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Washington n’obtient pas les sanctions onusiennes contre l’Iran

Malgré un intense travail de plusieurs mois en termes de lobbying et de pressions multiples, Washington n’a pas réussi à réaliser l’un de ses principaux objectifs à l’international du moment : celui de faire prolonger l’embargo sur les armes contre l’Iran et à relancer des sanctions onusiennes à son encontre.

Pour la République islamique, il s’agit évidemment d’un succès. D’ailleurs, lors de son allocution à la 75ème session de l’Assemblée générale des Nations unies par visioconférence depuis Téhéran, le président iranien Hassan Rohani n’a pas manqué de pointer du doigt la politique étasunienne. Il a notamment déclaré «que les Etats-Unis ne peuvent nous imposer ni des négociations, ni une guerre», soulignant pour que pour le monde, il est aujourd’hui temps de dire «non» aux brimades et à l’arrogance. Tout en ajoutant que «la vie est dure sous sanctions, mais encore plus difficile sans indépendance», accentuant ainsi sur la détermination iranienne à ne pas céder face aux pressions et sanctions US.

En effet, le dossier sur lequel misait tellement l’establishment washingtonien résonne comme un échec évident. D’ailleurs, nombre de médias occidentaux ont fait état de l’échec américain dans ce dossier, ainsi de que de « la fracture sans précédent entre les Etats-Unis et l’Europe à l’ONU». 

Pour le leadership iranien, il s’agit évidemment d’une victoire, tant sur le plan extérieur qu’intérieur. En conseil des ministres, le chef d’Etat iranien le confirme: «La nation iranienne a remporté un grand succès politique, juridique et diplomatique aux Nations unies. La raison de cette victoire réside uniquement dans l’adhésion et la résistance du peuple (…) La grandeur de l’Amérique s’est effondrée, tout comme l’hégémonie mondiale dont ils pensaient disposer».

En parlant maintenant de perspectives, évidemment l’obtention de ce succès politico-diplomatique pour Téhéran est à mettre à l’actif de sa capacité de résistance aux sanctions et pressions, visant notamment son économie et son secteur énergétique, sans oublier les menaces régulières d’agression militaire à son encontre. C’est un fait qu’il est aujourd’hui fort difficile de nier.

D’autre part, il est également assez évident que la puissante solidarité sino-russe au Conseil de sécurité de l’ONU, y compris dans le soutien à l’allié iranien sur ce dossier, a joué un rôle de poids majeur. Poussant vraisemblablement par la même occasion les alliés européens de Washington à se désolidariser de lui sur ledit dossier – évidemment non pas par un désir de justice ou par un soutien au monde multipolaire, mais probablement bien plus par calculs mesquins. Le manque de soutien de leur part aux actions étasuniennes peut être vu comme une façon de jouer, une fois n’est pas coutume, la carte de souveraineté dont les pays en question manquent cruellement dans leur suivi constant, remarqué par les observateurs, des prérogatives de Washington.

Ceci étant dit, il apparait aujourd’hui qu’au vu des déclarations émanant d’outre-Atlantique, l’establishment US, malgré l’isolement, ne prévoit pas de reculer. Et menace déjà ouvertement non seulement Téhéran, mais également ses alliés chinois et russe. Bien que cette obstination washingtonienne à prétendre rester l’hégémon mondial et à vouloir à tout prix à imposer sa volonté au reste de la planète, semble plus que jamais compromise. Et cela, même les élites occidentales, bien que nostalgiques de l’ère unipolaire révolue, semblent comprendre de plus en plus.

Deux choses sont néanmoins sûres. Pour Washington, cette défaite évidente dans sa volonté d’isoler l’Iran est dure à avaler. Quant à l’Iran, il aura encore une fois démontré être une nation qu’il est fort compliqué à faire plier. Grande civilisation oblige.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les pays baltes: une sous-traitance qui risque de coûter cher

Depuis la chute de l’URSS, certains pays ayant fait partie de l’union, se sont engagés sur une voie radicalement russophobe et pro-atlantiste. Les conséquences d’une telle politique restent extrêmement mitigées.

En effet, il suffit de prendre l’exemple des trois pays baltes – qui furent pour ceux qui ne le savent pas en période soviétique parmi les plus subventionnés par Moscou, mais à la fin de l’Union soviétique le cap était clairement donné vers l’intégration au sein de l’Otan et le fait d’accepter un véritable rôle de sous-traitants vis-à-vis de Washington, en parallèle d’une montée en flèche de positions clairement russophobes.

Dans cette politique, où d’ailleurs les trois pays baltes ne font pas figure d’exception, car des pays de l’ex-bloc socialiste comme la Pologne ou la Roumanie, se sont également engagés sur la même voie, les résultats restent très fortement discutables. Si les élites de ces pays trouvent leur compte dans leurs rapports privilégiés avec Washington et Bruxelles, le développement économique tant attendu n’est toujours pas arrivé. Si ce n’est la possibilité pour un large nombre de Polonais, Roumains, Lituaniens, Lettons, Estoniens d’aller faire une vie meilleure au Royaume-Uni, Allemagne et d’autres pays économiquement plus développés.

Le souci pour les pays baltes en l’occurrence, c’est que la dépendance économique vis-à-vis des voisins dont les élites des pays en question partagent une haine non-voilée, est restée forte. Les trois membres de l’UE – 86ème, 102ème et 112ème respectivement pour Vilnius, Riga et Tallinn dans le classement mondial en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (PPA), restent fortement dépendants économiquement de pays comme la Russie et la Biélorussie. Justement et dans le cas du dernier, les récentes interférences baltes en coordination avec l’Otan et Washington dans les affaires post-électorales biélorusses, ont rappelé que Minsk dispose de bien d’instruments pouvant frapper les intérêts des pro-atlantistes radicaux. En premier lieu ceux de la Lituanie.

En effet, le président biélorusse Aleksandr Loukachenko a récemment menacé de réorienter les exportations biélorusses transitant par les ports lituaniens, notamment celui de Klaipėda, ainsi que d’interdire le transit des exportations européennes destinées à la Russie. Et dans le cas du premier point, les choses semblent déjà avoir commencé.

Pour information, les marchandises en provenance de Biélorussie représentent tout simplement près du tiers du trafic ferroviaire et portuaire de Lituanie. Un trafic qui rapporte gros au budget lituanien. Et selon le président biélorusse son pays « assure un tiers des revenus budgétaires » du voisin hostile. Certains responsables à Vilnius avaient pris au départ ces déclarations comme étant du « populisme » et avaient déclaré que ces actions frapperaient également la Biélorussie, en faisant notamment référence au fait que la réorientation pour le transit des produits biélorusses en faveur des ports russes couterait plus cher que le canal existant avec la Lituanie, tout en poursuivant les actions hostiles envers Minsk adoubées par Washington. Mais les récentes négociations entre Minsk et Moscou, composant ensemble l’Etat-Union et faisant partie de structures comme la CEI et l’Union économique eurasiatique, confirment que la Biélorussie semble déterminée à suivre la voie annoncée. D’autant plus que la Russie pourra certainement offrir des tarifs préférentiels à Minsk pour l’utilisation de ses ports, entre autres celui d’Oust-Louga, compte tenu des liens politiques et sécuritaires étroits entre les deux nations, et aussi du point de vue économique compte tenu des volumes importants de marchandises concernées par ledit transit.

Tout cela pour dire plusieurs faits. Tout d’abord que l’Union économique eurasiatique, un marché de près de 200 millions de personnes, représente un espace de grandes opportunités économiques pour ses membres et les pays ayant déjà des accords de libre-échange avec ladite union. D’autre part, les pays membres de l’Union européenne réalisant de façon radicale la sous-traitance politique et sécuritaire pour le compte de Washington, dont bien sûr les trois pays baltes, devront probablement désormais espérer l’obtention de plus de subventions venant de Washington et/ou de Bruxelles, pour compenser les pertes économiques dues aux actions hostiles qu’ils réalisent vis-à-vis des pays dont ils possèdent une dépendance économique. Notamment la Lituanie dans sa relation avec la Biélorussie. Après tout, ce n’est jamais bon de cracher dans la soupe.

Enfin, et lorsqu’on voit de quelle façon un pays comme les USA adopte des sanctions non seulement contre ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques, mais également contre tout Etat qui refuse de se mettre à genoux, il y a de quoi réfléchir. La Syrie, le Venezuela, l’Iran, ou encore Cuba (plus d’un demi-siècle d’embargo agressif étasunien pour ce dernier) en savent quelque chose. Pourquoi donc des pays possédant des instruments économiques évidents se priveraient-ils de riposter eux aussi vis-à-vis d’Etats ayant non seulement des positions hostiles vis-à-vis des premiers, mais aussi qui participent aux différentes déstabilisations et provocations visant des pays dont ces initiateurs dépendent fortement économiquement? Restera après aux concernés d’assumer les conséquences. Peut-être en envoyant encore plus de migrants vers les pays plus développés, pour le compte desquels cette sous-traitance est appliquée.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Embargo sur les armes à l’Iran: les USA isolés

Les Etats-Unis ont échoué à faire prolonger l’embargo sur les ventes d’armes à l’Iran. Et ce après des mois de travaux intensifs de lobbying politico-diplomatiques. Une fois de plus, les USA se retrouvent isolés.

«Nous avons perdu aujourd’hui» – c’est ce qu’a déclaré le conseiller de la Maison-Blanche à la sécurité nationale Robert O’Brien. Tout en ajoutant «que ce n’était pas encore fini». En effet, Washington se rend progressivement à l’évidence que ses initiatives font face non seulement au duo implacable Moscou-Pékin, mais également et de en plus en plus au manque de confiance de ses propres alliés occidentaux.

Si le double véto russo-chinois face à la résolution étasunienne était fort prévisible, l’abstention de la France, de l’Allemagne et même de la Grande-Bretagne était pour nombre d’observateurs assez inattendue. D’un autre côté et plus particulièrement dans le cas allemand, le manque de soutien à l’allié otanesque sur le dossier en question serait tout de même moins surprenant. Compte tenu des pressions et menaces exercées par l’establishment US sur les entreprises et personnalités allemandes liées à la construction du gazoduc Nord Stream 2. Berlin étant bien évidemment toujours dans le camp atlantiste, mais toute chose peut avoir des limites – surtout lorsqu’il s’agit d’intérêts économiques importants. D’autant plus en lien avec un domaine stratégique qu’est l’énergie.

Mais malgré la nette opposition de l’Axe Pékin-Moscou, et le manque de solidarité des alliés européens de Washington, il est bien peu probable que ce dernier s’en arrête là. Se sentant isolés, faisant face à la détermination iranienne de ne pas fléchir et du soutien géopolitique évident émanant depuis la Chine et la Russie à destination de l’Iran, les Etats-Unis pourront toujours utiliser la bonne vieille méthode qui leur est propre: celle des provocations armées contre Téhéran et ses intérêts internationaux et la poursuite des tentatives de déstabilisation de toutes sortes. Surtout que les nombreuses sanctions économiques n’aient pas mis la République islamique à genoux.

En ce sens, l’initiative du président russe Vladimir Poutine de convoquer dans un futur proche une réunion devant réunir les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Iran et l’Allemagne, dans l’objectif de créer des mécanismes capables de créer un climat de confiance dans la zone du golfe Persique et de faire diminuer les tensions existantes, arrivait pratiquement au même moment que le vote au Conseil de sécurité onusien sur la poursuite de l’embargo sur les armes à l’Iran – où la résolution US a connu une défaite fracassante. Une initiative que pour le moment semble ne pas soutenir le président étasunien Donald Trump – du moins avant la fin de l’élection présidentielle aux USA.

Chose qui était assez prévisible – sachant que le président US avait fait des pressions sur l’Iran l’une de ses principales thèses en termes de politique étrangère. Et vu que cette politique n’a pas donné de résultat escompté – ni du côté iranien, qui refuse d’abdiquer et continue de défendre activement ses intérêts, ni du côté du duo russo-chinois qui accorde un important soutien politico-diplomatique et économique à Téhéran, et désormais même les alliés occidentaux de Washington semblent se montrer de plus en perplexes – tout dialogue prématuré serait considéré comme une défaite évidente et sur tous les plans pour le leadership étasunien.

Encore une fois, la défaite politico-diplomatique étasunienne ne doit aucunement être vue comme une possibilité de baisser les gardes pour l’Axe Pékin-Moscou-Téhéran. Les trois nations continuent d’être officiellement considérées par Washington comme étant ses principaux adversaires géopolitiques. Mais plus que cela encore, les attaques et provocations côté étasunien pourront aller clairement à la hausse. Et ce dans le cas des intérêts des trois pays.

En ce qui concerne plus particulièrement le golfe Persique et la région du Moyen-Orient, il n’est pas à exclure que les USA chercheront de nouveaux moyens de vengeance visant les positions iraniennes. En oubliant par la même occasion que les capacités de riposte côté Téhéran ne sont pas à démontrer. Et qu’une telle riposte serait amplement justifiée dans le cas où, une fois de plus, Washington serait l’initiateur et l’agresseur. Avec des conséquences imprévisibles pour la suite. Evidemment et cela est connu de tous, il y a des parties intéressées au maintien et même au renforcement des attaques visant l’Iran – l’Etat sioniste notamment. Sauf qu’à force de pousser le bouchon un peu loin, les instigateurs d’une telle approche se retrouveront eux-mêmes dans le viseur du feu de riposte. Un feu qui pourrait être bien plus puissant que celui ayant fait suite à l’assassinat du général Qassem Soleimani.

En ce sens, les initiatives politico-diplomatiques de Moscou et de Pékin, dans un cadre pleinement multipolaire, sont certainement à saluer. Le souci c’est que lorsqu’en face il y a ceux qui refuseront encore un bon moment d’accepter la nouvelle réalité mondiale, le risque d’un affrontement majeur restera sérieusement élevé.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Effets potentiellement désastreux pour les compagnies US en Chine

La guerre économique contre la Chine engagée par les Etats-Unis pourrait avoir un effet boomerang pour les multinationales étasuniennes fortement dépendantes du marché chinois. C’est d’ailleurs ce que semble bien souvent oublier l’establishment US.

Après les attaques américaines visant les intérêts du géant chinois Huawei et plus récemment encore les applications TikTok et WeChat, Washington semble effectivement oublier que les grandes multinationales US fortement implantées en Chine risquent de se retrouver fortement touchées, avec à la clé d’énormes pertes financières.

Selon l’analyste Ming-Chi Kuo, plusieurs cas de figure sont possibles. L’option la plus négative pour le géant US Apple, dans le cas où ce dernier serait contraint de supprimer l’application WeChat pour ses appareils dans le monde entier, la chute des ventes d’iPhone en Chine serait de l’ordre de 25 à 30%. Pour rappel, l’Empire du Milieu à lui seul représente 20%, soit 1/5, des ventes d’iPhone au niveau mondial. Plus généralement la Chine aurait représenté 15% des revenus d’Apple au cours du dernier trimestre.

Une inquiétude partagée d’ailleurs par le média étasunien Bloomberg, qui en outre se réfère à un sondage récent indiquant clairement que les utilisateurs chinois se disent prêts à abandonner leurs iPhone du moment qu’il sera impossible d’y installer certaines applications qu’ils utilisent activement, dont WeChat.

Un signal fortement révélateur et qui confirme qu’au-delà des mesures restrictives de riposte que pourrait adopter le gouvernement chinois, la population du pays serait parfaitement encline à suivre. Et ce aussi bien pour des raisons purement pratiques, que patriotiques.

Mais au-delà des intérêts d’Apple et du secteur high-tech, d’autres domaines ne seront pas en reste: énergie, investissements, l’agroalimentaire. En ce qui concerne ce dernier secteur, l’Union économique eurasiatique se dit prête à remplacer pleinement les produits agricoles Made in USA sur le marché chinois. En effet, la part des produits agroalimentaires issus de l’UEEA ne cesse d’augmenter en Chine.

L’essentiel à retenir dans cet affrontement géoéconomique entre Washington et Pékin est que bien que le premier semble décidé à ne pas reculer dans la guerre économique l’opposant au second, il ne comprend vraisemblablement pas réellement les conséquences auxquelles devront fort possiblement faire face les compagnies US, notamment ses multinationales. Le tout à un moment où la Chine est devenue une puissance internationale incontournable, notamment via son poids économique majeur et la présence de ses intérêts aux quatre coins du monde.

Et bien que les partisans d’une ligne dure vis-à-vis de Pékin du côté washingtonien affirment que les produits des entreprises US fortement présents sur le marché chinois pourront trouver des marchés alternatifs, notamment indien, tout indique et confirme une fois de plus que la politique des sanctions tellement appréciée par les élites atlantistes, trouvera bien souvent un effet boomerang indéniable. Les pays de l’Union européenne en savent quelque chose – depuis les sanctions visant la Russie et les contre-sanctions russes qui s’en ont suivi, les producteurs issus de l’UE de l’industrie agroalimentaire touchée par la riposte russe n’ont toujours pas réussi à pouvoir substituer de façon notable le marché russe qui leur avait été fermé depuis. Provoquant par la même occasion des multi-milliards de pertes financières annuellement.

Le souci pour l’establishment atlantiste c’est qu’il n’apprend pas grand-chose de ses erreurs et pense toujours pouvoir appliquer le schéma d’une politique unipolaire n’ayant plus de place dans le monde contemporain.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les USA incapables d’assumer toute concurrence internationale

La réalité multipolaire du monde actuel a, entre autres, eu un mérite indéniable. Celui de mettre au grand jour la pleine incapacité des USA à assumer une concurrence digne de ce nom à l’international. Au-delà des sphères politico-diplomatique, géopolitique ou militaire, le gendarme autoproclamé est également incapable d’accepter une véritable concurrence dans le domaine économique.

Lorsque Washington est dans l’incapacité à détruire pleinement la souveraineté de certains pays, il se lance néanmoins dans un véritable Far-West en vue de lui voler ses ressources naturelles. Car à défaut de pouvoir en prendre un contrôle intégral, le vol peut néanmoins être partiel. Comme cela se fait d’ailleurs aujourd’hui, dans une partie de la Syrie.

A défaut de pouvoir en prendre un quelconque contrôle en vue d’un pillage des dites ressources, l’establishment étasunien engage des sanctions visant soit à asphyxier les économies des Etats indépendants (Iran, Venezuela notamment) ou à faire en sorte de limiter fortement la commercialisation des produits de ses concurrents géopolitiques et géoéconomiques. Cela est d’ailleurs pleinement visible dans les cas de la Chine ou de la Russie.

Les exemples sont multiples. Dans le cas concernant Pékin, les attaques étasuniennes visent plusieurs compagnies chinoises de grande envergure à l’international, notamment du domaine high-tech – un domaine dans lequel les Etats-Unis n’imaginaient probablement pas d’avoir une concurrence digne de ce nom à l’époque de l’ère unipolaire aujourd’hui révolue. Parmi elles Huawei ou un exemple encore plus récent ByteDance et son réseau social TikTok.

Bien souvent en utilisant effectivement des accusations farfelues – comme le fait d’une prétendue collecte d’informations par les autorités chinoises sur les utilisateurs, en oubliant presque toujours de rappeler comment les grandes et moyennes compagnies US collectent justement toutes les informations possibles et confidentielles au niveau mondial, bien souvent en collaboration avec les services secrets étasuniens.

Dans le cas de la Russie, les exemples ne manquent guère aussi. Que ce soit les menaces de sanctions visant les clients de Moscou dans le secteur de l’armement – allant même à menacer ses propres alliés, comme c’est le cas avec la Turquie dans le cas de l’acquisition du système des S-400. Ou dans le secteur énergétique, où Washington menace là aussi ses propres alliés européens, en souhaitant à tout prix imposer ses propres livraisons de gaz et de pétrole – même si cela coûtera sérieusement plus cher aux consommateurs des pays d’Europe, et que la logistique de ces livraisons étasuniennes sera bien plus complexe que celle arrivant via la puissance eurasienne. Le high-tech russe, à l’instar du chinois, n’est lui aussi pas épargné. L’exemple du géant russe d’édition d’antivirus Kaspersky fut également fort révélateur.

Le souci pour Washington et c’est d’ailleurs ce qu’il n’arrive toujours pas à comprendre, c’est que ces attaques visant les intérêts aussi bien de la Chine, de la Russie et d’autres pays – auront forcément un effet boomerang, sans pour autant que le seul et unique objectif recherché par l’élite US puisse être atteint, à savoir casser toute concurrence possible. Car si des compagnies comme Huawei ou Kaspersky sont aujourd’hui si performantes au niveau mondial, ce n’est pas des sanctions, intimidations ou pressions qui les feront disparaitre du marché international. Au contraire, dans un certain sens on peut même parler d’un coup de pouce publicitaire supplémentaire pour la commercialisation des produits des dites entreprises, ou d’autres.

D’autre part et Washington doit en prendre sérieusement note – les ripostes éventuelles des puissances rivales se feront parfaitement ressentir pour les compagnies étasuniennes, y compris les plus grandes, avec au final des pertes ou des limitations de marchés, pouvant se comptabiliser en centaines de millions, voire en milliards, de consommateurs. Plus que cela et au-delà des adversaires géopolitiques déclarés, les USA risquent de voir arriver des réponses y compris de la part de leurs alliés, notamment européens, qui ne pourront probablement pas indéfiniment accepter des rôles de sous-traitants, devant suivre à la lettre les prérogatives washingtoniennes. Et si cela devait arriver en complément des mesures de réponses émanant des partisans de la multipolarité, la chute ne sera qu’accélérée.

Quant au vol pur et simple des ressources naturelles d’autres pays, la résistance des peuples concernés fera certainement en sorte que les USA plieront, à un moment ou un autre, bagage. D’ailleurs et pour rappel aussi, si Washington a limité aujourd’hui les agressions militaires ouvertes contre des Etats souverains, ce n’est pas tant due à l’amabilité étasunienne, mais tout simplement à la compréhension des capacités de riposte actuelles pouvant viser de telles agressions. Au moins quelque chose que l’establishment US comprend.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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USA: les républicains pour le durcissement des sanctions contre les principaux adversaires géopolitiques

Gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19, tensions inter-ethniques, raciales, violence policière et vandalisme des casseurs à l’intérieur, refus d’accepter l’ordre unipolaire révolu par la grande majorité des pays du monde à l’extérieur, mais rien n’y fait – les représentants de l’establishment US prévoient de s’accrocher jusqu’au bout. Y compris à travers de nouvelles menaces qu’ils souhaitent mettre à exécution. 

Les républicains à la Chambre des représentants du Congrès étasunien ont publié mercredi un rapport sur la stratégie de la sécurité nationale, appelé à «renforcer le rôle des Etats-Unis et à contrer les menaces mondiales». Dans ledit rapport, il est notamment proposé d’imposer «les sanctions les plus dures jamais imposées auparavant» contre la Russie, l’Iran, et le Parti communiste chinois. A noter que le groupe de travail en question fait partie de la plus grande association de la faction républicaine à la Chambre des représentants US.

Ainsi, les auteurs du rapport proposent d’inclure la Russie sur la liste «des pays parrainant le terrorisme» – une liste que rédige l’administration présidentielle étasunienne. Ni plus, ni moins. Les raisons pour de telles accusations serait le soutien de Moscou aux corps des Gardiens de la révolution islamique iranien, le Hezbollah libanais, ou encore aux Talibans afghans. L’autre raison invoquée serait le fait qu’au cours de la dernière décennie, la Russie a affirmé son rôle de puissance mondiale, avec «une intention claire de saper l’ordre mondial sous la direction des USA». Ce serait peut-être d’ailleurs et surtout la principale raison.

L’autre orientation vis-à-vis de la Russie concerne, là aussi sans grande surprise, le secteur énergétique. Ainsi, le Congrès est invité à imposer une seconde couche de sanctions aux entreprises soutenant les projets pétroliers et gaziers russes. Ce n’est pas tout: selon les dits auteurs, il faut également imposer des restrictions à l’acquisition de la nouvelle dette souveraine russe, tout en poursuivant des sanctions personnelles vis-à-vis de responsables russes, et… des structures pro-russes dans d’autres pays. La liste n’est pas terminée, puisque les «érudits » étasuniens appellent aussi à exclure la Russie du système interbancaire SWIFT.

Dans le cas de Pékin, le rapport propose d’imposer «des sanctions contre le Front uni du Comité central du Parti communiste chinois», ainsi qu’à l’encontre d’un certain nombre de hauts fonctionnaires, y compris des membres du Politburo. Ceci, «dans le cadre de leurs activités concernant la population ouïghoure de Chine, ainsi que dans celui de la situation à Hong Kong». Les auteurs du rapport pensent également qu’en ce qui concerne la Chine, il est plus raisonnable d’utiliser des «sanctions ciblées», qui selon eux «fonctionneraient plus efficacement que les mesures tarifaires à grande échelle, qui affecteront à large échelle les USA eux-mêmes». Enfin, ils font également mention de la nécessité de bloquer la propagande chinoise, ainsi que de prendre les «mesures pour empêcher les technologies américaines critiques d’arriver dans ce pays».

En ce qui concerne la lutte contre l’Iran, le rapport propose d’imposer de nouvelles sanctions vis-à-vis d’un certain nombre de secteurs de l’économie iranienne. En parallèle des mesures visant les structures régionales affiliées à la République islamique, en particulier les milices pro-iraniennes en Syrie, Irak, Liban et Yémen. Reste tout de même à espérer que les initiateurs de ce rapport maitrisent également la localisation géographique des pays dont ils font mention.

Maintenant, pour parler perspectives. Evidemment, toutes ces mesures proposées par les politiciens étasuniens, peu importe d’ailleurs qu’ils soient républicains ou démocrates – car la haine de la Chine, de la Russie et de l’Iran les rassemble fortement – sont de nature consultatives et ne sont pas (en tout cas pour le moment) un projet de loi soumis au Congrès. Il n’empêche que cette action est tout de même très révélatrice des intentions de l’establishment étasunien dans son ensemble – y compris dans le camp de Donald Trump – à savoir se battre jusqu’au bout pour un retour à une gestion unipolaire du monde, même si le navire en question continue de couler.

Evidemment, dans le cas d’une imposition de telles sanctions, la guerre pourrait être totale, aussi bien sur le plan économique, qu’au niveau de la confrontation militaro-stratégique (sans forcément de guerre directe, mais avec une implosion d’affrontements locaux et régionaux). Et au vu des capacités contemporaines de Pékin, Moscou, et Téhéran, sans y inclure les alliés respectifs, Washington ne sortira pas gagnant d’une telle confrontation. Et ne ferait qu’accélérer sa chute. Mais connaissant la mentalité des élites atlantistes, beaucoup plus joueurs de pokers que d’échecs, ils pensent que miser le tout serait la solution. Rien n’est moins sûr. Ajoutez à cela les innombrables problèmes irrésolus de l’intérieur, et le tour est joué. Sauf que le Deep State n’a que peu à faire non seulement des vies humaines au-delà des frontières US, mais également sur le front intérieur, et effectivement l’époque actuelle multipolaire n’avait jamais autant remis en question leur pouvoir autoproclamé et inacceptable pour l’écrasante partie de l’humanité. 

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran brise le blocus étasunien du Venezuela

Malgré les sanctions étasuniennes visant la République islamique d’Iran et la République bolivarienne du Venezuela, les dernières actions des deux pays démontrent la détermination d’outrepasser ces pressions, et ce malgré les menaces de Washington.

Le premier des cinq pétroliers iraniens est arrivé au Venezuela, transportant des carburants nécessaires pour la nation latino-américaine. L’information est confirmée par Tareck El Aissami, le ministre vénézuélien du Pétrole. Il a également indiqué que le navire a été escorté par les forces armées à son entrée dans les eaux territoriales du pays.

A cet effet, l’ambassade iranienne à Caracas a également publié un communiqué et a remercié les militaires vénézuéliens: «Le premier pétrolier iranien a atteint les côtes vénézuéliennes. Nous sommes reconnaissants aux Forces armées bolivariennes pour l’avoir escorté». La télévision pan-latino-américaine Telesur a en outres diffusé les images correspondantes.

L’arrivée des quatre autres navires est prévue dans les prochains jours. Au total, 1,5 million de barils de carburant font partie des livraisons en cours. Le tout à un moment où les pénuries de carburant en République bolivarienne se sont aggravées avec la propagation du Covid-19. Pour rappel, les USA ont imposé des sanctions visant les exportations de brut de l’Iran et du Venezuela. Tout en proférant des menaces de recours armé. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué de rappeler le représentant permanant du Venezuela à l’ONU, en déclarant que les pétroliers iraniens transportant le carburant à destination de son pays font l’objet d’une «menace d’un usage imminent de la force militaire par les Etats-Unis». Le représentant vénézuélien parle également de «crime d’extermination», puisque ces actions visent à priver le peuple du Venezuela d’un moyen vital de subsistance.

Ceci étant dit, les deux pays ne comptent pas reculer. Et se disent, en cas de nécessité, à être prêts d’utiliser leurs capacités défensives. C’est ce que d’ailleurs n’a pas manqué d’affirmer le président iranien Hassan Rouhani, lors d’une conversation téléphonique avec l’émir du Qatar samedi, cité par l’agence Mehr, en avertissant que la République islamique d’Iran répondrait à toute éventuelle agression étasunienne contre les pétroliers iraniens dans la mer des Caraïbes ou tout autre point du monde.

Si les deux pays se montrent prêts à s’entraider sur le plan énergétique, économique et militaire, il serait également important de rappeler que malgré l’hostilité de Washington et de ses alliés occidentaux, Caracas peut aussi compter, entre autres, sur le soutien de la Russie, de la Chine, de Cuba, de la Turquie ou encore du Mexique – dans le cas des deux premiers y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU. Cela sans oublier plusieurs secteurs d’importance stratégique qui lient Moscou et Pékin aux autorités vénézuéliennes, parmi lesquels on retrouve également les projets de partenariat économico-énergétique, sans oublier la coopération militaro-technique.

Une chose est certaine. Le refus de suivre les prérogatives de Washington et des capitales occidentales, aussi bien de la part de Téhéran que de Caracas, conforte l’idée que la réalité multipolaire mondiale est bel et bien une réalité admise, et non pas un projet en cours de construction. Malgré cela, et au moment d’énormes défis dont font face à l’heure actuelle les USA, l’establishment de ces derniers n’est toujours pas en mesure, et probablement ne le sera pas, à reconnaitre cette réalité. Quoiqu’il en soit, ce refus égocentré d’un nombre limité de pays de la planète ne pourra vraisemblablement stopper le processus naturel des choses en cours. Les seuls perdants de la réalité présente n’étant que ceux qui la refusent.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Otan: où mèneront les tensions turco-étasuniennes?

Alors que les pays-membres influents de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan) commencent à tirer la sonnette d’alarme quant à l’avenir de cette organisation, portant à ce jour l’héritage de la Guerre froide, les dissensions entre la Turquie et les autres membres de cette structure ne font que s’accentuer, notamment avec les USA.

Au cours des dernières années, les points de discorde entre le leadership turc et les représentants des autres pays-membres de l’Otan ont monté en flèche. Quoiqu’en puissent dire les divers experts traitant de cette question sur les raisons de cette discorde: politique «autoritaire» du président Erdogan, «violations» prétendues des droits de l’homme, coopération militaire avec la Russie – inimaginable pour un membre de l’Otan selon les responsables de Washington et Bruxelles -, et la liste n’est pas exhaustive, le fait est que les attaques à l’intérieur de la famille otanesque à l’encontre de la Turquie ne sont dues qu’au simple fait qu’Ankara assume pleinement sa politique indépendante et souveraine, conformément à ses intérêts nationaux.

Lors du récent Sommet de l’Otan à Londres, et malgré l’air «d’unité» affichée, les échanges houleux n’ont pas manqué. Cela fut évident lorsque le président français Macron demandera au chef d’Etat de la Turquie d’expliquer comment un pays-membre de l’Otan puisse se «permettre» d’acheter un système russe, comme les S-400. La réponse du président turc ne s’est pas fait attendre: «C’est à toi que je dois demander quoi acheter et à qui?»…

Le fait est que justement sur le fameux sujet de l’acquisition des S-400 russes par la Turquie, le leadership turc n’a pas failli à ses responsabilités engagées dans le cadre contractuel, et ce malgré l’énorme pression auquel il a dû faire face. Une chose est également certaine: bien que la Turquie et la Russie partagent parfois des approches plus ou moins différentes sur un certain nombre de dossiers internationaux, notamment en Syrie et plus récemment en Libye, néanmoins Ankara assume et tient à son partenariat stratégique avec Moscou. Et ce aussi bien sur le plan économique, politique, énergétique et désormais même sécuritaire.

Evidemment les élites étasuniennes, surtout la frange la plus radicale de l’establishment US, ne peut tolérer une telle «indépendance» d’un membre d’une organisation où tous sont censés appliquer à la lettre les prérogatives washingtoniennes. Le spectre donc des sanctions étasuniennes à l’encontre de la Turquie est aujourd’hui d’actualité plus que jamais. Mais le leadership turc a d’ores et déjà confirmé que la puissance eurasienne ne restera pas observatrice et adoptera si nécessaire des mesures de rétorsion. Et ces mesures éventuelles de rétorsion sont tout à fait sérieuses: Ankara ayant brandi la possibilité de fermer les bases militaires d’Incirlik et de Kurecik, se trouvant sur le territoire turc et utilisées par les USA.

Il serait bon de rappeler aussi que la Turquie n’est pas un simple figurant parmi les membres de l’Otan. Il s’agit tout simplement de la deuxième armée de l’Otan en termes d’effectifs, et qui représente historiquement le partenaire essentiel du flanc sud de l’organisation otanesque. Et il n’est nullement dans l’intérêt des élites atlantistes de perdre un tel membre. Le leadership turc le comprend parfaitement et fait en sorte d’agrandir encore plus son indépendance, notamment dans le cadre de ses relations avec la Russie ou encore l’Iran, et plus généralement l’espace eurasiatique auquel appartient le pays, dans le cadre de ses intérêts géoéconomiques comme géopolitiques, confortant ainsi la thèse d’être une importante puissance régionale souveraine. Le tout en ne fermant pas la porte au dialogue ni avec les Etats-Unis, ni avec les autres membres de l’Otan.

Néanmoins la question qui prévaut est la suivante: est-ce que les éléments radicaux de l’élite politique et militaire étasunienne soient capables de reconnaitre cette réalité d’indépendance de la part des pays revendiquant leur souveraineté, d’autant plus lorsque ceux-là font partie d’une structure où Washington se positionne en maître absolu? Bien peu probable.

Les déclarations émanant de la Turquie quant aux représailles éventuelles dans le cas des sanctions à son encontre ont un peu calmé les ardeurs étasuniennes: le Pentagone ayant déclaré faire des «efforts» afin de maintenir ses relations avec la Turquie et promouvoir un dialogue pour régler les différends. Confirmant ainsi la crainte américaine de devoir perdre la Turquie au sein de l’Otan. Un scénario tout de même et pour le moment peu imaginable – le coup serait trop dur pour la structure nord-atlantique. Ainsi, la Turquie y restera probablement encore membre un certain temps. Tout en poursuivant vraisemblablement sa politique actuelle d’indépendance, conformément à ses propres intérêts.

Plus que cela, l’exemple turc pourrait à terme devenir viral pour d’autres pays, notamment d’Europe occidentale – dont les élites au cours des dernières années ont parfois pris l’habitude de se fouetter soi-même, ou plutôt de frapper les intérêts de leurs propres pays et peuples. Surtout dans les cas où les prérogatives de Washington données à ses «alliés» européens représentaient tout simplement des pertes économiques de grande envergure, sans aucune compensation. La Turquie, à travers une approche bien différente, a montré la voie. Les leaders européens sauront-ils être à la hauteur des attentes de leurs populations, la question reste en suspens. Quant à l’Otan, il continuera d’exister encore un certain temps, mais de plus en plus sous perfusion artificielle – étant un organe qui devait tout simplement disparaitre au même moment que le Pacte de Varsovie.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1285

Non, les sanctions occidentales ne casseront pas la Russie

Sanctions

Malgré la pression politico-économique exercée par l’Occident sur la Russie, cette dernière a clairement montré qu’elle s’est non seulement adaptée à cette réalité, mais qu’en plus elle en tire un profit de plus en plus évident. Retour sur la place de la Russie dans le monde à l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde.

Alors que le quatrième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie approche et que les relations Russie-Occident ne cessent de se détériorer- comme le confirment d’ailleurs les nouvelles tensions entre Londres et Moscou- il serait peut-être temps de faire un bilan de ces quatre années, sur beaucoup de points des années révolutionnaires.

D’ailleurs les nouvelles accusations émanant de la perfide Albion contre la Russie —sans avoir jusqu’à maintenant présenté ne serait-ce qu’un minimum de preuves- confirment la volonté —et l’impuissance- du leadership occidental, notamment anglo-saxon, à faire plier la Russie, ne serait-ce que sur un dossier.

Il est d’ailleurs étonnant que cette crise survienne à l’approche de deux événements importants pour la Russie: les élections présidentielles, qui auront lieu dans quelques jours et dans lesquelles Vladimir Poutine est clairement le grand favori. Mais aussi la Coupe du Monde de football qui, malgré toutes les tentatives des forces russophobes de la lui arracher, aura bien lieu avec l’arrivée de millions de visiteurs étrangers pour ce grand événement sportif planétaire.

Par ailleurs, en Syrie, le «regime change» poussé par les gouvernements et les médias occidentaux ne s’est pas réalisé. Pire encore, aujourd’hui les «intéressés» comprennent que leurs milliards d’investissements se sont évaporés faute d’obtenir le résultat souhaité.

En parallèle, la Russie continue de renforcer ses positions sur l’arène internationale, comme en témoigne le renforcement des relations politiques, économico-commerciales et militaires avec bon nombre de pays n’appartenant pas au petit monde occidental, qui ne cesse de s’affirmer chaque jour un peu plus.

Il faut dire que sur le plan économique, la Russie a de plus en plus d’arguments à faire valoir auprès de ses partenaires: le pays connaît une croissance continue et certains secteurs bénéficient d’un développement sans précédent. Nous pensons notamment à celui de l’agriculture, alors que l’UE continue de calculer les dégâts des contre-sanctions russes visant les produits occidentaux.

Des pertes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros de pertes financières et en centaines de milliers d’emplois perdus. Pour mémoire, selon les données publiées en 2017 par l’Institut autrichien pour la recherche économique (WIFO), les pays de l’UE ont comptabilisé pour la seule année 2015 (une année après le lancement des sanctions occidentales contre la Russie et la riposte russe qui s’en est suivie) des pertes de revenus de l’ordre de 17,6 milliards d’euros. Le même institut comptabilise 400.000 emplois perdus, toujours pour la seule année 2015, à travers l’Europe bruxelloise en raison des contre-sanctions russes.

Au-delà d’avoir fermé, et probablement pour bien longtemps, l’accès au vaste marché russe à de nombreux produits agroalimentaires occidentaux —dont européens, la Russie renforce ses positions de puissance exportatrice. En effet, aux dernières nouvelles la Russie est tout simplement devenue le premier exportateur mondial de céréales, devançant par la même occasion les USA: elle en a produit 134,5 millions de tonnes en 2017 contre 64,5 millions de tonnes en 2000. La Russie confirme à travers cet exemple qu’elle est loin d’être un pays exportant uniquement ses hydrocarbures et son armement.

Ajoutez à cela les millions d’étudiants étrangers qui continuent de venir se former chaque année en Russie, l’export du savoir-faire russe dans le domaine informatique et des nouvelles technologies, sans oublier les compétences de la Russie dans l’aéronautique et le domaine spatial… cela fait beaucoup pour un pays que certains hommes politiques occidentaux osaient qualifier de «puissance régionale». Et avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à la Russie en Asie, Afrique et Amérique latine —parties du monde à haut taux de croissance et de consommation et où la Russie est généralement plus que la bienvenue, l’heure est clairement à l’optimisme.

Quant aux provocations occidentales visant la Russie, elles se poursuivront —il faut y être prêt. La Russie est prête.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803161035520469-russie-occident-sanctions/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Turquie: les menaces de l’UE n’impressionnent pas

Turquie

Pourquoi l’Europe dans sa version bruxelloise rappelle l’héroïne de l’œuvre Le Revizor de l’écrivain russe Nicolas Gogol, qui s’était fouettée soi-même ? Car elle n’est toujours pas en capacité d’analyser ses propres erreurs et de faire les bonnes conclusions.

Au contraire et au vu de la rhétorique toujours en vigueur, la situation pour l’UE ne peut que s’empirer.

Dans un article récent du journaliste allemand Jürgen Gottschlich pour le quotidien berlinois Die Tageszeitung, l’auteur parle du fait que l’Union européenne devrait suivre l’exemple russe (lorsque la Russie a adopté des mesures de rétorsion après que le bombardier russe Su-24 ait été abattu dans le ciel syrien par un chasseur turc, en novembre de l’année dernière) à l’encontre de la Turquie. Tout en sachant que l’auteur allemand n’est aucunement un sympathisant de la Russie, tout au contraire. Comme l’un des arguments il avance le fait que c’est le seul langage que comprend le président turc Erdogan et que c’est la raison pour laquelle la Turquie après une demi-année de relations fortement difficiles avec la Russie, a tout fait pour ensuite les normaliser. Toujours selon lui, Bruxelles devrait adopter la même « fermeté » envers la Turquie pour la forcer à être plus conciliante, en indiquant par ailleurs que la « Turquie dépend plus économiquement de l’UE que de la Russie ». Le reste de l’article garde le même style habituel des journalistes du mainstream occidental, à savoir des leçons de « démocratie » habituelles, une habitude que les élites occidentales ne sont toujours pas prêts à oublier comme méfait du passé, y compris même aujourd’hui — face aux nouvelles réalités du monde multipolaire.

Maintenant il serait intéressant de répondre à cet article car je dois avouer que cette arrogance occidentale bien connue a reconfirmé une fois encore une chose évidente : l’Occident politico-médiatique se croit toujours en capacité de donner des leçons au monde entier, particulièrement aux peuples non-occidentaux qu’il considère clairement inférieurs. Cette approche est la même que ce soit envers la Russie, la Chine, la Syrie, l’Iran, la Turquie, les pays d’Afrique ou d’Amérique latine. Absolument la même. Et mêmes les humiliations subies plusieurs fois ces temps-ci semblent ne pas stopper nos « braves bien-pensants » occidentaux.

Donc répondons-y. Tout d’abord et dans le cas des relations russo-turques, la Russie n’était nullement intéressée par des mesures de rétorsion à l’encontre de la Turquie. Cette dernière étant un partenaire stratégique au niveau des relations économico-commerciales, surtout au vu de la dynamique observée depuis les 5-10 dernières années. Mais la Russie n’avait tout simplement pas le choix car ce qui est arrivé en novembre 2015 dans le ciel syrien était réellement considéré comme un coup de poignard dans le dos. Et vu que la Turquie n’a pas voulu au départ de cette situation fortement désagréable adopter l’approche qui aurait pu éviter de geler ou limiter plusieurs secteurs du partenariat bilatéral, la Russie avait alors adopté une série de mesures de rétorsion. Une demi-année a passé. Le leadership turc a présenté les excuses officielles et faut le dire a tout fait pour que cette normalisation ait lieu. Une normalisation que la Russie souhaitait aussi. Depuis les deux pays reparlent partenariat stratégique et tout semble suivre le cours logique des choses. Dans le cas de l’UE, elle n’a aucune raison digne de ce nom pour sanctionner la Turquie, si ce n’est le désir toujours aussi ardent de donner des leçons de vie aux autres.

Deuxièmement pour répondre au fait que la Turquie dépendrait économiquement parlant soi-disant plus de l’UE que de la Russie. Tout d’abord et dans le cas des relations turco-russes, il ne s’agit pas de dépendance : ce sont des relations véritablement issues du concept gagnant-gagnant. Et les représentants du leadership turc ont raison de rappeler que les deux pays se complètent parfaitement. Maintenant parlons de la prétendue « dépendance turque » vis-à-vis de l’UE, et de notamment de l’Allemagne, pays de citoyenneté de l’auteur dudit article. Si l’Allemagne est effectivement la première destination des exportations turques qui s’élèvent à plus de 12 milliards de dollars, néanmoins l’Allemagne exporte en Turquie pour plus de 19 milliards. Par ailleurs et si on regarde le TOP 6 des principales destinations de l’export turc, on retrouve en plus de l’Allemagne l’Irak, l’Iran, le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis et la Russie. Sur les 6 pays donc de ce classement, seuls 2 sont ouest-européens. Plus généralement il est admis que les trois principaux partenaires économiques de la Turquie sont l’Allemagne, la Russie et l’Iran. S’ajoute à cela la Chine qui est aujourd’hui également un partenaire économique de premier choix.

Quant aux importations qui arrivent en Turquie, c’est sûr que les pays de l’UE ne devraient pas se plaindre puisque en plus de l’Allemagne citée plus haut, des pays comme l’Italie ou la France en profitent bien eux aussi. Il faut à ce titre savoir que la Turquie est le 5ème plus grand marché d’exportation pour l’Union européenne et 6ème client hors UE des exportations françaises. A se demander alors qui gagneraient et qui perdraient le plus en cas de sanctions.

Par ailleurs, l’auteur allemand oublie également d’indiquer que depuis la signature à Istanbul le 10 octobre dernier de l’accord russo-turc sur le projet de gazoduc TurkStream allant de la Russie à la Turquie à travers la mer Noire, les deux pays sont passés alors à un niveau encore plus important de leur partenariat bilatéral. Ce projet renforce non seulement le rôle déjà très important de la Russie sur le marché gazier mais également celui de la Turquie. Et l’UE, grande consommatrice de gaz, ne peut se permettre de ne pas en tenir compte. Ajoutez à cela le fait que le marché russe est le plus important pour les entreprises turques du BTP, autre secteur fortement important pour l’économie de la Turquie. Tout comme le principal marché étranger d’écoulement des fruits et légumes frais, autre orientation commerciale turque importante. Et l’un des plus importants dans le domaine du textile et du prêt-à-porter. Enfin la Turquie qui est de loin la première destination de vacances à l’étranger pour les touristes russes. Des touristes russes qui sont deuxièmes en termes de nombre (de très peu derrière les Allemands) mais 3 fois plus dépensiers que les mêmes Allemands, faisant donc de la Russie de loin le marché touristique émetteur prioritaire pour la Turquie. Sans oublier que les leaders des deux pays se sont fixés l’objectif d’atteindre 100 milliards de dollars d’échanges d’ici 2020. Tout cela pour dire que le journaliste allemand peut clairement revoir son enthousiasme à la baisse : le partenariat économique de la Turquie avec la Russie, et plus généralement avec l’espace eurasiatique, est sur beaucoup de points plus important pour la première que ses relations avec l’UE.

Et même si en perspective l’Europe bruxelloise allait à imposer des sanctions économiques à la Turquie, l’UE serait la première à en payer les frais. Vraisemblablement la leçon des contre-sanctions russes n’a rien appris aux donneurs de leçons occidentaux. Soyons clairs : si l’UE imposait des sanctions contre la Turquie (7ème puissance économique européenne et 1ère du Moyen-Orient), c’est en premier lieu tout le business ouest-européen présent en Turquie (un marché de plus de 75 millions de consommateurs) qui criera sa révolte, comme ce fut le cas (et l’est toujours) en Russie. D’autre part, la Turquie pourra prendre exemple sur la Russie et imposer des contre-sanctions à l’Union européenne là où cela fera le plus mal aux intérêts de l’UE. Avec comme résultats des milliards de pertes pour l’économie bruxelloise, déjà pas au mieux ces temps-ci. Enfin, une telle approche exacerbera les sentiments anti-occidentaux au sein de la société turque et convaincra les indécis à suivre définitivement ceux qui en Turquie soutiennent l’idée de rejoindre l’axe Moscou-Téhéran. Et ils sont nombreux.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201611221028812516-menaces-turquie-ue/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/