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Mali vs Cedeao: Bamako peut compter sur ses soutiens internationaux

Dans le bras de fer qui oppose actuellement le Mali et la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), les autorités maliennes ne prévoient vraisemblablement pas de fléchir, pouvant compter sur nombre de soutiens africains et internationaux. Mais aussi sur le soutien populaire intérieur et les larges sympathies en provenance de la société civile panafricaine.

De nombreux observateurs ont pu noter que les sanctions imposées par la Cedeao aux autorités maliennes ne sont que la suite logique des pressions et intimidations exercées par Paris sur Bamako suite au rapprochement stratégique du Mali avec la Russie. Faisant par la même occasion poursuivre l’effet domino de la chute d’influence du système néocolonial françafricain.

De nombreux Africains parlent même d’un simple travail de procuration de cette même Cedeao en faveur des intérêts de l’Elysée. Une chose est sûre: depuis des mois Paris met à contribution ses principaux supplétifs dans la région pour accentuer la pression sur le Mali dans ses choix stratégiques, y compris si en faisant cela les régimes concernés vont à l’encontre des ressentiments d’une large partie de leurs propres concitoyens, comme ce fut observé notamment au Niger où des manifestations contre la présence militaire française avaient eu lieu, avec des victimes civiles parmi les manifestants.

Cette thèse est d’autant plus confirmée que pratiquement immédiatement après l’annonce de la Cedeao d’imposer des sanctions au Mali, la diplomatie française a tenté de faire adopter à l’Onu un texte de soutien à ces sanctions. En vain – la Russie et la Chine en qualité de membres permanents du Conseil de sécurité onusien ont bloqué ledit texte, confirmant une fois de plus leur solidarité réciproque au niveau international et ne permettant pas aux manœuvres élyséennes à l’Onu d’atteindre l’objectif escompté.

Malgré cet échec évident, les médias hexagonaux et plus généralement occidentaux tentent de maintenir, au même titre que l’establishment politique concerné, l’idée que le Mali serait prétendument isolé au niveau de la communauté internationale, bien que cela apparaisse désormais clairement comme une posture ridicule. Car au-delà de disposer du soutien affiché de Moscou et de Pékin, et donc des deux des trois principales puissances mondiales, Bamako peut compter également sur le soutien, plus ou moins affiché de plusieurs acteurs africains, notamment régionaux.

Parmi ces pays, sont à citer l’Algérie qui maintient des relations cordiales avec les autorités maliennes. La Guinée, voisine également du Mali s’est montrée solidaire de Bamako et a annoncé que «les frontières terrestres, aériennes et maritimes resteront ouvertes au Mali», suite aux sanctions annoncées par la Cedeao. Il serait certainement juste de faire mention de la Mauritanie – elle aussi en bons termes avec Bamako. Sans oublier le Maroc, qui bien qu’entretenant des relations proches avec Paris et Washington, possède une présence économique poussée en terre malienne – le Mali étant la troisième destination des investissements du royaume en Afrique, comme le rappelle Maroc Diplomatique.

Plus généralement, tous les pays concernés et en supplément de leurs intérêts respectifs, ne feraient que gagner si la situation sécuritaire au Sahel irait dans le sens d’une véritable amélioration. D’où l’importance de soutenir les efforts des autorités maliennes.

Mais au-delà des soutiens régionaux et internationaux, l’essentiel à retenir c’est que les autorités maliennes peuvent continuer à compter sur le soutien populaire de masse – aussi bien d’une large partie de la population du Mali, que de nombreux citoyens d’autres pays africains. Y compris de ceux dont les chefs d’Etat restent dans un esprit de sous-traitance pour les intérêts de Paris. Et cela, même les principales voix pro-occidentales sont aujourd’hui forcées de reconnaitre.

Jeune Afrique – l’un des principaux porte-flambeaux médiatiques des intérêts françafricains parle même d’un «sentiment anti-français exacerbé» après les sanctions de la Cedeao, ne faisant que confirmer une réalité que nous avons déjà et à plusieurs reprises traité

En termes de perspectives, il faudrait dire que l’effet domino des échecs de l’establishment élyséen et occidental se poursuivra très certainement au-delà du Mali. L’arrogance et l’incapacité la plus totale à s’adapter un tant soit peu intelligemment aux règles internationales issues de l’ère multipolaire ne feront effectivement qu’exacerber encore plus les sentiments hostiles de nombreuses populations, notamment africaines, à l’encontre de l’establishment occidental.

Une chose est également sûre: le mérite des autorités et du peuple du Mali est indéniable. La détermination patriotique et souverainiste prend le dessus sur l’arrogance néocoloniale, devenant une source supplémentaire d’inspiration pour d’autres nations. Quant à la Russie et à la Chine, elles auront démontré une fois de plus qu’au-delà de leur solidarité ferme dans les affaires mondiales, la notion de communauté internationale est tout sauf celle promue et répétée à longueur de journées par l’establishment politico-médiatique de l’Occident.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3487

https://t.me/axe_afrique_russie/337

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Mali : la société civile se mobilise pour un partenariat solide avec la Russie

Mali

Dans un monde où la multipolarité se renforce de jour en jour, les changements importants des systèmes préétablis précédemment se poursuivront certainement.

Dans le cas des relations entre la Russie et l’Afrique francophone, les choses intéressantes suivent leurs cours également. Après le Burundi, avec lequel une nouvelle page s’est ouverte récemment dans son partenariat avec la Russie, les voix se font entendre désormais à d’autres endroits, y compris considérés comme partie intégrante du système de la «  Françafrique  ».

En effet, on a appris qu’hier le Groupement patriotique du Mali, a organisé un sit-in, jeudi 22 septembre, devant l’ambassade de la Russie à Bamako. L’objectif était de demander « l’implication » du Kremlin dans la résolution de la crise malienne, lit-on sur Mali7.net, portail malien d’information.

On y apprend également qu’une pétition signée par plus deux millions de citoyens maliens a été transmise à l’ambassade de Russie à Bamako. L’un des organisateurs de ce sit-in et président du Groupement patriotique du Mali, Fodé Sidibé, a ainsi déclaré : «  Nous demandons l’aide de la Russie au regard de la coopération entre les deux pays au temps du président Modibo Keita… Nous voulons qu’elle s’implique dans la formation et l’armement de nos forces de défense  ». Avant qu’un de ses collègues ne rajoute : «  Les forces étrangères présentes actuellement au Mali ont prouvé leur incapacité à aider le pays à se stabiliser  ». Allusion directe à la présence de l’armée française dans le pays.

Le représentant de l’ambassade russe au Mali a confirmé que Moscou prêterait à la pétition une «  oreille attentive  » bien que le gouvernement malien n’a jamais sollicité l’aide de la Russie depuis plus de cinq ans que dure la crise au Mali. Quoiqu’il en soit, le premier conseiller de la mission diplomatique russe a assuré le groupement d’associations que la Russie restera toujours aux côtés du Mali.

Maintenant parlons de la réalité et des perspectives, et notamment de l’implication de la France dans la crise malienne. La France fait en effet ouvertement figure d’un pompier pyromane. Rappel des faits. La crise qu’a connue le Mali fut le résultat direct de la chute de la Jamahiriya libyenne de feu Mouammar Kadhafi. Cette destruction de l’Etat libyen et le chaos qui s’en est suivi sont la responsabilité directe des élites occidentales, et en grande partie françaises puisque on se souvient tous que c’est la France de Sarkozy qui a joué un rôle de «  premier plan  » dans l’attaque de l’OTAN et de certains pays arabes contre la Libye de Kadhafi.

La destruction de la Libye par les élites occidentales & golfistes a eu un effet dévastateur sur plusieurs plans : multiplication des groupes terroristes takfiristes, crise des migrants et sérieux défis sécuritaires pour les Etats voisins. Le Mali en fait partie. Le chaos dans lequel a été plongé la Libye, dont il ne reste aujourd’hui que le nom, a contribué entre autres au transfert massif d’armes aux terroristes et au renforcement de leur implantation en terre malienne. Puis la France est intervenue pour sécuriser ses intérêts en jouant justement au pompier pyromane mais la crise au Mali est toujours loin d’être réglée. En passant, il est effectivement presque révoltant d’entendre le président français Hollande parler à la tribune de l’ONU en accusant le leadership syrien «  d’effusion de sang  », lorsqu’on sait justement que l’Elysée est responsable de crimes contre de nombreux pays : Côte d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafrique, en Syrie aussi d’ailleurs bien que le plan pour cette dernière ne s’est pas déroulée comme prévu, notamment grâce au soutien des alliés de la Syrie, en la qualité de la Russie et de l’Iran. En réalité et en plus de l’assujettissement pur et simple de la France actuelle aux intérêts des USA, on observe bien une continuité de crimes. A l’instar des USA avec Bush-Obama (  non, le sourire du dernier n’a aucunement assuré les attentes ), la France avec Sarkozy-Hollande fait aussi de la continuité dans la politique criminelle en politique extérieure et n’a fait que renforcer sa vassalisation aux intérêts atlantistes.

Quant au Mali, il faudra effectivement et de plus en plus prêter attention aux revendications légitimes du peuple. A l’instar de tellement d’autres peuples africains qui souhaitent en finir une bonne fois pour toute avec le diktat qui leur est imposé depuis des décennies, si ce n’est des siècles. Dans le cas du partenariat, voire d’alliance avec la Russie, il est clair que jusqu’ici les relations se renforçaient surtout avec les pays d’Afrique subsaharienne anglophone ou lusophone, et beaucoup moins francophone. Mais les choses bougent et le temps est certainement venu pour mettre un point définitif à certains fonctionnements pour en lancer d’autres, dans le respect de la souveraineté des Etats concernés.

https://fr.sputniknews.com/international/201609231027890908-mali-societe-civile-russie/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/