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Armes occidentales pour l’Ukraine: la revente a déjà commencé

10.06.2022

Les armes envoyées par les USA et l’Otan risquent de tomber dans les mains des réseaux criminels et même des terroristes, note Global Times dans son éditorial. Des perspectives qui créeront des défis sécuritaires évidents, y compris pour les pays européens.

Dans un article co-écrit par Fan Lingzhi et Lin Xiaoy pour le quotidien anglophone chinois Global Times,il apparait clairement que les livraisons massives d’armes de l’Otan à destination de l’Ukraine montrent déjà les signes d’une catastrophe sécuritaire à venir, y compris pour les pays occidentaux. Un sujet déjà abordé par Observateur Continental.

Comme l’indique l’éditorial de Global Times – déjà fin mai dernier, Catherine de Bolle, la directrice exécutive d’Europol – avait déclaré aux médias allemands qu’il était à craindre que l’équipement militaire envoyé par l’Occident en Ukraine ne finisse sur le marché noir, ainsi qu’entre les mains des terroristes et des criminels.

Cela en parallèle des rapports antérieurs des services russes de renseignement qui indiquent que les Etats-Unis intensifiaient leurs efforts afin de recruter des membres de groupes terroristes internationaux, dans l’objectif de les faire combattre en qualité de mercenaires en Ukraine contre les Forces armées russes, comme l’indique également le quotidien chinois.

Plusieurs des experts interrogés par Global Times ont affirmé qu’il sera fort difficile de contrôler le flux d’armes envoyé en Ukraine, et qu’au final ce sera non seulement l’Europe – privée de son autonomie sécuritaire par les USA et l’Otan – mais également les pays du monde non-occidental qui en subiront les coûts.

Les journalistes chinois rappellent effectivement une notion très importante: ceux qui préfèrent vivre par l’épée – tomberont par l’épée. Et bien que le complexe militaro-industriel occidental profite de la situation actuelle, d’après les experts interrogés – cela se retournera contre lui.

En parlant de perspectives – le fait est que désormais cela n’est même plus un pronostic d’avenir, mais bel et bien déjà une réalité. En effet et sur le darknet les ventes d’armements occidentaux transmis au régime kiévien sont déjà en cours. Ainsi, le lance-missiles antichar étasunien Javelin, dont chaque unité coûterait 178 000 dollars selon le budget du Pentagone pour l’année 2021 – serait revendu 30 000 dollars l’unité aujourd’hui à partir de l’Ukraine. Soit pratiquement un discount de 6 fois…

Li Wei – expert en sécurité à l’Institut chinois des relations internationales contemporaines dans son commentaire à Global Times – rappelle par ailleurs la gestion chaotique des armes reçues du côté du régime ukrainien. L’expert chinois indique qu’à la différence de l’armée russe, l’effectif armé ukrainien ne dispose pas d’un système digne de ce nom de gestion des armements à sa disposition. Car en plus de l’armée dite régulière, il existe le bataillon Azov et d’autres structures similaires. Cela sans oublier la distribution des armes aux civils qui avait été réalisée par Kiév.

Pour He Zhigao – chercheur à l’Institut des études européennes à l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS) – «si ces armes tombent entre les mains d’organisations terroristes et de gangs criminels, cela pourrait renforcer le séparatisme européen et déclencher un conflit interne. Et c’est alors que l’Europe devra assumer sa responsabilité vis-à-vis des actions militaires étasuniennes, ainsi que pour ses propres erreurs».

Il a également ajouté que l’afflux de réfugiés ukrainiens augmente considérablement le risque d’attaques terroristes. Pour cet autre expert chinois – l’Europe a clairement perdu de son autonomie sécuritaire – comme résultat des actions des USA et de l’Otan.

Pour conclure et selon Global Times – la définition de soutien au terrorisme telle qu’elle est définie dans la Convention internationale pour la répression du financement du terrorisme – correspond «presque parfaitement» au comportement affiché par Washington, bien qu’ironiquement les USA fassent partie de ladite convention.

A notre niveau nous ne pouvons que dire que si l’Europe bruxelloise a déjà sacrifié fort vraisemblablement la sécurité de ses propres citoyens pour le compte du donneur d’ordre washingtonien – le monde non-occidental devra prendre toutes les dispositions nécessaires pour contrôler le chaos créé par l’establishment atlantiste de l’Occident, et ce dans toutes les régions mondiales concernées.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La déformation occidentale des faits face à la possible crise alimentaire

07.06.2022

L’establishment politico-médiatique occidental tente par tous les moyens d’annoncer l’éventuelle crise alimentaire internationale comme étant la responsabilité de la Russie, en oubliant par la même occasion de présenter les statistiques et faits réels. Et surtout ses propres responsabilités.

Tout d’abord, il serait correct de rappeler quelques statistiques fondamentales que nombre de politiciens et de médias occidentaux avaient préféré occulter. Dans l’imaginaire occidental, il est même tenté de créer une image d’une Ukraine comme d’un grenier mondial, et dont l’opération militaire spéciale de la Russie serait en train de «détruire». A ce titre, les faits parlent d’eux-mêmes et s’il y a bien un grenier mondial – c’est bien l’Etat russe.

En effet, la Russie est le premier exportateur mondial de blé, tandis que l’Ukraine n’est que cinquième. Et ce depuis déjà plusieurs années. Donc les tentatives de coller l’Ukraine à la Russie en qualité de grenier mondial par la partie occidentale est déjà incohérente ne serait-ce que du point de vue qu’on ajoute à cet effet le cinquième exportateur mondial au premier, pour tenter par la même occasion de créer une image d’une Ukraine «irremplaçable» sur le marché alimentaire international.

En se basant sur cette logique et suivant le même schéma, il est parfaitement possible aussi de coller le 8ème, 9ème ou 10ème exportateur mondial au premier, et le volume représenté sera conséquent. Tout cela pour dire que s’il y a bien un pays dont dépend énormément la sécurité alimentaire à l’échelle internationale – il s’agit bien de la Russie, et non pas tellement de l’Ukraine.

Idem pour ce qui est des engrais – autre orientation essentielle pour la production agricole à divers endroits de la planète. Les statistiques pour l’année 2021 parlent d’elles-mêmes: la Russie était et reste le principal exportateur mondial d’engrais. Tandis qu’un pays comme l’Ukraine n’était classé que 25ème.

S’il y a bien en revanche un domaine dans lequel l’Ukraine partage effectivement les deux premières places mondiales avec la Russie en volume de production – il s’agit de l’huile de tournesol. Bien qu’il soit important de rappeler que les pays dits comme particulièrement concernés par la possible crise alimentaire mondiale ont beaucoup plus besoin des céréales russes que de l’huile de tournesol ukrainienne. Sachant que nombreux de ces pays consomment principalement l’huile de palme et non de tournesol.

Aussi, l’establishment occidental qui accuse la Russie d’être responsable de la situation oublie deux points essentiels: le premier étant les sanctions occidentales qui visent la Russie et qui ont eu un impact sur les chaines logistiques d’approvisionnement. En ce qui concerne plus particulièrement les exportations ukrainiennes – les représentants russes ont maintes fois rappelé que le blocage ne se fait pas au niveau de la Russie, mais au fait que le régime kiévien a installé des mines marines au niveau des principaux ports maritimes concernés – empêchant les navires de pouvoir circuler en sécurité avec les marchandises.

Macky Sall, le chef d’Etat sénégalais et président en exercice de l’Union africaine (UA) lors de sa récente rencontre à Sotchi avec Vladimir Poutine, avait justement de son côté critiqué les sanctions occidentales et rappelé que l’accès aux céréales et engrais russes avait une importance primordiale pour les pays africains. Un échange dont Macky Sall est sorti largement rassuré et satisfait, au moment où la Russie travaille activement pour pouvoir assurer ses livraisons des dits produits à destination des pays amis, dont bien évidemment ceux d’Afrique.

Il est donc évident que ceux qui créent des obstacles aux exportations alimentaires et affiliées en provenance de Russie – ne peuvent certainement pas jouer aux bonnes âmes qui se soucient de la sécurité alimentaire mondiale. Mais peut-être que prétendant s’intéresser à ce problème des «autres», l’Occident cherche avant tout à pouvoir assurer sa propre sécurité alimentaire? Notamment dans le domaine des engrais. Car au-delà de la dépendance énergétique de l’UE totalement évidente, la Russie fournit par la même occasion 25% de l’approvisionnement européen en azote, potasse et phosphate.

Pour l’anecdote, faudrait-il rappeler qu’il y a encore de cela plusieurs années – les engrais russes étaient revendus pour les clients africains à travers des intermédiaires occidentaux? Cette page, fort heureusement, semble définitivement être tournée. Les pays non-occidentaux, y compris africains, ont pour grand nombre d’entre eux parfaitement compris la nécessité de maintenir les relations mutuellement bénéfiques avec la Russie. Quant à la sécurité alimentaire des pays occidentaux – il est évidemment peu probable que l’arrogance de leur establishment pourra d’une quelconque manière apporter des solutions dignes de ce nom. Y compris pour les citoyens européens.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Bamako acte le divorce avec Paris

09.05.2022

Les relations entre la République du Mali et le régime hexagonal semblent plus que jamais au bord de la rupture. Une rupture que les autorités maliennes, ainsi que la large partie de la société civile du pays, semblent parfaitement assumer. A la différence de l’establishment élyséen et de son réseau françafricain.

Les relations entre les deux pays ne cessent de se détériorer depuis un an. La dénonciation par les autorités maliennes des accords de défense avec la France est un épisode décisif d’un processus de divorce émaillé de rebondissements, écrit Maliweb.

Pour le média malien, ce n’est peut-être qu’un épisode de la crise diplomatique entretenue par l’Hexagone pour affaiblir les autorités de la Transition, mais la décision de celles-ci de dénoncer les accords de défense avec Paris et ses partenaires européens constitue une étape inédite. Elle consacre une rupture quasi-totale, l’apogée d’une situation conflictuelle qui dure depuis mai 2021.

En effet, il faut rappeler que la décision du gouvernement du Mali de dénoncer les accords de défense avec l’establishment élyséen – intervient après la suspension, désormais définitive, des médias de propagande hexagonaux que sont France 24 et RFI d’émettre dans le pays. Une décision qu’a contestée avec «force» France Médias Monde – la maison-mère des deux relais propagandistes élyséens.

On ne se rappelle d’ailleurs pas d’une quelconque contestation similaire de ladite maison lorsque des médias alternatifs se sont vus interdire de diffuser sur le sol de l’UE. Mais en cela, c’est toute l’hypocrisie occidentale des concernés qui n’a fait que se dévoiler une fois de plus. En parlant d’ailleurs toujours de l’establishment politico-médiatique hexagonal et occidental – ce dernier continue de nommer les autorités maliennes comme étant une «junte», en oubliant que s’il y a bien une junte c’est très certainement le régime ukrainien post-Maïdan à qui cette caractéristique s’applique le mieux, et dont les régimes occidentaux, y compris hexagonal, en sont les principaux parrains.

Au-delà de l’aspect purement hypocrite, ce manque flagrant d’un minimum de dignité du côté occidental ne nécessite en principe même pas de commentaire supplémentaire. Lorsque des millions de citoyens ukrainiens (pour beaucoup désormais ex-ukrainiens faut bien le préciser) refusaient de reconnaitre le résultat du coup d’Etat pro-occidental de 2014 à Kiev – les régimes occidentaux, eux, parlaient de légitimité et d’un gouvernement «parfaitement» légal. En oubliant par la même occasion tous leurs propres engagements pris vis-à-vis du gouvernement ukrainien reconnu par la communauté internationale qu’était celui de Viktor Ianoukovitch.

Quant au Mali – où les autorités nationales disposent d’un énorme soutien populaire – les prétendants à l’exceptionnalisme planétaire parlent jusqu’à maintenant de «junte». Au même temps, il est vrai que les caractéristiques données par les régimes occidentaux et leurs relais propagandistes à l’encontre de leur pays n’ont très peu, voire pas du tout, d’influence sur les motivations des citoyens maliens, il n’empêche que cela résume de manière supplémentaire toute la philosophie occidentale, ou plus particulièrement celle de l’establishment atlantiste.

Une chose est sûre. La dénonciation par Bamako des accords de défense avec Paris est une étape cruciale pour la suite des événements. Et pas seulement en terre malienne, mais à beaucoup d’autres endroits de la région concernée et du continent africain dans son ensemble. Depuis des années, ce type d’accords fait l’objet d’innombrables condamnations de la société civile panafricaine, qui n’y voit qu’un des principaux instruments de la domination occidentale sur leurs pays respectifs et leur continent.

Aujourd’hui et après des résistances efficaces de pays comme le Burundi, la RCA, l’Ethiopie face à cette politique de prédateurs occidentaux, le Mali représente indéniablement l’un des nouveaux porte-flambeaux du panafricanisme, jouant un rôle de première importante pour l’Afrique dans le cadre de l’ère multipolaire internationale.

Et si longtemps l’Occident avait fait croire que l’Afrique ne peut pas survivre sans sa participation, les événements en cours actuellement démontrent au contraire que c’est bel et bien cet Occident arrogant, disposant certes encore d’instruments visant à déstabiliser les nations souveraines pour maintenir l’hégémonie d’une extrême minorité planétaire – qui a besoin du monde non-occidental pour survivre et maintenir une relative stabilité.

Comme Observateur Continental le disait précédemment: un pays comme la République centrafricaine – d’un exemple caractérisé par le chaos durant de longues années – est devenu une source d’inspiration pour beaucoup d’autres nations africaines. Le Mali, d’ailleurs, ne fait que le confirmer en devenant à son tour un exemple inspirant pour d’autres Etats du continent visant à tourner définitivement la page de l’instabilité et des schémas néocolonialistes.

Et comme également annoncé précédemment: les élites occidentales, ayant été dans l’incapacité la plus totale à s’adapter au monde contemporain multipolaire, risquaient à terme de devoir faire face à des évacuations humiliantes de leurs troupes et mercenaires – en Afrique, comme à d’autres endroits du monde – avec en prime l’obligation d’observer la joie des populations des pays concernés qui les accompagneront jusqu’à la piste de décollage. Désormais cette constatation n’est plus une perspective. C’est bel et bien un fait admis.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Pour le FMI – l’Ukraine a besoin de dons et non pas de prêts

Les structures affiliées à l’Occident font preuve d’une «solidarité» presque sans limite vis-à-vis du régime kiévien. Les Etats européens, pourtant faisant face à de nombreux défis économiques, ne seront pas épargnés par l’action de générosité réclamée par Kiev et ses principaux parrains. D’autant plus que vraisemblablement, l’Ukraine ne sera pas en mesure de rembourser quoi que ce soit.

Pour rappel, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait récemment indiqué que son pays a besoin de 7 milliards de dollars mensuels pour pouvoir continuer à faire fonctionner son économie, et surtout de continuer à remplir les responsabilités sociales pour le paiement des salaires et des retraites. En passant – des obligations sociales, dont les retraites, que ledit régime ne paie plus à «ses citoyens» du Donbass depuis maintenant de longues années, et d’autres territoires suspectés d’être aujourd’hui en faveur de la Russie, comme la région de Kherson.

A l’heure où l’establishment occidental, plus particulièrement anglo-saxon et affilié, maintient le cap de livraisons d’armements au régime kiévien, la réalité fait que les armes aussi massives soient-elles ne pourront évidemment pas répondre aux besoins de simples citoyens ukrainiens. Tout le paradoxe d’ailleurs du régime de Kiev réside dans l’aspect promu par ses conseillers étasuniens, à savoir que le régime kiévien réclame plus d’aide à l’Occident, et particulièrement à l’Europe, adopte un ton qui dicte aux Européens de ne plus commercer avec la Russie, tout en continuant à percevoir les paiements pour le transit du gaz russe à destination de l’UE, et en obtenant le chauffage dans les foyers ukrainiens – en provenance de la «méchante» Russie.

Mais peu importe – paradoxe ou non, l’Europe doit suivre ce que réclame Kiev, ainsi que ses parrains de Washington et Londres. La dignité n’étant pas le point fort des cités depuis un long moment. Pour ce qui est du Fonds monétaire international (FMI), et plus particulièrement sa directrice générale Kristalina Georgieva, l’appel est tel que les besoins financiers de l’Ukraine et la manière de les combler «doit passer le plus possible par des donations plutôt que des prêts».

En d’autres termes – Kiev ne sera vraisemblablement pas capable de rembourser ses créanciers. Car au-delà du fait qu’un conflit armé soit en cours, par rapport auquel d’ailleurs nombreux observateurs se posent la question légitime du pourquoi d’une telle générosité vis-à-vis du régime kiévien à la différence de nombreux autres pays passés par des situations de guerre – mais surtout au niveau de corruption systématique de l’Etat ukrainien que le coup d’Etat pro-occidental de 2014 n’a tout sauf amélioré. Faisant depuis ledit coup d’Etat de l’Ukraine l’un des deux Etats les plus pauvres d’Europe.

Evidemment, certains comptent bien remporter la mise, en obtenant par exemple des livraisons de produits alimentaires stratégiques en provenance de l’Ukraine en échange d’avoir apporté, ou simplement trouvé des financements pour le compte kiévien. En d’autres termes – parfois et tout simplement des intermédiaires de certains «cabinets» et lobbies occidentaux. D’autres, notamment plusieurs pays européens, apporteront tout simplement des fonds des contribuables des pays respectifs sans aucun retour sur «investissement».

Peut-être évidemment que les responsables européistes justifieront cela par la nécessité de soutenir une «démocratie» et une prétendue «résistance» de l’Etat ukrainien post-Maïdan face au méchant ours russe. Dans tous les cas – nombreux sont les contribuables justement qui ne souhaitent guère subir des pertes économiques importantes de leurs Etats avec des conséquences directes pour leur vie quotidienne, le tout pour le compte d’un régime qui ne leur apportera rien en échange. Et plus que cela, continuera à tenter de dicter les actions à suivre pour ces mêmes pays en question.

Il est évident que dans ce schéma, les élites washingtoniennes et plus généralement anglo-saxonnes ne subiront pas de pertes comparables à l’Europe continentale. Mais après tout, c’est pour «la bonne cause», diront les responsables atlantistes. Quant aux populations respectives, elles n’auront que leurs yeux pour constater les effets de cette politique appliquée par leurs élus.

Mikhail Gamandiy-Egorov

La Moldavie dans une situation délicate

28.04.2022

La République de Moldavie se retrouve dans une situation complexe où d’un côté l’alignement pro-occidental de son gouvernement actuel lui fait subir d’énormes pressions en provenance de l’axe atlantiste, d’un autre la volonté de maintenir une stabilité pour le pays pousse au choix d’une relative neutralité, de plus en plus difficilement conciliable avec le premier aspect.

Les événements de l’opération militaire en Ukraine ne laissent pas la Moldavie voisine indifférente. D’ailleurs, cela est d’autant plus compliqué qu’au-delà des questions liées à la République moldave du Dniestr (la Transnistrie) – ayant obtenu de-facto l’indépendance au début des années 1990 de Chisinau, ou encore la Gagaouzie – région autonome moldave majoritairement turcophone également pro-russe, l’Etat moldave est lui-même divisé entre les partisans pro-occidentaux et ceux qui considèrent que l’avenir du pays est inévitablement lié à la Russie. Y compris pour ce qui est des échanges économiques.

Depuis le début de l’opération russe de fin février dernier, Chisinau a effectivement fait le choix d’une très relative neutralité. Très relative car d’un côté se joignant à la guerre contre les symboles sacrés pour la grande partie des peuples d’ex-URSS liés à la Grande Guerre patriotique, un positionnement d’ailleurs largement critiqué par l’opposition moldave. D’un autre, refusant pour le moment à se joindre à la coalition des sanctions contre la Russie.

C’est pourquoi les événements récents en République moldave du Dniestr – sécessionniste vis-à-vis de Chisinau – plus particulièrement les actes de terrorisme attribués à des éléments ukrainiens selon les autorités de la Transnistrie basées à Tiraspol, devront faire réfléchir à plus d’une fois le régime pro-occidental moldave quant à une implication militaire à l’encontre de la Transnistrie – pour le compte de Washington, Londres et Kiev. Bien que ce dernier ne soit lui aussi qu’un simple appliquant des ordres atlantistes.

Si certains à Chisinau et dans les capitales occidentales tentent de présenter les événements dans la Transnistrie comme «des provocations russes sous fausses bannières», ces mêmes personnages devraient alors s’intéresser aux dires d’un de leur chouchou kiévien, le conseiller du chef de cabinet du président ukrainien – Oleksiï Arestovitch – l’un des principaux communicants du régime de Kiev – qui appelle ouvertement la Moldavie à se joindre aux efforts kiéviens pour occuper la République moldave du Dniestr.

Dans cette réalité, la meilleure chose que puisse faire le régime de Chisinau, serait de maintenir le cap de la très relative neutralité face aux événements ukrainiens et aux appels du régime kiévien, ou plus exactement de l’axe Washington-Londres, à se joindre aux hostilités. A défaut de quoi les événements pourraient devenir effectivement imprévisibles pour l’Etat moldave.

Toute tentative militaire de récupérer militairement la Transnistrie sera fort vraisemblablement vouée à l’échec. Mais plus important encore, toute implication de ce type sous la dictée atlantiste pourra entrainer tout simplement la chute du gouvernement moldave actuel. Qui par la même occasion est très loin de posséder un large soutien populaire.

Quant aux motivations des parrains du régime kiévien – elles sont également bien connues. L’éventualité de s’emparer de la Transnistrie vise à prendre en otages les forces russes de maintien de la paix qui y sont présentes, prendre possession de larges stocks de munitions et ouvrir un front supplémentaire.

Le souci pour le régime de Kiev et ses parrains atlantistes – c’est que les forces de la Transnistrie ont une capacité défensive réelle et pourront résister longtemps aux assauts des forces ukrainiennes. Et donc sans l’implication de Chisinau – cette opération sera très difficilement réalisable. Par ailleurs, toute opération lancée contre la Transnistrie – et qui devra d’une manière ou d’une autre faire impliquer le contingent armé ukrainien de la région d’Odessa – deviendra automatiquement la cible d’intensification de frappes russes dans cette région contre les éléments armés du régime kiévien.

Et si cela sera le cas – cela ne fera qu’affaiblir encore plus les capacités de combat pour le régime kiévien à Odessa et Nikolaïev. Avec tout ce que cela implique. Et si les régimes atlantistes, plus particulièrement Washington et Londres, souhaitent effectivement une guerre jusqu’au dernier ukrainien – un rôle entièrement accepté par le régime kiévien actuel – du côté de la Moldavie il faudra réfléchir à plus de deux fois avant de s’engager dans quelque chose de similaire.

Mikhail Gamandiy-Egorov

Les livraisons d’armes US à l’Ukraine n’auront pas d’impact sur le champ de bataille (Global Times)

26.04.2022

Le récent voyage du secrétaire d’Etat étasunien Antony Blinken et du secrétaire à la Défense Lloyd Austin était la plus importante visite d’émissaires US dans la capitale ukrainienne depuis fin février, mais selon plusieurs analystes cette visite ne vise qu’à afficher un soutien politique au régime de Kiev, avec un impact très limité quant à la situation sur le terrain.

Yang Sheng, l’auteur de l’article pour Global Times, a analysé la récente visite des deux représentants étasuniens à Kiev, tout en questionnant plusieurs experts sur les perspectives de ladite visite pour la suite des opérationsl. Selon les experts interrogés, stratégiquement parlant – aucun impact digne de ce nom ne pourrait être mentionné.

Les hauts responsables washingtoniens lors de leur visite dans la capitale ukrainienne ont promis au régime kiévien que les Etats-Unis fourniraient plus de 300 millions de dollars de financement militaire et avaient approuvé une vente de munitions de 165 millions de dollars. Par ailleurs, Austin a également déclaré que Volodymyr Zelensky avait grandement apprécié ledit «soutien», en ajoutant que ce dernier avait «l’état d’esprit de volonté à la victoire», tandis que les USA ont «l’état d’esprit de vouloir aider à obtenir cette victoire».

Ceci étant dit, de nombreux analystes ne partagent pas l’enthousiasme des responsables étasuniens, en faisant notamment mention que l’Ukraine ne montre aucun signe pouvant permettre d’envisager un quelconque succès. Et qu’au lieu de cela – elle continue de saigner et que le territoire sous contrôle du régime kiévien ne cesse de se rétrécir.

Pour les experts interrogés par Global Times – tous ces mouvements US, y compris l’envoi de hauts dignitaires en Ukraine, ne visent surtout que des fins politiques afin d’encourager Kiev à poursuivre le combat, sans pouvoir changer la situation de manière cardinale. Parmi les aspects mentionnés: comment pouvoir transporter en toute sécurité ces fournitures d’armes et de munitions aux forces ukrainiennes encerclées ou engagées face aux troupes russes, ou encore qui bénéficie réellement des livraisons étasuniennes sur le terrain.

Pour Cui Heng, un expert du Centre d’études russes de l’Université normale de Chine orientale, Antony Blinken considère l’Ukraine comme un mandataire des USA, ajoutant également que l’augmentation du financement militaire et la vente de munitions à destination de Kiev – vise à faire prolonger le conflit, et non pas à renverser la situation, et encore moins à y mettre fin le plus tôt possible.

De son côté – Song Zhongping – un expert militaire chinois et commentateur régulier pour la télévision, a déclaré que le niveau de corruption au sein du gouvernement et des forces militaires de Kiev est tel qu’un quelconque soutien militaire ou financier ne pourra apporter un changement significatif aux événements en cours.

Enfin, Wang Yiwei – directeur de l’Institut des affaires internationales de l’Université Renmin de Chine – pense que la Russie sait parfaitement quant à l’incapacité de Washington de pouvoir bouleverser l’opération militaire en cours et que dans le cadre de la deuxième phase de cette opération, l’Ukraine risque de devenir un pays enclavé à sa partie terrestre, pensant que c’est à partir de ce stade alors qu’un autre cycle de pourparlers pourrait voir le jour.

Une chose est sûre, l’avis des experts chinois contraste fortement avec ceux qui paradent sur les principaux médias occidentaux – anglo-saxons comme hexagonaux. Et le souci pour ces derniers, c’est que leurs «prévisions» actuelles ressemblent fortement à celles que souvent ces mêmes personnages avaient lancé des années de cela sur la Syrie, ou plus récemment encore sur des pays comme l’Ethiopie ou le Mali. Avec à chaque fois des échecs retentissants pour lesdites prévisions et leurs auteurs respectifs.

C’est d’ailleurs ce qui différencie fortement la vision stratégique chinoise – propre à la grande civilisation de Chine. L’analyse y est profonde, avec souvent une concrétisation des pronostics. Quant aux experts autoproclamés de l’Occident, le plus souvent ils ne font que répéter les besoins de l’establishment atlantiste. Et aujourd’hui l’objectif est clair: maintenir, ne serait-ce qu’au niveau des populations occidentales l’idée quant à l’extrême nécessité de poursuivre le soutien au régime kiévien, et que malgré les difficultés, notamment économiques, déjà en cours et d’autres qui s’annoncent pour les populations concernées – ce soutien à la prétendue «résistance» ukrainienne en vaudrait la chandelle.

Une soi-disant résistance dont le mythe entretenu par l’Occident a été fermement rompu récemment dans la ville de Marioupol – lorsque les mêmes qui jouaient les «résistants» derrière le dos de la population civile – dans leurs tout derniers retranchements sont apparus comme des pleurnichards qui suppliaient les régimes occidentaux de les faire évacuer… vers l’étranger. Et cette image ne fera certainement que se renforcer encore plus dans les semaines à venir.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3820

Xinhua: comment les USA tirent les ficelles de la guerre informationnelle en Ukraine

06.04.2022

Une guerre de l’information à grande échelle est en cours, avec comme seul initiateur en chef: les Etats-Unis. Sous l’hégémonie du récit occidental, Washington est tout sauf intéressé par la diffusion de faits et de vérité. Xinhua revient sur les tactiques courantes employées par les USA pour duper l’opinion publique internationale sur les événements en Ukraine.

L’agence de presse chinoise Xinhua a publié un compte-rendu détaillé des méthodes utilisées par l’establishment occidental, et plus particulièrement étasunien, dans sa guerre informationnelle en cours contre la Russie.

Premier point mentionné: susciter l’agitation et encourager l’hostilité. Au-delà des éléments parfaitement répertoriés dans l’article de Xinhua, il faut effectivement reconnaitre que lorsqu’on observe aujourd’hui une partie non négligeable de l’opinion publique occidentale (faut bien préciser: occidentale), la haine vis-à-vis de la Russie est plus que palpable. Et entretenue avec «soins» par ses instigateurs.

Si dans des pays dont les régimes sont longtemps et clairement russophobes – finalement cette haine de tout ce qui est russe n’est pas nouvelle – de la Pologne jusqu’à la Lituanie, en passant par la Roumanie, le fait est qu’aujourd’hui cette stratégie de l’establishment occidental a su toucher un large public y compris dans des pays européens où cette russophobie ne se trouvait pas à un niveau comparable.

Deuxième point: Xinhua rappelle également à juste titre la politique du deux poids, deux mesures, mise en évidence dans la crise ukrainienne. L’agence de presse chinoise indique qu’alors que les Etats-Unis sont occupés à réclamer des sanctions à l’encontre de la Russie pour «violations du droit international», ils restent silencieux lorsqu’on les interroge sur leurs crimes, notamment la promotion de la doctrine Monroe en Amérique latine, les bombardements de la Yougoslavie sans fondement juridique et leurs invasions de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Syrie. Où se trouvent donc la repentance et la responsabilité des Etats-Unis?

Les USA ont vanté leurs principes néolibéraux, comme l’effacement des frontières nationales dans la culture et le sport et l’inviolabilité de la propriété privée. Mais depuis l’éclatement du conflit russo-ukrainien, les avoirs de la Russie ont été gelés à l’étranger, tandis que des artistes et athlètes ont été exclus et persécutés. Les chats, les arbres et le ballet du Lac des cygnes russes n’ont pas non plus échappé aux sanctions.

Troisièmement point: faire courir les rumeurs. C’est cela que la machine de propagande US a pris à cœur et met en pratique. Les exemples cités dans l’article de Xinhua sont fort révélateurs. Par ailleurs, l’agence de presse internationale chinoise ne manque pas par la même occasion de rappeler les énormes manipulations de l’establishment étasunien en Irak, ou encore en Syrie: le 5 février 2003, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à l’Irak, Colin Powell, alors secrétaire d’Etat américain, avait présenté une fiole contenant de la lessive en poudre, affirmant qu’il s’agissait là d’une preuve que l’Irak développait des armes chimiques.

Les auteurs de l’article font également un rappel important en ce qui concerne les activités fortement douteuses d’une organisation comme les Casques blancs, financée entre autres par les Etats-Unis, et dont les activités en matière de manipulation, notamment d’attaques sous fausse bannière, ont été maintes fois mentionnées.

Quatrième point: la censure. En effet, l’Occident a beau tenter à se présenter comme le défenseur de la liberté d’expression, les événements en cours démontrent au contraire à quel point ce même Occident applique des méthodes qui pourraient nous rappeler celles du Troisième Reich.

Xinhua cite à ce titre le blocage des médias russes dans toute l’Europe, l’autorisation par Meta aux utilisateurs de Facebook de publier des contenus anti-russes violents, ou encore l’exemple de la journaliste française Anne-Laure Bonnel – ayant réalisé des reportages dans le Donbass depuis plusieurs années – et qui se voit aujourd’hui être de-facto réduite au silence par les principaux médias hexagonaux, et plus généralement occidentaux.

Le dernier point mentionné par Xinhua – est de faire rentrer la politique spectacle, notamment dans les rencontres de haut niveau. D’une manière effectivement assez primitive, mais qui semble marcher pour ceux qui restent attachés au style hollywoodien et netflixien de présentation des événements.

Si ledit article reprend très justement les différents points et diverses méthodes de propagande étasuno-occidentale, il faudrait également rajouter que leur hystérie qui a atteint désormais le summum du summum – augmente considérablement dans le refus des pays et peuples non-occidentaux de se laisser entrainer dans cette russophobie par l’Occident.

Plus que cela, il faudrait également rajouter que les nombreux soutiens exprimés à l’endroit de l’opération militaire russe en Ukraine de la part d’Africains, Asiatiques ou Latino-Américains – ne fait que faire encore plus tomber le masque des Occidentaux et de leur petit «protégé» à Kiev – à savoir des menaces et intimidations à l’encontre des dits pays, dans un style purement raciste et néocolonial. Faut bien le dire: sans grand succès jusqu’à présent pour l’establishment occidental atlantiste.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3749

Les conséquences de la distribution incontrôlée d’armes en Ukraine

Les décisions prises par Kiév sous l’influence de ses parrains extérieurs menacent désormais ouvertement non seulement la sécurité de nombreux citoyens ukrainiens, mais peut-être bientôt aussi de ses alliés européens. Evidemment, les défis sécuritaires pour l’Europe qui pourront en ressortir ne toucheront pas les représentants de l’establishment, mais bel et bien de simples citoyens.

Le 24 février, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait annoncé son intention de distribuer des armes à la population en vue «de protéger la souveraineté de l’Ukraine». Plus de 10 000 fusils automatiques ont été distribués aux civils en quelques heures – uniquement à Kiev.

Les armes ont également été distribuées dans d’autres villes, le tout dans l’objectif annoncé de combattre les troupes russes. Le seul petit bémol, est que ces armes n’ont pas seulement atterri dans les mains d’habitants lambda, mais également dans ceux de divers types de criminels, notamment de prisonniers qui furent libérés par Kiev. Dans l’objectif de les faire également participer à la «défense de la souveraineté ukrainienne».

Il faut noter que cette distribution massive et incontrôlée d’armes à la population se poursuit toujours. On y retrouve d’ailleurs des armes légères, des lance-grenades et des munitions. Lesdites armes étaient d’ailleurs délivrées sans aucun enregistrement, ni même identification des receveurs.

Le résultat d’une telle approche a été la hausse sans précédent de la criminalité. Et selon de nombreux témoignages – les armes distribuées ont déjà été utilisées pour des vols, pillages et des assassinats incontrôlés, que ce soit de la part des criminels en tout genre, que des membres de groupes néonazis.

Cette situation ne concerne plus seulement l’Ukraine. Au moment d’une vague de réfugiés en provenance du sol ukrainien qui débarque massivement en Europe, qui peut aujourd’hui garantir que parmi les arrivants certains ne viendront pas tout simplement armés? Personne. Rajoutons à cela les opportunités qui s’ouvrent pour les trafiquants d’armes sur le marché européen, et le tour est joué. Avec tout ce que cela implique pour la sécurité des citoyens européens ordinaires.

Et même là aussi ce n’est pas tout. Il ne faut avoir le moindre doute que parmi les arrivants ukrainiens, certains seront des sympathisants, voire des membres actifs des bataillons d’obédience néonazie – très actifs dans la vie de l’Ukraine contemporaine. Si cette réalité reste dénigrée par les responsables occidentaux (bien qu’ils connaissent parfaitement ladite réalité), il suffit pourtant d’apporter un exemple très concret: le sulfureux bataillon Azov, coupable d’atrocités confirmées, notamment dans le Donbass – fait partie de la garde nationale ukrainienne.

Au-delà du fait qu’il est inimaginable pour un pays digne de ce nom de voir l’intégration de la pire espèce d’extrémistes dans l’élite de ses forces armées, il ne faut également pas croire que les dits extrémistes seront tous prêts à mourir au combat face aux Forces armées russes. Beaucoup seront tentés de fuir, et très certainement pour plusieurs d’entre eux – c’est déjà le cas.

Fuir où? Evidemment en Europe. Maintenant qu’en sera-t-il des conséquences pour la sécurité des Européens ordinaires? Seul l’avenir nous le dira. Ceci étant dit, sur les centaines de milliers de réfugiés, personne ne pourra pour le moment donner un pourcentage de ceux qui appartiennent aux milices néonazies, potentiellement armés ou du moins sachant parfaitement maîtriser une arme, d’autant plus enragés par les revers subis. Après tout, puisque ces faits sont complètement absents dans la rhétorique des responsables bruxellois, peut-être que le problème n’existe effectivement pas?

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Le monde arabe se prépare à intégrer la multipolarité

Dans le conflit ukrainien, les pays arabes s’adaptent déjà aux réalités de la nouvelle ère, en optant pour une posture neutre, voire neutre-engagée, et ce malgré les innombrables pressions de la communauté occidentale. La région stratégique du Moyen-Orient semble donc prendre progressivement ses distances avec les prérogatives de l’establishment occidental.

La Ligue arabe a annoncé la création d’un groupe de contact spécial pour servir de médiateur dans la résolution de la crise en Ukraine. La réunion a été organisée à l’initiative de l’Egypte. Si les Etats concernés ont exprimé leur inquiétude face aux événements en cours, l’essentiel à retenir est que la communauté a choisi d’adhérer de manière catégorique à une politique de neutralité.

De son côté, Financial Times note que la neutralité des Etats du Golfe vis-à-vis du dossier ukrainien reflète des liens profonds avec la Russie. Et que les Emirats arabes unis, ainsi que l’Arabie saoudite, alliés de longue date des Etats-Unis, veulent préserver la coopération avec Moscou sur les questions énergétiques et géopolitiques.

Le quotidien économique britannique note également qu’Abu Dhabi, qui occupe un siège non-permanent au Conseil de sécurité onusien actuellement, avait reçu l’appel du secrétaire d’Etat US Antony Blinken quant à «l’importance de construire une réponse internationale forte pour soutenir la souveraineté ukrainienne». Mais lors du récent vote au CS de l’ONU, les Emirats arabes unis ont finalement ignoré les appels de Washington et ont choisi de rejoindre la Chine et l’Inde qui s’étaient abstenues de soutenir l’initiative occidentale à l’encontre de la Russie, manifestant ainsi les frustrations d’Abu Dhabi à l’égard des politiques étasuniennes.

Il faut noter que la position émiratie était d’autant plus intéressante que cela ne s’est pas limité uniquement au vote au Conseil de sécurité onusien où la position de ce riche pays du Golfe a été vue par les observateurs comme un soutien à peine voilé à la Russie, aux côtés de la Chine et de l’Inde. Depuis le lancement de l’opération militaire russe en Ukraine, le prince héritier d’Abu Dhabi – Mohammed ben Zayed Al Nahyane – a eu une conversation téléphonique avec Vladimir Poutine. Et selon plusieurs sources – aurait même réaffirmé que la Russie a le droit d’assurer sa sécurité nationale.

Tous ces faits et événements doivent surtout être vus comme une capacité évidente des pays du Golfe et plus généralement de tout le monde arabe quant à leur ferme volonté de s’adapter à l’ère multipolaire, dans laquelle la Chine et la Russie jouent un rôle de premier plan, surtout à une période où les anciennes alliances avec l’Occident ne donnent plus satisfaction, à divers degrés.

Il faut également noter que le monde arabe dans son ensemble est intéressé par le maintien de la coopération avec Moscou, en considérant sur le long terme l’Etat russe comme un élément important dans la construction d’une nouvelle architecture de sécurité, y compris dans la région stratégique du Moyen-Orient. L’ancienne posture, souvent pro-occidentale, semble donc s’éloigner de plus en plus, y compris après le succès de l’opération antiterroriste russe en République arabe syrienne – pays avec lequel plusieurs de ces Etats cherchent désormais pour certains à normaliser, pour d’autres à développer sérieusement leurs relations.

Une chose est certaine: l’ordre international multipolaire continue à s’imposer dans un monde arabe qui d’un point de vue civilisationnel a beaucoup plus en commun avec la Chine et la Russie, qu’avec un monde occidental sans valeurs et beaucoup trop hypocrite.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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Mali-France: vers la rupture?

Alors que les relations s’enveniment entre Bamako et Paris, ce qui parait aujourd’hui évident – c’est le fait que l’establishment élyséen, et plus généralement occidental, soit toujours dans la totale incapacité à faire preuve d’un minimum d’adaptation aux règles du monde multipolaire. S’ajoutent à cela une vision purement néocoloniale de refuser aux peuples africains de pouvoir choisir librement leur voie, ainsi qu’une arrogance toujours extrême.

Les choses s’accélèrent dans les tensions entre le Mali et la France. Dernier fait majeur: l’ambassadeur français en poste à Bamako a été sommé par les autorités maliennes de quitter le pays sous 72 heures. Dans son communiqué, le gouvernement malien indique que cette mesure fait suite aux propos hostiles et outrageux tenus récemment par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.

Si aujourd’hui, nombreuses sont les voix en France qui s’indignent de cette décision prise par les autorités d’un Etat souverain qu’est le Mali, ces mêmes personnages, quelle que soit leur couleur politique devraient peut-être surtout s’intéresser au ton extrêmement arrogant et irrespectueux qui a été adopté à l’encontre du gouvernement malien par les représentants de l’establishment hexagonal, en premier lieu sieur Le Drian ou encore frau Parly – ministre française des Armées.

D’autre part et ce qui est flagrant, c’est que si le chef de la diplomatie française, connu pour un être un personnage de premier poids du système néocolonial françafricain et un ferme nostalgique de l’ère unipolaire, parle d’une «junte illégitime», en faisant référence aux autorités du Mali, ce personnage devrait peut-être surtout s’intéresser à une véritable junte qui a pris le pouvoir par la violence de groupes extrémistes, bien souvent d’obédience néo-nazie, dans un pays appelé l’Ukraine.

Et que dans cette même Ukraine, un régime issu d’un coup d’Etat a été placé avec l’intervention occidentale, sur la simple base qu’une minorité violente, mais bien entrainée aux techniques des révolutions de couleur à la sauce Soros, ait destitué un président légitime et reconnu par la communauté internationale, en l’occurrence Viktor Ianoukovitch. Au Mali, à l’énorme différence du régime kiévien, le pouvoir en place dispose d’un énorme soutien populaire national. Et cela – même les observateurs occidentaux sont forcés d’avouer.

D’un autre côté, tout cela était prévisible. Et nous l’avons plusieurs fois abordé à Observateur Continental, y compris en lien direct avec le Mali et dans le cadre africain de façon générale. Le souci, c’est que les élites atlantistes semblent effectivement être totalement incapables à faire preuve d’un minimum de bon sens dans le cadre du monde multipolaire actuel. Confirmant une fois de plus, que leur vision purement néocoloniale des affaires internationales est peut-être effectivement un problème génétique. Dans tous les cas, le cas clinique en question semble définitivement intraitable.

L’autre aspect qui accélère inévitablement la chute pas seulement de la Françafrique, mais plus globalement la vision occidentale du monde en Afrique, c’est ce comportement non seulement des politicards, mais également des prétendus journalistes occidentaux qui souhaitent donner une image de populations africaines incapables de faire les bons choix géopolitiques.

En qualité d’observateur de l’Afrique depuis de bien longues années, et ayant un lien direct avec le continent ne serait-ce que du point de vue biographique, je peux dire sans la moindre hésitation que les dits personnages occidentaux devraient surtout se rendre à l’évidence que les peuples africains n’ont absolument rien à envier en termes de capacités analytiques aux petits chouchous issus des principales écoles de formations occidentales. Des écoles qui ont vraisemblablement oublié de leur apprendre à voir le monde d’un point de vue beaucoup plus large que de leur petit salon parisien, londonien ou new-yorkais.

Plus que cela – dans le monde d’aujourd’hui les Africains ont pris une avance considérable dans la compréhension des perspectives planétaires sur les Occidentaux, bien qu’il soit nécessaire d’indiquer que l’éveil des consciences est un processus qui touche également de très nombreux citoyens des pays de l’Occident. Et ces personnes par ailleurs comprennent parfaitement que la réalité multipolaire est un processus qu’il ne sera pas possible d’arrêter.

Pour finir et en ce qui concerne le risque d’une plus grande rupture encore entre l’Etat malien et l’establishment élyséen, il faudrait surtout faire remarquer que tout cela n’est que le résultat de l’incompétence au niveau international des élus français. Evidemment, ce sera aux citoyens de France d’en faire le jugement, le tout dans un cadre souverain. Tout comme ils devront apprendre à respecter la souveraineté du Mali et de nombreuses autres nations africaines.

Tout dernier point : si certains pensent qu’il sera possible de stopper la chute pour l’establishment occidental après les événements en cours au Mali – c’est qu’une fois de plus ils se trompent très certainement. L’effet domino se poursuivra fort vraisemblablement à d’autres endroits du continent africain, comme à d’autres endroits du monde.

Mikhail Gamandiy-Egorov

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