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Guinée équatoriale, l’exemple d’une souveraineté bien assumée

Guinée équatoriale, l’exemple d’une souveraineté bien assumée

Leader du continent africain en termes de revenu moyen par habitant, la Guinée équatoriale fait partie de ces pays africains qui ont pris depuis longtemps leur destin en main. Un exemple qui fait des jaloux, mais qui explique surtout pourquoi ce pays est si critiqué par l’establishment occidental.

Alors que la Russie et la Chine sont de plus en plus présentes en Afrique et font pièce à l’influence occidentale sur le continent, qui mine les souverainetés des pays africains, intéressons-nous à ces États qui ont misé sur la défense de leur indépendance jusqu’au bout. La Guinée équatoriale fait incontestablement partie de ces nations.

Lorsqu’on se trouve à Malabo, la capitale équato-guinéenne, plusieurs choses impressionnent: des infrastructures et des routes de qualité, la propreté, un niveau de vie décent, le tout allié à une population fière, mais aussi accueillante. Oui, on se trouve bel et bien en Afrique et non pas dans la capitale d’un pays occidental.

Et si la Guinée équatoriale est loin d’être la seule nation africaine disposant de ressources naturelles conséquentes —dans son cas, c’est principalement le pétrole (troisième producteur en Afrique subsaharienne), il s’agit néanmoins de l’un des pays à avoir préservé sa souveraineté sur ses ressources nationales, permettant à la population d’en ressentir les retombées et les avantages.
Autre caractéristique de ce pays: une population qui n’immigre pas, si ce n’est parfois des jeunes qui vont faire des études à l’étranger, mais au contraire un pays qui peut se permettre d’accueillir des migrants d’autres pays africains, mais aussi d’Asie et d’Europe, notamment en provenance d’Espagne.

Car, faut-il le rappeler, la Guinée équatoriale fut un temps une colonie espagnole. Et ce n’est d’ailleurs certainement pas grâce à cette dernière que l’on peut aujourd’hui parler de miracle équato-guinéen. À son accession à l’indépendance, le pays manquait de toute infrastructure digne de ce nom, à commencer par les routes. Et c’est justement durant la période qui a suivi que grâce à la manne pétrolière, le pays a pu se doter d’infrastructures dont beaucoup d’États africains ne disposent pas à ce jour, construites principalement par des entreprises chinoises, actives dans le pays.

Et tout comme l’Angola, dont les citoyens n’immigrent pas ou peu et qui accueille un grand nombre de citoyens de l’ex-métropole coloniale portugaise, la Guinée équatoriale, elle, en fait de même avec des ressortissants espagnols venant chercher une vie meilleure sur le continent africain. Pour autant, croire que Madrid serait un ami honnête de Malabo serait une erreur: critiques constantes du gouvernement équato-guinéen dans les médias, financement des «opposants», plusieurs tentatives de déstabilisation. Une attitude qui est loin de se limiter à l’Espagne, puisque Paris n’est pas en reste. Plusieurs sources bien informées affirment que le cerveau de la dernière tentative de coup d’État, heureusement ratée, se trouverait justement dans l’Hexagone.

Mais pourquoi un tel déferlement contre ce pays, pourtant pacifique, ouvert aux échanges dans différents domaines? Au-delà d’avoir des ressources naturelles abondantes, le fait d’en préserver la souveraineté pose «problème». En effet, la part des revenus du pétrole qui reste dans le pays est incomparablement plus conséquente que dans les États africains sous mainmise occidentale, dont ceux qui appartiennent encore à la fameuse «Françafrique». Chez ces derniers, l’État en reçoit des miettes alors que l’establishment néocolonial continue de s’enrichir, avec toutes les conséquences qui en découlent pour les populations.

Faites un tour dans les pays de transit migratoire à destination de l’Europe, que ce soit le Maroc, l’Algérie ou la Tunisie, et demandez la nationalité des candidats à l’immigration —bien souvent au risque de leur vie- issus d’Afrique subsaharienne. Nombreux sont les Sénégalais, les Maliens, les Ivoiriens, les Guinéens de Conakry, mais vous n’y rencontrerez pas d’Équato-Guinéens ou d’Angolais. Libre à chacun d’en tirer les conclusions qu’il jugera les meilleures.

À ceux qui objecteront que la comparaison avec la Guinée équatoriale n’est pas tout à fait justifiée au vu de la taille relativement réduite de la population, rappelons que la superficie de ce pays —d’à peine 28.051 km2, tout comme le volume de ses ressources naturelles, sont justement proportionnels à sa population. Et puisque l’on a également mentionné l’Angola, qui avait arraché en son temps et au prix de nombreux sacrifices sa pleine souveraineté avec l’aide cubaine et soviétique, il faudrait rappeler que sa population est quant à elle supérieure à celle des nombreux pays d’Afrique francophone sources de migrations, pourtant très riches eux aussi sur le plan des ressources naturelles. Il y a donc un sérieux problème de partenaires et de système établi. C’est d’ailleurs certainement ce qui fait si peur à la France et à d’autres, si mécontents de voir la Russie revenir sur ce beau continent africain.

Et là encore, ce n’est pas tout. La Guinée équatoriale se positionne depuis plusieurs années comme le nouveau porte-flambeau du Panafricanisme, surtout après l’assassinat barbare de Mouammar Kadhafi et la destruction de la Jamahiriya libyenne par l’Otan et ses alliés salafistes. Une raison supplémentaire de s’attirer les foudres de ceux qui continuent de plaider pour un monde unipolaire totalement révolu et de faire avancer par la même occasion les intérêts néocolonialistes —une approche à laquelle s’opposent des pays comme la Russie et la Chine.

Pour finir et puisque l’on évoque la Russie, on retrouve plusieurs similitudes assez frappantes entre elle et la Guinée équatoriale. Les années sombres des deux pays ont été applaudies et célébrées par les Occidentaux, les années de relèvement pour l’un, de développement rapide pour l’autre, ont au contraire été largement diabolisées. C’est d’ailleurs le message qui transparaît lorsqu’on se trouve à Malabo et que l’on échange avec les représentants de cette belle nation.

Une chose est pour autant certaine: ni Moscou ni Malabo ne comptent perdre du temps à écouter les bavardages de ceux qui pratiquent depuis des siècles des politiques néocoloniales et qui s’autoproclament porte-parole d’une « communauté internationale» ne représentant pas plus de 10% de la population terrestre. Quant aux tentatives de déstabilisations, le temps de la duperie est bel et bien terminé. Et l’opinion publique africaine actuelle le confirme pleinement.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806191036862738-guinee-equatoriale-souverainete/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Présidentielle en Guinée équatoriale & pression de l’Occident

Présidentielle en Guinée équatoriale

Amusant de lire une fois encore les attaques visant la Guinée équatoriale et notamment son président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo par la presse occidentale. Comme quoi, les médias occidentaux ne comptent pas rapidement changer à l’instar de leurs élites politiques.

« Parodie électorale », « présidentielle sans enjeu », voici les titres des principaux médias de presse française, notamment chez le Monde, en commentant la présidentielle en cours en Guinée équatoriale, ce petit pays d’Afrique centrale. 

Amusant car une fois encore on y retrouve la même rhétorique propre aux « bien-pensants » pseudo-démocratiques donneurs de leçons au monde entier. Pseudo-démocratiques car ne sachant pas ce que représente véritablement la démocratie et l’expression de la volonté populaire. Et pourtant adorant exporter leur vision de la « démocratie universelle ».

Nous avons vu récemment l’expression démocratique version occidentale. Lorsque plus de 2/3 des Néerlandais (citoyens d’un pays considéré d’ailleurs comme parmi les plus libéraux d’Europe, et ce à différents niveaux) ont dit non à l’accord d’association avec l’Ukraine. Pourtant cette expression populaire a de grandes chances de rester simplement un avis de sondage sans aucun résultat pour la suite (nous la suivrons cette suite). Pourquoi? Car le grand maître washingtonien a d’ores et déjà décidé que la vieille Europe se devait simplement d’appliquer ses consignes. Et les élites ouest-européennes le font, même si parfois quelques cris de désaccord se font entendre.

Tout le monde le sait parfaitement. Si un référendum paneuropéen (ne serait-ce qu’au sein de l’Europe bruxelloise) était organisé aujourd’hui pour savoir si oui ou non l’UE devrait signer l’accord d’association avec l’Ukraine, la majorité dira clairement non. D’ailleurs aussi bien dans la « vieille Europe » qu’au sein même des pays qui appliquent « au mieux » la politique US sur le continent européen: Roumanie, Bulgarie, pays baltes, Pologne,…. Pourquoi? Car les citoyens de ces pays d’Europe de l’Est, dont nombreux sont aujourd’hui immigrés en Europe occidentale, ne souhaitent pas eux aussi l’arrivée massive de ceux qui sont prêts à travailler pour encore moins cher qu’eux, souvent même beaucoup moins cher, à savoir les très nombreux citoyens ukrainiens. 

Passons. Revenons à l’Afrique et plus particulièrement à la Guinée équatoriale. Les « journalistes » occidentaux couvrant les élections présidentielles dans ce pays se sont-ils intéressés à l’opinion de ceux qui sont les principaux intéressés? A savoir les citoyens équato-guinéens? Vraisemblablement non. Nous, nous l’avons fait. Et d’après ce que j’ai pu entendre, les citoyens de ce pays soutiennent en majorité la réélection d’Obiang Nguema Mbasogo. Pourquoi direz-vous? Car ils l’associent au boom économique qu’a connu leur pays depuis plusieurs années et aux idées panafricanistes qu’il incarne, surtout depuis la tuerie sauvage de Mouammar Kadhafi en Libye et la destruction pure et simple de ce pays par l’OTAN. Un pays dont il ne reste aujourd’hui que le nom.

Ellen Johnson-Sirleaf
© AFP 2016 TONY KARUMBA

Les élites médiatiques occidentales ont beau aussi à parler de « pauvreté » et de « grande disparités sociales » en Guinée équatoriale, il reste néanmoins le pays avec le plus haut niveau de vie sur le continent africain, notamment en termes de salaires moyens. Y compris aujourd’hui, après la baisse des prix du pétrole, l’une des principales sources de revenus de ce pays. Et là, ce n’est pas moi qui le dit, mais bien la Banque mondiale (vous ne l’accuserez tout de même pas d’être pro-russe ou pro-Kremlin…): http://major-prepa.com/classements/salaires-moyens-du-monde/

Plus que cela, le leadership équato-guinéen s’est engagé depuis plusieurs années à investir dans le domaine social, notamment dans la construction de logements de qualité destinés aux plus défavorisés. Des réalisations qui d’ailleurs ont fait pas mal de jaloux au sein des pays voisins. D’ailleurs assez amusant aussi d’observer jusqu’à ce jour les commentaires positifs de ces mêmes journalistes du mainstream lorsqu’ils parlent d’élections dans d’autres pays africains, sous contrôle encore néocolonial, et où le niveau de vie est de plusieurs fois inférieur qu’en Guinée équatoriale.

La Guinée équatoriale investit aussi dans le domaine de la santé et ce n’est pas pour rien que nombre de citoyens d’autres pays de la région viennent se soigner à Malabo, la capitale du pays. C’est ce que d’ailleurs m’ont fait savoir plusieurs amis de pays d’Afrique centrale. Pourquoi donc ce pays la Guinée équatoriale, dont le revenu moyen par habitant dépasse celui de nombre de pays européens, dont ceux de l’UE, et qui investit beaucoup dans le social, pose-t-il tellement problème aux élites occidentales?

Pour une raison bien simple: car ayant assumé pleinement sa souveraineté, y compris sur ses ressources naturelles. Oui, les investisseurs étrangers, dont occidentaux, viennent massivement faire affaire dans ce pays. Mais dans les conditions du pays d’accueil et non pas de celles imposées depuis Washington, Paris, Londres ou Bruxelles. Plus encore, le pays se veut être porte-flambeau du panafricanisme renaissant et qui relève la tête, même si certains l’ont cru définitivement mort après la destruction de la Jamahiriya libyenne. 

Le grand souci donc pour ces « élites » occidentales que l’on connait si bien et leurs supplétifs, c’est que de moins en moins de personnes sont dupes de leurs manipulations, y compris au sein même de leurs propres sociétés (prenez une fois encore l’exemple néerlandais). Quant à la Guinée équatoriale, nous respecterons de toutes les manières le choix souverain de son peuple car à lui seul revient la décision du choix de son avenir. Comme d’ailleurs de tout autre peuple: africain ou autre.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201604251024507660-guinee-equatoriale-presidentielle-occident/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Navires russes dans le Golfe de Guinée : une présence stratégique

Photographie par satellite du golfe intérieur de Guinée

La coopération russo-africaine commence à prendre, ou plutôt reprendre, véritablement forme.

Après les pays d’Afrique du Nord (Egypte, Maroc, Algérie, Tunisie) et du Sud (Angola, Afrique du Sud, Zimbabwe, Namibie,…), avec lesquels la Russie connait traditionnellement des relations assez intenses, la présence russe commence à s’élargir, ou plutôt revenir dans les autres régions africaines.

Une présence un peu oubliée depuis l’éclatement de l’URSS et les années de remise en rails de la nation russe.

Après le Cameroun, avec lequel une page fort intéressante s’est ouverte récemment, notamment sur le plan militaro-technique et la formation des officiers camerounais en Russie, un accord très important a été signé cette fois-ci avec la Guinée équatoriale, acteur important aussi bien dans la région centre-africaine qu’au sein de tout le continent.En effet, la Russie et la Guinée équatoriale ont signé il y a quelques jours un accord prévoyant le ravitaillement des navires de guerre russes dans les ports équato-guinéens, ainsi qu’une entrée simplifiée pour ces navires. A ce titre et suivant la signature dudit accord, une escouade de navires de guerre russes, notamment le croiseur lance-missiles Moskva, sont entrés dans le port de Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale. L’accord prévoit d’ailleurs également un renforcement de la coopération entre les forces armées, y compris navales, des deux pays.

A noter qu’il ne s’agit non pas d’une base navale russe en Guinée équatoriale, mais bien d’une coopération pour le ravitaillement des navires russes. Cet accord est d’autant plus important qu’il permet aux deux nations de passer à une nouvelle étape dans leur partenariat bilatéral. Le Golfe de Guinée est un endroit stratégique et le fait que les navires russes pourront s’y ravitailler constitue bien évidemment une avancée très notable pour la Russie. Quant à la Guinée équatoriale, cela lui permet de lancer une coopération stratégique avec un pays dont elle partage un bon nombre de valeurs et de visions communes. Et cela renforce également sa capacité à pouvoir lutter efficacement contre le fléau du terrorisme qui touche des pays avoisinants, ainsi que de pouvoir résister à d’éventuelles interventions extérieures.

Il faut bien le rappeler, après la mort de Mouammar Kadhafi et la chute de la Jamahiriya libyenne, la Guinée équatoriale s’est décidée à devenir l’un des nouveaux porte-flambeaux du panafricanisme sur le continent. Et le pays possède un certain nombre de raisons pour cela. Le pays est leader en termes de revenu moyen par habitant sur le continent africain (sources: Banque mondiale). Un revenu moyen qui dépasse d’ailleurs celui d’un certain nombre de pays membres de l’Union européenne…D’autre part, la Guinée équatoriale fait partie de ces pays africains qui tout en étant ouverts aux investissements étrangers, ne permet pas pour autant l’exploitation de ses ressources dans une relation de gagnant/perdant par les puissances occidentales, comme c’est encore le cas dans grand nombre de pays du continent. Et comme par hasard, le président équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, fait partie des leaders africains les plus vivement attaqués par le mainstream médiatique occidental, y compris par les principaux médias français.

Il est vrai que tout président africain aux idées révolutionnaires et panafricanistes, qui de plus ne permet pas la gérance des ressources nationales aux élites occidentales (le vol pur et simple en d’autres termes), ne pourra certainement jamais attirer la sympathie des élites de l’Occident, qu’elles soient politiques, financières ou médiatiques.

En tout cas, la Russie confirme son retour véritable en Afrique. Un retour qui était attendu des deux côtés. Beaucoup de leaders, d’intellectuels et de représentants de la société civile d’Afrique le voient d’un œil très positif. Les élites occidentales, elles, bien évidemment totalement à l’opposé. Mais dans un monde multipolaire, il faut se faire aux nouvelles réalités.

http://fr.sputniknews.com/points_de_vue/20150728/1017247240.html

Mikhail Gamandiy-Egorov