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Le grand rendez-vous du Sommet de l’OCS

13.09.2022

Au moment des bouleversements internationaux et d’un affrontement de plus en plus visible entre les partisans de l’ordre multipolaire et les nostalgiques de l’ère unipolaire, le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai arrive à point pour poursuivre la coordination dans grand nombre d’orientations stratégiques.

Le Premier ministre indien Narendra Modi participera à un sommet régional qui, selon Moscou, donnera lieu à des discussions en tête-à-tête entre les présidents russe Vladimir Poutine et chinois Xi Jinping, comme l’a annoncé dimanche 11 septembre le gouvernement indien, écrit Le Figaro.

Fait tout de même toujours marquant dans la rhétorique occidentale: «sommet régional». S’il est vrai que les pays membres de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – en l’occurrence la Russie, la Chine, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizistan, le Tadjikistan, l’Inde, le Pakistan et bientôt l’Iran, appartiennent tous au grand espace eurasiatique, il serait tout de même bon de rappeler que la population totale représentée est de pratiquement la moitié de la population mondiale. Cela évidemment sans compter les pays-observateurs: la Biélorussie, la Mongolie et l’Afghanistan. Ainsi que les partenaires de dialogue: Arménie, Azerbaïdjan, Cambodge, Népal, Turquie, Sri Lanka. Et ceux qui sont en cours d’obtention de ce dernier statut, en l’occurrence l’Egypte, l’Arabie saoudite ou encore le Qatar.

En d’autres termes – l’OCS représente une large partie de l’humanité. Et de simples calculs mathématiques permettent strictement à démontrer qui est beaucoup plus apte à faire référence à la communauté internationale. Evidemment, du côté occidental, la prétendue «communauté internationale» reste dans le cadre des 10-15% de la population terrestre, et qui prétendument dépasserait un cadre strictement «régional».

Passons. Il y a tout de même effectivement des points importants à soulever dans ce sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai en Ouzbékistan et qui aura lieu fort symboliquement dans la grande ville historique de Samarkand, l’une des plus anciennes villes habitées d’Asie centrale et ayant été l’une des principales cités de la Route de la soie.

La rencontre attendue entre les chefs d’Etat chinois et russe représente également un grand moment de ce sommet, sachant que ce sera de-facto l’un des deux premiers voyages du leader chinois à l’étranger depuis le début de la pandémie – il se rendra dans un premier temps au Kazakhstan, puis en Ouzbékistan pour le Sommet de l’OCS.

Il apparait aujourd’hui clairement que le rôle de la grande organisation eurasiatique et internationale sera appelé à monter, et ce dans plusieurs dossiers. Parmi lesquels : le renforcement de l’interaction politique, économique et sécuritaire des Etats membres, la poursuite de la défense et de la promotion de l’ordre multipolaire international dont l’OCS est l’un des principaux fers de lance, l’opposition à l’unilatéralisme d’une minorité mondiale extrême, et sans oublier les efforts conjoints dans l’objectif notamment de modifier le travail des différents secrétariats onusiens.

En effet, il est aujourd’hui révoltant qu’une structure comme l’ONU – censée être la base de l’entière communauté internationale – reste dominée, du moins dans les différents groupes de travail et d’analyse, soit par des représentants occidentaux, soit par des représentants assez ouvertement affiliés à l’Occident collectif. Peut-être que ce modèle avait sa «place» dans les années 1990 et le début des années 2000, lorsque les affaires internationales étaient de-facto dominées par l’establishment occidental, malgré l’infime minorité qu’il représentait. Aujourd’hui, cette page est largement dépassée, même si la bête à l’agonie s’accroche jusqu’au bout, il faut bien le reconnaitre.

Car à défaut de réformer en profondeur les diverses structures onusiennes, des organisations comme l’OCS seront appelées dans un avenir assez proche – à prendre leurs propres responsabilités, et si nécessaire devenir des alternatives aux bureaux onusiens existants. Il faut bien le reconnaitre aussi – les divers salariés onusiens issus du petit monde occidental et leurs proxys ne souhaiteront évidemment pas perdre lesdites places, pas plus que les élites atlantistes qui comptent sur eux.

Dans tous les cas, le monde multipolaire et quoiqu’on en dise fort vraisemblablement post-occidental, continuera à monter en puissance dans les mois et années à venir. Les tentatives, y compris radicales, de l’Occident à tenter de stopper ce processus ne mèneront finalement à rien. Et ne feront qu’impacter sérieusement la vie des citoyens ordinaires des pays dirigés par cette extrême minorité planétaire. Et en ce sens, l’Organisation de coopération de Shanghai sera bel et bien la structure clé du nouveau monde qui émerge.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Venezuela: l’économie repart à la croissance

30.08.2022

A l’heure des événements contemporains, les pays ayant démontré leur capacité à faire face aux sanctions unilatérales occidentales constituent des exemples fortement intéressants, y compris pour des Etats qui ont débuté ou pensent sérieusement à le faire – le processus d’éloignement vis-à-vis de l’Occident collectif. En ce sens et à l’instar d’autres nations, le Venezuela fait partie de ces exemples.

L’économie vénézuélienne a progressé de 17,04% en termes de glissement annuel au premier trimestre 2022, a déclaré récemment le président de la banque centrale du pays et repris par Reuters.Représentant à l’heure actuelle la croissance la plus élevée parmi les pays d’Amérique latine.

Le président de la banque centrale vénézuélienne, Calixto Ortega, avait également indiqué que l’économie de la République bolivarienne avait connu une hausse de 19,07% au quatrième trimestre 2021 par rapport à la même période en 2020. Pour rappel, le pays était plongé dans une grave récession depuis 2014, ainsi que faisant face à une inflation élevée, dues notamment aux sanctions US qui visaient à asphyxier l’économie du Venezuela, des sanctions se comptabilisant en plusieurs centaines de positions et visant notamment son secteur pétrolier, stratégique pour l’économie et le budget de Caracas.

S’il est vrai que le manque de diversification des secteurs de l’économie vénézuélienne avait accentué les problèmes, il n’en demeure pas moins que l’agression économique US avait joué un rôle crucial dans les défis auxquels ont dû faire face les autorités et la population. A cela s’ajoutent les multiples tentatives de coup d’Etat à l’encontre du leadership vénézuélien, et les actions néfastes des sous-traitants washingtoniens, parmi lesquels le régime britannique ou ceux issus de l’Europe bruxelloise. Le vol de plusieurs dizaines de tonnes d’or du Venezuela par la Banque d’Angleterre ne fait d’ailleurs que largement le confirmer

Il est vrai que durant cette période difficile, le Venezuela a pu compter sur le soutien de nombreux pays alliés et partenaires stratégiques avec lesquels les relations ont été renforcées dans plusieurs domaines: Cuba, Russie, Iran, Chine, Turquie, entre autres. Et au final une résistance qui a payé: mettant le principal déstabilisateur du pays en position de faiblesse

Car au-delà des nouvelles opportunités qui se sont ouvertes à Caracas dans la flambée actuelle des prix des hydrocarbures, le fait est que c’est désormais l’establishment occidental qui cherche une sortie la moins humiliante possible de sa posture vis-à-vis de la République bolivarienne, à l’heure de la crise énergétique sans précédent que l’Occident subit déjà, et qui l’attend encore à l’avenir.

Pour conclure, il serait bon de rappeler que les innombrables tentatives de Washington et de ses suiveurs de faire tomber le pouvoir bolivarien à travers l’implication d’éléments extrémistes ou encore l’asphyxie de l’économie vénézuélienne, avaient un objectif encore plus global: stopper le renforcement de l’axe progressiste latino-américain hostile à la politique atlantiste étasunienne. Les récents événements dans la région et fort certainement à venir démontrent parfaitement l’énième échec de cette politique de l’extrême minorité mondiale, qui refuse obstinément de s’adapter à la multipolarité. Et en ce sens, si même des erreurs avaient été commises dans le passé par le leadership vénézuélien, notamment dans le manque de diversification des secteurs économiques nationaux, les principaux choix stratégiques du Venezuela auront largement démontré quant à eux toute leur justesse.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Normalisation turco-syrienne: perspective réelle?

24.08.2022

Après des années de tensions, Damas et Ankara semblent être sur la voie d’une possible normalisation de leurs relations. Si cela se réalisait, ce serait non seulement une victoire pour les deux pays, mais également une grande réussite pour le monde multipolaire dans son ensemble.

Si peu de spécialistes croyaient en une telle éventualité, les processus en cours du moment confirment une fois de plus la justesse de la vision eurasiatique, et certainement pas occidentale, quant à l’avenir mondial. En effet et si les services de renseignement des deux pays sont déjà en contact depuis ces quelques dernières années, les signaux récents permettent d’entrevoir l’éventualité d’une réconciliation politico-diplomatique à venir.

Suite au récent voyage du président turc Recep Tayyip Erdogan en Russie, cette question d’ailleurs a vraisemblablement été abordée. Et selon les déclarations, également récentes, de plusieurs hauts responsables turcs, la possibilité pour une telle normalisation semble n’avoir jamais été aussi proche.

Evidemment et dans cette optique, un tel événement sera une victoire pour la République arabe syrienne et son leadership, à l’encontre desquels Ankara a maintenu une animosité ouverte durant plusieurs années passées. D’un autre côté, un tel résultat sera également un point positif pour la Turquie, qui cherche à démontrer vouloir contribuer à une région pacifique et prospère.

Après maintenant plus de dix années de résistance à succès de la Syrie – au terrorisme international et aux interférences néocoloniales occidentales – et au-delà du soutien de ses principaux alliés en la qualité d’Etats comme la Russie, l’Iran et la Chine – un large processus de normalisation a déjà été engagé avec plusieurs pays, notamment arabes, qui étaient dans un premier temps hostiles à Damas et longtemps considérés comme des alliés indéfectibles de l’Occident, mais qui au final ont opté pour une vision pragmatique et juste.

Ce processus a évidemment été fort mal perçu par les régimes occidentaux qui avaient pourtant juré de pouvoir isoler la République arabe syrienne de la scène internationale. Comme résultat – un énième échec retentissant. En ce sens, si la Turquie – deuxième force armée de l’Otan en termes d’effectifs, mais privilégiant une approche pragmatique et souveraine lorsqu’il s’agit de défendre ses intérêts nationaux – ira d’une manière sincère vers une nouvelle page relationnelle avec Damas, ce sera inévitablement une grande nouvelle victoire pour tout l’espace eurasiatique et le monde multipolaire dans son ensemble.

Et bien évidemment une nouvelle défaite pour l’Occident collectif, nostalgique de l’unipolarité, dont l’intérêt a toujours été de créer et maintenir des conflits et des tensions artificielles entre peuples voisins, non-occidentaux. Bien sûr, une telle normalisation nécessitera aussi la résolution de plusieurs dossiers conflictuels entre Damas et Ankara, comme celui de la région d’Idleb où restent encore présents nombres d’éléments terroristes et dont la Syrie devra reprendre le plein contrôle. En ce qui concerne les inquiétudes sécuritaires de la Turquie, notamment en zones frontalières, ces questions pourront elles aussi être résolues de manière franche et honnête.

Enfin, il serait bon de souligner que si certains prétendus experts (occidentaux ou affiliés aux intérêts atlantistes) ont le culot aujourd’hui de parler de «désordre mondial» – suite à la fin de leur petit monde unipolaire révolu et devant se rendre à l’évidence que leur pauvre existence n’est que celle d’une extrême minorité planétaire – les événements actuels démontrent au contraire que nous avançons à grands pas vers un ordre beaucoup plus juste et rassembleur.

Le monde qui sera non plus seulement multipolaire, mais également post-occidental, sera certainement celui où les faux conflits entre «frères ennemis» devront être dépassés, afin que le vampirisme occidental ne puisse plus se maintenir sous perfusion du sang des peuples de la planète. Et en ce sens, la désormais possible normalisation des relations entre la Syrie et la Turquie ne sera certainement pas le dernier exemple notable.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Egypte, l’Arabie saoudite et la Turquie s’intéressent aux BRICS

15.07.2022

Les prévisions quant au fait que de nombreux pays, y compris longtemps liés à l’Occident, regardent de plus en plus en direction des grandes puissances non-occidentales et des organisations d’intégration correspondantes, avancent dans la voie de la concrétisation. Le concept des BRICS+ semble inévitablement prendre son envol.

Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) s’attendent à ce que l’Egypte, l’Arabie saoudite et la Turquie puissent rejoindre le groupe dans un avenir proche, écrit Middle East Monitor. Cette information est rapportée via Purnima Anand, présidente du Forum international des BRICS.

Cela alors même que tout récemment l’Iran et l’Argentine avaient déjà exprimé le désir d’intégrer la grande organisation internationale, représentant pratiquement la moitié de la population mondiale, plus d’un quart du PIB du monde, et 4 des 10 principales économies mondiales en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Le tout également au moment où l’Occident ne cache désormais plus son inquiétude quant à la montée en puissance de ladite alliance et son orientation de plus en plus anti-occidentale.

Purnima Anand a par ailleurs déclaré que la Chine, la Russie et l’Inde avaient déjà abordé la question de l’élargissement des BRICS en lien avec les pays mentionnés lors du 14ème Sommet de l’organisation, qui s’est tenu le mois dernier. «Tous ces pays ont manifesté leur intérêt à adhérer et se préparent à postuler pour l’adhésion. Je pense que c’est une bonne étape, car l’élargissement est toujours perçu positivement. Cela augmentera clairement l’influence des BRICS dans le monde».

Elle a également ajouté que l’adhésion de l’Egypte, de l’Arabie saoudite et de la Turquie pourrait ne pas avoir lieu au même temps pour les trois concernés. De son côté Li Kexin, directeur général du Département des affaires économiques internationales du ministère chinois des Affaires étrangères, avait précédemment indiqué que plusieurs pays «frappaient aux portes» de l’organisation, dont l’Indonésie, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Egypte et l’Argentine, notamment.

En parlant maintenant des perspectives de l’élargissement des BRICS et du concept BRICS+, il est à noter qu’Observateur Continental avait déjà abordé récemment cette question. En ce qui concerne plus précisément les cas de l’Egypte, de la Turquie et de l’Arabie saoudite – il serait correct de les analyser brièvement au cas par cas.

L’Egypte est actuellement la 22ème économie mondiale (juste derrière l’Iran) et la première en Afrique en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat. Sur le plan du PIB nominal, le pays des pharaons est classé 35ème à l’échelle mondiale et deuxième sur le continent africain (derrière le Nigéria). Le pays est par la même occasion la 12ème puissance militaire du monde en 2022 – première d’Afrique et du monde arabe. Le Caire peut également se vanter d’avoir des relations développées avec la Chine et la Russie, notamment, confirmant le fait d’être un membre potentiel intéressant pour les BRICS.

En ce qui concerne l’Arabie saoudite et la Turquie – ce sont des cas effectivement particuliers et également intéressants. La première étant la 17ème économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat (18ème en termes de PIB nominal). Longtemps considérée comme l’un des deux principaux alliés de Washington au Moyen-Orient (avec Israël), Riyad a engagé néanmoins récemment une orientation stratégique intéressante et axée sur la multipolarité. A l’instar des Emirats arabes unis, autre pays de la région longtemps considéré comme un allié de l’Occident, l’Arabie saoudite a souhaité préserver la coopération avec Moscou sur les questions énergétiques et géopolitiques, malgré les pressions washingtoniennes.

Quant à ses relations avec la Chine, l’Etat saoudien, au-delà d’être l’un des deux principaux (avec la Russie) fournisseurs de pétrole à Pékin, étudiait par la même occasion la possibilité de recevoir les paiements chinois pour le brut saoudien – en yuans. Une réalité fort déplaisante pour Washington. La suite dépendra bien évidemment de la capacité de Riyad à poursuivre l’éloignement de l’axe anglo-saxon en privilégiant celui de la multipolarité. Quant aux relations avec l’Iran, ayant déjà débuté la procédure d’adhésion en qualité de membre de plein droit au sein de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) et souhaitant rejoindre également les BRICS, la plateforme internationale pro-multipolaire pourrait être d’ailleurs l’occasion de normaliser les relations. A suivre donc.

Pour ce qui est de la Turquie, 11ème puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et 13ème puissance militaire du monde, seul l’avenir pourra dire si l’orientation en faveur de l’axe de la multipolarité sera privilégiée par le leadership turc. Etant membre de l’Otan, et le deuxième effectif armé du bloc atlantiste, Ankara a néanmoins explicitement refusé à se joindre aux sanctions contre la Russie, partenaire économico-commercial stratégique du pays, malgré les innombrables pressions de l’establishment washingtonien et occidental.

Et plus que cela a clairement choisi la voie d’accroitre encore plus les échanges avec Moscou. Dans l’état actuel des choses, il est encore trop tôt de dire si la Turquie pourra intégrer pleinement les BRICS. Néanmoins et dans un avenir multipolaire post-occidental – rien ne sera impossible.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Ukraine-Turquie: les choses se corsent

08.07.2022

Bien que la Turquie soit en désaccord avec la Russie sur un certain nombre de dossiers, y compris ukrainien, Ankara confirme une fois de plus ne pas vouloir sacrifier ses relations stratégiques avec Moscou, et ce malgré les pressions occidentales et sa relative solidarité avec Kiev.

L’ambassadeur turc a été convoqué au ministère ukrainien des Affaires étrangères, écrit Bloomberg, après que les autorités de la Turquie aient décidé de ne pas arrêter le navire marchand russe que Kiev accusait de transporter des céréales «ukrainiennes volées par la Russie».

Le régime kiévien invoque par la même occasion «une situation inacceptable», en ajoutant avoir reçu l’information en question «avec une profonde déception». Kiev avec ses parrains occidentaux continue de marteler la fausse idée qu’elle serait un acteur majeur dans le domaine de l’exportation du blé à l’échelle internationale, en oubliant à chaque occasion de se référer aux statistiques et données qui sont d’actualité depuis déjà plusieurs années, à savoir que l’Ukraine n’est que le cinquième exportateur mondial de blé, tandis que la Russie est largement première.

Ce qui démontre parfaitement que le grenier mondial étant bien l’Etat russe, et certainement pas ukrainien. Tout comme le fait que le blocage des exportations maritimes ukrainiennes n’est pas l’œuvre de la Russie, mais bel et bien de l’Ukraine qui a installé une multitude de mines marines au niveau des principaux ports maritimes concernés, étant par la même occasion dans l’incapacité (ou peut-être n’ayant pas reçu le feu vert de ses chefs) de pouvoir les faire déminer.

Pour revenir à la Turquie, cette situation a une fois de plus démontré l’involonté du leadership turc à aller dans le sens des tensions avec le partenaire russe, et ce malgré l’appartenance à l’Otan dont elle est la deuxième force en termes d’effectif armé, et en dépit des pressions que l’Etat turc a subi et continue de subir de la part de l’Occident pour se joindre au camp des sanctions anti-russes. L’Etat turc est resté pourtant infaillible: il ne se joindra pas à ces sanctions et continue de développer ses relations économiques avec la Russie.

Ce n’est pas tout. Les entreprises turques pourraient être parmi les grands gagnants en Russie alors que plusieurs compagnies occidentales ont interrompu leurs activités ou décidé de quitter le marché russe suite aux pressions reçues de la part de leur establishment politique. Plusieurs compagnies turques mènent d’ailleurs à ce titre des négociations en vue de racheter les entités juridiques en question pour les rajouter à leur portefeuille de projets internationaux. Y compris dans les secteurs du prêt-à-porter ou encore de l’électroménager.

Là aussi ce n’est pas tout. Il y a de cela quelques jours, l’ambassadeur turc en poste en Russie, Mehmet Samsar, avait déclaré que le volume des échanges entre les deux pays pourrait atteindre 50 milliards d’équivalent de dollars à l’issue de cette année 2022.

Tout cela conforte la réalité que si Moscou et Ankara sont loin d’être toujours sur la même ligne sur le plan géopolitique, personne en Turquie ne souhaite sacrifier les intérêts économico-commerciaux avec le partenaire stratégique russe. Et aussi que le leadership turc reste constamment à l’écoute de ses opérateurs économiques. Il faut par ailleurs à ce titre reconnaitre, une fois de plus, le ferme capacité de ces derniers à être en mesure d’influer sur les décisions de leur leadership politique.

Le tout à l’énorme différence des opérateurs économiques européens, qui restent pour nombreux d’entre eux passifs face au diktat politique washingtonien sur leurs nations. D’un côté, on pourrait évidemment comprendre que certaines entreprises issues de l’Europe bruxelloise puissent être prêtes à sacrifier leurs intérêts sur le marché russe car possédant des intérêts plus importants aux USA.

Mais la réalité démontre bien souvent que pour nombreuses d’entre elles, la Russie était incomparablement plus importante en termes de revenus que ne le sont les Etats-Unis. Au point que pour certaines d’entre elles, leur chiffre d’affaires obtenu sur le marché russe représentait l’un des plus importants à l’échelle mondiale. Mais fort vraisemblablement, le masochisme subi par l’élite politique bruxelloise a largement contaminé un certain nombre d’opérateurs économiques européens. A l’énorme différence des acteurs turcs.

Une chose reste également sûre. Les actions de l’Occident collectif renforcent sa propre isolation à l’international. En ce sens, le Sommet du G20 à Bali, en Indonésie, aura une fois de plus démontré que les pressions occidentales n’impressionnent plus l’écrasante majorité de la planète. Et malgré toutes les tentatives de l’Occident + Japon à tenter de bloquer la participation de la Russie audit sommet, le résultat final n’est qu’un énième échec évident de la coalition des nostalgiques de l’unipolarité.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Comment l’axe anglo-saxon arnaque Paris en Afrique

28.06.2022

Pendant que Paris continue d’accuser régulièrement Moscou et Pékin de frapper ses intérêts sur le continent africain, les anglo-saxons n’hésitent pas à commettre de nouveaux croche-pieds à leur allié hexagonal en Afrique. Une réalité qui met parfaitement en exergue la relation vicieuse qu’entretiennent Washington et Londres à l’encontre de la France et des autres prétendus alliés européens.

Comme déjà annoncé précédemment par Observateur Continental, le système françafricain de l’Elysée est désormais non seulement confronté à la résistance panafricaniste, et à l’alliance de celle-ci avec les principales puissances mondiales non-occidentales, mais également à ses propres alliés anglo-saxons, qui n’hésitent plus à frapper ouvertement les intérêts hexagonaux. Le tout sans remords et avec le sourire. Paris devra apprécier.

L’erreur monumentale des élites hexagonales, aussi bien dans le cadre de leur politique en Afrique qu’à l’échelle globalement internationale, est:

1) de ne pas avoir su adapter leur politique en tenant compte des attentes des Africains. Ni d’avoir été en mesure de se conformer aux nouvelles réalités mondiales multipolaires, en maintenant une mentalité, un discours et des actions caractérisés par une extrême arrogance, si habituelle.

2) d’avoir maintenu pour soi-même un rôle de sous-traitant vis-à-vis de l’establishment anglo-saxon, en continuant à fermer les yeux sur tous les sales coups entrepris contre les intérêts français par les alliés washingtonien et londonien à divers endroits du monde.

Et pendant que l’Elysée et le Quai d’Orsay, réfutant les aspirations populaires africaines de masse, et en lançant des accusations incessantes contre Moscou, Pékin, Téhéran ou encore Ankara – dans l’objectif de justifier les échecs subis – Washington et Londres passent désormais presque ouvertement à l’action pour frapper le pauvre et si obéissant «allié» français.

Observateur Continental l’avait déjà soulevé dans des articles analytiques précédents – le principal allié (ou plutôt suzerain) de Paris, en la qualité de l’axe anglo-saxon, a été observé à tenter de surfer sur la vague souverainiste et panafricaniste, y compris s’il fallait à cet effet reprendre les discours critiques à l’encontre de la Françafrique.  

Désormais, les anglo-saxons sont allés encore plus loin: en faisant adhérer le Togo et le Gabon au Commonwealth – de-facto l’équivalent (néo)colonial britannique de la Françafrique. « Alors qu’ils n’ont pas de liens historiques avec le Royaume-Uni, le Togo et le Gabon ont rejoint samedi le Commonwealth, composé majoritairement d’anciennes colonies britanniques » – rapporte  France 24, l’une des principales voix de propagande hexagonale pour l’international.

Cela est d’ailleurs rapporté par les propagandistes hexagonaux avec une amertume à peine voilée, mais qui traduit si bien la relation de dominant à dominer entre l’axe Washington/Londres et Paris. Quel sera notre pronostic pour la suite? A dire vrai et très vraisemblablement l’Elysée et le Quai d’Orsay feront en sorte d’avaler de nouveau ces énièmes amertume et déception. Après tout, si cela sert les intérêts des chefs du bloc des nostalgiques de l’unipolarité – c’est tout de même pour «la bonne cause».

Maintenant et en quittant la discussion sur les relations familiales sadomasochistes occidentales, comment entrevoir ces tout récents développements pour les Africains et leurs principaux alliés non-occidentaux qui défendent et promeuvent l’ordre multipolaire international? Probablement, il faut le prendre de manière positive.

Tout d’abord et le fait que les croche-pieds se multiplient dans l’axe occidental confirme que l’Occident collectif est loin d’être uni, si ce n’est de faire front commun sur le théâtre clownesque de soutien au régime kiévien et dans l’opposition à reconnaitre l’ordre multipolaire, promu par la Russie et la Chine, notamment.

D’autre part, le fait que l’axe anglo-saxon tente de reprendre la main en marchant sur les intérêts hexagonaux en Afrique confirme que l’establishment occidental comprend parfaitement les difficultés auxquels il fait face sur le continent, et plus généralement à l’échelle internationale. Y compris dans le refus, malgré d’énormes pressions, des pays africains à suivre l’Occident dans la haine et l’hystérie russophobe.

Enfin, et cela est particulièrement rassurant: si certains représentants africains pro-occidentaux changent de cap, passant de Paris à Washington-Londres, cela est fort loin de concerner la société civile africaine qui pour une large partie d’entre elle voit tout l’Occident collectif comme une menace, voire la principale menace, pour l’émancipation totale et le développement de leurs pays respectifs et de l’Afrique dans son ensemble.

Et de la même manière que la Françafrique a subi de plein fouet la colère de millions d’Africains, le Commonwealth, ou autre arnaque occidentale – subira fort vraisemblablement le même sort. Personne ne sera désormais dupe pour ne pas s’apercevoir que l’establishment occidental, aussi rusé soit-il dans le cas anglo-saxon en particulier, est bel et bien la cible à éliminer.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pétrole: les marchés asiatiques comme priorité

23.06.2022

Le secteur pétrolier traduit une configuration mondiale qui suit parfaitement les changements majeurs observés sur la scène internationale, dans le cadre de l’ordre multipolaire. Et en ce sens, l’Occident est loin de représenter une quelconque priorité.

«Grâce à la Chine et l’Inde, le pétrole rapporte encore gros à la Russie» – annonce la chaine Euronews – l’un des principaux porte-voix des européistes bruxellois. En effet, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), cité par ledit reportage – la Russie a tiré des exportations de pétrole un revenu estimé à 20 milliards de dollars pour le seul mois de mai.

Par ailleurs, les importations chinoises de pétrole en provenance de Russie ont augmenté de 28% le mois dernier, et comme résultat l’Etat russe est devenu le premier fournisseur pétrolier de la Chine, en dépassant l’Arabie saoudite. Du côté de l’Inde, autre grande puissance non-occidentale et tout comme la Chine et la Russie – membre des BRICS et de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) – pour la seule demi-année en cours elle a acheté 60 millions de barils de pétrole russe, tandis pour toute l’année 2021 le volume de pétrole acheté à la Russie était de 12 millions de barils.

Les observateurs occidentaux aiment rappeler que Moscou vend son pétrole à Pékin et New Delhi avec un discount intéressant, ce qui est d’ailleurs vrai, mais en oubliant parfois d’indiquer que l’augmentation nette des prix pour cette matière stratégique à l’échelle internationale compense largement aujourd’hui tous les possibles discounts. D’autant plus des discounts faits à des partenaires dignes de ce nom. A l’énorme différence des régimes occidentaux. Après tout, vous avez bien droit de vendre le produit demandé au prix qui varie selon le niveau de fiabilité du client, et des relations qui vous lient à lui.

Tout cela traduit plusieurs aspects. Tout d’abord qu’il est effectivement grand temps pour la Russie de prioriser au maximum les marchés asiatiques et d’autres espaces non-occidentaux. Pas seulement pour le pétrole d’ailleurs. Dans le cas plus particulier du pétrole, les responsables et experts russes l’ont maintes fois indiqué: le pétrole russe trouvera preneur partout dans le monde, même si l’establishment atlantiste interdirait complètement son importation pour les compagnies occidentales.

De l’autre, que de manière générale et connaissant ce que représentent les marchés asiatiques, à savoir de loin les principaux consommateurs, il est également parfaitement naturel de se focaliser sur ces orientations. Et pas seulement du point de vue démographique, même si là aussi tout est dans les faits : la Chine et l’Inde à elles seules représentent près de 2,8 milliards de personnes. Cela sans même comptabiliser de nombreuses autres nations d’Eurasie, d’Afrique et d’Amérique latine. Quant aux USA et leurs fidèles sous-traitants de l’UE: pas plus que 800 millions…

Mais au-delà de l’aspect démographique qui a bien évidemment toute son importance, et peut-être aujourd’hui plus que jamais, pour rappeler aux nostalgiques de l’unipolarité où se trouve la véritable communauté internationale, la réalité économique n’est pas en reste. Faut-il justement rappeler qu’à ce titre, la Chine est la première puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat et l’Inde – troisième?

Un sujet qu’Observateur Continental avait déjà abordé nombre de fois. Avec en prime le rappel que la Russie dans un avenir proche dépassera l’Allemagne (première économie de l’UE) pour devenir la 5ème puissance économique du monde, et que des pays comme le Royaume-Uni et la France quitteront, et ce également dans un avenir assez proche, le Top 10 des principales économies mondiales pour laisser place à des nations comme la Turquie ou encore le Mexique.

Bien sûr, nous savons tous que cela fait mal, et peut-être très mal, aujourd’hui pour l’Occident de devoir reconnaitre le fait d’être non seulement une extrême minorité planétaire sur le plan démographique, mais également de regarder avec énorme jalousie les portefeuilles de ses principaux adversaires géopolitiques et géoéconomiques. Qui ne sont autres que les grandes puissances non-occidentales, et partisanes de l’ordre multipolaire international par la même occasion.

Et lorsqu’on prend en compte tous ces aspects, et quelques autres, on comprend mieux pourquoi l’Occident a tellement de mal à maintenir une domination mondiale. Une domination qui non seulement s’est essoufflée, mais qui de facto est morte. Encore une fois il faut bien rappeler et préciser qu’au départ il n’était pas question d’exclure l’Occident de la communauté internationale au vrai sens du terme. Mais les élites occidentales ont de par leur extrême arrogance et une pure mentalité néocoloniale préféré s’autoexclure elles-mêmes. Et ainsi nous permettre non seulement de poursuivre le développement de l’ordre multipolaire international, mais également d’ouvrir la page de l’ère multipolaire post-occidentale. Une ère dans laquelle les ressources réelles joueront un rôle clé dans le développement des peuples, et non pas la spéculation sans aucun support derrière.

Quelles en seront les conséquences pour l’Occident? Difficile de le dire de manière exacte pour le moment. Il faudrait juste peut-être rappeler que les diverses croisades occidentales du Moyen-Age avaient peut-être des objectifs spirituels que pour certains de ses participants. Mais pour les instigateurs, n’hésitant pas à attaquer musulmans comme chrétiens orthodoxes (voir pillage de la ville de Constantinople de 1204), l’objectif était uniquement économique. A une période où cette fameuse Europe aujourd’hui si arrogante mourrait de la faim et de la peste, et n’avait pratiquement aucune notion digne de ce nom de la médecine. A la grande différence notamment du monde arabe.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Sanctions occidentales contre la Russie: la Turquie dit non

22.03.2022

En dépit des pressions qui se poursuivent, la Turquie continue fermement de refuser à se joindre aux sanctions à l’encontre de la Russie. Malgré plusieurs divergences existantes avec Moscou, l’approche pragmatique turque démontre que l’axe atlantiste est loin d’être soudé.

«La Turquie n’a pas participé aux sanctions contre la Russie et n’a pas l’intention de s’y joindre» – c’est ce qu’avait déclaré Mevlüt Çavuşoğlu, ministre turc des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Anadolu.

Une posture saluée par son homologue russe Sergueï Lavrov, qui a de son côté affirmé «qu’Ankara suit une ligne pragmatique concernant la crise ukrainienne», avec une approche très équilibrée. Pour autant, cela ne signifie pas que les deux pays soient sur la même ligne dans ce dossier, comme dans d’autres.

En effet, le leadership turc avait condamné l’opération militaire russe en Ukraine. Et ce n’est évidemment pas le seul point de discorde existant entre la Turquie et la Russie. Faut-il rappeler qu’Ankara et Moscou possèdent des approches divergentes, voire diamétralement opposées, dans de nombreux dossiers régionaux et internationaux: Syrie, Libye, Caucase du Sud, pour ne citer que cela.

Ceci étant dit, tout ne sépare pas les deux pays à l’international, loin de là et cela s’est traduit par des approches similaires ou assez proches dans plusieurs autres dossiers: Biélorussie, Venezuela, Centrafrique, Mali. Plus que cela, les deux nations possèdent de très importants intérêts économico-commerciaux conjoints – du secteur énergétique jusqu’au nucléaire civil, en passant par le tourisme, l’agroalimentaire, le textile ou le secteur du BTP. L’aspect économique représentant certainement la partie d’intérêt stratégique pour les deux parties.

Evidemment, la meilleure caractéristique qui peut être donnée à la politique turque dans sa posture internationale est celle d’équilibriste – sachant promouvoir ses intérêts de concert avec les grandes puissances non-occidentales eurasiennes, sans pour autant fermer le chapitre de son appartenance à l’Otan. Une approche d’ailleurs qui lui a valu de nombreuses critiques de la part de plusieurs de ses alliés atlantistes.

Dans le cas ukrainien, il ne faut pas non plus oublier que la Turquie avait fourni un certain nombre d’armements au régime kiévien, y compris les fameux drones Bayraktar TB2. Ce qui pourrait d’ailleurs être considéré comme une prise de position en faveur dudit régime, bien que le plus important pour Ankara soit surtout la possibilité de continuer à promouvoir ses drones de combat à l’échelle internationale, pour des rentrées économiques supplémentaires.

Le fait est que le refus de la Turquie de se joindre aux sanctions contre la Russie, tellement promues par l’establishment occidental, confirme plusieurs aspects. Tout d’abord qu’Ankara maintient sa propre ligne politique à l’international, faisant du pays certainement le seul acteur assez indépendant au sein de l’Otan. De l’autre, la posture du leadership turc s’apparente à celle d’observer la suite des événements, comprenant parfaitement que le monde de la domination unipolaire occidentale est terminé. Et ne souhaitant donc pas se trouver, du moins complètement, dans le camp des perdants.

Il est évident que ne serait-ce que devant sa propre opinion publique intérieure, l’objectif du gouvernement turc actuel sera de dire: «vous voyez, nous n’avons pas adopté la même approche que les Occidentaux, et c’est cela qui nous permet de dire que nous n’avons pas perdu». Quant aux relations économiques avec la Russie, stratégiques pour la Turquie, cette dernière souhaite non seulement les maintenir, mais surtout de pouvoir tirer intelligemment profit de la situation actuelle, à l’heure d’une quasi-rupture relationnelle entre Moscou et l’Occident.

Selon nombre de sources informées, plusieurs opérateurs économiques turcs souhaitent justement soit élargir leur présence économique en Russie, et pour certains de prendre la place tout simplement de plusieurs acteurs occidentaux, notamment européens. A l’heure où ces derniers subissent d’énormes pressions de la part de leurs gouvernements et d’une partie de leur opinion publique pour stopper leurs activités commerciales en territoire russe.

En ce sens et connaissant parfaitement le talent des entrepreneurs turcs, il ne faut certainement pas douter qu’ils trouveront leur bonheur dans les nouvelles opportunités qui s’ouvrent à eux. Cela sans oublier, que plusieurs acteurs économiques russes voient également la Turquie comme l’une des destinations à privilégier dans le cadre de leurs activités à l’international, y compris en matière d’investissements.

Enfin et au-delà de cette capacité turque à savoir ménager ses intérêts avec incomparablement plus de souveraineté et de pragmatisme que ses homologues d’Europe bruxelloise, sa posture démontre également le manque évident d’unité au sein du bloc atlantiste. Aussi, il est certain que si un Etat comme la Roumanie ou l’Estonie, aurait tenté d’avoir une approche similaire, peu s’en soucieraient vu leur poids minime sur le plan politique et économique.

Mais dans le cas de la Turquie – deuxième effectif armé de l’Otan et onzième puissance économique mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat – il est totalement évident pourquoi l’équilibrisme pragmatique d’Ankara soit si amer pour les plus radicaux des atlantistes et nostalgiques de l’unipolarité par la même occasion.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3702

Paris incapable de se défaire de sa politique néocoloniale en Afrique

A l’heure de l’accélération de la chute d’influence sans précédent de l’Elysée sur le continent africain, l’establishment hexagonal continue de chercher des boucs-émissaires pour ses échecs. Le tout en s’obstinant à refuser de regarder la réalité en face : celle que le rejet en masse de la politique néocoloniale de Paris concerne de très loin et en premier lieu les Africains. Et non pas de prétendus acteurs externes.

Tout semble en effet s’accélérer dans les problèmes auxquels fait face le système de la Françafrique. Bien que les principaux acteurs de cette dernière continuent de prétendre que cela n’est que l’œuvre de puissances «hostiles», parmi lesquelles la Russie, la Chine, l’Iran ou encore la Turquie.

Les différents formats que Paris cherche à faire adopter dans son prétendu renouveau relationnel avec les pays africains ne changent absolument rien pour une opinion publique africaine lassée de regarder les faux beaux sourires après des années d’interventions néocoloniales dans les affaires intérieures et les manipulations à grande échelle qui s’en suivaient. Faire semblant à prétendre ne pas voir cette réalité pour les responsables élyséens équivaut à devoir accepter une suite des événements qui ne fera qu’exacerber l’hostilité de très nombreux Africains à l’encontre de la politique française et plus généralement occidentale.

Après l’échec déjà subi en Centrafrique et celui en cours au Mali, les récentes manifestations de masse contre la présence militaire française au Burkina Faso, puis au Niger, ont remis au grand jour une réalité que nous avons déjà abordé nombre de fois. A savoir que les échecs de l’establishment hexagonal en Afrique ne sont l’œuvre que de son extrême arrogance, une mentalité purement néocoloniale, et des objectifs ouvertement prédateurs à l’encontre des Etats africains.

Evidemment, l’Elysée comme le Quai d’Orsay pourront continuer à faire leurs «beaux» communiqués et donner des interviews aux médias francophones, comme anglophones – eux aussi en extrême perte d’influence dans l’espace médiatique africain, où ils poursuivront leurs accusations à l’encontre des acteurs internationaux – qui jouissent d’un large soutien auprès de nombreux habitants d’Afrique.

Il est évident que notre objectif n’est pas de donner de quelconques conseils à des personnages qui s’estiment toujours exceptionnels et qui pensent avoir (encore) la légitimité de détenir le pouvoir mondial – car se considérant être les pseudo-vainqueurs de la guerre froide. Et pensant avoir encore les moyens de nous forcer tous, ou du moins l’écrasante majorité de l’humanité, à retourner vivre à l’ère unipolaire. Bien sûr que non. Mais face à chaque mensonge propagé – les points sur les «i» continueront d’être remis.

Dans tous les cas, les meilleures juges seront les populations concernées. Et en ce qui concerne l’Afrique, il faut être aujourd’hui complètement aveugle et mentalement malade pour ne pas voir de quel côté penchent résolument la balance et les sympathies. Aussi, personne n’accordera plus de confiance à un autre partenaire pour les beaux yeux. Mais peut-être que tout simplement, les peuples africains ont parfaitement compris dans leurs observations et analyses personnelles – qui sont les prédateurs et les hypocrites, et qui sont les partenaires qui méritent leur confiance.

Tout le reste – n’étant que gesticulations de personnages vivant de leur entier dans une ère révolue et qui ne reviendra pas. Cette ère est bel et bien partie. Et avec elle bientôt ses nostalgiques néocolonialistes.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Crise migratoire: la Pologne a-t-elle la légitimité de se positionner en victime?

Au moment des tensions montantes entre l’Union européenne et la Biélorussie, Varsovie tente de se positionner en victime des prétendues actions de Minsk et de Moscou. Pour autant, les responsables polonais semblent faire mine d’oublier leur responsabilité directe dans les diverses interventions occidentales otanesques. Des interventions en très large partie responsables des crises migratoires observées.

Alors que les responsables polonais, tout comme nombre de leurs collègues européistes, ne cessent d’accuser la Biélorussie, la Russie, mais également la Turquie, de la crise observée actuellement à la frontière polono-biélorusse, ces personnages devraient peut-être surtout se regarder objectivement dans le miroir et cesser de gesticuler de manière totalement hypocrite et mensongère.

Et dans le cas précis mentionné – la Pologne devrait faire profil bas – au même titre que ses collègues de nombre de pays occidentaux. Faut-il le rappeler – Varsovie a activement participé aux actions sous-traitantes pour le compte de Washington et de l’Otan en Irak, comme en Afghanistan? D’ailleurs le site du gouvernement polonais le rappelle ouvertement: 20 années de présence militaire en Afghanistan. Une présence achevée évidemment récemment suite à la déroute de la coalition occidentale en terre afghane, USA en tête.

En supplément de l’Afghanistan, la Pologne fut effectivement engagée en Irak, en soutien à l’invasion étasunienne. Petite question de rappel: d’où provient la grande partie des migrants aujourd’hui? Réponse: pour un large nombre d’entre eux – d’Irak et d’Afghanistan justement. Et ce n’est certainement pas à la Biélorussie – subissant des attaques, intimidations et tentatives de déstabilisation de la part de Washington, Bruxelles et de leurs supplétifs d’Europe de l’Est – de porter une quelconque responsabilité quant à l’accueil des personnes fuyant des pays détruits par l’interventionnisme occidental et l’action de ses sous-traitants.

De façon générale et au-delà de la Pologne qui assume pleinement son rôle d’un des principaux sous-traitants de la politique étasunienne et otanesque en Europe, la question de la responsabilité quant au chaos propagé devrait être certainement étendue à tous les pays dont les gouvernements ont choisi une politique de sous-traitance vis-à-vis de l’establishment occidental. Et plus particulièrement encore lorsque cette sous-traitance ne se limite pas seulement à des campagnes de lobbying et autres «bienveillances» à l’égard des maitres, mais surtout lorsqu’il s’agit de contribuer au chaos et aux souffrances que doivent endurer nombre de peuples non-occidentaux, à divers endroits de la planète.

Et puisque l’Occident politique, dans son arrogance extrême et son refus de reconnaitre officiellement l’avènement de l’ère multipolaire, continue de s’autoproclamer comme étant soi-disant la communauté internationale – qu’il ne représente pourtant guère – et d’être le centre du monde «libre et démocratique», il devrait certainement donner l’exemple à toutes ces personnes en provenance de pays ayant tellement souffert du néocolonialisme occidental et de ses supplétifs.

Pour revenir maintenant à la Pologne – non, elle ne possède aucune légitimité de se plaindre de quoi que ce soit dans la situation actuelle. Car au-delà d’avoir activement participé aux souffrances infligées aux populations irakiennes et afghanes durant de longues années – Varsovie a joué, et continue de jouer, un rôle de premier plan dans les tentatives de déstabilisation de ses voisins, parmi lesquels – la Biélorussie.

Et peut-être qu’effectivement la situation qui prévaut actuellement à sa frontière orientale devrait servir de bonne leçon pour une Pologne ayant des ambitions démesurées, mais une capacité de réaliser quoi que ce soit de viable – nulle. Absence de souveraineté oblige. Et en parlant d’ailleurs d’immigration – n’est-ce pas les citoyens polonais qu’on retrouve parmi les migrants les plus représentés en nombre – dans nombre de pays étrangers, notamment au Royaume-Uni? Une situation pas très à l’honneur pour un Etat qui tente de créer le mythe d’être une puissance régionale. Pour le reste: l’arroseur arrosé dirait-on.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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