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Esclavage en Libye : que les vrais responsables assument leurs actes !

Des réfugiés, le port de Benghazi, Libye. Photo d'archive

L’Occident se rend à l’évidence: le chaos qu’il a créé en Libye par son intervention militaire de 2011 a les pires conséquences: trafic d’esclaves et développement de l’islamisme radical. Si l’on constate un début de prise de conscience, elle restera insuffisante tant que les vrais responsables de cette tragédie ne répondront pas de leurs actes.

Le cas de la Libye est désormais un cas d’école —d’école néocoloniale, faut-il le préciser?— . Il s’agit d’un échec occidental considérable.

En mars 2011, l’Otan lance une intervention militaire contre la Jamahiriya libyenne de Mouammar Kadhafi. Un viol de la souveraineté d’un pays, outrepassant le mandat onusien accordé sous prétexte «d’intervention humanitaire» qui aboutira à l’assassinat sauvage de Kadhafi, de milliers de Libyens et d’autres Africains. Ce pays était l’un des plus prospères sur le continent africain: il accueillait un grand nombre de migrants d’Afrique et même de l’UE et pratiquait une politique sociale assez unique.

Tout cela est du passé.

Il est maintenant détruit et connaît l’une des pires formes de «somalisation» qui puissent être. La Libye actuelle, si on peut encore parler de Libye, est devenue une plaque tournante de trafics en tout genre, notamment d’êtres humains. Et l’un des hauts lieux du terrorisme salafiste international. Un pays que chaos, racisme et extrémisme caractérisent, comme le démontrent les dernières révélations des médias mainstream.

Tout récemment, ce qui se disait déjà depuis longtemps dans les médias alternatifs a été confirmé par la chaîne étasunienne CNN, probablement car l’évidence était devenue impossible à cacher: l’existence d’un sinistre système de marchés d’esclaves sur le territoire libyen. En effet, des ressortissants d’Afrique subsaharienne transitant par la Libye pour tenter d’arriver en Europe et y trouver une vie meilleure, venant le plus souvent de pays se trouvant toujours sous mandat occidental, car vous n’y trouverez pas de Sud-Africains, d’Angolais ou de Namibiens (ceux que l’URSS avait soutenus en son temps), sont vendus quelques centaines de dollars par des extrémistes salafistes —les mêmes sur lesquels l’Otan s’est appuyés pour éliminer Kadhafi.

C’est une honte. Pour ne pas revenir sur des sujets précédemment traités, à savoir que la Russie et certains autres pays responsables ne permettront certainement plus au Far-West d’agir impunément, parlons justement de responsabilité.

Un millier de personnes est descendu dans les rues de Paris pour manifester; notamment devant l’ambassade de Libye. C’est bien, mais est-ce suffisant? Probablement pas. Car tous les responsables de la tragédie libyenne doivent rendre des comptes et notamment l’ex-président Nicolas Sarkozy ou encore le «philosophe» de guerre Henri-Levy, alias BHL (persona non grata en Russie), tous deux de grands «artisans» de la guerre contre la Libye.

Car même si ces fameux représentants de l’establishment occidental pensent encore être intouchables, ils doivent bien garder une chose en tête: dans ce Nouveau Monde et le système qui l’accompagne, il n’y a plus «d’élus». Ce qui signifie que d’une façon ou d’une autre, il va falloir rendre des comptes. D’autant plus que ces élites occidentales refusent de faire leur mea culpa. Et lorsqu’ils le feront, il sera déjà trop tard, sans aucune possibilité de pardon.

Et ce n’est pas à La Haye qu’ils seront jugés, mais bien dans l’un de ces pays ayant souffert de cette arrogance occidentale. Ils ne manquent pas, tant il est vrai que l’histoire de l’Occident se répète ad nauseam: possédant peu de ressources naturelles, l’objectif a toujours été de les chercher et de les trouver ailleurs, même si pour cela il fallait massacrer les populations locales.

Et même aujourd’hui, en ce XXIe siècle, l’Occident arrogant ne souhaite toujours pas accepter une autre réalité: celle d’une concurrence loyale où chacun pourrait présenter au mieux ses atouts, dans une optique gagnant-gagnant. Cette logique ne rentre évidemment aucunement dans la mentalité des élites occidentales, pour qui seule la force paie.

Quant à la Libye, personne ne peut aujourd’hui dire quand est-ce qu’elle pourra retrouver ne serait-ce qu’une partie de sa stabilité d’antan. Personne. De plus en plus de Libyens regardent de nouveau en direction de Moscou, mais aussi de Pékin pour tenter de sauver la situation de leur pays. Rien n’est à exclure.

Mais pour commencer, il faudra déjà éliminer les intérêts occidentaux responsables de ce chaos et les extrémistes salafistes, alliés par excellence de cet Occident politico-médiatique irresponsable.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201711201033961981-libye-esclavage/

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La carte kurde ne fonctionnera pas

Drapeau des YPG à Raqqa. Archive photo

L’intervention antiterroriste russe en Syrie a anéanti les plans de nombreux lobbies opposés au gouvernement syrien. À tel point qu’aujourd’hui les dites «élites» ne se font plus d’illusions quant à la chute voulue d’Assad. Restent les USA, qui tentent de jouer leur dernière carte avec leurs mercenaires kurdes…

Avant le 30 septembre 2015, date à laquelle la Russie débute son opération antiterroriste en terre syrienne à la demande officielle du gouvernement de ce pays, les représentants des élites politico-médiatiques occidentales donnaient quelques semaines, tout au plus quelques mois avant que la chute du Président Assad, qu’ils espéraient tellement, ne devienne réalité. Et ce malgré la persévérance des soldats de l’armée syrienne, qui résistaient courageusement aux assauts des terroristes de plusieurs dizaines de pays, armés de façon la plus sophistiquée qui soit (pour des pseudos «rebelles») et financés généreusement par une large coalition de pays: occidentaux et du Golfe.

Aujourd’hui, tout est différent. Très différent. Assad a tenu mais c’est loin d’être tout: l’armée nationale contrôle désormais non seulement la Syrie dite «utile» (les cinq plus grandes villes du pays et la zone côtière), mais étend son contrôle jusqu’à l’est désertique, en passe d’éliminer une bonne fois pour toute les derniers éléments de la secte de Daech présents en terre syrienne, avec le soutien de ses alliés. Tout va pour le mieux donc en ce sens même s’il a fallu faire des sacrifices certains pour anéantir cette présence terroriste, se comptant par dizaines de milliers.

La suite? Reconstruction prévue du pays, avec le soutien là aussi des pays-alliés, et retour progressif à une vie pacifique avec la contribution indéniable des pourparlers d’Astana. Le souci principal est que les États-Unis souhaitent faire retarder à tout prix ce processus, sachant que leur projet de départ est tout simplement tombé à l’eau. Le gouvernement syrien est au meilleur, Daech va perdre, Al-Qaïda aussi. Les autres éléments extrémistes d’obédience salafiste ont eux aussi été éliminés, soit ont décidé de déposer les armes et bénéficié de l’amnistie offerte par les autorités du pays. Enfin, les éléments armés sous influence turque se sont joints au processus de paix dans le cadre d’Astana. La tentative américaine d’occuper, avec ses mercenaires islamistes, de larges zones au sud de la Syrie à partir de la Jordanie est elle aussi tombée à l’eau. La Jordanie se voit même dialoguer désormais de plus en plus avec Damas et les relations commerciales reprennent peu à peu entre les deux pays.

Que reste-t-il donc à l’establishment américain? À l’instar de l’Irak: la carte kurde. Les pseudos Forces démocratiques syriennes (FDS), composés majoritairement de combattants kurdes, contrôlent une partie du nord syrien et tentent de se tailler une part du «gâteau» dans la province de Deir ez-Zor, pourtant peuplée très majoritairement d’habitants arabes. Si jusqu’ici les affrontements entre l’armée gouvernementale syrienne et les FDS étaient assez sporadiques, la priorité de Damas étant l’anéantissement de Daech, ce dernier a déjà fait savoir qu’en cas de nécessité l’armée nationale n’hésiterait pas à affronter les troupes kurdes pro-US.

Le problème kurde est complexe. Peuple ancien, reparti entre des territoires de plusieurs pays, et surtout désuni, d’où la manipulation dont il continue d’être lui-même la victime. Et vraisemblablement cette dernière carte kurde dont tente de profiter Washington sera elle aussi perdante.

Pourquoi? Pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il suffit d’observer les événements récents en Irak voisin lorsque les troupes de Bagdad avec le soutien de hauts conseillers iraniens, ont tout simplement forcé les Peshmergas kurdes à se retirer (et très rapidement) de la province de Kirkouk, riche région pétrolière irakienne. Il ne fait aucun doute que la région syrienne de Deir ez-Zor, à large prédominance arabe, connaîtra (si nécessaire) le même scénario, étant donné la détermination du gouvernement syrien et de ses alliés.

Que pourraient faire alors les USA? Eh bien pas grand-chose. Si on analyse les événements dans le sud syrien, à la frontière avec la Jordanie, on se rappellera bien que les forces US, qui se trouvent pour rappel illégalement en terre syrienne car non invitées, ont tenté à un certain moment de stopper par les armes l’avancée des troupes pro-gouvernementales. En vain. Résultat: les mercenaires islamistes pro-américains se sont faits encerclés par les forces de Damas dans ladite zone sans pratiquement aucune possibilité de mouvement. Et que d’autre part, les États-Unis seront forcés, à un moment ou à un autre, de quitter le territoire syrien, Daech étant pratiquement éliminé (la raison avancée par Washington de sa présence) et la diplomatie russe étant déterminée à obtenir ce départ.

Dernier point tout aussi important: la solidarité observée de la part de plusieurs pays de la région face à ce problème. En effet, non seulement Damas, Bagdad et Téhéran sont unis face à ce projet «kurde» de Washington et Tel Aviv, mais Ankara aussi affiche tous les instruments nécessaires en vue d’anéantir toute tentative en ce sens: aussi bien par la voie militaire que via les leviers économiques qui ne manquent pas.

Solution? Les Kurdes de Syrie, comme d’Irak, doivent s’asseoir rapidement à la table des négociations avec Damas et Bagdad, et trouver le consensus qui arrangerait tout le monde. La Russie est d’ailleurs prête à y contribuer. Au vu des déclarations récentes de plusieurs responsables kurdes (syriens comme irakiens), cette option commence à être de plus en plus privilégiée. Quant aux éléments armés les plus radicaux, pensant que Washington les soutiendra jusqu’au bout, ils devraient se préparer au combat duquel ils sortiront perdants, ou à faire leurs valises.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201710231033574242-syrie-carte-kurde-assad-russie-usa/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Le monde arabe se convertit à la multipolarité

Damas

Alors que la Syrie est en passe d’éradiquer la menace terroriste qui menaçait le pouvoir légal et l’intégrité territoriale du pays depuis plusieurs années, des changements évidents s’opèrent dans la région.

Les succès des alliés de la Syrie, notamment de la Russie, replacent celle-ci au centre du jeu moyen-oriental, au plus grand bénéfice de la multipolarité.

L’armée gouvernementale syrienne, appuyée par la Russie, poursuit à rythme élevé son offensive contre la secte Daech, toujours plus à l’est du territoire national, avec l’objectif clairement annoncé: libérer complètement la ville de Deir ez-Zor et la province éponyme. Conséquence de ces offensives: la Syrie retrouve progressivement la paix et la stabilité. Le travail n’est pas encore terminé, comme l’a récemment rappelé le président al-Assad, s’exprimant devant les cadres diplomatiques syriens. Même vaincu, le terrorisme compte poursuivre ses actes à travers des cellules dormantes. C’est un défi global auquel il faut être prêt et prendre les mesures nécessaires, en coordination avec les pays alliés. Une chose est néanmoins certaine: la Syrie n’est pas tombée et ne tombera pas. C’est le résultat direct de la résistance du peuple syrien aussi bien face au terrorisme qu’au néocolonialisme qui voulait abattre la souveraineté de cette ancienne nation.

Les alliés de la Syrie ont évidemment joué aussi un rôle de premier plan dans cette reconquête du territoire national face au terrorisme international. Ces alliés sont connus: Russie, Iran, Hezbollah libanais. Chose surprenante et passée sous silence par les médias mainstream: c’est seulement en deux ans d’intervention de la Russie en Syrie, à la demande du gouvernement syrien, que Daech a commencé à très sérieusement reculer, au point d’être aujourd’hui tout simplement acculé de tous côtés.

Alors comment se fait-il que durant la campagne de la large «coalition» US, qui agit depuis 2014 sans le consentement du gouvernement syrien, Daech n’ait fait qu’avancer et jamais reculer? Comment se fait-il qu’en ayant un nombre de matériels (notamment d’avions de combat) beaucoup plus important que la Russie, que la prétendue coalition ait réalisé plusieurs fois moins de frappes contre les terroristes de Daech que les forces aérospatiales russes?

Les médias occidentaux et consorts se gardent bien de poser ces questions embarrassantes, encore moins d’y répondre. Chacun a déjà ou se fera sa propre opinion. D’ailleurs, leur relatif silence en ce qui concerne les tout derniers succès de l’armée syrienne et de ses alliés face à Daech sont eux aussi fort révélateurs. Observez simplement le fil d’actualité sur la Syrie sur Google pour vous en convaincre, même si certains médias centraux préfèrent avouer malgré eux la vérité, au risque de se ridiculiser.

En tout cas, cette réalité pousse déjà plusieurs pays de la région à réévaluer leur positionnement en matière de politique internationale. Ainsi, la Russie, «isolée» selon les termes pas si lointains de l’administration Obama, accueille pratiquement toutes les semaines des représentants d’un grand nombre de pays venant chercher le soutien, ou du moins le renforcement de ses relations avec Moscou.

Après le maréchal libyen Khalifa Haftar, venu chercher le soutien militaire de la Russie, les représentants d’autres pays arabes, y compris «traditionnellement» plus proches de l’Occident, s’activent pour se rapprocher de Moscou, notamment dans le domaine de la Défense. À ce titre, le Qatar projette d’acheter des technologies russes de systèmes de DCA, les Émirats arabes unis mènent des négociations en vue d’acquérir sous peu plusieurs dizaines de chasseurs russes Su-35 dernier cri. Enfin, le ministre libanais de la Défense, en visite récente à Moscou, n’a pas mâché ses mots en affirmant que «le Liban compte sur l’aide de la Russie dans la lutte antiterroriste».

Quant aux partenaires traditionnels de la Russie, comme l’Algérie, dont le partenariat date de plusieurs dizaines d’années, le niveau des relations est non seulement maintenu, mais prend de plus en plus d’ampleur. Les relations russo-égyptiennes s’intensifient également dans différents domaines. Quant au Maroc, qui diversifie actuellement largement ses relations extérieures, il ne cache pas que la Russie figure parmi ses principales priorités. Le gouvernement palestinien, quant à lui, souhaite une participation beaucoup plus importante de la Russie dans la résolution du conflit israélo-palestinien, aux dépens du «rôle» étasunien.

On voit que la campagne militaire russe en Syrie a confirmé plusieurs choses. La Russie en ce XXIe siècle n’a absolument plus rien à avoir avec celle ayant succédé dans la dizaine d’années de la chute de l’URSS. Absolument rien.

L’armement et les spécialistes russes ont démontré toute leur efficacité, y compris dans des conditions extrêmes, ce que mettaient en doute depuis tellement d’années les «experts» occidentaux autoproclamés.

Mais la Russie a aussi prouvé que lorsqu’elle combat le terrorisme, elle le fait sans arrière-pensée, à l’inverse de certains pays qui prétendent combattre ce même terrorisme tout en le promouvant de par leurs interventions purement néocoloniales et en l’utilisant lorsque cela arrange leurs objectifs géopolitiques et géoéconomiques.

Enfin, la Russie a confirmé une fois de plus son respect de la souveraineté des États et du droit international. Et même certains pays, qui au départ jouaient le jeu des terroristes en cherchant la chute du gouvernement légitime de Syrie, sont arrivés progressivement à la conclusion qu’il était préférable de travailler avec des partenaires qui respectaient leur souveraineté, qu’avec ceux qui les feraient chuter lorsque cela serait «nécessaire» à leurs intérêts ou à leurs appétits.

Il en est ainsi du Moyen-Orient, devenu pratiquement l’arrière-cour des USA après les interventions du début des années 2000 de l’administration Bush Jr.: la révolution non seulement arrive à grands pas, mais a déjà commencé. Une grande partie du monde arabe voit en la Russie et dans le concept multipolaire la solution à de nombreux problèmes auxquels elle fait face, qu’ils soient liés aux questions sécuritaires ou au problème d’interférence d’acteurs extrarégionaux dans les affaires intérieures. Toutes ces raisons font que le monde arabe et la Russie retrouvent un niveau de relations tout aussi important qu’à l’époque soviétique, voire le dépassant sur certains aspects.

Et si en plus du monde arabe, on garde en tête que des pays comme l’Iran ou la Turquie, acteurs de premier plan du monde musulman, se trouvent eux-aussi dans un partenariat stratégique avec la Russie, on comprend à quel point la multipolarité prend de l’ampleur.
Un concept dont le succès s’opère aux dépens de ceux qui s’obstinent à promouvoir le concept unipolaire, définitivement révolu- qu’ils le veuillent ou non.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201708301032846891-monde-arabe-multipolarite/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pendant qu’Astana s’impose, l’Occident regarde passer le train

Astana

Si à la chute de l’URSS et à l’apparition du système unipolaire, il paraissait impossible de résoudre une crise internationale majeure sans l’intervention… ou l’interférence , des élites occidentales, en premier lieu étasuniennes, cette approche est révolue. C’est ce que nous enseigne le succès d’Astana.

Beaucoup de regards étaient une fois de plus fixés sur la nouvelle rencontre d’Astana. Et si la presse mainstream, y compris francophone, s’est fait un malin plaisir à prédire un échec avant même le début du nouveau round des pourparlers, il a été extrêmement intéressant d’observer l’accalmie, pour ne dire le silence total de la plupart d’entre eux à l’annonce de la signature dans la capitale kazakhe de l’accord sur les zones de désescalade. Un projet voulu par la Russie et qui a été soutenu par les deux autres pays-garants des accords d’Astana, à savoir la Turquie et l’Iran.

La délégation gouvernementale syrienne a elle aussi soutenu l’initiative. Du côté des groupes armés soutenus par la Turquie, l’accueil fut plus mitigé. Selon les témoins sur place, certains « opposants » ont même exprimé leur désaccord par des cris au moment de la cérémonie de signature dudit accord. Mais ils étaient clairement en infériorité et les trois pays-garants ont bel et bien apposé leurs signatures.

Le côté occidental, au niveau politique et diplomatique, souffle le chaud et le froid. Certains saluent l’accord avec réserve, d’autres disent « attendre plus d’informations », d’autres jouent les « méfiants », d’autres encore préfèrent simplement se taire, à l’instar de leurs collègues du mainstream médiatique. Ce qui sans doute les gêne, c’est qu’il s’agit d’une nouvelle victoire de la multipolarité.

Astana a confirmé une fois de plus qu’elle demeure à ce jour la seule plateforme crédible pour résoudre, certes progressivement, la crise syrienne. On mesure le chemin parcouru quand on se rappelle qu’elle n’a été lancée que fin décembre 2016 pour établir un cessez-le-feu — globalement respecté — sur le territoire syrien, hors zones contrôlées par Daech, Al-Qaida et affiliés. Pour rappel, le lancement d’Astana 1 était au départ une initiative personnelle de Poutine. Une initiative qui sera soutenue par les présidents kazakh et turc, ainsi que par les gouvernements syrien et iranien.

Pour autant, ce n’est pas les bâtons dans les roues qui ont manqué aux différentes étapes d’Astana, au cours de tous ces derniers mois. Du mécontentement mal voilé côté français, saoudien, qatari au mécontentement déclaré de la diplomatie allemande affirmant qu’il est dommage que les pays occidentaux ne soient pas invités à Astana en tant que participants à part entière.
Pour rappel, seuls les États-Unis et la Jordanie ont été conviés en tant qu’observateurs et il est peu probable que leur statut soit réévalué. Quant aux représentants français, britanniques, saoudiens, qataris ou allemands, les succès obtenus sans eux laissent à penser que leur présence n’est pas souhaitable à ce stade.

Quoiqu’il en soit, Astana avance et s’impose. Et ce n’est pas un analyste de Sputnik qui le dit, mais les résultats sur le terrain. En quelques mois de travail intensif, la plateforme d’Astana a prouvé son efficacité concrète et opérationnelle. Les terroristes continuent de perdre du terrain en Syrie. Les autres territoires retrouvent peu à peu une stabilité relative. N’est-ce pas l’objectif que tous auraient dû rechercher? Quand on connaît les motivations de tout un groupe de pays vis-à-vis de la Syrie, il est permis d’en douter. Mais aujourd’hui, alors que tous, y compris les instigateurs du conflit en Syrie, qui ont perdu la partie, parlent de la « nécessité » de la paix en Syrie, il faut cesser alors de jouer les hypocrites.

Pour finir, il serait bon de rappeler que d’autres plateformes internationales, à l’instar de l’eurasienne Astana, pourraient voir le jour à différents endroits du monde pour résoudre des crises régionales: en Afrique, en Amérique latine notamment. C’est l’idée même du concept multipolaire. Le principal étant de vouloir régler les problèmes existants et de laisser les forces instigatrices de conflits de côté, même si ces dernières persistent à dire que leur présence est indispensable. C’est la leçon qu’il faut tirer d’Astana.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201705111031333924-astana-crise-internationale/

Mikhail Gamandiy-Egorov

Syrie : le grand tournant de la guerre a bien eu lieu

Syrie : le grand tournant de la guerre a bien eu lieu

Alep, Alep. Cette ville était à la une de l’actualité depuis plusieurs semaines. L’élite politico-médiatique occidentale faisait tout pour faire retarder la victoire. Mais rien n’y fait, la victoire a bien eu lieu. Alep est libre.

Avant-hier dans la soirée plusieurs sources indiquaient que l’armée arabe syrienne mène l’opération de libération des tout derniers quartiers sous contrôle terroriste. Des terroristes que les médias du mainstream continuent incessamment d’appeler « rebelles » ou « insurgés », désireux simplement avec l’appui occidental et des régimes du Golfe, d’installer la charia dans un pays multiethnique et multiconfessionnel. Puis cette confirmation tant attendue est arrivée: les dernières résistances terroristes ont été anéanties.

La joie est palpable à Alep en premier lieu. Malgré toutes les souffrances que les habitants de cette deuxième ville de Syrie ont dû endurer: exécutions, utilisation en tant que boucliers humains par les groupes terroristes, extorsions, aujourd’hui cette page est tournée. Les habitants d’Alep en liesse célébraient la reprise totale de la ville par l’armée gouvernementale.

En passant et avec la reprise d’Alep-Est, le gouvernement syrien contrôle désormais les cinq plus grandes villes du pays: la capitale Damas, Alep, Homs, Lattaquié, Hama. D’ailleurs, c’est ce que le journal Le Monde a été forcé lui aussi d’avouer (évidemment sans plaisir).

Mais le travail n’est pas terminé. Beaucoup d’entre nous ont bien sûr les yeux rivés sur Palmyre, la cité antique et martyre, qui a été réoccupée tout récemment par la secte takfiriste de Daech, profitant de l’attention autour d’Alep et de l’arrêt des bombardements de la « coalition » US sur leurs positions à Raqqa, la capitale autoproclamée de la secte. Des experts syriens et russes y ont vu une complicité presque non voilée: voyant la chute imminente de leurs protégés terroristes à Alep et comprenant que les ruses diplomatiques ne marcheront plus, l’élite occidentale a contribué à ce que le joyau de la culture syrienne et mondiale, Palmyre, retombe aux mains des barbares de Daech, que beaucoup voient comme un allié non-reconnu de l’élite occidentale et de certains acteurs régionaux.

Mais pas pour longtemps. D’intenses combats sont menés en ce moment même aux abords de la ville, d’autant plus que l’armée gouvernementale syrienne se retrouvant face à un déluge de terroristes de plusieurs fois supérieurs en nombre (un millier d’hommes contre plus de 5000 extrémistes), a néanmoins réussi à évacuer la très grande majorité des civils de cette petite ville. Ce qui facilite largement la tâche, les terroristes n’auront pas la possibilité d’utiliser les civils en tant que boucliers humains comme l’avaient fait leurs homologues à Alep. Et au vu des déclarations toutes récentes aussi bien des leaderships syrien que russe, les terroristes de Daech vont vivre des moments d’extrême difficulté. Car l’objectif est clairement annoncé: libérer Palmyre dans les plus brefs délais. On peut donc imaginer le calvaire que vont vivre les extrémistes sous peu. D’autant plus que c’est désormais aussi l’occasion d’en éliminer un très grand nombre d’entre eux lorsqu’ils seront forcés de reculer, le tout dans un milieu désertique où ils n’auront pas l’occasion de se cacher entre multiples bâtiments, comme ce fut également le cas à Alep. Palmyre sera certainement donc l’une des grandes priorités du moment.

Mais le travail ne compte nullement s’arrêter là. Il reste évidemment Idlib, « capitale » autoproclamée de l’ex-Front al-Nosra (désormais Front Fatah al-Cham, la filiale d’Al-Qaïda en Syrie), tout comme Raqqa, « capitale » de l’autre secte takfiriste Daech. Sans oublier évidemment la province de Deraa, au sud-ouest du pays, qu’il faudra également nettoyer de la présence terroriste.

Une chose est sûre. Le tournant tant espéré dans cette guerre imposée à la Syrie par le néocolonialisme en alliance avec les groupes extrémistes, a bien eu lieu. Et à l’instar de Stalingrad qui avait sonné la défaite future de la peste brune nazie, Alep sonne pour beaucoup, et je suis d’accord avec eux, la fin définitive de l’ancien monde. Un monde qui fut bâti sur des principes d’injustice, et dans lequel il y aurait soi-disant des « élus », des « exceptionnels », et les autres en la qualité de l’écrasante majorité de l’humanité, censée obéir aux gendarmes autoproclamés du monde. C’est fini. Avec Alep commence une nouvelle partie de l’histoire contemporaine. Et c’est l’une des plus grandes victoires du monde multipolaire sur les vestiges de l’unipolarité.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201612141029165277-syrie-alep-guerre-tournant/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

Alep-Est : la panique gagne les terroristes et le mainstream médiatique

L’armée gouvernementale syrienne a réussi une percée significative dans la libération des quartiers d’Alep-Est

L’armée gouvernementale syrienne a réussi une percée significative dans la libération des quartiers d’Alep-Est, où se trouvent les derniers retranchements des groupes terroristes dans cette deuxième ville de Syrie.

Voici d’ailleurs la déclaration officielle du dimanche 27 novembre du Centre russe pour la réconciliation en Syrie du ministère de la Défense de la Fédération de Russie:

« Au cours des deux derniers jours, les forces gouvernementales syriennes ont fait des avancées significatives à l’intérieur des quartiers d’Alep-Est. Dans la partie orientale d’Alep l’armée syrienne a libéré des terroristes de Jabhat al-Nosra et d’autres groupes liés cinq quartiers et plus de 2000 bâtiments. Le Centre russe pour la réconciliation en Syrie livre en ce moment même dans les quartiers libérés de la présence terroriste l’aide humanitaire nécessaire. La vie normale reprend dans ces quartiers, les autorités locales se mettent en place, la sécurité et la primauté du droit sont assurés ».

Cette avancée victorieuse a eu pour résultat une panique désormais générale au sein des groupes terroristes. Au moment où l’armée arabe syrienne progresse dans sa libération d’Alep-Est, des affrontements entre terroristes se multiplient: les uns souhaitant capituler, les autres voulant les en empêcher. Par ailleurs les manifestations des habitants de cette partie d’Alep contre les terroristes forcent ces derniers à reculer. Annonçant une victoire imminente dans cette bataille d’Alep, considérée à juste titre comme le Stalingrad syrien. Evidemment la plupart des médias du mainstream, avaient préféré évité de faire des annonces sur ces événements.

Mais pas mal de choses changent y compris même au niveau de certains médias mainstrimois, forcés d’annoncer une réalité de plus en plus évidente. Comme Le Figaro par exemple qui annonçait également en ce dimanche 27 novembre que des centaines de civils ont fui Alep-Est en direction des quartiers sous contrôle gouvernemental. Maintenant question aux braves « journalistes » de la plupart des médias du mainstream occidental:

Durant des mois durant vous avez tenté de vendre la théorie que les habitants d’Alep-Est refusaient de quitter à « tout prix » les quartiers « rebelles » par peur du « régime syrien ». Et qu’ils étaient en outre prêts au péril de leur vie à rester dans ces quartiers, plutôt que de rejoindre les zones sûres sous contrôle gouvernemental via les corridors humanitaires spécialement destinés à cet effet. Tout en refusant de reconnaitre ce que nous disions également depuis des mois: à savoir que les civils d’Alep-Est sont tout simplement pris en otages par les terroristes qui les utilisent comme bouclier humain. Propagande du régime syrien et du Kremlin nous répondait-on. Et maintenant? Depuis l’offensive de l’armée gouvernementale syrienne des derniers jours, des médias comme Le Figaro sont maintenant forcés de reconnaitre que les civils se trouvant dans les quartiers « rebelles » fuient par centaines en direction des quartiers sous contrôle gouvernemental.

Pourquoi donc ce brusque changement? Réalité une fois encore devenue tellement évidente qu’il n’est tout simplement plus possible de la cacher via les mensonges habituels? Vraisemblablement c’est le cas.

« Merci » donc en passant pour la résolution anti-Sputnik et anti-RT votée au Parlement européen, destinée à lutter contre « la propagande russe ». Une « propagande » qui ne fait ne répondre à vos mensonges sans fin à travers des arguments qui finissent toujours par vaincre. Comment aiment dire nombreux des amis africains « pendant que le mensonge prend l’ascenseur, la vérité prend l’escalier ». Elle met plus de temps, mais elle finit toujours par arriver. Et il devient alors définitivement clair qui sont les propagandistes de l’ère moderne.

Donc propagandistes atlantistes, sachez qu’à ce rythme votre fin est irrémédiable.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201611281028903524-syrie-alep-est-terroristes-media/

https://fr.sputniknews.com/authors/mikhail_gamandiy_egorov/

L’axe Moscou-Damas-Téhéran ne cèdera pas

Le Kremlin de Moscou

Une rencontre vient d’avoir lieu à Moscou entre les chefs des diplomaties russe, syrienne et iranienne. Les positions communes exprimées ont été sans équivoque. L’axe syro-irano-russe poursuivra la lutte conjointe contre le terrorisme.

Le message de la rencontre a été en effet bien clair : la Russie, la Syrie et l’Iran restent unis dans leurs positions sur la résolution de la crise syrienne. Le timing lui aussi a certainement été bien choisi : au moment où sur le front syrien se déroule la bataille décisive d’Alep, considérée comme le Stalingrad syrien, afin de faire libérer les derniers retranchements des terroristes dans cette deuxième ville de Syrie, et sur le front irakien la bataille de Mossoul.

Walid Mouallem, ministre syrien des Affaires étrangères et des Expatriés a déclaré durant la conférence de presse conjointe à l’issue de la rencontre avec ses collègues que « la Syrie est convaincue de la sincérité de l’orientation russe et iranienne dans le soutien pour l’éradication du terrorisme ». Il a en outre ajouté que « ceux qui avaient conspiré contre la Syrie depuis cinq ans sont les mêmes qui mènent actuellement la campagne de propagande aussi bien contre l’Etat syrien que russe ». Mais que malgré cette propagande qui atteint aujourd’hui le summum, « elle ne nous obligera point à ne pas poursuivre la lutte contre le terrorisme ». M. Mouallem a fait savoir que la Syrie, qui insiste sur la libération de ses territoires du terrorisme, apprécie les efforts déployés par la Russie et l’Iran, soulignant que la coordination entre les trois pays se poursuit d’une manière quasi-quotidienne, car les objectifs sont communs. Enfin il a transmis au président Vladimir Poutine ainsi qu’au peuple russe les remerciements du président Bachar al-Assad, du gouvernement et du peuple de Syrie pour leur contribution efficace à la lutte contre le terrorisme.

De son côté le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a insisté sur le fait que la crise en Syrie doit être résolue par la voie politique et la poursuite de la lutte contre les groupes terroristes. Il a par ailleurs regretté l’insistance de certains pays à faire poursuivre la guerre en Syrie. On comprend à ce titre qui est visé, aussi bien les acteurs régionaux qu’extrarégionaux. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a souligné « l’importance des contacts entre Moscou et Damas pour garantir l’exécution ferme des résolutions onusiennes relatives à la crise syrienne. Il a assuré que la Russie continuera de déployer tous les efforts nécessaires afin de soutenir le peuple syrien dans sa lutte contre le terrorisme et le retour à la vie normale de la population. A ce titre et en plus des mesures de lutte commune contre le terrorisme et le soutien humanitaire, il a été question des mesures économiques qui viseront à permettre la reconstruction de l’infrastructure du pays. On se souvient d’ailleurs que les pays BRICS comptent prendre une part très active dans cette mission, comme cela a été confirmé lors du récent sommet de l’alliance à Goa, en Inde.

Enfin et pour un peu résumer cette rencontre moscovite entre les représentants russe, syrien et iranien, il serait bon de reprendre une citation de Sergueï Lavrov qui a été plus qu’explicite : « Nous sommes déterminés à achever les terroristes. Si les partenaires occidentaux sont engagés uniquement au niveau des paroles, à notre niveau nous sommes déterminés à le faire dans la pratique », fin de la citation.

Comme quoi, l’axe Moscou-Damas-Téhéran ne compte aucunement céder, ni reculer. Un axe d’ailleurs auquel on peut certainement ajouter aussi Pékin, qui bien que n’ayant pas pris part directement dans la lutte antiterroriste en Syrie, a néanmoins toujours poursuivi son soutien aux autorités syriennes au niveau diplomatique, y compris au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU en coordination avec la Russie. Sans oublier le fait que la Chine compte désormais prendre part à la formation des militaires de l’armée syrienne et aussi participer à la reconstruction du pays.

Evidemment cette alliance multipolaire a encore bon nombre de défis devant elle, aussi bien en Syrie qu’ailleurs, en sachant que ceux qui rêvent encore de nous faire revenir à l’ère unipolaire ne comptent pas (encore) totalement reculer et utilisent toujours les mêmes méthodes de déstabilisation en semant le chaos partout où cela leur est possible. Et c’est aussi pour cette raison que les alliés de la Syrie poursuivront activement les efforts afin d’éliminer le terrorisme du sol syrien et remporter ensemble une victoire qu’une très large partie de l’humanité attend. Avec la victoire tant attendue et tant nécessaire en Syrie, le monde ne sera jamais plus comme avant. Et cela, les ennemis du monde multipolaire seront forcés d’accepter.

https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201610311028455217-moscou-damas-teheran-lutte-conjointe-terrorisme/

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