il y a toutes les charges retenues. Il se trouve que pour avoir étudié le dossier, il n’y a rien de nouveau. Que tout le monde le sache, il n’y a absolument rien de nouveau. Donc on voit bien qu’il s’agit d’une décision politique. Parce qu’en 2015 il y a l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire et on ne veut pas que Gbagbo soit libre. Et que l’objectif est de le maintenir le plus longtemps possible hors du jeu politique et afin qu’il n’y ait plus de possibilité pour lui de revenir. La vérité sortira tout de même. Et je pense qu’avec elle ce sera le procès de la CPI et non pas de Laurent Gbagbo. Qu’est-ce que représente la CPI sinon une institution, je dis bien une institution et non pas une juridiction, qui sert des intérêts particuliers ? Le dossier contre M. Gbagbo a été fabriqué à Paris et à Abidjan par le pouvoir actuel. Ce dernier ayant énormément de choses à se reprocher. Les seuls actes réellement génocidaires ont été commis par le pouvoir actuel ou en tout cas par les gens qui le soutenaient. Et aucun d’entre eux ne se retrouve aujourd’hui à la CPI. Donc on s’aperçoit bien que c’est une institution qui n’est pas respectable et qu’il convient de ne pas respecter. Le problème c’est que M. Gbagbo y est. J’allais dire qu’on attend avec impatience le procès parce que M. Gbagbo aura la possibilité de parler au monde. Et j’espère que cela sera retransmis partout. Et dans ce cas-ci, la CPI s’écroulera.

Quant à M. Gbagbo lui-même, il reste optimiste. Il sait parfaitement ce qui s’est passé. Pour résumer : étant donné qu’il y avait un litige électoral, c’est-à-dire deux présidents, lui a demandé qu’on recompte les voix sous l’égide d’une commission internationale. Cela a été refusé. Pourtant lorsqu’on sait qu’on a gagné, on ne devrait pas avoir peur du recomptage des voix. D’autant plus que c’est un usage absolument courant. On l’a vu aux Etats-Unis dans le cas de Bush et Gore. On l’a vu avec l’UMP en France, où pour la présidence d’un parti politique il y a eu une comédie tragique durant des mois. Autre exemple encore : Haïti, où cela s’est très bien passé : celui qui était arrivé au départ troisième est devenu après recomptage président de la république car il y avait eu des comptes mal faits au départ. Donc au lieu de faire des morts et de faire la guerre, car en Côte d’Ivoire faut le rappeler il y a eu beaucoup de morts, il aurait fallu tout simplement recompter les voix. Pourtant c’est l’option de la guerre qui été choisie au lieu de faire un recomptage qui aurait économisé énormément de vies humaines. Laurent Gbagbo s’est maintenu au pouvoir car il a été élu. Il a donc continué d’exercer, aussi bien en ce qui concerne ses prérogatives économiques que militaires, en défendant le pays. C’est ce qu’on lui reproche aujourd’hui. On lui reproche en fait d’avoir continué à gouverner alors que ladite communauté internationale estime qu’il était battu aux élections. Et dernière chose encore : je ne sais pas où a-t-on lu et décidé que c’était la communauté internationale ou quiconque qui décidait de l’élection d’un président de la république d’un pays souverain. Logiquement, c’est le peuple du pays en question qui il me semble doit choisir son avenir. La communauté internationale a peut-être un rôle mais elle ne peut agir qu’en respectant la souveraineté d’un Etat et du libre choix de son peuple à la suite d’une élection démocratique. C’est ce que Laurent Gbagbo va défendre et là-dessus il est tout à fait tranquille. Concernant l’avenir de la Côte d’Ivoire, il est très inquiet car il pense qu’aujourd’hui il n’y a plus de démocratie en Côte d’Ivoire. Pour vous dire, un très grand nombre de marchés se font aujourd’hui de gré à gré alors qu’on dit que M. Ouattara est un grand économiste. Peut-être. En tout cas, aucune des règles normales dans ce domaine n’est respectée, ni appliquée. La Côte d’Ivoire, curieusement, va mal alors que la guerre est finie. On a reproché son bilan à Gbagbo alors qu’il se trouvait en état de guerre avec la moitié du pays occupé. Et le bilan était malgré tout cela très loin d’être mauvais. Je peux le démontrer. Quant à aujourd’hui, il y a une chute des ressources pétrolières, ainsi que des ressources du cacao. Ca va très mal. Pourquoi ? Car il y a beaucoup de détournements. Ce n’est pas qu’il y a moins de cacao et de pétrole. Simplement il y a énormément de gens qui font du « business ». Parmi eux, un grand nombre de politiciens français. Notamment M. Guéant qui était ministre de l’Intérieur, ainsi que son gendre qui s’occupe notamment de la privatisation des banques là-bas. Ils font tous de très grosses affaires. La Côte d’Ivoire est devenue aujourd’hui un comptoir. Ce n’est plus un Etat mais bien un comptoir ouvert aux quatre vents du libéralisme sauvage.

LVdlR : Croyez-vous qu’un jour les responsables de la rébellion armée en Côte d’Ivoire, ainsi que ceux ayant commis des crimes depuis 2002, puissent se retrouver devant la justice, nationale ou internationale ? Ou alors, pensez-vous que leurs mentors occidentaux ne le permettront jamais ?

F.M. : Je pense qu’ils ne le permettront jamais. Et puis c’est déjà trop tard. Il est évident que si on veut faire un procès et la mise à plat de tout ce qui s’est passé là-bas, il faut envoyer à la CPI M. Soro. Et pourquoi pas M. Ouattara ? Tous ces gens-là ont organisé une rébellion sauvage. Il y a eu des centaines de milliers de morts, des villages rasés. Des massacres massifs. L’inaction de la CPI est absolument incompréhensible. Mais la communauté internationale est piégée dans sa posture parce qu’elle a soutenu ces gens-là. La vérité, elle, sera connue. Mais en ce qui concerne la probabilité qu’il y ait des sanctions à l’encontre des responsables de ces crimes, je pense qu’il y a très peu de chances.

LVdlR : Selon vous, la CPI ne s’est-elle pas définitivement discréditée en confirmant les charges contre Laurent Gbagbo et en faisant toujours la sourde oreille quant à la responsabilité de crimes massifs commis par les rebelles soutenus par le gouvernement français ?

F.M. : A mes yeux, oui. Et aux yeux de beaucoup de Français qui heureusement commencent à se réveiller. Y compris grâce aux débats qu’il y a eu à la CPI, beaucoup de gens commencent à voir clairement que sous l’habillage juridique, on voit apparaitre des intérêts clairement politiques, militaires et économiques. Je crois que la vérité va sortir. Beaucoup de gens commencent à réagir différemment, comparé à même deux ou trois ans auparavant. Et si les gens s’aperçoivent qu’ils ont été à ce point trompés, cela risque d’être violent. C’est ainsi en France, on se réveille tous les 20 ans. J’ai confiance en les gens de mon pays. Ce secret de la Françafrique, cette sinistre comédie mais qui rapporte énormément à l’Etat français, qu’on essayait de garder si longtemps s’ouvre aujourd’hui au grand jour. Et maintenant que les citoyens commencent à comprendre sur le fond pourquoi on joue avec les chefs d’Etats en Afrique comme avec des pions sur un échiquier, je crois qu’il y aura une réaction salutaire en France. Vous savez il y a un ancien ambassadeur de France, M. Gildas Le Lidec, qui vient de publier un livre « De Phnom Penh à Abidjan », qui mentionne justement la période où il était ambassadeur de France en Côte d’Ivoire, à l’époque de Laurent Gbagbo. Et il y raconte des choses formidables pour dire qu’on n’a jamais laissé une chance à Gbagbo et que la France n’en voulait tout simplement pas. Et que même le chef de guerre Soro a voulu l’étrangler. Il parle donc de toutes ces choses comme un témoin direct.

LVdlR : Merci M. Mattei d’avoir répondu à nos questions ! Bonne continuation à vous !

F.M. : Merci !

http://french.ruvr.ru/2014_07_02/La-verite-finira-par-triompher-Entretien-avec-Francois-Mattei-Partie-2-9850/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Ukraine/Accord de Genève : mensonges et hypocrisie occidentale

Ukraine/Accord de Genève : mensonges et hypocrisie occidentale

L’histoire se répète une fois de plus. Laquelle ? Celle qui confirme qu’on ne peut aucunement faire confiance aux élites politiques occidentales, surtout lorsque cela concerne l’élite étasunienne.

On a beaucoup parlé de l’Accord de Genève qui faisait la une depuis la semaine dernière et ces derniers jours. Cet accord prévoyait entre autres le désarmement de tous les groupes paramilitaires illégaux et l’évacuation des bâtiments occupés par ces groupes, et ce dans toutes les villes ukrainiennes.

Dès la signature dudit accord, l’Occident politique et leurs acolytes putschistes à Kiev ont immédiatement réclamé le désarmement des unités d’autodéfense des régions du Sud-Est, en oubliant par la même occasion la nécessité (d’abord) de désarmer leurs groupes extrémistes (à Kiev et dans l’Ouest du pays), par qui tous les problèmes sont arrivés.

En effet et mis à part le fait d’être une création pure et simple des élites étasuniennes, le chaos qui prédomine aujourd’hui sur le territoire ukrainien est dû à la présence de ces groupes extrémistes armés, ouvertement néo-nazis et ultra-nationalistes, formés et contrôlés par la CIA & Co. Aussi bien à Kiev que dans l’Ouest du pays. A la demande légitime de les désarmer, en conformité totale avec l’Accord signé à Genève, les pseudo-autorités kiéviennes ont répliqué que le désarmement ne les concernait pas et que le Maïdan continuerait à être contrôlé par ces groupes.

Très originale comme approche, comme toute la politique occidentale d’ailleurs. Ces groupes armés qui menacent ouvertement (comme ils l’ont fait pour la Crimée) les régions du Sud-Est, qui constituent le noyau dur « sécuritaire » du pouvoir putschiste en place et qui ne cachent guère leur haine pour leurs « compatriotes » à l’Est et au Sud du pays, garderont donc les armes. Et les unités d’autodéfense des régions insoumises ouvertement menacées doivent-elles les déposer ? Au moment où les menaces envers les civils de ces régions affluent quotidiennement ?

On sait que la politique étasunienne et plus généralement occidentale est souvent sans logique véritable (surtout lorsque leurs plans malsains ne se sont pas déroulés comme prévu). On connait également leur « professionnalisme » consistant à semer le chaos partout où ils peuvent, y compris en s’alliant avec des extrémistes et des terroristes. Mais n’ont-ils pas compris encore que la Russie ne se laissera pas faire ? Si tel est le cas, leur chute ne fera que s’accélérer.

Pour revenir à ces groupes extrémistes, on peut comprendre aussi pourquoi leur désarmement pose autant problème, aussi bien à Kiev qu’en Occident. Constituant le noyau dur du putsch de Maïdan et occupant les postes clés dans le domaine sécuritaire actuel, à l’heure où de plus en plus de représentants ukrainiens des forces armées et services spéciaux refusent d’appliquer les ordres criminels du nouveau pouvoir, voire passent ouvertement du côté des manifestants du Sud-Est, les groupes néo-nazis ukrainiens assurent, eux, la mainmise sur le pouvoir, ne serait-ce que pour le moment…

Pour revenir aux USA, les politiciens étasuniens ne savent vraiment plus comment stopper leur maladresse évidente, notamment en reprenant le refrain menaçant. « La Russie paiera le prix fort si elle poursuit sa politique actuelle à l’égard de l’Ukraine »,a déclaré jeudi soir à Washington le secrétaire d’Etat John Kerry. Ne serait-il pas plus juste de dire que les USA paieront eux le prix fort s’ils poursuivent leur sale politique à l’égard de l’Ukraine, de la Syrie, du Venezuela et du monde entier ?

La porte-parole du Département d’Etat étasunien, Jen Psaki, tourne elle une fois de plus complètement au ridicule. A la question d’un journaliste américain si elle et surtout ses chefs disposaient de preuves et d’éléments concrets qui confirmeraient qu’il y a bel et bien l’intervention de la Russie dans les événements en Ukraine ou si tout n’était basé que sur ce que disent leurs « amis » à Kiev, elle a répondu : « Nous sommes entièrement sûrs de notre version des faits »…C’est vrai qu’en connaissant « l’exceptionnalisme » étasunien et de leur droit à « disposer de la vie des autres peuples » en leur apportant « la démocratie version US » (ou en d’autres termes le chaos, la destruction et la mort), ce genre de déclaration n’est nullement surprenante.

Le ministre russe des Affaire étrangères, Sergueï Lavrov, a de son côté déclaré que la Russie fait tout son possible pour obtenir une désescalade du conflit en Ukraine, tout en réitérant la nécessité urgente de respecter en intégralité l’accord qui a été signé la semaine dernière à Genève. Il a également rappelé la responsabilité des pays occidentaux à faire respecter les clauses de l’accord et non pas, comme c’est le cas actuellement, à attiser la tension en donnant le feu vert aux putschistes de Kiev d’utiliser la force armée contre leur propre peuple. Il a rappelé une fois encore que l’accord signé en Suisse prévoit le désarmement de tous les groupuscules clandestins sans exception, y compris ceux de l’extrême-droite ukrainienne.

Aujourd’hui et on le voit bien, tout n’était qu’une ruse supplémentaire de la part de nos pseudo-« partenaires » occidentaux. Pensant qu’ils sont les plus intelligents, ils espéraient voir le désarmement des unités d’autodéfense des régions du Sud-Est, pour permettre à leurs marionnettes extrémistes de massacrer les civils désarmés qui refusent de reconnaitre la junte putschiste de Kiev. Réalisant une fois de plus que leur « plan » n’a pas marché, ils reprennent la rhétorique des menaces à laquelle nous sommes déjà habitués.

Pendant ce temps, la résistance antifasciste des régions du Sud-Est ne faiblit aucunement mais au contraire ne fait que se renforcer. Et cela est très visible lorsqu’on voit le soutien populaire des habitants de ces régions, qui ont montré ouvertement de quel côté ils se trouvaient. Même certains principaux médias occidentaux finissent par l’avouer. Comme l’a bien dit Lavrov aujourd’hui durant la conférence de presse qui a suivi le Forum des jeunes diplomates de la CEI, « Il est grand temps pour l’Occident de comprendre qu’il n’a pas le monopole de la vérité. A l’heure d’aujourd’hui, il n’est plus possible de cacher la vérité ».

Au vu des dernières déclarations, les putschistes de Kiev via leurs soutiens externes, eux, comptent reprendre leurs actions pour le contrôle des régions insoumises par la force armée et la violence. La Russie, elle, observe pour l’instant tout en espérant que les fous de la guerre se garderont de dépasser la ligne rouge une fois de plus. A notre niveau, il est aujourd’hui plus clair que jamais qu’il est tout simplement impossible d’avoir ne serait-ce qu’un minimum de confiance envers l’élite politique occidentale. Toutes les mesures nécessaires seront prises en conséquence. Enough is enough !

http://french.ruvr.ru/news/2014_04_27/Ukraine-Accord-de-Geneve-mensonges-et-hypocrisie-occidentale-0029/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

En mémoire de Thomas Sankara, le Che Guevara africain

En mémoire de Thomas Sankara, le Che Guevara africain

Il y a bientôt 26 ans était assassiné le « père de la révolution burkinabé », Thomas Isidore Noël Sankara. Un des plus grands dirigeants d’Afrique. En plus d’être un vrai révolutionnaire, Thomas Sankara était aussi et surtout un grand visionnaire, aussi bien pour sa nation que pour toute l’Afrique.

 Né en 1949 dans la Haute-Volta (nom que portait le pays durant la colonisation) dans une famille catholique, il opte pour une carrière militaire. Il suivra une formation d’officier à l’Ecole militaire inter-armée (EMIA) de Yaoundé, au Cameroun, puis à l’Académie militaire d’Antsirabe, à Madagascar. Il devient en 1976 commandant du Centre national d’entrainement commando (CNEC).

 Il sera nommé secrétaire d’Etat à l’information en septembre 1981, dans le gouvernement du colonel Saye Zerbo. Mais moins d’un an plus tard, il démissionnera en déclarant : « Malheur à ceux qui bâillonnent le peuple ! ». Il deviendra Premier ministre en janvier 1983 dans le gouvernement du médecin militaire Jean-Baptiste Ouédraogo (arrivé au pouvoir à la suite d’un putsch). Pourtant, quelques mois plus tard, il est limogé et mis aux arrêts après une visite dans le pays de Guy Penne, franc-maçon et conseiller de François Mitterrand pour les affaires africaines. Selon plusieurs sources, le limogeage et l’arrestation de Sankara n’étaient pas liés au hasard mais bien l’œuvre d’une intervention française en raison des idées progressistes de Thomas Sankara qui déplaisaient beaucoup à l’ancienne métropole coloniale.

 Le 4 août 1983, un nouveau coup d’Etat place Thomas Sankara (déjà très populaire au sein de la population) à la tête du pays. Il forme dès lors le Conseil national de la Révolution (CNR) et définit son programme politique dans la lignée anti-impérialiste. Il change le nom du pays qui devient le Burkina-Faso, signifiant « la patrie des hommes intègres ». Il devient également l’un des principaux leaders du Mouvement des non-alignés bien qu’il sympathise ouvertement avec l’URSS (où il se rendit notamment en 1986). Il dénoncera fermement le colonialisme et le néo-colonialisme, notamment de la France, ainsi que les régimes africains servant les intérêts néocoloniaux (« les régimes clients »). Souhaitant à tout prix redonner le pouvoir au peuple, il créera durant sa présidence les Comités de défense de la révolution (CDR) qui permettront la participation de tous les citoyens aux prises de décision.

 Cette politique de démocratie participative a permis de réduire considérablement des fléaux tels que la malnutrition, le manque d’eau (grâce à la construction massive de puits et retenues d’eau). Sa politique de « vaccinations commandos » a quant à elle permit de diminuer la propagation des maladies. Sans oublier la lutte contre l’analphabétisme, dont les résultats ont plus que convaincants (diminution de près de 20%). Par ailleurs, Thomas Sankara contribuera grandement à l’émancipation de la femme burkinabé, voulant à tout prix une place égale pour elle dans la société. Il luttera avec succès contre le tribalisme féodal et la désertification, combattra très efficacement la corruption et améliora l’agriculture. Autre fait majeur : il sera le seul président africain et un des rares au monde à vendre toutes les luxueuses voitures de fonctions de l’Etat afin de les remplacer par de modestes et basiques Renault 5. Il réduira les salaires des fonctionnaires dont le sien (dont une partie importante était destiné aux projets publics et aux œuvres caritatives). Lors de ses déplacements à l’étranger, il voyagera toujours avec ses collaborateurs en classe touriste.

 Le problème est que malgré toutes ses réalisations pour son peuple et étant un vrai modèle pour les autres nations africaines, Sankara gênait considérablement les intérêts impérialistes. Il sera assassiné le 15 octobre 1987 lors d’un coup d’Etat organisé par un certain Blaise Compaoré, que Sankara considérait pourtant comme son propre frère, et qui prendra le pouvoir pour le monopoliser jusqu’à aujourd’hui, étant par la même occasion un des meilleurs agents du système mafieux de la Françafrique et un des acteurs principaux de la crise actuelle en Côte d’Ivoire.

 A l’image de Patrice Lumumba en République démocratique du Congo, Thomas Sankara est et restera un martyr africain et un combattant acharné pour la justice. Autre point qui les rassemble : ils ont été tous deux assassinés par des pantins locaux sous les ordres et avec la complicité de forces extérieurs. En effet et selon plusieurs sources, dont le journaliste d’investigation italien Silvestro Montanaro qui a réalisé un célèbre film sur l’assassinat de Thomas Sankara (« Ombres africaines ») et a interviewé plusieurs personnalités influentes de l’époque, dont les proches de l’ex-président libérien Charles Taylor, qui affirment avec assurance l’implication de la CIA et des services secrets français dans cet assassinat. Peu surprenant, à dire vrai. De grands leaders progressistes inspirant leurs nations et même leurs continents finissent souvent soit assassinés, soit dans des geôles de ceux qui affirment « défendre la démocratie et les droits de l’homme partout et toujours »…

 Une semaine avant son assassinat, Thomas Sankara avait déclaré : « On peut tuer un homme, mais on ne peut pas tuer ses idées ».C’est ce que les assassins oublient trop souvent, de même qu’une autre chose : les héros ne meurent jamais. Surtout dans les cœurs des millions d’hommes et femmes qui chérissent et continueront de chérir celui qui s’est toujours battu pour leurs droits. Quant à son combat, d’autres s’en inspireront et poursuivront certainement la lutte.

 « Ceux qui veulent exploiter l’Afrique sont les mêmes qui exploitent l’Europe ! »

 « Tuez Sankara, des milliers de Sankara naîtront ! »

 « Le système néocolonial tremble quand le peuple devenu maître de sa destinée veut rendre sa justice ! »

 Thomas Sankara

http://french.ruvr.ru/2013_09_29/En-memoire-de-Thomas-Sankara-le-Che-Guevara-africain-3200/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Syrie, nouveau mensonge

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Evidemment, rien de surprenant. Les récents succès de l’armée arabe syrienne sur le terrain ne pouvaient laisser inactifs les principaux acteurs et manipulateurs de ce conflit. Maintenant c’est officiel : Washington accuse Damas d’utilisation d’armes chimiques et prévoit d’augmenter le volume (déjà énorme), ainsi que le type d’armes qu’il livre aux « rebelles syriens ». Quelqu’un est-il surpris ?

Il fallait bien s’y attendre. Le scénario d’une nouvelle manipulation devait bien finir par arriver et être mis en oeuvre. Maintenant, c’est chose faite. Le problème ? Manque d’originalité. Surtout lorsqu’on se souvient encore du mensonge qui a permis l’intervention meurtrière en Irak. Une intervention, pour rappel, aux conséquences catastrophiques et chaotiques, qui se font ressentir toujours aujourd’hui, sans oublier qu’elle fut condamnée par la majorité de la communauté internationale à l’époque, notamment au niveau de l’ONU. Et pourtant, une intervention qui a bien eu lieu, sans qu’aucune arme de destruction massive ait été trouvée en Irak (raison principale avancée pour cette guerre par l’administration Bush de l’époque).

Le scénario est-il en train de se répéter en Syrie ? Reste à espérer que non, même si certains signes ne sont pas trompeurs. Evidemment, cette dernière mise en scène occidentale n’est en rien surprenante compte tenu des succès de l’armée gouvernementale syrienne face aux « rebelles » activement financés, armés et soutenus par les Etats-Unis et leurs satellites. Ces derniers savent parfaitement qu’un fiasco en Syrie mettrait à mal toutes leurs visées impérialistes et feraient véritablement revivre toutes les forces résistantes dans le monde entier. Une défaite qu’ils veulent absolument éviter d’avoir à accepter, y compris au prix de si nombreuses vies humaines. Rien d’étonnant donc dans cette nouvelle tentative de manipuler l’opinion mondiale en accusant le gouvernement de Damas d’utiliser des armes chimiques. Chose bizarre : Carla Del Ponte, membre de la Commission d’enquête indépendante des Nations Unies sur la Syrie avait accusé les rebelles « syriens », ou plutôt l’ISOS (l’internationale salafiste opérant en Syrie), de faire usage de gaz sarin. Sans oublier les nombreuses interceptions de communications des terroristes où les chefs de ces derniers donnent clairement des ordres à leurs combattants de mettre des masques à gaz au moment d’attaques chimiques qu’ils disent mener contre « les chiens de Bachar » ou encore l’interception à la frontière turco-syrienne de rebelles en possession de ce fameux gaz sarin.

Néanmoins, et malgré ce nouveau mensonge de Washington, il y a encore de quoi être optimiste. Notamment en ce qui concerne la mise en place potentielle d’une zone d’exclusion aérienne, à l’image de l’intervention en Libye. Comme l’avoue Ben Rhodes en personne, le conseiller adjoint de sécurité nationale de Barack Obama : « C’est extraordinairement plus difficile, dangereux et coûteux en Syrie. En Libye, il existait une situation dans laquelle l’opposition contrôlait d’énormes morceaux du pays, et l’on pouvait les protéger depuis l’espace aérien ».En ajoutant que : « la Libye ne possédait pas les mêmes systèmes de défense aérienne que ceux qui existent en Syrie »…Il est vrai que depuis les récentes arrivées du système russe de défense anti-missile S300 en Syrie, les avions israéliens, américains, qataris et autres n’ont pas trop intérêt à s’aventurer dans le ciel syrien.

La Russie a quant à elle déclaré que les accusations de Washington ne reposaient sur rien. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a par ailleurs indiqué que « les preuves du soi-disant usage d’armes chimiques par l’armée gouvernementale syrienne, en l’occurrence de gaz sarin, ne correspondent pas aux exigences de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ».D’autre part, Sergueï Lavrov a ajouté qu’il « considère illogique l’usage de telles armes par les troupes de Bachar Al-Assad à un moment où ils sont en train de triompher sur les rebelles».

Reste à souhaiter que ce nouveau mensonge de Washington (sans oublier ses satellites) ne soit pas un ultime prétexte à nos accros de la guerre pour une intervention directe afin de sauver leur amis terroristes (ces mêmes qu’ils disent combattre en Afghanistan et au Mali) et de plonger, comme ils ont l’habitude, dans un chaos total un pays qui est de plus en plus près d’en finir avec ces groupes criminels.

Mikhail Gamandiy-Egorov