Archives du mot-clé Ukraine

La visite d’adieu de Merkel à Kiev

La chancelière allemande Angela Merkel se rendra en Ukraine, sa fort probable dernière visite dans ce pays avant la fin de son mandat. Plusieurs sujets seront vraisemblablement à la table des discussions: de la situation dans le Donbass jusqu’au gazoduc Nord Stream 2.

Que pouvoir espérer de cette visite d’adieu d’Angela Merkel sur le sol kiévien? Sachant d’autant plus qu’elle aura lieu juste après le voyage à Moscou et la rencontre avec le président russe Vladimir Poutine. Probablement pas grand-chose. Pour l’Allemagne, il s’agira surtout de montrer son poids dans les affaires en lien avec l’Ukraine, et pour le régime de Kiev – certainement de tenter au maximum à faire joindre Berlin plus activement aux diverses actions contre la Russie.

Le tout à l’heure où l’Allemagne – bien que participant activement aux campagnes russophobes pro-atlantistes, ne souhaite malgré tout pas, de manière assez pragmatique, perdre ses intérêts économiques et énergétiques dans son interaction avec Moscou. Au grand désarroi des représentants du régime kiévien.

Autre point méritant l’attention le lancement par l’Ukraine et ses soutiens anglo-saxons de la soi-disant «plateforme de Crimée», destinée selon ses initiateurs à créer les mécanismes en vue de «désoccuper» la péninsule criméenne. Une initiative considérée déjà comme perdante pour de nombreux experts – n’ayant pu réunir que des représentants occidentaux ou affiliés aux intérêts atlantistes. En bref – très, très, loin de pouvoir donner ne serait-ce qu’un semblant de communauté internationale.

D’autre part, si certains leaders d’Europe de l’Est comptent assister personnellement à cette première rencontre de la plateforme citée, de nombreux pays occidentaux n’y enverront que des ministres ou représentants spéciaux. Dont l’Allemagne, qui devrait être officiellement représentée par le chef de sa diplomatie Heiko Maas. La participation de Merkel, sous quelque forme que ce soit, n’a pour le moment reçu aucune confirmation.

L’autre sujet au menu de la rencontre entre Merkel et Zelensky à Kiev va très certainement concerner la situation dans le Donbass. En ce sens, la chancelière allemande sortante souhaite vraisemblablement insister sur ses apports personnels dans les différentes discussions liées à ce territoire n’ayant pas reconnu les résultats du coup d’Etat ukrainien de 2014 et ayant poussé la population du Donbass (comme de la Crimée) à quitter la juridiction kiévienne.

Des apports que Merkel souhaite probablement laisser comme un «acquis» pour son futur successeur et maintenir le cap choisi pour la future administration allemande. Pour rappel en juillet dernier, lors de sa rencontre avec Zelensky, Merkel avait rappelé à son homologue kiévien la nécessité de mettre en œuvre «la formule Steinmeier» dans la législation ukrainienne.

Enfin, le sujet lié au lancement du gazoduc Nord Stream 2 – un projet stratégique pour Berlin dont il défend la réalisation, et qui a provoqué la vive colère de Kiev, d’autant plus que Washington au vu de la détermination allemande à finaliser ledit projet a dû atténuer ses pressions sur les acteurs, notamment européens, impliqués dans la réalisation de Nord Stream 2, sera certainement abordé.

Et bien que Berlin ait insisté de concert avec Washington sur la «nécessité» de poursuivre parallèlement le transit via le territoire ukrainien du gaz russe exporté vers l’UE, Kiev comprend parfaitement qu’il n’est plus en mesure de pouvoir dicter quoi que ce soit dans ce dossier, ni à faire du chantage comme cela était souvent le cas dans le passé lorsqu’il s’agissait de négocier les questions gazières. Et par la même occasion – de ne plus pouvoir avoir la garantie d’obtenir des milliards de dollars annuels dans le budget ukrainien via «l’agresseur» russe, avec lequel Kiev, tout en déclarant vouloir couper tous les ponts, comptait maintenir son économie à flot.

Dans tout ce package donc, le régime ukrainien doit se rendre à l’évidence qu’il ne représente effectivement pas le centre d’intérêt majeur de la politique internationale – et qu’il restera avant tout une sorte de pierre d’achoppement supplémentaire dans les relations entre l’establishment occidental et la Russie. Avec en prime un rôle de plus en plus réduit – étant forcé de prendre note des décisions occidentales sans en pouvoir faire quoi que ce soit pour en modifier le fond. Si ce n’est qu’émettre des déclarations demandant de penser un peu plus aux intérêts de cette pauvre Ukraine faisant face à «l’agression de l’ours russe».

Quant à Merkel, bien que se préparant à quitter son poste de chancelière, il demeure important de maintenir pour elle au sein de l’opinion publique allemande et européenne – l’image de celle qui voulait porter sur ses épaules la politique européiste. Se positionnant clairement en faveur des intérêts atlantistes à tous les niveaux, mais devant admettre face à la réalité multipolaire mondiale, la nécessité de maintenir un minimum de pragmatisme allemand.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=3009

https://t.me/axe_afrique_russie/189

https://web.facebook.com/mikhail.egorov.5/posts/10224303933199285

La Guinée équatoriale applique le principe de réciprocité

La République de Guinée équatoriale a annoncé la fermeture de son ambassade dans la capitale britannique. Ces tensions entre l’un des pays les plus prospères du continent africain et la perfide Albion sont venues s’ajouter à celles qui existent déjà avec Paris. Malabo démontre une fois de plus posséder une capacité de riposte ferme alliée à une approche panafricaniste.

La Guinée équatoriale a annoncé la « clôture totale » de sa mission diplomatique à Londres, en réponse de la sanction imposée jeudi 22 juillet à l’encontre du Vice-président de la République, Teodoro Nguema Obiang Mangue. C’est ce qu’a annoncé le ministre des Affaires étrangères du pays, Simeón Oyono Esono, dans un communiqué diffusé par le Bureau d’information et de communication diplomatique, publié sur le site officiel du gouvernement de la Guinée équatoriale.

Le chef de la diplomatie équato-guinéenne a par ailleurs ajouté «ne pas admettre d’ingérence dans les affaires internes du pays», affirmant par la même occasion que ces sanctions violent le principe du droit international.

A noter que l’establishment britannique avait décidé de sanctionner le Vice-président équato-guinéen prétendument en raison de «détournement de fonds publics et de faits de corruption».

Les autorités équato-guinéennes avaient également annoncé de leur côté que «les sanctions sans fondement imposées par le gouvernement britannique trouvent leur justification dans les manipulations, les mensonges (…) que promeuvent certaines organisations non-gouvernementales contre la bonne image de la Guinée équatoriale».

Ces tensions de Malabo avec l’Etat anglo-saxon viennent s’ajouter à celles existantes avec l’establishment élyséen, et ce depuis un bon moment déjà. Une chose est néanmoins certaine: la politique du deux poids deux mesures des élites occidentales est pour le moins contradictoire, et surtout hypocrite.

Londres comme Paris semblent vouloir donner un caractère de lutte contre la corruption dans un pays africain souverain, en faisant mine par la même occasion de faire les aveugles sur plusieurs aspects qui ridiculisent ouvertement l’approche en question. Car au-delà d’effectivement interférer dans les affaires intérieures d’un Etat libre et souverain, les deux capitales occidentales semblent ne pas connaitre les statistiques pures et simples.

A ce titre, faudrait-il, une fois de plus, rappeler aux personnages occidentaux prenant de telles décisions que la Guinée équatoriale fait partie des pays africains ayant le PIB par habitant le plus élevé au niveau continental, en compagnie de pays comme les Seychelles et l’Ile Maurice. A noter d’ailleurs que durant la période de 1980 à 2017, le PIB par habitant équato-guinéen a été multiplié par… 45. Mauvaise gouvernance dites-vous?

Donc si Londres, comme Paris ou Washington s’intéressent tellement à la «bonne gouvernance» d’Etats souverains (bien que le trio en question devrait surtout commencer à s’intéresser à ses propres problèmes intérieurs), peut-être qu’il serait grand temps à montrer l’exemple vis-à-vis d’Etats-satellites de l’Occident – qu’ils soient d’ailleurs en Afrique ou même en Europe (l’Ukraine en est d’ailleurs actuellement un parfait exemple). Et dont les citoyens immigrent en masse à l’étranger. Ce qui n’est pas le cas des citoyens de la Guinée équatoriale. Mieux encore – de nombreux citoyens issus d’Afrique centrale et de l’Ouest s’installent sur le sol équato-guinéen pour y travailler et y faire leur vie. Assez révélateur.

Evidemment, ce qui pose également problème pour l’establishment occidental dans le cas de la Guinée équatoriale, c’est qu’au-delà d’avoir une politique pleinement souveraine et indépendante, Malabo peut se vanter d’être aujourd’hui l’un des principaux porte-flambeaux du panafricanisme sur la scène régionale et continentale. Un panafricanisme qui fait si peur à l’establishment occidental et qu’il nomme souvent indirectement comme l’un des principaux responsables de la perte d’influence de l’Occident en Afrique. Evidemment en compagnie d’autres «fautifs», à savoir les puissances non-occidentales, dont la Chine et la Russie.

Quoiqu’il en soit, le leadership équato-guinéen a démontré une fois de plus une capacité de réciprocité à l’arrogance qui caractérise si fortement les élites occidentales. Cet exemple inspire aujourd’hui de nombreuses personnes à divers endroits du continent africain. Et si cet Occident arrogant persiste dans ses attaques ridicules et de plus en plus vouées à l’échec, il ne doit nullement être surpris quant au rejet massif des Africains vis-à-vis de la politique néocoloniale occidentale. Après tout, le monde multipolaire – c’est aussi du donnant-donnant.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2945

https://t.me/observateur_continental/1375

https://web.facebook.com/mikhail.egorov.5/posts/10224193299073501

La plateforme perdante de Kiev

Le pouvoir kiévien devant faire face à une situation économique et sociale de plus en plus marasmique, espère faire perdurer la mainmise sur le pays en exploitant des plateformes censées selon lui permettre à retrouver les territoires perdus. Bien qu’au fond, toutes les voix raisonnables sont d’avis que stratégiquement parlant – cela ne changera absolument rien.

La «plateforme de Crimée», promue par le régime kiévien depuis un certain moment déjà de concert avec ses parrains, commencera ses activités le 23 août prochain dans la capitale ukrainienne. Ce premier « sommet » sera consacré à la discussion sur les moyens de «désoccuper» la Crimée. Kiev tente de donner audit événement une grande envergure internationale, en y invitant les dirigeants de différents pays.

Le souci pour la partie ukrainienne, c’est que jusqu’à maintenant les seuls soutiens obtenus proviennent d’environ une dizaine de pays, pour la plupart occidentaux et affiliés à l’Otan. Cela sans oublier que les travaux de ladite initiative ne resteront que des discussions sans aucune valeur légale et stratégique.

Il faut à ce titre rappeler, que ce projet promu par le président ukrainien Zelensky, est à la base une initiative britannique. Ladite plateforme a été annoncée après la visite à Londres l’année dernière du personnage mentionné – ex-comédien, faut-il le rappeler aussi.

Concrètement parlant, ce concept signifie que des représentants de certains pays, parmi lesquels les Etats-Unis, d’autres pays occidentaux, la Turquie, et certains Etats d’Europe de l’Est – se réuniront pour discuter de la Crimée, avec certainement des annonces «d’initiatives» dont l’objectif serait de contribuer à rendre la péninsule à l’Ukraine. En résumé: une plateforme de discussion pour un groupe limité de pays, ne représentant aucunement la communauté internationale.

Certains se poseront légitimement la question quant au bien-fondé d’une telle initiative de la part d’un des deux pays les plus pauvres d’Europe, dont la situation économique ne cesse par ailleurs de se détériorer. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’à travers ce genre de projet, conseillé par l’establishment anglo-saxon, le régime ukrainien espère justement à perdurer au pouvoir. Face à une population désillusionnée, et s’intéressant de moins en moins aux attaques verbales de Kiev vis-à-vis de «l’agresseur russe». Pour rappel, des millions de citoyens ukrainiens ont quitté au cours des dernières années leur terre natale, pour aller chercher leur bonheur ailleurs. Acceptant bien souvent les emplois les moins prestigieux et les moins bien rémunérés.

Les chiffres les plus optimistes parlent de pas moins de 4,5 millions de migrants ukrainiens se trouvant à l’étranger. D’autres – de pratiquement le double. Sachant que de nombreux Ukrainiens profitent du régime sans-visa de trois mois accordé par l’UE pour venir non pas faire du tourisme, mais bel et bien des emplois saisonniers. En d’autres termes – trois mois d’emploi, souvent dans la clandestinité, puis trois au bercail, et ainsi de suite. Une chose est sûre : un pourcentage énorme pour un pays d’un peu plus de 40 millions d’habitants.

Mais étant vraisemblablement dans l’impossibilité de résoudre le marasme économique – ne réalisant pas de projets efficaces et n’obtenant pas de véritable soutien dans le secteur de la part des parrains occidentaux, il devient assez évident que le meilleur moyen de remonter le moral aux Ukrainiens est de lancer des plateformes dont les initiatives sortantes seront perdantes d’avance, tout en poursuivant les guerres de paroles quant à «l’agresseur russe». Paradoxalement d’ailleurs, ledit agresseur qui doit par la même occasion selon la volonté du régime ukrainien continuer à maintenir à flot l’économie ukrainienne via le transit de son gaz à destination de l’UE. Puisque l’establishment occidental est très solidaire dans les paroles politiques, mais beaucoup moins financièrement. Une relation pour le moins surprenante vis-à-vis du pays avec lequel Kiev souhaiterait couper tous les ponts, y compris culturellement et spirituellement.

Quant à la Crimée, toutes ces discussions ne font que faire sourire la population concernée. La Russie a déclaré suffisamment de fois que cette question est close une bonne fois pour toute et qu’aucun retour en arrière ne serait possible. Les récentes provocations occidentales en mer Noire ont reçu une réponse ferme de la part des forces armées russes, forçant les Occidentaux à faire marche arrière. Tout le reste n’étant que bavardage.

Par contre, les conseillers anglo-saxons de Kiev devraient sérieusement s’intéresser de nouveau au cas du berceau historique et civilisationnel serbe du Kosovo – arraché à la Serbie en toute illégalité et sans aucun référendum. Une question qu’il faudra traiter le moment venu.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2871

https://t.me/observateur_continental/1299

https://web.facebook.com/mikhail.egorov.5/posts/10224066093773448

Donbass: l’Ukraine poursuit ses exactions

Le récent regain de violence dans les républiques populaires du Donbass se poursuit à travers les agissements de Kiev. Des actions que ne se presse pas de condamner fermement l’OSCE, confirmant par la même occasion une influence pratiquement absente de cette structure sur les agissements du régime ukrainien.

Les violations des accords de Minsk II se poursuivent du côté ukrainien, démontrant plusieurs choses. Tout d’abord que Kiev ne souhaite pas résoudre le conflit dans le Donbass par une voie pacifique, ni à entendre les revendications des habitants des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk (DNR-LNR) – des républiques formées suite aux événements ayant suivi le coup d’Etat de 2014 dans la capitale ukrainienne avec la destitution du président Viktor Ianoukovitch et le refus de la population du Donbass de reconnaitre la légitimité dudit coup d’Etat.

D’autre part, les événements récents confirment la complicité des capitales occidentales et de l’Otan dans les crimes commis par les forces kiéviennes vis-à-vis des forces de défense de la DNR et la LNR, ainsi qu’à l’encontre de la population civile. Enfin, une structure comme l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) démontre son incapacité, si ce n’est tout simplement son manque de volonté, d’exercer une influence digne de ce nom sur Kiev en lien avec les violations en question.

En effet, les derniers jours ont été témoins de nouvelles attaques de la part des forces ukrainiennes et des bataillons d’obédience néo-nazie : ainsi, dans la matinée du 21 juin, trois militaires de la République populaire de Donetsk ont été tués à la suite d’une attaque au mortier. Un autre a été grièvement blessé. Cela ne s’est d’ailleurs pas arrêté là, puisque l’armée ukrainienne a également ouvert le feu sur une ambulance qui devait évacuer les corps des personnes tuées – en résultat de quoi un autre défenseur du Donbass a été assassiné et plusieurs personnes ont été blessées.

La Milice populaire de la DNR a déclaré qu’il s’agit d’une violation flagrante du droit international humanitaire et que désormais personne n’aura confiance quant au respect de la sécurité des groupes d’évacuation, même si un régime de silence est décrété, comme c’était le cas dans ladite situation. En outre, Donetsk n’exclut pas que le but de cette agression est de provoquer une riposte des unités de la milice populaire, afin de les accuser par la suite de violation des accords de Minsk.

Un peu plus tôt, une autre agression s’était produite, cette fois-ci en République populaire de Lougansk, où des saboteurs ukrainiens avaient infiltré des positions et tué cinq militaires de la milice populaire, le tout toujours en violation de l’application du cessez-le-feu officiellement en vigueur. A noter que le 17 juin dernier, la Russie avait attiré l’attention sur cette tragédie lors de consultations à huis clos au Conseil de sécurité de l’ONU. Attirant par la même occasion l’attention que parmi les victimes plusieurs n’étaient pas des soldats professionnels et que l’un des tués n’a servi dans la milice populaire que depuis un jour et demi.

Moscou avait également exhorté l’OSCE à exercer de son influence sur Kiev par rapport aux agissements de cette dernière dans le Donbass. A ce titre, le ministère russe des Affaires étrangères a noté que Kiev sabotait la mise en œuvre de l’ensemble des mesures prises dans le cadre des accords de Minsk, tout en ignorant le dialogue avec Donetsk et Lougansk.

En ce qui concerne l’activité de l’OSCE, la Russie a également pointé du doigt le fait que les observateurs travaillant pour le compte de cette organisation ne se pressent pas de confirmer les données sur les victimes et les dommages causés aux biens civils dans le Donbass, tout en se gardant ces derniers temps à indiquer la partie responsable des attaques qui sont menées.

Evidemment, un point spécial méritant l’attention concerne les activités de l’Otan. Le représentant permanent de la Russie auprès de l’OSCE, Alexandre Loukachevitch, avait en ce sens fait remarquer que la structure atlantiste, sous couvert d’exercices militaires, pompe l’Ukraine avec des armes diverses – des armes qui par la suite sont utilisées par Kiev dans ses attaques dans le Donbass.

Evidemment, c’est un secret de polichinelle de savoir que les armes utilisées contre les habitants et les forces de défense des républiques populaires de Donetsk et de Lougansk, proviennent des principaux parrains occidentaux de Kiev. Et que donc les crimes commis, y compris à l’encontre des civils, sont aussi de la responsabilité des dirigeants politiques et militaires de l’axe atlantiste.

Quant à l’OSCE, ladite structure montre aujourd’hui une capacité fortement limitée de pouvoir influer sur les agissements du régime kiévien, ce qui laisse penser ce dernier que ses actes d’agression contre le Donbass peuvent se poursuivre impunément. Mais ce qu’oublient les représentants de ce régime, ainsi que les mentors concernés au sein du bloc atlantiste, c’est que le Donbass a déjà fermement démontré toute sa capacité à pouvoir poursuivre la résistance, et si nécessaire – d’aller à la contre-offensive, avec toutes les conséquences qui en découlent. Jusqu’à maintenant, la DNR et la LNR font preuve d’un extrême sang-froid. Mais si les agressions kiéviennes se poursuivent avec la «bienveillance» occidentale, la riposte se fera sentir, et peut-être même au-delà du territoire des républiques populaires du Donbass.

Mikhail Gamandiy-Egorov 

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2853

https://t.me/axe_afrique_russie/120

Nord Stream 2: le bon sens l’emportera sur les pressions

Berlin s’est prononcé en faveur de la poursuite immédiate de la construction du gazoduc Nord Stream 2 sur un tronçon de deux kilomètres dans la zone économique exclusive allemande. Le pragmatisme économique l’emporterait-il sur les pressions géopolitiques d’outre-Atlantique?

L’annonce de l’autorisation quant à la poursuite des travaux a été rapportée dans le communiqué de l’Agence fédérale maritime et hydrographique de l’Allemagne (BSH). Pour rappel, la construction du gazoduc avait été auparavant suspendue jusqu’à la fin du mois de mai après l’appel des écologistes allemands.

Cette énième tentative de bloquer, ou du moins à retarder la finalisation du projet s’ajoutait alors aux innombrables pressions émanant de Washington sur ses partenaires européens en vue d’empêcher ladite finalisation.

Si jusqu’à maintenant l’establishment US continue d’insister que le gazoduc Nord Stream 2 représente un danger pour l’indépendance énergétique européenne, d’où sa vive opposition à ce projet, il a bien souvent omis de mentionner que le défi principal pour Washington dans ce dossier n’est autre que la promotion de ses intérêts géopolitiques et géoéconomiques.

Géoéconomiques – dans le sens de la vive inquiétude washingtonienne de pouvoir perdre des débouchés pour ses exportations de gaz de schiste. Surtout que le produit étasunien est déjà clairement en défaveur par rapport au concurrent russe, sur le plan du rapport prix / sécurité logistique. Géopolitiques – à savoir que l’establishment à Washington souhaite par tous les moyens à maintenir l’Europe bruxelloise sous son plein contrôle. En ce sens, toute marge de manœuvre, aussi réduite soit elle en termes de souveraineté – est automatiquement considérée comme une menace de premier plan pour les intérêts des USA.

En ce sens, Washington a toujours pu compter sur ses alliés les plus dociles dans l’espace européen: Pologne, pays baltes, Ukraine. Cette dernière, au-delà de participer à toutes les campagnes russophobes en concert avec les Etats-Unis, est également apeurée de voir perdre un revenu majeur en qualité du transit gazier russe via son territoire. Une logique d’ailleurs totalement paradoxale de la part de Kiev et de ses mentors occidentaux: la Russie est constamment traitée d’agresseur de l’Ukraine, mais lorsqu’il s’agit de maintenir à flot l’économie ukrainienne, cette même Russie doit en porter le poids financier.

Dans la vieille Europe, Paris représente également un pôle de lobbying contre Nord Stream 2. En ce sens, tous ces acteurs cités ne cessent, sous coordination US, à tenter de convaincre l’Allemagne – la première économie de l’UE – à abandonner le projet.

La position allemande est pour autant loin d’être d’une quelconque façon pro-russe. Connaissant d’ailleurs le positionnement clairement pro-atlantiste de Berlin, il serait beaucoup plus juste de dire le contraire. Les seules raisons qui poussent le pouvoir allemand à maintenir pour le moment une position allant dans le sens à soutenir la finalisation de la construction du gazoduc Nord Stream 2 – n’étant que purement les intérêts pragmatiques du pays. Sans oublier les intérêts des opérateurs économiques nationaux impliqués, pour qui la finalisation du projet doit absolument avoir lieu.

D’autant plus qu’en cas de non-réalisation d’un projet finalisé à plus de 95 %, l’Allemagne devra faire face à d’importantes compensations financières, cela sans même parler des pertes en matière de réputation en qualité de partenaire économique sur la scène internationale. Des pertes et des factures éventuelles que Washington ne réglera certainement pas à la place de Berlin.

Au final dans ce dossier, le pragmatisme économique allemand aura-i-il désormais le dessus sur le manque évident de souveraineté des pays européens vis-à-vis des Etats-Unis? Selon plusieurs sources allemandes, le projet sera finalisé. Les prochains mois seront déterminants.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2736

https://t.me/observateur_continental/1161

Nord Stream 2: la patience russe n’est pas éternelle

L’Allemagne encourt non seulement d’importantes pertes financières, mais également énergétiques et politiques, si le gazoduc Nord Stream 2 ne sera pas finalisé et mis en exploitation. C’est l’avis de nombre d’analystes, y compris européens.

Les pays de l’Union européenne, et surtout sa première économie en la qualité de l’Allemagne, se retrouvent de nouveau devant un choix stratégique: soit avoir accès à un approvisionnement énergétique fiable et à moindre coût, soit de nouveau céder aux pressions washingtoniennes qui cherchent à asseoir définitivement sur l’Europe bruxelloise leur mainmise non seulement géopolitique et militaire, mais également géoéconomique. La question actuelle à se poser est la suivante: est-ce que Washington prendra de nouveau le dessus sur la prétendue souveraineté européenne?

Pour le journaliste croate D. Marjanović, si Berlin allait à renoncer au gazoduc Nord Stream 2, la Russie le prendra comme un signal clair pour une réponse ferme. Toujours selon l’auteur, l’Allemagne est désormais confrontée à un choix difficile, et même impossible, à savoir comment faire en sorte de faire terminer les travaux et mettre en service Nord Stream 2 et parallèlement être en mesure de rétablir les relations avec les Etats-Unis, endommagées sous l’administration Trump.

Le journaliste croate dans son éditorial se pose également la question de savoir si l’Allemagne «n’essaie pas de s’asseoir sur deux chaises en même temps». En ajoutant que si Berlin pouvait choisir, il sera « le plus ardent des alliés des USA en public, tout en restant un partenaire loyal des Russes dans les coulisses ». Toujours selon lui, la Russie peut accepter une telle équation.

D. Marjanović ajoute également que sur l’exemple de la Turquie, l’Allemagne a compris que les Etats-Unis restaient implacables sur leurs positions, et que s’il fallait comparer le lien avec la Russie via le nouveau gazoduc dans le cas allemand avec l’acquisition de systèmes russes anti-missiles dans le cas turc, le premier étant un «péché» plus important.  

Evidemment et à ce sujet, il serait juste de rajouter ce que l’auteur croate n’a pas mentionné dans son article, à savoir que la politique de la Turquie reste incomparablement plus indépendante et souveraine, aussi bien dans ses relations avec la Russie que le reste du monde, que celle des élites européistes. Et cela se traduit aussi bien dans le dossier des S-400, que sur le plan énergétique également. Après tout, le gazoduc TurkStream, reliant la Russie à la Turquie par la mer Noire est lui bel et bien opérationnel, et ce depuis l’année dernière déjà.

D’autre part, et cela a été rappelé par le leadership russe, c’est que Washington et ses principaux alliés atlantistes veulent maintenir leur projet géopolitique réalisé en Ukraine grâce au budget russe. A savoir maintenir à tout prix le transit du gaz russe à destination de l’UE par le territoire ukrainien. En d’autres termes – maintenir la politique russophobe de Kiev depuis le coup d’Etat de 2014, en maintenant à flot l’économie ukrainienne non pas avec les fonds occidentaux, mais bel et bien avec les finances de Moscou.

Néanmoins, ce dont l’éditorialiste croate voit juste, c’est qu’en cas de non finalisation du gazoduc Nord Stream 2, la Russie ripostera, cela ne fait pas l’ombre d’un doute. Et si cette option devra être activée, cette riposte sera multiple. Sur le plan financier, l’Allemagne devra compenser les importants investissements du projet. Mais ce ne sera pas tout – Moscou pourra également revoir ses approvisionnements énergétiques à destination de l’Europe bruxelloise, tout en sachant que si l’UE pouvait effectivement se passer des livraisons gazières russes – elle l’aurait fait depuis un bon moment. Mais elle ne le peut pas. Ainsi est la puissance énergétique de l’Etat russe.

L’auteur D. Marjanović se pose à juste titre la question: «Et si les Russes se fâchent et ferment les vannes? Qui fournira de l’énergie à l’Allemagne? Les Etats-Unis? Oui, certainement les USA «s’occuperont» de l’Europe de la même manière qu’ils l’ont fait par la mise à disposition du vaccin contre le coronavirus (il y a des données qui indiquent que l’UE n’a pas reçu les doses commandées, car les Etats-Unis ont payé les groupes pharmaceutiques une somme plus importante, et ce malgré le fait que des accords avec l’Union européenne pour ces livraisons étaient déjà signés».

En résumé, si l’auteur croate mentionne plusieurs faits à très juste titre, il n’empêche que la décision que l’Allemagne devra prendre quant à l’avenir du gazoduc Nord Stream 2 – n’est pas si compliquée que cela. Reste à savoir si le pragmatisme économique traditionnel des Allemands aura une chance à s’en sortir face à l’absence d’une souveraineté digne de ce nom. Mais si à la différence de la Turquie, la première économie de l’UE optera pour le renoncement audit projet, elle devra effectivement faire face aux conséquences financières, énergétiques, voire même économico-commerciales, sachant que le business allemand et européiste de façon générale reste toujours fortement implanté sur le marché russe. Et rien n’empêchera Moscou en cas de nécessité d’élargir ses contre-sanctions visant les intérêts occidentaux.

Mais il y a un point tout aussi important. Si les Européens céderont de nouveaux aux prérogatives washingtoniennes, alors l’UE n’aura qu’un rôle d’extrême nain sur l’arène internationale, dans le cadre du monde multipolaire. Après tout, peut-être que les élites européistes ne soient pas opposées à un tel avenir. Quant aux peuples concernés, ils pourront alors en juger de l’efficacité de leurs prétendus représentants.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=2512

https://t.me/observateur_continental/928

Activités US de militarisation biologique: la Chine exige des explications

Les activités de militarisation biologique des Etats-Unis inquiètent nombre de pays, notamment la Chine. A cet effet, Pékin exige des clarifications de la part de Washington.

La Chine a exhorté les USA à apporter une clarification sur leurs activités de militarisation biologique à l’étranger. C’est ce qu’a déclaré Zhao Lijian, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, cité par l’agence de presse Xinhua.

Ces remarques ont été faites par le haut responsable chinois en réponse à une question au sujet d’un rapport selon lequel Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité russe, a déclaré que les activités de recherche des Etats-Unis dans les laboratoires biologiques de certains pays membres de la Communauté des Etats indépendants ont suscité de vives inquiétudes.

Partageant les inquiétudes de M. Medvedev, qui considère que les recherches menées par les USA dont il est question manquent de transparence et vont à l’encontre des règles de la communauté internationale et des organisations internationales, M. Zhao a également indiqué que «ce n’est pas la première fois que la communauté internationale exprime son inquiétude quant aux activités de militarisation biologique des Etats-Unis dans d’autres pays». Ajoutant que la Chine a souligné à maintes reprises que de telles activités n’étaient pas transparentes, sûres ou justifiées.

Il a également indiqué que, selon les reportages des médias, les Etats-Unis ont mis en place de nombreux laboratoires biologiques dans 25 pays et régions à travers le Moyen-Orient, l’Afrique, l’Asie du Sud-Est et l’ex-Union soviétique, dont 16 rien qu’en Ukraine. Certains des endroits abritant ces laboratoires ont connu des flambées à grande échelle de rougeole et d’autres maladies infectieuses dangereuses. USA Today rapporte que depuis 2003, des centaines d’incidents impliquant des contacts accidentels avec des agents pathogènes mortels se sont produits dans les laboratoires biologiques américains, à l’intérieur et à l’extérieur des Etats-Unis. Cela peut entraîner l’infection des contacts directs, qui peuvent ensuite propager le virus dans les communautés et déclencher une épidémie.

Le porte-parole de la diplomatie chinoise a également soulevé des questions sur l’objectif de la construction de tant de laboratoires biologiques à travers le monde, ainsi que sur leurs normes de sécurité.

«Pourquoi construire ces laboratoires dirigés par l’armée? Combien de ressources biologiques sensibles et combien d’informations ont-ils glanées dans les pays concernés?», s’est interrogé M. Zhao, avant d’exiger de savoir s’il existe un danger potentiel de fuite.

«Pourquoi les Etats-Unis, depuis plus d’une décennie, entravent les négociations en faveur d’un protocole de la Convention sur l’interdiction des armes biologiques (CABT) qui comprend un régime de vérification?», a poursuivi le haut diplomate.

Les Etats-Unis doivent faire preuve d’ouverture, de transparence et de responsabilité, répondre aux préoccupations internationales, mettre en œuvre fidèlement leurs obligations envers la CABT, clarifier leurs activités de militarisation biologique à l’étranger et cesser de bloquer les négociations en faveur d’un protocole comprenant un régime de vérification, a déclaré M. Zhao.

En termes de perspectives, et au-delà de l’inquiétude que suscitent, aussi bien auprès de Pékin que de ses alliés, les dits travaux, il serait également juste de dire qu’une fois de plus Washington fait preuve d’une véritable politique de doubles standards. Pour un pays qui ne rate jamais la moindre occasion d’accuser ses adversaires géopolitiques, ainsi que nombre d’autres Etats souverains, quant au fait de mener des activités non-transparentes – que ce soit dans le cadre d’armements chimiques ou nucléaires, reste par la même occasion à ce jour le champion du manque de transparence sur des sujets aussi sensibles que la militarisation biologique. Surtout, et cela est connu, que ces recherches ne se limitent pas aux laboratoires étasuniens, mais sont présents dans nombre de pays appliquant les prérogatives washingtoniennes, notamment l’Ukraine, mentionnée déjà à plusieurs reprises.

Il faudrait également probablement rappeler que si un pays manque de transparence vis-à-vis de la communauté internationale sur des sujets aussi sensibles, et refuse d’engager un régime de vérification dont la nécessité a été rappelée par le porte-parole de la diplomatie chinoise, l’approche vis-à-vis de tels comportements devrait aller dans le sens des sanctions. S’il est vrai que les USA et nombre d’autres Etats occidentaux continuent de penser qu’ils sont les seuls ayant un tel droit, tout en étant une minorité évidente au sein de la communauté internationale, il est toujours important d’émettre quelques rappels de bon sens à ce sujet, à l’instar du leadership chinois.

Au-delà des sanctions, d’autres mesures de protection seront fort probablement nécessaires face au risque d’une propagation incontrôlée d’agents pathogènes fortement dangereux pour les habitants de la planète. Peut-être que d’ailleurs c’est l’une des raisons de l’importance accordée par des pays comme la Chine, la Russie ou encore l’Iran à la protection biologique. Et du moment que certains Etats s’obstinent encore à ne pas reconnaitre la réalité multipolaire mondiale, des provocations ou agressions visant les partisans de la multipolarité ne sont certainement pas à écarter.

Mikhail Gamandiy-Egorov

https://t.me/observateur_continental/493

Tragédie du vol 17 de Malaysia Airlines : complot ukraino-occidental ?

Plus de cinq années se sont écoulées depuis la tragédie du vol 17 de la compagnie aérienne Malaysia Airlines, lorsque le Boeing 777-200ER fut abattu. Une catastrophe ayant emporté la vie de 298 personnes. Depuis les accusations ne cessent de viser la Russie, ainsi que les représentants de la République populaire de Donetsk (DNR), aussi bien de la part de Kiev que des capitales occidentales. Le tout en ignorant tout simplement des faits fortement révélateurs.

Pour rappel, dès les premières heures de la tragédie, Kiev a immédiatement accusé les Forces armées du Donbass et la Russie d’en être responsables. Une accusation largement suivie par ses alliés occidentaux, d’outre-Atlantique comme européens. Depuis une enquête internationale est menée afin de déterminer les circonstances du crash. L’Ukraine a confié la coordination de l’enquête aux Pays-Bas. La Russie, de son côté, a fourni plusieurs preuves de sa non-implication dans cette tragédie – des éléments bien souvent et simplement ignorés par les membres occidentaux de l’enquête. Connaissant toute la sensibilité de la question, et ce surtout pour les familles des victimes de cette catastrophe criminelle, allons droit au but et aux faits concrets.

Premièrement, la société russe Almaz-Antei, le développeur du complexe de défense aérienne Buk – dont le tir de missile a été nommé comme étant responsable de la catastrophe – a mené une expérience à grande échelle en lien avec l’abattage d’avions par des missiles appartenant à ce complexe. Les résultats de l’expérience ont prouvé de manière irréfutable que, compte tenu de tous les paramètres, le lancement du missile sur le Boeing malaisien a été effectué au niveau du village de Zaroshchenskoye – qui se trouvait au moment des faits sous contrôle des militaires ukrainiens.

Deuxièmement, le ministère russe de la Défense est allé jusqu’à déclassifier les informations sur le missile, qui selon les enquêteurs néerlandais, ait abattu l’avion. Selon les documents déclassifiés, le missile portant le numéro de série 8-8-6-8-7-2-0, a été transféré à l’Ukraine – et ce encore à l’époque soviétique – plus exactement le 29 décembre 1986, et envoyé au sein de l’unité militaire vingt-cent-cinquante-deux, disloquée dans la région de Lvov (ouest ukrainien).

En outre, de nombreux éléments supplémentaires ont été recueillis par des experts internationaux indépendants. Cependant, la partie occidentale de l’équipe d’enquête conjointe les ignore tout simplement. Vraisemblablement pour une raison simple : car ces informations ne s’inscrivent pas dans le scénario de provocation préétabli.

A titre d’exemple, le blogueur néerlandais Max van der Werff a visité à plusieurs reprises le site du crash du Boeing. Les résultats de ses enquêtes réfutent les allégations de l’implication de la Russie. Un détective privé allemand, Joseph Resch, était prêt quant à lui à communiquer aux Néerlandais des informations sur les causes de la tragédie, les noms des responsables, ainsi que les données des satellites américains. Cependant, les enquêteurs occidentaux ont également rejeté son offre.

Mais là aussi ce n’est pas tout. Plusieurs informations ont fuité au sein des services secrets ukrainiens. Dans ces fuites, un élément très intéressant vient s’ajouter aux informations citées ci-haut. Il ressort d’une réunion du 7 septembre 2014 à laquelle avaient pris part le président ukrainien et quatre hauts cadres de son gouvernement (Pavlo Klimkine, Valéri Heletei, Viktor Gvozd, Valentyn Nalyvaitchenko) que « toutes les questions de participation de la partie malaisienne sur le lieu du crash du Boeing doivent être coordonnées exclusivement avec la Commission d’enquête néerlandaise ». Au-delà du fait que le chef de l’époque du renseignement ukrainien – et non pas les organes responsables de l’enquête – prenne part à cette réunion en cercle limité, le fait assez incroyable de cette décision étant de limiter la participation de la Malaisie – le pays-propriétaire de l’avion abattu – dans les travaux de cette enquête. Pour quelle raison ? Pour une raison simple, la Malaisie a été probablement le seul pays membre de l’équipe des enquêteurs à avoir adopté une position objective dans la mise en œuvre de l’enquête, sans lancer d’accusations fortement précipitées.

Aussi, les représentants de la République populaire de Donetsk ont été plus que coopératifs afin de faciliter le travail des enquêteurs internationaux et à cet effet ont fait preuve d’incomparablement plus de transparence que les autorités kiéviennes. Et ce malgré le fait que là aussi les éléments fournis ont été presque complètement ignorés par les Pays-Bas et les autres représentants occidentaux.

Quelle conclusion en faire ? Etait-ce une provocation préparée à l’avance en coordination des services secrets occidentaux et ukrainiens pour faire porter l’accusation de terrorisme à la Russie et aux républiques populaires du Donbass ? Ou était-ce un crime odieux réalisé par les putschistes de Kiev sur le coup et sans préparation au préalable, pour ensuite mettre le tout sur le dos de Moscou et de la DNR ?

Last but not least, le suicide soudain de Vladislav Volochine – pilote de l’armée de l’air ukrainienne qui participait aux bombardements du Donbass et qui se trouvait dans la zone où a été abattu le Boeing malaisien, une tragédie ayant emporté pour rappel la vie de 298 personnes. Selon l’enquête ukrainienne la mort dudit pilote a eu lieu sans « interférence extérieure ». Sa mort est-elle due en raison des remords quant aux actions commises contre la population du Donbass ? Ou connaissait-il d’autres informations qui auraient pu être utiles pour élucider cette tragédie ? Aujourd’hui, il est impossible de répondre à cette question. Le mystère ne s’arrête pourtant pas là : le contrôleur aérien Anna Petrenko, ayant opéré en Ukraine le 17 juillet 2014 le vol de la Malaysia Airlines est disparue des « radars » jusqu’à ce jour et n’a toujours pas été entendu dans le cadre de l’enquête que les spécialistes occidentaux affirment mener « objectivement ». A chacun de faire sa propre conclusion.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1311

Elargissement de l’Otan via l’ex-URSS, avec l’argent européen

Alors que les Etats-Unis maintiennent leur projet d’élargissement de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord, notamment en vue d’y intégrer deux anciennes républiques soviétiques en la qualité de la Géorgie et de l’Ukraine, c’est vraisemblablement les pays européens qui devront mettre la main à la poche.

Si le sujet qu’à l’éventuelle admission de ces deux nouveaux membres potentiels a été de nouveau confirmé le mois dernier, et ce par le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg, sans pour autant fixer un timing définitif, la question qui est elle aussi d’actualité aujourd’hui concerne elle les subventions accordées à Tbilissi et Kiev pour leur réarmement conformément aux normes de l’Otan.

Une situation «intéressante» s’impose, mais tellement propre au système préétabli. D’un côté, le principal intéressé dans cet élargissement n’est autre que Washington, qui prépare cette réalité depuis un bon moment déjà. Pour cela, il peut compter au sein de la famille otanesque sur ses sous-traitants infaillibles en la qualité d’Etats comme la Pologne, la Roumanie ou les pays baltes. La vieille Europe suit, en se posant de temps à autre les questions quant à l’intérêt stratégique d’un tel élargissement, mais continue d’appliquer. Maintenant, de l’autre côté s’impose la partie financière de la question. Et là Washington souhaite également s’en sortir grand gagnant, le tout aux moindres frais.

Sachant que l’élite étasunienne a maintes fois déclaré qu’il revient aux pays européens d’augmenter les charges dans le cadre otanesque, il devient donc assez évident que les subventions mentionnées ci-haut reviennent sans doute à la charge des portefeuilles européens. Lesquels plus particulièrement? Evidemment ceux des pays de la «vieille Europe», sachant que les membres de l’Est ne possèdent tout simplement pas les capacités financières dignes de ce nom.

Dans cette configuration, que gagne réellement l’Europe? Si ce n’est une augmentation des tensions déjà palpables avec la Russie, pas grand-chose. Le tout à l’heure où les pays clés de l’UE, comme la France ou encore l’Italie, appellent à revoir le relationnel avec la Russie – non pas par amour, mais par simples intérêts économico-pragmatiques. Et que la première économie de l’UE, en l’occurrence l’Allemagne – dont l’élite actuelle est elle aussi loin d’être une amie de Moscou, mais dont d’importantes entreprises nationales se retrouvent sous menaces de sanctions US, notamment en raison du projet du gazoduc Nord Stream 2 – un projet qui rentre parfaitement dans les intérêts économiques et énergétiques allemands.

Dans cette situation Berlin, Paris et Rome sont-ils en mesure de faire quoi que ce soit? Pour répondre à cette question, il faut surtout bien comprendre dans quelle tourmente se retrouvent les leaderships des capitales citées. D’un côté, l’appartenance pro-atlantiste d’une très large partie des élites politiques de ces pays ne sont pas à démontrer. D’un autre, ces mêmes élites se retrouvent sous pression de la part de leurs propres populations. Des populations qui bien souvent ne partagent aucunement leur solidarité dans les mouvances russophobes et qui souhaitent au contraire un renforcement des liens avec Moscou. S’ajoutent à cela les représentants des cercles d’affaires des dits pays qui ont soit possèdent déjà des projets importants en territoire russe, ou conjointement avec la Russie, soit prévoient d’en avoir dans un avenir proche. Ces cercles d’affaires, comme la société civile de la vieille Europe, en large partie n’approuvent donc pas l’application en terre européenne des prérogatives de Washington, surtout du moment que cela représente tout simplement des pertes financières fortement importantes. Et à ce titre, les Européens savent compter.

Les élites de la vieille Europe, quant à elles, connaissent parfaitement les sentiments régnants cités ci-haut, d’où des déclarations récentes remettant en cause certains projets en cours, décidés en terre étasunienne mais devant être appliqués en terre européenne. Comprenant parfaitement le cercle vicieux dans lequel elles se trouvent, du moins les pays et populations qu’elles sont censées représenter, elles se veulent de faire démonstration de pouvoir parler en voix indépendante, tout en étant incapables de passer sérieusement aux actes.

Quelles perspectives ressortent donc de cette situation, compte tenu des divergences et contradictions qui ne cessent de monter en puissance au sein de la famille européenne et otanesque? Tout dépendra de la capacité des élites européennes d’être à l’écoute de leurs propres populations et des cercles d’affaires – les deux étant au final les principaux contribuables des ambitions en sol européen d’une puissance outre-Atlantique ayant pris l’habitude d’imposer ses innombrables volontés à ses «alliés». S’il est peu probable que les élites ouest-européennes auront le courage dans un avenir proche de donner un non catégorique à ces ambitions washingtoniennes, il n’empêche qu’ils pourront certainement faire retarder des décisions qui n’apporteront aucunement la sécurité à l’Europe, mais au contraire continueront à imposer des murs inutiles, le tout avec des apports financiers qui peuvent incontestablement être utilisés à de meilleurs fins.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1310

Les faux projets US dans l’ex-URSS

12-12

Alors que l’intégration eurasiatique se renforce de jour en jour, y compris parmi les Etats ex-soviétiques, Washington semble vouloir réactiver des projets n’ayant aucun intérêt stratégique pour les pays concernés, mais qui rentrent parfaitement dans les projets atlantistes de bloquer l’effervescence eurasienne.

Le 12 décembre prochain, l’Ukraine accueillera une réunion des chefs de gouvernement des Etats-membres de l’Organisation pour la démocratie et le développement, dite GUAM – regroupant quatre Etats d’ex-URSS, à savoir la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la Moldavie. L’Ouzbékistan faisait également précédemment partie de ladite organisation, avant de prendre la décision de la quitter en 2005. L’organisme dispose d’un soutien politique et financier des Etats-Unis, dont l’establishment (notamment en son temps Hillary Clinton) souhaite faire tout le possible en vue de stopper toute «renaissance de l’URSS», notamment sous la forme actuelle de l’Union économique eurasiatique qui ne cesse de monter en puissance.

Pour rappel, l’Union économique eurasiatique est composée de la Russie, de l’Arménie, du Kazakhstan, de la Biélorussie et du Kirghizistan. Le Tadjikistan devant devenir membre de l’union prochainement. Et ayant en outre des zones de libre-échange avec le Vietnam (depuis 2015), plus récemment avec la Serbie et le Singapour (octobre 2019), tout en menant des négociations avec la Chine, l’Iran, Cuba, la Mongolie, l’Egypte, l’Inde et la Thaïlande pour l’établissement de tels accords.

Pour revenir maintenant au GUAM, dès la création de l’organisation, dont le siège se trouve dans la capitale ukrainienne Kiev, les orientations pro-occidentales étaient bien visibles: renforcement des relations avec les USA, l’UE et l’Otan, diminution de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. La présence régulière d’envoyés étasuniens aux réunions de cette structure le confirmait d’ailleurs pleinement. Mais depuis le retrait ouzbek, il était devenu clair que l’enthousiasme de départ des instigateurs de sa création partait clairement à la baisse.

La prochaine réunion de ce mois sera-t-elle donc une simple réunion dans le but de maintenir à flot le cadre bureaucratique de l’organisation? Notamment à travers la discussion annoncée de plusieurs thèmes «d’intérêt commun», comme les questions douanières, logistiques, opportunités d’affaires, ainsi que l’élargissement de la coopération dans les domaines économique, scientifique, énergétique, des télécommunications et autres. Ou serait-ce une tentative de raviver une structure dans laquelle l’Ukraine souhaite prendre un rôle de leader, en coordination avec Washington, et dans une moindre mesure Bruxelles?

Il est évident qu’à travers ce genre de rencontre, parrainée par la diplomatie US, l’Ukraine de Zelensky cherche à montrer que sa voix compte et qu’elle ne prévoit pas de reculer. Surtout à un moment où des divergences nettes apparaissent entre Kiev et plusieurs pays de l’UE, en premier lieu l’Allemagne, qui en observant les attaques ukraino-étasuniennes qui visent les intérêts énergétiques (et économiques) allemands, notamment dans le cadre du gazoduc North Stream 2, n’a pas manqué de rappeler à l’ordre le pouvoir ukrainien, en allant même jusqu’à le menacer de réduction du soutien économique. Un soutien économique dont l’Ukraine a énormément, oui énormément, besoin. Un message que Kiev ne peut ignorer – surtout lorsque c’est la première économie de l’UE qui le dit. Evidemment Berlin ne fait pas cela par amour pour la Russie, mais bel et bien strictement dans le cadre de la défense de ses intérêts stratégiques, car faut-il le rappeler les Allemands savent bien compter les coûts et profits.

Quant à Washington, l’intérêt pour le GUAM n’est principalement autre que de tenter à montrer qu’il existe une alternative à l’intégration eurasienne promue par la Russie et ses alliés. Et de rappeler que leurs pions dans l’ex-URSS sont toujours actifs, des pions qu’ils comptent bien utiliser pour mettre un maximum de bâtons dans les roues aux projets qui n’arrangent guère les intérêts washingtoniens, que ce soit l’Union économique eurasiatique (UEEA), l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) ou encore l’Organisation du traité de sécurité collective (OTSC).

Mais concrètement parlant, l’Ukraine dans sa version actuelle peut-elle prétendre à un quelconque «leadership», même étant adoubée par Washington? Rien n’est moins sûr. A commencer par le fait qu’au sein même du GUAM, on est loin, très loin de l’unité. Si en effet avec la Géorgie, l’Ukraine peut prétendre à une sorte d’axe anti-russe, et ce depuis les fameuses révolutions de couleur dans ces deux pays orchestrées, soutenues et suivies par les USA, dans le cas de la Moldavie et de l’Azerbaïdjan, on est assez loin de la rhétorique russophobe.

Dans le cas moldave, il faudrait rappeler qu’un président ouvertement pro-russe et surtout partisan de l’intégration avec l’Union économique eurasiatique, est au pouvoir depuis 2016. Il est vrai que les éléments pro-occidentaux de son pays lui mettent à chaque bonne et moins bonne occasion des bâtons dans les roues, mais Igor Dodon ne compte pas lui aussi reculer. Surtout profitant d’un soutien important de la population moldave et des cercles d’affaires – pour nombreux déçus par les années pro-occidentales à Chisinau. Quant au cas de l’Azerbaïdjan, il est à noter que ce pays a su, et ce depuis l’éclatement de l’URSS, à maintenir des relations fortes avec Moscou sur le plan politique, économique, culturel et sécuritaire, tout en développant ses relations aussi bien avec les pays occidentaux, mais surtout la Turquie, ou encore l’Iran. Plus que cela, nombre d’experts azéris ne cessent d’émettre des doutes sur la viabilité du GUAM et surtout sur la nécessité pour leur pays d’y maintenir sa participation…

Kiev peut donc tenter à prétendre au leadership, avec la «bénédiction» des USA, dans une structure que ces derniers souhaiteraient certainement voir comme une alternative fiable aux projets eurasiens en cours et qui déplaisent fortement à Washington. Encore faut-il, même en ayant un parrain puissant, avoir les moyens de ses ambitions. Et en ce sens, l’Ukraine version actuelle, est tout sauf une mise sérieuse.

Mikhail Gamandiy-Egorov

http://www.observateurcontinental.fr/?module=articles&action=view&id=1264