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Secrétaire général de l’OTSC: l’alliance militaire eurasienne capable de faire face à l’Otan

28.05.2022

L’expansion vers l’Est de l’Otan attisera les tensions régionales et en aucun cas ne sera une source de stabilité ou de sécurité pour ses Etats membres, selon le secrétaire général de l’OTSC. Toujours selon lui, les hostilités entre les deux blocs ne pourront que s’aggraver.

L’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) dispose de toutes les possibilités pour garantir la sécurité pour nos pays, c’est ce qu’a indiqué Stanislav Zas – secrétaire général de l’organisation. Il a également ajouté que l’OTSC représente un bouclier efficace pour ses Etats-membres. Pour rappel, l’organisation politico-militaire est composée de la Russie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Arménie et le Tadjikistan.

Selon lui, l’expansion orientale de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord attisera les tensions régionales et en aucun cas ne stabilisera et n’assurera pas la sécurité pour ses pays membres. En ce qui concerne les perspectives d’adhésion de la Finlande et de la Suède au bloc otanesque – cela ne fera qu’aggraver les hostilités entre la Russie et l’Otan.

Stanislav Zas a également rappelé que l’OTSC est une organisation internationale qui ne constitue pas seulement un bloc politico-militaire, mais que c’est également une organisation multifonctionnelle, offrant une protection contre d’autres types de menaces. Tout en ajoutant que l’organisation dispose de suffisamment de forces et de moyens, ainsi que d’un système de réponse aux crises: «L’OTSC a toutes les possibilités pour servir de garant de la sécurité de nos pays et je pense que nous sommes vraiment un bon bouclier pour nos six Etats», a-t-il déclaré.

En termes de perspectives, ces déclarations du secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective confirment effectivement plusieurs aspects. Tout d’abord est que nous assistons en effet aujourd’hui à une opposition féroce entre l’Eurasie – devenue la principale force motrice de défense et de promotion de l’ordre multipolaire international et l’Occident – dont l’establishment continue de tenter à forcer l’écrasante majorité de la planète vers un retour à l’ordre unipolaire, dépassé et révolu.

En ce sens, les processus en cours et à venir dans le grand espace eurasiatique prennent aujourd’hui une dimension particulièrement importante. Aussi bien dans le cadre de structures telles que l’OTSC, mais également en ce qui concerne les grandes alliances internationales telles que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – composée quant à elle de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde, du Pakistan, et bientôt de l’Iran qui deviendra également membre à part entière. 

D’où les innombrables tentatives des élites atlantistes à tenter de ralentir les processus en question en Eurasie – non seulement car ledit espace représente en soi un énorme poids démographique, militaire, économico-industriel et civilisationnel, mais aussi en raison de d’influence de plus en plus accrue dudit espace sur d’autres régions du monde, notamment dans son interaction avec l’Afrique, l’Asie du Sud-Est, le Moyen-Orient et l’Amérique latine.

En effet et depuis les événements des derniers mois, l’Occident ne peut plus occulter la réalité de n’être qu’une extrême minorité à l’échelle mondiale et de n’avoir absolument aucune légitimité à pouvoir parler au nom d’une quelconque communauté internationale. Et ce malgré les innombrables instruments étant encore à sa disposition pour tenter de faire croire le contraire. Un autre élément à prendre en considération – vu comme un extrême danger par l’establishment atlantiste – n’est autre que la montée en nombre de personnes dans l’espace occidental qui se revendiquent de plus en plus ouvertement de la multipolarité. Et qui ne se retrouvent aucunement dans les délires de leurs prétendues élites qui s’accrochent au fantasme d’une hégémonie occidentale sur le monde, dans la pure continuité d’une mentalité coloniale.

En ce sens, il est évident que les alliances eurasiennes et internationales ont un énorme rôle à faire valoir pour mettre définitivement fin aux rêves des nostalgiques de l’unipolarité, et pour que puisse s’imposer non plus seulement le monde multipolaire – qui est déjà une réalité admise – mais bel et bien l’ère multipolaire post-occidentale, souhaitée et attendue par des milliards de personnes de la planète.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Iran-Russie: vers l’élargissement de l’alliance stratégique

La visite du président iranien Ebrahim Raïssi à Moscou a remis à l’ordre du jour les liens stratégiques qui unissent l’Iran et la Russie. L’alliance en question concerne aussi bien l’aspect bilatéral que trilatéral avec la Chine, mais également multilatéral dans le cadre du grand espace eurasiatique et l’axe de la multipolarité.

C’est la Russie qui a été choisie par le leader de la République islamique pour sa première visite internationale officielle depuis sa prise de fonction à la tête de l’Iran. Confirmant l’entente des deux nations sur la scène régionale eurasienne et internationale. Téhéran a d’ailleurs remis à la partie russe un projet d’accord de coopération stratégique pour une période d’au moins 20 ans.

M. Raïssi a également rappelé, comme le rapporte Press TV – la télévision internationale iranienne – que la République islamique d’Iran et la Fédération de Russie font partie de plusieurs organisations régionales et internationales, dont l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au sein de laquelle la Russie joue un rôle important. Confirmant l’attachement de l’Iran à l’axe de la multipolarité, où se trouve l’épicentre de l’anti-impérialisme et du multilatéralisme.

«L’Iran, devenu membre à part entier de l’OCS, entretient désormais de bonnes coopérations avec tous les pays membres. Mais la Russie joue aussi un rôle crucial au sein de l’Union économique eurasiatique et notre coopération pourra accélérer nos échanges, nos liens commerciaux et économiques. L’Iran et la Russie partagent des intérêts communs et peuvent à eux deux renforcer la sécurité régionale et saper l’unilatéralisme. Une bonne interaction entre l’Iran et la Russie, qui sont dotés d’importantes capacités, pourra avoir un impact positif sur la donne régionale et internationale», avait déclaré le président iranien en allusion claire au monde post-unipolaire étasunien.

Il faut noter également qu’au-delà de la rencontre entre les présidents Raïssi et Poutine, le chef d’Etat iranien s’est également exprimé devant la Douma – chambre basse du Parlement russe. Confirmant l’importance des relations entre les deux pays, sachant que peu de leaders étrangers en visite en Russie ont droit au prestige d’intervenir devant les élus russes.

Pour sa part, Vladimir Poutine a fait l’éloge de la coopération étroite entre les deux pays sur la scène internationale et du contact permanent entre Moscou et Téhéran. Il faudrait certainement rappeler aussi que le processus de la pleine adhésion de l’Iran au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (composée en plus de la Russie – de la Chine, du Kazakhstan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan) a été activement soutenu par la Russie.

Pour ce qui est de l’interaction multilatérale, il est à noter que l’axe Chine-Russie-Iran ne cesse de monter en puissance, aussi bien dans la sphère militaro-sécuritaire, notamment à travers l’organisation d’exercices militaires conjoints réguliers, que dans la sphère économique avec l’accord du siècle sino-iranien – conclu pour une période d’un quart de siècle, impliquant plusieurs centaines de milliards d’équivalents de dollars d’investissements.

La réalisation de l’accord de coopération stratégique sur une période similaire entre l’Iran et la Russie scellera définitivement l’axe sino-russo-iranien et donnera sans le moindre doute un coup de pouce supplémentaire au triumvirat concerné, ainsi que plus généralement à l’axe des partisans de l’ordre multipolaire actuel.

Durant son allocution devant les parlementaires russes, le président iranien a également fait mention de la politique irresponsable de l’Otan, qui selon lui mènera au final cette dernière vers son propre éclatement. «L’Otan fait de l’ingérence dans l’espace géographique des pays sous divers prétextes, ils menacent les États indépendants, a annoncé le dirigeant iranien. L’opposition aux démocraties indépendantes, l’opposition à l’identité des peuples, à la culture, aux traditions des peuples, tout cela est à l’ordre du jour de l’Otan, et c’est une tromperie. Ce comportement se soldera par son effondrement», a déclaré le président iranien.

En effet et alors que l’establishment occidental atlantiste tente de s’accrocher jusqu’au bout pour forcer le monde à revenir vers l’ordre unipolaire révolu, l’alliance stratégique des grandes civilisations mondiales a une responsabilité particulière vis-à-vis de l’ère multipolaire qui s’est imposée, et qui de par son essence représente l’écrasante majorité de l’humanité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’OTSC comme la solution face aux révolutions de couleur

Après la Biélorussie, une autre tentative de révolution colorée vient vraisemblablement de subir un échec, cette fois-ci – en terre kazakhe. Par la même occasion l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) semble désormais se positionner comme la riposte efficace aux campagnes de déstabilisation occidentales dans l’espace eurasiatique.

Les schémas se suivent et se ressemblent. Il faut tout de même constater que l’establishment politique étasunien, et plus généralement occidental, sans oublier les réseaux Soros & Co. commencent depuis ces dernières années à manquer assez cruellement d’originalité. Au même moment, cela ne devrait pas être si surprenant pour des personnages qui par essence possédant déjà une mentalité purement néocoloniale, se sont définitivement convaincus de leur capacité de nuisance sans impunité après plusieurs campagnes de déstabilisations d’Etats souverains réussies. Le coup d’Etat de 2014 en Ukraine en représente d’ailleurs un exemple, bien qu’étant qu’un demi-succès, pour bien de raisons.

Depuis, la même coalition n’observe plus les mêmes succès, mêmes relatifs. Et après l’échec de révolution colorée en Biélorussie, le schéma appliqué au Kazakhstan semble également… être tombé à l’eau. Pendant ce temps dans l’espace concerné, une force s’affirme comme un outil efficace face aux interférences occidentales, et plus particulièrement étasuniennes. L’appel du président kazakh Kassym-Jomart Tokaïev au soutien de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) – dont fait par ailleurs partie le Kazakhstan – semble fermement confirmer la justesse de cette initiative du président du pays. Un appel auquel l’organisation a répondu favorablement et de manière rapide.

L’envoi des troupes conjointes de l’OTSC (composée en plus du Kazakhstan – de la Russie, de la Biélorussie, de l’Arménie, du Tadjikistan et du Kirghizistan) a effectivement fait l’objet de nombreuses discussions. Evidemment sans aucune note d’enthousiasme du côté occidental et de ses affiliés. Pour rappel, le nombre total des militaires de la force conjointe a été annoncé être autour de 2500 personnes. Ayant pour tâche principale la protection et la défense des installations importantes, y compris celles d’importance stratégique.

Le secrétaire général de l’Organisation du Traité de sécurité collective, Stanislav Zas, a de son côté confirmé le mandat des forces collectives de maintien de la paix de l’Organisation d’utiliser le potentiel armé – en premier lieu dans la défense d’importantes installations de l’Etat kazakh, ainsi qu’en cas de menace directe pour la vie et la santé des militaires eux-mêmes.

Cette mission collective devient par la même occasion la première mission de ce format dans l’histoire de l’OTSC. Et pour le moment tout semble aller dans la réussite de la mission confiée, au moment où la situation au Kazakhstan va dans le sens de la stabilisation. Le scénario à l’ukrainienne, où une minorité – active, violente, bien structurée et coordonnée, appliquant à la lettre les ordres de ses parrains, pouvait faire tomber un gouvernement légitime – ne se réalisera vraisemblablement pas. Ce qui sera un succès indéniable pour l’avenir aussi bien de l’OTSC, que pour le grand espace eurasien de façon générale.

Effectivement et après le succès au Kazakhstan, l’Organisation du Traité de sécurité collective pourra devenir une référence de premier choix pour contrer les révolutions de couleur, dans l’espace post-soviétique et peut-être même au-delà. Sachant que la solidarité eurasiatique continue sa marche en avant à travers une autre grande organisation internationale eurasienne – l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), regroupant la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, l’Inde, le Pakistan et depuis récemment l’Iran qui a entamé son adhésion en qualité de membre de plein droit.

Un autre point important dans ce dossier concerne quant à lui justement l’énième échec de l’establishment occidental d’ouvrir un front d’instabilité dans l’espace eurasiatique, à l’heure où des pourparlers sécuritaires vont s’ouvrir entre la Russie et l’Occident, impliquant pour ce dernier les Etats-Unis et l’Otan. Bien que et selon les toutes dernières déclarations de la diplomatie russe – des pourparlers qui pourront être de bien plus courte durée que prévu – si l’establishment occidental fera la sourde oreille aux conditions de Moscou.

Quant à la solidarité eurasienne, aussi bien dans le cadre d’une large partie de l’espace post-soviétique, que dans celui de l’implication de la Chine et de l’Iran – il devient assez évident que les forces obscures de la déstabilisation internationale auront de plus en plus de mal à agir impunément, face à des capacités de riposte rapides, coordonnées et efficaces. Le tout impliquant des grandes civilisations mondiales, qui, avec les forces alliées, représentent la grande majorité planétaire par la même occasion. Et non pas une infime partie du globe terrestre.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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OCS: l’heure des grands moments

L’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) organise un exercice militaire antiterroriste conjoint et devra annoncer sous peu la procédure d’adhésion en qualité de membre de plein droit de la République islamique d’Iran. Retour sur ces actualités.

Sur le plan sécuritaire, les militaires des pays membres de l’OCS ont entamé les exercices militaires conjoints en matière de lutte contre le terrorisme à Orenbourg, en Russie. Ainsi, les représentants des forces armées du pays d’accueil, ainsi que de Chine, du Kazakhstan, du Tadjikistan, du Kirghizistan, de l’Ouzbékistan, de l’Inde et du Pakistan, prendront part à ces manœuvres jusqu’au 25 septembre prochain. Le nom de l’exercice est Peace Mission 2021.

Selon les informations communiquées par le ministère russe de la Défense, dans le cadre dudit exercice les contingents militaires des pays de l’OCS travailleront ensemble la préparation et la conduite d’une opération antiterroriste conjointe. L’exercice Peace Mission a lieu une fois tous les deux ans dans le cadre de l’accord entre les Etats membres de l’Organisation de coopération de Shanghai sur la conduite d’exercices militaires conjoints, daté du 27 juin 2007.

Au-delà du fait que l’interaction militaire et antiterroriste au sein de l’OCS est devenu un sujet récurrent et stratégique, l’aspect géopolitique occupe également une place de première importance au moment où l’Eurasie est devenue le fer de lance du renforcement du concept multipolaire mondial actuel, tout en permettant de donner une image si fortement différente et légitime de la véritable communauté internationale. Et en ce sens, un événement important sera annoncé sous peu au sein de l’OCS.

Plus exactement – l’annonce si attendue du lancement de la procédure d’intégration de l’Iran en qualité de membre de plein droit. Pour rappel, la République islamique est depuis 2005 et jusqu’à maintenant membre-observateur de l’organisation internationale eurasienne. En effet et lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui se tiendra les 16 et 17 septembre prochain au Tadjikistan, le début de la procédure d’adhésion de l’Iran en qualité de membre de plein droit sera annoncé, indiquent plusieurs médias appartenant aux pays de l’OCS.

Si cette perspective qui est déjà à l’ordre du jour depuis un certain moment se confirme sous très peu, cela signifiera tout simplement que l’OCS prend un nouvel envol et renforcera considérablement son statut d’organisation internationale majeure, le tout à l’heure des défis existants – notamment de la part des nostalgiques de l’ordre unipolaire – dépassé, révolu, terminé. Cela sans oublier un autre fait majeur lorsqu’on aborde la question de la communauté internationale: celui que l’Organisation de coopération de Shanghai représente à elle seule, sans même comptabiliser les alliés de la philosophie eurasienne à divers endroits du monde – de l’Afrique jusqu’en Amérique latine, et même jusqu’en Europe, pratiquement la moitié de la population terrestre. Et donc – bien loin devant la communauté dite occidentale (et non pas internationale).

Quant à l’Iran, cette confirmation d’un vœu de longue date affirmera tout simplement la réalisation d’un des axes prioritaires de la politique étrangère iranienne contemporaine. Et constituera une réponse plus qu’efficace aux attaques qui visent non seulement Téhéran, mais également Pékin et Moscou – en qualité des trois principaux adversaires géopolitiques et stratégiques de Washington.

Une chose est sûre: le schéma de l’establishment occidental et de certains des régimes lui étant affiliés à tenter de saboter l’intégration eurasiatique, à travers la création non seulement d’obstacles, mais également de nouveaux foyers de tensions – fera face à l’extrême détermination des civilisations eurasiennes à mettre ses initiateurs hors d’état de nuire. Le tout en étroite coordination. Et ne se limitant pas dans cette interaction uniquement au grand espace eurasien.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Les efforts sino-russo-iraniens dans le dossier afghan

Le retrait occidental d’Afghanistan, au-delà d’être un aveu d’un échec cuisant, représente sans le moindre doute un défi sécuritaire de premier plan pour les pays régionaux. A ce niveau, il est important de se focaliser sur les actions entreprises par la Russie, la Chine et l’Iran dans ce dossier.

Le 31 août prochain devra s’achever le retrait étasunien et des forces affiliées d’Afghanistan. Le tout après vingt années de présence. Cette réalité, au-delà de représenter un échec évident pour les USA et sa coalition occidentale, touche directement à plusieurs autres aspects. Premièrement, qu’adviendra-t-il désormais de l’Afghanistan ? Sachant que le mouvement des talibans, contrôlant déjà une large partie du pays durant la présence occidentale, est désormais tout simplement à l’offensive dans le but de prendre sous contrôle tout le pays. A ce titre, les talibans déclarent déjà contrôler 85% du territoire.

Sur ce point, l’heure est tout simplement à la déroute pour les forces de Kaboul, qui se rendent ou fuient les combats face à l’avancée des talibans. Grand nombre d’entre eux, se sont déjà réfugiés au Tadjikistan, pays ex-soviétique d’Asie centrale, qui a accepté d’accueillir sur son sol les militaires afghans sur une base humanitaire. D’autres supplient leurs alliés étasuniens de les faire évacuer d’Afghanistan avec leurs familles. En ce sens et de façon réaliste, très peu d’entre eux obtiendront cette «faveur» occidentale. Tout laisse à supposer que les talibans prendront, à un moment ou un autre, le pouvoir, et domineront de nouveau la vie politique du pays.

Deuxièmement, et compte tenu de cette probable éventualité, quel impact cela aura sur la sécurité des pays voisins de l’Afghanistan, notamment d’Asie centrale – pour la plupart alliés de la Russie, et faisant partie de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), ainsi que de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). A ce titre, le Tadjikistan a déjà mobilisé près de 20 000 militaires dans le but de protéger sa frontière avec l’Afghanistan. Et a également sollicité l’aide de son allié russe, ainsi que de l’OTSC, dans le cas d’une détérioration de la situation. Un soutien confirmé du côté de Moscou.

Il est évident qu’avoir à ses frontières un régime d’obédience obscurantiste représente un défi de poids pour l’Asie centrale, mais aussi pour la Russie, la Chine et l’Iran. D’autant plus qu’au-delà des talibans, qui pour le moment jurent de n’être intéressés que par les affaires intérieures de leur pays, l’Afghanistan est devenu un terrain propice pour les éléments de Daech – sans que là aussi la coalition washingtonienne ne puisse faire quoi que ce soit. Ou peut-être faudrait-il dire ne souhaitant faire quoi que ce soit. Il est donc primordial pour les puissances eurasiennes et leurs alliés de prendre tout le dispositif sécuritaire nécessaire. Ce processus suit actuellement son cours.

Troisièmement, et pour parler plus précisément des actions entreprises par la Chine, la Russie et l’Iran, il faut noter que les trois pays travaillent activement sur les mécanismes permettant de maintenir la situation sous contrôle au niveau régional. Et jusqu’à maintenant avec efficacité.

Le 7 juillet dernier, l’Iran, à travers l’implication du chef de sa diplomatie Mohammad Javad Zarif, avait accueilli une rencontre inter-afghane entre des représentants du gouvernement de Kaboul et les talibans. Du côté chinois, le ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, visitera cette semaine trois pays d’Asie centrale: le Turkménistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – tous des voisins proches de l’Afghanistan.

Selon des analystes chinois, cette visite fournira une plateforme à la Chine et aux trois pays concernés dans le but de coopérer en matière de sécurité régionale. Pékin se dit également prêt à accorder un soutien financier et technique aux pays confrontés à des défis sécuritaires dans leurs zones frontalières.

En ce qui concerne la Russie, qui partage faut-il le rappeler encore, des relations fortes et d’alliance avec les nations d’Asie centrale, elle reste très attentive à la situation sur le terrain. Une délégation des talibans était tout récemment en visite à Moscou. Ladite délégation, reçue au ministère russe des Affaires étrangères, a fait mention de plusieurs points importants: ne pas concevoir à menacer la sécurité des Etats voisins, lutter contre les éléments de Daech sur le sol afghan et à combattre le narcotrafic. Un narcotrafic ayant explosé durant la présence étasunienne en Afghanistan, avec tout ce que cela implique.

Reste à savoir si les talibans tiendront leurs promesses. D’un certain côté – cela va dans le sens de leurs propres intérêts car du côté russe il y a une ligne rouge à ne pas franchir – celle qui concerne la sécurité de ses alliés d’Asie centrale. Et en cas de nécessité, la Russie n’hésitera pas à utiliser la force si la sécurité de ses alliés se trouvera menacée. Les talibans le comprennent parfaitement.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine prend part aux exercices militaires Caucase 2020

L’espace eurasiatique devient plus que jamais le terrain d’une interaction majeure entre les Etats appartenant audit espace, notamment sur le plan sécuritaire. Les exercices militaires Caucase 2020 auxquels prennent part les représentants de plusieurs pays, dont la Chine, ne font que le confirmer.

Les exercices en question, qui se dérouleront dans le sud du territoire russe, verront la participation de militaires de Russie, Chine, Biélorussie, Arménie, du Myanmar et du Pakistan. Les représentants des forces armées de l’Iran, du Kazakhstan, d’Indonésie, d’Azerbaïdjan, du Tadjikistan et du Sri Lanka, prendront part à l’événement en qualité d’observateurs.

Selon le communiqué du ministère russe de la Défense, près de 80 000 militaires participeront aux exercices Caucase 2020. Au sein des participants, il y aura des formations et des unités de combat, de soutien logistique et technique, de défense aérienne et des formations de forces navales. Par ailleurs, il est prévu que lors des manœuvres soient impliqués jusqu’à 250 chars, environ 450 véhicules de combat d’infanterie et de véhicules blindés de transport de troupes, ainsi que jusqu’à 200 systèmes d’artillerie et de lance-roquettes, le tout dans des actions pratiques sur le terrain.

En ce qui concerne la République populaire de Chine, il est à noter que le leadership militaire de l’une des principales puissances mondiales, participe pratiquement à tous les exercices en coordination avec ses alliés et partenaires stratégiques. Et ce aussi bien dans l’espace eurasiatique, qu’au-delà. Les nombreuses manœuvres militaires conjointes bilatérales, comme multilatérales, ne font que le confirmer.

En effet, les nombreux exercices conjoints des forces armées chinoises et russes ont été observés au cours des dernières années, confirmant par la même occasion le très haut niveau d’interaction entre Pékin et Moscou sur la scène mondiale. Plus que cela, d’autres pays se joignent à la coordination sécuritaire sino-russe. En novembre dernier, aux larges des côtes atlantiques d’Afrique du Sud, les forces navales chinoises, russes et sud-africaines avaient organisé des manœuvres conjointes. 

Un mois plus tard, en décembre 2019, des exercices navals ont eu lieu entre l’Iran, la Chine et la Russie dans l’océan Indien et golfe d’Oman, entre le Détroit d’Ormuz, Bab-el-Mandeb et le Détroit de Malacca. 

Désormais, et avec la participation chinoise aux exercices Caucase 2020, Pékin ne fait que confirmer l’importance accordée à cette interaction stratégique. Et ce malgré les peurs et inquiétudes suscitées en Occident face à la montée en puissance indéniable de l’espace eurasiatique. Un espace qui ne cesse de renforcer le concept multipolaire de la géopolitique mondiale, sa capacité à gérer les défis liés à la lutte antiterroriste, à défendre la souveraineté et à interagir dans nombre d’autres domaines, allant de l’économie à la recherche et l’enseignement.

Evidemment, le leadership chinois observe avec attention les nombreuses tentatives de déstabilisation visant aussi bien ses intérêts directs, que ceux de ses alliés et partenaires stratégiques, à divers endroits du monde. C’est également en ce sens qu’il faut entrevoir la régularité et le sérieux avec lesquels la Chine participe à ces manœuvres. Plus que jamais les nations partisanes de la multipolarité comprennent la nécessité d’être non seulement capables d’interagir au plus haut niveau sur les plans diplomatique, politique et économique, mais également d’accroitre la capacité défensive conjointe, pouvant faire face à tout défi les visant. C’est probablement le point à retenir.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Eurasie s’unit dans le volet sécuritaire

La réunion des ministres de la Défense des Etats membres de la Communauté des Etats indépendants (CEI), de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et de l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC) se tiendra à Moscou le vendredi 4 septembre au parc Patriot de Koubinka, près de Moscou.

C’est ce qu’a annoncé Vladimir Zainetdinov, l’attaché de presse de l’OTSC. L’ordre du jour de cette réunion conjointe des trois importantes organisations comprend des questions de sécurité régionale et internationale, la consolidation des efforts pour prévenir la menace de déclenchement de guerres et de conflits armés, ainsi que le renforcement de la coopération militaire. De plus, les participants à ladite réunion feront une déclaration commune à l’occasion du 75ème anniversaire de la Victoire dans la Grande Guerre patriotique de 1941-1945 et la Seconde Guerre mondiale.

Le secrétaire général de l’OTSC Stanislav Zas prendre également part à la réunion. Le ministre indien de la Défense Rajnath Singh de son côté est déjà arrivé à Moscou pour une visite de trois jours, y compris pour prendre part à la réunion conjointe CEI-OCS-OTSC du 4 septembre. En outre, le ministre biélorusse de la Défense, Viktor Khrenine, participera également à la rencontre.

Ce dernier présentera un rapport sur la sécurité internationale et régionale, la consolidation des efforts dans le but de prévenir la menace de déclenchement de guerres et de conflits armés, et le renforcement de la coopération militaire dans les conditions modernes.

Pour rappel, la CEI comprend 10 des 15 anciennes républiques soviétiques (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie, Azerbaïdjan, Kirghizistan, Moldavie, Ouzbékistan, Tadjikistan et le Turkménistan en tant qu’Etat associé). L’OTSC, organisation à vocation politico-militaire, est quant à elle composée de la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie, le Kirghizistan et le Tadjikistan. Enfin, l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) se compose de la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan (tous membres fondateurs de l’organisation depuis 2001), ainsi que de l’Inde et du Pakistan (membres à part entière depuis 2017). L’Iran, la Biélorussie, la Mongolie et l’Afghanistan sont quant à eux membres observateurs de l’OCS.

Maintenant pour parler perspectives, il serait juste de dire que cette réunion est fortement importante, et ce pour plusieurs raisons. La première c’est qu’il s’agit d’une réunion conjointe de trois grandes organisations de l’espace eurasien. Confirmant par la même occasion nombre de questions d’intérêts conjoints au sein des trois structures, notamment dans le volet sécuritaire et de la Défense. Deuxièmement, elle confirme toute l’importance du grand espace eurasiatique à l’heure où l’Eurasie devient l’un des centres majeurs de la géopolitique et des relations internationales. Le tout dans le cadre multipolaire du monde. Troisièmement, à l’heure des nouvelles tentatives occidentales de déstabilisation, visant notamment actuellement la Biélorussie, il est fort important d’afficher l’unité et la solidarité au sein des alliés. Enfin, et en dehors du cadre ex-soviétique, il est certainement à saluer qu’au moment où les relations sino-indiennes vivent certaines tensions et désaccords, les représentants des deux pays seront en Russie pour la réunion, confirmant par la même occasion toutes leurs obligations en tant que membres de l’Organisation de coopération de Shanghai.

Par la même occasion, Pékin comme New Delhi ont le mérite de comprendre parfaitement que le dialogue reste la meilleure option en vue de résoudre les différends existants. En ce sens, l’OCS reste une référence. Et ce au moment même où les tensions au sein de l’adversaire de l’OTSC et de l’OCS, en la qualité de l’Otan, ne cessent de s’exacerber. Notamment entre la Grèce, la France et plusieurs autres membres du bloc atlantiste d’un côté, et la Turquie de l’autre.

Il sera par ailleurs fortement intéressant de suivre les décisions qui seront prises lors de cette réunion conjointe de Moscou, y compris face aux événements en Biélorussie, où vraisemblablement le scénario d’une nouvelle révolution de couleur pro-occidentale semble s’essouffler. Sur les autres sujets d’actualité internationale, qu’ils soient liés au Moyen-Orient, à l’Amérique latine ou à l’Afrique, la diplomatie sino-russe continue de démontrer une implacable solidarité face aux membres occidentaux du Conseil de sécurité de l’ONU. En ajoutant à cela la coopération multiforme dans la sphère sécuritaire et de la Défense, il est aujourd’hui devenu définitivement clair que les forces pro-atlantistes doivent rapidement mettre à jour leurs visions du monde. Et surtout leur compréhension du monde – un monde dans lequel ils ne seront plus, en tant que minorité évidente, amenés à dominer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Organisation de coopération de Shanghai se prépare aux exercices antiterroristes conjoints

En août prochain se tiendront les exercices antiterroristes conjoints « Mission de paix 2020 » des pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Pour certains des pays participants, une telle expérience sera la première.

Les dits exercices se dérouleront dans l’oblast de Kemerovo, en Russie. Plus de dix mille militaires appartenant à huit pays prendront part aux manouvres. En l’occurrence les représentants des forces armées de la Russie, de la Chine, du Kazakhstan, de l’Ouzbékistan, du Kirghizistan, du Tadjikistan, de l’Inde et du Pakistan.

«Nous visons à renforcer les liens d’amitié entre les pays participants dans la lutte contre le mal commun – le terrorisme international. C’est notre tâche principale et nous visons à acquérir de l’expérience», a notamment déclaré le colonel de la Force aérienne indienne, Samir Darkhan, commentant les préparations en cours au niveau des pays membres de l’OCS.

Au-delà des dix mille militaires qui participeront à ces exercices, un millier et demi d’unités d’équipement militaire terrestre et près d’une centaine d’unités aériennes seront de la partie.

«Les exercices seront organisés simultanément dans plusieurs localités. Dans l’une, ce seront les actions conjointes des troupes terrestres qui seront présentées, dans l’autre le franchissement de barrières d’eau, notamment…», a annoncé quant à lui le chef d’état-major adjoint du district militaire central russe Roustam Minnekaev.

La principale caractéristique de ces manouvres sera non seulement le développement d’actions conjointes afin de repousser une menace commune, mais également l’interaction entre les représentants militaires de huit pays différents.

En termes de perspectives, il s’agit effectivement d’un renforcement notable de la collaboration au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui – bien loin de se limiter à l’interaction politique et économique, renforce désormais de façon plus que notable le partenariat dans le domaine militaro-sécuritaire, et notamment antiterroriste.

De façon sérieuse, et malgré les maintes critiques d’antan des « experts » pro-atlantistes quant aux «difficultés» pour l’OCS de bâtir une alternative digne de ce nom à l’Otan, il s’avère qu’il n’en est rien. Car l’alternative est bel et bien là. Debout et avançant sans se soucier des «doutes» des prétendus spécialistes occidentaux. La grande alliance eurasienne, regroupant en son sein le pays le plus vaste du monde d’un côté et le plus peuplé de l’autre, c’est aussi avec ses huit pays membres et quatre Etats observateurs tout simplement plus de 60% du territoire de l’Eurasie et 43% de la population… mondiale. L’OCS – c’est aussi 20% des ressources mondiales pétrolières, près de 40% du gaz naturel, 30% de l’aluminium et 40% du charbon.

Sur le plan de la puissance militaire, probablement elle n’est pas à présenter. Avec le potentiel défensive russe, chinois, des pays ex-soviétiques d’Asie centrale (qui en passant n’avaient dans l’écrasante majorité jamais souhaité l’éclatement de l’URSS), ainsi qu’indien et pakistanais, la présentation serait tout simplement de trop. A noter tout de même que quatre puissances nucléaires font partie de l’alliance.

Tout cela pour dire, que les gesticulations et négations occidentales pourront se poursuivre autant que cela sera souhaitable au niveau des décideurs politiques concernés. Le monde lui, et surtout la grande partie de l’humanité, a d’ores et déjà compris où se trouve l’avenir. Et que du point de vue ne serait-ce que logique, il sera impossible pour une minorité évidente de continuer à prétendre représenter la «communauté internationale» et à s’autoproclamer porte-paroles de ladite communauté. La période post éclatement soviétique est bien terminée.

Quant à la lutte antiterroriste – l’Occident a déjà démontré toute son impuissance. Créer les chaos et déstabilisations d’un côté et lutter contre le fléau commun que représente le terrorisme – sont des choses inconcevables. Et c’est également en ce sens que l’OCS a un bel avenir devant soi.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1440

Les exportateurs africains et l’eldorado russe

Un supermarché à Moscou

La crise entre l’Occident et la Russie ouvre des perspectives prometteuses à d’autres acteurs économiques. La place laissée libre par les producteurs occidentaux, notamment dans l’agroalimentaire, pourrait ainsi bénéficier aux pays africains.

La Russie représente encore un marché clé pour de nombreux exportateurs européens, qu’ils soient français, allemands, italiens, grecs ou autres. Pourtant, les pays de l’UE ont perdu pour très longtemps, voire pour toujours, de larges parts de marché dans le secteur agroalimentaire.

Les producteurs nationaux russes ont parfaitement su tirer leur épingle du jeu, au point qu’au-delà de l’autosuffisance dans plusieurs secteurs-clés, la Russie est devenue une puissance exportatrice de premier plan: elle s’est même hissée en 2017 à la première place mondiale des exportations de blé, devant les États-Unis, son principal concurrent à l’export.

Mais il serait également juste de rappeler que plusieurs pays non-occidentaux ont su profiter des occasions que représentent les contre-sanctions russes aux sanctions occidentales, y compris dans le secteur agroalimentaire. Parmi eux et hormis des pays voisins d’ex-URSS —hors Ukraine et pays baltes-, on retrouve la Turquie, l’Égypte, le Maroc, l’Afrique du Sud, la Chine, le Vietnam, le Brésil, l’Argentine, entre autres. L’Algérie voit aussi s’ouvrir des perspectives intéressantes et l’Afrique subsaharienne, en plus de l’Afrique du Sud, y aurait toute sa place.

De plus, commercer avec la Russie ouvre potentiellement les portes d’un marché encore plus vaste, celui de l’Union économique eurasiatique, qui comprend déjà la Russie, le Kazakhstan, la Biélorussie, l’Arménie et le Kirghizistan. Le Tadjikistan, lui, est candidat officiel à l’adhésion et la Moldavie est quant à elle membre observateur. Au total un marché de plus de 180 millions de personnes.

L’Afrique dispose d’un climat unique, propice notamment à la production de fruits exotiques —appréciés des consommateurs russes. Et à condition de créer des conditions favorables, les producteurs d’Afrique subsaharienne auraient toutes les chances de réussir. Et si jusqu’ici les exportateurs africains étaient surtout focalisés sur les pays européens ou du Moyen-Orient, il serait probablement temps aujourd’hui de penser à tisser des liens avec des partenaires russes. À cet effet, une intensification de contacts d’affaires entre les producteurs et entrepreneurs des deux parties, avec le soutien de leurs autorités respectives, serait sans aucun doute la solution.

Et à l’heure du retour de la Russie sur le continent africain, les opportunités mutuellement bénéfiques vont se multiplier, et pas uniquement dans l’agroalimentaire. Les voyages de délégations africaines en Russie, comme russes en Afrique, se sont multipliés au cours de ces derniers mois, des contacts facilités par plusieurs facteurs. Tout d’abord, l’Afrique dispose d’un nombre conséquent de cadres ayant été formés en URSS et en Russie. De plus, de tels échanges bénéficient du soutien des opinions publiques respectives de chaque pays: on sait par exemple que la Russie, notamment grâce à sa politique actuelle, est grandement appréciée dans pratiquement l’intégralité du continent africain.

Côté russe, les élites libérales de l’ère Eltsine, ayant crié et juré que l’avenir de la Russie est «uniquement avec l’Europe et l’Occident», ayant été écartées, le temps des illusions est bel et bien terminé. La Russie coopérera avec ceux qui respectent sa souveraineté, ses intérêts et ses valeurs —comme la Russie respecte et respectera les leurs.

Tout cela pour dire qu’il ne faudra pas s’étonner que la Russie et l’Afrique multiplient dans un avenir proche leurs échanges bilatéraux. De l’aveu des intéressés, il est aujourd’hui évident que la Russie peut beaucoup apporter à l’Afrique, comme l’Afrique peut beaucoup apporter à la Russie. Et cela concerne notamment les domaines sécuritaire, technologique, agroalimentaire, énergétique, minier, éducatif, culturel, du nucléaire civil. L’essentiel étant que la Russie, tout en pensant évidemment à ses intérêts, saura indéniablement aussi respecter et tenir compte ceux de ses partenaires africains. Ce fut le cas lors de la période soviétique, cela restera le cas avec la Russie contemporaine.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201804271036133999-afrique-eldorado-russie/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les perspectives de l’Union économique eurasiatique

Les drapeaux des états membres de l’Union économique eurasiatique

Au moment où le futur de l’Union européenne se trouble de plus en plus, à l’Est un autre ensemble se renforce chaque jour. Malgré l’opposition de certains responsables occidentaux à l’Union économique eurasiatique, celle-ci se renforce et va dans le sens de l’élargissement.

Non, l’Union économique eurasiatique (UEEA) n’est pas le jouet de la Russie, quoi qu’en pensent certains. Si Moscou a effectivement soutenu l’idée de l’intégration eurasienne à la naissance du projet, rappelons-nous que c’est bien le Kazakhstan, en la personne de son président Noursoultan Nazarbaïev, qui en fut l’initiateur.

Cinq pays (tous d’ex-URSS) composent aujourd’hui l’Union: la Russie, le Kazakhstan, l’Arménie, la Biélorussie et le Kirghizistan. Le Tadjikistan, autre république ex-soviétique d’Asie centrale ne devrait pas tarder à rejoindre l’organisation. Deux autres pays de la région, en l’occurrence l’Ouzbékistan et le Turkménistan, entrevoient eux aussi de suivre cette voie, surtout au vu des derniers développements régionaux et internationaux.

Cette intégration post-soviétique fait par ailleurs extrêmement peur à plusieurs représentants de l’élite occidentale, dont l’ex-secrétaire d’État et malheureuse perdante aux dernières élections américaines, Hillary Clinton. Pour elle, il s’agit ni plus ni moins d’une nouvelle URSS, qu’il faille absolument « stopper » ou du moins « retarder le processus ». Son avis est partagé par grand nombre de forces pro-atlantistes. Mais ces « braves » gens n’auraient-ils pas simplement oublié de poser la question aux peuples concernés? Car eux seuls ont le droit de créer (ou de récréer) ce qu’ils considèrent être le meilleur choix pour leur avenir commun, même si cela devait être une URSS 2.0. Mais ce n’est clairement pas de cela qu’il s’agit dans le cas de l’Union eurasiatique, une réalité qui s’impose à tous.

L’interaction eurasienne ne se limite d’ailleurs pas uniquement à l’ex-URSS. Un accord de libre-échange a été conclu entre l’UEEA et le Vietnam fin mai 2015. Des pourparlers sont également en cours avec l’Égypte, la Syrie, la Thaïlande, la Mongolie, la Serbie et l’Iran. Il ne serait d’ailleurs pas à exclure que l’Iran puisse à terme rejoindre pleinement l’organisation, au même titre que l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La Turquie s’intéresse elle aussi de plus en plus à l’Union économique eurasiatique, de l’aveu même de dirigeants turcs. Une hypothèse lointaine, Ankara restant encore officiellement candidate à une adhésion à l’UE, et demeure un des piliers de l’OTAN. Néanmoins, rien n’est également à exclure sur le moyen à long terme.

Quoi qu’il en soit, le développement de l’UEEA connaît une dynamique impressionnante. C’est aussi cela qui déplaît fortement aux partisans de l’unipolarité. Le fait de voir l’UEEA, l’OCS ou les BRICS prendre des responsabilités de plus en plus importantes, aussi bien dans un cadre régional que mondial, confirme que la multipolarité est la seule réalité désormais acceptable pour l’humanité. Une option qui réfute l’idée d’une gestion mondiale par une minorité évidente, ce qui conforte l’hystérie des opposants à ces projets.

Certains pensent aussi, qu’au moment où les divisions dans l’Europe bruxelloise deviennent de plus en plus évidentes et que l’espace eurasiatique opte pour le renforcement de son intégration aussi bien économique que politique, qu’il s’agit d’une revanche de la Russie. Qu’ils se rassurent: la Russie pense simplement à ses intérêts nationaux, tout comme les autres pays-membres de l’Union eurasienne. Des intérêts souverains et qui regardent avant tout les peuples concernés. Quant au fait de vouloir vivre ensemble, c’est aussi une réalité à laquelle certains observateurs extérieurs devraient se réhabituer. Beaucoup de peuples, notamment d’Asie centrale, étaient radicalement opposés à l’éclatement de l’URSS. On ne les a pas écoutés. Aujourd’hui, la logique des intérêts communs reprend le dessus. Et cette logique a un nom: l’Eurasisme.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201702201030169027-ueea-perspectives/

Mikhail Gamandiy-Egorov