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L’Arabie saoudite s’adapte aux réalités contemporaines?

Riyad semble opérer des changements dans sa politique régionale et internationale. Normalisation envisageable avec l’Iran, des relations montantes avec la Russie et la Chine, les événements en cours démontrent une stratégie qui semble tenter à s’adapter aux règles du monde multipolaire. Mais jusqu’où pourra aller l’Arabie saoudite?

Certains des représentants du royaume saoudien semblent de plus en plus comprendre que l’alliance de longue date avec le monde anglo-saxon, et plus particulièrement avec Washington, ne représente plus une mise gagnante pour son avenir. Et qu’à l’heure d’un renforcement sans précédent de l’ordre international multipolaire il serait peut-être temps de s’y adapter, au risque de se retrouver dans le camp perdant.

Dans le cas relationnel avec l’Iran – l’adversaire régional déclaré de l’Etat wahhabite, les récentes actions laissent entrevoir une possible normalisation. A ce titre, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a récemment déclaré que les discussions sur les relations bilatérales avancent progressivement.

«Au cours des derniers mois, nous avons eu des contacts plus ou moins élaborés avec le Royaume d’Arabie saoudite. Nous avons entamé une série de pourparlers avec le gouvernement saoudien à Bagdad au cours de ces mois», soulignant que les discussions en rapport avec les relations bilatérales et les progrès des pourparlers sur la sécurité de la région du Golfe étaient très fructueux.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a également déclaré que si le gouvernement saoudien accorde une attention sérieuse au message de l’Iran qui considère que la solution aux problèmes de la région demeure en la région elle-même, et que nous devons parvenir à un mécanisme régional global, il sera alors possible à ce moment-là d’avoir des relations soudées entre les deux pays.

Evidemment, si un tel mécanisme deviendrait réalité, il ne sera pas du goût de Washington, ni de Tel-Aviv. Et à ce titre, rien n’est encore sûr quant au fait si Riyad aura le courage d’aller jusqu’au bout d’une telle initiative. D’un autre côté, les Saoudiens comprennent aujourd’hui parfaitement que les tentatives à faire isoler l’Iran constituent indéniablement un échec total pour ses initiateurs.

Et les évidences de cet échec ne manquent pas: Syrie, Yémen, montée en force de l’Axe de la résistance, probablement la plus grande influence de l’Iran dans les affaires régionales et même au-delà dans son histoire contemporaine, formation de l’alliance avec la Chine et la Russie. Cette dernière d’autant plus renforcée que l’adhésion officielle de la République islamique en qualité de membre de plein droit au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) a été pleinement validée

Dans le cas saoudien, s’ajoute à cela les récents retraits par les USA des batteries de missiles Patriot du territoire saoudien, le nouvel accord de coopération militaire avec la Russie, la coopération économico-énergétique avec la Chine. En bref – des éléments supplémentaires qui confirment un basculement évident dans les affaires du Moyen-Orient.

Cela sans oublier le retrait US d’Afghanistan, qui selon nombre de sources a fortement déplu à plusieurs monarchies du Golfe. Et surtout la manière dont s’est opéré ce retrait. Permettant de voir clairement avec quelle facilité Washington peut abandonner ses prétendus alliés.

Pour autant, non – il est encore très loin de considérer que l’Arabie saoudite se joindra sous peu à l’axe de la multipolarité. Et rien ne présage un changement de cap dans les plus brefs délais, connaissant l’énorme proximité de Riyad avec Washington. Il n’empêche qu’il y a effectivement de plus en plus de têtes pensantes en territoire saoudien qui comprennent la voie du monde actuelle. Et que dans le cadre des processus en cours, il faut déjà commencer à prendre les bonnes dispositions. A défaut de quoi – s’exposer au risque de subir de plein fouet les conséquences d’avoir été parmi les principaux retardataires dans le cadre des réalités qui émanent de l’ordre multipolaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Un couloir maritime turc jusqu’à la bande de Gaza?

Des voix s’élèvent en Turquie pour la création d’un couloir maritime allant jusqu’à la bande de Gaza. Bien que la réalisation d’une telle initiative ne soit pas simple à réaliser, le fait est qu’elle trouve déjà des échos favorables au sein de l’opinion publique turque.

La récente annonce du cessez-le-feu entre l’Etat sioniste et le mouvement palestinien Hamas n’a évidemment pas résolu le conflit israélo-palestinien. Si ladite cessation des violences est vue au sein de la résistance palestinienne comme une victoire sur l’ennemi israélien, évidemment on est encore bien loin de la fin des souffrances du peuple de Palestine et d’une confirmation en bonne et due forme d’un Etat palestinien pleinement indépendant.

Les puissances internationales n’ont pas manqué de prendre position dans ce conflit qui dure depuis fort longtemps. Si les Etats-Unis soutiennent traditionnellement Israël – leur principal allié régional et par ailleurs l’une des principales priorités dans leur politique étrangère, la Turquie a pris fait et cause en faveur de la Palestine, en mettant d’ailleurs à exécution une mobilisation internationale active.

Mais un autre sujet s’invite désormais dans le débat. Celui d’une création possible d’un couloir maritime turc allant jusqu’à la bande de Gaza, à l’instar des accords passés précédemment entre Ankara et la partie de la Libye contrôlée par le gouvernement tripolitain. Dans le but déclaré d’accroitre le soutien à la Palestine – par voie maritime. Pour cela, la Turquie pourrait signer le mémorandum naval en question avec les représentants du Hamas, contrôlant justement la bande de Gaza. Une initiative très mal vue à Tel-Aviv, qui la voit comme une volonté du leadership turc de déclencher une guerre économique.

L’idée qu’Ankara pourrait mettre en œuvre «le modèle libyen» en signant un accord avec la bande de Gaza a été d’ailleurs largement diffusée dans la presse turque. Il faut de même indiquer que l’auteur de l’initiative en question n’est pas un membre actif du gouvernement de la Turquie, mais ce n’est pas non plus un inconnu. Il s’agit de Cihat Yaycı, ancien amiral de la marine turque – par ailleurs l’idéologue de la doctrine Mavi Vatan (patrie bleue) – qui spécifie qu’en tant qu’Etat péninsulaire, la Turquie a 8333 kilomètres de littoral le long de l’Anatolie et de la Roumélie (péninsule balkanique) et que sa juridiction en Méditerranée orientale, en mers Egée, de Marmara et Noire s’étend en tout sur 462 000 kilomètres. En d’autres termes une doctrine qui vise à légitimer les revendications turques sur un certain nombre de zones contestées de la Méditerranée orientale.

Néanmoins et du côté de nombre de médias israéliens, l’opinion avancée est qu’il s’agit d’un désir du président turc Erdogan, avec pour objectif d’accéder aux champs gaziers se trouvant au large de l’Etat sioniste. Pour Jerusalem Post, le concept proposé par Cihat Yaycı et promu dans les médias turcs, l’est probablement avec le soutien du gouvernement d’Ankara.

Pour le journal israélien, l’objectif de la Turquie est de tracer directement une ligne reliant la côte turque à Gaza, en divisant ostensiblement la mer par la création d’un tel couloir maritime. Ce qui couperait Israël de la Grèce et du gazoduc EastMed que l’Etat sioniste compte réaliser avec Athènes et Nicosie.

En termes de perspectives, s’il est assez évident que la Turquie peut tirer profit d’une telle initiative en renforçant son positionnement géopolitique et géoéconomique, ainsi qu’idéologique en défiant encore plus ouvertement l’Etat sioniste et en accentuant son rôle de soutien important à la cause palestinienne, nombre d’obstacles restent d’actualité pour Ankara.

Tout d’abord et si dans le cas libyen, la Turquie pouvait se vanter d’avoir conclu un accord fixant les frontières maritimes à son avantage en mettant en avant le fait que cela s’est fait avec un gouvernement internationalement reconnu, bien que contrôlant qu’une partie minoritaire du territoire libyen, dans le cas de la bande de Gaza la difficulté réside dans le point que Hamas n’est pas considéré comme une entité étatique, représentant officiellement l’Etat de Palestine.

L’autre difficulté, ou plutôt contradiction, est que malgré l’hostilité évidente existant entre Ankara et Tel-Aviv, les relations entre les deux parties se maintiennent et même se développent, y compris dans le cadre des relations économiques bilatérales.

Néanmoins et connaissant sur certaines questions l’imprévisibilité de la politique extérieure turque, l’initiative en question montre clairement l’inquiétude existante du côté de l’Etat sioniste, traduite d’ailleurs dans les médias israéliens. Pour certains experts, il pourrait s’agir également d’un sondage d’opinion au sein de la société turque pour pouvoir réaliser, ou non, cette éventualité. En ce sens, une large partie des citoyens de Turquie, à l’instar de nombreux pays du monde, sympathise ouvertement en faveur de la cause palestinienne.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Iran compte adhérer à l’Union économique eurasiatique

Le président du Parlement iranien Mohammad Baqer Qalibaf avait récemment annoncé que son pays prévoit de rejoindre l’Union économique eurasiatique (UEEA). Si cette annonce suscite un évident enthousiasme pour les partisans de l’intégration eurasienne, du côté des puissances occidentales et d’Israël – l’heure est résolument à l’inquiétude.

L’éventualité d’une adhésion de la République islamique d’Iran à l’Union économique eurasiatique conforte l’idée du plein renforcement de la coopération eurasienne – aussi bien dans le sens d’une région plus que stratégique pour le renforcement du concept multipolaire du monde, ainsi que dans l’idée que c’est bel et bien en Eurasie que se forme la véritable notion de communauté internationale. Et ce aussi bien du point de vue géopolitique, géoéconomique, sécuritaire et démographique.

Pour rappel, l’Iran fait partie d’une autre grande organisation internationale eurasienne, à savoir l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) en qualité de membre-observateur, avec de très bonnes perspectives de devenir prochainement membre à part entière. Mais que représente concrètement du point de vue stratégique une adhésion de Téhéran au sein de l’UEEA? Il faut pour cela faire mention de plusieurs orientations.

Tout d’abord, il faut noter que désormais l’Union économique eurasiatique dépasse le cadre «promu» dans la vision des élites atlantistes, comme une simple renaissance de l’URSS. Sachant que l’Iran, à la différence des membres actuels de l’UEEA, n’a jamais fait partie de l’Union soviétique. Cela conforte donc l’idée que la notion même de l’intégration dans l’espace eurasiatique est un concept résolument tourné vers l’avenir et surtout qui attire les nations du grand espace eurasien.

D’autre part, et puisqu’on parle d’économie, il faut noter que pour l’Iran – la 21ème puissance économique mondiale en termes de PIB nominal, la 25ème en qualité de PIB à parité de pouvoir d’achat et l’une des principales économies parmi les pays du monde musulman, la perspective d’entrée dans l’UEEA ouvrira des perspectives économiques fortement intéressantes. Puissance énergétique de premier plan (avec une part de marché au niveau mondial des produits pétroliers de 5,5%), l’économie iranienne a connu une vive diversification au cours des dernières années. Cela sans oublier le potentiel scientifico-intellectuel de la nation perse qui n’est pas à démontrer. Y compris en comparaison avec certains de ses voisins régionaux. Ainsi qu’une capacité ferme à résister aux sanctions et pressions extérieures.

Quant à l’Union économique eurasiatique, il faut rappeler que l’organisation représente en soi une population de près de 200 millions de personnes, un PIB nominal de plus de 1700 milliards d’équivalent de dollars et un PIB à parité de pouvoir d’achat (PPA) de près de 4800 milliards d’équivalent de dollars.

Cette intégration de l’Iran dans l’espace eurasien se déroule  au moment d’un renforcement stratégique avec des pays comme la Chine et la Russie. Ceci étant dit, Pékin et Moscou ne sont pas les seuls soutiens de cette alliance avec l’Iran, aussi bien sur le plan géoéconomique que géopolitique. Des pays comme l’Arménie voient d’excellentes perspectives pour leurs projets économiques dans le cas d’une entrée de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique.

Parmi les projets qui peuvent prendre forme ou être ravivés, on peut faire mention du projet ferroviaire reliant l’Iran et l’Arménie. Le coût de ce projet avait été estimé à 3,2 milliards d’équivalent de dollars. La longueur de cette route devrait être autour de 300 kilomètres, avec une infrastructure comprenant 64 ponts d’une longueur totale de 19,4 kilomètres, ainsi que 60 tunnels de 102,3 kilomètres et 27 stations.

Mais ce n’est pas tout. Si ce projet venait à être réalisé, l’Arménie n’aurait pas seulement une importante voie d’accès à l’Iran, mais également vers la Caspienne – en renforçant ainsi les liens par voie maritime avec les autres membres de l’UEEA – comme la Russie et le Kazakhstan. Ce qui est certain, c’est que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique ouvre des opportunités pour Erevan de booster son économie, surtout pour la période post-covid et post-conflit avec l’Azerbaïdjan. D’autant plus lorsqu’on connait l’importante et influente diaspora arménienne d’Iran et qui maintient des contacts étroits avec la nation d’origine. Tout cela ne peut être donc que fort positif pour les deux pays, et plus généralement pour le front eurasien.

Evidemment, l’intégration de l’Iran dans l’UEEA ne trouve pas que des partisans. Et suscite une inquiétude peu voilée du côté étasunien, ou encore israélien. Justement, le quotidien israélien Israel Hayom note que les Etats occidentaux craignent que l’adhésion de l’Iran à l’Union économique eurasiatique permette à Téhéran de contourner les sanctions étasuniennes et de faire progresser son programme nucléaire.

Le souci pour les opposants à ces processus de larges intégration et interaction en Eurasie, c’est qu’ils oublient que des pays-civilisations que sont la Chine, la Russie, l’Iran et d’autres n’ont pas l’habitude de demander d’autorisation à qui que ce soit, en ce qui concerne leurs intérêts respectifs et ceux de leurs alliés. Et que si l’adhésion de l’Iran dans l’Union économique eurasiatique se concrétisera – ce n’est certainement pas Washington, Bruxelles ou Tel-Aviv qui pourront la faire stopper.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le comportement israélien et le silence de l’Occident

L’assassinat du scientifique iranien Mohsen Fakhrizadeh a connu la condamnation dudit acte terroriste non seulement par les autorités iraniennes, mais également de nombre d’autres acteurs internationaux. Du côté occidental, le manque d’actions visant à sanctionner le commanditaire probable de l’assassinat confirme une approche tolérante vis-à-vis d’un comportement voyou, ne datant pas d’hier.

Si plusieurs pays ont déjà vivement condamné l’assassinat terroriste commis dans un pays souverain, l’establishment occidental, plus particulièrement européen, n’est pas à sa première contradiction. En effet, les condamnations qui émanaient de Bruxelles et de nombre d’autres capitales européennes se sont fait timides, ce que d’ailleurs n’ont pas manqué de faire remarquer les hauts responsables iraniens. 

Téhéran affirme avec certitude quant à l’implication israélienne dans ledit assassinat, en coordination probable avec Washington. Bien que l’enquête suive encore son cours, il n’empêche que l’implication de Tel-Aviv serait effectivement la plus plausible. Mais vraisemblablement pas une raison suffisante pour l’establishment européiste de parler de sanctions éventuelles visant l’Etat sioniste. A la grande différence de l’approche bruxelloise utilisant la notion du highly likely sur d’autres sujets, bien souvent sans preuves formelles.

Le cas du prétendu empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny, se trouvant actuellement en Allemagne, en représente d’ailleurs un exemple flagrant. Il serait bon de rappeler que depuis le malaise qu’il a subi alors qu’il se trouvait sur un vol intérieur russe, ce sont bien les médecins locaux qui lui ont procuré les premiers soins – lui permettant de partir par la suite en Allemagne pour poursuivre son traitement, avec l’accord des autorités de Russie. Depuis cette histoire, et alors que rien ne menace désormais sa vie, les élites occidentales-européistes, dont Merkel et Macron, ne cessent de pointer du doigt l’implication «probable» du gouvernement russe dans ce prétendu empoisonnement, sans aucune preuve formelle. Et par la même occasion en accentuant la rhétorique quant à de nouvelles sanctions occidentales devant viser la Russie.

Approche tout de même assez paradoxale, sachant qu’un pays comme Israël poursuive en coordination avec son allié washingtonien la réalisation d’assassinats ciblés, aux méthodes purement terroristes, dans des pays souverains, le tout en violation flagrante du droit international. Un comportement voyou que les élites occidentales non seulement ne sont vraisemblablement pas prêtes à sanctionner, mais même à condamner d’une façon digne de ce nom.

Evidemment, la géopolitique joue clairement un rôle majeur dans cette contradiction. Si des puissances non-occidentales sont régulièrement pointées du doigt par le camp atlantiste pour des comportements prétendument «anormaux», notamment la Chine, la Russie, l’Iran, le Venezuela, ou la Turquie, les représentants de ce même camp «moralisateur» préfèrent fermer les yeux, voire simplement approuver les violations commises par leurs alliés, qu’ils soient israéliens ou saoudiens.

Dans cette optique, les meilleures réponses aux comportements voyous et à l’hypocrisie qui couvre ces comportements, seraient probablement non seulement les condamnations politico-diplomatiques, mais des ripostes fermes – allant de la mise en place d’instruments de sanctions pouvant frapper sensiblement les intérêts des adversaires à la multipolarité, de structures d’enquêtes internationales indépendantes de centres occidentaux, ainsi que des capacités techniques et d’analyse d’interaction en vue de contrer les menaces visant les nations souveraines.

Ces mécanismes seraient d’autant plus nécessaires car les élites atlantistes continueront, pratiquement sans aucun doute, à faire les aveugles et les muets dans les dossiers impliquant leurs principaux partenaires, et à poursuivre la rhétorique accusatoire et moralisante vis-à-vis des adversaires géopolitiques, avec comme base bien souvent la notion du highly likely.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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