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S-300 en Syrie, bientôt une épine XXL dans le pied de l’Occident

S-300 Syrie

La volonté des États-Unis, de la France et de l’Angleterre de maintenir leur prétendu leadership mondial s’est heurtée au succès de la DCA syrienne face à leurs frappes. Une remise en cause des équilibres stratégiques au Moyen-Orient qui se verra confirmée par la livraison de systèmes russes plus modernes, les S-300, à Damas.

C’est un coup dur pour l’Occident politique. Lui qui pensait pouvoir imposer en toute impunité sa volonté de gendarme du monde autoproclamé à une nation souveraine, en a été pour ses frais: l’échec relatif des frappes du trio occidental USA-Grande-Bretagne-France sur la Syrie, n’aura fait que renforcer les partisans de la multipolarité.

Ce n’est pas en arborant ses muscles mous, y compris médiatiques, que l’Occident fera reculer les opposants à un ordre unipolaire complètement dépassé. Au contraire, face à des pays qui s’estiment toujours être au-dessus du droit international, les tenants de la multipolarité appliquent le célèbre dicton: aux grands maux, les grands remèdes.

Certes, lesdites frappes n’ont fait que ridiculiser une fois de plus leurs auteurs, sachant que plus de 2/3 des missiles «intelligents» tellement vantés par Trump ont été abattus par les systèmes de DCA soviétiques S-200 âgés de plus de 30 ans, même s’ils ont été sérieusement modernisés par les spécialistes russes présents en Syrie. D’autres missiles occidentaux, selon plusieurs sources, ont pu être déviés de leurs cibles par des spécialistes de la guerre électronique.

Face à cette agressivité des élites occidentales, il est évidemment question de renforcer les capacités défensives de la République arabe: désormais, Moscou envisage de livrer les systèmes S-300 aux Forces armées syriennes. Si jusqu’ici, cette option n’était mentionnée comme une simple éventualité, selon plusieurs sources militaro-diplomatiques la Russie semble maintenant être prête à passer à l’acte. Ces armements défensifs devraient être transférés à Damas dans le cadre de l’assistance militaire et technique entre les deux pays, qui inclura bien sûr la formation des spécialistes syriens par des instructeurs militaires russes.

À savoir pourquoi la Russie ferait don d’un tel équipement sophistiqué à la Syrie, la réponse tient en trois points simples: Damas est un allié de Moscou; la Russie a des intérêts légitimes à défendre en Syrie. Et, last but not least, la Russie peut se le permettre.
La Russie, par la voix du ministère des Affaires étrangères, a d’ailleurs rappelé que rien au niveau du droit international ne l’empêche de livrer des armes défensives à la Syrie.

Le S-300 est effectivement une arme défensive et elle représente à elle seule une évolution stratégique patente. Lors des récents succès de la DCA syrienne, que ce soit lors des frappes tripartites occidentales ou lors des attaques aériennes israéliennes, on pouvait déjà parler d’une réalité nouvelle en matière d’équilibres militaires. Avec la mise à disposition fort probable de S-300 à l’armée syrienne, le rapport de force va être d’autant plus modifié en faveur de Damas. Et cela, Washington, Tel-Aviv, Londres et Paris devront bien en tenir compte lorsqu’ils auront à nouveau envie d’organiser une vulgaire mascarade, comme ces frappes décidées sans aucun élément de preuve et sans même attendre le début d’une quelconque enquête.

L’essentiel est que l’Occident a bel et bien perdu sa sale guerre en Syrie. Et malgré tous les grands sacrifices qu’a réalisés ce pays pour rester debout, il en sortira gagnant. Et avec lui, ses alliés, dont la Russie. Les autres peuples ont quant à eux pu observer les événements et en tirer les conclusions qui s’imposent.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804241036077740-dca-syrie-systemes-russes/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Occident aboie, la Syrie passe

Carte du Proche-Orient

Plus l’Occident sent la situation au Moyen-Orient lui échapper, plus il se montre menaçant et vindicatif. Alors que Damas nettoie les dernières poches de djihadistes les unes après les autres, les États-Unis menacent la Syrie de nouvelles frappes. Elles ne pourront néanmoins inverser l’issue de la guerre et la défaite des affidés de l’Occident.

Alors que l’Occident, USA en tête, menace la Syrie de nouvelles frappes, son comportement ne fait que confirmer qu’il a perdu sa mise dans ce pays proche-oriental. Et dans cette défaite qui se confirme de jour en jour, ce ne sont pas uniquement les États-Unis qui sortent perdants, mais tous ceux qui les ont suivis dans cette aventure criminelle et guerrière visant à déstabiliser un pays souverain.

La Turquie fait figure d’exception, après avoir retrouvé ses esprits et s’être largement rapprochée de la Russie et de l’Iran, aussi bien dans le cadre de ses relations bilatérales avec ces pays que dans le cadre d’initiatives conjointes, comme celles d’Astana. Cette même Astana dans laquelle les décisions coordonnées par la Syrie et le trio Russie-Turquie-Iran ont apporté plus de choses positives et concrètes à la population syrienne que les multiples «sommets» organisés par les Washington, Londres, Paris ou Riyad.

Parmi les indéniables perdants, on retrouve également la Grande-Bretagne, la France, l’Arabie saoudite ou encore Israël —tous ceux qui ont misé sur la chute de Bachar al-Assad et qui pour y parvenir, se sont appuyés sur des groupes terroristes. Un scénario qui rappelle étrangement celui de la Libye, à une différence près. En Syrie, les forces atlantistes et affiliées n’ont pas pu, malgré leur volonté manifeste, intervenir de façon directe pour faire tomber les autorités légitimes syriennes. La Russie leur barrait la route.

Parlons justement du rôle de la Russie dans la résolution du conflit syrien et dans la victoire contre les groupes terroristes. À ce sujet, un petit rappel s’impose. En 2015 (avant l’intervention de la Russie), Raymond T. Odierno, alors chef d’état-major des forces armées américaines, avait déclaré dans une interview à la chaîne CBS que «la coalition sous commandement étasunien pourrait avoir besoin de 10 ans pour pouvoir vaincre Daech». Pour rappel, à cette période, ladite «coalition» de quelques dizaines de pays affiliés aux États-Unis prétendait déjà lutter contre la secte extrémiste depuis un an.

Puis intervint la Russie, fin septembre 2015, à la demande du gouvernement légitime de Syrie. Et grâce à cette intervention antiterroriste russe, avec le soutien de l’Iran et du Hezbollah libanais, la Syrie a réussi à anéantir Daech à plus de 95%, le tout en deux ans. Des barbares qui se comptaient par ailleurs en dizaines de milliers. Tout cela pour dire que les menaces verbales proférées par l’establishment occidental, du Pentagone à la CIA, de la Maison-Blanche à l’Élysée ou dans l’enceinte de l’Onu, ne signifient au final qu’une seule chose: ils ont perdu et cela fait mal. Très mal.

À croire que pour les élites occidentales, qu’elles soient politiques, financières ou médiatiques, il est difficile de se débarrasser d’une maladie chronique et génétique: l’esprit colonial. Le massacre de millions de personnes aux quatre coins du monde, la colonisation, la traite esclavagiste —tout cela, qu’on le veuille ou non, découle de la politique occidentale au cours des siècles à l’encontre des peuples eurasiens, africains, latino-américains.

Et malgré les tentatives de certains faux bien-pensants de présenter certains pays comme faisant partie du fameux «Axe du mal» pour les opposer à celui du «bien», en clair, l’Occident, le fait est, statistiques à l’appui, que les «champions» absolus en crimes de masse partout dans le monde sont bel et bien les Occidentaux, du moins leurs décideurs. Et ce aussi bien avant le XXe siècle, qu’au cours de celui-ci et jusqu’à ce jour.

Et pour cette minorité, trop habituée à dominer les affaires planétaires, il est évidemment fort difficile de devoir se faire, ou plutôt se refaire, à la nouvelle réalité multipolaire du monde. Se refaire, car il y avait déjà eu un contrepoids à leur hégémonie: l’URSS. Avec sa chute, les élites occidentales ont pensé qu’elles jouiraient pour toujours d’une certaine impunité. Mais il n’en fut rien. La Russie s’est relevée. Largement relevée. Et avec elle se lèvent toutes les autres nations non-occidentales, qui refusent et refuseront fermement le diktat unipolaire en ce XXIe siècle.

La Ghouta orientale est la nouvelle grande victoire de la Syrie et de ses alliés, au même titre qu’Alep, Palmyre, Homs ou Deir ez-Zor. Car elle représentait le dernier fief terroriste soutenu par l’amicale occidentalo-wahhabito-sioniste aux portes de Damas, ville sainte et millénaire. Une amicale qui a beau pester et menacer, les faits sont têtus: elle a perdu son leadership. La Syrie sera victorieuse. La Russie aussi.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804101035885389-syrie-occident/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Moscou et Ankara se rapprochent, Washington et Bruxelles enragent

Vladimir Poutine et Recep Tayyip Erdogan

À l’occasion d’une nouvelle visite de Vladimir Poutine en Turquie, Moscou et Ankara renforcent plus que jamais leur partenariat économique, énergétique, militaire, géopolitique et culturel. Un rapprochement qui ne fait pas les affaires de l’Occident, qui observe avec colère et impuissance cette évolution.

La récente visite de Vladimir Poutine en Turquie est d’autant plus symbolique que c’est sa première visite officielle à l’étranger après sa réélection haut la main, il y a un mois. Elle s’ajoute aux innombrables rencontres Poutine-Erdogan qui ont eu lieu depuis ces deux dernières années —après une normalisation qui s’est traduite aussi bien dans leurs relations bilatérales que multilatérales, notamment dans le cadre de sommets internationaux.

Depuis cette normalisation, les gouvernements des deux pays ont fait un bien grand, sinon un énorme saut en avant. Ils sont devenus les acteurs incontournables —avec l’Iran- de la résolution de la crise en Syrie, laissant par la même occasion les Occidentaux et leurs amis du golfe persique pratiquement hors-jeu —au grand dam de ces derniers. Cette nouvelle réalité eurasienne et proche-orientale s’inscrit d’ailleurs parfaitement dans le contexte multipolaire. Les pays extérieurs et surtout non invités dans telle ou telle région du monde feraient bien mieux de rester chez eux et de se limiter à observer… Clin d’œil en direction de Washington, Londres et Paris.

Il sera bien évidemment question de la Syrie lors de cette énième rencontre Poutine-Erdogan avant que le duo ne devienne un trio, puisque les deux chefs d’État seront rejoints par le Président iranien Hassan Rohani. Alors que les tensions entre Ankara et ses «partenaires» de l’Otan, dont les USA, la Grande-Bretagne et la France, n’ont jamais été aussi vives, il est certain que Moscou, Ankara et Téhéran comptent poursuivre leurs efforts conjoints en vue de mettre un terme à la guerre en Syrie. Un conflit de toute manière remporté dignement par le gouvernement syrien, là encore au grand dam des instigateurs habituels du chaos international. À ce titre, les récents événements dans la Ghouta orientale —libérée à plus de 90% des terroristes par l’opération encore en cours de l’armée gouvernementale syrienne, ne font que le confirmer. D’autre part, la baisse évidente de l’animosité entre Damas et Ankara est indéniablement un succès supplémentaire de la Russie.

Mais l’interaction russo-turque ne s’arrête pas là. Poutine et Erdogan ont ainsi assisté à la cérémonie de lancement de la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu, l’un des projets stratégiques entre les deux pays, dans la province turque de Mersin. Cette centrale, qui sera construite et mise en exploitation par Rosatom, l’Agence fédérale russe de l’énergie atomique, assurera 10% des besoins en électricité de la Turquie. Le tout sans oublier bien évidemment le projet du gazoduc Turkish Stream, dont les travaux avancent plus que bien, un projet qui déplaît autant à Washington, Bruxelles qu’à Kiev. Ce dernier perdra en conséquence de larges sommes dues au transit gazier.

Quant aux deux premiers, ils devront mettre la main à la proche s’ils souhaitent continuer à maintenir à flot le régime de Kiev issu du coup d’État ukrainien de février 2014. Eh oui —pour les ambitions géopolitiques, il faut payer.

Et ce n’est pas tout. Le Président turc Erdogan a une fois de plus confirmé l’achat par la Turquie des systèmes russes de défense antiaérienne et antimissile S-400 Triumph. Fait inacceptable aussi bien pour Washington que Bruxelles, qui ont tout fait pour tenter de convaincre Ankara de renoncer à cet achat, connaissant parfaitement ce que peut apporter une coopération militaro-technique russo-turque à terme. Poutine, de son côté, a annoncé lors de cette visite que la Russie allait accélérer les livraisons de ces systèmes, ajoutant que cette décision avait été prise «à la demande de nos partenaires et amis turcs».

Dans tout cela, une chose est certaine: la Turquie d’Erdogan, malgré d’évidentes erreurs dans le passé, notamment concernant la Syrie, a su analyser les faits et prendre des mesures efficaces, dans le cadre de ses intérêts nationaux souverains. Des mesures qui ont en outre permis de réparer certaines de ces erreurs. En effet, la Turquie est et demeure certainement le seul pays membre de l’Otan à disposer d’une politique indépendante et souveraine, à l’énorme différence des Berlin, Paris, etc. Londres? N’en parlons même pas…

Alors que des millions de touristes russes reviennent en Turquie —de loin les favoris des hôteliers locaux- et que les investissements fleurissent dans divers domaines —infrastructures, textile, produits agroalimentaires, services bancaires et financiers, projets éducatifs…- l’heure est à l’optimisme quant au futur des relations turco-russes. N’en déplaise à Washington et Bruxelles: Moscou et Ankara n’ont guère besoin de l’avis des tiers pour avancer. À bon entendeur…

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804041035800235-russie-turquie-usa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

A l’instar du reste de la Syrie, la Ghouta orientale sera libérée des terroristes

Ghouta

L’offensive de l’armée gouvernementale syrienne en vue de libérer de la présence terroriste les localités proches de la capitale Damas a fait réapparaitre une fois de plus l’évidence d’une guerre médiatique menée par les ennemis de la Syrie et de ses alliés.

Le temps passe, la nouvelle réalité s’impose, mais certains acteurs et nostalgiques d’un monde révolu s’obstinent à poursuivre dans le ridicule. Un tel ridicule qu’une large part de leurs propres auditeurs se retourne inexorablement contre ces sociétés ayant dominé la sphère médiatique durant de longues décennies. Ces sociétés n’étant évidemment que les fameux médias mainstream.

Après le cas — devenu d’école — d’Alep, libérée entièrement par l’armée arabe syrienne des terroristes en décembre 2016, on se rappellera que tout au long de cette bataille la presse et la télévision mainstream ne faisaient que propager largement des accusations visant aussi bien le gouvernement syrien que russe sur les prétendus «massacres» de population civile, en se basant sur les «témoignages» de militants connus pour leurs positions salafistes, sponsorisés depuis l’extérieur de la Syrie. Tout en oubliant presque toujours de rappeler les bombardements que ces mêmes terroristes d’obédience salafiste réalisaient en direction des civils qui se trouvaient dans les zones de la ville sous contrôle gouvernemental. En oubliant également de rappeler que les civils se trouvant en zones «rebelles» désireux de fuir les zones de combat afin de rejoindre les zones sûres sous contrôle du gouvernement syrien et en utilisant à cet effet les corridors humanitaires spécialement mis en place par l’armée syrienne et russe, étaient tout simplement pris pour cibles par les «gentils combattants anti-régime», de même que bien souvent torturés et exécutés. Sans oublier l’autre fait majeur: des milliers de civils d’Alep étaient tout simplement pris en otages par ces mêmes «rebelles» islamistes, en qualité de véritable bouclier humain pour retarder au maximum la libération de la ville lancée par l’armée gouvernementale et ses alliés. Tous ces faits étaient pratiquement absents dans les dépêches des médias occidentaux comme golfistes.

Puis, on a eu comme l’impression que la ville d’Alep a été simplement oubliée par les «braves» bien-pensants des droits de l’Homme à l’occidental, sympathisants d’autres «braves» bien-pensants, salafistes quant à eux. Comme le retour d’un grand nombre de réfugiés dans leurs maisons. Comme la restauration des infrastructures détruites opérée par les autorités syriennes en coordination avec les puissances alliées. Comme la reprise, du moins d’une partie notable, de l’activité industrielle et commerciale de la ville d’Alep — qui aspire à retrouver avec le temps son statut de grand centre industriel et commercial de la région, qu’il a été avant la guerre imposée à la République arabe syrienne — et ce malgré les innombrables dommages causés par les terroristes et leurs soutiens extérieurs durant leur présence. Cette réalité-là est tout simplement occultée par des «journalistes» ayant définitivement perdu la notion d’objectivité pour devenir simplement des acteurs d’intérêts géopolitiques et géoéconomiques des élites qu’ils représentent. En d’autres termes — des propagandistes, qui ne cessent pourtant d’en accuser d’être les autres, du moment que cela ne rentre pas dans les intérêts des classes dirigeantes occidentales et affiliées.

Maintenant c’est donc au tour de la Ghouta orientale de devenir cette nouvelle «Srebrenica» de la classe politico-médiatique occidentale et de certains autres pays — toujours intéressés à semer le chaos en Syrie et de faire à tout prix retarder le retour à une vie normale de ce pays millénaire. Eh bien sachez une chose simple: il n’en sera rien. Le gouvernement syrien est plus que jamais déterminé à en finir avec toutes les poches terroristes — aussi petites soient-elles — en vue de protéger sa population. Quant aux fausses images propagées non-stop par les dits médias en utilisant les mêmes méthodes du passé (au passage, manque de créativité évident), comme ces images d’enfants palestiniens tués dans des raids israéliens, mais montrés comme étant des victimes de bombardements de l’armée syrienne, ou encore les mises en scène à l’hollywoodienne — tout cela ne passera pas.

Evidemment, il restera encore des gens qui continueront obstinément à croire les médias dits «traditionnels» en étant par la même occasion convaincus que l’Occident a effectivement un rôle à jouer en vue d’imposer des pseudos valeurs universelles — sans demander l’avis des peuples concernés, même si ces peuples représentent plus de 90% de la population mondiale. Néanmoins, la roue a bien tournée. Et même une large partie de la population occidentale refuse aujourd’hui cette manipulation dont elle a été elle-même victime durant de longues années.
D’où la raison pour laquelle la peur a changé de camp: l’hystérie des élites atlantistes, déjà au plus haut niveau depuis l’éclatement de l’URSS, ne fera que s’amplifier. Pendant ce temps, les partisans du monde nouveau — multipolaire ou multilatéral — selon la notion que l’on préfère, continueront de s’imposer. Quant à la question de la créativité, il serait peut-être effectivement temps aussi pour les acteurs du monde occidental de changer de fusil d’épaule: s’appuyer sur les services d’organismes ayant déjà maintes fois prouvé être proches (voire ouvertement faire partie) de groupes extrémistes idéologiquement salafistes, tels que les fameux «Casques blancs», cela passe mal. Y compris pour l’opinion publique occidentale. Du moins celle qui a choisi de se renseigner.

https://fr.sputniknews.com/presse/201802261035294695-syrie-ghouta-terroristes/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La nouvelle DCA syrienne: le cauchemar d’Israël?

Israël

Israël a vu une fois de plus sa prétendue «supériorité aérienne» être mise à mal. Les changements de rapports des derniers mois sur le front syrien et plus généralement régional ne font que s’affirmer chaque jour un peu plus.

Dans notre article de décembre dernier, nous avions justement abordé ce changement de donne qui devenait de plus en plus évident sur la scène régional, en rapport avec l’arrivée de la fin de la supériorité aérienne de l’Etat sioniste au Proche-Orient. Evidemment, les critiques n’ont pas manqué de mettre en doute ce processus, prétendant que même si la DCA syrienne se montrait plus efficace que dans le passé et qu’elle ait pu abattre plusieurs missiles israéliens lancés contre des sites en territoire syrien, cela ne changeait en rien la capacité israélienne à dominer le ciel régional.

Tout change désormais. En réalité tout a commencé à changer bien avant. Depuis que les avions du Tsahal n’osaient plus s’aventurer dans le ciel syrien et menaient toutes leurs attaques contre la Syrie depuis l’espace aérien libanais: c’était déjà le début fortement révélateur. Quant à la Syrie, et comme on le disait dans les analyses précédentes, tant qu’elle était avec ses alliés focalisée à détruire les principaux foyers terroristes sur son territoire, le principal étant Daech et cet objectif a été atteint à plus de 95%, il lui était évidemment difficile de se focaliser sur les attaques sporadiques israéliennes et d’y répondre efficacement. Surtout que pour rappel et comme l’avait dit plusieurs fois le président syrien Assad la DCA syrienne était fortement affaiblie suite aux destructions menées par les terroristes vis-à-vis de ces installations, et ce depuis le début du conflit.

Depuis, la Russie avait annoncé son intention de mettre à niveau la DCA syrienne avec la participation de spécialistes russes, et cela en complément de la présence des systèmes russes existants dans la République arabe — destinés à protéger les installations et le personnel russes en terre syrienne. Les ennemis de la Syrie, et aussi de la Russie, n’avaient pas manqué à chaque mauvaise occasion de mettre en doute les capacités défensives de la DCA russe, prétextant justement le manque d’action face aux attaques menées notamment par l’aviation israélienne contre des cibles syriennes. Ils souriront mois souvent dorénavant.

Tout d’abord, et n’importe quel expert en la matière le confirmera, mettre en place un système anti-aérien digne de ce nom demande du temps, ainsi qu’une formation adéquate pour le personnel qui va le gérer à terme. Surtout (!) en temps de guerre. Quoiqu’il en soit, l’événement qui s’est déroulé ce 10 février est plus que révélateur: lorsqu’un système de fabrication soviétique, le fameux S-200 utilisé par l’armée syrienne, vraisemblablement sérieusement amélioré par les spécialistes russes, a été en mesure d’abattre la fierté du Tsahal: en l’occurrence le fameux avion F-16 et ce d’autant plus dans le ciel israélien, seul un idiot pourrait encore mettre en doute les capacités des systèmes russes beaucoup plus sophistiqués.

Selon le commandement syrien, plusieurs avions israéliens auraient été touchés. Israël n’a reconnu que la perte d’un seul, ajoutant que les deux pilotes ont réussi à s’éjecter, tous deux étant hospitalisés, l’un deux dans un état grave. Connaissant la capacité du commandement militaire israélien à minimiser via ses communiqués officiels ses pertes, on peut effectivement se poser la question si seulement un avion ait été abattu par la DCA syrienne, ou à défaut d’être abattu comme le premier — mis hors d’état de nuire. En tout cas, le budget israélien peut désormais calculer les pertes mais surtout analyser la fameuse question: est-il encore maitre du ciel régional?

Par ailleurs et au-delà du F-16 abattu, la DCA modernisée de la République arabe a détruit durant ces derniers jours plusieurs dizaines de missiles israéliens tirés contre son territoire. Et là aussi c’est un changement majeur: si dans le passé un peu plus lointain la Syrie pouvait se vanter au mieux d’avoir abattu une partie des missiles tirés par les Israéliens à son encontre, depuis les derniers jours et avant même l’événement majeur du crash du F-16 en Galilée, Damas pouvait fièrement annoncer que la très grande majorité des missiles du Tsahal tirés contre les positions syriennes ont été interceptés.

Au-delà de ce succès stratégique indéniable, face à un Etat surarmé se permettant beaucoup plus qu’il ne devrait se permettre, la Syrie confirme une fois encore le statut de pays défendant la fierté et la dignité du monde arabe. Et ce après avoir cassé la colonne vertébrale des terroristes, issus d’une centaine de pays qui s’étaient déferlé en terre syrienne avec le « généreux » appui financier, militaire et médiatique des élites de grand nombre de pays: occidentaux, et golfistes. Sans oublier Israël — qui tout au long de ces dernières années n’a jamais été dérangé par la présence à ses « portes » de terroristes de Daech ou d’Al-Qaida, ne les ayant jamais frappé et en allant même à leur offrir des soins médicaux dans les meilleurs hôpitaux israéliens, tout en poursuivant à attaquer périodiquement l’armée gouvernementale syrienne, y compris lorsque celle-ci menait de rudes combats contre ces mêmes terroristes salafistes.

P.S. Simple supposition personnelle mais il est à penser que l’enquête russe sur l’origine des drones d’attaque utilisés par les terroristes dans la nuit de la célébration du Nouvel an 2018 contre la base russe de Hmeimim ait abouti. Et que le responsable ait été déterminé. Sachant que selon les experts militaires russes, les dits drones d’attaque sophistiqués ne pouvaient être que de production étasunienne, ou… israélienne. Sur le plan diplomatique, le ministère russe des Affaires étrangères, commentant les frappes israéliennes et la riposte syrienne, a rappelé que le respect de la souveraineté de la Syrie était primordial, tout en ajoutant qu’il était inacceptable de mettre en danger la vie de militaires russes opérant en Syrie contre les terroristes. A bon entendeur.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201802111035100550-dca-syrienne-israel/

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Turquie poursuit son éloignement de l’Otan

La Turquie poursuit son éloignement de l'Otan

Les tensions entre la Turquie et ses «alliés» de l’Otan restent plus vives que jamais. Après celles entre Ankara et Bruxelles, c’est désormais avec Washington que les choses se corsent. Dans la recomposition géopolitique en cours dans la région, La Turquie et les États-Unis se retrouvent face à face.

Soyons clairs: jamais les USA n’ont été populaires auprès de Turquie. Ces dernières années, cette tendance s’est confirmée, aussi bien dans la majorité que d’une partie de l’opposition, notamment d’obédience républicaine. Et le fait d’encore appartenir à l’alliance Atlantique ne semble plus être en mesure de stopper la rhétorique hostile entre Ankara et Washington. Une chose est néanmoins certaine: le gouvernement turc ne compte pas reculer dans la défense de ses intérêts nationaux.

En effet, les récents propos du Président Erdogan et de plusieurs hauts responsables de son gouvernement à l’encontre des États-Unis soulignent une fois de plus la fracture au sein de l’Alliance nord-atlantique, dans laquelle Ankara représente indéniablement le seul acteur menant une politique indépendante vis-à-vis du chef étasunien.

Depuis le début de son opération militaire «Rameau d’olivier» dans le Nord syrien contre les Kurdes, préalablement coordonnée avec la Russie, le ton du pouvoir turc ne cesse de monter contre les USA, ces derniers étant les alliés déclarés des forces kurdes combattues par la Turquie. Des forces kurdes qui par ailleurs n’ont pas le soutien de Damas, après avoir ouvertement décidé d’être des éléments de déstabilisation étasunienne.

La Turquie est allée jusqu’à avertir les USA du risque de voir ses soldats frappés s’ils ne quittaient pas les zones du Nord syrien, où ils se trouvent en compagnie des YPG kurdes:

«Si les terroristes ne se retirent pas de Manbij en Syrie, nous lancerons une opération militaire dans cette région également [après celle du canton d’Afrine, ndlr]. Dans ce cas, les militaires américains en uniforme de YPG seront eux aussi la cible de notre opération», avait prévenu Bekir Bozdag, vice-Premier ministre turc. Un message réitéré par Mevlüt Çavuşoğlu, le chef de la diplomatie turque.

Puis, ce fut au tour du président Erdogan d’en rajouter, en condamnant ouvertement la présence US en Syrie: «On nous pose la question de savoir quand nous achèverons notre opération en Syrie. Et vous [les États-Unis, ndlr], êtes-vous partis de l’Afghanistan ou de l’Irak? Daech n’existe plus. Alors pourquoi restez-vous? Vous avez donc des projets contre la Turquie, contre l’Iran, ou peut-être, contre la Russie. Mais nous sommes fermes. Tant que le terrorisme menace notre sécurité, nous agirons avec détermination», avait-il dit, en intervenant devant les députés du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement.

La mention de l’Iran et de la Russie, qui selon Erdogan seraient eux aussi visés par les actions hostiles de Washington ne doit rien au hasard: Ankara poursuit son rapprochement géopolitique avec Moscou et Téhéran, en plus de liens économiques déjà intenses. Cela s’est d’ailleurs traduit avec l’organisation du Congrès des peuples de la Syrie à Sotchi, dans lequel la Turquie a apporté une sérieuse contribution, en coordination avec les gouvernements russe, et iranien.
Plus récemment encore, le dirigeant turc a ouvertement accusé Trump d’avoir menti à la Turquie, comme l’avait fait son prédécesseur Obama, faisant référence au large soutien militaire accordé par Washington aux éléments armés kurdes, considérés par Ankara comme étant terroristes.

En conséquence, depuis plusieurs années, les tensions entre la Turquie —deuxième armée de l’Otan en termes d’effectifs- et ses «partenaires» occidentaux, y compris étasuniens, ne font que s’exacerber. Parallèlement à cela, le rapprochement intraeurasien se poursuit. Et c’est d’ailleurs logique. La Turquie comprend aujourd’hui parfaitement qu’elle n’a rien de positif à attendre dans ses relations avec les élites politiques occidentales, qu’elles soient à Washington ou à Bruxelles. Dans cette situation, cette puissance régionale de premier plan sait qu’elle doit construire son avenir avec des partenaires de confiance, sur lesquels elle pourra compter en cas de difficulté. Surtout qu’elle sait parfaitement qu’elle est elle-même dans le collimateur de ceux qui ont initié le chaos dans cette région.

Néanmoins, il y a indéniablement encore des actions à entreprendre pour la Turquie. La première serait d’annoncer officiellement son désir de normaliser ses relations avec les autorités syriennes. En effet, plusieurs politiciens haut placés, aussi bien au sein du gouvernement que de certaines forces de l’opposition, reconnaissent que ce serait la meilleure solution et dans l’intérêt de la Turquie. Et cela porterait un coup certain aux ennemis de la stabilité dans cette région.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201802071035060205-turquie-otan/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les Kurdes face à leurs responsabilités

Kurdes

Déchirés entre ceux qui souhaitent négocier avec le gouvernement syrien le périmètre de leur autonomie et ceux qui jouent la carte jusqu’au-boutiste avec les États-Unis, les Kurdes vont devoir choisir. L’offensive turque dans la région les met face à leurs contradictions, alors que le climat se dégèle entre Damas et Ankara.

Nous avions abordé cette question en octobre dernier, alors que certains éléments kurdes de Syrie, se sentant pousser des ailes grâce aux livraisons massives d’armes étasuniennes, s’étaient crus en position de faire du chantage au gouvernement syrien. Une approche condamnée aussi bien par Damas, Moscou, que Téhéran. Sans oublier les dissensions évidentes en Irak voisin, où le gouvernement central avait dû démontrer toute sa détermination, avec le soutien de hauts militaires iraniens, pour forcer les Kurdes irakiens à reculer.

En Syrie —un pays qui, pour mémoire, a massivement accueilli des Kurdes, notamment en provenance d’Irak-, le gouvernement privilégiait jusque-là les négociations, en parlant d’une large autonomie pour la partie nord du pays, peuplée majoritairement de Kurdes. Moscou a également insisté sur la présence de représentants kurdes dans le processus de paix d’Astana, bien qu’Ankara le vît d’un mauvais œil. Certains de ces représentants avaient bien compris l’intérêt de telles négociations, dans le cadre d’une Syrie unie et libérée des terroristes. Mais d’autres ont préféré, un peu comme en Irak, devenir de simples marionnettes de l’establishment étasunien. Ils seront vraisemblablement les grands perdants dans cette situation.

Car après les annonces de la poursuite des livraisons d’armes américaines à ces groupes et à celle de la création par Washington d’une «Force de sécurité» à la frontière turco-syrienne, la Turquie hausse le ton et affirme qu’elle mettra tout en œuvre pour empêcher la création d’une telle «unité terroriste» à sa frontière. Des déclarations qui n’ont pas tardé à se traduire dans les actes avec l’opération «rameau d’olivier» en zone kurde. Une opération coordonnée au préalable avec la Russie, selon l’aveu même du président Erdogan, et confirmée par la visite à Moscou du chef de l’État-major et du chef des services de renseignement turcs.

La Russie a donc choisi de ne pas bloquer la Turquie dans cette opération. Et ce pour une raison simple: le chantage d’une partie des élites kurdes sous pression étasunienne ne passera pas. La main tendue par Damas et Moscou en direction des Kurdes syriens était pourtant claire: une plus large autonomie au sein d’une Syrie unie, défense commune du territoire. Un scénario totalement indésirable pour les faiseurs de guerre étasuniens et donc pour leurs suiveurs locaux. Aucune raison donc d’être surpris des conséquences de leurs prises de position.

Néanmoins, les représentants kurdes ouverts au dialogue sont toujours invités au Congrès des peuples de Syrie, voulu par les représentants syriens, russes, iraniens et turcs, dont les travaux de préparation sont déjà avancés et qui devrait avoir lieu très prochainement. Une étape très importante, peut-être même cruciale, pour la résolution politique de la crise syrienne, après l’anéantissement de Daech, celle d’Al-Qaida étant encore en cours.

Fait important à noter: malgré l’animosité qui persiste dans une certaine mesure entre Damas et Ankara, pour la première fois depuis le début de la crise en Syrie, la Turquie a informé par écrit le gouvernement syrien, au même titre que la Russie, du lancement de son opération militaire «Rameau d’olivier» contre les Kurdes. Ce ne fut pas le cas lors de l’opération «Bouclier de l’Euphrate», qui s’était déroulée dans le Nord syrien entre août 2016 et mars 2017, lors de laquelle les Turcs s’étaient limités à coordonner leurs actions avec la Russie et l’Iran. Là est toute la différence. Ceci confirme une fois de plus que, malgré le manque de confiance évident et pour des raisons légitimes de Damas envers Ankara, on approche le moment où les gouvernements des deux pays devront rediscuter en vue d’une normalisation de leurs relations. Moscou et Téhéran y contribueront indéniablement.

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Mikhail Gamandiy-Egorov