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Média chinois: Les «sept péchés» des systèmes politiques occidentaux défectueux

Les systèmes politiques occidentaux deviennent de plus en plus rigides, inefficaces et en déclin. Pour le quotidien chinois Global Times, ces régimes ont un besoin urgent d’une réforme systématique profonde.

Dans son éditorial, l’important média de Chine publié en chinois et en anglais, revient sur ce qu’il appelle les «sept péchés» des systèmes politiques occidentaux défectueux. Pour les analystes chinois, l’évidence est que l’Occident fait face à de nombreux problèmes – que les systèmes établis peuvent difficilement surmonter.

Tout d’abord, Global Times note que la dynamique de développement interne en Occident se trouve en déclin. Et ce n’est aucunement en raison d’avoir atteint son apogée en termes de développement économique et social. Les auteurs rappellent par ailleurs le nombre important de personnes vivant dans la pauvreté dans les pays occidentaux, particulièrement aux Etats-Unis. Et la nature du capital à but purement lucratif (libéral en d’autres termes) – a sévèrement limité ce pays en termes d’investissements de ressources dans des activités économiques qui favorisent le bénéfice pour l’ensemble de la société. C’est l’un des échecs des systèmes occidentaux.

Deuxièmement, les analystes chinois soulignent l’inefficacité et une réalité obsolète pour l’architecture politique occidentale. Pour eux – la démocratie à l’occidentale a, dans une certaine mesure, conduit au désordre politique. La confrontation entre diverses forces continue de provoquer un grave clivage social, ce qui à son tour entrave le fonctionnement normal de la société. De nombreux de ces pays occidentaux sont depuis longtemps confrontés à d’importants problèmes – sans être en mesure de trouver une solution.

Troisième point – les systèmes occidentaux ont largement toléré l’extrémisme et l’absolutisme – notamment dans la recherche de boucs émissaires de leurs propres échecs. L’éditorial de Global Times note que la compétitivité des pays occidentaux est en baisse – et la raison principale de cela ne réside qu’en eux-mêmes. Cependant, ils arrivent à la conclusion absurde que c’est «la Chine qui a volé leur déjeuner». Aussi, les USA ont subi une grave défaite dans la lutte contre le Covid-19 et reprochent à la Chine d’en être justement la coupable.

Quatrièmement, pour les experts chinois – il est difficile de réformer les systèmes occidentaux. Certains avaient essayé mais ont échoué. Un sentiment de peur et d’impuissance à l’égard de toute idée de réforme s’est ainsi formé. Les dirigeants des Etats-Unis et d’autres pays occidentaux ont placé les intérêts privés de leurs propres partis bien au-dessus des intérêts communs de la société. En conséquence – aucune politique cohérente à long terme ne peut être élaborée et les ressources sont systématiquement gaspillées.

On arrive au cinquième point. Les pays occidentaux sont arrogants et manquent d’autocritique. La polarisation au sein des forces politiques de l’Occident a conduit à leur hésitation à rechercher la vérité dans les faits. Sur ce point, peut-être que devrions-nous tout de même rajouter que c’est plus par manque de volonté que par hésitation, mais le sens est bien compris. Global Times rajoute: ils s’en tiennent à l’autosatisfaction et au déni brutal d’explorer la gouvernance en dehors de l’Occident. Ce point est très juste – l’Occident politique reste autocentré sur lui-même, en oubliant qu’il ne représente qu’une minorité évidente à l’échelle planétaire. Le cinquième point est clôturé par la conclusion que l’esprit d’apprentissage des élites occidentales s’est asséché et leur affirmation de soi s’est transformée en un narcissisme extrême. Sur cette note, fort difficile de rajouter quoi que ce soit d’autre.

Sixièmement, pour le média chinois – les systèmes occidentaux, Etats-Unis à leur tête, deviennent tout simplement barbares, en ignorant les lois et les règles internationales, se détournant de convaincre les gens par la vertu et adorant uniquement la force dure. Les régimes occidentaux ont intensifié leurs ingérences dans les affaires intérieures d’autres pays, tout en faisant preuve de la politique de deux poids deux mesures, et ont menacé la paix mondiale. Global Times rappelle qu’au cours des dernières années, les différentes guerres à travers le monde ont pratiquement toutes été lancées par les USA et plus généralement l’Occident.

Septième et dernier point: l’essence de la démocratie à l’occidentale est constamment dans la compression. De nombreuses personnes en Occident mènent ainsi une vie de misère – sans en pouvoir défendre leurs droits. Pendant ce temps, les étiquettes démocratiques de leurs pays ont en fait protégé et dissimulé un certain nombre de maux. Les règles étant formulées par les couches supérieures de la société. A première vue – l’opinion publique est ouverte, mais les gens ordinaires n’ont pas vraiment le droit de faire valoir leur opinion et leurs droits sont constamment bafoués. En effet – une caractéristique fortement réaliste des régimes occidentaux.

Global Times conclue: ces points peuvent être considérés comme les «sept péchés» des systèmes politiques occidentaux – dans la vie réelle. Selon les analystes chinois, les pays occidentaux doivent rapidement se réformer, et, faire évoluer leurs systèmes centrés sur le capital (le fameux libéralisme occidental) à des systèmes centrés sur les personnes.

Ces sept points constituent sans le moindre doute un tableau très réaliste des régimes occidentaux, nostalgiques résolus de l’unipolarité, et si réfractaires dans l’acceptation en bonne et due forme du concept multipolaire mondial. Les recommandations données par les éditorialistes de Chine sont également à saluer, même si connaissant la mentalité toujours en large partie néocoloniale de l’establishment occidental – il est fort peu probable qu’il soit capable de réformes sérieuses, sur les plans intérieurs comme extérieurs. Au grand détriment de ses propres populations.

Ce qui est néanmoins certain: c’est que l’obstinément des élites composant les régimes occidentaux ne saura arrêter la marche en avant des partisans de la multipolarité. Ce processus étant dans une phase déjà avancée. Et le refus de l’establishment occidental de s’adapter à la réalité contemporaine ne rendra la chute que plus douloureuse.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Nord Stream 2: la patience russe n’est pas éternelle

L’Allemagne encourt non seulement d’importantes pertes financières, mais également énergétiques et politiques, si le gazoduc Nord Stream 2 ne sera pas finalisé et mis en exploitation. C’est l’avis de nombre d’analystes, y compris européens.

Les pays de l’Union européenne, et surtout sa première économie en la qualité de l’Allemagne, se retrouvent de nouveau devant un choix stratégique: soit avoir accès à un approvisionnement énergétique fiable et à moindre coût, soit de nouveau céder aux pressions washingtoniennes qui cherchent à asseoir définitivement sur l’Europe bruxelloise leur mainmise non seulement géopolitique et militaire, mais également géoéconomique. La question actuelle à se poser est la suivante: est-ce que Washington prendra de nouveau le dessus sur la prétendue souveraineté européenne?

Pour le journaliste croate D. Marjanović, si Berlin allait à renoncer au gazoduc Nord Stream 2, la Russie le prendra comme un signal clair pour une réponse ferme. Toujours selon l’auteur, l’Allemagne est désormais confrontée à un choix difficile, et même impossible, à savoir comment faire en sorte de faire terminer les travaux et mettre en service Nord Stream 2 et parallèlement être en mesure de rétablir les relations avec les Etats-Unis, endommagées sous l’administration Trump.

Le journaliste croate dans son éditorial se pose également la question de savoir si l’Allemagne «n’essaie pas de s’asseoir sur deux chaises en même temps». En ajoutant que si Berlin pouvait choisir, il sera « le plus ardent des alliés des USA en public, tout en restant un partenaire loyal des Russes dans les coulisses ». Toujours selon lui, la Russie peut accepter une telle équation.

D. Marjanović ajoute également que sur l’exemple de la Turquie, l’Allemagne a compris que les Etats-Unis restaient implacables sur leurs positions, et que s’il fallait comparer le lien avec la Russie via le nouveau gazoduc dans le cas allemand avec l’acquisition de systèmes russes anti-missiles dans le cas turc, le premier étant un «péché» plus important.  

Evidemment et à ce sujet, il serait juste de rajouter ce que l’auteur croate n’a pas mentionné dans son article, à savoir que la politique de la Turquie reste incomparablement plus indépendante et souveraine, aussi bien dans ses relations avec la Russie que le reste du monde, que celle des élites européistes. Et cela se traduit aussi bien dans le dossier des S-400, que sur le plan énergétique également. Après tout, le gazoduc TurkStream, reliant la Russie à la Turquie par la mer Noire est lui bel et bien opérationnel, et ce depuis l’année dernière déjà.

D’autre part, et cela a été rappelé par le leadership russe, c’est que Washington et ses principaux alliés atlantistes veulent maintenir leur projet géopolitique réalisé en Ukraine grâce au budget russe. A savoir maintenir à tout prix le transit du gaz russe à destination de l’UE par le territoire ukrainien. En d’autres termes – maintenir la politique russophobe de Kiev depuis le coup d’Etat de 2014, en maintenant à flot l’économie ukrainienne non pas avec les fonds occidentaux, mais bel et bien avec les finances de Moscou.

Néanmoins, ce dont l’éditorialiste croate voit juste, c’est qu’en cas de non finalisation du gazoduc Nord Stream 2, la Russie ripostera, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Et si cette option devra être activée, cette riposte sera multiple. Sur le plan financier, l’Allemagne devra compenser les importants investissements du projet. Mais ce ne sera pas tout – Moscou pourra également revoir ses approvisionnements énergétiques à destination de l’Europe bruxelloise, tout en sachant que si l’UE pouvait effectivement se passer des livraisons gazières russes – elle l’aurait fait depuis un bon moment. Mais elle ne le peut pas. Ainsi est la puissance énergétique de l’Etat russe.

L’auteur D. Marjanović se pose à juste titre la question: «Et si les Russes se fâchent et ferment les vannes? Qui fournira de l’énergie à l’Allemagne? Les Etats-Unis? Oui, certainement les USA «s’occuperont» de l’Europe de la même manière qu’ils l’ont fait par la mise à disposition du vaccin contre le coronavirus (il y a des données qui indiquent que l’UE n’a pas reçu les doses commandées, car les Etats-Unis ont payé les groupes pharmaceutiques une somme plus importante, et ce malgré le fait que des accords avec l’Union européenne pour ces livraisons étaient déjà signés».

En résumé, si l’auteur croate mentionne plusieurs faits à très juste titre, il n’empêche que la décision que l’Allemagne devra prendre quant à l’avenir du gazoduc Nord Stream 2 – n’est pas si compliquée que cela. Reste à savoir si le pragmatisme économique traditionnel des Allemands aura une chance à s’en sortir face à l’absence d’une souveraineté digne de ce nom. Mais si à la différence de la Turquie, la première économie de l’UE optera pour le renoncement audit projet, elle devra effectivement faire face aux conséquences financières, énergétiques, voire même économico-commerciales, sachant que le business allemand et européiste de façon générale reste toujours fortement implanté sur le marché russe. Et rien n’empêchera Moscou en cas de nécessité d’élargir ses contre-sanctions visant les intérêts occidentaux.

Mais il y a un point tout aussi important. Si les Européens céderont de nouveaux aux prérogatives washingtoniennes, alors l’UE n’aura qu’un rôle d’extrême nain sur l’arène internationale, dans le cadre du monde multipolaire. Après tout, peut-être que les élites européistes ne soient pas opposées à un tel avenir. Quant aux peuples concernés, ils pourront alors en juger de l’efficacité de leurs prétendus représentants.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Médias chinois: La Russie restera stable malgré l’opposition de l’Occident

Au moment des nouvelles tensions entre Moscou et l’establishment politique occidental, la Chine a d’ores et déjà donné de la voix. De la condamnation par la diplomatie chinoise de l’interférence occidentale dans les affaires intérieures russes – jusqu’aux tribunes des principaux médias de Chine. Retour sur la question.

Depuis les récentes condamnations par les élites politiques occidentales, aussi bien washingtoniennes que de plusieurs capitales de l’UE, de la Russie dans la gestion de manifestations antigouvernementales – ayant réuni des milliers de participants sur une population de près de 147 millions d’habitants, Moscou n’a pas manqué de réagir en rappelant aux donneurs de leçons quant à la nécessité de s’occuper pour eux… de leurs propres problèmes internes. D’autant plus que malgré toute la rhétorique hostile visant, une fois de plus, l’Etat russe – les forces de l’ordre du pays restent si loin de la pratique des violences subies par les manifestants aux USA… Ou encore en France.

Dans cette nouvelle phase évidente de tensions entre la Russie et l’Occident, il serait intéressant d’analyser la position de la Chine – entre autres la première économie mondiale en termes de PIB à parité du pouvoir d’achat, troisième puissance militaire mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU au sein duquel Pékin converge sur pratiquement tous les dossiers internationaux avec son allié russe.

Le ton fut déjà donné par la diplomatie chinoise. Ainsi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Zhao Lijian, le 25 janvier, en répondant à la question sur ledit sujet, avait rappelé que la Chine s’oppose systématiquement à l’ingérence extérieure dans les affaires intérieures d’un pays souverain.

Mais la réaction chinoise ne se limita pas au positionnement de ses hauts représentants diplomatiques. Ainsi, plusieurs des plus importants médias de Chine avaient affiché une solidarité claire avec la Russie sur ladite question. A ce titre, un article fort intéressant a été publié par le quotidien Global Times. 

Selon ladite publication, la Russie préservera sa stabilité, et ce malgré les efforts occidentaux encourageant les sentiments de protestation. Le média chinois remet de façon claire les Occidentaux devant leurs propres contradictions dans leur manière de jouer aux moralisateurs. En premier lieu les Etats-Unis. Global Times rappelle également la cohésion de la majorité sociétale russe – ayant tiré les bonnes conclusions des années chaotiques et pro-occidentales de l’ère Eltsine.

Le quotidien remet également en doute la notion d’autoritarisme, dont est taxée la Russie par ses adversaires occidentaux – rappelant l’existence en Russie d’un système multipartite dans lequel le parti au pouvoir pouvait subir de façon démocratique des situations défavorables lors des élections passées. Les journalistes chinois rappellent par ailleurs toute l’importance de la Russie – aussi bien de part sa taille géographique, que de sa capacité de dissuasion nucléaire. Pour Global Times – ni les Etats-Unis, ni l’Occident de façon générale ne peuvent accepter l’existence d’une Russie dans sa stature de puissance indépendante. Et c’est pourquoi Washington comme Bruxelles s’en tiennent à la considération stratégique visant l’affaiblissement de la Russie.

Mais la conclusion des analystes chinois est très révélatrice de la vision du leadership et du peuple de Chine vis-à-vis de la Russie, constituant par la même occasion un élément de réponse à ceux qui doutent quant au long-terme de l’alliance sino-russe, y compris en Occident: «Nous ne pensons pas que la Russie puisse être vaincue par les Etats-Unis et l’Occident. La Russie a une résilience et une endurance que les Occidentaux ne peuvent même pas imaginer. Ce pays est sophistiqué en diplomatie et dans la compétition». En ajoutant: «Depuis l’épidémie du Covid-19, la Russie n’a pas connu des difficultés plus importantes que le monde occidental. Et si les Etats-Unis et l’Occident cherchent à lancer maintenant des troubles politiques, le temps et la chance ne seront pas de leur côté».

Pour Global Times: «les USA et les pays occidentaux poursuivront leurs interférences». Et c’est pourquoi selon le média chinois il est très important pour les pays non-occidentaux de ne pas leur laisser de telles possibilités. Et de conclure: laissons le temps passer. Et on verra alors qui aura plus à faire au chaos – les principales puissances en développement, ou les Etats-Unis et l’Occident.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Vraisemblable échec de la révolution de couleur en Biélorussie

Alors que la Biélorussie faisait partie des priorités récentes en matière de déstabilisation visant l’espace eurasien par les instigateurs occidentaux, la situation actuelle semble confirmer la thèse de l’échec de ce scénario.

Le fait que l’Etat biélorusse faisait partie des principales priorités de l’establishment US et plus généralement atlantiste en termes de déstabilisation de la situation ne laisse aucun doute. Et ce non seulement dans l’objectif de se débarrasser d’un leader mal aimé des Occidentaux, mais également et peut-être surtout de tenter à ralentir la montée en puissance sans précédent de l’espace eurasien dans le cadre multipolaire du monde, ainsi que des principaux adversaires géopolitiques du camp atlantiste, qui partagent des relations d’alliance avec Minsk.

Mais malgré des semaines de manifestations soutenues par les principales capitales occidentales, ainsi que le refus par ces dernières de reconnaitre la légitimité de la réélection du président Loukachenko, tout semble désormais confirmer la thèse de l’échec du scénario voulu et calculé par le camp atlantiste.

Plusieurs faits le démontrent assez clairement. Premièrement, le fait que les principaux alliés de Minsk aient affiché leur solidarité avec le pouvoir légitime n’a laissé aucun doute. Effectivement, l’opposition nette à une interférence extérieure s’est même traduite par l’éventualité déclarée d’une implication de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), à laquelle la Biélorussie appartient. Faisant comprendre aux élites occidentales tout le sérieux de la motivation des alliés de Minsk.

Deuxièmement, les sanctions annoncées par l’Union européenne vis-à-vis de nombre de responsables biélorusses – sans pour autant y inclure Alexandre Loukachenko – a également mis en lumière que malgré le refus de cette UE à reconnaitre la légitimité des résultats de l’élection présidentielle biélorusse et la rhétorique hostile – l’incapacité des Occidentaux à dépasser certaines lignes rouges. Qui auraient été dépassées si l’Occident politique avait effectivement cherché à interférer encore plus dans les affaires intérieures de la Biélorussie.

Troisièmement, et cela est tout aussi important – c’est l’échec, un peu comme à l’image du Venezuela, de se placer pour les élites occidentales en porte-paroles de la communauté internationale. En effet, la voix d’une minorité mondiale ne peut aucunement parler au nom d’une communauté internationale au véritable sens du terme. Le fait que les résultats des élections biélorusses aient été reconnus rapidement par plusieurs grandes puissances internationales et régionales (Chine, Russie, Iran, Syrie, Turquie), sans oublier les autres pays de l’espace eurasien, notamment membres de l’Union économique eurasiatique, ainsi que nombre de pays d’Amérique latine et d’Afrique, a clairement mis en exergue que la véritable notion de communauté internationale est tout sauf celle présentée par les Occidentaux.

Quatrièmement, la tentative des élites occidentales de faire de l’opposante biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa une sorte de leader parallèle, un peu comme à l’image du Venezuela, à savoir présenter un candidat perdant de l’élection comme leader autoproclamé par un groupe limité de pays, le tout dans une totale incapacité d’influer sur les décisions prises au niveau étatique du pays concerné, ne fait confirmer un peu plus tout le ridicule d’une telle approche.

Dernièrement, et cela est peut-être même le plus important car cela concerne les citoyens biélorusses et leur pays. Le refus de soutenir les manifestations par une majorité de la population du pays et l’essoufflement progressif observé au niveau des partisans de l’opposition ont clairement démontré que les instigateurs de la tentative de déstabilisation en Biélorussie peuvent déjà commencer à faire une sorte de bilan de leur échec. Et pourquoi pas par la même occasion faire état des finances parties dans le vent à cet effet.

En effet et selon les sources se trouvant sur place, les manifestations ont non seulement diminué en intensité de par le nombre des participants, mais désormais c’est principalement en week-end qu’elles se déroulent. Les autres jours étant ouvrables – les opposants au président Loukachenko se sont donc rendus à l’évidence qu’il faut reprendre le cours normal des choses – à savoir travailler à l’instar des partisans du gouvernement. Après tout, ce n’est ni Washington, ni Bruxelles, ni toute autre capitale occidentale qui paieront les salaires à la fin du mois.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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La Chine promeut la multipolarité avec l’Afrique

La coopération Chine-Afrique se trouve toujours à un niveau stratégique, et ce pour les deux parties. Si jusqu’à encore assez récemment, l’accent dans l’interaction sino-africaine était surtout mis sur l’aspect économique, désormais Pékin intensifie la partie géopolitique, dans le cadre du soutien à la multipolarité.

Le récent Sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre le Covid-19, a été témoin de plusieurs faits intéressants, notamment lors du discours du président chinois Xi Jinping. Les points principaux ont été reportés par l’agence de presse chinoise Xinhua.

Parmi ces points, le chef d’Etat chinois fait mention de la nécessité d’un travail résolu et conjoint dans la lutte contre la pandémie du Covid-19, la promotion de la coopération sino-africaine en mettant un accent plus important sur la santé, la reprise des activités économiques et l’amélioration du bien-être de la population. La promotion de l’amitié sino-africaine a elle aussi été soulevée. Une mention d’ailleurs qui n’est certainement pas le fruit du hasard, sachant que depuis le début de la pandémie en cours, la Chine a été visée par plusieurs campagnes informationnelles hostiles, y compris à destination du grand public africain.

Mais le fait assez marquant des déclarations lors de son discours était l’appel du président chinois à poursuivre le soutien ferme au multilatéralisme, et ce dans le cadre de l’interaction sino-africaine. Cela a été vu par de nombreux observateurs comme une position claire de Pékin en qui concerne la nécessité d’apporter un soutien massif au monde multipolaire, devenu réalité. Mais qu’est-ce qui a réellement changé si l’on devait comparer au passé?

Si effectivement la Chine ne cachait pas son appartenance à la coalition de pays qui soutiennent le concept multipolaire dans les relations internationales, il est néanmoins vrai que dans le cadre des relations sino-africaines, l’accent était bien souvent mis sur la partie économique et commerciale de ces relations. Désormais et au vu des tensions et pressions existantes à l’heure actuelle sur l’arène internationale, y compris à l’encontre de la Chine et de ses intérêts, Pékin semble élever sa voix comme étant un soutien ferme au monde multipolaire.

Dans le cas plus particulier sino-africain, le leadership chinois compte vraisemblablement sur l’important soutien africain dans les instances internationales, et notamment dans le cadre onusien. Il est certain que vu le nombre de pays africains siégeant aux Nations unies et le nombre d’alliés de Pékin sur le continent africain, le poids réciproque se fera incontestablement sentir, y compris par les opposants déclarés de la multipolarité.

L’avantage indéniable dont jouit Pékin est non seulement dû au fait de sa très large interaction économico-commerciale avec les pays africains, mais également l’appréciation en Afrique de la politique chinoise respectueuse de la souveraineté, des valeurs et des traditions des peuples d’Afrique – sans oublier évidemment l’absence d’un passé colonial. A la différence de ceux qui continuent à donner des leçons au monde entier, y compris aux pays africains, sans pour autant avoir de quelconques bases réelles en termes des valeurs humanistes que les donneurs en question prétendent défendre.

Et vu le nombre de dossiers d’actualité internationale dans lequel le fossé continue de se creuser entre les partisans de la multipolarité d’un côté et les nostalgiques de l’ère unipolaire dépassée, cette interaction sino-africaine est plus que jamais importante.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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L’Europe bruxelloise contre la liberté d’expression ?

L’Europe bruxelloise contre la liberté d’expression ?

Une nouvelle qui fait pratiquement figure de bombe. Plusieurs politiciens de l’Union européenne insistent sur la « nécessité » d’interdire l’accès de l’Europe bruxelloise aux journalistes russes. Aveu de faiblesse, propagande du mainstream en panne ou simplement énième tentative de lutter contre la vérité et la liberté d’expression ?

C’est bien connu, le mainstream occidental a dominé l’espace médiatique international durant de longues années. A un certain moment, on en est même arrivé à la situation dans laquelle des faits étaient totalement déformés du début à la fin, dans le simple but de justifier des interventions criminelles et néocoloniales, et de contrôler ainsi l’opinion publique aussi bien occidentale que mondiale, permettant de commettre en toute impunité les crimes en question. Mais les temps changent. Le développement des nouvelles technologies, et notamment d’Internet, a permis l’apparition d’un nombre conséquent de médias alternatifs, y compris au sein même des Etats occidentaux. Cette révolution a notamment ouvert la voie à une diversification massive des sources d’information, ce qui au final permet à ceux qui le souhaitent de prendre note des informations issues de ces différentes sources, d’analyser les informations reçues et de se créer sa propre opinion, quel que soit le thème traité. Chose vraisemblablement à laquelle le mainstream n’était aucunement prêt.

Peu étonnant donc que certaines voix s’élèvent au sein de l’Occident politique et médiatique pour tenter de contrer ces nouvelles sources informationnelles à l’heure où leurs médias vivent une véritable crise de confiance de la part de leurs propres concitoyens, sans parler même de leur influence en chute libre au niveau global. Le premier journaliste russe ayant été visé par les sanctions occidentales est le célèbre présentateur TV et directeur général de l’Agence d’information internationale Rossiya Segodnya, Dmitri Kisselev, devenant par la même occasion le premier journaliste au monde à faire officiellement objet de sanctions politiques de la part de ceux qui crient chaque jour qui passe que la liberté d’expression est un droit inébranlable.

La junte kiévienne, le nouvel allié occidental, responsable par ailleurs de la mort de plusieurs journalistes russes comme étrangers, a de son côté déjà établi sa propre liste de journalistes russes et étrangers travaillant pour les médias de Russie et n’entrant pas dans le cadre du mainstream, qui sont désormais interdits d’accès sur le territoire ukrainien. Des choses à cacher ? Peur de la vérité ? Quoiqu’il en soit, le représentant de l’agence d’information ukrainienne UNIAN appartenant au sinistre oligarque israélo-ukrainien Igor Kolomoïsky, ce dernier étant parallèlement le principal sponsor local de l’expédition punitive des troupes néofascistes contre les habitants de Novorossia, lui se balade tranquillement à Moscou et se permet même de temps à autre, de raconter ses inepties lors de débats radio-télévisés russes, auxquels il est parfois invité. Pareil pour ses collègues travaillant en Russie pour les médias du mainstream et les agences de presse occidentales.

Et aujourd’hui, cette « nouvelle » Ukraine demande officiellement à ses alliés bruxellois de fermer l’accès aux pays de l’UE à plus de 300 journalistes russes. Et d’après plusieurs sources, certains eurodéputés sont déjà prêts à soutenir cette « initiative ». Que l’Ukraine fascisante adopte une telle attitude n’est aucunement surprenant. Tout gouvernement qui adopte l’idéologie néofasciste comme modèle de développement utilise des méthodes qui sont propres à un tel régime. Mais si l’Europe bruxelloise, qui aime tellement donner des leçons en termes de démocratie, de droits de l’homme et de liberté d’expression, et ce aux quatre coins du monde, irait à faire de même, ce serait tout simplement un signal plus que clair à toute l’humanité que ceux qui se présentent en maîtres absolus de la liberté d’expression, seraient trop loin des idéaux qu’ils désirent « inspirer » au monde. Autre fait surprenant, même en pleine guerre froide, il n’était pas question de sanctionner des journalistes de part et d’autre. D’ailleurs, plusieurs journalistes et correspondants soviétiques ayant travaillé dans les pays occidentaux à cette période, affirment n’avoir jamais eu à faire face à de telles mesures, mêmes éventuelles.

Visiblement au XXIème siècle, cela est devenu d’actualité. Reste à penser que les leaders bruxellois n’iront pas encore plus dans le ridicule en copiant leurs « nouveaux amis » néofascistes. Le faire reviendrait à définitivement ouvrir les yeux à leurs propres citoyens, pour certains encore hésitants, que la vérité est bien ailleurs qu’au sein de l’Occident médiatique. Quant aux autres médias, russes et pas seulement, n’entrant pas dans cette logique du mainstream et connaissant une popularité montante sans précédent, leur influence ne ferait alors que s’accroitre encore plus rapidement pour devenir de véritables références en matière de réinformation. Et c’est peut-être pour la première depuis bien longtemps que l’Occident politique et médiatique serait en train de perdre la guerre d’information qu’il mène sans relâche contre ceux qui ne se soumettent pas à son diktat. Réalité du monde multipolaire oblige.

http://french.ruvr.ru/2014_09_22/L-Europe-bruxelloise-contre-la-liberte-d-expression-4085/

Mikhail Gamandiy-Egorov

 

Une troupe de théâtre nommée Union européenne

Une troupe de théâtre nommée Union européenne

La riposte russe aux sanctions occidentales n’en est qu’à sa première phase (la suite dépendra des « actions » des pays occidentaux), et pourtant la comédie de Bruxelles bat son plein.

Après avoir réalisé les dégâts qu’ils ont eux-mêmes causés à leurs compatriotes par leur politique irréfléchie et non-souveraine, les responsables bruxellois poursuivent dans le ridicule.

Heureusement que le ridicule ne tue pas. Sinon cela aurait été depuis longtemps une catastrophe totale pour les habitants de l’Europe bruxelloise. Après avoir fait face à la riposte russe aux sanctions occidentales, dont celles de l’UE, Bruxelles a d’abord crié au scandale (comme s’il croyait vraiment que la Russie allait rester spectatrice dans cette situation), puis a décidé « d’agir ». Comment ? Eh bien simplement en tentant de « convaincre » les Etats, dont les producteurs agricoles et fermiers remplacent déjà et avec très grand enthousiasme les fournisseurs occidentaux sur le marché russe, en premier lieu ceux d’Amérique latine, de ne pas être « opportunistes » et de ne pas occuper ainsi la place des producteurs issus de l’Union européenne.

Après cela, certains ont-ils encore des commentaires à faire ? Je crois qu’après cela, tout commentaire est superflu. Voici à ce titre la déclaration venant d’une source haut placée au sein de l’UE : « Nous mènerons des négociations avec les pays susceptibles de substituer nos produits à l’exportation vers la Russie pour leur faire comprendre que nous espérons qu’ils ne tireront pas injustement profit de la situation qui a vu le jour ».Donc en d’autres termes, ce que les « leaders » de l’UE ont voulu dire à l’Amérique latine, ainsi qu’aux autres pays concernés, revient à peu près à la chose suivante : « n’augmentez pas vos capacités sur le marché russe. Ne donnez pas la possibilité à vos producteurs nationaux de se faire beaucoup d’argent sur l’énorme marché que représente le marché russe. Soyez sympas et restez en dehors de tout cela. Après tout, nous sommes vos anciens colons, vous devez donc encore nous obéir »…

Et vous imaginez ne serait-ce qu’un instant, que ce sont des « représentants » du continent européen qui affirment ces inepties. Ou en tout cas, ceux qui prétendent le représenter. Une autre source avait-elle précisé que mis à part l’aspect juridique et « moral » de la question, il s’agirait de « négociations politiques » afin de « fédérer l’opinion internationale sur la situation en Ukraine ». En d’autres termes : « Les Russes sont les méchants. Et nous les gentils. Quant à vous, vous devez être de notre côté ! ».

Maintenant, puisqu’on a mentionné les inepties des leaders de l’UE, répondons-y point par point :

– L’époque de la colonisation, c’est heureusement du passé. Bien que malheureusement dans certaines régions du monde, le néocolonialisme est plus actif que jamais. Notamment sur une partie du continent africain, qui continue toujours à en souffrir. Mais en ce qui concerne l’écrasante majorité des pays d’Amérique latine, la page du colonialisme (européen comme étasunien) a été tournée de la plus belle des manières, et ce depuis plusieurs années !

– Concernant le « but » de « fédérer l’opinion internationale sur la situation en Ukraine », les « braves » leaders bruxellois oublient également une chose très importante. La quasi-totalité des pays d’Amérique latine, à l’instar des pays des BRICS, soutiennent la position russe sur cette question et aucunement l’approche occidentale. La récente visite de Vladimir Poutine en Amérique latine a justement confirmé d’une part l’alliance entre la Russie et la grande majorité des pays latino-américains, et d’autre part et plus globalement l’alliance des BRICS (dont l’un des membres n’est autre que le Brésil, poids lourd latino-américain) avec les pays de cette grande région du monde.

– Et pour finir, mis à part l’aspect géopolitique, il faut savoir qu’il y a très peu de pays dans le monde qui fermeront bêtement les yeux sur leurs intérêts économiques et commerciaux, ainsi que sur les intérêts de leurs producteurs et entrepreneurs. L’Amérique latine et d’autres groupes de pays ne font pas exception. La seule exception étant justement l’Union européenne, suivant en quasi-esclave les ordres de Washington. C’est en effet l’une des rares exceptions à la règle.

Après les nombreux pays d’Amérique latine, très enthousiastes de pouvoir augmenter massivement la présence de leurs produits (de plus très souvent de bien meilleure qualité que ceux en provenance des USA/UE), et surtout après la confirmation de la grande alliance avec la Russie dans le nouveau système des relations internationales, ce fut au tour de l’Egypte d’annoncer la même intention, ne serait-ce qu’au moins dans le domaine économique et commercial, voire beaucoup plus…

En effet, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi était tout récemment en visite en Russie où il a eu de grands entretiens avec Vladimir Poutine, portant sur les relations bilatérales entre les deux pays. A noter que la Russie était le premier pays, en dehors du monde arabe, que le leader égyptien a visité depuis son élection à la présidence de son pays. Principaux résultats de la visite ? L’Egypte augmentera de 30% ses fournitures de produits agricoles à la Russie, enfonçant ainsi encore plus le clou pour l’UE. Vraisemblablement et même si les leaders occidentaux finiront par retrouver ne serait-ce qu’un minimum de raison, leurs producteurs auront désormais énormément de mal à retrouver leurs positions d’antan sur le marché russe. D’autre part, l’Union douanière et l’Union économique eurasiatique (Russie, Kazakhstan, Biélorussie, ainsi que bientôt l’Arménie et le Kirghizistan) envisage de créer une zone de libre-échange avec l’Egypte. Par ailleurs, Le Caire a invité Moscou à participer aux travaux sur le nouveau canal de Suez.

Et après tout cela, il y en a encore certains qui croyaient (certains le croient toujours) qu’ils sont le centre du monde…

Pendant ce temps, la liste des pays membres de l’UE exigeant une indemnisation en raison des sanctions russes s’allonge de jour en jour. Finlande, Pologne, pays baltes, Grèce, Espagne, Belgique, France, Italie… Pour certains producteurs des dits pays, c’est la catastrophe pure et simple, n’arrivant même pas à vendre à moitié prix et à perte, leurs produits initialement destinés à la Russie. Et tout cela alors que la Russie garde encore bon nombre d’options plus que sérieuses dans le tiroir.

L’Union européenne représente effectivement une grande troupe théâtrale. Pour certains comique et tragique pour d’autres. Ses représentations théâtrales se déroulent le plus souvent à Bruxelles, où se trouve son théâtre principal. Le propriétaire de la troupe, lui, est basé à Washington.

http://french.ruvr.ru/2014_08_15/Une-troupe-de-theatre-nommee-Union-europeenne-2019/

http://french.ruvr.ru/by_author/89470235/

 

Le désespoir du comportement occidental et l’exemple sud-américain pour l’Afrique

Президент Боливия Эво Моралес самолет Falcon 900 EX аэропорт Вена Австрия

Les dernières semaines ont été riches en événements : nouvelle révolution en Egypte, affaire d’Edward Snowden qui demande officiellement l’asile politique en Russie et comportement scandaleux de la part des pays européens à l’encontre d’un chef d’Etat, en l’occurrence d’Evo Morales, président de la République de Bolivie.

             

 Il aurait été intéressant d’aborder deux choses dans cet article. La première est que l’Europe (au sens de l’Union européenne) a prouvé une fois de plus qu’il ne s’agit nullement d’un ensemble indépendant. Crier au scandale suite aux révélations faites par Edward Snowden face à « l’allié » étasunien et juste après fermer son espace aérien à un chef d’Etat qui transporterait soi-disant le fameux jeune homme, c’est tout simplement de l’hypocrisie par excellence… Pire encore, contraindre à une escale forcée un avion présidentiel, le retenir durant près de 13 heures et fouiller l’avion du président Morales est la pire violation qui puisse être lorsqu’on connait ne serait-ce qu’un peu l’immunité diplomatique, d’autant plus lorsqu’il s’agit d’un chef d’Etat et lorsqu’on maitrise un peu le droit international.

 Dès son retour au pays, Evo Morales a été acclamé par ses concitoyens. Les manifestants boliviens ont également jeté des pierres sur l’ambassade de France qui avait fermé son espace aérien à l’avion de leur président. Par ailleurs, plusieurs drapeaux français, étasuniens et ceux de l’Union européenne ont été brûlés lors des manifestations en Bolivie. Il faut avouer que depuis pas mal de temps, on est habitué à voir brûler des drapeaux des USA et d’Israël au quatre coins du monde, mais depuis quelques années, ceux de la France, pays des droits de l’Homme et de la démocratie, commencent à rattraper activement le retard, surtout après les interventions néocoloniales en Côte d’Ivoire ainsi qu’en Libye, et maintenant après l’alignement, une fois de plus, sur le pays de l’Oncle Sam dans l’affaire Snowden, en insultant ouvertement un chef d’Etat. Après tout, en suivant la logique du gouvernement français, si les USA écoutent les conversations téléphoniques et lisent les messages électroniques des citoyens français, c’est pour leur bien, non ? Une surveillance « utile » devrait-on penser.

 Quoiqu’il en soit, la réaction sud-américaine ne s’est pas fait attendre. L’Union des nations sud-américaines (UNASUR) a vivement condamné le comportement des pays européens et a exigé des excuses publiques de la part des pays concernés. Dans une déclaration commune, les pays de l’UNASUR réclament des explications à la France, au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie et dénoncent des « actes inamicaux et injustifiables ». La présidente de l’Argentine, Cristina Fernandez de Kirchner, a quant à elle déclaré que le comportement européen montre « un vestige du colonialisme » et une « humiliation pour toute l’Amérique du Sud ». Le chef d’Etat équatorien Rafael Correa a affirmé pour sa part que si c’était un chef d’Etat occidental qui avait subi la même situation, « les tambours de la guerre auraient probablement déjà sonné ». Nicolas Maduro, le président du Venezuela, a ajouté de son côté qu’un ministre d’un gouvernement européen ayant souhaité garder l’anonymat lui a affirmé que c’est la CIA qui était derrière ledit incident. Ce qui est certain, c’est que la réaction de l’UNASUR est une réponse digne à un comportement colonial, surtout lorsqu’on sait que l’Amérique du Sud est un continent qui a bien connu ce triste phénomène, y compris au XXe siècle.

 Néanmoins, le fait que l’Europe dans sa forme qu’est l’UE ait prouvé une fois de plus sa vassalité à l’Empire étasunien et d’une manière aussi ridicule, au final n’est pas si surprenant. Surtout lorsqu’on connait les liens étroits entre les « élites » occidentales. Le problème, c’est que les ces vassaux imposent à leur tour le système vassalique à d’autres pays, en premier lieu africains. L’Afrique est effectivement le continent qui au 21e siècle subit encore la loi coloniale, en premier lieu de ses ex-métropoles. Que faire face à cela ?

 Eh bien, l’Afrique doit probablement s’inspirer considérablement du continent sud-américain. Il n’y a pas si longtemps encore, l’Amérique du Sud et l’Amérique latine en général étaient considérées comme des territoires conquis par l’Empire étasunien. Pourtant aujourd’hui, grâce à des leaders responsables et patriotes, la situation est toute autre et une vraie union solidaire a été mise en place par les leaders sud-américains. Il s’agit véritablement d’une union capable de répondre aux défis qui lui sont lancés, et ce non seulement au niveau régional mais également global. C’est l’occasion donc pour l’Afrique de s’inspirer de l’UNASUR pour relever les nombreux défis du continent africain, subissant encore aujourd’hui la loi du plus fort et ne profitant nullement dans sa majorité des énormes ressources qui lui appartiennent. D’autant plus que les Etats occidentaux et leurs « élites » à court d’idées prouvent de par leur comportement, pour le moins ridicule, un aveu presque non voilé d’impuissance. Le monde change à vitesse grand V, aidons-le dans cette voie. Ceux qui traditionnellement dictent et imposent aux autres leurs volontés finiront bien par se conformer à la nouvelle réalité, dans un monde nouveau et plus juste. Hasta la vista !

http://french.ruvr.ru/2013_07_15/Desespoir-du-comportement-occidental-et-exemple-a-suivre-sud-americain-4608/

Mikhail Gamandiy-Egorov