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Non, les sanctions occidentales ne casseront pas la Russie

Sanctions

Malgré la pression politico-économique exercée par l’Occident sur la Russie, cette dernière a clairement montré qu’elle s’est non seulement adaptée à cette réalité, mais qu’en plus elle en tire un profit de plus en plus évident. Retour sur la place de la Russie dans le monde à l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde.

Alors que le quatrième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie approche et que les relations Russie-Occident ne cessent de se détériorer- comme le confirment d’ailleurs les nouvelles tensions entre Londres et Moscou- il serait peut-être temps de faire un bilan de ces quatre années, sur beaucoup de points des années révolutionnaires.

D’ailleurs les nouvelles accusations émanant de la perfide Albion contre la Russie —sans avoir jusqu’à maintenant présenté ne serait-ce qu’un minimum de preuves- confirment la volonté —et l’impuissance- du leadership occidental, notamment anglo-saxon, à faire plier la Russie, ne serait-ce que sur un dossier.

Il est d’ailleurs étonnant que cette crise survienne à l’approche de deux événements importants pour la Russie: les élections présidentielles, qui auront lieu dans quelques jours et dans lesquelles Vladimir Poutine est clairement le grand favori. Mais aussi la Coupe du Monde de football qui, malgré toutes les tentatives des forces russophobes de la lui arracher, aura bien lieu avec l’arrivée de millions de visiteurs étrangers pour ce grand événement sportif planétaire.

Par ailleurs, en Syrie, le «regime change» poussé par les gouvernements et les médias occidentaux ne s’est pas réalisé. Pire encore, aujourd’hui les «intéressés» comprennent que leurs milliards d’investissements se sont évaporés faute d’obtenir le résultat souhaité.

En parallèle, la Russie continue de renforcer ses positions sur l’arène internationale, comme en témoigne le renforcement des relations politiques, économico-commerciales et militaires avec bon nombre de pays n’appartenant pas au petit monde occidental, qui ne cesse de s’affirmer chaque jour un peu plus.

Il faut dire que sur le plan économique, la Russie a de plus en plus d’arguments à faire valoir auprès de ses partenaires: le pays connaît une croissance continue et certains secteurs bénéficient d’un développement sans précédent. Nous pensons notamment à celui de l’agriculture, alors que l’UE continue de calculer les dégâts des contre-sanctions russes visant les produits occidentaux.

Des pertes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros de pertes financières et en centaines de milliers d’emplois perdus. Pour mémoire, selon les données publiées en 2017 par l’Institut autrichien pour la recherche économique (WIFO), les pays de l’UE ont comptabilisé pour la seule année 2015 (une année après le lancement des sanctions occidentales contre la Russie et la riposte russe qui s’en est suivie) des pertes de revenus de l’ordre de 17,6 milliards d’euros. Le même institut comptabilise 400.000 emplois perdus, toujours pour la seule année 2015, à travers l’Europe bruxelloise en raison des contre-sanctions russes.

Au-delà d’avoir fermé, et probablement pour bien longtemps, l’accès au vaste marché russe à de nombreux produits agroalimentaires occidentaux —dont européens, la Russie renforce ses positions de puissance exportatrice. En effet, aux dernières nouvelles la Russie est tout simplement devenue le premier exportateur mondial de céréales, devançant par la même occasion les USA: elle en a produit 134,5 millions de tonnes en 2017 contre 64,5 millions de tonnes en 2000. La Russie confirme à travers cet exemple qu’elle est loin d’être un pays exportant uniquement ses hydrocarbures et son armement.

Ajoutez à cela les millions d’étudiants étrangers qui continuent de venir se former chaque année en Russie, l’export du savoir-faire russe dans le domaine informatique et des nouvelles technologies, sans oublier les compétences de la Russie dans l’aéronautique et le domaine spatial… cela fait beaucoup pour un pays que certains hommes politiques occidentaux osaient qualifier de «puissance régionale». Et avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à la Russie en Asie, Afrique et Amérique latine —parties du monde à haut taux de croissance et de consommation et où la Russie est généralement plus que la bienvenue, l’heure est clairement à l’optimisme.

Quant aux provocations occidentales visant la Russie, elles se poursuivront —il faut y être prêt. La Russie est prête.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803161035520469-russie-occident-sanctions/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Contre-sanctions russes, symbole d’un monde multipolaire en marche

Ministère russe des Affaires étrangères

Chaque patience a des limites. Chaque comportement insolent mérite une réponse adéquate. Les États-Unis commencent à entrevoir le résultat de leurs actions.

Après l’expulsion en décembre dernier de 35 diplomates russes en poste aux USA, décidée par l’Administration Obama, le gouvernement russe avait décidé de ne pas réagir immédiatement. Pourtant, des mesures de rétorsion avaient été préparées par le ministère russe des Affaires étrangères et se trouvaient déjà sur la table. Le Kremlin voulait ainsi donner un minimum de capacité d’action à la nouvelle administration étasunienne.

Les mois ont passé, mais l’État profond étasunien poursuit sa politique de russophobie hystérique, Moscou incarnant sans doute à ses yeux le bouleversement multipolaire des relations internationales. Les États-Unis sont ce qu’ils sont et cela n’est pas encore prêt à changer. Le temps est donc venu pour de nouvelles mesures de riposte.

En quoi consistent-elles d’ailleurs? En réponse aux nouvelles sanctions étasuniennes visant la Russie, ainsi qu’à la limitation d’accès aux propriétés diplomatiques russes aux USA, la Russie a annoncé le blocage de plusieurs bâtiments utilisés par la mission diplomatique US en Russie.

Mais ce n’est pas tout. La Russie annonce une nette diminution du personnel diplomatique US en Russie. Enfin, l’État russe se garde le droit de frapper les intérêts commerciaux des entreprises étasuniennes et d’adopter d’autres mesures pouvant frapper les intérêts américains.

En parlant de la diminution plus que conséquente à venir du personnel diplomatique étasunien sur le sol russe, voici quelques chiffres. Après l’expulsion en décembre 2016, à la veille du Nouvel An, de 35 diplomates russes en poste aux USA, l’effectif total actuel de la mission diplomatique russe aux États-Unis comptabilisait 455 personnes. Qu’en est-il de la mission diplomatique US en Russie? Son effectif total à l’heure actuelle représente 1.210 personnes, basées à Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg et Vladivostok. Désormais, la Russie donne jusqu’au 1er septembre afin que son «partenaire» étasunien ajuste ses effectifs diplomatiques sur ceux des diplomates russes se trouvant aux USA. Cela représente 755 cadres de la mission «diplomatique» US qui vont devoir assez rapidement faire leurs bagages et rentrer chez eux.

En passant, voilà qui évoque le single de 1986 interprété par la chanteuse Desireless «Voyage, voyage» avec un léger remix: «Bagages, bagages»… Bref, la Russie a confirmé que malgré toute la patience et l’ouverture au dialogue dont elle avait fait preuve, le temps d’une riposte adéquate à l’attitude provocatrice des USA était venu. Certains y voient un retour aux meilleurs temps de la Guerre froide.

Guerre froide ou pas, l’essentiel est qu’il n’y aura certainement pas de retour aux années 1990, lorsqu’un seul pays s’était retrouvé en position hégémonique avec des conséquences dramatiques pour une très large partie de l’humanité. Cela n’a plus lieu d’être aujourd’hui. Difficile évidemment de l’accepter pour les défenseurs du concept unipolaire, notamment ceux qui appartiennent à ce fameux «État profond». Mais les faits s’imposent d’eux-mêmes. Et les pays partisans actifs de la multipolarité, dont évidemment la Russie, confirment chaque jour un peu plus qu’ils ne toléreront plus l’insolence, le diktat et les actions criminelles de ceux qui s’étaient habitués à un comportement hégémonique.

Dernier point pour clore le thème des États-Unis. Laissons parler à ce sujet Nelson Mandela, grand héros sud-africain, longtemps considéré comme «terroriste» par les gouvernements occidentaux, y compris étasunien:

«S’il y a un pays qui a commis des atrocités indicibles dans le monde, c’est bien les États-Unis d’Amérique. Ils n’ont rien à faire des êtres humains (…). Si l’on étudie ces choses, on arrive à la conclusion que le comportement des USA est une menace pour la paix dans le monde».

Le temps est donc effectivement venu que des forces responsables puissent y mettre un terme et promouvoir une relation de justice dans les relations internationales. Point.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201707311032469527-russie-sanctions-monde-multipolaire/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Nouvelles sanctions, la Russie dit… merci et garde le cap

Stop

Ceux qui ont peu ou mal étudié l’histoire s’imaginent qu’ils peuvent faire fléchir la Russie à coups de pressions extérieures. C’est gravement sous-estimer la capacité de résilience du pays, qui en profite pour se renforcer. Les sanctions antirusses, que les USA viennent encore de renforcer, en sont l’éclatante démonstration.

Le temps passe, mais l’Occident, et avant tout les États-Unis, semble déterminé à vouloir poursuivre ses attaques contre la Russie. En témoignent naturellement les nouvelles sanctions votées par les USA à l’encontre de Moscou. Ses dirigeants n’ont visiblement toujours pas compris que la Russie version 2017 ne reculera pas, et ce pour plusieurs raisons.

Tout d’abord, une large majorité de citoyens russes soutient clairement la politique actuelle de la Russie. Cela ne signifie pas pour autant qu’il n’y a pas de problèmes à régler, comme chaque pays la Russie fait face à des défis à relever. Néanmoins, l’écrasante majorité de la population refuse catégoriquement toute idée d’un retour aux années libérales pro-occidentales 1990, tellement applaudies en Occident.

L’idée de la démocratie souveraine, développée en Russie dans les années 2000, a fait du chemin et aujourd’hui ne se limite plus à la seule Russie, mais à un nombre sans cesse croissant de nations, qui souhaitent bâtir un État de droit dans le respect des valeurs et des traditions propres à chacune et dans lesquelles la voix de la majorité décide du chemin à suivre. Parallèlement à cela, le leadership occidental privilégie quant à lui de moins en moins le vote populaire, tout en continuant à donner des leçons de vie au reste de l’humanité (représentant la majorité de la population terrestre) et à vouloir exporter des «valeurs» dont cette même majorité du globe terrestre ne veut pas.

Revenons à la Russie. Au-delà de la fierté nationale, les Russes savent aussi analyser et comparer et peut-être sur beaucoup de points mieux qu’en Occident. En effet, les citoyens russes refusent l’hypocrisie des élites occidentales qui affirment que les années de honte postsoviétiques étaient les meilleures de l’histoire russe. Ces mêmes années où une grande partie de la population vivait d’une façon indigne pour un pays comme la Russie, lorsque le marasme économique était ambiant et les règlements de comptes mafieux quotidiens. Et c’est aussi à cette période peu glorieuse de l’histoire contemporaine de la Russie, qu’une classe ultralibérale et largement pro-occidentale s’est enrichie de façon spectaculaire et le plus souvent criminelle.

Puis changement de cap, politique comme économique. Tout en restant attachée à l’économie de marché, la Russie post années 2000 a limité l’approche ultralibérale du gouvernement précédent. Le niveau de vie moyen a alors augmenté considérablement. La Russie a retrouvé non seulement le statut de grande puissance internationale du point de vue de ses capacités défensives, et notamment nucléaires, mais s’est à nouveau retrouvée dans le Top 10 des puissances économiques mondiales. Évidemment, certains «analystes» du mainstream n’ont pas manqué de dénigrer les résultats obtenus, affirmant qu’ils étaient dus presque uniquement aux prix élevés des hydrocarbures.

Vraiment? Et aujourd’hui donc? Alors que ces mêmes prix sont maintenus au plus bas et que la Russie fait face à une pression hors normes émanant des élites occidentales depuis plusieurs années, comment se fait-il alors que le pays non seulement tienne bon économiquement, mais en plus alloue des sommes très importantes, aussi bien pour des projets à l’intérieur de la Russie qu’à l’étranger?

Encore une fois, grand merci aux élites peu prévoyantes de l’Occident, qui connaissent bien mal la mentalité russe. Car au final, ils ont donné ce petit coup de pouce dont la Russie avait besoin. Lorsque je suis revenu à Moscou après mes études en France, j’ai insisté sur le fait que nous avions besoin d’une large diversification non seulement de notre économie, mais aussi de nos liens économiques. Malheureusement, il a fallu attendre un certain temps pour aller dans cette direction, mais le processus a bien été lancé.

Résultats, les pays instigateurs des sanctions perdent bien plus économiquement parlant que la Russie grâce à des contre-mesures efficaces. Mais ce n’est même pas l’essentiel. L’essentiel étant que les représentants d’un large nombre de secteurs de l’économie russe prient pour la poursuite des sanctions et contre-sanctions. En premier lieu le secteur agroalimentaire russe, qui a su tirer profit des occasions qui s’offraient à lui du fait des sanctions. Mais il est loin d’être le seul et désormais, la Russie mise à fond sur les exportations, créant même une sérieuse concurrence aux entreprises occidentales.

Et il ne s’agit pas là que d’hydrocarbures et d’armement, deux secteurs qui demeurent bien sûr stratégiques. La Russie est de plus en plus à la «mode» à tous les niveaux: automobile (notamment des 4×4), nouvelles technologies (produits IT et autres), jusqu’aux services éducationnels. Même les experts onusiens reconnaissant que le gouvernement russe a réussi à adapter efficacement son économie à la suite des sanctions engagées à son encontre.

Pendant ce temps, les entrepreneurs européens continuent à compter leurs pertes après avoir perdu le marché russe pour bien longtemps, pour certains probablement pour toujours. Leur niche a été rapidement prise par les producteurs nationaux russes et avec eux les professionnels d’un certain nombre de pays d’Asie, d’Amérique latine et d’Afrique.

Enfin, et bien qu’étant un produit du système éducatif européen, plus précisément français, je suis heureux que mes compatriotes aient dans l’ensemble cessé d’idéaliser nos voisins occidentaux. Nous avons beaucoup en commun avec les peuples d’Europe, mais tant que les gouvernements qui parlent et prennent des décisions au nom de ces peuples poursuivront leur politique hostile vis-à-vis de la Russie, nous serons obligés d’y répondre avec efficacité.

Oui, aujourd’hui nous pensons à nos propres intérêts et aux intérêts de nos alliés. Dernier point: que vous soyez désormais en Chine, au Venezuela, en Algérie, au Vietnam, en Iran ou ailleurs, ne soyez plus surpris d’entendre parler russe. La Russie est une puissance globale et le restera, n’en déplaise à certains.

La concurrence sera ferme. Certains vont devoir faire de la place.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201707261032384577-sanctions-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le fossé se creuse entre Ankara et Washington

Ankara

La Turquie et les États-Unis font partie d’un bloc militaire commun, mais dans lequel les USA s’estiment être le chef absolu. Aussi, quand Ankara assume de plus en plus sa souveraineté, les divergences se concrétisent rapidement: Syrie, Qatar, sanctions antirusses, les pommes de discorde s’accumulent.

Officiellement, les États-Unis et la Turquie demeurent alliés dans le cadre de l’OTAN. Pourtant, la Turquie confirme une fois de plus qu’elle est à ce jour probablement le seul pays membre de l’alliance nord-atlantique à mener une politique globalement indépendante. Du moins certainement plus que tous les pays Ouest et Est-européens.

Quelques rappels s’imposent: tout d’abord, la Turquie a été le seul pays membre de l’OTAN à ne pas s’être joint aux sanctions contre la Russie voulues par Washington et largement suivies par les capitales de l’Europe bruxelloise. Un manque de «solidarité» clairement mal vu par le bloc occidental. Et malgré une crise majeure dans ses relations avec Moscou, qui a duré de novembre 2015 à juin 2016, Ankara a fait le premier pas vers la réconciliation et un retour à son partenariat stratégique avec la Russie. Mais ce n’est pas tout. Parallèlement au renforcement de ses liens avec la Russie, la Turquie a connu une vive détérioration de ses relations avec plusieurs pays de l’UE, notamment l’Allemagne.

Mieux encore, la Russie et la Turquie, en coordination avec l’Iran, ont joué un rôle clé dans le cessez-le-feu observé en Syrie depuis fin décembre 2016 et qui reste globalement respecté à ce jour. D’ailleurs, plusieurs groupes armés soutenus par la Turquie continuent à se joindre audit cessez-le-feu, ce qui permet à l’armée gouvernementale syrienne de poursuivre son offensive dans le désert de Syrie en vue d’anéantir une bonne fois pour toutes la secte Daech sur le sol syrien.

Par ailleurs et selon les informations toutes récentes émanant de hauts responsables syriens, plusieurs groupes dits de «l’opposition» syrienne, soutenue par la Turquie, se disent prêts à combattre l’autre secte takfiriste —Al-Qaida- en coordination avec Damas et Moscou. En d’autres termes, ils ont compris qu’ils ne pourront pas réaliser leur projet initial, à savoir faire tomber Bachar al-Assad et que la meilleure solution pour eux est donc d’initier un réel dialogue avec le pouvoir légitime syrien afin de pouvoir prétendre à son amnistie.

Revenons aux tensions de plus en plus évidentes de la Turquie avec les pays occidentaux. Elles ne se limitent désormais plus aux seuls pays ouest-européens et aux échanges de critiques virulentes, entorses aux droits de l’homme contre ingérence dans la politique intérieure turque. C’est désormais avec Washington que les relations se dégradent franchement. En effet, et depuis l’important soutien annoncé par les États-Unis aux groupes kurdes notamment les FDS opérant en Syrie, Ankara ne cache pas son inquiétude, voire son énervement. En effet et tout récemment, l’agence Anadolu —l’une des deux principales agences de presses turques- a publié les informations sur la localisation des forces spéciales américaines et françaises en Syrie. Washington s’est dit inquiet sur ces fuites qui selon lui «peuvent menacer les forces américaines». Fait qui confirme les désaccords de plus en plus évidents entre les deux pays, membres-clés de l’OTAN.

Sur le Qatar aussi, les positions semblent diverger. Si Washington semble privilégier son allié saoudien, Ankara (et Téhéran…) a pris fait et cause pour Doha dans la crise qui oppose cette dernière à plusieurs pays arabes, principalement l’Arabie Saoudite. Au point d’augmenter considérablement le contingent militaire turc présent au Qatar, le faisant passer de 150 à près de 3.000 soldats aux toutes dernières nouvelles.

Cela ne signifie pas pour autant que la Turquie quittera le navire de l’OTAN du jour au lendemain. Le pouvoir turc joue sur les contradictions entre ses partenaires pour servir ses intérêts nationaux. Une chose est sûre: vu le nombre de projets en cours et à venir avec la Russie, dans le domaine économico-commercial et même militaire, Ankara ne semble plus vouloir de tensions avec Moscou. Si au départ de la crise syrienne, la Turquie voulait absolument la chute du gouvernement syrien, depuis la normalisation des relations russo-turques et le retour au partenariat stratégique entre les deux pays, Ankara a beaucoup modéré sa position envers Damas, tout en coordonnant de plus en plus ses intérêts avec la Russie et l’Iran. Fait d’ailleurs reconnu avec inquiétude par plusieurs médias centraux.

Par ailleurs, la Turquie ne se fait pratiquement plus d’illusions quant à un éventuel avenir au sein de l’Union européenne, dans lequel d’ailleurs elle aurait certainement plus à perdre qu’à gagner. Enfin, ses relations avec «l’allié» étasunien deviennent de plus en plus compliquées. Reste évidemment la carte eurasiatique, de plus en plus soutenue par les citoyens de Turquie. Au pouvoir turc de bien l’utiliser. Pour quel résultat? Seul le temps nous le dira.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201707211032312993-usa-turquie/

Mikhail Gamandiy-Egorov