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Emeutes aux USA: le Zimbabwe lui aussi sur le banc des accusés

Les Etats-Unis sont en train de vivre une page fortement difficile de leur histoire. De loin en tête en termes de nombre de contaminations et de décès dus au Covid-19, le pays de l’Oncle Sam doit désormais faire face à de multiples émeutes à divers endroits du pays, le tout sur fond de tensions ethniques.

De façon générale ces émeutes n’ont rien d’exceptionnelles en tant que telles – sachant que ce ne sont loin d’être les premières. En effet, sous l’administration Obama – durant le mandat duquel plusieurs assassinats avaient été commis vis-à-vis, bien souvent, de représentants afro-américains et d’autres minorités ethniques, suite à quoi s’en étaient suivies plusieurs manifestations de citoyens US en colère. En réponse de quoi les forces de l’ordre étasuniennes n’avaient pas hésité à utiliser la violence comme moyen de réponse, y compris l’extrême.

Au-delà du fait que le pays se prétendant être le modèle parfait en termes de démocratie, de liberté et des droits de l’homme, se permettant de façon hyperactive à donner des leçons de vie à la planète entière et à se mêler d’affaires intérieures d’Etats souverains, sans oublier évidemment les déstabilisations, organisations de coups d’Etat, et bien évidemment l’intervention armée pure et simple – lorsque cela est «nécessaire», ait à utiliser un tel degré de violence contre ses propres citoyens, mais l’autre fait qui se démarque – ce sont les accusations portées par nombre de représentants de l’establishment étasunien à destination de pays étrangers – qui auraient «contribué» à ces émeutes.

Si les accusations portées par une partie de l’establishment politique et médiatique (notamment via la chaine CNN) à l’encore de la Chine, la Russie ou encore de l’Iran sont loin d’être nouvelles, le cas du Zimbabwe parait tout de même surprenant. S’il est vrai que Harare se trouve en alliance avec les trois premiers dans les domaines politico-diplomatiques, économiques et militaires, quel intérêt aurait-elle, sérieusement parlant, à contribuer à la montée de la violence en terre étasunienne? Revanche pour les sanctions US? Pour les nombreuses déstabilisations intérieures orchestrées par des forces obscures liées aux Etats-Unis? Tentatives américaines de faire isoler le pays?

S’il est vrai que les raisons pour le Zimbabwe d’en vouloir les USA sont réelles et nombreuses, il est peu probable que Harare aurait une quelconque volonté de mettre de l’huile sur le feu chez l’ex-gendarme du monde – si ce n’est que de lui mettre un miroir devant ses yeux. Vraisemblablement, un miroir qui donne une migraine énorme à ceux qui profèrent ces accusations d’interférence contre les USA. Peut-être d’ailleurs que ces derniers auraient quelque chose à se reprocher?Demain les accusations seraient-elles portées également contre Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et d’autres forces progressistes latino-américaines, voire la Syrie ou encore la Turquie? Connaissant l’establishment US et sa mentalité – rien ne serait impossible.

Mais le mieux probablement que ces élites étasuniennes auraient à faire c’est justement et surtout de commencer à se regarder dans le miroir et comprendre à quel point leur propre société est tout sauf un exemple pour d’autres nations. D’autre part, pour les partisans de Trump si il y a bien ceux qui essaient d’exploiter les énormes tensions actuelles, c’est surtout ses adversaires intérieurs – aussi bien ceux liés à Soros & Co., que les Clinton, Biden et Obama – de façon il est vrai totalement hypocrite sachant qu’à leur période de règne les crimes à caractère raciste étaient tout sauf moindres.

Enfin, du moment que l’establishment étasunien, dans son ensemble, ne saura accepter la réalité multipolaire du monde et leur incapacité à maintenir le diktat unipolaire, les USA continueront de s’enfoncer dans toutes les contradictions possibles – intérieures comme extérieures. Et à ce titre au lieu de maintenir des centaines de bases militaires à l’étranger, Washington ferait bien mieux de régler ses énormes problèmes intérieurs – de l’économie à la santé, des problèmes sociétaux aux conflits interethniques qui n’ont cessé d’exister au cours de son histoire tumultueuse. Des massacres des populations de souche et de la traite esclavagiste jusqu’aux lois ségrégationnistes, y compris après la seconde moitié du XXème siècle, jusqu’aux violences contemporaines. Donc stay home and solve your problems.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Iran: Washington espère le maintien de l’embargo sur les armes, Moscou et Pékin opposés

Alors que les USA ont failli à leurs engagements dans le cadre de l’accord sur le nucléaire iranien, en sortant unilatéralement de l’accord, l’establishment US espère néanmoins le maintien de l’embargo sur les armes vis-à-vis de la République islamique d’Iran, au moment où deux membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU y soient clairement opposés.

On approche vraisemblablement d’un nouvel échec politico-diplomatique étasunien. Après l’échec des révolutions de couleur et des tentatives de déstabilisation de l’Iran de l’intérieur, l’incapacité à faire reculer la grande puissance perse sur le front politico-militaire, sans oublier le secteur énergétique et même dans le cadre de la propagation du Covid-19, Washington espère néanmoins à pouvoir réaliser son coup diplomatique dans le cadre onusien, en mettant activement à contribution ses alliés occidentaux, notamment européens, mais ayant en face l’infaillible et solidaire duo sino-russe. En parlant d’ailleurs du fameux Covid-19, alors que l’Iran était effectivement l’un des pays les plus touchés au début de la propagation, à l’heure actuelle Téhéran s’en sort incomparablement mieux dans le cadre sanitaire que ce n’est le cas pour les USA.

De l’avis même de nombre d’experts occidentaux, l’élite étasunienne avance inévitablement vers un échec. Bien que mobilisant ses partenaires de l’UE, eux-mêmes comprenant parfaitement toutes les contradictions washingtoniennes mais incapables de lui dire «stop», les Etats-Unis ont bien peu de chances de pouvoir obtenir le maintien de l’embargo sur les armes à destination de l’Iran, sachant que Pékin comme Moscou comptent vraisemblablement utiliser leur droit de véto, et ce au grand dam des attentes étasuniennes.

Plus que cela, de sources provenant de hauts diplomates russes comme iraniens, Moscou et Téhéran sont déjà en train de discuter d’un éventuel élargissement de la coopération militaro-technique, y compris à travers de possibles nouvelles livraisons d’armes russes en Iran. Une éventualité qui serait une énorme claque supplémentaire aux USA, et ce pour deux raisons. La première étant que Washington n’aura pas été capable de forcer l’application de sa «volonté» à l’ONU. Donc une nouvelle défaite politico-diplomatique. La deuxième étant purement stratégique et militaire. Sachant que si effectivement Moscou allait livrer de nouvelles armes, peut-être même stratégiques, aux forces armées iraniennes, cela augmentera plus que considérablement la capacité défensive de l’Iran – possédant déjà une capacité de riposte importante, l’ayant en passant ouvertement démontré lors des frappes contre des cibles US en Irak, suite à l’assassinat du général Qassem Soleimani, ainsi que dans le cadre de divers dossiers où Téhéran tient efficacement tête à Washington. Et qui ne manquent pas : Syrie, Irak, Yémen, entre autres…

Tout cela pour dire que Washington a beau continuer à prétendre être le gendarme terrestre, la réalité multipolaire du monde prouve, elle, tout le contraire. Et s’il y a bien encore un certain nombre de pays jouant le rôle de sous-traitants pour les USA, nombre d’autres lui résistent efficacement, dont la puissance et la détermination ne sont pas à démontrer. A bon entendeur.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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USA/Al-Qaida: alliés semi-officiels?

La République arabe syrienne après des années de guerre sur son sol contre divers groupes terroristes retrouve bel et bien le souffle et pense déjà à un futur meilleur, notamment dans le cadre de la reconstruction des infrastructures et nombre de projets économiques. Les tentatives de maintenir la pression sur Damas par Washington au final ne mèneront à rien.

Après la mission ratée de nuire fortement aux relations turco-russes, l’establishment étasunien continue néanmoins de gesticuler. Ainsi, James Jeffrey, l’émissaire US pour la Syrie, a fait plusieurs déclarations révélatrices.

En commentant la présence de terroristes dans leur dernier fief (ou plutôt après les nouveaux succès récents de l’Armée arabe syrienne, le semi-fief) d’Idlib, et notamment la position US sur la question, la déclaration du haut responsable étasunien a été sans vergogne. A savoir que les Etats-Unis ne coopèrent pas avec les «militants» de Hayat Tahrir al-Cham (ex Front al-Nosra, filiale d’Al-Qaida en Syrie) dans la région syrienne d’Idlib, mais ne les attaquent pas non plus, car ils se concentrent sur la lutte contre le gouvernement du président Bachar al-Assad.

«Nous ne travaillons pas avec eux. Comme vous l’avez dit ils sont une émanation d’Al-Qaida. D’un autre côté, comme nous pouvons le voir dans nos diverses actions antiterroristes, nous n’en avons pas infligées à eux, car nous ne pensons pas qu’ils soient axés sur les activités terroristes internationales. Ils sont beaucoup plus concentrés sur la lutte contre le régime d’Assad. Encore une fois, ce ne sont pas nos amis, nous n’avons pas d’affaires avec eux, mais ils ne sont certainement pas une priorité pour nous en termes de lutte contre le terrorisme». Ces déclarations ont été faites lors de la toute récente interview à la chaine CBS.

Au-delà du fait que cette déclaration rappelle curieusement celle de l’ex-ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius qui disait alors «qu’al-Nosra fait du bon boulot», il est tout de même incroyable d’observer le cynisme des élites étasuniennes, et occidentales en général. Donc après les attentats du 11 septembre 2001, ces mêmes élites politiques et leurs relais médiatiques nous avaient bombardés de messages en criant à droite et à gauche que le mal par excellence c’est Al-Qaida. Mais aujourd’hui, ces mêmes terroristes sont devenus pour l’Occident tout à fait fréquentables. L’hypocrisie et le cynisme au plus haut niveau possible et impossible, quand tu nous tiens.

Il devient donc maintenant tout à fait clair pourquoi Washington et ses acolytes occidentaux soient tellement intéressés par le maintien de ces éléments extrémistes en terre syrienne, notamment dans leur dernier semi-fief d’Idlib. Mais rien n’y fait – la Syrie poursuivra la pleine libération de son territoire national, avec le soutien de ses alliés. Le fait est que le principal intéressé donc au maintien des terroristes en Syrie n’est autre que les USA. Et cela est désormais pratiquement officiel.

D’autre part, le même Jeffrey avait en outre déclaré vouloir poursuivre la pression sur le gouvernement syrien, en vue d’isoler Damas et de forcer ses principaux soutiens russe et iranien à accepter un consensus.

A ce titre, il faudrait que le gendarme autoproclamé comprenne une bonne fois pour toutes plusieurs choses. La première, c’est qu’il n’y aura aucun consensus avec les terroristes. Des dizaines de milliers d’entre eux ont déjà été anéantis dans les opérations militaires des forces gouvernementales syriennes et de leurs alliés. Le même sort attend les quelques restes d’Idlib. A moins bien sûr que Washington et ses alliés européens décident d’accorder aux terroristes devenus subitement «fréquentables» l’asile sur leurs territoires respectifs. Damas n’y sera pas opposée. De deux, la Syrie n’abandonnera jamais son projet de libérer le reste de son territoire. Et les récentes victoires enregistrées par l’armée syrienne à Idlib, y compris malgré l’opposition turque, le confirment.

Enfin, et en parlant du prétendu isolement de Damas. Parfois, il y a vraiment l’impression que les élites occidentales vivent dans une réalité parallèle. Car au-delà du soutien politique, diplomatique, militaire et économique de ses principaux alliés en la qualité des puissances eurasiennes que sont la Russie, l’Iran et la Chine, et des relations étroites avec nombre de pays d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, c’est désormais nombre de capitales arabes qui s’activent pour relancer les relations avec la République syrienne. Y compris certains pays du Golfe, comme les Emirats arabes unis – ayant rouvert leur ambassade à Damas en décembre dernier, après sept ans de rupture des relations diplomatiques. Moscou ne serait d’ailleurs pas étrangère à ce rapprochement Damas-Abu-Dhabi. Et plus récemment encore, le gouvernement de l’est de la Libye, contrôlant près de 80% du territoire libyen, a ouvert une ambassade il y a quelques jours dans la capitale syrienne. Le monde arabe donc, se réactive dans ses relations avec le gouvernement syrien. Cela sans oublier les bonnes relations qu’entretient le leadership de la Syrie avec des puissances arabes et africaines comme l’Egypte et l’Algérie.

Isolement vous avez dit? A ce rythme il sera intéressant d’observer qui finira isolé. Quant à la complicité avec les terroristes déclarés, Washington aura vraisemblablement de plus en plus de mal à la voiler.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie vs Turquie. Et l’Otan?

La politique contemporaine turque est fort complexe. D’un côté ses aspirations souverainistes ne sont pas à démontrer. D’un autre, une vision ouvertement pro-islamiste d’une partie notable de ses élites actuelles, alliée au membership otanesque, constituent ensemble un cocktail de choc, pouvant exploser à tout moment tellement les ingrédients le composant sont infernaux. Les événements en cours dans la Syrie voisine, notamment dans la province d’Idlib, le confirment pleinement.

Si l’islamisme fait bien souvent bon ménage avec l’atlantisme, du moment que cela arrange les intérêts géopolitiques de chacun, le souverainisme eurasien ne peut se joindre aux deux premiers. Telle est, en très bref, la particularité de la Turquie d’Erdogan. En termes de perspectives, ce jeu turc de la double, voire de la triple chaise, ne risque-t-il pas tout simplement d’anéantir les projets ambitieux d’Ankara?

Alors que l’islamisme politique et le soutien aux divers groupes extrémistes, y compris salafistes, contredit effectivement l’héritage laïc d’Atatürk, les rapports qu’entretient Erdogan avec l’Otan sont eux aussi, pour le moins… très particuliers. Lorsqu’il s’agit de s’adonner à des aventures militaires en Syrie ou en Libye, Ankara ne coordonne pas vraiment ses actions avec ses alliés otanesques. Et ne fait qu’agir selon ce qu’elle considère ses propres intérêts. Mais du moment qu’elle se retrouve face à des forces capables de la stopper, comme c’est le cas aujourd’hui en Syrie – elle active immédiatement le bouton «Help» auprès de ses partenaires de l’Otan. Tel un adolescent jouant au dur devant ses camarades, pour après les appeler au secours car ayant reçu une riposte digne de ce nom. Une virilité alliée à l’anti-virilité absolue en un seul package.

Donc ce que fait en réalité la Turquie, c’est d’entamer des actions sans concertation avec ses alliés de l’Otan dans un premier temps, mais au moindre souci crier quant à la nécessité pour eux de la faire protéger. Un jour contre la Syrie du président Assad, un autre contre la Russie de Poutine, demain ce sera peut-être quelqu’un autre. Peut-être même la Chine où la Turquie tente d’instrumentaliser depuis un bon moment le prétendu problème ouighour.

En d’autres termes: je suis fort, je n’ai besoin de personne. Et puis tout à coup: venez me protéger! Le souci pour Ankara c’est qu’en continuant à jouer à ce jeu, elle risque, au final, de perdre toute la mise. La Turquie, faisant qu’on le veuille ou non, partie de la grande famille eurasienne, pouvait profiter des opportunités qui lui étaient offertes par les puissances mondiales et régionales indépendantes, que ce soit la Russie, l’Iran ou la Chine. Elle avait aussi une occasion unique d’aller dans le sens de la normalisation des relations avec la République arabe syrienne – et un premier pas avait été fait en ce sens en janvier dernier lorsque les chefs des services de renseignement syriens et turcs s’étaient rencontrés à Moscou, formalisant ainsi leur premier contact depuis le début de la guerre qui fut imposée à la Syrie. Désormais et au vu des événements en cours à Idlib, notamment l’engagement turc en faveur des terroristes déclarés, y compris ceux d’Al-Qaida, c’est gâché.

C’est d’ailleurs l’idée partagée par le parti politique turc Vatan, selon lequel si la Turquie lance une guerre contre la Syrie, elle peut tomber dans un piège préparé par les Etats-Unis et Israël et perdre des alliés comme la Russie, la Chine, l’Iran et l’Irak – une annonce qui a été faite le 26 février dernier.

Effectivement, le temps est venu pour que la Turquie d’Erdogan fasse un choix. Et non plus un choix situationnel, mais bel et bien sur du moyen-long terme. A défaut de quoi, elle risque de perdre tout.

Aussi, et plus particulièrement dans la situation en cours en Syrie, il serait difficile de ne pas aborder l’approche hypocrite et ouvertement malhonnête de l’establishment occidental – étasunien en tête, européiste en bon suiveur. A savoir que lorsqu’Ankara avait lancé son offensive contre les forces kurdes – alliées des USA, ce même establishment criait au scandale, menaçant même la Turquie de sanctions. Désormais, ces mêmes silhouettes jurent leur solidarité avec Ankara à Idlib (et donc approuvent aussi les actions des terroristes) contre les forces gouvernementales syriennes. Un monde de fous direz-vous? Et ce ne serait pas loin de la vérité.

Quoiqu’il en soit, ni l’Otan, ni l’Occident en général ne sauveront pas la Turquie. C’est un fait. L’histoire retiendra tout de même que la Turquie d’Erdogan, lorsque cela l’arrange, adore appeler au secours ses alliés otanesques, y compris si pour cela il faut les mettre en péril. Concernant la partie islamiste de la question, l’histoire retiendra aussi que la Turquie d’Erdogan a choisi de défendre des extrémistes de la pire espèce, y compris affiliés à Al-Qaida, contre une armée légitime en train de libérer son territoire national. Quant à l’intégration eurasienne, ni la Russie, ni la Chine, ni l’Iran, n’ont besoin d’alliés – amis des salafistes. Partenaires de circonstances – peut-être. Pour aller plus loin – non merci. La rencontre Poutine-Erdogan dans les prochains jours sera certainement décisive. A condition encore d’avoir lieu – si le président turc commet une quelconque erreur comparable à celle de novembre 2015, elle risquerait tout simplement de ne pas avoir lieu, avec en prime des conséquences fortement sérieuses. Il est encore temps de revenir à la raison. L’avenir nous situera.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Entre l’atlantisme et l’Eurasie, la Turquie doit faire un choix

12-35

La Turquie du président Erdogan se trouve aujourd’hui devant un choix stratégique. Membre de l’Otan, Ankara s’est pourtant beaucoup rapprochée de Moscou et Téhéran au cours de ces dernières années, confirmant à cette occasion l’existence d’une orientation eurasienne dans sa politique.

Mais les récents événements dans la province syrienne d’Idlib ont de nouveau ravivé les tensions existantes entre ces deux orientations, confirmant la pleine nécessité de devoir, à un moment ou un autre, faire un choix.

Lorsque fin 2015 les relations turco-russes étaient tombées au plus bas, toujours en rapport avec les événements en Syrie, la Turquie avait en l’espace de seulement une demi-année ressenti les conséquences d’une telle politique. Fort heureusement cette page difficile des relations bilatérales entre Ankara et Moscou a pu être surmontée. Plus que cela, les deux pays ont réussi en peu de temps à revenir au partenariat stratégique qui régissait leurs rapports. Et d’arriver même à un partenariat «très» stratégique, au grand désarroi de ceux qui veulent maintenir à tout prix la Turquie dans la «famille» atlantiste, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Aujourd’hui, les relations géoéconomiques et hautement stratégiques entre la Russie et la Turquie peuvent être réellement caractérisées comme un partenariat gagnant-gagnant, avec un volume des échanges commerciaux constamment en hausse (plus de 20 milliards de dollars en 2019 avec un objectif fixé d’atteindre dans les prochaines années les 100 milliards). Et compte tenu des millions de touristes russes visitant la Turquie chaque année et les nombreuses entreprises turques du BTP travaillant sur le marché russe (ce dernier représentant pas moins de 20% du volume total des commandes dans le domaine de la construction auprès des structures turques à l’étranger), on arrive à une balance commerciale bien équilibrée – sachant que le flux touristique russe vers la Turquie et les marchés du BTP turc en Russie ne rentrent pas dans le calcul du volume des échanges. Sans oublier que le volume des investissements russes en Turquie et turcs en Russie, dans le cadre des projets d’investissement mis en œuvre entre les deux pays, est d’environ 10 milliards de dollars chacun. Une autre nation eurasienne – l’Iran – fait également partie des principaux partenaires économico-commerciaux de la Turquie.

S’ajoutent à cela la coopération dans la sphère énergétique avec le gazoduc Turkish Stream, dans le nucléaire civil avec la centrale d’Akkuyu, sans oublier l’acquisition du système anti-missile russe des S-400 – une première dans la relation d’un pays-membre de l’Otan avec la Russie. Mais malgré tout cet impressionnant partenariat, il est encore prématuré de parler d’une véritable alliance entre la Turquie d’une part, et la Russie avec l’Iran de l’autre. Car au-delà des divergences existantes sur certains dossiers internationaux, dont bien évidemment la Syrie, le fait d’appartenir justement à l’Otan – organisme qui continue de considérer la Russie comme son principal adversaire et ennemi, ne peut permettre de prétendre à une véritable alliance.

Quant à la République arabe syrienne, elle est bel et bien une alliée aussi bien pour Moscou que Téhéran. Dans le cas avec la Russie, cette alliance ne date ni d’aujourd’hui, ni de 2015 – année d’intervention de Moscou dans la lutte antiterroriste dans ce pays, mais bien de plusieurs dizaines d’années. Et au-delà d’une alliance géopolitique, ni la Russie, ni l’Iran ne peuvent permettre à ce qu’un autre pays-civilisation, en l’occurrence la Syrie, puisse subir la présence de hordes barbares et terroristes sur son sol. Il en va non seulement de leur propre sécurité, mais aussi de leurs valeurs.

C’est pourquoi, et malgré les récentes menaces proférées par le leadership turc à l’encontre de Damas, les deux principaux alliés de la Syrie ne permettront certainement pas à ce que la situation dégénère. Compte tenu du rapport stratégique avec la Turquie, les deux puissances eurasiennes privilégient le dialogue et font en sorte d’apporter leur pleine médiation pour éviter une plus grande détérioration de la situation.

La Syrie, quant à elle, est en plein droit à poursuivre l’opération de libération de son territoire national. Conformément à sa souveraineté. Les hordes terroristes salafistes n’ont pas de place en terre syrienne. Il s’agit là aussi d’une question primordiale pour le leadership, l’armée et la population du pays. D’autant plus que ce dernier fief terroriste en terre syrienne – principalement affilié à Al-Qaida – continue de représenter un danger majeur pour la sécurité nationale. D’où l’extrême nécessité d’en finir une bonne fois pour toute.

En ce qui concerne la Turquie, elle se retrouve effectivement devant un choix stratégique. Bien sûr, il faut savoir que la pression sur le leadership turc n’est pas seulement extérieure – surtout de la part de ses pseudo-alliés otanesques. La pression est également intérieure. C’est un secret de polichinelle qu’une partie de l’élite politique turque – aussi bien issue du parti au pouvoir que de l’opposition – reste profondément pro-occidentale et pro-atlantiste. Et donc, à l’instar de leurs mentors n’approuvent guère le rapprochement sans précédent observé entre les grandes nations eurasiennes au cours de ces dernières années. Et aussi en faisant mine d’oublier par la même occasion la tentative de putsch pro-occidental de 2016 – une tentative pour rappel condamnée aussi bien par Moscou que Téhéran. D’autre part, la politique des deux chaises ne pourra pas elle aussi durer éternellement. Et ce choix devra se faire, à un moment ou un autre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Idlib: nécessité cruciale de libérer la province syrienne

2-10

Alors que l’armée gouvernementale syrienne poursuit son offensive dans la province d’Idlib – dernier bastion des djihadistes, principalement liés à Al-Qaida, l’establishment occidental crie de nouveau au scandale. En espérant par la même occasion brouiller l’entente russo-turque. Mais les acteurs non-occidentaux ne l’entendent pas de cette oreille.

Damas ne l’a jamais caché – son objectif étant de libérer tout le territoire national. Si à l’heure actuelle, le gouvernement contrôle près des ¾ du pays, où vit plus de 90% de la population, ce n’est pas pour autant qu’il compte s’arrêter en si bon chemin. Et vu la concentration plus que massive d’extrémistes salafistes dans la province d’Idlib, il n’a jamais été un secret de la nécessité d’en finir avec cette présence. Et ce aussi bien dans le cadre visant à restaurer l’autorité légitime sur tout le territoire national, que de mettre un terme à la présence terroriste sur le sol syrien de façon générale.

Et bien qu’Idlib soit devenu le dernier centre de retranchement de ces éléments extrémistes, il est évident que ce retranchement devait finir à un moment ou un autre. Cela sans oublier le simple fait que les terroristes d’Al-Qaida toujours présents dans cette province de Syrie continuent de représenter un danger majeur pour la population civile syrienne. Ajoutez à cela les innombrables attaques et provocations de ces éléments visant les Forces armées syriennes, il est donc devenu urgent de reprendre l’offensive.

Les derniers jours, l’armée gouvernementale syrienne a enchainé les victoires sur le terrain. Dernier succès en date: la reprise de la ville stratégique de Saraqeb. Plus tôt, les forces syriennes avaient repris le contrôle de la localité de Maarat al-Numan, dans le sud d’Idlib, représentant une étape importante dans la sécurisation de l’axe routier Damas-Alep.

Sur le plan international, cette nouvelle offensive à succès de Damas n’a pas fait seulement les malheurs des élites occidentales, mais a également provoqué le mécontentement de la Turquie, qui soutient plusieurs factions rebelles pro-turques, se trouvant elles aussi dans ladite province. Au point pour le mainstream de parler d’un risque d’affrontement direct entre les forces syriennes et turques, et même d’annoncer que ladite situation peut frapper l’interaction turco-russe, devenue très importante depuis les dernières années.

Pourtant et malgré le fait que Moscou et Ankara continuent d’avoir un regard différent sur leur rapport avec Damas – allié de la première, adversaire de la seconde, il n’empêche qu’il est peu probable que cela puisse nuire aux nombreux projets conjoints engagés par les deux puissances eurasiennes. Et malgré les désaccords existants, il est d’ores et déjà assez clair que la Russie et la Turquie continueront à collaborer au plus haut niveau. C’est d’ailleurs un avis partagé par plusieurs experts et analystes turques, comme russes.

Quant aux rapports turco-syriens, en premier lieu il est plus que souhaitable que le leadership turc puisse accepter une chose simple : laisser le pouvoir syrien rétablir pleinement la légitimité sur son territoire national, conformément à son droit souverain. Il est vrai qu’à la grande différence des Etats du Golfe, ayant eux-aussi en coordination avec les Occidentaux, largement contribué au chaos dans le pays-civilisation qu’est la Syrie, la Turquie ait accueilli un très large nombre de réfugiés syriens fuyant la guerre. C’est un fait.

Mais si Ankara souhaite réellement contribuer à ce que ces personnes puissent rentrer chez eux, elle devrait au contraire changer définitivement de cap et cesser de mettre les bâtons dans les roues de Damas. Le constat est pourtant simple, malgré toute la propagande des médias occidentaux des dernières années, qui criaient haut et fort que les réfugiés syriens fuyaient aussi bien les terroristes que le «régime», la gifle de la réalité fut elle sans équivoque : de bien nombreux réfugiés ont commencé à rentrer au pays, du Liban, de la Jordanie, de la Turquie et d’ailleurs dans les localités justement libérées par l’armée gouvernementale. Et par la même occasion songer sérieusement, à terme, à aller dans le sens de la normalisation de ses relations avec Damas. Pour cela, Moscou s’est déjà dit prête à faciliter une telle normalisation. Une option qui pourrait tout simplement être considérée comme une victoire totale pour les forces eurasiennes. On n’en est pas encore là, mais le temps fait bien les choses. En attendant, la province d’Idlib se doit d’être libérée par le gouvernement syrien. C’est un droit, un devoir et une nécessité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: les USA et l’Europe poursuivent leurs accusations contre la Russie

Alors que l’armée gouvernementale syrienne continue d’étendre le contrôle sur le territoire national, les élites occidentales reviennent aux accusations traditionnelles à l’encontre de la Russie et de la Syrie quant aux frappes que ces dernières mènent à l’encontre des positions terroristes, notamment dans la province d’Idlib.

Bien que ces mêmes élites occidentales savent parfaitement qu’ils ont perdu la guerre qu’ils avaient imposé à la République arabe syrienne, il n’empêche que les attaques et pressions se poursuivent à ce jour, aussi bien sur le plan politique qu’informationnel. Les dernières accusations en date concernent des frappes aériennes syriennes et russes prétendument menées à l’encontre de quartiers-généraux d’organisations humanitaires, en vue de nuire à leur activité.

Pour autant, une question ressurgit assez logiquement dans toute cette situation. Sachant que de facto la dernière province syrienne qui échappe encore en partie au contrôle de l’armée syrienne – celle d’Idlib – est en large partie contrôlée par les éléments terroristes affiliés à Al-Qaida, comment se fait-il alors que ces organisations dites «humanitaires» se trouvent côte à côte de ces terroristes, et plus que cela qu’elles y entretiennent des relations tout à fait cordiales avec ces éléments? Aucun média mainstream occidental ou autre ne donne de réponse à cette question.

Sachant d’autant plus que bien souvent les données accusatoires vis-à-vis de Damas, comme de Moscou, ne sont reprises que via l’organisation obscure des Casques blancs, dont plusieurs membres sont soit ouvertement affiliés aux groupes salafistes, dont Al-Qaida, soit en sont des sympathisants semi-déclarés. Il est vrai que la Syrie fait aujourd’hui moins la une de l’actualité des médias mainstream, il n’empêche que les attaques informationnelles resurgissent à chaque fois que les restes terroristes en terre syrienne que l’Occident politique continue de soutenir se retrouvent en difficulté, comme c’est le cas actuellement.

Damas n’a jamais caché son intention de reprendre sous son contrôle l’intégralité du territoire du pays. Avec le soutien de ses alliés, la colonne vertébrale des terroristes a été cassée, la légitimité a pris le dessus. Et sachant que le gouvernement légitime contrôle désormais la grande partie du territoire national, sur lequel vivent plus des ¾ de la population syrienne, le leadership du pays est plus que jamais motivé à en finir avec les restes extrémistes se trouvant encore sur son sol, principalement à Idlib. Une réalité évidemment qui est loin d’être voulue par les capitales occidentales et dans une moindre mesure golfistes – ces dernières activant de plus en plus les contacts avec Damas en vue de la réalité sur le terrain. La Turquie fait également obstruction dans une certaine mesure aux processus en cours, et ce pour une raison simple: plusieurs factions armées pro-Ankara se trouvent elles aussi dans la province d’Idlib. Ceci étant dit et grâce au dialogue tripartite qui existe entre la Russie, la Turquie et l’Iran, Ankara sait parfaitement que la reprise totale par les forces gouvernementales syriennes des quelques territoires qui lui échappent encore n’est uniquement qu’une question de temps.

Quant aux organisations dites humanitaires, occidentales ou autres, il serait peut-être grand temps pour elles déjà de reconnaitre qu’un grand nombre de réfugiés syriens installés à l’étranger retournent sur leur terre, et plus spécifiquement dans les zones sous contrôle gouvernemental. Et qu’au lieu de lancer des accusations ridicules et sans fin en direction de Damas, Moscou ou Téhéran, elles feraient bien mieux de demander aux gouvernements des pays de leur appartenance de cesser de martyriser le peuple syrien, comme ce fut le cas depuis de longues années. Surtout lorsqu’on sait qu’au-delà d’avoir financé les groupes terroristes et d’avoir favorisé l’arrivée d’extrémistes de diverses contrées du monde sur le sol syrien, les régimes occidentaux ont également imposé des sanctions à l’encontre de la Syrie, des sanctions qui frappent justement la population civile du pays. Une population civile que ces mêmes régimes disent vouloir «aider».

La Syrie n’attend pas l’aide à la reconstruction de la part des régimes occidentaux et consorts. Pour cela elle peut compter sur ses alliés. D’autant plus qu’il est question tout simplement de dignité nationale: les destructeurs d’hier ne pourront jamais être les constructeurs de demain. Donc la moindre des choses que ces régimes pourraient faire, c’est soit d’accueillir sur leur propre sol les éléments terroristes en fin de vie en Syrie – une option bien peu probable, soit de ne plus mettre les bâtons dans les roues dans les processus du retour de la paix en terre syrienne. Sachant que de toutes les manières, la Syrie a gagné. Et que les régimes en question ont perdu. Point.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Après l’échec syrien, les USA souhaitent-ils allumer la mèche dans le Caucase du Sud?

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Alors que l’establishment étasunien perd nettement en notoriété dans la région stratégique du Moyen-Orient, il semblerait que Washington porte un regard de plus en plus intéressé sur l’espace transcaucasien. Connaissant le «champion» de propagation du chaos mondial, cet intérêt est à prendre avec grande attention.

Selon l’analyste d’Heritage Foundation (l’un des plus importants think-tanks néo-conservateurs basé à Washington) Luke Coffey, par ailleurs un vétéran de l’armée US, les Etats-Unis doivent élargir leur présence dans cette partie du monde et ce pour plusieurs «raisons»:

– Intensification des tensions entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en raison du territoire disputé du Haut-Karabakh («occupé» par l’Arménie selon les termes de l’analyste étasunien)

– Un possible référendum sur l’éventuelle «annexion» du territoire «séparatiste» de l’Ossétie du Sud par la Russie (reconnu comme Etat indépendant par la Russie et plusieurs autres pays)

– La montée de «l’ingérence» iranienne dans la région

– Ainsi qu’une présence militaire croissante de la Russie en Arménie

Cette position dudit analyste date de 2016. Sauf qu’il revient à la charge avec les récents développements moyen-orientaux, notamment en Syrie, en proposant par exemple d’envoyer la partie du contingent américain ayant quitté le territoire syrien dans la région administrative du sud de la Géorgie, majoritairement peuplée d’Arméniens, la Samtskhé-Djavakhétie, se trouvant d’une part à la frontière avec l’Arménie, de l’autre avec la Turquie. Evidemment, on peut se limiter au fait de dire qu’il s’agit simplement d’une opinion d’un expert US sur la question, plutôt que d’une confirmation d’agir ou d’un avertissement, il n’empêche que l’Heritage Foundation est connue pour avoir souvent influencé les preneurs de décisions étasuniens dans leurs actions à divers endroits du monde.

Maintenant essayons de parler perspectives. Si le choix de la Géorgie parait en effet peu surprenant, sachant que depuis le temps de la «révolution des Roses» de 2003, faisant partie de la série des révolutions de couleur dans l’ex-URSS orchestrée par les USA en vue de mettre en place des régimes pro-étasuniens et pro-occidentaux, le pays est sous la coupe de Washington. Mais pourquoi choisir plus particulièrement une région avec une population majoritairement arménienne, d’autant plus aux frontières avec l’Arménie et la Turquie ?

Eh bien, la réponse est déjà donnée en partie ci-haut. A savoir «la présence militaire croissante de la Russie en Arménie». Cette dernière étant effectivement un des alliés stratégiques de Moscou dans l’ex-URSS et plus généralement parlant dans l’espace eurasien. Plus que cela, l’Arménie abrite une base militaire russe sur son sol – la base de Gyumri – et fait partie intégrante de l’Union économique eurasiatique (UEEA), ainsi que de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) – des organisations à vocation géoéconomique, géopolitique et politico-militaire dont l’Occident politique, Washington en premier lieu, ne cache pas le désamour.

Et malgré le fait que depuis déjà plusieurs années l’establishment étasunien a activé les réseaux pro-occidentaux en Arménie, jusqu’à maintenant le pays est resté fidèle dans ses relations avec Moscou.

Cette idée donc de créer une présence militaire américaine supplémentaire et non-négligeable dans un pays sous contrôle des élites étasuniennes, en l’occurrence la Géorgie, permettant de mettre la pression sur l’Arménie qui reste encore un allié de la Russie, en basant cette présence dans une zone à forte population arménienne, n’est donc aucunement anodine. Mais ce n’est pas tout. Sachant que ladite région est à la frontière aussi avec la Turquie – la pression se fera donc également sur cet «allié» et membre de l’Otan, dont l’Occident politique ne peut plus tolérer la politique indépendante.

En effet, Ankara ne laisse plus dormir tranquilles ses supposés alliés otanesques, et ce depuis déjà plusieurs années. Que ce soit par rapport à ses relations stratégiques avec la Russie et l’Iran, notamment dans le volet géoéconomique influant de plus en plus sur le géopolitique, que dans la manière d’agir sans devoir rendre des comptes ni à Washington, ni Bruxelles.

Et là aussi ce n’est pas tout. Il s’agit évidemment aussi d’une nette volonté étasunienne de frapper les intérêts russes, comme iraniens, à un moment où l’Eurasie devient tout simplement une réalité géopolitique majeure dans un monde multipolaire, et dont le rôle de premier plan dans la résolution des principales affaires internationales est appelé à croitre. Au grand dam de Washington et de ses suiveurs.

Que cela reste une simple opinion d’un expert proche du pouvoir US, d’un avertissement ou d’une réalité prochaine, le fait est que l’espace eurasien est de toute façon appelé à être prêt à relever de nouveaux défis. Dans son ensemble. Car si effectivement certains pays ont accepté, à l’instar de nombre de pays de l’Europe bruxelloise, à être de simples instruments dans la politique étasunienne, les pays refusant cette réalité devront joindre leurs efforts en vue de contrer de nouveau le chaos et l’insécurité – caractéristiques de premier plan du pouvoir étasunien, et plus généralement des élites occidentales nostalgiques de l’unipolarité révolue.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Vol du pétrole syrien par les USA: un voleur reste un voleur

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Se sachant vaincus et ne pouvant plus influer d’une quelconque façon sur le départ tellement souhaité du président Bachar al-Assad, les Etats-Unis continuent néanmoins de faire ce qu’ils savent le mieux: voler les ressources des autres nations.

Bien que l’annonce du départ des troupes US de Syrie faite par Donald Trump ait été non pas un geste de «bonne» volonté étasunienne, mais surtout due à la compréhension de ne plus pouvoir y rester éternellement, sachant que le terrorisme que les Occidentaux ont eux-mêmes fait prospéré en terre syrienne dans le but de faire tomber le gouvernement légitime a été vaincu par la Syrie et ses alliés, il fallait néanmoins s’y attendre: même en partant les Américains poursuivent leur rôle néfaste.

Les administrations étasuniennes changent, la réalité elle reste la même. Celle d’un pays néocolonialiste à l’extrême, pilleur des ressources naturelles de pays à divers endroits du monde. Pétrole en Irak, facilitation de production et exportation de drogue à partir d’Afghanistan, diamants, coltan, cobalt et autres ressources stratégiques en République démocratique du Congo, les exemples ne manquent guère. Bien que le cas syrien soit tout de même différent.

En effet, le scénario voulu au départ par Washington n’a pu être mené à bien. Le leader syrien, stigmatisé en Occident par ses élites politico-médiatiques, est toujours debout. Plus que cela, il a repris la grande partie de son territoire, sur lequel vivent les ¾ de citoyens syriens, en éliminant avec l’aide des pays alliés la menace terroriste qui paraissait invincible il y a encore quelques années, au vu du nombre de terroristes étrangers ayant fait le déplacement dans ce pays et des moyens qu’ils se procuraient aussi bien de la part de leurs mentors extérieurs, que des ressources qu’ils s’accaparaient sur place.

Désormais les Etasuniens partent. Car vaincus et incapables de faire chavirer radicalement la situation. Avec eux, leurs autres «amis  occidentaux, notamment français. Et en laissant tomber par la même occasion leurs «alliés» kurdes des FDS qui se sont retrouvés face à la puissance de guerre turque, déterminée à en finir avec des éléments hostiles à ses frontières, obligeant ces derniers à reprendre le dialogue avec Damas et accepter les conditions du pouvoir légitime. Ceci étant dit, Trump est évidemment sous pression aussi. En premier lieu par l’Etat-profond étasunien. Sans oublier de toute manière que ce même Trump et son administration font eux-mêmes, qu’on le veuille ou non, partie du système mafieux US. Avec les méthodes connues et reconnues.

Et à ce titre, l’annonce faite par l’administration washingtonienne quant au fait de garder une certaine présence sur les champs pétroliers syriens de l’est, confirme plusieurs choses. Les USA, savent parfaitement que leur rôle au Moyen-Orient a sérieusement diminué – on est loin des années 2001-2006. L’Irak, voisin de la Syrie et jadis occupé par les troupes américaines, affirme ne plus vouloir ces troupes chez lui. Au moment même où l’influence de l’Iran en Irak comme dans d’autres pays est clairement à la hausse. Les alliés arabes traditionnels de Washington commencent de plus en plus à porter leur regard en direction d’autres partenaires, notamment Pékin et Moscou. Certes, sans mouvement brusque. Mais le processus est bien là. Quant au principal allié des USA dans la région, en l’occurrence Israël, il ne cache pas sa déception sur le fait que le garant de sa sécurité, perd sérieusement en puissance et en notoriété. Surtout que Tel-Aviv comprend parfaitement aussi que malgré les années de guerre, de souffrances et de destructions, la République arabe syrienne récupère peu à peu son statut de puissance régionale, avec là aussi le soutien de ses alliés. Notamment sur le plan militaire. Sans oublier la puissance iranienne qui lui donne toujours un peu plus d’insomnie. Tous ces éléments ne peuvent être ignorés par l’administration de Washington.

D’autre part et il ne faut pas l’oublier aussi: un voleur reste un voleur. Au vu des informations relayées par diverses sources bien informées, les services secrets et les sociétés militaires privées US «gagnent» plus de 30 millions de dollars par mois via le vol des ressources pétrolières syriennes. Soyons franc : qu’attendre d’un Etat dont l’histoire de base se résume par le vol de territoires et de ressources aux autochtones par des migrants européens majoritairement anglo-saxons, bien souvent au passé criminel et marginal ? Aussi, ce «business» permet en quelque sorte de se laver des accusations d’avoir lâché ses alliés kurdes dans le nord syrien, sachant que lesdites zones pétrolières sont contrôlées par les Etasuniens en compagnie des FDS.

Maintenant parlons justement des FDS. Si les éléments kurdes en question n’ont pas attendu longtemps et ont fait appel à Damas en vue de venir les protéger contre la puissance militaire turque, ces éléments doivent comprendre une bonne fois pour toute aussi que la poursuite d’un double-jeu de traitres, ne leur apportera au final rien de positif. Evidemment, se sentir protégés d’une part par les unités régulières de l’armée gouvernementale syrienne dans les zones frontalières avec la Turquie, et de l’autre la poursuite du sale jeu qui les caractérise en coordination avec Washington, Paris et Tel-Aviv, ne sera tolérée.

En attendant, le travail continue. Damas a repris sous son contrôle des territoires supplémentaires du nord syrien, ainsi qu’une large zone frontalière avec la Turquie. Et vraisemblablement, rien ne saura stopper la détermination de la République arabe dans la reprise de la totalité de ses territoires. Pour cela, il peut compter sur le soutien de ses principaux alliés, russe et iranien en l’occurrence. La Turquie, elle, a déjà vraisemblablement accepté l’idée d’un maintien d’Assad à la tête du pays. Quant à la présence étasunienne et de ses proxys kurdes dans une zone majoritairement arabe, cela ne saurait durer trop longtemps. D’ailleurs, plusieurs manifestations de la population syrienne contre l’occupation illégale des USA/FDS ont déjà été observées dans la zone concernée. Un peu de patience donc encore. Les Etasuniens seront forcés de partir. Quant aux pseudo-FDS, soit ils auront compris la leçon récente, soit devront assumer les conséquences méritées.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: victoire de la légitimité

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Suite à la décision du président étasunien Donald Trump de retirer la majeure partie des troupes US de Syrie, leurs alliés kurdes des dites Forces démocratiques syriennes (FDS) se sont retrouvés sous le feu de la puissance militaire turque. En effet, la Turquie avait rappelé à plusieurs reprises qu’elle ne permettra pas d’avoir des groupes «terroristes» hostiles à ses frontières. La suite a donné raison à la stratégie de l’axe Moscou-Damas.

Alors que les mêmes FDS refusaient jusqu’à encore récemment tout dialogue digne de ce nom avec le gouvernement syrien, en ayant à l’esprit d’être «intouchables» grâce à la protection de Washington, et se permettant même de lancer des ultimatums à Damas, la nouvelle réalité du monde multipolaire a fini par payer. Abandonnés par leurs «alliés» étasuniens, et devant la perspective d’être écrasés par la force de frappe turque, aujourd’hui c’est eux qui ont fait appel aux forces de l’armée gouvernementale syrienne avec la médiation russe, pour qu’elles puissent entrer dans les localités jusqu’ici contrôlées par la coalition FDS-USA-France.

C’est désormais chose faite et le processus se poursuit. A l’heure actuelle, les forces de l’Armée arabe syrienne sont déjà entrées à Minbej, la plus grande ville du nord de la Syrie, ainsi qu’à Raqqa – un temps «capitale» de la nébuleuse terroriste de Daech – et ce pour la première fois depuis 2014. Le déploiement de l’armée syrienne dans les zones précédemment sous contrôle des forces kurdes se fait en compagnie de la police militaire russe, qui patrouille déjà les localités en question.

Au-delà d’un développement positif pour la Syrie, à savoir la reprise sous contrôle par le pouvoir légitime des territoires appartenant à la République arabe et le départ des troupes occidentales non invitées, le fait est que c’est, une fois encore, une victoire géopolitique pour la Russie, et bien évidemment ses alliés.

D’une part, la Russie a démontré, et ce tout au long du conflit en Syrie, que c’est un allié fiable, qui ne lâche justement pas ses alliés. De l’autre, qu’au-delà d’être une puissance militaire de première taille, ayant joué un rôle de loin déterminant dans la lutte antiterroriste, notamment dans la victoire aux côtés de l’armée syrienne contre Daech, Moscou a prouvé que sa stratégie qui vise à défendre ses intérêts, et ceux de ses alliés, par la voie politico-diplomatique est d’un niveau bien supérieur que celle de ses adversaires.

Maintenant résumons un peu les vainqueurs et les perdants dans cette guerre, bien qu’il soit toujours difficile de parler de succès lorsqu’on parle de guerre. Mais sur ce point, force est de constater que celle-ci n’a pas été réalisée à l’initiative ni de la Syrie, ni de la Russie, ni de l’Iran. Mais bien à l’initiative d’une large coalition néocoloniale, et de ses suiveurs.

La Syrie, malgré les énormes pertes humaines et matérielles, a été sauvée en tant qu’Etat. Le terrorisme takfiriste a été écrasé, avec l’assistance cruciale de ses alliés, dont évidemment la Russie. Le pays est à reconstruire, mais là aussi il pourra très certainement compter sur l’assistance des pays-amis. N’empêche que malgré les souffrances et les destructions, la vie reprend en Syrie. Notamment à Alep, qui fut longtemps le poumon économique syrien et l’un des principaux centres industriels de la région. De nombreux réfugiés retournent dans le pays. Il y a donc de quoi être optimiste.

La Russie, alliée de Damas, conforte désormais son rôle de superpuissance militaire et de puissance politico-diplomatique de premier plan au niveau mondial. Le nier ne fait que ridiculiser encore plus ses adversaires et ceux qui portent une haine traditionnelle à son encontre. L’Iran, conforte lui son rôle de puissance régionale majeure. La Turquie, bien qu’ayant été au départ dans le camp de ceux qui voulaient faire tomber le président Bachar al-Assad, a vraisemblablement fait depuis les bonnes conclusions. A cet effet, le partenariat stratégique russo-turc a montré toute sa viabilité. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que désormais une normalisation serait même envisageable entre Damas et Ankara, avec, là aussi, le soutien de Moscou. Une éventualité ouvertement abordée par les hauts responsables, dont le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Lorsque cela arrivera, la victoire sera alors totale. Pour les pays concernés, pour l’Eurasie.

Les perdants, eux, sont connus et reconnus. Et pas seulement les terroristes écrasés. Mais aussi tous ceux qui ont misé sur eux. Dont bien évidemment les puissances occidentales, qui doivent aujourd’hui reconnaitre l’amertume de la défaite, compter les pertes financières parties en fumée, mais aussi et cela est très important la perte de confiance de leurs propres populations. Sans parler même des pertes de prestige et de notoriété quant à leur supposée «exclusivité» face au reste du monde. Le président français Emmanuel Macron a récemment reconnu la fin de l’hégémonie occidentale sur le monde. Avec du retard, puisque cela fut annoncé il y a plusieurs années, mais vaut mieux un peu tard, que jamais.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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