Archives du mot-clé Syrie

Ordre mondial: l’avant et l’après crise syrienne

Syrie

Après des années de guerre, de pertes humaines et économiques, la Syrie commence à entrevoir le bout du tunnel. Soutenue par ses alliés et grâce aux victoires sur le terrain face aux groupes extrémistes, la Syrie aura joué un rôle crucial dans le changement des équilibres mondiaux. Le monde unipolaire s’est peut-être effondré aux portes de Damas.

Il fut un temps où les élites et les experts autoproclamés de l’Occident ne donnaient que quelques semaines, quelques mois tout au plus, à Bachar el-Assad. Pourtant, les années ont passé et au prix d’innombrables sacrifices, la République arabe syrienne a réussi à sauvegarder sa souveraineté. Évidemment, le soutien stratégique de ses alliés, au premier rang desquels la Russie, a été d’une importance cruciale dans cette équation, au grand dam des Occidentaux et de leurs acolytes.

Le constat est simple: l’armée gouvernementale syrienne a récupéré plus des 2/3 de son territoire national et ne compte aucunement s’arrêter en si bon chemin. Au fur et à mesure, les dernières poches «rebelles» sont résorbées. Et malgré toutes les tentatives étasuniennes, israéliennes, françaises, britanniques ou saoudiennes de faire perdurer le conflit et de tenter de repousser autant que possible la victoire finale, tout le monde se rend à l’évidence, y compris au sein du mainstream: Assad et ses alliés ont gagné.

Quant aux forces étrangères non invitées en Syrie, elle doivent également se rendre à l’évidence: leur présence ne saurait durer éternellement. Après avoir vu partir en fumée des sommes folles, la coalition occidentalo-golfiste sait dorénavant qu’elle investit à fonds perdu dans la déstabilisation en Syrie. Cette opération qui ne mènera à rien sur le moyen terme: il n’y aura pas de scénario irakien ou libyen en Syrie. Et c’est bien cela que représente la Syrie dans l’optique du monde nouveau. Un monde dans lequel des pays comme la Russie, la Chine, l’Iran et plusieurs autres joueront un rôle de plus en plus décisif.

Après cela, devrait-on s’étonner que de plus en plus de pays, ayant longtemps appartenu au bloc occidental, se rapprochent progressivement des principaux acteurs de la gestion multipolaire du monde? Certes pas. C’est un processus qu’il sera désormais très difficile de stopper. L’Occident politico-économico-médiatique a, lui, montré toutes ses limites. Sous le couvercle de valeurs dites «universelles», cette partie du monde, qui ne représente pas plus de 10% de la planète, s’est autoproclamée «communauté internationale», dans la pure tradition coloniale. Elle ne cesse pourtant de perdre la confiance et le respect d’une large partie de la population planétaire non-occidentale.

Une chose est certaine. Il y a un avant et un après la crise syrienne. Le cas syrien a définitivement démontré qu’il était possible de résister à l’arrogance néocoloniale occidentale, à condition d’y être déterminé et d’avoir des alliés fiables, qui respectent votre dignité et votre souveraineté.

Il est très probable que l’Occident n’acceptera pas rapidement ce nouveau paradigme. Cela signifie que les tentatives de déstabilisations se poursuivront. Il faut y être prêt. Mais dans cette bataille, les élites occidentales n’ont plus la main. Et c’est pour cela que nous vivons une époque assez unique: celle d’un passage définitif à un ordre nouveau, plus juste et plus égalitaire.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806051036675092-syrie-crise-monde-occident/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Publicités

L’irrésistible montée en puissance de l’Eurasie

escalier

L’espace eurasiatique renforce son intégration. Géopolitique, économie, Défense, liens culturels: rien ne semble pouvoir entraver ce processus, qui se nourrit du renforcement de la multipolarité. Pour la Russie, pour la région et pour le monde, quelles perspectives?

Alors que les relations internationales sont à un tournant, l’Eurasie va être de plus en plus amenée à occuper une position stratégique, pas seulement pour la région qui la concerne, mais plus généralement pour la planète tout entière. Union eurasiatique, Organisation de coopération de Shanghai (OCS), Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), Nouvelle route de la soie, les projets dans l’espace eurasien ne manquent pas. Une chose est certaine, les peuples eurasiens se rassemblent. Et ce, aux dépens des ambitions occidentales.

Faut-il rappeler que les intellectuels russes du début du XXe siècle, et notamment à partir des années 1920, ont activement promu l’idée que la Russie était culturellement et idéologiquement plus proche des peuples turcophones et iranophones d’Asie centrale que de l’Occident? Avaient-ils tort ou raison, le débat se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Le fait est que la Russie actuelle, après avoir surmontée les années de marasme des années 1990, arrive bien plus facilement à trouver des intérêts communs au plus haut niveau avec la Chine, l’Iran et la Turquie qu’avec les pays d’Europe dite bruxelloise. C’est un fait.

Cela sans même parler des liens étroits historico-culturels entre la Russie et les pays d’Asie centrale d’ex-URSS, qui font partie aussi bien de la Communauté des États indépendants (CEI) que de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et pour certains également de l’Union économique eurasiatique. Tout cela sont des choses qui ne s’effacent pas.

Les libéraux russes des années 1990 avaient beau faire miroiter l’intégration européenne et pro-occidentale à la Russie, au final, on revient aux sources. Et qu’on se le dise très clairement: l’avenir de la Russie se trouve bel et bien en Eurasie. La vraie. Évidemment, on peut toujours penser aux idées gaullistes d’une «Grande Europe» allant de Lisbonne à Vladivostok, le fait est que cela représente une utopie pure et simple sur le moyen et même le long terme. L’Europe dans sa version bruxelloise reste tellement assujettie aux intérêts de Washington que les «belles» déclarations des Merkel, Macron & Co. n’y changeront rien.

L’Eurasie, elle, continuera naturellement son chemin, comme l’avaient voulu et souhaité les intellectuels Troubetskoï, Savitsky, Alexeïev et d’autres qui les soutenaient. Elle collaborera avec les autres grands ensembles du monde multipolaire que sont l’Afrique, l’Amérique latine et le monde arabe, entre autres. L’Occident n’impressionne plus grand monde. D’ailleurs ce fut vraiment amusant que d’observer les délégations occidentales venues récemment en masse au Forum économique international de Saint-Pétersbourg pour parler de collaboration économico-commerciale avec la Russie, tout en maintenant des sanctions contre cette même Russie.

Évidemment, la vaste diversification de ses relations extérieures entreprise par la Russie fait peur. Les Occidentaux craignent réellement de perdre leurs parts de marché, tout en devant désormais faire face à l’offensive russe dans les régions que les élites occidentales considéraient jusqu’à maintenant comme étant leur «pré carré». Eh bien oui, la vieille approche, c’est fini. Le grand marché russe est ouvert à tous. Aux exportateurs asiatiques, africains, latino-américains —et pas moins qu’aux Européens.

D’autre part si les Occidentaux pensaient qu’en venant soutenir un coup d’État armé et anticonstitutionnel à Kiev —la mère des villes russes- la Russie resterait les bras croisés, en continuant à croire aux illusions de relations honnêtes avec cette même Europe, c’était vraiment sous-estimer Moscou.

Tout cela, c’est désormais fini. La Russie ira partout où elle sera la bienvenue —et ces endroits ne manquent pas aux quatre coins du monde, dans le cadre des intérêts mutuels qu’elle entretient avec ses partenaires. Quant à l’Eurasie, elle représente indéniablement l’une des principales priorités de Moscou. Et dans cette prolongation du concept eurasien, il n’y a pas de place pour les retardataires européens.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201805301036590408-puissance-eurasie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

S-300 en Syrie, bientôt une épine XXL dans le pied de l’Occident

S-300 Syrie

La volonté des États-Unis, de la France et de l’Angleterre de maintenir leur prétendu leadership mondial s’est heurtée au succès de la DCA syrienne face à leurs frappes. Une remise en cause des équilibres stratégiques au Moyen-Orient qui se verra confirmée par la livraison de systèmes russes plus modernes, les S-300, à Damas.

C’est un coup dur pour l’Occident politique. Lui qui pensait pouvoir imposer en toute impunité sa volonté de gendarme du monde autoproclamé à une nation souveraine, en a été pour ses frais: l’échec relatif des frappes du trio occidental USA-Grande-Bretagne-France sur la Syrie, n’aura fait que renforcer les partisans de la multipolarité.

Ce n’est pas en arborant ses muscles mous, y compris médiatiques, que l’Occident fera reculer les opposants à un ordre unipolaire complètement dépassé. Au contraire, face à des pays qui s’estiment toujours être au-dessus du droit international, les tenants de la multipolarité appliquent le célèbre dicton: aux grands maux, les grands remèdes.

Certes, lesdites frappes n’ont fait que ridiculiser une fois de plus leurs auteurs, sachant que plus de 2/3 des missiles «intelligents» tellement vantés par Trump ont été abattus par les systèmes de DCA soviétiques S-200 âgés de plus de 30 ans, même s’ils ont été sérieusement modernisés par les spécialistes russes présents en Syrie. D’autres missiles occidentaux, selon plusieurs sources, ont pu être déviés de leurs cibles par des spécialistes de la guerre électronique.

Face à cette agressivité des élites occidentales, il est évidemment question de renforcer les capacités défensives de la République arabe: désormais, Moscou envisage de livrer les systèmes S-300 aux Forces armées syriennes. Si jusqu’ici, cette option n’était mentionnée comme une simple éventualité, selon plusieurs sources militaro-diplomatiques la Russie semble maintenant être prête à passer à l’acte. Ces armements défensifs devraient être transférés à Damas dans le cadre de l’assistance militaire et technique entre les deux pays, qui inclura bien sûr la formation des spécialistes syriens par des instructeurs militaires russes.

À savoir pourquoi la Russie ferait don d’un tel équipement sophistiqué à la Syrie, la réponse tient en trois points simples: Damas est un allié de Moscou; la Russie a des intérêts légitimes à défendre en Syrie. Et, last but not least, la Russie peut se le permettre.
La Russie, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a d’ailleurs rappelé que rien au niveau du droit international ne l’empêche de livrer des armes défensives à la Syrie.

Le S-300 est effectivement une arme défensive et elle représente à elle seule une évolution stratégique patente. Lors des récents succès de la DCA syrienne, que ce soit lors des frappes tripartites occidentales ou lors des attaques aériennes israéliennes, on pouvait déjà parler d’une réalité nouvelle en matière d’équilibres militaires. Avec la mise à disposition fort probable de S-300 à l’armée syrienne, le rapport de force va être d’autant plus modifié en faveur de Damas. Et cela, Washington, Tel-Aviv, Londres et Paris devront bien en tenir compte lorsqu’ils auront à nouveau envie d’organiser une vulgaire mascarade, comme ces frappes décidées sans aucun élément de preuve et sans même attendre le début d’une quelconque enquête.

L’essentiel est que l’Occident a bel et bien perdu sa sale guerre en Syrie. Et malgré tous les grands sacrifices qu’a réalisés ce pays pour rester debout, il en sortira gagnant. Et avec lui, ses alliés, dont la Russie. Les autres peuples ont quant à eux pu observer les événements et en tirer les conclusions qui s’imposent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804241036077740-dca-syrie-systemes-russes/

Mikhail Gamandiy-Egorov

L’Occident aboie, la Syrie passe

Carte du Proche-Orient

Plus l’Occident sent la situation au Moyen-Orient lui échapper, plus il se montre menaçant et vindicatif. Alors que Damas nettoie les dernières poches de djihadistes les unes après les autres, les États-Unis menacent la Syrie de nouvelles frappes. Elles ne pourront néanmoins inverser l’issue de la guerre et la défaite des affidés de l’Occident.

Alors que l’Occident, USA en tête, menace la Syrie de nouvelles frappes, son comportement ne fait que confirmer qu’il a perdu sa mise dans ce pays proche-oriental. Et dans cette défaite qui se confirme de jour en jour, ce ne sont pas uniquement les États-Unis qui sortent perdants, mais tous ceux qui les ont suivis dans cette aventure criminelle et guerrière visant à déstabiliser un pays souverain.

La Turquie fait figure d’exception, après avoir retrouvé ses esprits et s’être largement rapprochée de la Russie et de l’Iran, aussi bien dans le cadre de ses relations bilatérales avec ces pays que dans le cadre d’initiatives conjointes, comme celles d’Astana. Cette même Astana dans laquelle les décisions coordonnées par la Syrie et le trio Russie-Turquie-Iran ont apporté plus de choses positives et concrètes à la population syrienne que les multiples «sommets» organisés par les Washington, Londres, Paris ou Riyad.

Parmi les indéniables perdants, on retrouve également la Grande-Bretagne, la France, l’Arabie saoudite ou encore Israël —tous ceux qui ont misé sur la chute de Bachar al-Assad et qui pour y parvenir, se sont appuyés sur des groupes terroristes. Un scénario qui rappelle étrangement celui de la Libye, à une différence près. En Syrie, les forces atlantistes et affiliées n’ont pas pu, malgré leur volonté manifeste, intervenir de façon directe pour faire tomber les autorités légitimes syriennes. La Russie leur barrait la route.

Parlons justement du rôle de la Russie dans la résolution du conflit syrien et dans la victoire contre les groupes terroristes. À ce sujet, un petit rappel s’impose. En 2015 (avant l’intervention de la Russie), Raymond T. Odierno, alors chef d’état-major des forces armées américaines, avait déclaré dans une interview à la chaîne CBS que «la coalition sous commandement étasunien pourrait avoir besoin de 10 ans pour pouvoir vaincre Daech». Pour rappel, à cette période, ladite «coalition» de quelques dizaines de pays affiliés aux États-Unis prétendait déjà lutter contre la secte extrémiste depuis un an.

Puis intervint la Russie, fin septembre 2015, à la demande du gouvernement légitime de Syrie. Et grâce à cette intervention antiterroriste russe, avec le soutien de l’Iran et du Hezbollah libanais, la Syrie a réussi à anéantir Daech à plus de 95%, le tout en deux ans. Des barbares qui se comptaient par ailleurs en dizaines de milliers. Tout cela pour dire que les menaces verbales proférées par l’establishment occidental, du Pentagone à la CIA, de la Maison-Blanche à l’Élysée ou dans l’enceinte de l’Onu, ne signifient au final qu’une seule chose: ils ont perdu et cela fait mal. Très mal.

À croire que pour les élites occidentales, qu’elles soient politiques, financières ou médiatiques, il est difficile de se débarrasser d’une maladie chronique et génétique: l’esprit colonial. Le massacre de millions de personnes aux quatre coins du monde, la colonisation, la traite esclavagiste —tout cela, qu’on le veuille ou non, découle de la politique occidentale au cours des siècles à l’encontre des peuples eurasiens, africains, latino-américains.

Et malgré les tentatives de certains faux bien-pensants de présenter certains pays comme faisant partie du fameux «Axe du mal» pour les opposer à celui du «bien», en clair, l’Occident, le fait est, statistiques à l’appui, que les «champions» absolus en crimes de masse partout dans le monde sont bel et bien les Occidentaux, du moins leurs décideurs. Et ce aussi bien avant le XXe siècle, qu’au cours de celui-ci et jusqu’à ce jour.

Et pour cette minorité, trop habituée à dominer les affaires planétaires, il est évidemment fort difficile de devoir se faire, ou plutôt se refaire, à la nouvelle réalité multipolaire du monde. Se refaire, car il y avait déjà eu un contrepoids à leur hégémonie: l’URSS. Avec sa chute, les élites occidentales ont pensé qu’elles jouiraient pour toujours d’une certaine impunité. Mais il n’en fut rien. La Russie s’est relevée. Largement relevée. Et avec elle se lèvent toutes les autres nations non-occidentales, qui refusent et refuseront fermement le diktat unipolaire en ce XXIe siècle.

La Ghouta orientale est la nouvelle grande victoire de la Syrie et de ses alliés, au même titre qu’Alep, Palmyre, Homs ou Deir ez-Zor. Car elle représentait le dernier fief terroriste soutenu par l’amicale occidentalo-wahhabito-sioniste aux portes de Damas, ville sainte et millénaire. Une amicale qui a beau pester et menacer, les faits sont têtus: elle a perdu son leadership. La Syrie sera victorieuse. La Russie aussi.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804101035885389-syrie-occident/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Moscou et Ankara se rapprochent, Washington et Bruxelles enragent

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan

À l’occasion d’une nouvelle visite de Vladimir Poutine en Turquie, Moscou et Ankara renforcent plus que jamais leur partenariat économique, énergétique, militaire, géopolitique et culturel. Un rapprochement qui ne fait pas les affaires de l’Occident, qui observe avec colère et impuissance cette évolution.

La récente visite de Vladimir Poutine en Turquie est d’autant plus symbolique que c’est sa première visite officielle à l’étranger après sa réélection haut la main, il y a un mois. Elle s’ajoute aux innombrables rencontres Poutine-Erdogan qui ont eu lieu depuis ces deux dernières années —après une normalisation qui s’est traduite aussi bien dans leurs relations bilatérales que multilatérales, notamment dans le cadre de sommets internationaux.

Depuis cette normalisation, les gouvernements des deux pays ont fait un bien grand, sinon un énorme saut en avant. Ils sont devenus les acteurs incontournables —avec l’Iran- de la résolution de la crise en Syrie, laissant par la même occasion les Occidentaux et leurs amis du golfe persique pratiquement hors-jeu —au grand dam de ces derniers. Cette nouvelle réalité eurasienne et proche-orientale s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le contexte multipolaire. Les pays extérieurs et surtout non invités dans telle ou telle région du monde feraient bien mieux de rester chez eux et de se limiter à observer… Clin d’œil en direction de Washington, Londres et Paris.

Il sera bien évidemment question de la Syrie lors de cette énième rencontre Poutine-Erdogan avant que le duo ne devienne un trio, puisque les deux chefs d’État seront rejoints par le Président iranien Hassan Rohani. Alors que les tensions entre Ankara et ses «partenaires» de l’Otan, dont les USA, la Grande-Bretagne et la France, n’ont jamais été aussi vives, il est certain que Moscou, Ankara et Téhéran comptent poursuivre leurs efforts conjoints en vue de mettre un terme à la guerre en Syrie. Un conflit de toute manière remporté dignement par le gouvernement syrien, là encore au grand dam des instigateurs habituels du chaos international. À ce titre, les récents événements dans la Ghouta orientale —libérée à plus de 90% des terroristes par l’opération encore en cours de l’armée gouvernementale syrienne, ne font que le confirmer. D’autre part, la baisse évidente de l’animosité entre Damas et Ankara est indéniablement un succès supplémentaire de la Russie.

Mais l’interaction russo-turque ne s’arrête pas là. Poutine et Erdogan ont ainsi assisté à la cérémonie de lancement de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, l’un des projets stratégiques entre les deux pays, dans la province turque de Mersin. Cette centrale, qui sera construite et mise en exploitation par Rosatom, l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique, assurera 10% des besoins en électricité de la Turquie. Le tout sans oublier bien évidemment le projet du gazoduc Turkish Stream, dont les travaux avancent plus que bien, un projet qui déplaît autant à Washington, Bruxelles qu’à Kiev. Ce dernier perdra en conséquence de larges sommes dues au transit gazier.

Quant aux deux premiers, ils devront mettre la main à la proche s’ils souhaitent continuer à maintenir à flot le régime de Kiev issu du coup d’État ukrainien de février 2014. Eh oui —pour les ambitions géopolitiques, il faut payer.

Et ce n’est pas tout. Le Président turc Erdogan a une fois de plus confirmé l’achat par la Turquie des systèmes russes de défense antiaérienne et antimissile S-400 Triumph. Fait inacceptable aussi bien pour Washington que Bruxelles, qui ont tout fait pour tenter de convaincre Ankara de renoncer à cet achat, connaissant parfaitement ce que peut apporter une coopération militaro-technique russo-turque à terme. Poutine, de son côté, a annoncé lors de cette visite que la Russie allait accélérer les livraisons de ces systèmes, ajoutant que cette décision avait été prise «à la demande de nos partenaires et amis turcs».

Dans tout cela, une chose est certaine: la Turquie d’Erdogan, malgré d’évidentes erreurs dans le passé, notamment concernant la Syrie, a su analyser les faits et prendre des mesures efficaces, dans le cadre de ses intérêts nationaux souverains. Des mesures qui ont en outre permis de réparer certaines de ces erreurs. En effet, la Turquie est et demeure certainement le seul pays membre de l’Otan à disposer d’une politique indépendante et souveraine, à l’énorme différence des Berlin, Paris, etc. Londres? N’en parlons même pas…

Alors que des millions de touristes russes reviennent en Turquie —de loin les favoris des hôteliers locaux- et que les investissements fleurissent dans divers domaines —infrastructures, textile, produits agroalimentaires, services bancaires et financiers, projets éducatifs…- l’heure est à l’optimisme quant au futur des relations turco-russes. N’en déplaise à Washington et Bruxelles: Moscou et Ankara n’ont guère besoin de l’avis des tiers pour avancer. À bon entendeur…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804041035800235-russie-turquie-usa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

A l’instar du reste de la Syrie, la Ghouta orientale sera libérée des terroristes

Ghouta

L’offensive de l’armée gouvernementale syrienne en vue de libérer de la présence terroriste les localités proches de la capitale Damas a fait réapparaitre une fois de plus l’évidence d’une guerre médiatique menée par les ennemis de la Syrie et de ses alliés.

Le temps passe, la nouvelle réalité s’impose, mais certains acteurs et nostalgiques d’un monde révolu s’obstinent à poursuivre dans le ridicule. Un tel ridicule qu’une large part de leurs propres auditeurs se retourne inexorablement contre ces sociétés ayant dominé la sphère médiatique durant de longues décennies. Ces sociétés n’étant évidemment que les fameux médias mainstream.

Après le cas — devenu d’école — d’Alep, libérée entièrement par l’armée arabe syrienne des terroristes en décembre 2016, on se rappellera que tout au long de cette bataille la presse et la télévision mainstream ne faisaient que propager largement des accusations visant aussi bien le gouvernement syrien que russe sur les prétendus «massacres» de population civile, en se basant sur les «témoignages» de militants connus pour leurs positions salafistes, sponsorisés depuis l’extérieur de la Syrie. Tout en oubliant presque toujours de rappeler les bombardements que ces mêmes terroristes d’obédience salafiste réalisaient en direction des civils qui se trouvaient dans les zones de la ville sous contrôle gouvernemental. En oubliant également de rappeler que les civils se trouvant en zones «rebelles» désireux de fuir les zones de combat afin de rejoindre les zones sûres sous contrôle du gouvernement syrien et en utilisant à cet effet les corridors humanitaires spécialement mis en place par l’armée syrienne et russe, étaient tout simplement pris pour cibles par les «gentils combattants anti-régime», de même que bien souvent torturés et exécutés. Sans oublier l’autre fait majeur: des milliers de civils d’Alep étaient tout simplement pris en otages par ces mêmes «rebelles» islamistes, en qualité de véritable bouclier humain pour retarder au maximum la libération de la ville lancée par l’armée gouvernementale et ses alliés. Tous ces faits étaient pratiquement absents dans les dépêches des médias occidentaux comme golfistes.

Puis, on a eu comme l’impression que la ville d’Alep a été simplement oubliée par les «braves» bien-pensants des droits de l’Homme à l’occidental, sympathisants d’autres «braves» bien-pensants, salafistes quant à eux. Comme le retour d’un grand nombre de réfugiés dans leurs maisons. Comme la restauration des infrastructures détruites opérée par les autorités syriennes en coordination avec les puissances alliées. Comme la reprise, du moins d’une partie notable, de l’activité industrielle et commerciale de la ville d’Alep — qui aspire à retrouver avec le temps son statut de grand centre industriel et commercial de la région, qu’il a été avant la guerre imposée à la République arabe syrienne — et ce malgré les innombrables dommages causés par les terroristes et leurs soutiens extérieurs durant leur présence. Cette réalité-là est tout simplement occultée par des «journalistes» ayant définitivement perdu la notion d’objectivité pour devenir simplement des acteurs d’intérêts géopolitiques et géoéconomiques des élites qu’ils représentent. En d’autres termes — des propagandistes, qui ne cessent pourtant d’en accuser d’être les autres, du moment que cela ne rentre pas dans les intérêts des classes dirigeantes occidentales et affiliées.

Maintenant c’est donc au tour de la Ghouta orientale de devenir cette nouvelle «Srebrenica» de la classe politico-médiatique occidentale et de certains autres pays — toujours intéressés à semer le chaos en Syrie et de faire à tout prix retarder le retour à une vie normale de ce pays millénaire. Eh bien sachez une chose simple: il n’en sera rien. Le gouvernement syrien est plus que jamais déterminé à en finir avec toutes les poches terroristes — aussi petites soient-elles — en vue de protéger sa population. Quant aux fausses images propagées non-stop par les dits médias en utilisant les mêmes méthodes du passé (au passage, manque de créativité évident), comme ces images d’enfants palestiniens tués dans des raids israéliens, mais montrés comme étant des victimes de bombardements de l’armée syrienne, ou encore les mises en scène à l’hollywoodienne — tout cela ne passera pas.

Evidemment, il restera encore des gens qui continueront obstinément à croire les médias dits «traditionnels» en étant par la même occasion convaincus que l’Occident a effectivement un rôle à jouer en vue d’imposer des pseudos valeurs universelles — sans demander l’avis des peuples concernés, même si ces peuples représentent plus de 90% de la population mondiale. Néanmoins, la roue a bien tournée. Et même une large partie de la population occidentale refuse aujourd’hui cette manipulation dont elle a été elle-même victime durant de longues années.
D’où la raison pour laquelle la peur a changé de camp: l’hystérie des élites atlantistes, déjà au plus haut niveau depuis l’éclatement de l’URSS, ne fera que s’amplifier. Pendant ce temps, les partisans du monde nouveau — multipolaire ou multilatéral — selon la notion que l’on préfère, continueront de s’imposer. Quant à la question de la créativité, il serait peut-être effectivement temps aussi pour les acteurs du monde occidental de changer de fusil d’épaule: s’appuyer sur les services d’organismes ayant déjà maintes fois prouvé être proches (voire ouvertement faire partie) de groupes extrémistes idéologiquement salafistes, tels que les fameux «Casques blancs», cela passe mal. Y compris pour l’opinion publique occidentale. Du moins celle qui a choisi de se renseigner.

https://fr.sputniknews.com/presse/201802261035294695-syrie-ghouta-terroristes/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La nouvelle DCA syrienne: le cauchemar d’Israël?

Israël

Israël a vu une fois de plus sa prétendue «supériorité aérienne» être mise à mal. Les changements de rapports des derniers mois sur le front syrien et plus généralement régional ne font que s’affirmer chaque jour un peu plus.

Dans notre article de décembre dernier, nous avions justement abordé ce changement de donne qui devenait de plus en plus évident sur la scène régional, en rapport avec l’arrivée de la fin de la supériorité aérienne de l’Etat sioniste au Proche-Orient. Evidemment, les critiques n’ont pas manqué de mettre en doute ce processus, prétendant que même si la DCA syrienne se montrait plus efficace que dans le passé et qu’elle ait pu abattre plusieurs missiles israéliens lancés contre des sites en territoire syrien, cela ne changeait en rien la capacité israélienne à dominer le ciel régional.

Tout change désormais. En réalité tout a commencé à changer bien avant. Depuis que les avions du Tsahal n’osaient plus s’aventurer dans le ciel syrien et menaient toutes leurs attaques contre la Syrie depuis l’espace aérien libanais: c’était déjà le début fortement révélateur. Quant à la Syrie, et comme on le disait dans les analyses précédentes, tant qu’elle était avec ses alliés focalisée à détruire les principaux foyers terroristes sur son territoire, le principal étant Daech et cet objectif a été atteint à plus de 95%, il lui était évidemment difficile de se focaliser sur les attaques sporadiques israéliennes et d’y répondre efficacement. Surtout que pour rappel et comme l’avait dit plusieurs fois le président syrien Assad la DCA syrienne était fortement affaiblie suite aux destructions menées par les terroristes vis-à-vis de ces installations, et ce depuis le début du conflit.

Depuis, la Russie avait annoncé son intention de mettre à niveau la DCA syrienne avec la participation de spécialistes russes, et cela en complément de la présence des systèmes russes existants dans la République arabe — destinés à protéger les installations et le personnel russes en terre syrienne. Les ennemis de la Syrie, et aussi de la Russie, n’avaient pas manqué à chaque mauvaise occasion de mettre en doute les capacités défensives de la DCA russe, prétextant justement le manque d’action face aux attaques menées notamment par l’aviation israélienne contre des cibles syriennes. Ils souriront mois souvent dorénavant.

Tout d’abord, et n’importe quel expert en la matière le confirmera, mettre en place un système anti-aérien digne de ce nom demande du temps, ainsi qu’une formation adéquate pour le personnel qui va le gérer à terme. Surtout (!) en temps de guerre. Quoiqu’il en soit, l’événement qui s’est déroulé ce 10 février est plus que révélateur: lorsqu’un système de fabrication soviétique, le fameux S-200 utilisé par l’armée syrienne, vraisemblablement sérieusement amélioré par les spécialistes russes, a été en mesure d’abattre la fierté du Tsahal: en l’occurrence le fameux avion F-16 et ce d’autant plus dans le ciel israélien, seul un idiot pourrait encore mettre en doute les capacités des systèmes russes beaucoup plus sophistiqués.

Selon le commandement syrien, plusieurs avions israéliens auraient été touchés. Israël n’a reconnu que la perte d’un seul, ajoutant que les deux pilotes ont réussi à s’éjecter, tous deux étant hospitalisés, l’un deux dans un état grave. Connaissant la capacité du commandement militaire israélien à minimiser via ses communiqués officiels ses pertes, on peut effectivement se poser la question si seulement un avion ait été abattu par la DCA syrienne, ou à défaut d’être abattu comme le premier — mis hors d’état de nuire. En tout cas, le budget israélien peut désormais calculer les pertes mais surtout analyser la fameuse question: est-il encore maitre du ciel régional?

Par ailleurs et au-delà du F-16 abattu, la DCA modernisée de la République arabe a détruit durant ces derniers jours plusieurs dizaines de missiles israéliens tirés contre son territoire. Et là aussi c’est un changement majeur: si dans le passé un peu plus lointain la Syrie pouvait se vanter au mieux d’avoir abattu une partie des missiles tirés par les Israéliens à son encontre, depuis les derniers jours et avant même l’événement majeur du crash du F-16 en Galilée, Damas pouvait fièrement annoncer que la très grande majorité des missiles du Tsahal tirés contre les positions syriennes ont été interceptés.

Au-delà de ce succès stratégique indéniable, face à un Etat surarmé se permettant beaucoup plus qu’il ne devrait se permettre, la Syrie confirme une fois encore le statut de pays défendant la fierté et la dignité du monde arabe. Et ce après avoir cassé la colonne vertébrale des terroristes, issus d’une centaine de pays qui s’étaient déferlé en terre syrienne avec le « généreux » appui financier, militaire et médiatique des élites de grand nombre de pays: occidentaux, et golfistes. Sans oublier Israël — qui tout au long de ces dernières années n’a jamais été dérangé par la présence à ses « portes » de terroristes de Daech ou d’Al-Qaida, ne les ayant jamais frappé et en allant même à leur offrir des soins médicaux dans les meilleurs hôpitaux israéliens, tout en poursuivant à attaquer périodiquement l’armée gouvernementale syrienne, y compris lorsque celle-ci menait de rudes combats contre ces mêmes terroristes salafistes.

P.S. Simple supposition personnelle mais il est à penser que l’enquête russe sur l’origine des drones d’attaque utilisés par les terroristes dans la nuit de la célébration du Nouvel an 2018 contre la base russe de Hmeimim ait abouti. Et que le responsable ait été déterminé. Sachant que selon les experts militaires russes, les dits drones d’attaque sophistiqués ne pouvaient être que de production étasunienne, ou… israélienne. Sur le plan diplomatique, le ministère russe des Affaires étrangères, commentant les frappes israéliennes et la riposte syrienne, a rappelé que le respect de la souveraineté de la Syrie était primordial, tout en ajoutant qu’il était inacceptable de mettre en danger la vie de militaires russes opérant en Syrie contre les terroristes. A bon entendeur.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201802111035100550-dca-syrienne-israel/

Mikhail Gamandiy-Egorov