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Les USA incapables d’assumer toute concurrence internationale

La réalité multipolaire du monde actuel a, entre autres, eu un mérite indéniable. Celui de mettre au grand jour la pleine incapacité des USA à assumer une concurrence digne de ce nom à l’international. Au-delà des sphères politico-diplomatique, géopolitique ou militaire, le gendarme autoproclamé est également incapable d’accepter une véritable concurrence dans le domaine économique.

Lorsque Washington est dans l’incapacité à détruire pleinement la souveraineté de certains pays, il se lance néanmoins dans un véritable Far-West en vue de lui voler ses ressources naturelles. Car à défaut de pouvoir en prendre un contrôle intégral, le vol peut néanmoins être partiel. Comme cela se fait d’ailleurs aujourd’hui, dans une partie de la Syrie.

A défaut de pouvoir en prendre un quelconque contrôle en vue d’un pillage des dites ressources, l’establishment étasunien engage des sanctions visant soit à asphyxier les économies des Etats indépendants (Iran, Venezuela notamment) ou à faire en sorte de limiter fortement la commercialisation des produits de ses concurrents géopolitiques et géoéconomiques. Cela est d’ailleurs pleinement visible dans les cas de la Chine ou de la Russie.

Les exemples sont multiples. Dans le cas concernant Pékin, les attaques étasuniennes visent plusieurs compagnies chinoises de grande envergure à l’international, notamment du domaine high-tech – un domaine dans lequel les Etats-Unis n’imaginaient probablement pas d’avoir une concurrence digne de ce nom à l’époque de l’ère unipolaire aujourd’hui révolue. Parmi elles Huawei ou un exemple encore plus récent ByteDance et son réseau social TikTok.

Bien souvent en utilisant effectivement des accusations farfelues – comme le fait d’une prétendue collecte d’informations par les autorités chinoises sur les utilisateurs, en oubliant presque toujours de rappeler comment les grandes et moyennes compagnies US collectent justement toutes les informations possibles et confidentielles au niveau mondial, bien souvent en collaboration avec les services secrets étasuniens.

Dans le cas de la Russie, les exemples ne manquent guère aussi. Que ce soit les menaces de sanctions visant les clients de Moscou dans le secteur de l’armement – allant même à menacer ses propres alliés, comme c’est le cas avec la Turquie dans le cas de l’acquisition du système des S-400. Ou dans le secteur énergétique, où Washington menace là aussi ses propres alliés européens, en souhaitant à tout prix imposer ses propres livraisons de gaz et de pétrole – même si cela coûtera sérieusement plus cher aux consommateurs des pays d’Europe, et que la logistique de ces livraisons étasuniennes sera bien plus complexe que celle arrivant via la puissance eurasienne. Le high-tech russe, à l’instar du chinois, n’est lui aussi pas épargné. L’exemple du géant russe d’édition d’antivirus Kaspersky fut également fort révélateur.

Le souci pour Washington et c’est d’ailleurs ce qu’il n’arrive toujours pas à comprendre, c’est que ces attaques visant les intérêts aussi bien de la Chine, de la Russie et d’autres pays – auront forcément un effet boomerang, sans pour autant que le seul et unique objectif recherché par l’élite US puisse être atteint, à savoir casser toute concurrence possible. Car si des compagnies comme Huawei ou Kaspersky sont aujourd’hui si performantes au niveau mondial, ce n’est pas des sanctions, intimidations ou pressions qui les feront disparaitre du marché international. Au contraire, dans un certain sens on peut même parler d’un coup de pouce publicitaire supplémentaire pour la commercialisation des produits des dites entreprises, ou d’autres.

D’autre part et Washington doit en prendre sérieusement note – les ripostes éventuelles des puissances rivales se feront parfaitement ressentir pour les compagnies étasuniennes, y compris les plus grandes, avec au final des pertes ou des limitations de marchés, pouvant se comptabiliser en centaines de millions, voire en milliards, de consommateurs. Plus que cela et au-delà des adversaires géopolitiques déclarés, les USA risquent de voir arriver des réponses y compris de la part de leurs alliés, notamment européens, qui ne pourront probablement pas indéfiniment accepter des rôles de sous-traitants, devant suivre à la lettre les prérogatives washingtoniennes. Et si cela devait arriver en complément des mesures de réponses émanant des partisans de la multipolarité, la chute ne sera qu’accélérée.

Quant au vol pur et simple des ressources naturelles d’autres pays, la résistance des peuples concernés fera certainement en sorte que les USA plieront, à un moment ou un autre, bagage. D’ailleurs et pour rappel aussi, si Washington a limité aujourd’hui les agressions militaires ouvertes contre des Etats souverains, ce n’est pas tant due à l’amabilité étasunienne, mais tout simplement à la compréhension des capacités de riposte actuelles pouvant viser de telles agressions. Au moins quelque chose que l’establishment US comprend.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Axe Pékin-Moscou-Téhéran plus que jamais renforcé?

Au vu des événements en cours sur l’arène géopolitique mondiale, avec notamment des pressions de plus en plus poussées de la part du camp atlantiste vis-à-vis des partisans de l’ordre multipolaire, et malgré cela la poursuite du renforcement indéniable de ces derniers, le plein établissement de l’axe des pays partisans de la souveraineté et de la multipolarité semble instoppable.

Effectivement et alors que Moscou, Pékin et Téhéran sont clairement reconnus comme étant les principaux adversaires géopolitiques de Washington, avec des pressions politico-diplomatiques, économiques, sécuritaires constamment grandissantes, les trois nations ne font que renforcer de plus en plus leur interaction – aussi bien dans le cadre bilatéral, que trilatéral.

Entre la Chine et la Russie, les relations bilatérales n’ont probablement jamais été à un tel niveau de confiance mutuelle dans l’histoire contemporaine. Les deux géants se soutiennent mutuellement, et pratiquement de façon permanente, au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU, dont ils sont tous deux des membres permanents. Les échanges économico-commerciaux ne cessent de grandir et ont déjà atteint un niveau stratégique: plus de 110 milliards d’équivalent de dollars en 2019, avec un objectif annoncé d’atteindre et dépasser le plus rapidement possible le cap de 200 milliards d’échanges. Pour Moscou, Pékin est désormais le principal partenaire économico-commercial, contrastant clairement avec les années post-soviétiques lorsque la Russie regardait du côté occidental, et plus particulièrement européen. L’interaction militaro-sécuritaire sino-russe ne nécessite pas non plus de présentation supplémentaire – les deux pays menant régulièrement des exercices militaires conjoints (aussi bien terrestres que navals) – et ce sur le plan bilatéral, que dans le cadre d’organisations internationales comme les BRICS ou l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

De façon générale et malgré les tentatives voilées et non-voilées de la part du camp occidental, étasunien comme européen, de saper l’alliance sino-russe, rien jusqu’à maintenant ne semble permettre d’atteindre, ne serait-ce qu’en partie, ce but.

En ce qui concerne l’interaction sino-iranienne, elle semble désormais elle aussi prendre la tournure d’une véritable alliance stratégique. Surtout au regard des développements récents. L’accord de coopération stratégique, qui devra être conclu prochainement entre les deux pays en représente une preuve supplémentaire. Surtout au vu des secteurs stratégiques que cet accord vise: l’économie et les 400 milliards d’équivalent de dollars d’investissements chinois en Iran sur une période de 25 ans, ainsi que la coopération militaro-sécuritaire, notamment dans l’organisation d’exercices militaires conjoints, des recherches conjointes, la mise au point d’armes et le partage de renseignements. Cela est d’autant plus particulièrement important que cette interaction casserait définitivement les tentatives US de vouloir faire isoler l’Iran et d’asphyxier son économie. Tout en renforçant le concept d’intégration dans le grand espace eurasien et le cadre multipolaire.

Quant à l’alliance Moscou-Téhéran, elle poursuit également son renforcement, et ce à plusieurs niveaux. Les deux pays ont activement interagi dans le cadre de la lutte antiterroriste en République arabe syrienne – étant d’ailleurs les deux seuls Etats se trouvant en Syrie sur une base légale. Cette interaction, en soutien à l’armée gouvernementale syrienne, a permis d’écraser les terroristes de Daech et d’Al-Qaida en terre syrienne et de permettre au gouvernement national de reprendre la grande partie de son territoire, sur lequel vit plus de 90% de la population syrienne.

Cela sans oublier les efforts diplomatiques conjoints, notamment dans le cadre du processus d’Astana sur la Syrie. De façon générale sur le plan politico-diplomatique, les deux pays partagent également une vision souvent similaire ou proche sur nombre de dossiers internationaux. Par ailleurs, Moscou comme d’ailleurs Pékin, est opposé au prolongement de l’embargo sur les armes à l’Iran, tellement voulu et promu par l’establishment étasunien. Une levée de l’embargo qui permettra incontestablement de renforcer encore plus l’interaction militaro-technique russo-iranienne.

Quant au triumvirat Pékin-Moscou-Téhéran, aussi bien dans le cadre d’actions conjointes au niveau de l’arène géopolitique mondiale, y compris dans le grand espace eurasien devenu fer de lance du renforcement de la multipolarité qu’au-delà de l’Eurasie (notamment en Amérique latine où les trois pays soutiennent activement le Venezuela face aux attaques US et plus généralement occidentales), que d’une alliance militaire qui fait tellement peur aux forces atlantistes. Déjà récemment, s’en alarmait le site Atlantico, justement sur l’établissement d’un triumvirat militaire sino-russo-iranien, avec «des implications sur l’équilibre des forces en présence au Moyen-Orient».

Ce qui est certain dans tous ces processus de renforcement de ladite alliance, c’est que ni Pékin, ni Moscou, ni Téhéran, ne prévoient d’en demander des autorisations auprès de pays qui pensent encore posséder l’exclusivité dans le déroulement des processus internationaux. La peur des élites occidentales et atlantistes est compréhensible dans le sens qu’une telle alliance, qui s’élargirait aux alliés respectifs des trois puissances, fermerait définitivement le débat sur la véritable notion de communauté internationale. Et ferait comprendre une bonne fois pour toute aux nostalgiques de l’unipolarité qu’il n’y a pas d’alternative au monde multipolaire devenu réalité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les projets d’intégration internationaux face aux défis des adversaires

Les grands projets d’intégration non-occidentaux augmentent en nombre, prennent une ampleur indiscutable, et renforcent la réalité multipolaire du monde. Mais la minorité qui s’y oppose compte bel et bien saper les dits efforts par tous les moyens. D’où l’importance d’une large collaboration internationale.

Les opposants à ces projets sont connus et ne sont que ceux qui, en étant une minorité au niveau mondial évidente, avaient pris l’habitude d’une domination politique et économique sans partage – probablement passé colonial oblige. Mais il est bien difficile pour eux aujourd’hui, malgré des instruments toujours puissants à leur disposition – les structures financières dans lesquelles l’Occident jouent les premiers rôles ou les médias mainstream – de pouvoir stopper et même ralentir les processus alternatifs déjà enclenchés.

Si la capacité de riposte militaire et la puissance coordonnée politico-diplomatique des pays partisans de l’ordre multipolaire constituent incontestablement des orientations qui font extrêmement peur aux élites atlantistes et pro-unipolaires, en raison de la perte d’influence à l’échelle géopolitique pour ces derniers, à l’heure actuelle il faut dire que l’aspect économique, ou plutôt géoéconomique, représente lui aussi une orientation de premier ordre. D’où les permanentes menaces de sanctions économiques, diverses pressions et limitations, lancées en direction des pays pleinement souverains et bien souvent sans aucune base logique ou légale, par ceux qui justement au fil de l’histoire humaine ne se sont toujours pas habitués à une concurrence loyale et honnête.

En ce sens, les grands projets d’intégration régionaux et continentaux, n’appartenant pas au monde occidental – sont aujourd’hui clairement dans le viseur des élites atlantistes de l’Occident. Et d’une certaine façon, connaissant la mentalité néocoloniale qui les caractérise, il est possible de comprendre pourquoi.

A titre d’exemples, si l’on prend les importants projets d’intégration se déroulant dans le grand espace eurasien et sur le plan international, chiffres à l’appui, la compréhension de la peur d’une extrême minorité devient relativement compréhensible. L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – représente à elle seule près de la moitié de la population terrestre, rassemblant par la même occasion le pays le plus peuplé (Chine) et le plus vaste (Russie). Mais ce n’est pas tout: les membres de l’OCS regroupent 20% des ressources mondiales de pétrole, 38% de gaz naturel, 30% de l’uranium et 40% de charbon. Cela sans compter que quatre des membres de l’organisation sont des puissances nucléaires (Russie, Chine, Inde, Pakistan).

Dans le cas de l’Union économique eurasiatique, il est question de 14% de la surface terrestre, un chiffre d’affaires du commerce extérieur avoisinant les 750 milliards d’équivalent de dollars, la cinquième place mondiale pour la production d’acier (65,8 millions de tonnes) et de charbon (557,1 millions de tonnes), la quatrième pour la production d’électricité (1288,1 milliards de kWh), la deuxième place mondiale pour la production de pétrole (653,2 millions de tonnes) et de gaz (795 milliards de mètres cubes). Ou encore la première place au monde en termes de production d’engrais potassiques (16 millions de tonnes en termes de nutriments à 100%).

Dans les cas des BRICS, dont la géographie des pays membres élargit le cadre eurasien, il est également question de près de la moitié de la population mondiale, plus d’un tiers du PIB au niveau global – qui ne cesse de croitre, sans oublier le fait que dans le Top 10 des principales économies du monde en termes de PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA) – quatre des cinq pays membres de l’organisation sont représentés (Chine, Inde, Russie, Brésil).

La constatation à faire donc dans l’analyse de ces chiffres et données est qu’au-delà des nombreux aspects d’interaction hors-économiques caractérisant les organisations citées, la puissance économique et énergétique représente incontestablement un défi de poids pour l’establishment occidental, en premier lieu étasunien. Et vu l’incapacité évidente de l’Occident à une concurrence loyale dans les échanges internationaux, la seule arme restante n’étant que les sanctions et menaces de toutes sortes. Le souci pour les initiateurs de ces pressions est qu’au final elles ne font que motiver encore plus les pays visés à aller de l’avant et renforcer l’interaction mutuelle.

D’autant plus qu’à l’instar des grands projets d’intégration eurasiens ou des BRICS, d’autres régions du monde regardent jalousement les acquis des cités. Notamment l’Amérique latine ou l’Afrique. D’ailleurs, il n’est pas surprenant que dans le cas de l’intégration africaine, ou plutôt panafricaine, y compris dans l’élargissement des échanges entre les pays du continent, on retrouvera les mêmes qui tenteront par tous les moyens de mettre des bâtons dans les roues des partisans d’une telle intégration, longtemps souhaitée par feu Mouammar Kadhafi. Mais du moment que les alliances des partisans de la multipolarité continueront de se forger, dans le cadre de la véritable communauté internationale – représentant ensemble la majorité de la population terrestre, il sera encore plus difficile aux nostalgiques de l’unipolarité de réussir à bloquer, et même à ralentir les dits processus.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Chine-Iran, l’accord du siècle?

Vraisemblablement la politique étasunienne visant à faire isoler l’Iran par tous les moyens n’aboutira pas. La détermination du leadership iranien dans sa résistance aux pressions économiques, politiques et militaires émanant de Washington et le soutien accordé à Téhéran par ses principaux alliés internationaux en sont pour beaucoup.

Depuis les derniers jours, de nombreux analystes discutent du très possible accord de coopération stratégique qui sera conclu entre Téhéran et Pékin, dont la négociation selon plusieurs sources a duré près d’une année. Cette discussion est fort active dans les médias mainstream. Le ton de ces commentaires est inquiet, et ce pour plusieurs raisons. Car au-delà d’un approfondissement de l’alliance sino-iranienne, et ce dans plusieurs secteurs clés, il y a aujourd’hui une compréhension de plus en plus certaine au niveau des élites occidentales que le monde multipolaire n’est pas un projet en préparation, mais bel et bien une réalité – avec laquelle il faudra compter, y compris pour eux-mêmes.

L’accord en question concerne en effet plusieurs domaines stratégiques. Sur le plan économique, il ouvrirait la voie à des milliards d’équivalent de dollars d’investissements chinois en faveur de l’Iran, dans l’énergie et d’autres secteurs, plus exactement il est question de 400 milliards de dollars d’investissements au total, sur une période de 25 ans. Sapant ainsi les efforts de l’administration US de faire isoler le gouvernement iranien et surtout ses tentatives à vouloir asphyxier l’économie iranienne.

A noter d’ailleurs qu’au-delà du chiffre plus qu’impressionnant du montant des investissements chinois, l’autre point fortement révélateur est la période de 25 ans, en d’autres termes un quart de siècle. Cela confirme une chose simple: l’alliance sino-iranienne équivaut à du long-terme.

«Deux anciennes cultures asiatiques, deux partenaires dans les secteurs du commerce, de l’économie, de la politique, de la culture et de la sécurité ayant des perspectives similaires et de nombreux intérêts bilatéraux et multilatéraux mutuels se considéreront mutuellement comme des partenaires stratégiques»,  indique la version finale du document de l’accord proposé de 18 pages, obtenu par le New York Times.

Si déjà l’aspect économique de l’accord se trouvant au stade final est si impressionnant, il n’empêche que l’alliance en question ne se limite pas uniquement à lui. En effet, l’aspect sécuritaire fait lui aussi partie des orientations prioritaires de l’interaction Pékin-Téhéran. Ledit document décrit l’approfondissement de la coopération militaire et appelle à une formation et à des exercices conjoints, à des recherches conjointes, à la mise au point d’armes et au partage de renseignements. Des orientations donc effectivement stratégiques, et lorsqu’on sait que les exercices conjoints ont déjà été organisés entre l’Iran, la Chine et la Russie, la nouvelle alliance militaire désormais confirmée se renforce considérablement.

«Comment la politique iranienne de Trump a jeté Téhéran dans les bras de Pékin», s’alarme de son côté Atlantico. Et note que: «Sur le plan géopolitique, le rapprochement avec l’Iran ouvre les portes de l’Irak à la Chine, autre territoire où elle pourra potentiellement remplir le vide laissé béant par les Américains. Plus important enfin, l’accord pose les termes d’un triumvirat militaire, essentiellement aérien et naval, entre l’Iran, la Chine mais également la Russie, ce qui aura nécessairement des implications sur l’équilibre des forces en présence au Moyen-Orient. En cas de signature de l’accord, d’ici début novembre, les bombardiers et avions de chasse sino-russes bénéficieront d’un accès total aux bases aériennes iraniennes, tandis que leurs navires pourront user librement des ports de Chabahar, Bandar-e-Bushehr et Bandar Abbas, développés par des compagnies chinoises. Chine et Russie fourniront également à l’Iran leurs meilleures compétences et matériels en matière de guerre électronique, un domaine où l’armée iranienne est déjà particulièrement aguerrie».

L’inquiétude du mainstream médiatique et plus généralement de l’establishment occidental va même jusqu’à parler d’isolement des USA. Mais les dits analystes occidentaux oublient une chose essentielle. Les alliances géopolitiques, géoéconomiques et géostratégiques qui se forment et se renforcent dans le monde multipolaire actuel, et notamment dans le grand espace eurasien, ne sont pas dues uniquement aux pressions et menaces exercées par l’establishment étasunien et plus généralement atlantiste, mais découlent d’une simple constatation de réalité et de logique: une infime minorité ne peut aucunement se proclamer être la communauté internationale.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La diplomatie militaire russe : un savoir-faire unique

Russie Syrie

Depuis l’intervention antiterroriste russe en Syrie, à la demande des autorités officielles de ce pays, la situation qui était extrêmement grave et dangereuse aussi bien pour la République arabe qu’au-delà de ses frontières a été bouleversée, et la colonne vertébrale des terroristes cassée. Mais les efforts des Forces armées russes en terre syrienne dépassent largement le cadre strictement militaire.

Si la puissance de feu et l’efficacité du contingent militaire russe en Syrie dans le cadre de la lutte contre les terroristes ne sont plus à démontrer, et ce aussi bien sur le plan humain que technique, il y a en effet nombre d’aspects qui méritent également une attention particulière. Notamment le travail intense en ce qui concerne l’organisation de négociations avec des groupes de l’opposition dite modérée, ou encore le soutien humanitaire à destination de la population syrienne.

En effet, on oublie bien souvent de le rappeler, mais le déroulement de ces négociations a permis d’éviter d’importantes pertes humaines, aussi bien dans le cadre des vies des militaires syriens, que des civils qui étaient bien souvent utilisés comme bouclier humain par les groupes armés. Le tout combiné à des actions militaires de grande envergure contre les terroristes déclarés – aussi bien affiliés à Daech qu’à Al-Qaida. Par ailleurs, bien de fois le savoir-faire de la diplomatie militaire russe a convaincu nombre de représentants de l’opposition armée à abandonner tout lien avec les groupes terroristes et à aller dans le sens de la réconciliation avec les autorités centrales du pays. Dans certains cas, certains de ces anciens opposants avaient même rejoint le rang des forces armées nationales de Syrie.

Ces actions ont permis de complètement inverser la tendance d’avant septembre 2015 – période à laquelle la nébuleuse terroriste de Daech ne cessait de prendre de nouveaux territoires et la menace planait même sur la capitale syrienne Damas. Le tout alors que la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis ne prenait aucune mesure ferme pour stopper cette avancée daechiste. Depuis, Daech a été écrasé. La grande partie du territoire national est revenue sous l’autorité du gouvernement syrien.

Une chose est aujourd’hui certaine – l’intervention des Forces armées russes en Syrie a été déterminante sur plusieurs fronts. Dans le cas des victoires militaires enregistrées sur le terrain, les négociations avec les représentants de l’opposition en vue de faciliter une réconciliation avec les autorités syriennes, un travail humanitaire sans relâche à destination des habitants (notamment en termes de livraisons de produits de première nécessité, ainsi que l’assistance médicale à travers l’ouverture de nombreux hôpitaux mobiles). Cela sans oublier les énormes efforts en vue de protéger le grand patrimoine culturel et civilisationnel de la Syrie, notamment lors des combats pour la libération de Palmyre, ainsi que lors des restaurations. Le travail des démineurs militaires russes dans les nombreuses zones ayant été libérées des terroristes, ne nécessite pas lui aussi une présentation supplémentaire. D’ailleurs et au-delà de leur travail prioritaire, les démineurs ont bien souvent aidé à rétablir l’approvisionnement en eau, ayant été détruit par les combats, et ont également foré des dizaines de puits artésiens pour alimenter la population en eau.

Le travail de la police militaire russe mérite une attention également particulière. Notamment dans le cadre de l’expérience unique de la diversité ethnico-religieuse russe, qui s’est parfaitement adaptée à la réalité sociétale syrienne. A ce titre, nombreux des représentants de ladite structure sont issus des républiques autonomes du Caucase russe, majoritairement musulmanes. La proximité religieuse entre ces représentants des Forces armées de la Russie et les habitants syriens a forgé une relation de confiance sans pareille.

De façon générale, ce travail de proximité avec toutes les couches de la population de Syrie, majoritaires comme minoritaires, la protection du patrimoine religieux, aussi bien chrétien que musulman, et culturel de la nation syrienne, ont fait que l’opération de l’armée russe en Syrie reste une source de grand optimisme pour les citoyens syriens, malgré les années de crise.

L’organe exécutif militaro-diplomatique russe en Syrie n’est autre que le Centre pour la réconciliation des parties en conflit et le monitoring des déplacements des réfugiés en République arabe syrienne. Ledit centre a été créé le 23 février 2016 sur ordre du ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou. Cet organe est directement subordonné à la Direction générale des opérations de l’état-major et interagit avec la Direction principale de la coopération internationale du ministère de la Défense de la Fédération de Russie. Le centre est déployé sur la base aérienne de Hmeimim (province de Lattaquié). Il faut évidemment rappeler aussi que le rôle principal dans la planification, la coordination et la mise en œuvre des tâches de la diplomatie militaire russe en République arabe syrienne est joué directement par le ministère russe de la Défense, avec à sa tête le général d’armée Sergueï Choïgou.

Le rôle du ministre de la Défense a été en effet crucial, que ce soit dans la planification de la lutte antiterroriste et des victoires enregistrées en coordination avec les forces gouvernementales syriennes et alliées, ou dans les cas de la coordination du travail des pourparlers sur le terrain, le soutien humanitaire à la population et le travail de proximité, la protection du patrimoine historico-civilisationnel syrien. Sans oublier les nombreux contacts et rencontres à l’international, notamment avec le président de la Syrie Bachar al-Assad, ainsi que des contacts réguliers avec les autorités des puissances régionales, notamment de l’Iran ou encore de l’Egypte.

L’opération multilatérale de la Russie en Syrie est indéniablement un succès. Car il s’agit en effet d’un exemple unique d’une opération militaire ayant en un espace de temps réduit permis d’écraser une nébuleuse terroriste qui comptabilisait plusieurs dizaines de milliers de combattants, en provenance de près d’une centaine de pays. Le tout dans le strict respect de la souveraineté de l’Etat ayant fait appel à la Russie dans une période critique pour son existence. Le tout en pratiquant en parallèle un important travail de soutien à la population sur le plan médical et de livraison des besoins élémentaires. Enfin, le rôle de la Russie dans la réconciliation et dans le fait que la Syrie ait réussi à sauvegarder du pillage et de la destruction la grande partie de ses richesses culturelles et historiques, sont indéniablement des acquis supplémentaires. Et c’est probablement pourquoi ce savoir-faire militaire, diplomatique et humanitaire russe fera sans aucun doute l’objet d’un vif intérêt à l’international.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pourparlers sur les armes nucléaires: la Chine énumère ses conditions

La République populaire de Chine s’est dite prête à prendre part aux pourparlers trilatéraux avec les Etats-Unis et la Russie sur la diminution des arsenaux nucléaires, à condition que Washington accepte de réduire son propre arsenal au niveau de Pékin.

Cette déclaration a été faite ce mercredi par le directeur du Département du contrôle des armements du ministère chinois des Affaires étrangères, Phu Tsun.

«Nous avons posé aux Etats-Unis la question suivante: lorsque vous demandez à la Chine de participer aux pourparlers tripartites, que voulez-vous dire spécifiquement? Il y a deux façons d’atteindre la parité dans ce domaine: soit la Chine augmentera son arsenal nucléaire au niveau des Etats-Unis, soit vous serez prêts à réduire le vôtre jusqu’à notre niveau actuel. Jusqu’à présent, les USA n’ont pas donné de réponse à cette question… Si les Etats-Unis se disent prêts à abaisser leur propre arsenal au niveau actuel de la Chine, alors nous serons heureux de nous joindre aux pourparlers le lendemain», a déclaré Phu Tsun lors d’un briefing.

Toujours selon le haut diplomate, «la Chine comprend que cela ne se produira pas». Il a par ailleurs ajouté que la République populaire de Chine préconise que les Etats-Unis et la Russie étendent le Traité sur la réduction des armes stratégiques et, que sur cette base, poursuivent la réduction de leur arsenal nucléaire respectif.

Pour rappel, le Traité de réduction des armes stratégiques et offensives (Start III), signé en 2010, reste le seul traité en vigueur sur la limitation des armements entre les Etats-Unis et la Russie. L’accord expire en février 2021 et jusqu’à maintenant Washington n’a pas confirmé son intention de le renouveler. Plus que cela, l’administration étasunienne avait souligné plusieurs fois la nécessité d’inclure la Chine dans les négociations, afin de concevoir un nouvel accord nucléaire tripartite, entre la Russie, la Chine et les Etats-Unis. Du côté chinois, cette idée est rejetée. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a noté de son côté que la Russie était favorable à la prolongation du Traité Start III sans conditions préalables.

Maintenant pour parler perspectives. La motivation étasunienne est compréhensible dans le sens que pour Washington, Moscou et Pékin sont aujourd’hui clairement des alliés. Et ce aussi bien sur le plan politico-diplomatique, économique que militaire. Les deux pays représentent aussi tout simplement les avant-gardes et les principaux promoteurs du monde multipolaire. Et vu que Pékin est désormais classé, au même titre que Moscou, comme l’un des principaux adversaires des USA, la motivation washingtonienne est d’autant plus compréhensible. Pour résumer, l’establishment étasunien face au duo sino-russe, tente d’imposer ses conditions, à savoir que Moscou, mais aussi Pékin, doivent réduire leur arsenal nucléaire respectif.

A ce titre, Washington n’a pas manqué de rappeler à plusieurs reprises qu’il compte sur le fait que Moscou puisse convaincre Pékin de se joindre aux dites pourparlers tripartites. Mais de l’avis de nombre d’experts de l’espace eurasiatique, cette démarche a peu de chances d’aboutir. Tout d’abord, la Chine, se sachant être officiellement considérée désormais comme l’un des principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques des USA, ne compte pas reculer face aux conditions émises par la partie étasunienne. D’autant plus qu’elle compte de plusieurs fois moins d’ogives nucléaires que les USA: 290 plus exactement (données de juillet 2019) (contre 6185 pour les USA et 6500 pour la Russie). L’argument donc présenté par Pékin, à savoir que si Washington souhaite la participation de la Chine aux dits pourparlers, c’est à ce dernier de réduire très considérablement son arsenal, avant d’émettre de quelconques conditions.

Quant à la Russie, et là aussi de l’avis de plusieurs experts, elle ne voit pas de raison forte à convaincre l’allié chinois à se joindre au format voulu par les Etats-Unis. Et préfère au contraire continuer à travailler en coordination avec Pékin dans le cadre de leurs intérêts réciproques – que ce soit sur le plan bilatéral, au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU où les deux nations adoptent des positions similaires ou très proches sur divers dossiers internationaux, ou encore dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et des BRICS. Il aurait d’ailleurs été assez surprenant qu’un pays aille convaincre l’un de ses principaux alliés à accepter des conditions plutôt déraisonnables d’un adversaire commun et déclaré.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les dissensions au sein de l’Otan devenues évidentes

L’histoire est finalement un processus dans lequel on retrouve bien souvent des phénomènes qui paraissaient être propres au passé, mais qui ne font que réapparaitre, y compris même si certains le croyaient impossible.

A la chute de l’URSS et du Pacte de Varsovie, nombreux des experts – principalement occidentaux, présageaient un bien long règne du monde occidental et ce sur tous les plans: politique, économique, militaire, culturel, idéologique. S’il est vrai que depuis la fin officielle de la guerre froide et l’apparition du monde unipolaire, l’Occident politique avec les Etats-Unis à sa tête pouvait se vanter d’un tel pouvoir, depuis que le concept multipolaire du monde s’est imposé, l’Occident n’a probablement jamais été aussi divisé. Y compris son bras armé de l’Otan.

Les événements en cours le confirment pleinement. Les dissensions récentes et actuelles entre la Turquie – deuxième force otanesque en termes d’effectifs armés et plusieurs membres d’Europe occidentale, dont la France, sont loin de représenter le seul dossier conflictuel. Les raisons peuvent être variées – de l’acquisition du système des S-400, le flux migratoire ou plus récemment des désaccords évidents dans la guerre libyenne, le fait est que rien pour le moment ne laisse présager un quelconque assouplissement des positions, même si le leadership de l’Otan se veut toujours rassurant. Ce qui est logique – ce même establishment ne veut surtout pas donner l’impression de sérieux conflits entre alliés. Bien que les sujets de dissension sont aujourd’hui loin de se limiter aux désaccords franco-turcs, et concernent également ceux entre Washington avec Berlin, ou encore avec Ottawa.

Le récent épisode conflictuel opposant Paris à Ankara en Libye a poussé le président français Emmanuel Macron à reparler d’une «mort cérébrale» de l’Otan. Un son de cloche assez semblable côté allemand, où la chancelière Angela Merkel demande à se préparer à vivre dans un monde sans le leadership étasunien. Pour autant, Frau Merkel est loin dans cette rhétorique à adopter une position hostile à l’Otan, bien loin de là, surtout connaissant son positionnement pro-atlantiste. Mais la réalité est telle qu’elle est. Au point où il est devenu impossible, indéfiniment, de la renier.

Rajoutons à cela la lutte intérieure aux Etats-Unis, avec la participation de l’Etat profond US – ce dernier ne souhaitant surtout pas renoncer au diktat mondial, et on arrive vite à comprendre les difficultés et les dissensions en cours dans le camp occidentalo-atlantiste. Evidemment, nombreux sont ceux qui oublient le principal – l’avènement de la multipolarité n’est pas le fruit de l’affaiblissement de l’Occident, mais bel et bien celui d’un renforcement économique, défensif, politico-diplomatique des puissances non-occidentales souveraines et des blocs qui se sont formés et affirmés au cours de l’histoire contemporaine, notamment dans le grand espace eurasien.

D’autres blocs de résistance se sont entre temps formés sur d’autres espaces géographiques et civilisationnels, notamment en Amérique latine ou dans une partie de l’Afrique. Et c’est justement ce rapprochement, voire l’alliance pure et simple des blocs régionaux et continentaux souverains pro-multipolaires qui font tellement peur aujourd’hui aux élites atlantistes. Car au-delà du poids politique, économique, historico-civilisationnel, militaire des blocs opposés à l’unilatéralisme occidental, il ne faut pas oublier un autre motif de taille : la démographie. L’Occident politique, qui s’était tellement habitué à parler au nom de la communauté internationale aujourd’hui se voit obligé de se rendre à l’évidence – il n’en a aucune légitimité. Car quoiqu’on en dise, un bloc, mêmes aux larges habitudes de domination mais ne représentant pas beaucoup plus que 10% de la planète, ne peut se proclamer gestionnaire des affaires internationales. D’autant plus lorsqu’on sait qu’une part fort notable de ses propres populations approuve le concept de la multipolarité.

Et que donc la raison principale des dissensions à l’intérieur même de l’Otan, qui voulait à tout prix se positionner en alliance inébranlable, n’est autre que due au fait que le monde multipolaire s’est bel et bien imposé. Et lorsque cette compréhension de la réalité arrive, bien qu’avec quelques années de retard, à destination de ceux qui ne l’imaginaient simplement pas, il est tout à fait normal que les désaccords concernant l’avenir, ou plus exactement comment le vivre cet avenir, se forment et s’intensifient.

Dans cette optique, il serait assez primitif que de croire que les partisans de la multipolarité avaient cherché à créer les dites dissensions, y compris au sein de l’Otan. La meilleure conclusion plutôt à faire c’est tout simplement de comprendre qu’il était normal que des nations au large bagage historique et civilisationnel, ne pouvaient accepter le diktat d’une extrême minorité, bien souvent ne représentant réellement pas sa propre population. Pour atteindre l’objectif de l’avènement de l’ère multipolaire, ses partisans ont travaillé dur. Et c’est cela qu’il faut retenir en premier lieu.

Il faut tout de même reconnaitre une chose. Dans ce paradigme contemporain, le plus difficile sera pour ceux ayant volontairement choisi le rôle de sous-traitants des intérêts atlantistes, pensant que le pouvoir unipolaire serait éternel. La chute sera dure.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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USA: les républicains pour le durcissement des sanctions contre les principaux adversaires géopolitiques

Gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19, tensions inter-ethniques, raciales, violence policière et vandalisme des casseurs à l’intérieur, refus d’accepter l’ordre unipolaire révolu par la grande majorité des pays du monde à l’extérieur, mais rien n’y fait – les représentants de l’establishment US prévoient de s’accrocher jusqu’au bout. Y compris à travers de nouvelles menaces qu’ils souhaitent mettre à exécution. 

Les républicains à la Chambre des représentants du Congrès étasunien ont publié mercredi un rapport sur la stratégie de la sécurité nationale, appelé à «renforcer le rôle des Etats-Unis et à contrer les menaces mondiales». Dans ledit rapport, il est notamment proposé d’imposer «les sanctions les plus dures jamais imposées auparavant» contre la Russie, l’Iran, et le Parti communiste chinois. A noter que le groupe de travail en question fait partie de la plus grande association de la faction républicaine à la Chambre des représentants US.

Ainsi, les auteurs du rapport proposent d’inclure la Russie sur la liste «des pays parrainant le terrorisme» – une liste que rédige l’administration présidentielle étasunienne. Ni plus, ni moins. Les raisons pour de telles accusations serait le soutien de Moscou aux corps des Gardiens de la révolution islamique iranien, le Hezbollah libanais, ou encore aux Talibans afghans. L’autre raison invoquée serait le fait qu’au cours de la dernière décennie, la Russie a affirmé son rôle de puissance mondiale, avec «une intention claire de saper l’ordre mondial sous la direction des USA». Ce serait peut-être d’ailleurs et surtout la principale raison.

L’autre orientation vis-à-vis de la Russie concerne, là aussi sans grande surprise, le secteur énergétique. Ainsi, le Congrès est invité à imposer une seconde couche de sanctions aux entreprises soutenant les projets pétroliers et gaziers russes. Ce n’est pas tout: selon les dits auteurs, il faut également imposer des restrictions à l’acquisition de la nouvelle dette souveraine russe, tout en poursuivant des sanctions personnelles vis-à-vis de responsables russes, et… des structures pro-russes dans d’autres pays. La liste n’est pas terminée, puisque les «érudits » étasuniens appellent aussi à exclure la Russie du système interbancaire SWIFT.

Dans le cas de Pékin, le rapport propose d’imposer «des sanctions contre le Front uni du Comité central du Parti communiste chinois», ainsi qu’à l’encontre d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, y compris des membres du Politburo. Ceci, «dans le cadre de leurs activités concernant la population ouïghoure de Chine, ainsi que dans celui de la situation à Hong Kong». Les auteurs du rapport pensent également qu’en ce qui concerne la Chine, il est plus raisonnable d’utiliser des «sanctions ciblées», qui selon eux «fonctionneraient plus efficacement que les mesures tarifaires à grande échelle, qui affecteront à large échelle les USA eux-mêmes». Enfin, ils font également mention de la nécessité de bloquer la propagande chinoise, ainsi que de prendre les «mesures pour empêcher les technologies américaines critiques d’arriver dans ce pays».

En ce qui concerne la lutte contre l’Iran, le rapport propose d’imposer de nouvelles sanctions vis-à-vis d’un certain nombre de secteurs de l’économie iranienne. En parallèle des mesures visant les structures régionales affiliées à la République islamique, en particulier les milices pro-iraniennes en Syrie, Irak, Liban et Yémen. Reste tout de même à espérer que les initiateurs de ce rapport maitrisent également la localisation géographique des pays dont ils font mention.

Maintenant, pour parler perspectives. Evidemment, toutes ces mesures proposées par les politiciens étasuniens, peu importe d’ailleurs qu’ils soient républicains ou démocrates – car la haine de la Chine, de la Russie et de l’Iran les rassemble fortement – sont de nature consultatives et ne sont pas (en tout cas pour le moment) un projet de loi soumis au Congrès. Il n’empêche que cette action est tout de même très révélatrice des intentions de l’establishment étasunien dans son ensemble – y compris dans le camp de Donald Trump – à savoir se battre jusqu’au bout pour un retour à une gestion unipolaire du monde, même si le navire en question continue de couler.

Evidemment, dans le cas d’une imposition de telles sanctions, la guerre pourrait être totale, aussi bien sur le plan économique, qu’au niveau de la confrontation militaro-stratégique (sans forcément de guerre directe, mais avec une implosion d’affrontements locaux et régionaux). Et au vu des capacités contemporaines de Pékin, Moscou, et Téhéran, sans y inclure les alliés respectifs, Washington ne sortira pas gagnant d’une telle confrontation. Et ne ferait qu’accélérer sa chute. Mais connaissant la mentalité des élites atlantistes, beaucoup plus joueurs de pokers que d’échecs, ils pensent que miser le tout serait la solution. Rien n’est moins sûr. Ajoutez à cela les innombrables problèmes irrésolus de l’intérieur, et le tour est joué. Sauf que le Deep State n’a que peu à faire non seulement des vies humaines au-delà des frontières US, mais également sur le front intérieur, et effectivement l’époque actuelle multipolaire n’avait jamais autant remis en question leur pouvoir autoproclamé et inacceptable pour l’écrasante partie de l’humanité. 

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Burundi / présidentielle: confirmation de la légitimité des élections

Les résultats des récentes élections présidentielles en République du Burundi semblent désormais être acceptés au niveau international, malgré les critiques qui émanaient de la part des élites occidentales. La légitimité est désormais confirmée aussi bien au niveau de l’Union africaine (UA), de nombreux chefs d’Etat du continent, ainsi que de la part de nombreuses capitales du monde.

L’Union africaine (UA) a pris note de façon officielle des résultats définitifs de l’élection présidentielle au Burundi – publiés le 4 juin dernier. C’est ce que rapporte l’Agence de presse africaine (APA).

Par ailleurs, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, a souhaité au président burundais élu «ses vœux de plein succès dans l’exercice de ses nouvelles responsabilités». Plusieurs chefs d’Etat africains ont également transmis leurs félicitations au leader du Burundi. Les médias occidentaux n’ont de leur côté pas manqué de faire écho de nombre «d’irrégularités».

Il est vrai que depuis de nombreuses années le Burundi s’était retrouvé sous pression de la part de nombre de pays occidentaux, dont les Etats-Unis, la France ou encore l’ex-puissance coloniale belge – qui n’approuvait pas l’orientation souveraine choisie par le prédécesseur du président nouvellement élu Pierre Nkurunziza. Les accusations émanant de ce camp, notamment via le mainstream médiatique, étaient fort nombreuses: accusations de violation des droits de l’homme, risque de génocide, politique autoritaire…

Il n’empêche que grâce à la mobilisation intérieure et au soutien diplomatique de deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, en la qualité de Pékin et Moscou, ayant empêché la poursuite de la déstabilisation opérée par les capitales occidentales, le pays a réussi à tenir toutes ces années et même à poursuivre la diversification de ses relations extérieures.

L’élection récente d’Evariste Ndayishimiye est venue conforter l’idée que le Burundi refusera toute interférence extérieure dans ses affaires internes. Et confirmant par la même occasion l’idée de véritable souveraineté, tellement voulue et recherchée par grand nombre d’Etats africains. D’autre part, ce petit pays de la région des Grands Lacs a démontré que toute idée d’une guerre civile, voire de génocide, n’était rien d’autre que l’œuvre d’une propagande hostile non seulement au Burundi, mais plus généralement vis-à-vis de tous les Etats d’Afrique ayant misé sur leur souveraineté nationale et sur la diversification active de leurs partenariats extérieurs.

Evidemment et comme tout pays, de nombreux défis existent et rentrent très certainement dans l’agenda du leadership burundais. Ce qui est certain c’est que du moment que le processus électoral a pu se dérouler dans des conditions pacifiques et sans violence – en nette opposition des pronostics de certaines forces, cela confirme toute la maturité du peuple du Burundi et de la capacité de ses dirigeants à maintenir le cap vers un développement durable, conséquent et souverain. Quant aux donneurs de leçons, ils feraient bien mieux aujourd’hui de se concentrer sur leurs problèmes intérieurs. La crise du Covid-19, ainsi que bien d’autres sujets d’actualité, l’ont à ce titre pleinement démontré.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Prague comme centre d’attaques contre la Russie

S’il est vrai que la pandémie du Covid-19 ait concentré l’attention de l’opinion publique internationale dans sa majorité, le travail des services secrets est quant à lui resté très actif. Et à ce titre, le rôle attribué par les services secrets occidentaux à la Russie en qualité «d’empire du mal» par excellence est resté inchangé. Le tout évidemment en coordination avec les divers instruments à disposition de l’establishment occidental.

A ce titre, la capitale tchèque Prague est devenue probablement l’un des plus grands centres opérationnels de communication des services de renseignement occidentaux. Et ce hub de la Guerre froide 2.0 est notamment activement utilisé pour non seulement mener des attaques informationnelles et accusations en tout genre contre la Russie et ses intérêts, mais également à renforcer dans la conscience collective, du moins occidentale, le stéréotype faisant de la Russie «l’empire des hackers».

Pour cela, les services de renseignement tchèques représentent beaucoup plus les exécutants d’un plan géré et coordonné en premier lieu par le duo USA-Grande-Bretagne (ou plus précisément CIA-MI6), ayant justement fait de Prague l’un de leurs principaux centres opérationnels en Europe continentale.

Le choix de Prague n’est pas un hasard. Notamment en ce qui concerne la relance des accusations visant la Russie dans l’affaire Skripal. C’est en effet dans la capitale tchèque que se trouve le plus grand centre de renseignement d’Europe centrale de la CIA et du MI6. C’est également Prague qui représente le plus grand centre opérationnel des communications du renseignement occidental anglo-saxon. Le tout sans oublier que Sergueï Skripal lui-même avait assez longtemps travaillé dans cette ville, en enseignant au contre-espionnage tchèque et à d’autres services de renseignement les méthodes d’identification des agents de renseignement russes.

Enfin, la République tchèque n’a pas seulement été activement utilisée dans la fameuse affaire Skripal, mais également dans les accusations visant la Russie quant aux différentes attaques de hackers, prétendument russes. Les méthodes coordonnées entre les principaux services du renseignement occidental et leurs homologues tchèques pour les attaques contre la Russie n’étaient pas forcément originales, mais utilisaient plutôt un schéma relativement «standard». A savoir la formation d’un motif fictif quant aux raisons de «l’agression russe», la création d’un cas informationnel (comme une prétendue cyberattaque sous false flag), puis diffusion au niveau des médias (notamment mainstream) et de la communauté «d’experts» occidentaux de l’idée sur «la trace russe», et enfin les responsables politiques de l’Occident qui reprennent à leur tour les accusations en question.

Désormais, le moment est de nouveau bien choisi. La provocation avec le démontage à Prague de la statue du maréchal soviétique Ivan Konev – en passant celui qui commandait les troupes de l’Armée rouge ayant libéré la ville des nazis en 1945 et également celui qui lors des combats pour la libération de la ville avait ordonné de ne pas utiliser l’artillerie lourde en vue de préserver les monuments historiques de la capitale tchèque – rentre vraisemblablement dans de nouvelles attaques informationnelles qui visent et viseront la Russie.

Désormais, il sera assez facile pour la coalition des services de renseignement occidentaux, et en premier lieu pour le duo américano-britannique, de mettre sur le dos des services russes toute attaque, réelle ou fictive, dans le cyberespace ou ailleurs – en mettant l’accent sur un acte de «vengeance» de la Russie pour le démontage du monument d’Ivan Konev à Prague. Un peu à la sauce de l’affaire Skripal – qui était décrit lui aussi comme un acte punitif ou de vengeance de la part de la Russie par les forces intéressées à mettre la responsabilité sur Moscou.

Ce qui est d’ailleurs assez paradoxal, c’est que les éléments utilisés bien souvent dans les accusations visant les hackers russes (ou prétendument russes), c’est:

1) les adresses IP russes utilisées lors des «attaques» et

2) «l’origine» russe des virus utilisés lors de ces attaques.

Pour ceux qui maitrisent un peu le sujet, ils sauront que les adresses IP, surtout lorsqu’il s’agit de hackers professionnels de haut niveau, peuvent loin et même très loin correspondre aux adresses IP réelles utilisées lors de telles cyberattaques. Car tout hacker fera en sorte de voiler au maximum toute trace de son activité d’origine. Quant à l’origine prétendument russe des virus, c’est un argument également qui bien souvent ne tient pas – sachant qu’une bonne partie des virus utilisés par les hackers de «haut niveau» ont justement une origine étasunienne, et plus que cela – des services de renseignement US. Et plus que cela encore, ces derniers n’hésitent d’ailleurs tout simplement pas à kidnapper des spécialistes informatiques russes (là aussi prétendument «hackers»), et ce à divers endroits du monde (comme par exemple lors de leurs congés), pour ensuite les ramener de force en terre étasunienne, leur faire du chantage (comme par exemple la prison à perpétuité) et ainsi les obliger à travailler pour les intérêts des services de renseignement étasuniens. Eh oui, aussi simple que cela.

Quant encore une fois au choix de Prague, il n’est lui aussi pas vraiment anodin et pas seulement lié à des raisons technico-pratiques. Grande ville historique d’Europe centrale – où d’une part on peut trouver de nombreux politiciens et responsables hostiles à la Russie, et ce dans pratiquement tous les domaines, et de l’autre où se trouvent un certain nombre de sympathisants vis-à-vis de Moscou, notamment le président tchèque Miloš Zeman. Un endroit donc idéal pour d’une part mener des attaques contre l’adversaire russe et ses intérêts, et de l’autre affaiblir tous ceux qui regardent avec ne serait-ce qu’un peu de sympathie (ou simplement de respect) envers la grande puissance eurasienne. Mais l’avantage du monde contemporain, c’est que justement ces méthodes qui paraissaient tellement voilées jusqu’à encore récemment s’ouvrent désormais au grand jour.

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