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Non, les sanctions occidentales ne casseront pas la Russie

Sanctions

Malgré la pression politico-économique exercée par l’Occident sur la Russie, cette dernière a clairement montré qu’elle s’est non seulement adaptée à cette réalité, mais qu’en plus elle en tire un profit de plus en plus évident. Retour sur la place de la Russie dans le monde à l’approche des élections présidentielles et de la Coupe du monde.

Alors que le quatrième anniversaire de la réunification de la Crimée avec la Russie approche et que les relations Russie-Occident ne cessent de se détériorer- comme le confirment d’ailleurs les nouvelles tensions entre Londres et Moscou- il serait peut-être temps de faire un bilan de ces quatre années, sur beaucoup de points des années révolutionnaires.

D’ailleurs les nouvelles accusations émanant de la perfide Albion contre la Russie —sans avoir jusqu’à maintenant présenté ne serait-ce qu’un minimum de preuves- confirment la volonté —et l’impuissance- du leadership occidental, notamment anglo-saxon, à faire plier la Russie, ne serait-ce que sur un dossier.

Il est d’ailleurs étonnant que cette crise survienne à l’approche de deux événements importants pour la Russie: les élections présidentielles, qui auront lieu dans quelques jours et dans lesquelles Vladimir Poutine est clairement le grand favori. Mais aussi la Coupe du Monde de football qui, malgré toutes les tentatives des forces russophobes de la lui arracher, aura bien lieu avec l’arrivée de millions de visiteurs étrangers pour ce grand événement sportif planétaire.

Par ailleurs, en Syrie, le «regime change» poussé par les gouvernements et les médias occidentaux ne s’est pas réalisé. Pire encore, aujourd’hui les «intéressés» comprennent que leurs milliards d’investissements se sont évaporés faute d’obtenir le résultat souhaité.

En parallèle, la Russie continue de renforcer ses positions sur l’arène internationale, comme en témoigne le renforcement des relations politiques, économico-commerciales et militaires avec bon nombre de pays n’appartenant pas au petit monde occidental, qui ne cesse de s’affirmer chaque jour un peu plus.

Il faut dire que sur le plan économique, la Russie a de plus en plus d’arguments à faire valoir auprès de ses partenaires: le pays connaît une croissance continue et certains secteurs bénéficient d’un développement sans précédent. Nous pensons notamment à celui de l’agriculture, alors que l’UE continue de calculer les dégâts des contre-sanctions russes visant les produits occidentaux.

Des pertes qui se chiffrent en dizaines de milliards d’euros de pertes financières et en centaines de milliers d’emplois perdus. Pour mémoire, selon les données publiées en 2017 par l’Institut autrichien pour la recherche économique (WIFO), les pays de l’UE ont comptabilisé pour la seule année 2015 (une année après le lancement des sanctions occidentales contre la Russie et la riposte russe qui s’en est suivie) des pertes de revenus de l’ordre de 17,6 milliards d’euros. Le même institut comptabilise 400.000 emplois perdus, toujours pour la seule année 2015, à travers l’Europe bruxelloise en raison des contre-sanctions russes.

Au-delà d’avoir fermé, et probablement pour bien longtemps, l’accès au vaste marché russe à de nombreux produits agroalimentaires occidentaux —dont européens, la Russie renforce ses positions de puissance exportatrice. En effet, aux dernières nouvelles la Russie est tout simplement devenue le premier exportateur mondial de céréales, devançant par la même occasion les USA: elle en a produit 134,5 millions de tonnes en 2017 contre 64,5 millions de tonnes en 2000. La Russie confirme à travers cet exemple qu’elle est loin d’être un pays exportant uniquement ses hydrocarbures et son armement.

Ajoutez à cela les millions d’étudiants étrangers qui continuent de venir se former chaque année en Russie, l’export du savoir-faire russe dans le domaine informatique et des nouvelles technologies, sans oublier les compétences de la Russie dans l’aéronautique et le domaine spatial… cela fait beaucoup pour un pays que certains hommes politiques occidentaux osaient qualifier de «puissance régionale». Et avec les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à la Russie en Asie, Afrique et Amérique latine —parties du monde à haut taux de croissance et de consommation et où la Russie est généralement plus que la bienvenue, l’heure est clairement à l’optimisme.

Quant aux provocations occidentales visant la Russie, elles se poursuivront —il faut y être prêt. La Russie est prête.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201803161035520469-russie-occident-sanctions/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Turquie: les menaces de l’UE n’impressionnent pas

Turquie

Pourquoi l’Europe dans sa version bruxelloise rappelle l’héroïne de l’œuvre Le Revizor de l’écrivain russe Nicolas Gogol, qui s’était fouettée soi-même ? Car elle n’est toujours pas en capacité d’analyser ses propres erreurs et de faire les bonnes conclusions.

Au contraire et au vu de la rhétorique toujours en vigueur, la situation pour l’UE ne peut que s’empirer.

Dans un article récent du journaliste allemand Jürgen Gottschlich pour le quotidien berlinois Die Tageszeitung, l’auteur parle du fait que l’Union européenne devrait suivre l’exemple russe (lorsque la Russie a adopté des mesures de rétorsion après que le bombardier russe Su-24 ait été abattu dans le ciel syrien par un chasseur turc, en novembre de l’année dernière) à l’encontre de la Turquie. Tout en sachant que l’auteur allemand n’est aucunement un sympathisant de la Russie, tout au contraire. Comme l’un des arguments il avance le fait que c’est le seul langage que comprend le président turc Erdogan et que c’est la raison pour laquelle la Turquie après une demi-année de relations fortement difficiles avec la Russie, a tout fait pour ensuite les normaliser. Toujours selon lui, Bruxelles devrait adopter la même « fermeté » envers la Turquie pour la forcer à être plus conciliante, en indiquant par ailleurs que la « Turquie dépend plus économiquement de l’UE que de la Russie ». Le reste de l’article garde le même style habituel des journalistes du mainstream occidental, à savoir des leçons de « démocratie » habituelles, une habitude que les élites occidentales ne sont toujours pas prêts à oublier comme méfait du passé, y compris même aujourd’hui — face aux nouvelles réalités du monde multipolaire.

Maintenant il serait intéressant de répondre à cet article car je dois avouer que cette arrogance occidentale bien connue a reconfirmé une fois encore une chose évidente : l’Occident politico-médiatique se croit toujours en capacité de donner des leçons au monde entier, particulièrement aux peuples non-occidentaux qu’il considère clairement inférieurs. Cette approche est la même que ce soit envers la Russie, la Chine, la Syrie, l’Iran, la Turquie, les pays d’Afrique ou d’Amérique latine. Absolument la même. Et mêmes les humiliations subies plusieurs fois ces temps-ci semblent ne pas stopper nos « braves bien-pensants » occidentaux.

Donc répondons-y. Tout d’abord et dans le cas des relations russo-turques, la Russie n’était nullement intéressée par des mesures de rétorsion à l’encontre de la Turquie. Cette dernière étant un partenaire stratégique au niveau des relations économico-commerciales, surtout au vu de la dynamique observée depuis les 5-10 dernières années. Mais la Russie n’avait tout simplement pas le choix car ce qui est arrivé en novembre 2015 dans le ciel syrien était réellement considéré comme un coup de poignard dans le dos. Et vu que la Turquie n’a pas voulu au départ de cette situation fortement désagréable adopter l’approche qui aurait pu éviter de geler ou limiter plusieurs secteurs du partenariat bilatéral, la Russie avait alors adopté une série de mesures de rétorsion. Une demi-année a passé. Le leadership turc a présenté les excuses officielles et faut le dire a tout fait pour que cette normalisation ait lieu. Une normalisation que la Russie souhaitait aussi. Depuis les deux pays reparlent partenariat stratégique et tout semble suivre le cours logique des choses. Dans le cas de l’UE, elle n’a aucune raison digne de ce nom pour sanctionner la Turquie, si ce n’est le désir toujours aussi ardent de donner des leçons de vie aux autres.

Deuxièmement pour répondre au fait que la Turquie dépendrait économiquement parlant soi-disant plus de l’UE que de la Russie. Tout d’abord et dans le cas des relations turco-russes, il ne s’agit pas de dépendance : ce sont des relations véritablement issues du concept gagnant-gagnant. Et les représentants du leadership turc ont raison de rappeler que les deux pays se complètent parfaitement. Maintenant parlons de la prétendue « dépendance turque » vis-à-vis de l’UE, et de notamment de l’Allemagne, pays de citoyenneté de l’auteur dudit article. Si l’Allemagne est effectivement la première destination des exportations turques qui s’élèvent à plus de 12 milliards de dollars, néanmoins l’Allemagne exporte en Turquie pour plus de 19 milliards. Par ailleurs et si on regarde le TOP 6 des principales destinations de l’export turc, on retrouve en plus de l’Allemagne l’Irak, l’Iran, le Royaume-Uni, les Emirats arabes unis et la Russie. Sur les 6 pays donc de ce classement, seuls 2 sont ouest-européens. Plus généralement il est admis que les trois principaux partenaires économiques de la Turquie sont l’Allemagne, la Russie et l’Iran. S’ajoute à cela la Chine qui est aujourd’hui également un partenaire économique de premier choix.

Quant aux importations qui arrivent en Turquie, c’est sûr que les pays de l’UE ne devraient pas se plaindre puisque en plus de l’Allemagne citée plus haut, des pays comme l’Italie ou la France en profitent bien eux aussi. Il faut à ce titre savoir que la Turquie est le 5ème plus grand marché d’exportation pour l’Union européenne et 6ème client hors UE des exportations françaises. A se demander alors qui gagneraient et qui perdraient le plus en cas de sanctions.

Par ailleurs, l’auteur allemand oublie également d’indiquer que depuis la signature à Istanbul le 10 octobre dernier de l’accord russo-turc sur le projet de gazoduc TurkStream allant de la Russie à la Turquie à travers la mer Noire, les deux pays sont passés alors à un niveau encore plus important de leur partenariat bilatéral. Ce projet renforce non seulement le rôle déjà très important de la Russie sur le marché gazier mais également celui de la Turquie. Et l’UE, grande consommatrice de gaz, ne peut se permettre de ne pas en tenir compte. Ajoutez à cela le fait que le marché russe est le plus important pour les entreprises turques du BTP, autre secteur fortement important pour l’économie de la Turquie. Tout comme le principal marché étranger d’écoulement des fruits et légumes frais, autre orientation commerciale turque importante. Et l’un des plus importants dans le domaine du textile et du prêt-à-porter. Enfin la Turquie qui est de loin la première destination de vacances à l’étranger pour les touristes russes. Des touristes russes qui sont deuxièmes en termes de nombre (de très peu derrière les Allemands) mais 3 fois plus dépensiers que les mêmes Allemands, faisant donc de la Russie de loin le marché touristique émetteur prioritaire pour la Turquie. Sans oublier que les leaders des deux pays se sont fixés l’objectif d’atteindre 100 milliards de dollars d’échanges d’ici 2020. Tout cela pour dire que le journaliste allemand peut clairement revoir son enthousiasme à la baisse : le partenariat économique de la Turquie avec la Russie, et plus généralement avec l’espace eurasiatique, est sur beaucoup de points plus important pour la première que ses relations avec l’UE.

Et même si en perspective l’Europe bruxelloise allait à imposer des sanctions économiques à la Turquie, l’UE serait la première à en payer les frais. Vraisemblablement la leçon des contre-sanctions russes n’a rien appris aux donneurs de leçons occidentaux. Soyons clairs : si l’UE imposait des sanctions contre la Turquie (7ème puissance économique européenne et 1ère du Moyen-Orient), c’est en premier lieu tout le business ouest-européen présent en Turquie (un marché de plus de 75 millions de consommateurs) qui criera sa révolte, comme ce fut le cas (et l’est toujours) en Russie. D’autre part, la Turquie pourra prendre exemple sur la Russie et imposer des contre-sanctions à l’Union européenne là où cela fera le plus mal aux intérêts de l’UE. Avec comme résultats des milliards de pertes pour l’économie bruxelloise, déjà pas au mieux ces temps-ci. Enfin, une telle approche exacerbera les sentiments anti-occidentaux au sein de la société turque et convaincra les indécis à suivre définitivement ceux qui en Turquie soutiennent l’idée de rejoindre l’axe Moscou-Téhéran. Et ils sont nombreux.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201611221028812516-menaces-turquie-ue/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Sanctions russes contre la Turquie, une aubaine pour le Maroc? Analyse.

Sanctions russes contre la Turquie, une aubaine pour le Maroc ?

Après l’attaque de la Turquie contre le bombardier russe Su-24 dans le ciel syrien, ayant résulté en la mort de deux militaires russes, le colonel Oleg Pechkov et le fantassin de la marine Alexandre Pozynitch, la Russie avait promis de réagir. La réponse ne s’est pas fait attendre longtemps.

Vladimir Poutine a signé les mesures de rétorsion contre la Turquie:

— Suspension à partir du 1er janvier 2016 du régime sans visas pratiqué actuellement entre la Russie et la Turquie
— Suspension des ventes de voyages et produits touristiques en Russie à destination de la République turque
— Les vols charters entre la Russie et la Turquie interdits
— Interdiction aux employeurs russes d’embaucher des citoyens turcs, également à partir du 1er janvier 2016 (selon plusieurs sources entre 150 et 200 mille citoyens turcs vivent et travaillent actuellement en Russie)
— Interdiction et limitation de l’activité des organisations turques en Russie
— Interdiction et limitation sur une série de produits en provenance de Turquie

Erdogan a quant à lui affirmé qu’il fera tout pour « normaliser les relations entre les deux pays » et qu’il espérait « une normalisation rapide des relations ».

Selon lui, « la Turquie a besoin de la Russie comme la Russie a besoin de la Turquie. Nous ne pouvons pas ne plus être en contact ». Il a également ajouté qu’il « espérait qu’il n’y aura plus d’incidents comme celui des derniers jours: « Cet incident nous a beaucoup chagriné. J’espère que cela ne se reproduira pas ». Ce qu’il oublie de dire c’est que ce n’est pas un « incident », c’est un acte criminel et une agression contre la Russie. Et ce qui est certain, c’est qu’à travers son soutien aux intérêts terroristes, il a mis les intérêts de son pays et de son peuple grandement en danger… Aujourd’hui, en raison de ces agissements criminels, les citoyens de Turquie en paient les frais. A suivre désormais ce qu’il en sera. 

Pendant ce temps, de nouvelles opportunités s’ouvrent à d’autres pays, notamment le Royaume du Maroc. Un reportage entier a été consacré tout récemment à ce pays par la chaine d’information russe en continu Rossiya 24, chaine très populaire auprès des cercles politiques et d’affaires de Russie. Le reportage se focalisait sur les opportunités existantes entre les deux Etats, surtout au niveau de l’exportation des produits agricoles marocains vers la Russie, ainsi que sur le Maroc en tant que destination touristique. Il a aussi mentionné les liens culturels forts entre les deux pays, depuis l’immigration russe qui a suivi la révolution bolchévique, jusqu’à aujourd’hui en passant par les liens datant de l’Union soviétique (nombre de cadres et spécialistes marocains ont été formés en URSS et en Russie, et continuent de l’être).

En effet faut-il le rappeler, le Maroc est le deuxième partenaire économique et commercial de la Russie en Afrique et dans le monde arabe, derrière l’Egypte. Les deux pays sont également signataires de la Déclaration sur le partenariat stratégique, signée à Moscou en octobre 2002. Le Maroc est de loin le premier fournisseur d’agrumes sur le marché russe: plus de 60% de sa production exportée va vers la Russie, le reste principalement dans l’Union européenne. Aujourd’hui, compte tenu de la limitation décidée par la Russie envers toute une série de produits turcs, y compris agricoles, le Maroc peut accroitre encore plus cette position dominante. Le Maroc avait aussi depuis déjà un certain temps commencé à exporter ses tomates sur le marché russe, une position qu’elle a renforcée notamment depuis la riposte russe aux sanctions occidentales, et l’interdiction d’importer une série de produits alimentaires et agricoles en Russie en provenance des pays concernés. A noter tout de même que jusqu’ici, c’est la Turquie qui dominait largement la part des légumes importés: pratiquement 80% du marché des tomates et 20% du total des importations russes de légumes. Maintenant et avec la réalité du moment, la part marocaine peut largement s’élargir. Tout comme sur d’autres produits alimentaires et agricoles. 

Le tourisme russe à destination du Maroc peut également commencer à croitre sérieusement. Jusqu’ici, les parts de lion étaient aux mains de la Turquie (4,5 millions de touristes russes pour la seule année dernière, des touristes d’autant plus les plus dépensiers) et l’Egypte (plus de 2,5 millions).

Le Maroc en est encore loin: aux alentours de 50 000 touristes russes annuels (statistiques de 2013) est un chiffre bien loin du potentiel véritable. Raisons à cela: prix plus élevés que sur l’Egypte et la Turquie, pas suffisamment de vols charters, le système « ALL INCLUSIVE » largement utilisé par les Turcs et les Egyptiens pas encore au point. Il faut quand même se rappeler que le Maroc n’a véritablement commencé à se concentrer sérieusement sur le marché touristique émetteur russe que depuis quelques années, tandis que la Turquie et l’Egypte en avaient fait leur priorité depuis plus longtemps. Mais le potentiel est bien là, donc à observer, connaissant surtout les énormes atouts du Maroc dans ce domaine, aussi bien au niveau du balnéaire, que du culturel. En tout cas les objectifs annoncés par les services compétents du Maroc et les professionnels du secteur sont claires: multiplier de plusieurs fois le flux touristique en provenance de la Russie vers le Maroc. A suivre donc. 

En 2014, les échanges entre la Fédération de Russie et le Royaume du Maroc se chiffraient à un peu plus de 1,5 milliards de dollars (bien loin encore des plus de 30 milliards d’échanges turco-russes). Néanmoins, la nouvelle réalité du moment, les objectifs déclarés et la visite annoncée dans les prochaines semaines du roi du Maroc Mohamed VI en Russie peuvent donner un nouvel élan au partenariat bilatéral. Le Maroc après avoir intelligemment su utiliser les contre-sanctions russes contre certains produits européens à son avantage, lui donne aujourd’hui l’occasion d’en faire de même compte tenu du sérieux refroidissement des relations entre la Russie et la Turquie.

 

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20151130/1019923692/sanctions-russie-turquie.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les sanctions occidentales ont renforcé l’unité des Russes

Des Russes soutenant le président Poutine

Les effets escomptés par ceux qui ont lancé le « jeu des sanctions » n’ont pas abouti. Au contraire, on voit aujourd’hui clairement l’effet totalement inverse.

L’économie russe se porte pas mal du tout. La monnaie russe, le rouble, en moins de trois mois a récupéré une bonne partie de sa valeur face aux devises étrangères, le tout après les différentes phases des sanctions occidentales à l’encontre de la Russie (on ne peut pas en dire autant de l’Ukraine voisine, pourtant pleinement « soutenue » par l’Occident…). Plus encore, même les élites financières occidentales avouent que la monnaie russe a prouvé pleinement sa fiabilité et représente une valeur sûre (y compris Bloomberg). Et surtout beaucoup de nouvelles perspectives se sont offertes à différents secteurs de l’économie russe « grâce » aux dites sanctions de l’Occident politique.

Les sanctions de réponse russes visant les produits agroalimentaires occidentaux ont fortement frappé les pays concernés, surtout européens. Quant à la Russie, ces sanctions ont au contraire permis aux producteurs nationaux d’avoir beaucoup plus d’opportunités sur le marché de leur pays. D’autre part, cela a ouvert énormément plus de possibilités aux pays amis de la Russie, afin d’occuper de nouvelles niches sur le marché russe, qui auparavant étaient détenues principalement par les exportateurs de l’UE. Les pays de l’espace eurasiatique, d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, ainsi que des pays comme la Turquie sont donc véritablement ravis de la situation créée. Une situation pour rappel créée par les élites occidentales. En ce qui concerne les producteurs russes, ils ont d’ores et déjà lancé un appel au gouvernement de Russie pour faire savoir qu’ils espèrent fortement que même en cas d’annulation des sanctions occidentales visant la Russie, la Russie elle conserverait les siennes. Une initiative fortement soutenue par la très grande partie de la population du pays. C’est dire.

Mais ce qui faut probablement noter dans toute cette situation, c’est que ces pseudo-sanctions made in USA et appliquées par les satellites étasuniens, et qui avaient pour but évident de déstabiliser la société russe, d’y créer le chaos, la panique, au final n’ont fait que cimenter la société russe et renforcer le patriotisme de tous les composants ethniques et religieux de la Fédération de Russie.

En effet les Russes dans toute leur multiethnicité et multiconfessionalité, sans oublier les représentants étrangers vivant en Russie et ayant obtenu (ou qui obtiendront à l’avenir) la citoyenneté russe, n’ont probablement jamais été aussi unis et ce depuis l’éclatement de l’URSS. En plus du soutien massif des citoyens russes au gouvernement, en premier lieu au président Poutine, on ressent aujourd’hui une véritable symbiose au sein de la société russe. D’autre part, l’amitié des peuples est comme on l’espérait redevenue l’une des principales notions de base de cette nouvelle Russie, forte, puissante, indépendante. Une notion que les ennemis de la Russie ont toujours tenté de détruire mais en vain.

On est aujourd’hui bien loin des tumultueuses années 1990 et du début des années 2000. Ces dernières représentaient le début de la renaissance de la Russie et du peuple russe. Elles étaient loin d’être faciles mais le fait est qu’à l’heure d’aujourd’hui, l’année 2015, on peut ouvertement parler même pas de deux pays totalement différents, mais peut-être même de trois, en rapport direct avec les périodes traversées.

Pourtant et on le voit parfaitement à l’heure actuelle, la Russie doit et devra encore faire face à de nombreux défis. Des défis aussi bien intérieurs qu’extérieurs. Mais tant que l’on gardera cette unité que l’on observe aujourd’hui, nous avons toutes les raisons de croire que la grande marche en avant ne fera que se poursuivre. Tant pis pour les ennemis et les jaloux. Et tant mieux pour tous les partisans du nouveau monde ayant émergé. Ils ne seront sûrement pas déçus.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150526/1016277588.html

Mikhail Gamandiy-Egorov

Une troupe de théâtre nommée Union européenne

Une troupe de théâtre nommée Union européenne

La riposte russe aux sanctions occidentales n’en est qu’à sa première phase (la suite dépendra des « actions » des pays occidentaux), et pourtant la comédie de Bruxelles bat son plein.

Après avoir réalisé les dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés à leurs compatriotes par leur politique irréfléchie et non-souveraine, les responsables bruxellois poursuivent dans le ridicule.

Heureusement que le ridicule ne tue pas. Sinon cela aurait été depuis longtemps une catastrophe totale pour les habitants de l’Europe bruxelloise. Après avoir fait face à la riposte russe aux sanctions occidentales, dont celles de l’UE, Bruxelles a d’abord crié au scandale (comme s’il croyait vraiment que la Russie allait rester spectatrice dans cette situation), puis a décidé « d’agir ». Comment ? Eh bien simplement en tentant de « convaincre » les Etats, dont les producteurs agricoles et fermiers remplacent déjà et avec très grand enthousiasme les fournisseurs occidentaux sur le marché russe, en premier lieu ceux d’Amérique latine, de ne pas être « opportunistes » et de ne pas occuper ainsi la place des producteurs issus de l’Union européenne.

Après cela, certains ont-ils encore des commentaires à faire ? Je crois qu’après cela, tout commentaire est superflu. Voici à ce titre la déclaration venant d’une source haut placée au sein de l’UE : « Nous mènerons des négociations avec les pays susceptibles de substituer nos produits à l’exportation vers la Russie pour leur faire comprendre que nous espérons qu’ils ne tireront pas injustement profit de la situation qui a vu le jour ».Donc en d’autres termes, ce que les « leaders » de l’UE ont voulu dire à l’Amérique latine, ainsi qu’aux autres pays concernés, revient à peu près à la chose suivante : « n’augmentez pas vos capacités sur le marché russe. Ne donnez pas la possibilité à vos producteurs nationaux de se faire beaucoup d’argent sur l’énorme marché que représente le marché russe. Soyez sympas et restez en dehors de tout cela. Après tout, nous sommes vos anciens colons, vous devez donc encore nous obéir »…

Et vous imaginez ne serait-ce qu’un instant, que ce sont des « représentants » du continent européen qui affirment ces inepties. Ou en tout cas, ceux qui prétendent le représenter. Une autre source avait-elle précisé que mis à part l’aspect juridique et « moral » de la question, il s’agirait de « négociations politiques » afin de « fédérer l’opinion internationale sur la situation en Ukraine ». En d’autres termes : « Les Russes sont les méchants. Et nous les gentils. Quant à vous, vous devez être de notre côté ! ».

Maintenant, puisqu’on a mentionné les inepties des leaders de l’UE, répondons-y point par point :

– L’époque de la colonisation, c’est heureusement du passé. Bien que malheureusement dans certaines régions du monde, le néocolonialisme est plus actif que jamais. Notamment sur une partie du continent africain, qui continue toujours à en souffrir. Mais en ce qui concerne l’écrasante majorité des pays d’Amérique latine, la page du colonialisme (européen comme étasunien) a été tournée de la plus belle des manières, et ce depuis plusieurs années !

– Concernant le « but » de « fédérer l’opinion internationale sur la situation en Ukraine », les « braves » leaders bruxellois oublient également une chose très importante. La quasi-totalité des pays d’Amérique latine, à l’instar des pays des BRICS, soutiennent la position russe sur cette question et aucunement l’approche occidentale. La récente visite de Vladimir Poutine en Amérique latine a justement confirmé d’une part l’alliance entre la Russie et la grande majorité des pays latino-américains, et d’autre part et plus globalement l’alliance des BRICS (dont l’un des membres n’est autre que le Brésil, poids lourd latino-américain) avec les pays de cette grande région du monde.

– Et pour finir, mis à part l’aspect géopolitique, il faut savoir qu’il y a très peu de pays dans le monde qui fermeront bêtement les yeux sur leurs intérêts économiques et commerciaux, ainsi que sur les intérêts de leurs producteurs et entrepreneurs. L’Amérique latine et d’autres groupes de pays ne font pas exception. La seule exception étant justement l’Union européenne, suivant en quasi-esclave les ordres de Washington. C’est en effet l’une des rares exceptions à la règle.

Après les nombreux pays d’Amérique latine, très enthousiastes de pouvoir augmenter massivement la présence de leurs produits (de plus très souvent de bien meilleure qualité que ceux en provenance des USA/UE), et surtout après la confirmation de la grande alliance avec la Russie dans le nouveau système des relations internationales, ce fut au tour de l’Egypte d’annoncer la même intention, ne serait-ce qu’au moins dans le domaine économique et commercial, voire beaucoup plus…

En effet, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi était tout récemment en visite en Russie où il a eu de grands entretiens avec Vladimir Poutine, portant sur les relations bilatérales entre les deux pays. A noter que la Russie était le premier pays, en dehors du monde arabe, que le leader égyptien a visité depuis son élection à la présidence de son pays. Principaux résultats de la visite ? L’Egypte augmentera de 30% ses fournitures de produits agricoles à la Russie, enfonçant ainsi encore plus le clou pour l’UE. Vraisemblablement et même si les leaders occidentaux finiront par retrouver ne serait-ce qu’un minimum de raison, leurs producteurs auront désormais énormément de mal à retrouver leurs positions d’antan sur le marché russe. D’autre part, l’Union douanière et l’Union économique eurasiatique (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, ainsi que bientôt l’Arménie et le Kirghizistan) envisage de créer une zone de libre-échange avec l’Egypte. Par ailleurs, Le Caire a invité Moscou à participer aux travaux sur le nouveau canal de Suez.

Et après tout cela, il y en a encore certains qui croyaient (certains le croient toujours) qu’ils sont le centre du monde…

Pendant ce temps, la liste des pays membres de l’UE exigeant une indemnisation en raison des sanctions russes s’allonge de jour en jour. Finlande, Pologne, pays baltes, Grèce, Espagne, Belgique, France, Italie… Pour certains producteurs des dits pays, c’est la catastrophe pure et simple, n’arrivant même pas à vendre à moitié prix et à perte, leurs produits initialement destinés à la Russie. Et tout cela alors que la Russie garde encore bon nombre d’options plus que sérieuses dans le tiroir.

L’Union européenne représente effectivement une grande troupe théâtrale. Pour certains comique et tragique pour d’autres. Ses représentations théâtrales se déroulent le plus souvent à Bruxelles, où se trouve son théâtre principal. Le propriétaire de la troupe, lui, est basé à Washington.

http://french.ruvr.ru/2014_08_15/Une-troupe-de-theatre-nommee-Union-europeenne-2019/

http://french.ruvr.ru/by_author/89470235/

 

Sanctions occidentales & riposte russe : l’effet boomerang en pleine action

Sanctions occidentales & riposte russe : l’effet boomerang en pleine action

La Russie avait pourtant été claire. Il ne faut jouer avec elle au jeu des « sanctions », que les politiciens et financiers occidentaux utilisent à ce jour à différents endroits de la planète, notamment contre les nations les plus faibles. La Russie, elle, a tous les moyens nécessaires d’y répondre. C’est ce qu’elle a fait. Et de quelle manière…

Le manque, parfois total, de professionnalisme des élites politiques occidentales ne date pas d’hier. On l’a d’ailleurs mentionné à plusieurs reprises et sur différents sujets d’actualité. Sauf qu’aujourd’hui, la maladresse de ces dites « élites » arrive à un point où désormais leurs propres citoyens seront frappés au porte-monnaie en raison de l’incompétence de ceux qui sont justement chargés, de par leurs obligations « professionnelles », à défendre les intérêts de leurs concitoyens.

En effet, les dirigeants de Bruxelles ont montré une fois encore qu’ils sont totalement incapables de défendre les intérêts des peuples européens. Totalement incapables. Car lorsque les USA ont lancé le fameux jeu des « sanctions » à l’encontre de la Russie, il était plus que clair que la Russie (d’aujourd’hui) allait réagir. D’autant plus que dès le départ et puisque tout est soi-disant lié à la situation en Ukraine, ce seraient les USA qui auraient dû être sanctionnés pour la simple et bonne raison que le chaos qui règne aujourd’hui dans l’Etat qui jadis s’appelait l’Ukraine, les Etats-Unis en portent entière responsabilité.

Il était également plus que clair que les Etats européens (dans la version UE) n’avaient aucun intérêt à suivre aussi aveuglement et comme d’habitude leur « ami » étasunien. Pourtant, c’est ce qu’ils ont fait. Et tout cela après les insultes envers l’UE de la secrétaire d’Etat étasunienne adjointe chargée pour l’Europe, Victoria Nuland. Après les multiples scandales d’espionnage par la NSA étasunienne de ses « alliés » européens. Des scandales qui par ailleurs ne finissent pas à ce jour. Masochisme oblige ?

Et parallèlement, l’UE a oublié les intérêts économiques la liant à la Russie. Car il ne faut tout de même pas oublier une chose, ou plutôt deux : les mesures de riposte économique de la Russie toucheront également les USA. Et pas dans une moindre mesure. A ce titre et à l’heure actuelle, plusieurs représentants du milieu des affaires étasunien ayant des activités importantes en Russie ne cachent pas leur sérieuse inquiétude. Mais les intérêts économiques de l’UE sont aujourd’hui les premiers touchés, ne serait-ce qu’en raison de la proximité géographique entre l’Europe dans sa version UE d’un côté et la Russie, ainsi que plus globalement l’Eurasie de l’autre.

Aujourd’hui pour l’Union européenne, ce rôle de sous-traitants de la politique étasunienne sur le continent européen se paie donc cash. Et ce n’est vraisemblablement que le début. Depuis hier, la Russie a imposé une interdiction totale (pour une période d’un an) sur l’importation de tous les produits agricoles, ainsi que de viande de bœuf, de porc, de fromage, de volaille, de lait, de poisson en provenance des USA, des pays de l’UE, d’Australie, du Canada et de Norvège.

Une véritable catastrophe selon plusieurs producteurs de pays européens. « C’est un cauchemar »,affirmait sur l’antenne de France 2 un exportateur français de fruits. Une perte de 200 000 euros pour lui seul sur ce mois, ainsi que le licenciement de tous ses employés à l’horizon très proche. Des histoires similaires dans la Belgique voisine, pour laquelle le marché russe était l’un des principaux en matière d’exportation de produits agricoles, notamment des poires, atteignant dans certains cas 60-70% de la production. Les producteurs allemands et italiens, sont eux aussi, très inquiets. Pour certains c’est la banqueroute pure et simple. Cela, sans parler de la Pologne et des pays baltes, dont la très grande majorité de la production agricole s’écoulait également sur le marché russe.

Et qu’en-est-il de la Russie dans cette situation ? Les producteurs nationaux russes, ainsi que leurs homologues des pays d’Amérique latine ont d’ores et déjà assuré de leur capacité à remplacer sur le marché russe les produits agricoles et de consommation, en provenance des USA & pays de l’UE, et ce dans un délai de deux-trois semaines. D’autres pays également sont ravis de cette situation, car cela leur permettra d’augmenter massivement l’export de leurs produits similaires sur le marché russe. Parmi ces pays : la Turquie et les pays d’Asie centrale, dont l’Ouzbékistan, le Kazakhstan et le Tadjikistan, voisins de la Russie.

Mais la Russie garde encore un certain nombre de mesures qui risquent de frapper d’ici peu et grandement les intérêts économiques de l’Occident. Parmi elles, on mentionnera que la Russie entrevoit de fermer entièrement son espace aérien aux vols de transit des compagnies aériennes occidentales. Si cela devait arriver, ce serait un coup très dur pour les Lufthansa, Air France-KLM, British Airways, Finnair, etc… Car cela augmenterait très considérablement leur coût de transport des passagers d’Europe vers l’Asie, en conséquence de quoi et cela concerne les passagers, les prix des billets augmenteront. Autre mesure, qui elle vise précisément les USA, concerne le blocage du transport des astronautes étasuniens vers la Station spatiale internationale (ISS), mentionnée déjà il y a quelques temps par le vice-premier ministre russe, Dmitri Rogozine.

Par ailleurs, la Russie pourrait augmenter le prix de son gaz destiné à l’export dans l’Union européenne. Vraisemblablement, cette option reste encore dans le tiroir au moins jusqu’à l’automne mais peut sortir à tout moment, surtout si la colossale dette ukrainienne pour le gaz russe déjà fourni ne sera pas réglée d’ici cette période. Une dette que Kiev ne se presse pas (encore) de payer, avec le « soutien » de ses mentors washingtoniens et bruxellois. Il serait d’ailleurs intéressant de voir comment ce « soutien chaleureux » permettra à la « nouvelle » Ukraine de se chauffer en période hivernale.

Les USA sont en déroute et pas depuis hier, à l’image d’un grand bateau qui coule. Sauf que ce grand bateau entraine avec lui l’Europe, ou du moins une partie du continent européen. La Russie, elle, a prouvé une fois encore qu’on est plus en 1991, ni en 1998, mais bien en 2014. Et qu’elle capable de faire face à n’importe quel défi qui lui est lancé par ceux qui pensaient il y a encore pas très longtemps l’avoir mise définitivement à genoux. Dommage pour les producteurs européens, et américains aussi d’ailleurs, qui aujourd’hui paient le prix de l’aventurisme de leurs gouvernements. Peut-être que cela poussera le mécontentement populaire du monde occidental à un nouveau stade, d’autant plus que l’opinion publique de l’Occident se révolte de plus en plus de la « bénédiction » de ses gouvernements aux massacres dans le Donbass et en Palestine. Quant à la Russie, elle poursuivra l’intégration eurasiatique, de même qu’avec les BRICS, l’Amérique latine, le monde arabe et l’Afrique. Avec tous ceux qui voient en elle un pays ami et le symbole d’un nouveau monde déjà devenu réalité.

http://french.ruvr.ru/2014_08_10/Sanctions-occidentales-riposte-russe-l-effet-boomerang-en-pleine-action-3818/

Mikhail Gamandiy-Egorov

6ème sommet des BRICS : bilan d’une nouvelle victoire géopolitique

6ème sommet des BRICS : bilan d’une nouvelle victoire géopolitique

Le 6ème sommet des principales puissances émergentes, celui des BRICS, réunissant le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, qui s’est tenu dans la très belle ville balnéaire brésilienne de Fortaleza, a coïncidé avec la tournée en Amérique latine de Vladimir Poutine, qui s’est justement clôturée au Brésil.

Que dire de plus si ce n’est que ce sommet a confirmé une fois encore que les BRICS sont bien plus qu’un simple « club » de puissances économiques dites émergentes, mais bien une réalité géopolitique, ainsi que vraisemblablement la véritable grande alternative au diktat occidental de l’ère unipolaire post-guerre froide qui s’est achevée récemment.

Plusieurs rencontres et discussions ont été organisées lors de ce sommet. Aussi bien portant sur des questions globales que concernant les relations bilatérales entre les pays membres des BRICS et les pays sud-américains, invités d’honneur du sommet, d’autant plus que l’événement se déroulait sur le sol d’Amérique latine.

Sur le bilan, plusieurs choses à dire. Tout d’abord la Banque de développement des BRICS n’est plus qu’un projet, mais désormais une réalité. Le siège de ladite banque sera basé dans la capitale économique chinoise, Shanghai. Les pays des BRICS se sont également mis d’accord pour créer une réserve de change commune. Comme l’a bien souligné la présidente du Brésil, Dilma Rousseff, « Il s’agit d’une contribution importante pour la reconfiguration de la gouvernance économique mondiale ».

Une reconfiguration que beaucoup attendent depuis un bon bout de temps. Et bien évidemment une vraie alternative au système du FMI et de la Banque mondiale. Par ailleurs, la Banque des BRICS compte jouer un rôle important non seulement au niveau des pays membres, mais également à travers un grand nombre de projets dans différentes régions du monde, notamment en Amérique latine et en Afrique.

Pour revenir au partenariat des BRICS avec les pays d’Amérique latine, une grande rencontre a eu lieu entre les chefs d’Etat du Brésil, de la Russie, de l’Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud avec les leaders de 11 pays sud-américains. A ce titre, plusieurs rencontres bilatérales ont également eu lieu. Le président russe, Vladimir Poutine, a pour sa part eu des discussions aussi bien avec ses homologues des BRICS, mais également avec les présidents de l’Uruguay, de la Bolivie et du Venezuela, lors du sommet. Pour rappel et avant le sommet des BRICS, Vladimir Poutine, dans le cadre de sa tournée latino-américaine, a visité Cuba, le Nicaragua, l’Argentine et le Brésil.

Durant les rencontres et mis à part l’aspect économique, la politique était elle aussi omniprésente, ce qui est peu étonnant compte tenu de l’actualité internationale. En premier lieu les discussions ont concerné les événements au Sud-Est de l’ex-Etat ukrainien et bien évidemment la situation au Moyen-Orient, en Irak et bien sûr en Palestine, tous à feu et à sang…

Le leader russe n’a pas manqué de rappeler la nécessité d’œuvrer tous ensemble, aussi bien dans le cadre des BRICS que de l’Union des nations sud-américaines (UNASUR), afin de protéger les Etats qui mènent une politique indépendante et qui ne se conforment pas à la pression des USA et de leurs satellites. Probablement le mot « diktat » aurait été plus approprié mais le message a été bien compris et entièrement soutenu par les participants de ce grand sommet.

Le projet BRICS se confirme donc. Au départ, et pour reprendre les termes employés par bon nombre de spécialistes occidentaux, le « club des BRIC » serait une « union artificielle, composée de pays trop différents et que rien ne peut unir ». Et un projet qui « au fil de quelques années » viendrait à disparaître. Cela se disait par des « experts » respectables du monde occidental aussi bien 2009 qu’en 2010. Mais que s’est-il passé depuis ? Un nouveau membre est venu rejoindre en 2011 ledit projet, en l’occurrence la République d’Afrique du Sud, leader du continent africain, ajoutant ainsi la lettre « S » à l’acronyme de l’organisation. Aujourd’hui d’autres pays et nations aspirent à rejoindre les BRICS, notamment l’Argentine. Et ce qu’il convient une fois de plus de noter, car c’est bien de cela qu’il s’agit, c’est que les BRICS désormais ne représentent plus uniquement une union économique (même si l’aspect économique est tout aussi primordial). Les BRICS partagent également aujourd’hui soit une vision commune, soit très proche, sur les principaux problèmes des relations internationales, ainsi que face aux défis majeurs de notre planète. Tout cela évidemment ne ravit en rien les élites politiques, financières et médiatiques occidentales qui réalisent aujourd’hui à quel point leurs « prévisions » par rapport aux BRICS se sont avérées fausses.

En ce qui concerne les dernières « sanctions » étasuniennes, ainsi que de leurs satellites de l’UE, qui visent la Russie, le président russe a bien rappelé que toute sanction aura un effet boomerang. Une position soutenue par les partenaires aussi bien des BRICS, que par l’écrasante majorité des Etats d’Amérique latine. Les BRICS et leurs alliés ont de beaux jours devant eux !

http://french.ruvr.ru/2014_07_18/6eme-sommet-des-BRICS-bilan-d-une-nouvelle-victoire-geopolitique-0511/

Mikhail Gamandiy-Egorov