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Mali: succès antiterroristes et résistance efficace aux interférences

13.04.2022

Au moment même où la République du Mali connait des succès sur le terrain dans la lutte antiterroriste, et ce sans l’implication de quelconques forces occidentales, l’establishment élyséen et ses alliés occidentaux tentent par tous les moyens de dénigrer ces réussites. Bien que cela ait été parfaitement prévisible.

Pour les Maliens, l’opération militaire antiterroriste récente à Moura (région de Mopti, centre du pays) est indéniablement une victoire notable. Et alors que l’establishment hexagonal avec plusieurs acteurs occidentaux s’obstinent à accuser les Forces armées maliennes (FAMA) de prétendues exactions, l’Etat-major général des Armées du Mali récuse ces accusations et appelle à la retenue contre les spéculations diffamatoires.  

Paris avait également tenté de faire adopter une initiative de lancement «d’enquêtes indépendantes» au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU – tentative bloquée par la Russie et la Chine. Une solidarité sino-russe saluée par de nombreux représentants de la société civile malienne et plus généralement africaine, qui au-delà d’y voir un exemple supplémentaire de solidarité entre les deux grandes puissances mondiales, sont surtout convaincus que cela bloque les schémas de déstabilisation occidentale bien connus.  

En effet, faut-il rappeler les innombrables exemples d’accusations qui émanaient des élites atlantistes à l’encontre de tout Etat dont les actions ne se conformaient pas aux désirs des dites élites? Syrie, Centrafrique, Iran, Venezuela,… Désormais au tour du Mali. Cela était effectivement parfaitement prévisible.

Mais dans le cas particulier de la RCA et du Mali, il ne s’agit pas seulement pour Paris à tenter de se venger contre deux nations africaines ayant fait le choix d’une souveraineté ferme et d’une diversification des partenariats extérieurs, mais il s’agit surtout pour l’Elysée et le Quai d’Orsay à tenter de stopper la contagion.

Oui, la contagion. Car si durant les longues années de présence française et occidentale, ces deux pays avaient été taxés des caractéristiques les plus négatives (pour l’anecdote par ces mêmes médias affiliés à l’establishment politique de l’Occident), désormais les deux Etats sont devenus de très importantes sources d’inspiration pour de nombreux autres peuples africains. Des peuples y compris issus de pays se trouvant toujours sous le diktat occidental.  

L’Occident néocolonial et atlantiste n’avait en effet jamais connu de telles difficultés en Afrique dans l’histoire récente. Les mobilisations populaires de masses, des responsables politiques et militaires patriotes et de plus en plus à l’écoute de leurs peuples, montée en puissance des valeurs panafricaines et les récentes réalités géopolitiques internationales propres à l’ère multipolaire – tout cela représente un énorme défi pour Washington, Londres comme Paris – si longtemps habitués à voir en l’Afrique une terre où ils pouvaient faire ce que bon leur semblait. Effectivement – cette époque est terminée.

Quant aux campagnes occidentales de diffamation qui visent les autorités et les Forces armées maliennes – il faudrait certainement dire que cela est d’une certaine façon positif et rassurant. Si l’on observe les dernières années et les événements ne serait-ce qu’en République arabe syrienne ou en République centrafricaine – nous verrons assez facilement que cela se déroulait presque toujours au moment où l’Occident et ses éléments se trouvaient en difficulté.

Dans cette optique, non seulement le Mali ne doit pas accorder une grande attention aux pseudo-accusations qui émanent des mêmes instigateurs, mais au contraire poursuivre la ligne dure face au terrorisme choisie avec le soutien de la très large majorité du peuple du pays. Quant aux enquêtes «indépendantes», cela pourra devenir des options acceptables – uniquement lorsque le système onusien des ressources humaines et des différentes administrations – s’adaptera aux nouvelles réalités planétaires. Et dans ces réalités, sachant d’autant plus que la République populaire de Chine est l’un des très principaux créanciers de l’ONU, il est grand temps qu’une grande partie des cadres occidentaux ou affiliés à l’Occident soient remplacés dans les meilleurs délais dans les instances onusiennes respectives.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3778

Xinhua: comment les USA tirent les ficelles de la guerre informationnelle en Ukraine

06.04.2022

Une guerre de l’information à grande échelle est en cours, avec comme seul initiateur en chef: les Etats-Unis. Sous l’hégémonie du récit occidental, Washington est tout sauf intéressé par la diffusion de faits et de vérité. Xinhua revient sur les tactiques courantes employées par les USA pour duper l’opinion publique internationale sur les événements en Ukraine.

L’agence de presse chinoise Xinhua a publié un compte-rendu détaillé des méthodes utilisées par l’establishment occidental, et plus particulièrement étasunien, dans sa guerre informationnelle en cours contre la Russie.

Premier point mentionné: susciter l’agitation et encourager l’hostilité. Au-delà des éléments parfaitement répertoriés dans l’article de Xinhua, il faut effectivement reconnaitre que lorsqu’on observe aujourd’hui une partie non négligeable de l’opinion publique occidentale (faut bien préciser: occidentale), la haine vis-à-vis de la Russie est plus que palpable. Et entretenue avec «soins» par ses instigateurs.

Si dans des pays dont les régimes sont longtemps et clairement russophobes – finalement cette haine de tout ce qui est russe n’est pas nouvelle – de la Pologne jusqu’à la Lituanie, en passant par la Roumanie, le fait est qu’aujourd’hui cette stratégie de l’establishment occidental a su toucher un large public y compris dans des pays européens où cette russophobie ne se trouvait pas à un niveau comparable.

Deuxième point: Xinhua rappelle également à juste titre la politique du deux poids, deux mesures, mise en évidence dans la crise ukrainienne. L’agence de presse chinoise indique qu’alors que les Etats-Unis sont occupés à réclamer des sanctions à l’encontre de la Russie pour «violations du droit international», ils restent silencieux lorsqu’on les interroge sur leurs crimes, notamment la promotion de la doctrine Monroe en Amérique latine, les bombardements de la Yougoslavie sans fondement juridique et leurs invasions de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Syrie. Où se trouvent donc la repentance et la responsabilité des Etats-Unis?

Les USA ont vanté leurs principes néolibéraux, comme l’effacement des frontières nationales dans la culture et le sport et l’inviolabilité de la propriété privée. Mais depuis l’éclatement du conflit russo-ukrainien, les avoirs de la Russie ont été gelés à l’étranger, tandis que des artistes et athlètes ont été exclus et persécutés. Les chats, les arbres et le ballet du Lac des cygnes russes n’ont pas non plus échappé aux sanctions.

Troisièmement point: faire courir les rumeurs. C’est cela que la machine de propagande US a pris à cœur et met en pratique. Les exemples cités dans l’article de Xinhua sont fort révélateurs. Par ailleurs, l’agence de presse internationale chinoise ne manque pas par la même occasion de rappeler les énormes manipulations de l’establishment étasunien en Irak, ou encore en Syrie: le 5 février 2003, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Irak, Colin Powell, alors secrétaire d’Etat américain, avait présenté une fiole contenant de la lessive en poudre, affirmant qu’il s’agissait là d’une preuve que l’Irak développait des armes chimiques.

Les auteurs de l’article font également un rappel important en ce qui concerne les activités fortement douteuses d’une organisation comme les Casques blancs, financée entre autres par les Etats-Unis, et dont les activités en matière de manipulation, notamment d’attaques sous fausse bannière, ont été maintes fois mentionnées.

Quatrième point: la censure. En effet, l’Occident a beau tenter à se présenter comme le défenseur de la liberté d’expression, les événements en cours démontrent au contraire à quel point ce même Occident applique des méthodes qui pourraient nous rappeler celles du Troisième Reich.

Xinhua cite à ce titre le blocage des médias russes dans toute l’Europe, l’autorisation par Meta aux utilisateurs de Facebook de publier des contenus anti-russes violents, ou encore l’exemple de la journaliste française Anne-Laure Bonnel – ayant réalisé des reportages dans le Donbass depuis plusieurs années – et qui se voit aujourd’hui être de-facto réduite au silence par les principaux médias hexagonaux, et plus généralement occidentaux.

Le dernier point mentionné par Xinhua – est de faire rentrer la politique spectacle, notamment dans les rencontres de haut niveau. D’une manière effectivement assez primitive, mais qui semble marcher pour ceux qui restent attachés au style hollywoodien et netflixien de présentation des événements.

Si ledit article reprend très justement les différents points et diverses méthodes de propagande étasuno-occidentale, il faudrait également rajouter que leur hystérie qui a atteint désormais le summum du summum – augmente considérablement dans le refus des pays et peuples non-occidentaux de se laisser entrainer dans cette russophobie par l’Occident.

Plus que cela, il faudrait également rajouter que les nombreux soutiens exprimés à l’endroit de l’opération militaire russe en Ukraine de la part d’Africains, Asiatiques ou Latino-Américains – ne fait que faire encore plus tomber le masque des Occidentaux et de leur petit «protégé» à Kiev – à savoir des menaces et intimidations à l’encontre des dits pays, dans un style purement raciste et néocolonial. Faut bien le dire: sans grand succès jusqu’à présent pour l’establishment occidental atlantiste.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3749

Construire et non pas détruire: la Chine accroit son influence au Moyen-Orient

Les sociétés étatiques chinoises ont signé un accord avec les autorités irakiennes pour la construction d’un millier d’écoles qui représenteront vraisemblablement que la première tranche dudit accord. Pour Bagdad – il s’agit de restaurer avec l’aide de la Chine son système éducatif détruit après des années de guerre et d’interventionnisme. Pour Pékin – d’accroître encore plus son influence dans la région stratégique du Moyen-Orient.

En effet, la République populaire de Chine a une chance assez unique de considérablement augmenter son influence dans la région concernée. Et de mettre une fois de plus en pratique son approche à l’international – construire, et non pas détruire. Avec un clin d’œil évident à Washington.

Il faudrait également rappeler que l’Irak attire aujourd’hui le plus d’investissements chinois dans la région. Et avec le nouvel accord en question – la Chine a la chance non seulement de mettre à profit ses capacités qui ne sont plus à démontrer en matière de construction des infrastructures, mais également de contribuer à remettre sur les rails un secteur stratégique pour toute nation qui se respecte – celui de l’éducation. A ce titre, il serait certainement juste de faire le rappel qu’avant l’agression US contre l’Etat irakien de 2003, le pays pouvait se vanter d’avoir l’un des systèmes éducatifs les plus développés de la région et du monde arabe de façon générale.

Evidemment, il y a d’autres aspects qu’il faut prendre en compte. Comme le fait que la Chine est devenue le principal client du pétrole irakien (5ème producteur mondial). Ou encore que malgré des années d’occupation étasunienne, la présence de cette dernière en terre irakienne ne sera évidemment pas éternelle. A un moment ou un autre, Washington devra plier bagage, et partir du pays ayant été plongé si longtemps dans le chaos par ses «soins». D’autant plus que le parlement irakien a explicitement formulé cette demande, après le lâche assassinat par les USA du général iranien Qassem Soleimani et du chef des Kataeb Hezbollah Abou Mehdi al-Mouhandis, à l’aéroport international de Bagdad.

Là aussi, ce n’est pas tout. L’Iran et l’Irak partagent des relations d’alliance très solides. Et à l’heure de la montée en puissance du triumvirat Chine-Russie-Iran – à l’échelle aussi bien régionale qu’internationale – il devient évident qu’une plus large participation économique chinoise sera la bienvenue. Aussi bien d’ailleurs en Irak, qu’en Syrie, entre autres.

Il est à noter qu’après la réalisation de la première tranche de construction d’écoles déjà annoncée, les opérateurs chinois seront vraisemblablement sollicités à construire 7000 écoles supplémentaires. En d’autres termes – le constat est sans appel. Entre les actions US en Irak comme dans toute la région, et celles de la République populaire de Chine, on comprend vite qui est le destructeur, et qui le réparateur.

Néanmoins, Washington sans surprise poursuivra très certainement sa rhétorique sur une «Chine expansionniste», dans le même style que celle visant Moscou ou Téhéran. Il n’empêche que les années de résistance à la présence US, ainsi que le manque total d’efficacité de cette dernière lors du déferlement des terroristes de Daech, n’en sont que des preuves supplémentaires quant au fait qu’à l’instar de l’Afghanistan, les troupes US devront déguerpir d’Irak.

Il y a un autre point qui a également toute son importance. Si Washington peut, à juste titre, être considéré comme le champion dans la propagation du chaos à l’international, à travers de longues années d’agressions néocolonialistes en terres étrangères, de même que dans le vol des ressources naturelles dans les pays concernés par ces agressions, la résistance contemporaine et la récente réalité géopolitique, mais également géoéconomique, mondiale – résolument multipolaire, auront démontré toutes les limites d’une telle approche des convaincus à prétendument être «exceptionnels» et ne pas à avoir rendre des comptes.

En ce sens, les troupes d’occupation US auront déjà démontré être dans l’incapacité à faire face à la résistance populaire, malgré les énormes moyens militaires à leur disposition. D’autre part, cette incapacité à sécuriser les pays détruits par leur propre interventionnisme, ne créent pas le climat nécessaire pour que des entreprises étasuniennes un tant soit peu sérieuses puissent considérer à s’y aventurer.

Mis à part évidemment les quelques compagnies liées à des firmes de mercenariat US. Et qui de par leurs actions d’exploiter illégalement des ressources naturelles d’Etats souverains, comme notamment en Syrie, ne sauront éternellement pouvoir expliquer à leurs propres concitoyens les dizaines de milliards de dépenses du budget national dans des opérations à l’étranger, en vue de pouvoir simplement enrichir quelques hauts gradés de l’establishment politique ou militaire US.

Aussi, le fait que les principaux défenseurs et promoteurs du concept multipolaire international aient largement haussé le ton – démontre définitivement que le contrepoids à l’unilatéralisme occidental non seulement existe fermement, mais sera appelé à prendre encore plus de poids dans les années à venir.

Faut-il pour autant espérer que Washington déguerpisse de toute la région très rapidement? Certainement pas. Mais l’Irak sera déjà une nouvelle étape fort importante. Quant à la Chine, de même que les nations alliées, elles sauront certainement en qualité de grandes civilisations mondiales à démontrer qu’un pays quel qu’il soit a besoin avant tout de sécurité et de développement. Et non pas d’interventions néocoloniales sous faux couvert «humanitaire-démocratique».

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Diplomatie chinoise: l’ère de l’impunité pour les USA est terminée

La Chine continue de hausser le ton face aux nostalgiques du système unipolaire. Les récentes déclarations de la diplomatie chinoise ont été vues par de nombreux analystes comme un sérieux avertissement vis-à-vis de Washington et de ses supplétifs. Mais aussi et peut-être surtout comme une mise au point définitive quant à l’avenir des affaires internationales.

Les Etats-Unis, leurs alliés occidentaux et certains de leurs supplétifs ont beau prétendre à continuer de s’autoproclamer «communauté internationale», à organiser des pseudo-sommets de la «démocratie» – la réalité multipolaire, elle, ne compte aucunement reculer. Et dans cette réalité, à défaut de l’accepter convenablement – il faudra apprendre à une extrême minorité planétaire à connaitre sa place dans le monde… en qualité d’extrême minorité planétaire.

A ce titre, il serait très intéressant de prêter attention aux toutes récentes déclarations de Wang Wenbin, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères: «Nous condamnons l’intervention militaire brutale des Etats-Unis en Afghanistan, en Irak, et en Syrie au nom de la « démocratie«  et des « droits de l’homme« . Nous appelons la communauté internationale à enquêter sur les crimes de guerre de l’armée étasunienne consistant à tuer des civils innocents dans le monde et à la tenir responsable de ces crimes».

En ajoutant des éléments très importants: «La justice peut être retardée, mais elle ne sera reniée. L’ère durant laquelle les USA agissaient de façon arbitraire dans le monde sous le prétexte de la prétendue « démocratie«  et des « droits de l’homme«  est terminée. Le jour de rendre des comptes finalement viendra pour l’armée US qui a commis les crimes de tuer des civils innocents dans de nombreux pays».

Maintenant, abordons les perspectives. Tout d’abord, il devient aujourd’hui évident que nos prévisions se sont une fois de plus confirmées. Déjà en février dernier et à l’heure où de nombreux analystes et experts présageaient une amélioration des relations sino-étasuniennes après le départ de l’administration Trump de la Maison-Blanche, Observateur Continental a publié une analyse qui indiquait que rien ne présageait au contraire de nettes améliorations dans ces relations. En rappelant notamment que face à la poursuite de l’arrogance dans la politique étasunienne, Pékin continuera à défendre ses intérêts nationaux et à promouvoir la réalité multipolaire mondiale. Ces prévisions se sont largement confirmées.

D’autre part et au moment où certains pouvaient penser que la Chine – tout en étant une superpuissance économique internationale ne se focalisera pas particulièrement sur le volet géopolitique ont là aussi eu tout faux. La République populaire de Chine a au contraire largement accepté son rôle de superpuissance également géopolitique, et a inlassablement raffermi ses alliances avec les autres principales puissances mondiales non-occidentales, parmi lesquelles la Russie et l’Iran.

Enfin, les déclarations récentes de la haute diplomatie chinoise confirment tout simplement que la Chine est effectivement passée à la contre-offensive. L’appel à faire porter la responsabilité aux USA pour les crimes commis à divers endroits de la planète, ainsi que la mise au point sans équivoque que l’ère de l’injustice unipolaire est bel et bien révolue – ne nécessitent pas de commentaire supplémentaire.

Dans ce paradigme de la réalité internationale contemporaine – l’Occident politique pourra alors poursuivre ses gesticulations «moralisantes» autant qu’il souhaitera. Cela ne changera pourtant aucunement les bouleversements mondiaux: des bouleversements dans lesquels l’establishment occidental et ses acolytes devront apprendre à connaitre la place qui est la leur. Encore une fois – cette place est bien connue. Celle d’une minorité planétaire évidente, avec tout ce que cela implique. Y compris sur le plan économique – à l’heure où le poids de l’Occident dans l’économie mondiale ne cesse d’aller à la baisse. Un processus qui par ailleurs ne fera que s’accélérer dans les prochaines années et décennies.

L’Occident et ses suiveurs les plus radicaux avaient pourtant une chance assez unique de tenter à s’adapter à la nouvelle ère multipolaire. Mais les nombreux appels et rappels des nations partisanes de la multipolarité à l’encontre des nostalgiques de l’ordre unipolaire totalement dépassé – à revoir leur mentalité néocoloniale n’ont donné aucun résultat digne de ce nom. Ayant en face des patients inguérissables, il devient évident qu’une telle perte de temps n’apporte que des retards au véritable développement pour l’humanité.

Et en ce sens – les patients intraitables doivent être mis à l’isolement de l’écrasante majorité planétaire. Sachant d’autant plus qu’au sein de cette large majorité terrestre, on retrouve de nombreux citoyens de pays occidentaux – eux aussi adeptes de la multipolarité. La seule et véritable communauté internationale poursuivra donc sa grande marche en avant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Syrie: le rapprochement des Etats arabes avec Damas

La République arabe syrienne observe les manœuvres de nombre de pays arabes souhaitant normaliser leurs relations avec le leadership syrien. Cette réalité confirme le succès de la résistance syrienne et du soutien stratégique de ses alliés, mais également l’énième échec de l’establishment occidental.

«Rapprochement éclair avec la Jordanie, rôle majeur dans la crise énergétique libanaise, réintégration au sein d’Interpol, les signes ne trompent pas: la Syrie est en train de rompre partiellement son isolement en dépit du maintien de lourdes sanctions internationales», écrit France 24 – l’un des principaux porte-voix médiatiques des intérêts de l’establishment hexagonal à l’international. Faisant notamment référence au récent entretien téléphonique entre le président syrien Bachar al-Assad et le roi Abdallah II de Jordanie.

Le même article parle même d’une «approche plus pragmatique» du côté étasunien, notamment «le feu vert exceptionnel accordé en août au projet d’acheminement de gaz égyptien via la Syrie vers le Liban en crise, malgré les lourdes sanctions du Caesar Act, adopté en 2019 et qui interdit toute transaction avec les autorités syriennes».

Par ailleurs, l’analyste Aaron Lund, cité par France 24 indique que «les pays les plus influents au sein de la Ligue arabe, excepté l’Arabie saoudite, sont favorables à une réintégration de la Syrie» au sein de l’organisation… Evidemment et malgré tous ces éléments parmi d’autres que ledit groupe médiatique mentionne – il reste trop difficile pour le mainstream médiatique de passer sincèrement à une approche raisonnable dans le traitement de l’information internationale. Notamment lorsqu’on lit dans la même publication, que «le régime syrien est toujours considéré comme un paria par la communauté internationale».

Cette ligne mérite évidemment quelques commentaires et mises au point. Tout d’abord, de quelle communauté internationale parle-t-on d’une infime minorité planétaire nommée l’Occident? Ou encore plus particulièrement de l’establishment occidental? Si c’est le cas, alors il est tout sauf question, une fois de plus, de communauté internationale. Un groupe de régimes représentant tout au plus 10% de la population terrestre ne pourra jamais prétendre à être la communauté internationale. A moins de changer radicalement de mentalité et de rhétorique, et devenir un acteur responsable dans les affaires internationales – on en est si loin.

D’autre part, lorsqu’on connait les principaux soutiens de la République arabe syrienne, notamment les grandes puissances internationales comme la Russie, l’Iran, mais également la Chine, superpuissance économique mondiale, il est pour le moins ridicule de pouvoir encore prétendre à parler d’une quelconque isolation de la Syrie. Rajoutons à cela ces manœuvres de nombre de voisins arabes de Damas dans la voie de normalisation des relations, souvent même sur leur propre initiative, et on arrive au summum du ridicule dans la rhétorique politico-médiatique de l’Ouest. Bien que ce ridicule ne surprenne plus grand monde aujourd’hui.

Dans un article de novembre de l’année dernière, Observateur Continental avait abordé le fait que la Syrie de l’après-guerre n’a pas besoin de l’Occident. Cette mise en perspective semble plus que jamais d’actualité aujourd’hui, à l’heure où plusieurs acteurs régionaux et internationaux se bousculent pour le rétablissement des relations avec le leadership syrien. Fait intéressant: même les représentants turcs qui maintiennent une animosité peu voilée envers le gouvernement syrien, reconnaissent depuis peu de façon officielle les contacts existants entre leurs services de renseignement et ceux de Damas.

Une question légitime se pose donc: l’Occident ne serait-il pas tout simplement le seul et véritable paria contemporain de la communauté internationale? Nous sommes en droit de nous poser cette question.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3224

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L’Arabie saoudite s’adapte aux réalités contemporaines?

Riyad semble opérer des changements dans sa politique régionale et internationale. Normalisation envisageable avec l’Iran, des relations montantes avec la Russie et la Chine, les événements en cours démontrent une stratégie qui semble tenter à s’adapter aux règles du monde multipolaire. Mais jusqu’où pourra aller l’Arabie saoudite?

Certains des représentants du royaume saoudien semblent de plus en plus comprendre que l’alliance de longue date avec le monde anglo-saxon, et plus particulièrement avec Washington, ne représente plus une mise gagnante pour son avenir. Et qu’à l’heure d’un renforcement sans précédent de l’ordre international multipolaire il serait peut-être temps de s’y adapter, au risque de se retrouver dans le camp perdant.

Dans le cas relationnel avec l’Iran – l’adversaire régional déclaré de l’Etat wahhabite, les récentes actions laissent entrevoir une possible normalisation. A ce titre, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a récemment déclaré que les discussions sur les relations bilatérales avancent progressivement.

«Au cours des derniers mois, nous avons eu des contacts plus ou moins élaborés avec le Royaume d’Arabie saoudite. Nous avons entamé une série de pourparlers avec le gouvernement saoudien à Bagdad au cours de ces mois», soulignant que les discussions en rapport avec les relations bilatérales et les progrès des pourparlers sur la sécurité de la région du Golfe étaient très fructueux.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a également déclaré que si le gouvernement saoudien accorde une attention sérieuse au message de l’Iran qui considère que la solution aux problèmes de la région demeure en la région elle-même, et que nous devons parvenir à un mécanisme régional global, il sera alors possible à ce moment-là d’avoir des relations soudées entre les deux pays.

Evidemment, si un tel mécanisme deviendrait réalité, il ne sera pas du goût de Washington, ni de Tel-Aviv. Et à ce titre, rien n’est encore sûr quant au fait si Riyad aura le courage d’aller jusqu’au bout d’une telle initiative. D’un autre côté, les Saoudiens comprennent aujourd’hui parfaitement que les tentatives à faire isoler l’Iran constituent indéniablement un échec total pour ses initiateurs.

Et les évidences de cet échec ne manquent pas: Syrie, Yémen, montée en force de l’Axe de la résistance, probablement la plus grande influence de l’Iran dans les affaires régionales et même au-delà dans son histoire contemporaine, formation de l’alliance avec la Chine et la Russie. Cette dernière d’autant plus renforcée que l’adhésion officielle de la République islamique en qualité de membre de plein droit au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) a été pleinement validée

Dans le cas saoudien, s’ajoute à cela les récents retraits par les USA des batteries de missiles Patriot du territoire saoudien, le nouvel accord de coopération militaire avec la Russie, la coopération économico-énergétique avec la Chine. En bref – des éléments supplémentaires qui confirment un basculement évident dans les affaires du Moyen-Orient.

Cela sans oublier le retrait US d’Afghanistan, qui selon nombre de sources a fortement déplu à plusieurs monarchies du Golfe. Et surtout la manière dont s’est opéré ce retrait. Permettant de voir clairement avec quelle facilité Washington peut abandonner ses prétendus alliés.

Pour autant, non – il est encore très loin de considérer que l’Arabie saoudite se joindra sous peu à l’axe de la multipolarité. Et rien ne présage un changement de cap dans les plus brefs délais, connaissant l’énorme proximité de Riyad avec Washington. Il n’empêche qu’il y a effectivement de plus en plus de têtes pensantes en territoire saoudien qui comprennent la voie du monde actuelle. Et que dans le cadre des processus en cours, il faut déjà commencer à prendre les bonnes dispositions. A défaut de quoi – s’exposer au risque de subir de plein fouet les conséquences d’avoir été parmi les principaux retardataires dans le cadre des réalités qui émanent de l’ordre multipolaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3143

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BRICS: finalisation du plan d’action conjoint contre le terrorisme

Les pays BRICS se préparent à porter à un niveau supérieur l’interaction conjointe en matière de lutte contre le terrorisme. Il devient évident que les grandes puissances non-occidentales auront à jouer un rôle désormais déterminant dans le volet sécuritaire, et ce au niveau régional comme international.

Le plan d’action antiterroriste des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) destiné à renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme entre les Etats membres de l’organisation, a été finalisé, comme l’annonce le quotidien indien de langue anglaise The Hindu. Cela a été discuté lors de la sixième réunion du Groupe de travail contre le terrorisme des BRICS, les 28 et 29 juillet.

Le ministère indien des Affaires étrangères a pour sa part annoncé que ce plan d’action contribuera à établir «une coopération axée sur les résultats» entre les Etats membres des BRICS. Tout en précisant «qu’au cours de la réunion du groupe de travail, en condamnant le terrorisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations à tout moment, où et par qui que ce soit, les pays des BRICS ont également échangé leurs points de vue sur l’évaluation de la menace terroriste aux niveaux national, régional et mondial, et ont décidé de renforcer davantage la coopération antiterroriste conformément audit plan d’action».

Ce plan d’action d’interaction conjointe dans la lutte contre le terrorisme représente l’un des principaux résultats de la présidence indienne actuelle de l’organisation et qui devrait être adopté lors de la réunion des conseillers à la sécurité nationale des BRICS prévue en août. Parmi les principales orientations dudit plan d’action, on retrouve non seulement la prévention et la lutte contre le fléau du terrorisme, mais également le traitement des problèmes liés à la radicalisation, le financement des groupes terroristes, l’utilisation abusive d’internet par les éléments extrémistes, la restriction des mouvements de terroristes, le contrôle des frontières, la protection des cibles vulnérables, le partage d’informations, ainsi que la coopération régionale et internationale.

Cette initiative, au-delà d’être liée à une structure internationale représentant plus de 3 milliards d’habitants, est d’autant plus importante que les initiatives dans le cadre de la lutte antiterroriste qui émanent de la communauté occidentale ont pratiquement tous connu de vifs échecs – le tout allié à une approche irrespectueuse du droit international, de la souveraineté des Etats, et pensant pouvoir manipuler à leur guise des éléments terroristes dans l’objectif d’atteindre des gains géopolitiques et géoéconomiques.

De la Libye jusqu’au Mali, de la Syrie à l’Afghanistan, la liste n’étant pas exhaustive – l’establishment occidental ne peut se vanter de quelconques résultats dans le volet de la lutte contre le terrorisme. Et ce au moment même où ce même establishment continue de faire référence à une communauté internationale dont il est tout sauf le représentant, sans oublier l’approche révisionniste lorsqu’il continue de mentionner l’ordre international unipolaire – terminé et révolu.

En ce qui concerne les pays BRICS, notamment la Chine et la Russie – les Etats en question auront déjà démontré non seulement des résultats efficaces dans la lutte contre le terrorisme et la prévention contre l’extrémisme, mais plus que cela – une capacité à mettre hors d’état de nuire de très larges groupements terroristes recevant des aides variées et multiples de la part des élites occidentales. La Syrie en représente un exemple fort révélateur.

Si l’on prend par contre l’exemple de la Libye, du Mali et plus généralement la région du Sahel – l’Occident a également fait preuve d’une incapacité à assumer son rôle objectif de pompier pyromane. Car au-delà d’avoir largement contribué à la large propagation du terrorisme dans le Sahel suite à la destruction, en toute illégalité internationale, de la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi – un Etat jadis prospère et stable, les mêmes acteurs n’ont rien pu (ou voulu) faire pour stopper l’hémorragie terroriste au sein des Etats appartenant à cette région.

Le fait donc que les BRICS, à l’instar d’une autre grande structure internationale comme l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), attache une importance de plus en plus accrue au volet antiterroriste ne peut être que rassurant pour l’avenir mondial, à l’heure où des défis évidents et sérieux persistent. Et parmi ces défis figurent bel et bien les groupements terroristes – comme d’ailleurs ceux, qui tout en refusant de reconnaitre l’ère multipolaire, ne ressentent aucun remord à tenter d’instrumentaliser les extrémistes en question, pensant à tort pouvoir en garder le contrôle. Mettant ainsi en danger non seulement la sécurité internationale dans son ensemble, mais également celle de leurs propres citoyens.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2951

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Syrie: la Chine passe à l’action

Pékin renforce son interaction avec Damas non seulement sur le plan politico-diplomatique, mais tout semble désormais aller dans la direction d’une collaboration de plus en plus étroite dans les sphères économique et sécuritaire. Renforçant un peu plus l’axe de la multipolarité dans les affaires du Moyen-Orient et confirmant par la même occasion que la Syrie peut se passer d’une interaction quelconque avec les Etats occidentaux.

La visite du chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, dans la capitale syrienne est venue conforter non seulement des relations cordiales entre la République populaire et la République arabe, au moment d’ailleurs de l’inauguration du leader syrien, mais confirme de plus en plus la détermination du leadership chinois à jouer un rôle important dans la Syrie post-conflit, aux côtés des autres principaux alliés de Damas – en la qualité de la Russie et de l’Iran. Le tout après la récente victoire du président Bachar al-Assad aux élections présidentielles syriennes.

Durant cette visite, le haut responsable chinois a rencontré son homologue syrien, Fayçal al-Meqdad, et a également été reçu par le leader syrien. A l’issue de ces rencontres, les deux pays se sont fixés l’objectif de renforcer les liens et la coopération bilatérale, comme l’annonce l’agence de presse chinoise Xinhua.

Wang Yi, qui au-delà d’être le ministre des Affaires étrangères – est également conseiller d’Etat, a souligné que la Chine se tient résolument aux côtés du peuple syrien et adhère à la justice internationale en préservant la souveraineté et l’indépendance de la Syrie. Lors de sa rencontre avec le président Bachar al-Assad, le chef de la diplomatie chinoise a également rappelé que la Chine s’oppose à toute tentative de changement de régime en Syrie.

Toujours selon Wang Yi – sous la direction de M. Assad, le peuple syrien a remporté de précieux succès dans la lutte contre le terrorisme et l’opposition aux ingérences extérieures, ajoutant que la réélection du président syrien reflétait la confiance et le soutien solides dont il jouit auprès de la population. Un commentaire fort important et qui à l’instar du soutien russo-iranien à Damas, va fermement à l’encontre des déclarations d’une large partie de l’establishment occidental.

Par ailleurs, la Chine soutient fortement la Syrie dans la gestion de ses problèmes intérieurs en vertu du principe « dirigé et pris en charge par les Syriens ». Le ministre chinois des Affaires étrangères a par ailleurs affirmé que la Chine avait présenté une proposition en quatre points pour résoudre la question syrienne.

Premièrement, la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale de la Syrie doivent être respectées. La Chine appelle à respecter le choix du peuple syrien, à abandonner l’illusion d’un changement de régime et à laisser le peuple syrien déterminer de manière indépendante l’avenir et le destin de son pays. Deuxièmement, le bien-être du peuple syrien doit être une priorité et le processus de reconstruction doit être accéléré. La Chine estime que le moyen fondamental de résoudre la crise humanitaire en Syrie réside dans la levée immédiate de toutes les sanctions unilatérales et du blocus économique contre la Syrie.

Troisièmement, une position ferme sur la lutte efficace contre le terrorisme doit être maintenue. La Chine estime que toutes les organisations terroristes répertoriées par le Conseil de sécurité des Nations unies doivent être réprimées et que les politiques de «deux poids, deux mesures» doivent être rejetées. Selon M. Wang, le rôle de premier plan du gouvernement syrien dans la lutte contre le terrorisme sur son territoire doit être respecté, les projets visant à susciter des divisions ethniques sous prétexte de lutter contre le terrorisme doivent être combattus, et le sacrifice et la contribution de la Syrie à la lutte antiterroriste doivent être reconnus. La Chine soutiendra la position antiterroriste de la Syrie et se joindra à elle pour renforcer la coopération antiterroriste mondiale, a souligné M. Wang.

Quatrièmement, une solution politique inclusive et réconciliatrice à la question syrienne doit être encouragée. La Chine appelle à faire avancer le règlement politique de la question syrienne par les Syriens, à aplanir les divergences entre toutes les factions syriennes par le dialogue et la consultation, et à jeter des bases politiques solides pour la stabilité, le développement et la revitalisation à long terme du pays.

Deux points très importants mentionnés également par M. Wang concernent justement les domaines sécuritaire et économique. Sur le premier, le chef de la diplomatie chinoise a annoncé que son pays était prêt à renforcer le partenariat dans la sphère antiterroriste avec Damas, à améliorer la capacité antiterroriste de la Syrie, et à sauvegarder la sécurité nationale des deux pays respectifs, tout en contribuant à la sécurité du monde.

Un point effectivement très important lorsqu’on connait les succès stratégiques de la lutte contre le terrorisme salafiste, affilié à Daech ou Al-Qaida, dans laquelle l’axe Damas-Moscou-Téhéran-Hezbollah a joué un rôle clé – à l’énorme différence de la «coalition» occidentale.

Sur l’aspect économique, Wang Yi a rappelé qu’en tant que partenaires dans l’Initiative la Ceinture et la Route (ICR), la Chine et la Syrie discuteront conjointement des moyens efficaces à faire avancer une coopération mutuellement bénéfique, en particulier dans les domaines de l’agriculture et du commerce, de manière à aider la Syrie à améliorer les moyens de subsistance et à accélérer la reconstruction.

Ce dernier point est d’autant plus important qu’il confirme justement la motivation de Pékin de participer à la reconstruction des infrastructures de l’Etat syrien – détruites par des années de guerre contre le terrorisme et l’interférence néocoloniale. Un domaine dans lequel la Chine dispose non seulement d’un savoir-faire qui n’est plus à présenter, mais également d’énormes capacités d’investissements.

Tout cela conforte évidemment, et une fois de plus, le fait que la véritable communauté internationale se trouve désormais en Eurasie. Et que malgré toute la rhétorique récente hostile des élites occidentales quant au fait que la reconstruction en Syrie ne pourrait se faire sans leur implication – cette arrogance tombe, elle aussi une fois de plus, à l’eau. D’ailleurs, cela ne fait que rendre justice aux paroles du président Bachar al-Assad qui a maintes fois déclaré que les acteurs internationaux qui pourront participer au processus de reconstruction et d’investissements dans la Syrie post-conflit – ce sont les alliés de l’Etat syrien. Des alliés connus, en l’occurrence le triumvirat Russie-Iran-Chine.

Cela représente indéniablement la meilleure réponse à tous les membres de la communauté occidentale (et non pas internationale) – à savoir que l’époque où il était possible de détruire, pour ensuite se servir – est bien terminée. Multipolarité oblige. Il est encore temps de se mettre à jour. Mais soyons réalistes – l’establishment atlantiste occidental en est incapable. D’où la raison pour laquelle il continuera à perdre de son influence dans les affaires internationales.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Présidentielle en Syrie: la souveraineté ne se négocie pas

L’élection présidentielle en République arabe syrienne aura lieu le 26 mai prochain (le 20 mai pour les Syriens se trouvant à l’étranger). Ce scrutin dans lequel le président sortant Bachar al-Assad est largement favori constitue un élément de réponse indéniable aux déstabilisations extérieures ayant visé ce pays depuis plusieurs années.

Malgré toutes les critiques en cours de la part de nombre de régimes occidentaux et affiliés visant, comme à son habitude, la Syrie et notamment le scrutin présidentiel qui aura lieu sous peu, toutes les conditions ont été jusqu’à maintenant réunies pour une organisation digne de ce nom. Aussi bien sur le plan administratif que sécuritaire.

En effet, les autorités syriennes ont mis en place tout le dispositif nécessaire au bon déroulement de la présidentielle. Y compris au niveau des représentations diplomatiques à l’étranger. Ce dernier point mérite d’ailleurs une attention particulière connaissant l’attention accordée aux citoyens de Syrie se trouvant à l’extérieur du pays. Et ce pour la simple et bonne raison que cela constitue un élément de réponse évident que le leadership national n’a aucune peur quant au choix que pourrait faire valoir le vote de la diaspora syrienne.

C’est peut-être d’ailleurs la raison d’une obstruction pratiquée dans plusieurs pays occidentaux en vue de perturber le vote des Syriens vivant dans les pays concernés. Car si l’establishment politico-médiatique occidental aurait été convaincu que les représentants de la diaspora syrienne seraient largement hostiles au président al-Assad, il est assez évident que ce même establishment se serait activement mobilisé pour mettre un accent sur ce point.

Après tout il est pratiquement certain que si une large part des Syriens de l’étranger votera pour le président sortant – toute la propagande hostile à la République arabe et à son leadership en prendrait un sacré coup, supplémentaire. Et ce en premier lieu en terre occidentale, sans oublier les supplétifs.

Pendant ce temps et en Syrie, dans la capitale Damas comme à d’autres endroits du pays, la population semble largement prête à faire exprimer son choix le 26 mai. Et ce dans le cadre multiconfessionnel et multiethnique de la nation – une richesse que durant de longues années les groupes terroristes et leurs parrains extérieurs avaient tout fait pour détruire. Faut bien le dire – en vain.

Le fait même que de pouvoir organiser ces élections présidentielles dans un cadre sécuritaire n’ayant rien à avoir avec celui d’il y a encore quelques années constitue sans le moindre doute un élément supplémentaire de vive inquiétude pour toutes les forces hostiles à la Syrie. Et qui ne fait que confirmer la légitimité du scrutin.

Au moment où plusieurs Etats ayant participé à la déstabilisation du pays cherchent désormais à négocier en vue d’une possible normalisation, comme l’Arabie saoudite – le principal allié, après l’Etat sioniste, des Etats-Unis dans la région du Moyen-Orient, cela démontre également à quel point la donne a changé. Et ce après que plusieurs autres Etats arabes ont d’ores et déjà normalisé les relations avec Damas. Dont les Emirats arabes unis qui avaient déjà rouvert leur ambassade en Syrie en 2018.

Les régimes occidentaux, eux, restent à la traine. Ayant, comme certains de leurs supplétifs, beaucoup de mal à accepter une réalité sur laquelle ils n’ont pas de contrôle. Une réalité qui n’est autre que celle de la multipolarité mondiale. Evidemment, les défis restent très importants. La situation dans plusieurs pays du monde, notamment actuellement en Palestine, reste extrêmement préoccupante. Une chose demeure néanmoins certaine: la résistance et la promotion d’un concept international plus juste restent les meilleures réponses aux nostalgiques d’une époque révolue.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Sahel: nouvelles turbulences en perspectives?

La mort du président tchadien Idriss Deby fait planer le doute quant à une possible détérioration de la situation sécuritaire dans la région du Sahel. Le tout au moment où les forces occidentales présentes sur le terrain sont loin de contribuer à améliorer cette situation.

Le décès d’Idriss Deby, complètement inattendu pour de nombreux observateurs, dépasse aujourd’hui le cadre strictement tchadien et renvoie à l’incertitude quant aux perspectives régionales du Sahel. Notamment en raison de la considération que les événements à l’intérieur du Tchad risquent de rendre plus compliqué l’engagement du pays dans les campagnes régionales de lutte contre le terrorisme.

La France, dont le Tchad est officiellement un allié, n’avait pas tardé à réagir, en mettant en avant sa pleine solidarité avec N’Djamena suite au décès d’Idriss Deby, à qui un hommage a été rendu aussi bien par le président français Emmanuel Macron, qui saluait «un ami», que par la ministre française des Armées Florence Parly, qui parle de perte «d’un allié essentiel pour la France». Notamment pour l’opération Barkhane au Sahel.

D’autres pays ont également rendu un hommage au président défunt, notamment la Chine, via le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Wang Wenbin, en rappelant qu’Idriss Deby «avait attaché une grande importance au développement des relations d’amitié entre la Chine et le Tchad et avait apporté des contributions positives à la coopération amicale entre les deux pays».

Pour revenir à la France, partenaire clé du Tchad, et malgré une solidarité de Paris clairement affichée, pour nombre d’analystes africains – des questions persistent. Notamment sur les circonstances de la mort du président tchadien, et le fait qu’à la différence des fois précédentes – les militaires français n’avaient pas participé aux combats contre les rebelles du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) – nommés pour responsables de l’attaque ayant conduit à la mort d’Idriss Deby.

Certains vont même jusqu’à avancer l’idée que face aux récents échecs stratégiques subis sur le continent africain, notamment en République centrafricaine, l’establishment français ne chercherait-il pas des alliés plus dociles, dont il aurait un contrôle et une capacité de maniement plus importante. Tout est possible, le fait est de nombreux citoyens du Tchad refusent ce schéma relationnel avec Paris. Et leur voix se fait entendre.

En parlant des perspectives régionales, il est pratiquement certain que si la situation se détériorait au Tchad, cela aura des impacts pour le Sahel de façon générale. Le tout au moment où les défis sécuritaires restent de taille pour tous les pays concernés. A ce propos, les médias mainstream oublient comme si souvent de rappeler le pourquoi du comment de cette situation qui perdure. Et qui n’est autre que la conséquence directe de l’intervention de l’Otan contre la Libye de Mouammar Kadhafi.

L’autre question à se poser, c’est pourquoi la présence de troupes françaises, notamment dans le cadre de l’opération Barkhane, débutée en 2014 au Sahel, n’apporte pas de véritables résultats sur le terrain. Cette question mérite d’ailleurs d’être posée également aux forces étasuniennes présentes en Afrique, y compris dans les pays du Sahel, , appartenant au Commandement des Etats-Unis pour l’Afrique (Africom).

Mais peut-être que l’objectif c’est justement de promouvoir encore plus de chaos pour «légitimer» la présence, de plus en plus remise en cause par la très grande partie de l’opinion publique des pays africains? Et à défaut de pouvoir réaliser des coups d’Etat et des déstabilisations en tout genre aussi facilement que dans le passé – reprendre la bonne vieille méthode d’augmenter les zones instables, pour ensuite se positionner en «solutions»?

Après tout, et s’il fallait faire un parallèle avec un pays comme la Syrie – la présence illégale américano-occidentale à certains endroits du pays utilise le justificatif de la lutte contre les éléments de Daech – dans la très grande majorité écrasés par la coalition Syrie-Russie-Iran-Hezbollah libanais, pour expliquer sa présence. Et comme par hasard, les cellules dormantes restantes de la nébuleuse terroriste se réactivent précisément dans la zone de la présence d’une base US – en l’occurrence d’al-Tanf, sans en être inquiétées par les militaires étasuniens.

Dans le cas plus particulier des pays du Sahel il devient donc assez évident que les solutions proposées par les partenaires occidentaux devraient être reconsidérées. La large part de l’opinion publique africaine ne dira pas le contraire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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